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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA'ASSE / PSAK

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 125 — Le vin mû par la force du non-Juif : koa'h et koa'h ko'ho — ce qu'un geste indirect rend interdit, et ce qu'il ne rend pas — Psika lema'asse
סימן קכ״ה · הלכה למעשה
דין יין הבא מכח עובד כוכבים וכח כחו
פסק המחבר והרמ״א · הכרעת נושאי הכלים · הסקת ההלכה למקרים בני זמננו
⚖️ פסק הלכה ולמעשה ⚖️
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Halakha lema'asse — la psika pratique

Du psak du Mehaber et du Rama, à l'arbitrage du Taz, du Shach,
du Pitchei Teshuva et du Rambam, jusqu'à la bouteille posée sur notre table

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קכ״ה (י״א סעיפים)
עם נושאי הכלים: ט״ז, ש״ך, פתחי תשובה, רמב״ם

⚠ Avertissement de niveau :
Ce niveau n'est pas “Daat HaRav” : le Choulhan Aroukh HaRav
(Admour HaZaken) ne couvre pas le Yoreh De'ah, donc pas le Siman 125.
C'est un niveau de psika pratique : ce que l'on fait, et à qui demander.

Rédaction et iyun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Comment lire ce niveau. Chaque affirmation est ancrée soit dans le texte du Choulhan Aroukh et de ses nossei kelim (Taz, Shach, Pitchei Teshuva), soit dans un posek nommé et vérifiable (Rambam, Guemara Avoda Zara). Sur le Yoreh De'ah il n'y a ni Mishna Berurah (qui ne commente que l'Orach Chaim), ni Choulhan Aroukh HaRav / Daat HaRav (l'Admour HaZaken n'a pas écrit le YD). Le Aroukh HaChoulhan n'est pas cité ici : son texte sur ce siman ne nous est pas accessible, et l'on ne cite pas ce que l'on ne peut pas vérifier. Le siman 125 est court — onze seifim — mais il commande des situations très concrètes, et surtout des situations mécaniques : un robinet, une pompe, un doseur, un bras articulé. Là où la question déborde le siman, ce niveau le dit et s'arrête : la halakha lema'asse passe par ton Rav.

📑 תוכן העניינים

  1. שורש הסימן — מגע, כחו, כח כחו (עבודה זרה ס׳ ע״א)
  2. פסק המחבר והרמ״א — מפת הסימן בי״א סעיפים
  3. כחו של עובד כוכבים — הגבהה, הטייה, פתיחת ברז (סעיף א׳)
  4. נצוק בכח — מה שנשאר בכלי (סעיף א׳ וההגה)
  5. כח כחו וכח כח כחו — סף שלוש הכחות (סעיף ב׳)
  6. כח מעורב ומסייע שאין בו ממש — שניים שעירו (סעיפים ג׳–ד׳)
  7. שלא בכוונה ובמלאכתו הוא עוסק — (סעיפים א׳, ד׳, י״א)
  8. זריקה, ענבים ומזיגת מים — (סעיפים ה׳–ז׳)
  9. עירוי, נשיאה ושמירה — (סעיפים ח׳–י״א)
  10. יין מבושל וסתם יינם בזמן הזה — שני מפתחות מעשיים
  11. מקרים מודרניים — בקבוק, ברז, משאבה, מלצר
  12. סיכום מעשי — טבלאות, קישורים, ולמעשה שאל את רבך

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — Seif Alef

דין יין הבא מכח עובד כוכבים וכח כחו. ובו י״א סעיפים:
נטל עובד כוכבים כלי של יין והגביהו ויצא היין אף על פי שלא שכשך נאסר בשתייה שהרי היין בא מכחו ומה שנשאר בכלי אסור גם כן משום נצוק. (וי״א דלא אסרינן נצוק בכח עובד כוכבים) (טור והרא״ש ומרדכי ור״ן בשם רש״י ותוספות וראב״ן ותשובת מיי׳ המ״א סימן י״א) (ומכל מקום יש להחמיר אם לא בהפסד מרובה כדלקמן סימן קכ״ו) ואם הוא שלא בכוונה שלא ידע שהוא יין (או שלא הגביה הכלי) (בית יוסף סימן קכ״ד) הכל מותר אפי׳ בשתייה:

Le cas fondateur. Un non-Juif a pris un récipient de vin, il l'a soulevé, et le vin en est sorti. Il n'a pas remué le vin, il ne l'a pas touché : et pourtant le vin est interdit à la boisson, car il est venu de sa force (מכחו). Ce qui reste dans le récipient est interdit lui aussi, au titre du nitsok, le filet qui relie ce qui coule à ce qui reste.

Les deux gloses du Rama. D'abord une divergence : certains tiennent qu'il n'y a pas de nitsok pour la simple force d'un non-Juif — et cependant il faut être strict, sauf en cas de perte importante (voir le siman 126). Ensuite une limite : si le geste était involontaire — il ignorait que c'était du vin, ou bien il n'a pas soulevé le récipient — tout est permis, même à la boisson.

— Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 125:1 · Sefaria YD 125:1

1. שורש הסימן — מגע, כחו, כח כחו

Trois degrés, et non deux. Le siman 124 traitait du contact (מגע) : le non-Juif touche le vin et le remue. Notre siman traite du degré suivant, où il ne touche rien : le vin bouge par l'effet de son geste. La Guemara pose les deux étages en une ligne — « בכחו כולי עלמא לא פליגי דאסיר כי פליגי בכח כחו » (עבודה זרה ס׳ ע״א) : sur la force du non-Juif, tout le monde interdit ; la discussion ne porte que sur la force de sa force.
Le cas de la Guemara est déjà le nôtre. Rav Papa énonce la situation type : « גוי אדנא וישראל אכובא חמרא אסיר מאי טעמא כי קאתי מכח גוי קאתי » (עבודה זרה ס׳ ע״א) — le non-Juif tient le tonneau et le Juif la cuve : le vin est interdit, parce qu'en arrivant il arrive de la force du non-Juif. Inversement, si c'est le Juif qui tient le tonneau et le non-Juif la cuve, le vin est permis ; mais la Guemara ajoute aussitôt ואי מצדד צדודי אסיר — s'il incline la cuve vers le jet, c'est de nouveau interdit. Notre seif 8 est la reprise exacte de ces deux lignes.

La ḥakira du siman : qu'est-ce que le koa'h ?

Deux lectures traversent les nossei kelim. (a) Le koa'h serait une espèce de contact médiat : il a touché le vin par l'intermédiaire du récipient. C'est la lecture que le Bach propose pour expliquer le cas du fausset (ברזא), et le Shach la rejette en trois arguments (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ג). (b) Le koa'h serait un interdit propre, une mesure de prudence des Sages — לך לך אמרינן נזירא — indépendante de tout contact ; c'est ainsi que le Taz lit Rachi sur notre daf (ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק א). Nafka mina décisive : faut-il soulever pour qu'il y ait koa'h ? Pour (a) sans doute ; pour (b) certainement pas — et c'est l'avis que le Taz et le Shach imposent au seif 1, contre la glose du Rama.

כלל הפסק של הסימן :
כל שהיין בא מכחו של עובד כוכבים — נאסר בשתייה, אף שלא נגע ולא שכשך. כח כחו ככחו דמי, וכח כח כחו מותר בדיעבד. שלושה דברים מוציאים מכלל כחו: כשהיה שלא בכוונה, כשהוא מסייע שאין בו ממש — שהיין היה מקלח בלאו הכי — וכשכח ישראל מעורב עמו בדיעבד. ולכתחלה אסור בכל אלו.

2. פסק המחבר והרמ״א — la carte des onze seifim

Le Siman 125 compte onze seifim — c'est le compte annoncé par l'en-tête (ובו י״א סעיפים) et c'est le compte réel du texte. Le Mehaber conduit tout le siman ; le Rama gloses deux fois seulement, au seif 1 et au seif 4, plus une brève addition au seif 10. Voici la carte d'ensemble, telle qu'elle ressort du texte lui-même.

SeifSujetPsak (ancré dans le texte)
1le cas fondateurIl soulève un récipient et le vin en sort, sans remuer ni toucher : interdit à la boisson, car בא מכחו ; ce qui reste est interdit משום נצוק. Rama : certains n'appliquent pas le nitsok à la seule force d'un non-Juif — mais il faut être strict, sauf perte importante (siman 126). Et si c'était involontaire — il ignorait que c'était du vin, ou il n'a pas soulevé le récipient — tout est permis même à la boisson.
2כח כחוLa force de sa force est comme sa force. Mais la force de la force de sa force — par exemple la poutre du pressoir qu'il a mise en mouvement, où interviennent trois forces : les planches, la roue et la poutre — est permise bediavad, même à la boisson.
3כח מעורבForce du Juif et force du non-Juif mêlées — les deux ont versé ensemble : permis bediavad, et même si le non-Juif aurait pu verser seul sans l'aide du Juif. À condition que le Juif qui aide soit un adulte ; un jeune enfant ne compte pas, car c'est un מסייע שאין בו ממש.
4le vin coulait déjàLe vin jaillit déjà du tonneau vers la cuve et le non-Juif soulève la charrette pour que le jet soit meilleur : permis. Rama : mais s'il n'aurait pas coulé sans ce soulèvement — interdit ; de même si un Juif transvase et qu'un non-Juif remue sa main : coulait-il déjà ? permis ; sinon, interdit. Et un non-Juif qui décharge un tonneau et fait sortir du vin de sa force : permis, c'est involontaire — במלאכתו הוא עוסק.
5objet jetéIl a jeté une pierre ou un objet dans le vin : permis même à la boisson. Mais si l'objet roule et qu'il le pousse jusqu'à le faire tomber dans le vin : interdit même en profit. Et s'il l'a fait de colère : permis même à la boisson.
6raisins jetés au pressoirIl apporte des raisins dans des paniers et des cuveaux et les jette dans un pressoir où il y a du vin foulé : permis bediavad, bien qu'il y ait dans les cuveaux du vin échappé des raisins. Et si un Juif l'aide à les jeter : permis même lekhatchila.
7eau versée dans le vinIl a jeté de l'eau dans le vin : permis même à la boisson, pourvu qu'il ne vise pas à le couper (מזיגה) — par exemple il a jeté de l'eau dans de grands tonneaux, ou dans un verre sans savoir que c'était du vin. Mais s'il vise la mezigah : interdit à la boisson. Si l'on ignore son intention : permis.
8transvasementLe non-Juif verse de son récipient dans celui que tient un Juif : ce qui sort est interdit à la boisson. Le Juif verse de son récipient dans celui que tient un non-Juif : permis même à la boisson — mais si le non-Juif a secoué le récipient, le vin est interdit.
9outre transportéeIl a transporté une outre de vin d'un lieu à l'autre en tenant l'ouverture fermée dans sa main : plein ou entamé, permis — même si le vin ballotte, car אין דרך ניסוך בכך.
10récipient ouvert portéIl porte un récipient ouvert, le Juif derrière lui : entamé et non secoué — permis à la boisson (וי״א même secoué, וכן עיקר) ; plein — interdit en profit, de peur qu'il n'ait touché. Si le Juif marche à ses côtés et le surveille, même plein — permis. Porté à deux sur un brancard, ou un seau porté par son anneau — permis même plein. Rama : à condition que le Juif ait aidé à passer le brancard dans l'anneau, ou l'ait vu faire.
11tonneau portéUn non-Juif porte un tonneau, même sur son épaule, et en marchant du vin en sort involontairement : permis à la boisson, y compris ce qui est sorti — car sur כחו שלא בכוונה les Sages n'ont pas décrété.

3. כחו של עובד כוכבים — soulever, incliner, ouvrir un robinet

נטל עובד כוכבים כלי של יין והגביהו ויצא היין אף על פי שלא שכשך נאסר בשתייה שהרי היין בא מכחו

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:א
La source du seif est le Rambam. Le Mehaber recopie ici le Rambam presque mot pour mot — « נָטַל כְּלִי שֶׁל יַיִן וְהִגְבִּיהוֹ וְיָצַק הַיַּיִן אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא שִׁכְשֵׁךְ נֶאֱסַר שֶׁהֲרֵי בָּא הַיַּיִן מִכֹּחוֹ » (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב הלכה ב). Le Rambam ajoute la contrepartie, décisive en pratique : הִגְבִּיהַּ וְלֹא שִׁכְשֵׁךְ וְלֹא נָגַע מֻתָּר — s'il a soulevé sans que rien ne sorte, sans remuer et sans toucher, c'est permis. Soulever une bouteille n'est pas en soi un interdit ; c'est le vin qui sort de ce geste qui l'est.

Faut-il avoir soulevé ? Le Rama d'un côté, le Taz et le Shach de l'autre

Le Rama ajoute au seif 1 une parenthèse tirée du Beit Yosef : si le non-Juif n'a pas soulevé le récipient — il l'a seulement incliné — tout est permis. Les deux nossei kelim du siman refusent cette glose, et ils le font longuement. Le Shach ouvre par צ״ע בדין זה et démontre par le Ramban, par les Tossefot et par le Mordechai qu'incliner suffit (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ג). Le Taz conclut son premier ס״ק, qui est le plus long du siman, sans laisser d'échappatoire :

« ואין להקל כלל כאן בכח עובד כוכבים אפי׳ בלא הגבהה דמ״מ כח עובד כוכבים יש כאן »
— ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק א
Le fausset — et donc le robinet. La preuve que le koa'h n'a pas besoin d'un soulèvement se trouve un siman plus haut : celui qui retire le fausset d'un tonneau, sans rien soulever, fait sortir le vin de sa force — אבל אם אינה עוברת כל עובי השולים בענין שאי אפשר לו לשכשך כשמוציא הוי כמו כחו (שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ד), et ce seif renvoie lui-même explicitement au nôtre (ועיין לקמן סי׳ קכ״ה). Le Shach et le Taz s'en servent tous deux contre le Rama. Conséquence directe : ouvrir un robinet, tirer une bonde, débloquer un bec verseur, c'est le cas du ברזא — du koa'h, sans le moindre soulèvement.

Ce que le seif 1 tranche, et ce qu'il ne tranche pas

  1. Le koa'h interdit à la boisson, pas au profit. Le seif dit נאסר בשתייה, et rien de plus : le vin venu de la seule force d'un non-Juif n'est pas interdit à la jouissance. C'est un écart réel avec le contact intentionnel du siman 124.
  2. Soulever à vide ne fait rien. Tant que le vin ne sort pas et que rien n'est remué, le Rambam le dit expressément.
  3. “Il a seulement incliné” n'est pas un heter. Le Rama l'écrit, le Taz et le Shach le refusent ; en pratique on ne s'appuie pas sur cette parenthèse pour permettre.
  4. Le geste involontaire, lui, sort du siman. C'est la fin du seif 1, et c'est l'objet de notre section 7.

Lema'asse (le geste sur la bouteille). Trois réflexes. (1) Un non-Juif qui déplace une bouteille fermée ne pose aucun problème : c'est le seif 9 et le Rambam הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב הלכה ד, plus bas. (2) Un non-Juif qui verse, qui ouvre un robinet, ou qui incline une bouteille au point que le vin coule, fait sortir du vin de sa force. (3) “Il ne l'a pas soulevée, il l'a seulement penchée” n'est pas une réponse, le Taz et le Shach l'ayant écartée. Reste que la conclusion pratique dépend de deux facteurs — le vin est-il mevouchal, et le geste était-il intentionnel ? — traités aux sections 7 et 10. Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

4. נצוק בכח — ce qui reste dans le récipient

ומה שנשאר בכלי אסור גם כן משום נצוק. (וי״א דלא אסרינן נצוק בכח עובד כוכבים) (טור והרא״ש ומרדכי ור״ן בשם רש״י ותוספות וראב״ן ותשובת מיי׳ המ״א סימן י״א) (ומכל מקום יש להחמיר אם לא בהפסד מרובה כדלקמן סימן קכ״ו)

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:א (המחבר וההגה)
Ce qu'est le nitsok. Quand un liquide coule d'un récipient supérieur vers un récipient inférieur, la colonne continue relie les deux : ce qui est en bas rend interdit ce qui est en haut. Le Mehaber applique ici cette règle au koa'h — le vin sorti étant interdit, ce qui reste dans la bouteille l'est aussi. Le siman 126 est le lieu propre du nitsok ; notre seif n'en dit qu'un mot, mais ce mot commande la question la plus pratique du siman : la bouteille entière est-elle perdue, ou seulement le verre servi ?
La kouchia du Shach — trois contradictions d'un coup. Le Shach ouvre son ס״ק א sur ce mot et relève que le Choulhan Aroukh se contredit trois fois : au siman 124 seif 14 il a permis ce qui reste à l'intérieur ; au seif 8 de notre siman il recopie le Tour, qui n'interdit que ce qui sort ; et surtout — le nitsok ne joue que pour un vin interdit en profit (siman 126 seif 5), alors qu'ici le vin sorti n'est interdit qu'à la boisson. Il conclut וכן קשה על הרב וצ״ע (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק א).
Les deux nossei kelim allègent, chacun à sa manière. Le Taz relève d'abord que la formule du Rama est imprécise :
« דבהפסד מרובה אפי׳ בניצוק גמור דהיינו ליין הנאסר במגע עובד כוכבים אנו מקילין »
— ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק ד
« ולדידן הכל שרי במקום הפסד »
— ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק א

👈 En pratique, sur le nitsok du koa'h

  1. Le Mehaber, tel qu'il est écrit, interdit aussi ce qui reste dans la bouteille.
  2. Le Rama rapporte l'avis contraire — Tour, Roch, Mordechai, Ran au nom de Rachi et des Tossefot — puis demande d'être strict sauf en cas de perte importante.
  3. Le Taz observe qu'en cas de perte importante on allège même sur un nitsok véritable ; le Shach va plus loin et écrit que pour nous tout est permis là où il y a perte.
  4. Le lieu de la question reste le siman 126 (קכ״ו · 126), auquel le Rama renvoie lui-même ici.

Lema'asse (la bouteille entamée). Ce que le siman établit clairement, c'est que la question du verre servi et celle de la bouteille restante sont deux questions distinctes, et que la seconde est plus légère que la première. Ce qu'il n'établit pas, c'est le seuil de la “perte importante”, ni ce qu'il en est d'une bouteille de valeur, d'un fût, d'une cuve. C'est exactement le genre de question qui se pose à un Rav, pas à un tableau.

5. כח כחו וכח כח כחו — le seuil des trois forces

כח כחו ככחו דמי ואם הוא כח כח כחו כגון קורת הגת שגלגלה עובד כוכבים שיש שם ג׳ כחות הדפין והגלגל והקורה בדיעבד מותר אפילו בשתייה:

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:ב
Comment on compte les forces. Le seif ne donne pas une définition, il donne un exemple mesurable : la poutre du pressoir. Le non-Juif fait tourner la roue ; la roue entraîne la poutre ; la poutre presse les planches ; le vin coule. Trois relais entre sa main et le vin — הדפין והגלגל והקורה — et le vin est permis bediavad, même à la boisson. À deux relais, כח כחו, on est encore dans le koa'h : כח כחו ככחו דמי. Le seuil n'est donc pas “indirect / direct”, mais un compte.
Et lekhatchila ? Le Shach ferme la porte en une ligne : le heter des trois forces est un heter d'après coup, et il ne devient pas plus permis en multipliant les relais.
« אבל לכתחלה אסור אפילו בעשרה כחות ויותר »
— ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ד

🔍 La question que le siman pose et ne referme pas : la machine

Un pressoir à poutre est un mécanisme, et le siman le traite comme tel : il en compte les organes. La tentation est grande d'appliquer le même comptage à une pompe, à une tireuse, à un doseur électrique, à un robinet à commande électronique. Mais le comptage du seif suppose que les relais soient visibles et dénombrables, et que la force initiale soit bien celle de l'homme. Or dans un appareil moderne la force qui déplace le vin n'est plus la sienne du tout : elle vient du moteur, et son geste n'est qu'un déclenchement. Le siman ne dit rien de ce cas — ni pour l'interdire, ni pour le permettre — et les catégories voisines qu'il faudrait convoquer (גרמא, כח שני, מעשה בעקיפין) ne figurent pas ici. Ce niveau s'arrête là : c'est une question de posek, pas de déduction.

Lema'asse (mécanismes, pompes, robinets automatiques). Retiens du siman ce qu'il donne réellement : lekhatchila, on n'organise pas la chose — le Shach l'écrit pour dix forces comme pour trois ; bediavad, le nombre de relais est un critère reconnu, mais son application à un moteur, à une électrovanne ou à un système de soutirage n'est écrite nulle part dans ce siman. Une installation de cave, une tireuse de bar, un robinet de fût manipulé par un employé non-juif : ce sont des questions à poser telles quelles, avec la description exacte du mécanisme. Consulte ton Rav.

6. כח מעורב ומסייע שאין בו ממש — verser à deux, et le vin qui coulait déjà

אם כח ישראל וכח עובד כוכבים מעורבים יחד כגון ששניהם עירו ביחד מותר בדיעבד ואפילו אם היה העובד כוכבים יכול לבדו לערות בלא סיוע ישראל והוא שיהא הישראל המסייע גדול אבל אם היה נער קטן אסור משום דהוי מסייע שאין בו ממש:

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:ג
Deux mains sur le même geste. Quand la force du Juif et celle du non-Juif se mêlent, le vin n'est plus venu de la force du non-Juif seule : permis bediavad. Le seif pousse le heter loin — même si le non-Juif aurait pu verser seul. Il n'y met qu'une condition, et elle est de fait : que le Juif qui aide soit un adulte. L'aide d'un jeune enfant ne pèse rien — מסייע שאין בו ממש — et le vin redevient venu de la seule force du non-Juif.

Jusqu'où va le heter, et où il s'arrête

Le Shach étend le heter d'un cran : même si le Juif seul n'aurait pas pu, c'est permis bediavad — ainsi le Rashba dans la Torat HaBayit et le Ran ; et le Darkhei Moshe distingue du cas de l'enfant, où l'on voit bien que c'est le non-Juif qui fait l'essentiel (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ו). Le Taz explique la logique : même si le non-Juif a plus de force, dès lors que le Juif porte lui aussi, qui nous dira que dans la force nécessaire la part du non-Juif l'emporte ? (ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק ו). Mais l'un et l'autre bornent le heter de la même façon :

« אבל לכתחלה אסור אפילו הישראל יכול והעובד כוכבים אינו יכול »
— ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ה
« וכל זה דוקא בדיעבד אבל לכתחלה אסור »
— ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק ו

Le vin qui coulait déjà — seif 4

אם היין מקלח מהחבית שבעגלה לתוך הכובא והעובד כוכבים מגביה העגלה כדי שיקלח היין יותר יפה מותר: הגה אבל אם לא היה מקלח בלא הגבהת עובד כוכבים אסור והוא הדין אם ישראל מריק מכלי אל כלי ובא עובד כוכבים ומנענע ידו של הישראל אם היה היין מקלח בלאו הכי שרי (סברת הרב לחלק במה שכתב המרדכי בשם ר׳ פרץ) ואם לאו אסור.

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:ד (המחבר וההגה)
Le critère du seif 4 est limpide, et c'est un critère de fait. Le vin coulait-il déjà sans le geste du non-Juif ? Si oui, son geste n'a rien produit : il a seulement amélioré un écoulement qui existait — mesayéa she'ein bo mamash. Si non, c'est son geste qui a fait couler, et c'est du koa'h pur. Le Shach en donne la raison en toutes lettres :
« כיון דבלא״ה היה נמי היין מקלח ולא הועיל מעשה העובד כוכבים אלא שעי״כ מקלח יותר יפה א״כ מותר דהוי מסייע שאין בו ממש »
— ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ז

👈 הלכה למעשה — les deux questions à se poser

  1. Un Juif tenait-il aussi ? Si le Juif verse et que le non-Juif l'aide — deux mains sur la bouteille, une main sur la sienne — le vin est permis bediavad, à condition que le Juif soit un adulte. Lekhatchila, non.
  2. Le vin coulait-il déjà ? S'il coulait de toute façon, le geste du non-Juif ne l'interdit pas ; s'il n'a coulé qu'à cause de lui, c'est du koa'h. Le Rama applique le même critère au cas où le non-Juif bouscule la main du Juif pendant qu'il verse.
  3. Dans les deux cas c'est un heter de bediavad. On n'organise pas un service où un non-Juif verse “avec” un Juif.

7. שלא בכוונה ובמלאכתו הוא עוסק — l'intention, et ce que change notre époque

עובד כוכבים שנושא חבית אפילו על כתיפו ובלכתו יצא מהיין לחוץ שלא בכוונה מותר בשתייה אפילו מה שיצא לחוץ דכחו שלא בכוונה לא גזרו:

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:י״א
La règle du siman, en une formule. Le dernier seif énonce le principe qui traverse tout le siman : כחו שלא בכוונה לא גזרו. Le décret sur la force d'un non-Juif porte sur un geste intentionnel ; là où il ne savait pas, ou ne visait pas le vin, il n'y a pas de décret du tout — et ce qui est sorti est permis avec le reste. Le seif 1 le disait déjà de son côté : ואם הוא שלא בכוונה שלא ידע שהוא יין — tout est permis même à la boisson. Et le Rambam le formule comme une règle générale, non comme un cas d'espèce : « בָּא הַיַּיִן מִכֹּחוֹ שֶׁל עַכּוּ״ם בְּלֹא כַּוָּנָה הוֹאִיל וְלֹא נָגַע בַּיַּיִן הֲרֵי זֶה מֻתָּר בִּשְׁתִיָּה » (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב הלכה ו).
Le travailleur qui fait son travail. Le seif 4 ajoute la raison qui rend cette catégorie très large en pratique : un non-Juif venu décharger un tonneau, et qui en fait sortir du vin — שרי דהוי שלא בכוונה דבמלאכתו הוא עוסק. Celui qui est occupé à sa tâche ne vise pas le vin : porter, décharger, transporter, ranger. C'est le même raisonnement que le Rama applique au siman 124, et il commande la plupart des situations de manutention, de livraison et de service.

La glose qui change tout — et sa portée exacte

ובזמן הזה דהאומות לאו עובדי עבודת כוכבים הם כל מגען מיקרי שלא בכוונה

— רמ״א יו״ד קכ״ד:כ״ד
Le Shach s'y appuie trois fois dans notre siman. Sur le nitsok — ולדידן הכל שרי במקום הפסד (ס״ק א) ; sur la sévérité du Rama au seif 1 — « אבל לדידן שרי כאן אפי׳ שלא במקום הפסד מרובה » (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ב) ; et sur le tonneau qui goutte, au dernier ס״ק du siman — « ולדידן פשוט דשרי » (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק כ״ב). Le Taz s'en sert de même sur le seif 8 : « ולכל הפירושים אין בזה איסור לדידן דאנו מתירין מגע עובד כוכבים ע״י ד״א » (ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק י״ב).

Trois bornes que les textes eux-mêmes posent

  1. Cette glose est du Rama, pas du Mehaber. Le Choulhan Aroukh ne l'a pas écrite, et le Rama la donne au siman 124 en ajoutant ואין לפרסם הדבר בפני עם הארץ. C'est une ligne de partage bien réelle entre la psika séfarade, qui suit le Mehaber, et la psika ashkénaze.
  2. Elle est conditionnée. Sa formulation est דהאומות לאו עובדי עבודת כוכבים הם : elle vaut là où la condition est vérifiée. Le Shach lui-même écrit que le Rama a parlé מן הדין, et qu'il y a une nafka mina là où l'on sait qu'ils sont idolâtres (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ב).
  3. Elle ne joue qu'après coup. Rien dans le siman ne permet d'organiser le contact ou le versement par un non-Juif. Tous les heterim de ce siman sont écrits בדיעבד, et le Shach comme le Taz répètent אבל לכתחלה אסור.

Lema'asse (l'intention). Trois cas se distinguent nettement. (1) Il ne savait pas que c'était du vin : le seif 1 permet, y compris à la boisson. (2) Il était occupé à sa tâche — livreur, manutentionnaire, employé qui range : le seif 4 permet. (3) Il a versé sciemment du vin : c'est le cas plein du siman, et c'est là que la glose du Rama et la position du Mehaber se séparent. Savoir dans quel cas tu te trouves, et quelle psika tu suis, n'est pas une question de texte mais de communauté et de circonstances. Consulte ton Rav.

8. זריקה, ענבים ומזיגת מים — l'objet jeté, les raisins, l'eau ajoutée

a) Un objet jeté dans le vin (seif 5)

זרק אבן או חפץ לתוך היין מותר אפי׳ בשתייה אבל אם החפץ מתגלגל והוא דוחהו עד שנופל לתוך היין אסור אפילו בהנאה ואם עשה כן בחמתו מותר אפי׳ בשתיה:

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:ה
Trois cas en une ligne. Jeter un objet dans le vin : le vin n'est pas venu de sa force, il n'a rien déplacé — permis même à la boisson. Pousser un objet qui roule jusqu'à ce qu'il tombe dans le vin : interdit même en profit, ce qui est plus sévère que le koa'h ordinaire — signe que le siman voit ici autre chose qu'une force. Et le faire de colère : permis même à la boisson, car un homme en colère ne fait pas une libation. Le troisième cas vient de la Michna : נָטַל אֶת הֶחָבִית וּזְרָקָהּ בַּחֲמָתוֹ לַבּוֹר, זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה וְהִכְשִׁירוּ (עבודה זרה ס׳ ע״ב).

Pourquoi le cas de l'objet poussé est-il si sévère ? Le Taz tranche

Le Taz rapporte du Beit Yosef deux lectures du Roch. Selon la première, le motif est שמא נגע : on craint qu'il n'ait touché le vin de la main. Selon la seconde, c'est un contact intentionnel par l'intermédiaire d'un objet, interdit même en profit. La nafka mina est directe pour nous, dit le Taz : puisque nous allégeons sur le contact par un objet intermédiaire (siman 124), la seconde lecture n'interdirait plus rien aujourd'hui, tandis que la première interdit toujours. Sa conclusion est une stringence explicite, valable même à notre époque :

« ועל כן נראה דיש לחוש לפירוש הראשון ולאסור אף לדידן בזורק שלא בחמתו והחפץ מתגלגל ודוחהו עד היין כל שלא ברור שלא נגע ביד »
— ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק ז

b) Les raisins jetés au pressoir (seif 6)

עובד כוכבים שהביא ענבים בסלים ובדרדורי׳ (פי׳ רש״י גיגיות קטנות) וזרקן לגת שיש בו יין דרוך מותר בדיעבד אף על פי שיש בדרדורים יין שזב מהענבים שבהם ואם ישראל מסייע לעובד כוכבים בזריקתו לגת מותר אפילו לכתחלה:

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:ו
Pourquoi c'est permis, et pourquoi seulement bediavad. Le jus qui a suinté des raisins dans les cuveaux n'a pas encore le statut de vin — il n'a pas été “tiré” dans le pressoir. Le Shach le dit et donne la raison de la restriction lekhatchila : on craint l'assimilation à un versement de vin véritable.
« ולכתחלה אסור אטו שפיכת יין גמור »
— ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ט
La fin du seif est un cas de mesayéa inversé. Si un Juif aide le non-Juif à jeter les raisins, c'est permis même lekhatchila : la crainte de lekhatchila tombe dès lors que le geste n'est plus celui du non-Juif seul. C'est la même mécanique qu'au seif 3, appliquée en sens inverse — et c'est, dans tout le siman, le seul heter écrit אפילו לכתחלה.

c) L'eau ajoutée au vin (seif 7)

עובד כוכבים שזרק מים לתוך היין מותר אפילו בשתיה והוא שאינו מכוין למוזגו כגון שזרק מים לחביות גדולות או לכוס ולא ידע שהוא יין אבל אם מכוין למזוג אסור בשתייה ואם אינו ידוע אם כוון למזיגה אם לאו מותר:

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:ז
Deux raisons de permettre, et une raison d'interdire. Verser de l'eau dans du vin n'est pas un contact — il n'a pas touché le vin — et le nitsok ne joue pas non plus, car il ne relie que du vin à du vin, non de l'eau à du vin : le Shach le tire du Tour, du Roch et du Rashba, et en déduit que même s'il a touché l'eau, c'est permis (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק י). Ce qui interdit, ce n'est donc pas le geste mais l'intention de couper le vin — la mezigah, qui est une manière de s'occuper du vin lui-même.

La remarque du Shach — et elle vise nos usages

Le Ran interdisait dans un verre même pour un peu d'eau, parce que les usages de mezigah varient d'un homme à l'autre. Le Shach borne cette sévérité par un constat de fait sur son pays et son temps :

« ונראה דבארצות האלו שאין דרך למזוג בכוס שרי אא״כ ידוע שכוונתו היתה למזיגה »
— ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק י״א

Lema'asse (eau, glaçons, carafe). Le siman donne le critère — vise-t-il à couper le vin ? — et le doute penche vers l'indulgence (ואם אינו ידוע אם כוון למזיגה אם לאו מותר). Le Shach ajoute que là où l'on ne coupe pas habituellement le vin, le geste est permis sauf intention connue. Reste que “verser de l'eau” et “ajouter de la glace”, “remplir une carafe”, “allonger un cocktail” ne sont pas nécessairement le même acte. Consulte ton Rav.

9. עירוי, נשיאה ושמירה — transvaser, porter, surveiller

a) Qui tient quoi (seif 8)

עובד כוכבים שמערה מכלי שבידו לכלי שביד ישראל היוצא אסור בשתייה וישראל שמערה מכלי שבידו לכלי שביד עובד כוכבים מותר אפילו בשתייה ואם נדנד העובד כוכבים הכלי נאסר היין:

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:ח
C'est la Guemara, mot pour mot. Le seif reprend les deux membres de Rav Papa (עבודה זרה ס׳ ע״א) : celui qui tient le récipient d'où le vin part donne sa force au vin ; celui qui tient le récipient il arrive ne fait rien — sauf s'il bouge son récipient. Le Shach note que selon le Rama (siman 124 seif 18) il faut ici comprendre qu'il a soulevé le récipient et l'a secoué, faute de quoi il n'y a pas de shikhshoukh (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ט״ז).

Approcher le verre du jet : les trois lectures du Taz

Le Taz consacre son ס״ק י״ב à celui qui approche son récipient du jet — le מצדד אצדודי, tel qu'il lit la Guemara — et distingue trois positions : le Rambam, pour qui remuer interdit même sans soulever ; le Roch, pour qui il faut un soulèvement, sauf ici où le geste montre son intention — דמוכח שעושה כדי שהיין יתקבל מכח ; et le Rashba avec le Raavad, pour qui il s'agit d'un contact par l'intermédiaire de la paroi. Il conclut que pour nous, qui allégeons sur le contact médiat, aucune des trois n'interdit — et le Pitchei Teshuva ajoute aussitôt que selon le Noda BiYehuda (תניינא יו״ד סימן ע׳) cette conclusion du Taz ne vaut pas à l'égard de toutes les opinions (פתחי תשובה יו״ד קכ״ה ס״ק א).

b) Porter un récipient fermé (seif 9)

העביר העובד כוכבים נוד של יין ממקום למקום והוא אוחז פי הנאד בידו בין שהיה הנוד מלא או חסר מותר ואע״פ שהיין מתנדנד שאין דרך ניסוך בכך:

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:ט
Le seif le plus utile du siman, en pratique. Un récipient fermé transporté par un non-Juif ne pose aucun problème, même si le vin ballotte : אין דרך ניסוך בכך. Le Rambam en fait une règle générale — « כְּלִי סָתוּם מֻתָּר לְטַלְטְלוֹ הָעַכּוּ״ם מִמָּקוֹם לְמָקוֹם וְאַף עַל פִּי שֶׁהַיַּיִן מִתְנַדְנֵד שֶׁאֵין זֶה דֶּרֶךְ הַנִּסּוּךְ » (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב הלכה ד). Le Shach précise la condition d'application : והיינו שהוא סתום דאל״כ אסור משום שכשוך (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק י״ז) — et il ajoute qu'on ne craint pas non plus qu'il ait touché, l'ouverture d'une outre étant étroite (ס״ק י״ח). Le Taz donne la raison de fond : דכיון דנושא דרך הילוכו לא מקרי דרך ניסוך בכך (ט״ז יו״ד קכ״ה ס״ק י״ג).

c) Porter un récipient ouvert (seif 10)

היה נושא כלי פתוח ובו יין וישראל הולך אחריו אם הוא חסר ולא שכשכו מותר בשתייה (וי״א דאפילו שכשכו בכלי שרי כאן) (רשב״א והראב״ד והרא״ש ור״ן) (וכן עיקר) ואם הוא מלא אסור בהנאה שמא נגע בו ואם הישראל הולך בצדו ונטר ליה אפילו מלא מותר שא״א לו ליגע שלא יראנו ואם היה נושא הכלי במוט בשנים אפילו מלא והישראל הולך אחריו מותר וה״ה לנושא דלי דרך טבעתו (תוספות וסה״ת וסמ״ק): הגה ובלבד שהישראל סייעו כשהכניס המוט בטבעת הכלי (מרדכי בשם ראבי״ה) או שראה כשהכניסו העובד כוכבים שלא נגע:

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ה:י (המחבר וההגה)
Le récipient ouvert : la crainte change de nature. Ici on ne craint plus la force, mais la main. D'où la logique du seif : plein — interdit en profit, car il a pu y tremper la main ; entamé — permis, il n'atteint pas le vin. Le Shach explique le renversement apparent avec le siman 124 : un récipient large ne se remue pas volontiers, de peur de renverser, et c'est pourquoi le Rama tranche ici וכן עיקר que même remué c'est permis, tandis que le siman 124 parlait d'un récipient étroit (ש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק י״ט).

👈 Les trois issues du seif 10

  1. Le Juif marche à côté et le surveilleונטר ליה : permis même plein, car il ne peut toucher sans être vu. C'est la solution la plus simple et la plus transposable.
  2. Deux porteurs sur un brancard — permis même plein, même si le Juif marche derrière : le Shach en donne la raison, שהיא רחוקה ממנו ואינו יכול ליגע בה (ס״ק כ׳). Même règle pour un seau porté par son anneau.
  3. La condition du Rama — encore faut-il que le Juif ait aidé à engager le brancard dans l'anneau, ou l'ait vu faire sans qu'il touche. Le Shach ajoute que si, en inclinant, du vin a jailli sur le non-Juif puis est retombé dans le vin, c'est permis, דאין דרך ניסוך בכך (ס״ק כ״א).

Lema'asse (livraison, service, transport). Le partage du siman est net et il se transpose bien : fermé, scellé, bouché — pas de question (seif 9) ; ouvert et porté — la question est celle de la main, et la réponse tient à la surveillance (seif 10) ; versé — c'est la question du koa'h (seif 8). Ce que le siman ne dit pas : ce qu'il en est d'un bouchon à vis rouvert, d'une capsule sertie, d'un scellé rompu puis remis, d'un vin en cubi ou en fût pressurisé. Consulte ton Rav.

10. יין מבושל וסתם יינם בזמן הזה — les deux clés pratiques

Avant d'appliquer le siman 125, deux questions le précèdent. Tout ce siman suppose un vin qui peut devenir interdit. Deux données du bloc du yayin nessekh décident si l'on entre seulement dans le siman : le vin est-il mevouchal (siman 123), et quelle portée donne-t-on à la glose du Rama sur notre époque (siman 124) ? Ni l'une ni l'autre n'est écrite dans le siman 125 — et l'une et l'autre commandent presque tous les cas réels.

a) Le vin mevouchal

יין מבושל שלנו שנגע בו העובד כוכבים מותר ומאימתי נקרא מבושל משהרתיח על גבי האש

— שולחן ערוך יו״ד קכ״ג:ג
Ce que cela change. Le seif du siman 123 permet le contact direct d'un non-Juif avec notre vin cuit. Or tout le siman 125 traite d'un degré moindre que le contact — la force, sans contact. Si le contact lui-même ne rend pas interdit, la force ne le rend pas davantage : c'est un raisonnement a fortiori, et non un seif que l'on pourrait citer. Le siman 123 donne aussi le seuil — משהרתיח על גבי האש, dès qu'il a bouilli sur le feu.

Ce que le siman ne dit pas du mevouchal. Le seuil du siman 123 est un seuil de bouillonnement sur le feu. Les procédés industriels d'aujourd'hui — pasteurisation basse, pasteurisation flash, traitement thermique en ligne, mention “mevushal” sur une étiquette — ne sont pas décrits dans le siman, et les poskim contemporains ne les traitent pas tous de la même manière. Un vin porte-t-il ou non le statut de mevouchal : c'est une question de certification et de psak, pas une question que ce niveau peut trancher.

b) La glose du Rama, et la ligne de partage

QuestionPosition, avec sa source
Le texte du MehaberLe koa'h intentionnel interdit à la boisson (שו״ע יו״ד קכ״ה:א) ; ce qui reste est interdit משום נצוק ; le koa'h involontaire est entièrement permis (סעיף י״א). Le Mehaber n'a pas la glose du siman 124 sur notre époque : la psika séfarade part de ce texte tel quel.
La glose du RamaAu siman 124 seif 24 : aujourd'hui, tout contact d'un non-Juif est réputé involontaire — d'où, dans notre siman, les allègements répétés du Shach et du Taz. C'est le socle de la psika ashkénaze sur ces seifim.
Le ShachTrois fois dans le siman : ס״ק א (nitsok — permis là où il y a perte), ס״ק ב (le koa'h du seif 1 — permis pour nous, même hors perte importante, le Rama n'ayant parlé que מן הדין), ס״ק כ״ב (le tonneau qui goutte — ולדידן פשוט דשרי).
Le TazAllège au ס״ק י״ב sur le מצדד אצדודי, mais durcit au ס״ק א (pas de heter pour l'absence de soulèvement) et au ס״ק ז (l'objet poussé reste interdit même pour nous, tant qu'il n'est pas certain qu'il n'a pas touché de la main).
Le Pitchei TeshuvaUne seule note sur tout le siman, sur le ואם נדנד du seif 8 : selon le Noda BiYehuda (תניינא יו״ד סימן ע׳), la conclusion indulgente du Taz ne couvre pas toutes les opinions (פתחי תשובה יו״ד קכ״ה ס״ק א).
Lekhatchila, chez tousLe Shach (ס״ק ד, ס״ק ה, ס״ק ט) et le Taz (ס״ק ו) répètent que ces heterim sont de bediavad. Aucun texte du siman ne permet d'organiser le geste.

Note de méthode. Ce tableau ne cite que ce qui est écrit dans les textes du siman et de ses deux voisins immédiats. Les courants contemporains — séfarades et ashkénazes — prolongent ces positions, mais leur application aux vins, aux circuits commerciaux et aux mécanismes d'aujourd'hui ne se déduit pas des seifim. À confirmer auprès d'un Rav avant toute application.

11. מקרים מודרניים — le siman 125 à notre table

Les cinq outils du siman. (1) Le koa'h — le vin est-il sorti par l'effet de son geste ? (seif 1). (2) Le compte des relais — כח כחו / כח כח כחו (seif 2). (3) Le mesayéa — coulait-il déjà, une main juive tenait-elle aussi ? (seifim 3-4). (4) L'intention — savait-il, visait-il le vin, était-il occupé à sa tâche ? (seifim 1, 4, 11). (5) L'ouverture — le récipient est-il fermé, et le Juif regardait-il ? (seifim 9-10). Ce qui n'est pas dans ce siman : le nitsok en propre (siman 126), le mevouchal (siman 123), la crédibilité d'un témoignage (siman 127).
Cas moderneOutil du simanOrientation (à confirmer auprès du Rav)
Un serveur non-juif déplace une bouteille fermée sur la tableSeif 9 · רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב הלכה דRécipient fermé transporté : rien n'est fait — אין דרך ניסוך בכך. Le vin qui ballotte à l'intérieur n'est pas un shikhshoukh.
Il incline la bouteille, ou la penche sans la soulever, et du vin couleSeif 1 · ט״ז ס״ק א · ש״ך ס״ק גC'est du koa'h. La parenthèse du Rama (“il n'a pas soulevé”) est écartée par les deux nossei kelim du siman : on ne s'appuie pas dessus pour permettre.
Il ouvre un robinet, une bonde, un bec verseur, et le vin couleSeif 1 · שו״ע יו״ד קכ״ד:י״דC'est exactement le cas du ברזא, que le siman 124 qualifie de koa'h et qui renvoie explicitement à notre siman. Le soulèvement n'y joue aucun rôle.
Il appuie sur un bouton, une pompe, une électrovanne, une tireuseSeif 2 (les relais) — et au-delàLe siman fournit le principe du comptage des forces, mais ne traite pas d'une force qui n'est plus la sienne (moteur, pression, automate). Les catégories qu'il faudrait mobiliser ne figurent pas ici. Question à poser telle quelle à un Rav, avec la description du mécanisme.
Il tient le verre pendant qu'un Juif verseSeif 8Permis même à la boisson — sauf s'il secoue le verre, ou s'il l'approche du jet (le מצדד אצדודי du Taz ס״ק י״ב, sur lequel le Pitchei Teshuva apporte une réserve).
Un Juif et un non-Juif portent ou versent ensembleSeif 3 · ש״ך ס״ק ה–ו · ט״ז ס״ק וPermis bediavad, même si le non-Juif aurait pu seul — à condition que le Juif soit un adulte. Lekhatchila, non : cela ne s'organise pas.
Le vin coulait déjà et il redresse la bouteille, ou bouscule la main du verseurSeif 4 · ש״ך ס״ק זCoulait-il de toute façon ? Alors מסייע שאין בו ממש — permis. Sinon, c'est son geste qui a fait couler : koa'h.
Un livreur, un manutentionnaire, un employé qui range des caissesSeif 4 · seif 11במלאכתו הוא עוסק et כחו שלא בכוונה : le siman permet, y compris ce qui a coulé — c'est le cas explicite du seif 11.
Il ajoute de l'eau ou des glaçons dans un verre de vinSeif 7 · ש״ך ס״ק י–י״אPermis même à la boisson tant qu'il ne vise pas à couper le vin ; le doute penche vers l'indulgence. Le Shach ajoute que là où l'on ne coupe pas le vin, il faut une intention connue pour interdire.
Une carafe ouverte portée par un non-Juif, personne ne regardeSeif 10Pleine — interdite en profit (crainte qu'il ait touché) ; entamée et non remuée — permise à la boisson, et le Rama tranche וכן עיקר qu'elle l'est même remuée. Le Juif qui marche à côté et regarde règle la question même si elle est pleine.
Le vin est mevouchalשו״ע יו״ד קכ״ג:גLe contact direct est déjà permis ; a fortiori la simple force. Mais le statut “mevushal” d'un vin industriel relève de la certification et du psak, non du texte du siman.
Que devient le reste de la bouteille ?Seif 1 (נצוק) · siman 126Le Mehaber interdit aussi ce qui reste ; le Rama rapporte l'avis contraire et n'allège qu'en cas de perte importante ; le Shach et le Taz allègent davantage. Le lieu propre de la question est le siman קכ״ו · 126.

Lema'asse. Avant de poser la question, rassemble les faits que le siman réclame, dans cet ordre : quel vin (mevouchal ou non) ; le récipient (fermé, ouvert, plein, entamé) ; le geste exact (déplacé, incliné, versé, robinet ouvert, bouton pressé) ; l'intention (savait-il que c'était du vin, était-il à sa tâche) ; qui d'autre agissait (un Juif adulte tenait-il aussi, regardait-il) ; et ce qui est en jeu (un verre, une bouteille, une cave). Avec ces six éléments, la question devient posable. Sans eux, aucun tableau ne peut répondre — et avec eux, c'est ton Rav qui répond.

12. סיכום מעשי — récapitulatif et tableaux

טבלה — les mesures du siman, en pratique

QuestionMesure (en pratique)Source
Vin sorti par sa force, intentionnellementInterdit à la boisson (pas en profit)שו״ע יו״ד קכ״ה:א ; רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב הלכה ב
Soulever sans que rien ne sortePermisרמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב הלכה ב
Incliner sans souleverLe Rama permet ; le Taz et le Shach refusent le heterהגה יו״ד קכ״ה:א ; ט״ז ס״ק א ; ש״ך ס״ק ג
Ouvrir un fausset / un robinetKoa'h — pas besoin de soulèvementשו״ע יו״ד קכ״ד:י״ד
Ce qui reste dans le récipientInterdit משום נצוק ; avis contraire rapporté par le Rama ; allègement en cas de perteשו״ע יו״ד קכ״ה:א + הגה ; ש״ך ס״ק א ; ט״ז ס״ק ד
Deux relais (כח כחו)Comme sa force — interditשו״ע יו״ד קכ״ה:ב
Trois relais (כח כח כחו)Permis bediavad, même à la boissonשו״ע יו״ד קכ״ה:ב
Lekhatchila, quel que soit le nombre de relaisInterditש״ך יו״ד קכ״ה ס״ק ד
Force juive et force non-juive mêléesPermis bediavad si le Juif est adulte ; un enfant ne compte pasשו״ע יו״ד קכ״ה:ג ; ש״ך ס״ק ה–ו ; ט״ז ס״ק ו
Le vin coulait déjàמסייע שאין בו ממש — permisשו״ע יו״ד קכ״ה:ד ; ש״ך ס״ק ז
Il n'aurait pas coulé sans luiInterditהגה יו״ד קכ״ה:ד
Occupé à son travail (déchargement)Permis — במלאכתו הוא עוסקהגה יו״ד קכ״ה:ד
Objet jeté dans le vinPermis même à la boissonשו״ע יו״ד קכ״ה:ה
Objet poussé jusqu'au vinInterdit même en profit ; le Taz maintient la sévérité pour nousשו״ע יו״ד קכ״ה:ה ; ט״ז ס״ק ז
Fait de colèrePermis même à la boissonשו״ע יו״ד קכ״ה:ה ; עבודה זרה ס׳ ע״ב
Raisins jetés au pressoirPermis bediavad ; avec l'aide d'un Juif, même lekhatchilaשו״ע יו״ד קכ״ה:ו ; ש״ך ס״ק ט
Eau jetée dans le vinPermis même à la boisson, sauf intention de mezigah ; doute → permisשו״ע יו״ד קכ״ה:ז ; ש״ך ס״ק י–י״א
Il verse, le Juif reçoitCe qui sort est interdit à la boissonשו״ע יו״ד קכ״ה:ח
Le Juif verse, il tient le récipientPermis même à la boisson — sauf s'il l'a secouéשו״ע יו״ד קכ״ה:ח ; ש״ך ס״ק ט״ז ; ט״ז ס״ק י״ב
Récipient fermé transportéPermis — אין דרך ניסוך בכךשו״ע יו״ד קכ״ה:ט ; רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב הלכה ד
Récipient ouvert, plein, non surveilléInterdit en profit — שמא נגעשו״ע יו״ד קכ״ה:י
Récipient ouvert, entaméPermis à la boisson ; וכן עיקר même remuéשו״ע יו״ד קכ״ה:י ; ש״ך ס״ק י״ט
Le Juif marche à côté et regardePermis même pleinשו״ע יו״ד קכ״ה:י
Porté à deux, ou seau par son anneauPermis même plein — sous la condition du Ramaשו״ע יו״ד קכ״ה:י + הגה ; ש״ך ס״ק כ׳
Vin sorti en marchant, involontairementPermis à la boisson, y compris ce qui est sortiשו״ע יו״ד קכ״ה:י״א ; ש״ך ס״ק כ״ב
Vin mevouchalLe contact direct est déjà permisשו״ע יו״ד קכ״ג:ג

טבלה — qui dit quoi (nossei kelim du siman)

PosekApport décisif (ancré corpus)
Mehaber (י״א סעיפים)Le cas fondateur et le nitsok (s.1) ; le compte des forces (s.2) ; la force mêlée et l'enfant (s.3) ; le vin qui coulait déjà (s.4) ; l'objet jeté, poussé, jeté de colère (s.5) ; les raisins au pressoir (s.6) ; l'eau et la mezigah (s.7) ; qui tient quoi en transvasant (s.8) ; le récipient fermé (s.9) ; le récipient ouvert, plein ou entamé, surveillé ou non (s.10) ; le vin sorti en marchant (s.11).
Rama (הגה sur s.1, s.4, s.10)s.1 : l'avis qui n'applique pas le nitsok au koa'h, la sévérité sauf perte importante, et la parenthèse “il n'a pas soulevé le récipient” ; s.4 : la double distinction — n'aurait-il pas coulé sans lui, et le non-Juif qui bouscule la main du Juif ; s.10 : וכן עיקר sur le récipient remué, et la condition sur le brancard passé dans l'anneau.
Taz (טורי זהב, י״ג ס״ק)ס״ק א : le plus long du siman — le koa'h n'exige aucun soulèvement, contre le Beit Yosef et contre la glose du Rama ; ס״ק ד : la formule du Rama sur la perte importante est imprécise ; ס״ק ו : pourquoi la force mêlée allège, et que tout cela est de bediavad ; ס״ק ז : l'objet poussé reste interdit même pour nous ; ס״ק ט : les paniers, les cuveaux et le pressoir de notre temps ; ס״ק י״ב : les trois lectures du מצדד אצדודי ; ס״ק י״ג : porter en marchant n'est pas une manière de faire une libation.
Shach (שפתי כהן, כ״ב ס״ק)ס״ק א : la triple contradiction sur le nitsok, וצ״ע, et l'allègement en cas de perte ; ס״ק ב : le Rama n'a parlé que מן הדין ; ס״ק ג : צ״ע sur la parenthèse “sans soulever”, réfutée par le Ramban, les Tossefot et le Mordechai ; ס״ק ד : lekhatchila interdit même à dix forces ; ס״ק ה–ו : les bornes du heter de la force mêlée ; ס״ק ז : la raison du מסייע שאין בו ממש ; ס״ק ט : les raisins, et le lekhatchila ; ס״ק י–י״א : l'eau et la mezigah dans nos pays ; ס״ק ט״ז–י״ט : le récipient secoué, l'outre fermée, l'ouverture étroite, le récipient large ; ס״ק כ׳–כ״ב : le brancard, le vin qui rejaillit, et le tonneau qui goutte.
Pitchei Teshuva (ס״ק א)Une seule note sur tout le siman, sur le ואם נדנד du seif 8 : la conclusion indulgente du Taz ne couvre pas toutes les opinions, selon le Noda BiYehuda (תניינא יו״ד סימן ע׳).
Rambam (הלכות מאכלות אסורות פרק י״ב)הלכה ב : la source du seif 1, et la contrepartie — soulever sans que rien ne sorte est permis ; הלכה ג : le récipient tenu au sol et le נדנוד, source du seif 8 ; הלכה ד : le récipient fermé transporté, source du seif 9 ; הלכה ו : le koa'h involontaire, règle générale.
Guemara (עבודה זרה ס׳)ס׳ ע״א : גוי אדנא וישראל אכובא, le מצדד אצדודי, l'outre portée, et la ligne qui fonde le siman — בכחו כולי עלמא לא פליגי דאסיר, כי פליגי בכח כחו ; ס׳ ע״ב : la Michna du tonneau jeté de colère, זה היה מעשה והכשירו.

Liens Sefaria (texte et nossei kelim)

Choulhan Aroukh YD 125 : 125:1 · 125:2 · 125:4 · 125:8 · 125:10
Taz (Turei Zahav) : 125 s.k. 1 · 125 s.k. 7 · 125 s.k. 12
Shach (Siftei Kohen) : 125 s.k. 1 · 125 s.k. 3 · 125 s.k. 7
Pitchei Teshuva : 125 s.k. 1
Rambam : מאכלות אסורות י״ב:ב · י״ב:ד · י״ב:ו
Guemara : עבודה זרה ס׳ ע״א · עבודה זרה ס׳ ע״ב
Simanim voisins : YD 123:3 (mevouchal) · YD 124:14 (le fausset) · YD 124:24 (la glose du Rama)

👈 הלכה למעשה — la règle d'or de ce niveau

  1. Sur le fond, retiens la ligne unique du siman : le vin venu de la force d'un non-Juif est interdit à la boisson, même s'il n'a rien touché ni remué — et cet interdit tombe dès que le geste est involontaire.
  2. Le seuil des relais — deux forces, c'est encore sa force ; trois, c'est permis bediavad — est un critère du siman, pas une clef universelle : le Shach interdit lekhatchila même à dix forces.
  3. Deux gestes ne font rien : déplacer un récipient fermé, et améliorer un écoulement qui existait déjà. Deux gestes font tout : verser, et ouvrir ce qui retient le vin.
  4. La conclusion pratique majeure du siman est celle du Shach : puisque les non-Juifs d'aujourd'hui ne sont pas idolâtres, tout ce qui n'est interdit qu'à la boisson est permis pour nous, au moins במקום הפסד — il l'écrit à son ס״ק א et le répète à son ס״ק ב, où il ajoute même que le Rama n'a parlé que מן הדין. C'est une conclusion du Rama et de ses nossei kelim, non du Mehaber ; elle reste de bediavad, et elle suppose la condition qu'elle énonce.
  5. Le récipient ouvert change la question : on ne craint plus la force mais la main — et un Juif qui marche à côté et regarde suffit à la lever.
  6. Et pour tout cas réel — vin mevouchal ou non, robinet, pompe, mécanisme, bouteille entamée, cave entière — la halakha lema'asse passe par ton Rav : consulte ton Rav.

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
פסק והלכה למעשה בדין יין הבא מכח עובד כוכבים וכח כחו · סימן קכ״ה · ⚖️ Niveau 4 — Halakha lema'asse
⚠️ Ce contenu est à but d'étude. Les courants de psika contemporains cités (séfarades et ashkénazes) sont des repères, non un psak personnel. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה), consultez un Rav qualifié.

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