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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA'ASSE / PSAK

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 130 — Le scellement du vin : un sceau, deux sceaux — Psika lema'asse
סימן ק״ל · הלכה למעשה
דיני חתימת היין
פסק המחבר והרמ״א · הכרעת נושאי הכלים · הסקת ההלכה למקרים בני זמננו
⚖️ פסק הלכה ולמעשה ⚖️
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Halakha lema'asse — la psika pratique

Du psak du Mehaber et du Rama, à l'arbitrage du Taz, du Chakh
et du Pitchei Techouva, jusqu'à la bouteille scellée que l'on fait livrer

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״ל (י׳ סעיפים)
עם נושאי הכלים: ט״ז, ש״ך, פתחי תשובה, טור, בית יוסף, רמב״ם

⚠ Avertissement de niveau :
Ce niveau n'est pas “Daat HaRav” : le Choulhan Aroukh HaRav
(Admour HaZaken) ne couvre pas le Yoreh De'ah, donc pas le Siman 130.
C'est un niveau de psika pratique : ce que l'on fait, et à qui demander.

Rédaction et iyun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Comment lire ce niveau. Chaque affirmation est ancrée soit dans le texte du Choulhan Aroukh et de ses nossei kelim (Taz, Chakh, Pitchei Techouva), soit dans un posek nommé et vérifiable (Rambam, Tour, Beit Yossef, Guemara Avoda Zara). Sur le Yoreh De'ah il n'y a ni Mishna Berurah (qui ne commente que l'Orach Chaim), ni Choulhan Aroukh HaRav / Daat HaRav (l'Admour HaZaken n'a pas écrit le YD). Le Aroukh HaChoulhan n'est pas cité ici : son texte sur ce siman ne nous est pas accessible, et l'on ne cite pas ce que l'on ne peut pas vérifier ; il en va de même du Kaf HaHaïm et du Pri Hadach sur ce siman. Et une chose doit être dite d'emblée, parce qu'elle commande tout le reste : l'emballage industriel n'est dans aucun séif. Le siman donne un critère et des contre-exemples, pas un catalogue. Ce niveau reconstruit le critère et s'arrête là où le texte s'arrête : pour une bouteille réelle, un carton réel, un scellé réel, c'est un Rav qui doit voir l'emballage.

📑 תוכן העניינים

  1. שורש הסימן — למה היין לבדו אינו משתמר בחותם אחד
  2. פסק המחבר והרמ״א — מפת הסימן בי׳ סעיפים
  3. מה נחשב חותם — כלי, טיחה, קשר ואותיות (סעיפים ד׳–ז׳)
  4. הכלי שאפשר לנקבו — חבית של עץ, נאדות ושקים (סעיף א׳)
  5. חותם אחד — שתיה, הנאה, וקרן זוית (סעיף ב׳)
  6. מבושל, מעורב וחומץ — חותם אחד לכתחילה (סעיף ג׳)
  7. הכרת החותם וההודעה — המפקיד והשולח (סעיף ח׳)
  8. חותם שנמצא סתור — ומה שהעובד כוכבים מספר (סעיף ח׳)
  9. הדרך והמנוחה — חידושו של הט״ז בהולכת יין
  10. בית שכור ובית של ישראל — יום ולילה (סעיפים ט׳–י׳)
  11. מקרים מודרניים — הבקבוק החתום, הקרטון והמכולה
  12. סיכום מעשי — טבלאות, קישורים, ולמעשה שאל את רבך

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — Seif Alef

דיני חתימת היין. ובו י׳ סעיפים:
מותר להפקיד ולשלוח יין ביד עובד כוכבים אם הוא חתום בחותם בתוך חותם או מפתח וחותם והני מילי בחבית של חרס אבל לא בחבית של עץ מפני שיכולין להוציא יין מבין הנסרים ולא ירגישו וכל שכן בנודות שבקל יכולים להוציא יין מבין התפירות ואין להם תקנה אלא שיכניס כל החבית של עץ או כל הנאד בשק שאין בו תפירה מבחוץ ויחתום פי השק: הגה ויש מתירין אפילו בחבית של עץ ואין חוששין שמא יוציא בין הנסרים (מרדכי ריש פרק א״מ וב״י בשם ס״ה וסמ״ג ורשב״א ובא״ו הארוך) וכן נוהגים ובלבד שיזהר שיהא המגופה נסתם כראוי וכן שלא יהיה שם ברזא רק יחתוך כל הברזות וישים עור על המגופה והברזא קבוע במסמרות ויכתוב אותיות חציין על העור וחציין על הברזות שאם יגביה העובד כוכבים העור לא ידע לחזור ולכוון העור כבתחילה (מרדכי פר״י וב״י בשם תוס׳) ואם מצא סכין בחבית שהוציא יין בין הנסרים ע״ל סי׳ קכ״ד:

Le cas fondateur. Il est permis de déposer du vin chez un non-Juif, et de le lui faire transporter, à une condition : que le récipient porte un sceau dans un sceau (חותם בתוך חותם), ou bien une clef et un sceau. Le Mehaber ne demande pas que quelqu'un surveille : il demande que l'objet lui-même rende l'ouverture visible.

Et aussitôt la limite, qui est matérielle. Tout cela vaut pour une jarre de terre cuite. Pas pour un fût de bois : on peut en tirer du vin entre les douves sans que rien ne se voie — et le sceau, qui est en haut, n'aura rien empêché. À plus forte raison pour les outres de cuir, où l'on tire le vin entre les coutures. Leur seul remède : glisser le fût entier ou l'outre entière dans un sac sans couture extérieure, et sceller la bouche du sac.

Le Rama allège, et donne une technique. Certains permettent même un fût de bois, et l'on ne craint pas qu'il tire le vin entre les douves — et c'est ainsi que l'on pratique. À trois conditions : que la bonde soit correctement fermée ; qu'il n'y ait aucune cannelle — qu'on coupe toutes les cannelles ; et l'on pose un cuir sur la bonde, la cannelle étant fixée par des clous, et l'on écrit des lettres moitié sur le cuir, moitié sur les cannelles, de sorte que si le non-Juif soulève le cuir, il ne saura pas le remettre en place. Cette phrase-là est le siman tout entier : un sceau n'est pas ce qui ferme, c'est ce qui ne peut pas être refermé à l'identique.

— Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 130:1 · Sefaria YD 130:1

1. שורש הסימן — למה היין לבדו אינו משתמר בחותם אחד

Le renversement par rapport aux deux simanim précédents. Les simanim 128 et 129 demandaient : le vin a-t-il été surveillé ? Ils raisonnaient sur la présence, sur le regard, sur la peur qu'a le non-Juif d'être surpris. Le siman 130 part de l'aveu inverse : le vin n'est surveillé par personne. Il est chez le non-Juif, ou sur sa charrette, pour des heures ou des jours. Ce qui remplace l'œil, ici, c'est un objet. Tout le siman est la loi de cet objet — de ce qui, matériellement, tient lieu de gardien.
Deux craintes, et non une — c'est l'axe de tout le siman. On ne craint pas une seule chose du non-Juif qui détient le vin, mais deux, et elles n'ont pas le même prix. (1) איסוכי — qu'il touche le vin et le rende yayin nessekh. (2) איחלופי — qu'il échange notre vin contre le sien. Le Chakh le dit en une ligne, au séif 3, et cette ligne explique toute l'économie du siman :
« דאי משום איסוכי לא מנסכי ליה אי משום איחלופי כיון דאיכא חותם אחד לא טרח ומזייף »
— ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ז
D'où sort le compte des sceaux. Contre l'échange, un seul sceau suffit : celui qui voudrait substituer devrait défaire et refaire le sceau, et לא טרח ומזייף — il ne se donnera pas cette peine. Contre le contact, un seul sceau ne suffit pas : ouvrir et toucher est l'affaire d'un instant. C'est pourquoi le vin — et lui seul parmi les denrées — réclame deux sceaux, tandis que tout ce qui n'est interdit que par crainte de substitution s'en tient à un.
La Guemara le pose comme une exception nominative. Rabbi Elazar ne dit pas “le vin est plus grave”, il dit que le vin est le seul cas où un sceau ne garde pas :
« הַכֹּל מִשְׁתַּמֵּר בְּחוֹתָם אֶחָד, חוּץ מִן הַיַּיִן שֶׁאֵין מִשְׁתַּמֵּר בְּחוֹתָם אֶחָד »
— עבודה זרה ל״א ע״א
Et la version alternative de la sougya va plus loin encore. Dans le איכא דאמרי, la discussion ne porte plus sur un sceau mais sur deux : pour Rabbi Elazar, le vin ne se garde même pas par un sceau dans un sceau ; Rabbi Yohanan le permet — « וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ יַיִן מִשְׁתַּמֵּר בְּחוֹתָם בְּתוֹךְ חוֹתָם » (עבודה זרה ל״א ע״א). C'est cette seconde opinion que la halakha retient, et c'est pourquoi notre siman s'ouvre sur חותם בתוך חותם comme sur une permission, non comme sur un pis-aller.
Le Rambam donne la formule que le Mehaber recopiera presque mot pour mot. Il ne parle pas de “deux sceaux” mais de deux signes, ce qui est plus exact :
« מֻתָּר לְיִשְׂרָאֵל לְהַפְקִיד יֵינוֹ בִּכְלִי סָתוּם בְּיַד עַכּוּ״ם וְהוּא שֶׁיִּהְיֶה לוֹ בּוֹ שְׁנֵי סִימָנִין »
— רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג הלכה ח
Le Beit Yossef tranche entre deux écoles, et son arbitrage est ce que nous lisons au séif 1. Rabbenou Tam et une partie des Tossefot tenaient qu'un seul sceau suffit chez un non-Juif, parce qu'il a peur ; le Behag, le Rif, le Rambam et le Rashba exigent deux signes. Le Beit Yossef compte les voix et conclut :
« ולענין הלכה כיון דבה״ג והרי״ף והרמב״ם והרשב״א סוברים שצריך חותם בתוך חותם או מפתח וחותם הכי נקטינן »
— בית יוסף יורה דעה סימן ק״ל
כלל הפסק של הסימן :
היין אינו משתמר בחותם אחד, וצריך חותם בתוך חותם או מפתח וחותם. וטעם החותם אינו שהוא נועל, אלא שאין העובד כוכבים יכול לפתחו ולהחזירו כשהיה — לא טרח ומזייף. ולפיכך כל דבר שדרך בני אדם לפתחו ולסגרו בכל יום, אף שהוא סגור היטב, אינו חותם.

2. פסק המחבר והרמ״א — la carte des dix seifim

Le Siman 130 compte dix séifim — c'est le compte annoncé par l'en-tête (ובו י׳ סעיפים) et c'est aussi le compte réel du texte, sans écart. Sa construction est nette : les séifim 1 à 3 posent la règle et ses trois régimes ; les séifim 4 à 7 définissent techniquement ce qu'est un sceau ; le séif 8 traite du sceau retrouvé ; les séifim 9 et 10 quittent le récipient pour le lieu.

SéifSujetPsak (ancré dans le texte)
1déposer et envoyer du vinPermis avec un sceau dans un sceau, ou une clef et un sceau. Mais cela vaut pour une jarre de terre : pas pour un fût de bois, dont on tire le vin entre les douves, ni a fortiori pour une outre, où l'on tire entre les coutures — leur remède est de mettre le tout dans un sac sans couture extérieure et d'en sceller la bouche. Rama : certains permettent même le bois, et c'est l'usage — à condition que la bonde soit bien fermée, qu'on coupe toutes les cannelles, et qu'on écrive des lettres moitié sur le cuir posé sur la bonde, moitié sur les cannelles.
2un seul sceauInterdit à la boisson, permis au profit — et cela seulement s'il lui a assigné un coin (קרן זוית). Rama : certains écrivent que bedieved on permet même avec un seul sceau ; on n'est pas tenu de reconnaître son sceau, sauf si on le voit abîmé — alors c'est interdit — mais on n'a pas à vérifier, et l'usage est d'alléger.
3vin cuit, vin mélangé, vinaigreNotre vin mevouchal, notre vin mélangé à autre chose (miel, huile), notre vinaigre : on peut les déposer chez un non-Juif avec un seul sceau.
4qu'est-ce qu'un sceau dans un sceauUn couvercle non serré posé comme tout le monde ferme + un enduit d'argile = un sceau. Un couvercle serré, et l'argile par-dessus = sceau dans sceau. Nouer la bouche de l'outre = un sceau ; retourner sa bouche vers l'intérieur puis nouer = sceau dans sceau. Et toute modification par rapport à ce que tout le monde fait vaut un sceau, l'enduit ou le nœud étant le second.
5deux nœuds inhabituelsValent deux sceaux.
6lettres et cachets imprimésDeux lettres valent deux sceaux. Mais un cachet imprimé, même s'il porte plusieurs lettres, ne compte que pour un seul sceau, puisqu'on les appose d'un seul coup. Et là où se trouvent des gens sachant écrire, l'écriture n'est un signe que pour celui qui reconnaît l'écriture.
7clef et sceauUne clef et un sceau valent deux sceaux.
8le sceau retrouvéS'il a scellé de deux sceaux, qu'il revient dessus et ne le reconnaît pas, ou le trouve défait — interdit. Rama : seulement si l'on voit qu'il a été défait intentionnellement par un homme ; si l'on peut l'attribuer à un accident, à une bête ou à un enfant, permis bedieved ; et même intentionnel, il y a lieu de permettre si un Juif entre et sort constamment. Le destinataire n'a pas à vérifier, sauf si on l'a prévenu qu'il y avait deux sceaux — et il est bon de lui décrire la forme du sceau. Rama : si l'on a écrit des lettres, pas besoin de prévenir. Et le non-Juif qui dit avoir touché le vin en resserrant une fuite n'est pas cru pour l'interdire.
9maison achetée ou louée chez un non-JuifSi le Juif habite cette cour, permis même sans sceau ni clef, et même si le non-Juif y habite aussi. S'il n'y habite pas : permis si la clef et le sceau sont en main juive ; sinon interdit tant que le non-Juif habite la cour ; et s'il n'y habite pas, permis — sauf s'il est trouvé debout à côté du vin.
10la cour d'un JuifLà, aucune clef ni sceau n'est requis, même si un non-Juif habite la cour et qu'aucun Juif n'y habite, et même s'il est trouvé debout près du vin — car il y est saisi comme un voleur. Mais cela de jour : la nuit, interdit. Rama : cette distinction jour / nuit ne vaut qu'ici, où le non-Juif a un lien avec la cour et la ferme le soir ; et de jour même, s'il a fermé et qu'aucun trou ni fente ne laisse voir le vin — interdit.

3. מה נחשב חותם — כלי, טיחה, קשר ואותיות

כיצד הוא חותם בתוך חותם סתם החבי׳ בכלי שאינו מהודק כדרך שסותמין כל אדם וטח בטיט הרי זה חותם א׳ היה כלי מהודק וטח עליו מלמעלה הרי זה חותם בתוך חותם וכן אם צר פי הנאד הרי זה חותם אחד הפך פי הנאד לתוכו וצר עליו הרי זה חותם בתוך חותם וכן כל שינוי שמשנה מדברים שאין דרך כל אדם הרי הם כחותם א׳ והטיחה או הקשירה חותם שני

— שולחן ערוך יו״ד ק״ל:ד
La formule cachée dans ce séif. Elle tient en deux termes. Un sceau, c'est (a) un geste qui n'est pas celui de tout le mondeשינוי שמשנה מדברים שאין דרך כל אדם — et (b) un second geste par-dessus, l'enduit ou le nœud. Le couvercle posé comme chacun pose un couvercle ne compte pour rien du tout ; c'est l'argile qui en fait un sceau. Le couvercle serré, lui, est déjà anormal : avec l'argile par-dessus, on a les deux.
La Guemara donne les trois exemples que le Rambam et le Mehaber transposent.
« אַגָּנָא דְּפוּמָּא דְּחָבִיתָא שְׁרִיקָא וַחֲתִימָא — הָוֵי חוֹתָם בְּתוֹךְ חוֹתָם, וְאִי לָא — לָא »
— עבודה זרה ל״א ע״א
« נוֹד בְּדִיסַקַּיָּא, חֲתִימַת פִּיו לְמַטָּה — הָוֵי חוֹתָם בְּתוֹךְ חוֹתָם, פִּיו לְמַעְלָה — לָא הָוֵי חוֹתָם בְּתוֹךְ חוֹתָם »
— עבודה זרה ל״א ע״א
Une condition que le Mehaber n'écrit pas et que le Taz exige. L'argile compte-t-elle dès qu'elle est posée ? Le Taz répond que non : humide, elle s'ôte et se remet en un instant, et un sceau qu'on remet à l'identique n'est pas un sceau.
« אבל בלא יבישה נראה דלא הוי חותם דבקלות מאד יכול להסיר הטיט הלח ולתת אחר במקומו »
— ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ז

Le nœud : à quelle condition ferme-t-il quelque chose

שני קשרים משונים הוי כשני חותמות

— שולחן ערוך יו״ד ק״ל:ה
Le mot décisif est משונים. Le Taz le souligne : un nœud ordinaire ne coûte aucune peine à défaire, donc il n'est pas un signe du tout ; ce n'est que l'étrangeté du nœud qui le rend indéfaisable sans trace.
« דקשר שעושין בעלמא ודאי אין טורח כלל להתירה אלא ודאי קשר משונה בעינן »
— ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ח
Et le Taz en tire une conséquence que l'on oublie toujours : le fait de mettre l'outre dans un sac n'est pas un sceau. Ce qui scelle, c'est le nœud et le retournement de la bouche — « ולפי זה לא הוה הנתינה בשק שום חותם רק הקשר והפיכת פיו של נבל או כפיפת פיו לתוכו הוה חב״ח » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ח). Un emballage qui enveloppe n'est pas un emballage qui scelle. C'est exactement la question que pose aujourd'hui un carton fermé.

Les lettres, et le cachet imprimé

שתי אותיות הוי כשני חותמות והדפוסים אף על פי שיש בהם כמה אותיות לא חשיבי אלא כחותם אחד כיון שקובעין אותם בבת אחת ובמקום שמצויים מומרים ועובדי כוכבים שיודעים לכתוב אין כתב סימן אלא למי שמכיר הכתב

— שולחן ערוך יו״ד ק״ל:ו

Le séif le plus actuel du siman, et personne ne le voit

Ce séif dit trois choses, et les trois portent directement sur nos étiquettes. (1) Deux lettres tracées valent deux sceaux — parce que les reproduire exactement demande une peine que le faussaire ne prendra pas. (2) Mais un cachet impriméהדפוסים — même chargé de lettres, ne vaut qu'un seul sceau, כיון שקובעין אותם בבת אחת : ce qui s'appose d'un seul geste se réappose d'un seul geste, et le nombre de caractères n'y change rien. (3) Et là où l'écriture est répandue, elle n'est un signe que pour celui qui reconnaît cette écriture-là. Le Beit Yossef donne les deux sources, le Rashba en responsum pour les cachets, et le Ra'ah pour la seconde limite :

« וכתב הרשב״א בתשובה הדפוסים אף ע״פ שיש בהם כמה אותיות לא חשיבי אלא כחותם א׳ כיון שקובעים אותם בבת אחת »
— בית יוסף יורה דעה סימן ק״ל
« וכתוב בא״ח בשם הרא״ה במקום שמצויים מומרים ונכרים שיודעים לכתוב אין כתב סימן אלא למי שמכיר הכתב »
— בית יוסף יורה דעה סימן ק״ל

La clef et le sceau

מפתח וחותם אחד הוי כשני חותמות

— שולחן ערוך יו״ד ק״ל:ז
La clef seule vaut-elle un sceau ? Le Taz écrit que oui, en renvoyant au siman 118 : « כבר כתבנו בסי׳ קי״ח סעיף א׳ דלפי זה אפילו באין שם אלא אפי׳ מפתח לחוד גם [כן] מותר דהא בהא תליא » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ה). Le Chakh écrit le contraire, en renvoyant au même siman : « וכן מפתח א׳ לא הוי כחותם א׳ כמ״ש בסי׳ קי״ח ס״ק כ״א » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ד). Divergence nette, et elle décide de tout un cas moderne — celui du local fermé à clef sans aucun scellé. Question de Rav.

4. הכלי שאפשר לנקבו — חבית של עץ, נאדות ושקים

La leçon de méthode du séif 1, et elle est capitale pour nous. Le Mehaber vient d'autoriser le sceau dans un sceau — puis il ajoute aussitôt : והני מילי בחבית של חרס. Autrement dit : un sceau ne vaut que ce que vaut le récipient qu'il ferme. Sceller admirablement la bouche d'un fût dont on peut percer le flanc, c'est n'avoir rien scellé. La question n'est jamais “le bouchon tient-il ?”, elle est “par où d'autre peut-on entrer ?”.
Le Rama allège, mais avec un cahier des charges. Il rapporte ceux qui permettent même le fût de bois — « ויש מתירין אפילו בחבית של עץ ואין חוששין שמא יוציא בין הנסרים » (רמ״א יו״ד ק״ל:א) — et écrit וכן נוהגים. Puis il pose trois exigences : la bonde bien fermée, toutes les cannelles coupées, et le cuir sur la bonde avec les lettres à cheval. Ce n'est pas une permission molle : c'est un allègement sous conditions matérielles.
Et le Chakh ouvre le siman en rapportant le Bah, qui referme presque tout. L'usage de son temps, écrit-il, n'est pas de se fier au bois du tout :
« עכשיו נוהגים שלא להתיר לשלוח יין כלל בחבית של עץ מעיר לעיר אם לא ע״י נאמן ישראל שומר ביום ובלילה »
— ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק א
« כי שכיח שהעובדי כוכבים נוקבים במקדח קטן או בסכין בין הנסרים ומוציאין יין בגניבה ואין לשנות להקל כלל »
— ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק א
Mais le Chakh borne lui-même la sévérité du Bah. D'abord il indique la parade technique : « מיהו אם מכסים כל דופני החבית בחשוקים וגם השולים בנסרים יש להתיר » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק א) — cercler entièrement le fût, fond compris. Ensuite il écrit que tout cela n'est dit que lekhatchila, et qu'après coup on s'en tient à la permission du Rama. Le partage est donc clair : en amont, on n'expédie pas dans un récipient perçable ; en aval, on ne détruit pas une cargaison pour cela.

👈 La cannelle : la seule des trois conditions qui soit bloquante

Le Chakh distingue soigneusement. Le cuir, les lettres, les cercles : לרווחא דמילתא, du confort, non de l'obligation — « דדין זה לאו לעיכובא אלא לרווחא דמילתא אבל בדיעבד הדבר ברור דסגי בחותם א׳ אף בחבית של עץ » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ב). Mais la cannelle non coupée, elle, ruine tout, y compris après coup : « מיהו אם לא חתך הברזות אף דיעבד אסור דהא בקל יכול להוציא הברזא ולהמשיך יין » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ב). Un robinet laissé sur le récipient n'est pas un défaut de sceau : c'est une seconde porte. Le Taz ajoute seulement qu'après coup, si l'argile a séché autour de la cannelle, on peut permettre en cas de perte importante : « זהו לכתחלה אבל בדיעבד אם טח בטיט ונתייבש סביב הברזא גם כן מותר בהפסד מרובה » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ג).

Pourquoi le cerclage suffit — le raisonnement du Taz

Le Taz ne se contente pas de rapporter la parade du Bah, il l'explique — et son explication est un enseignement sur ce qui rend le vin interdit. Le danger, ce n'est pas la perte de vin, c'est le contact au moment où l'on rebouche.
« ונ״ל הא דאין לחוש בזה שמכסה כולו בחשוקים שמא יוציא היין מבין החשוקים דהא עיקר האיסור משום שבשעת הסתימה נוגע בו »
— ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ב
Entre les cercles, le vin qui sort est déjà loin de la masse : y toucher, c'est toucher un filet qui coule, et l'on ne dit pas ניצוק חיבור pour un fût. Percer la douve elle-même, en revanche, c'est toucher le vin du fût. Le Taz ajoute une observation du Maharil que tout mashguiah reconnaîtra :
« גם במהרי״ל ראיתי שמחלק בין נקב דק ובין נקב רחב קצת שבשעה שסותם העובד כוכבים את הנקב יש לחוש שנכנס מן בשר אצבעו בפנים ואוסר »
— ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ב
Et le Taz pose la limite de l'allègement du Rama. Le Rama ne dit pas que le vin resterait permis si l'on constatait le prélèvement ; il dit seulement qu'on ne le soupçonne pas d'office : « ומשמע מכאן דאם היה ברור שהוציא יין מבין הנסרים דאסור » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק א). Une trace vue change tout — et c'est la fin du séif 1 : si l'on trouve un couteau planté dans le fût, on va voir le siman 124.

Un point de texte, pour l'étudiant. Le Chakh relève dans son ס״ק ג que le renvoi du Rama, en fin de séif 1, portait dans son édition le numéro 128, et qu'il s'agit d'une coquille : il faut lire 124. Notre texte imprimé porte aujourd'hui 124 — la correction du Chakh est passée dans l'édition. C'est un bon rappel de ce qu'est un renvoi dans un texte transmis : il se vérifie, il ne se recopie pas.

Enfin, une remarque du Chakh dont la portée dépasse ce siman. Dans le même ס״ק ג, expliquant pourquoi l'on peut alléger quand le prélèvement a été fait au couteau, il écrit : « דעובדי כוכבים בזמן הזה לאו עובדי עבודת כוכבים הן ואם נגעו בכוונה על ידי ד״א כגון שדקרו שם הסכין להוציא יין מותר במקום הפסד וה״ה הכא » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ג). Cette phrase gouverne, en pratique, une large part des cas de perte importante dans tout ce bloc de simanim — mais elle ne se manie pas seule : c'est précisément le genre de motif qu'un Rav pèse, et qu'un particulier n'applique pas de sa propre autorité.

5. חותם אחד — שתיה, הנאה, וקרן זוית

אם הפקיד ביד עובד כוכבים בחותם א׳ אסור בשתיה ומותר בהנאה והוא שייחד לו קרן זוית

— שולחן ערוך יו״ד ק״ל:ב
Deux niveaux d'interdiction, et une condition qui surprend. Avec un seul sceau, le vin devient interdit à la boisson mais reste permis au profit — donc vendable. Mais cela n'est vrai que si le Juif a assigné un coin au vin chez le non-Juif. Pourquoi cette clause ? Le Taz répond en une ligne, et elle éclaire tout :
« דאז הוה כחצרו של ישראל משום הכי מותר בהנאה »
— ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ד
Le coin assigné fait de l'emplacement un lieu juif — et c'est ce lien de domaine qui empêche l'interdiction de bénéfice. Sans lui, le vin est purement et simplement dans le domaine du non-Juif, et l'on retombe dans le régime le plus lourd. Le Rambam dit exactement la même chose, dans les mêmes mots : « וְאִם הִפְקִיד בְּיַד עַכּוּ״ם בְּחוֹתָם אֶחָד הֲרֵי זֶה אָסוּר בִּשְׁתִיָּה וּמֻתָּר בַּהֲנָיָה וְהוּא שֶׁיְּיַחֵד לוֹ קֶרֶן זָוִית » (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג הלכה ט).

👈 Le Rama, et ce que fait réellement l'usage

Le Rama ajoute trois allègements enchaînés, et c'est d'eux que vit la pratique. (1) « ויש שכתבו דבדיעבד יש להתיר אפילו בחותם אחד » (רמ״א יו״ד ק״ל:ב) — après coup, un seul sceau permet même à la boisson. (2) « ואין צריך להכיר חותמו אלא אם כן רואה שחותמו מקולקל אז אסור » (רמ״א יו״ד ק״ל:ב) — on n'est pas tenu de reconnaître son propre sceau ; seul un sceau visiblement abîmé interdit. (3) Et l'on n'a même pas à aller vérifier : אבל אין צריך לבדוק אחר זה וכן נוהגין להקל. Retenons l'ordre : la sévérité est en amont, dans la manière de sceller ; l'allègement est en aval, dans la manière de recevoir.

Attention à ne pas élargir l'allègement du Rama. Le Chakh borne avec précision ce que “un seul sceau” veut dire — et sa borne condamne le cas le plus fréquent :
« דוקא בחותם אבל סתומות במגופה לא הוי בדיעבד כחותם אחד אלא במקום הפסד מרובה »
— ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ד
Un récipient simplement bouché n'est pas un récipient scellé. Une bonde, un bouchon, un couvercle qui ferme — ce n'est pas un seul sceau, c'est zéro sceau, et il faut une perte importante pour s'en contenter. C'est la distinction la plus utile de tout le siman pour qui regarde un emballage moderne : fermé et scellé ne sont pas le même mot. Sur le sceau abîmé, en revanche, le Chakh allège : « ואפילו בחותם אחד מקולקל שרי אם לא שנראה בו דאדם קלקלו » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ה).

6. מבושל, מעורב וחומץ — חותם אחד לכתחילה

יין מבושל שלנו וכן יין שלנו שעירבו עם דברים אחרים כגון דבש ושמן וכן חומץ שלנו מותר להפקיד ביד עובד כוכבים בחותם אחד

— שולחן ערוך יו״ד ק״ל:ג
Le séif que la vie moderne a rendu central. Trois lignes, aucun commentaire long — et pourtant c'est ici que se joue, aujourd'hui, la quasi-totalité des situations réelles. Dès que le vin est mevouchal, il sort du régime des deux sceaux et rejoint celui des interdits rabbiniques : un sceau suffit, lekhatchila. Le Rambam range explicitement le vin cuit avec le fromage, le lait et le vinaigre :
« וְכָל שֶׁאִסּוּרוֹ מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים שֶׁהִפְקִידוֹ בְּיַד עַכּוּ״ם אֵינוֹ צָרִיךְ שְׁנֵי חוֹתָמוֹת אֶלָּא חוֹתָם אֶחָד בִּלְבַד דַּיּוֹ »
— רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג הלכה י
Pourquoi un seul suffit ici, et c'est la raison du Chakh citée plus haut. Pour ces denrées, la crainte du contact tombe : on n'en fait pas de libation. Il ne reste que la crainte de l'échange — et contre l'échange, un sceau suffit toujours, parce que le faussaire ne se donnera pas la peine de le refaire. Le Chakh y ajoute une précision matérielle rapportée du Beit Yossef, qui vaut d'être lue lentement :
« ומשמע דאפילו יש בכלי שום נקב שיוכל לשתות ממנו אם אינו גדול שיוכל להריק בו יין לתוך הכלים שרי »
— ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ז
Le critère n'est pas l'étanchéité, c'est la fonction du sceau. Puisque le sceau ne sert ici qu'à empêcher l'échange, un orifice par lequel on pourrait boire ne gêne pas ; seul gênerait un orifice par lequel on pourrait transvaser. Cette phrase montre mieux que toute autre que le compte des sceaux n'est pas une mesure de fermeture, mais une mesure de ce que l'on veut empêcher. Le Chakh renvoie d'ailleurs, pour tout ce séif, à l'exposé du début du siman 118 : « כל הסעיף נתבאר לעיל ר״ס קי״ח » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ו).

7. הכרת החותם וההודעה — המפקיד והשולח

אבל אינו צריך לחזור עליו אלא אם כן הודיע לישראל שנשתלח לו שהוא חתום בשני חותמות אע״פ שלא הודיעו ענין חתימותיו כיון שמצאו הישראל השני חתום בשני חותמות מותר ומכל מקום נכון הדבר להודיעו צורת החותם כדי שיחזור אחריו

— שולחן ערוך יו״ד ק״ל:ח

Déposer et expédier ne sont pas la même opération

C'est la distinction que le Tour pose au cœur du siman, et elle décide de tout le régime pratique de la livraison. Quand je dépose mon vin chez un non-Juif, je le reprendrai moi-même : il sait que je reverrai mon sceau, donc מירתת, il craint, et il ne falsifie pas. Quand je l'expédie à un tiers, celui qui ouvrira ne connaît pas mon sceau : la peur tombe, et il faut deux sceaux.

« ויש מחלקין בין להפקיד בידו ובין לשלוח על ידו דודאי להפקיד בידו שרי בחותם א׳ מפני שעתיד לראות חותמו ומירתת נכרי ולא מזייף »
— טור יורה דעה סימן ק״ל
Et voici la parade, qui est d'une actualité brutale. Si l'expéditeur décrit le sceau au destinataire, et fait savoir au transporteur qu'il l'a décrit, la peur revient — et un sceau redevient suffisant :
« ואפילו לפי זה אם הודיע לחבירו צורת החותם וגם הודיע לנכרי שהודיע לחבירו מירתת נכרי וסגי בחותם אחד »
— טור יורה דעה סימן ק״ל
Ce que le Beit Yossef en fait. Il rattache la distinction aux Tossefot et la formule dans sa langue : « ויש לחלק בין שולח לחבירו ואינו חוזר ורואה חותמו להכירו דאז צריך חותם בתוך חותם שסבור שהאחר לא יכיר החותם אבל היכא שמניחו ביד הנכרי ועתיד לראות חותמו די בחותם אחד » (בית יוסף יורה דעה סימן ק״ל). Puis il tranche, on l'a vu, comme le Rif, le Rambam et le Rashba : deux signes. Le Tour rapporte au passage le mot du Roch, qui est la vraie raison de l'usage : « וכ״כ א״א הרא״ש ז״ל דישראל קדושים ונוהגין בשני חותמות ובלבד שיכניסם בכלי שלא יוכל הנכרי להוציא היין שלא ירגיש הישראל » (טור יורה דעה סימן ק״ל).

👈 Ce que le Mehaber demande exactement au destinataire

  1. Le destinataire n'a pas à enquêter sur le sceau, sauf si on l'a averti qu'il y en avait deux.
  2. Averti qu'il y en a deux, il lui suffit de les trouver au nombre de deux, même sans savoir à quoi ils ressemblent.
  3. Il est néanmoins juste (נכון הדבר) de lui décrire la forme du sceau, pour qu'il puisse vraiment vérifier.
  4. Et si l'on a écrit des lettres, il n'y a même pas à prévenir : « מיהו אם כתב עליו אותיות אין צריך להודיעו דסתם עובד כוכבים אינו בקי לכתוב אותיות » (הגה יו״ד ק״ל:ח). Mais le séif 6 a déjà posé la limite de cette confiance : là où l'écriture est répandue, elle ne vaut que pour qui la reconnaît.

8. חותם שנמצא סתור — ומה שהעובד כוכבים מספר

חתמו בשני חותמות וחזר עליו ולא הכירו או שמצאו סתור אסור

— שולחן ערוך יו״ד ק״ל:ח
Le Rama ne renverse pas la règle, il en resserre l'objet. Ce qui interdit n'est pas le désordre du sceau, c'est le signe d'une main. Un sceau qui s'est défait tout seul, ou qu'une bête ou un enfant a défait sans intention, ne dit rien contre le vin.
« ודוקא אם רואים שנסתר בכוונה ע״י אדם אבל במקום שיכולים לתלות שנסתר ונתקלקל מעצמו או ע״י בהמה או תינוקת שלא בכוונה מותר בדיעבד »
— הגה יו״ד ק״ל:ח
« ואפילו אם נתקלקל בכוונה יש להתיר אם ישראל יוצא ונכנס תמיד »
— הגה יו״ד ק״ל:ח

Le cas du Noda BiYehuda, et il est exactement le nôtre

La scène. Un Juif a confié du vin à un non-Juif pour le transporter, sans l'accompagner. À l'arrivée, le transporteur explique lui-même que le sceau s'est rompu par accident, la charrette ayant versé. L'allègement du Rama semble tout indiqué — c'est bien un accident. Le Noda BiYehuda répond que non, et sa raison n'a rien à voir avec la sincérité du transporteur.
« היינו במקום שיש לתלות שהעובד כוכבים לא הרגיש ולא ידע כלל שנסתר החותם אבל בנ״ד שהעובד כוכבים ידע שנסתר אפילו אם נאמינו שנסתר באונס הרי אח״כ היין ברשותו מונח והוי כמפקיד אצל עובד כוכבים בלי חותם »
— פתחי תשובה יו״ד ק״ל ס״ק ב
Le point est d'une justesse redoutable. L'allègement du Rama suppose que le non-Juif n'a pas su que le sceau était tombé — sinon, à partir de cet instant précis, le vin voyage sans sceau chez quelqu'un qui sait qu'il n'y en a plus. Le sceau rompu et connu ne fait pas un doute sur le passé : il crée un vide dans le présent.
Et la limite que le Noda BiYehuda pose lui-même. Tout cela vaut pour un transport ; pour un simple dépôt, avec le déposant à proximité, on suppose que le non-Juif l'a prévenu aussitôt, par crainte d'être soupçonné d'avoir brisé le sceau exprès :
« מיהו היינו דוקא בשולח עם העובד כוכבים ממקום למקום ובדרך נתקלקל אבל הפקיד אצל העובד כוכבים ויהודי המפקיד מצוי בכאן ויכול העובד כוכבים להגיד לו אמרינן מסתמא תיכף הגיד לו »
— פתחי תשובה יו״ד ק״ל ס״ק ב

Lisez la dernière ligne du Pitchei Techouva avant de conclure. Le Noda BiYehuda n'a pas voulu, lui-même, faire de sa distinction une permission générale : « ומ״מ לא החליט זה להקל רק בהפ״מ ובאופן שיסכימו עמו חכמים » (פתחי תשובה יו״ד ק״ל ס״ק ב). Perte importante, et accord d'autres décisionnaires. Le Pitchei Techouva renvoie encore au Panim Meïrot, dans le même sens : « דזה מיירי שאין אנו יודעים בבירור שהעובד כוכבים ידע מזה אבל אם לא כן אסור » (פתחי תשובה יו״ד ק״ל ס״ק ג). Un colis dont le scellé est arrivé rompu ne se juge pas à la maison.

Le dernier mot du séif 8, qui va dans l'autre sens. Si le non-Juif raconte de lui-même qu'il a touché le vin en resserrant une fuite, il n'est pas cru pour l'interdire : « ואם העובד כוכבים אומר שהחבית היה מטפטף והוא הדקו ונגע ביין אינו נאמן לאסרו » (הגה יו״ד ק״ל:ח) — et cela même si l'on voit encore un peu de vin à l'extérieur. La parole d'un non-Juif ne crée pas d'interdit ; c'est le siman 127 qui l'a établi, et le Chakh renvoie ici à la fin du siman 129.

9. הדרך והמנוחה — חידושו של הט״ז בהולכת יין

Le sceau immobile et le sceau en mouvement

Voici le passage le plus original du siman, et il n'est pas dans le Mehaber : il est dans le ס״ק ז du Taz, au détour d'une longue analyse de la Guemara. Le Taz vient d'admettre qu'un fût bondé et enduit d'argile sèche vaut un sceau, et qu'en cas de perte importante on peut s'en contenter. Puis il s'arrête net et distingue deux situations que rien, dans le texte, ne distinguait.

« ונ״ל דזהו דוקא כשהחבית מונח בביתו של עובד כוכבים אבל אם מוליכו בדרך לבד ויודע שהפליג הישראל לא מועיל טיחה בטיט כלל »
— ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ז
La raison est purement matérielle, et elle est admirable d'observation. Sur la route, la charrette secoue ; le vin monte, ramollit l'argile, et elle tombe. Ce n'est pas une éventualité, c'est l'ordinaire du métier — les charretiers réparent constamment l'argile autour de la bonde pour cette raison même.
« כי פשוט הוא שעל ידי שהעגלה מתנענעת תמיד היין הולך למעלה ומרכך הטיט ונופל וזה דבר מצוי מאוד »
— ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ז
Conclusion du Taz, et elle est catégorique :
« וע״כ נראה דבשום פנים אין היתר בהולכת יין מחמת טיחה לחוד בלי סימן אחר רק במונח אז מועיל טיחה »
— ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ז
כלל הפסק :
אין החותם נידון לעצמו, אלא במקום שהוא עומד בו. חותם המועיל במונח — בבית העובד כוכבים — אינו מועיל בהולכה, שהדרך מקלקלתו מאליה. וכל שהחותם עשוי להתקלקל בדרכו, הרי הוא כפתוח לגמרי בלי חותם.

👈 Ce que cela veut dire, et ce que cela ne veut pas dire

Le Taz ne dit pas qu'un sceau ne vaut rien sur la route. Il dit qu'un sceau fragile — celui qui dépend d'une matière que le voyage attaque — ne vaut rien sur la route. La bonne question, devant un emballage destiné au transport, n'est donc pas “est-il correctement scellé ?” mais “ce scellé arrivera-t-il intact, et si oui, aurai-je moyen de le savoir ?”. Le Taz relève d'ailleurs, contre le Massat Binyamin, qu'un vin en fermentation fait monter le liquide et abîme l'enduit — mais que le vin non en fermentation monte lui aussi, par le seul mouvement de la charrette : la distinction ne tient pas, et c'est le mouvement qui décide.

Le contre-exemple du Chakh, et il est du même ordre. Le Massat Binyamin s'était demandé si les cordages qui ferment les bâches d'un convoi valaient un sceau : ils sont noués en tête de chariot, passés et repassés sur toute la longueur, renoués à l'arrière — il n'y a pas de nœud plus inhabituel. Réponse : cela ne vaut rien.
« דמאי דסמכינן אקשר משונה או חותם היינו משום דלא טרח ומזייף א״נ מרתת משא״כ בזה דמוכרח הוא להתיר הקשרים ולפתוח העגלות בכל יום כדי ליקח מאכל שלו שבתוך העגלות »
— ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ח
Un scellé que l'on est obligé d'ouvrir n'est pas un scellé. Peu importe qu'il soit compliqué : le raisonnement du sceau repose sur ce que le non-Juif ne se donnera pas la peine, ou qu'il craindra ; or ici il doit ouvrir tous les jours, pour ses propres provisions. Les deux ressorts tombent ensemble. C'est le contre-exemple le plus utile de tout le siman pour juger un emballage : demandez d'abord si celui qui l'a en main a une raison légitime et quotidienne de l'ouvrir.

10. בית שכור ובית של ישראל — יום ולילה

ישראל ששכר או קנה בית בחצרו של עובד כוכבים ומילאו יין אם ישראל דר שם ואף על פי שהניח היין בחצר ואין עליו לא חותם ולא מפתח מותר

— שולחן ערוך יו״ד ק״ל:ט
Le siman change d'objet. Jusqu'ici, le gardien était un sceau. Aux séifim 9 et 10, c'est un lieu — et plus précisément un rapport de droit au lieu. Le Rambam donne le motif au chapitre 13, et c'est le même que celui des simanim 128-129 : le non-Juif a peur d'être surpris chez le Juif. La question devient alors : qui a un titre à entrer, et qui serait pris comme un voleur.
« וְאִם הָיָה דָּר בְּחָצֵר אַחֶרֶת לֹא יֵצֵא עַד שֶׁיִּסְגֹּר הַבַּיִת וְיִהְיֶה הַמַּפְתֵּחַ וְהַחוֹתָם בְּיָדוֹ »
— רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג הלכה א
Le Chakh explique pourquoi le Juif résidant n'a besoin d'aucun sceau — et pose une condition. Le vin est réputé gardé jusqu'à ce que le Juif sorte en annonçant qu'il s'éloigne : « ואין לעובד כוכבים שייכות ביין אע״פ שיש לו שייכות בבית בחזקת משתמר הוא עד שיצא ישראל ויאמר לו שהוא מפליג » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י). Le simple fait de partir ne lève pas la garde ; c'est l'annonce du départ qui la lève.
Une divergence que le Chakh tranche contre le Bah. Quand le non-Juif n'habite pas la cour, le Bah exigeait au moins un sceau. Le Chakh montre par le Rashba que rien n'est requis :
« דאפילו בלא חותם כלל שרי מטעמא דכיון דאינו דר שם אינו עתיד לבא שם »
— ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ב
אבל בחצרו של ישראל ממש שלא לקחו ולא שכרו מעובד כוכבים אפי׳ היה עובד כוכבים דר באותו חצר ואין ישראל דר בו מותר ואע״פ שאין מפתח וחותם ביד ישראל לפי שאין לו בה שום שייכות ואפילו נמצא עומד בצד היין שהרי מכ״מ נתפס עליו כגנב וה״מ ביום אבל בלילה אסור

— שולחן ערוך יו״ד ק״ל:י
La ligne de partage est le titre juridique, pas la présence. Celui qui m'a loué ou vendu le local a un reste de lien avec lui : on comprend qu'il vienne voir ce qu'il a loué ou vendu, il n'est donc pas un intrus, et s'il est trouvé debout près du vin, c'est interdit. Le Taz le dit dans les termes les plus simples : « שאדם עשוי לראות מה ששכר או מכר ואין השוכר או הלוקח מקפיד עליו ע״כ יש לו קצת שייכות » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ט). Dans la cour d'un Juif qu'il n'a ni louée ni vendue, il n'a aucun titre : il y serait saisi comme un voleur, et cela suffit à garder le vin.
Le Chakh ajoute la condition que le séif ne dit pas. “Aucun Juif n'y habite” ne veut pas dire “personne n'y vient” : il faut tout de même que le Juif entre et sorte.
« ומכל מקום הישראל יוצא ונכנס שם דאי באינו יוצא ונכנס כלל או אפילו בהודיעו שמפליג לא עדיף ממניח עובד כוכבים בחנותו »
— ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ד

Le jour et la nuit — et pourquoi seulement ici

Le Rama borne soigneusement la distinction jour / nuit du séif 10 : elle ne vaut pas dans les cas des simanim 128 et 129, où le non-Juif craint également de jour et de nuit. Elle ne vaut qu'ici, parce que le non-Juif a un lien avec la cour, qu'il la ferme le soir puisque aucun Juif n'y habite, et qu'il a donc de quoi se justifier — « כלומר שדר שם ואית ליה לאשתמוטי על הנעילה » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ט״ז). Et la conclusion du Rama fait dépendre le jour lui-même de la visibilité :

« ולכן אפילו ביום אם נעל ואין חור או סדק שיכולין לראות היין אסור אבל ע״י חור וסדק מותר ביום אפילו נעלו בודאי ובלילה אסור בכה״ג אפי׳ מסתמא »
— הגה יו״ד ק״ל:י
Situation (cour d'un Juif, non-Juif y habitant)JourNuit
Non fermé à clefPermis — il serait saisi comme un voleurPermis : le Taz écrit qu'une porte grande ouverte suffit même de nuit, car il craint que le Juif ne se souvienne de son vin et n'arrive
Fermé, mais un trou ou une fente laisse voir le vinPermis, même s'il a certainement ferméInterdit
Fermé, et rien ne laisse voir le vinInterditInterdit
Sur la première ligne, le Taz est explicite : « אבל בפתוח הדלת לגמרי מותר אפילו בלילה דמרתת דילמא השתא מדכיר ליה לחמרא ויבוא » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק י). Sur la deuxième, le Chakh précise l'étendue exacte de l'allègement : « מותר כל מה שיכולים לראות על ידי חור וסדק » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ז) — ce que l'on voit, et rien de plus. Un local dont on ne voit que l'entrée ne couvre pas ce qui est au fond.

11. מקרים מודרניים — הבקבוק החתום, הקרטון והמכולה

Avant le tableau, l'avertissement qui le rend honnête. Aucun des objets qui suivent n'est dans un séif. Le Choulhan Aroukh connaît des jarres, des outres, de l'argile, des nœuds et des lettres tracées à la main ; il ne connaît ni la capsule thermorétractable, ni le bouchon à vis, ni l'opercule, ni le scellé numéroté d'un conteneur. Ce que le siman fournit, ce n'est pas la réponse, c'est le critère et ses contre-exemples — et les contre-exemples sont ici plus instructifs que le critère. Les colonnes ci-dessous mettent en regard un objet d'aujourd'hui et l'outil du siman qui s'en approche ; elles n'énoncent aucun psak. Pour un emballage réel, il faut que le Rav le voie.

Les six outils du siman. (1) Le compte — deux signes pour le vin non cuit, un seul pour ce qui n'est interdit que rabbiniquement (séifim 1, 2, 3). (2) La définition du signe — un geste hors de l'ordinaire, et un second par-dessus (séif 4). (3) La qualité du support — un sceau ne vaut que ce que vaut le récipient (séif 1). (4) Le test du טורח — celui qui l'a en main se donnerait-il la peine de défaire et refaire à l'identique ? Et a-t-il, de toute façon, une raison quotidienne d'ouvrir ? (séif 4 ; ש״ך ס״ק ח). (5) Le test du מירתת — sait-il que quelqu'un vérifiera, et sait-il quoi ? (séif 8 ; טור). (6) Le lieu — dans quel domaine la chose est-elle posée, et de jour ou de nuit ? (séifim 9-10).
Cas moderneOutil du simanOrientation (à confirmer auprès du Rav)
Vin non cuit, bouteille d'origine, bouchon de liège + capsule thermorétractable intacte, confiée à un transporteur non juifSéif 1 · séif 4La structure du séif 4 est celle-ci : un fermoir serré, et un revêtement par-dessus. Mais rien dans le siman ne dit qu'une capsule industrielle est un signe au sens du séif 4 — elle est apposée d'un seul geste et en série, ce qui est précisément la description des דפוסים du séif 6. Ne concluez pas seul.
Bouchon à vis avec anneau d'inviolabilité qui se rompt à l'ouvertureSéif 4 · séif 6 · ש״ך ס״ק חIl rend l'ouverture visible, ce qui est le bon ordre d'idée. Mais le critère du siman n'est pas seulement la trace : c'est que l'on ne se donne pas la peine de refaire, et que l'on craigne un contrôle. Un dispositif produit en série et disponible partout ne remplit pas de soi ces deux conditions.
Étiquette de hekhsher collée à cheval sur le bouchon et le goulotהגה סעיף א׳ · séif 6C'est très exactement le dispositif du Rama — les lettres moitié sur le cuir, moitié sur la cannelle, pour que le décollement se voie. Mais le séif 6 est net : un imprimé, si chargé de lettres soit-il, ne vaut qu'un signe, et l'écriture n'est un signe que pour qui la reconnaît. Une étiquette imprimée n'est donc pas “deux lettres”.
Opercule d'une bouteille de jus de raisin, sous le bouchonSéif 3 · séif 4Si le contenu est mevouchal ou n'est interdit que rabbiniquement, le séif 3 ne demande de toute façon qu'un seul signe. C'est là que vit, en pratique, l'immense majorité des cas.
Carton de bouteilles fermé et rubané, remis à un livreurט״ז ס״ק ח · séif 1Le Taz enseigne que mettre l'outre dans un sac n'est pas un sceau : ce qui scelle est le nœud, pas l'enveloppe. Et le séif 1 rappelle que le sac ne vaut que s'il est sans couture extérieure et scellé à sa bouche. Un carton est une enveloppe, pas nécessairement un sceau.
Palette filmée, ou conteneur fermé par un scellé numérotéSéif 8 · טור · séif 6Le numéro fait revenir le ressort du מירתת — à condition que le destinataire ait été informé du numéro, ce qui est exactement la parade du Tour. Sans transmission du numéro, il n'y a rien à vérifier, donc rien à craindre pour celui qui transporte.
Bag-in-box, cubitainer, fût muni d'un robinetSéif 1 (הגה) · ש״ך ס״ק בC'est le cas de la ברזא, et c'est la seule condition du Rama que le Chakh déclare bloquante même après coup. Un robinet laissé en place n'est pas un sceau imparfait : c'est une seconde ouverture.
Bouteille simplement rebouchée, ou récipient à couvercle qui ferme bienש״ך ס״ק דCe n'est pas “un seul sceau”, c'est aucun sceau : סתומות במגופה לא הוי בדיעבד כחותם אחד, sauf perte importante. La distinction entre fermé et scellé est ici toute la question.
Le colis arrive, le scellé est rompu, le livreur explique que le carton est tombéהגה סעיף ח׳ · פת״ש ס״ק בC'est le cas du Noda BiYehuda mot pour mot. L'allègement du Rama suppose que le porteur n'ait pas su ; ici il le sait et le dit, donc le vin a voyagé sans sceau à sa connaissance. Sa propre leniency n'est ouverte qu'en cas de perte importante et avec l'accord d'autres décisionnaires. Question de Rav, sans exception.
Le scellé est intact mais le destinataire ne sait pas à quoi il devait ressemblerSéif 8Le Mehaber ne demande pas au destinataire d'enquêter, sauf s'il a été averti qu'il y avait deux sceaux ; et alors il lui suffit d'en trouver deux. Décrire la forme du sceau reste נכון הדבר.
Le sceau est abîmé, sans qu'on puisse dire par quoiהגה סעיף ח׳ · ש״ך ס״ק הCe qui interdit est le signe d'une main. Un désordre attribuable au trajet, à un animal, à un enfant, n'interdit pas bedieved — et le Chakh écrit que même un unique sceau abîmé reste permis tant qu'on ne voit pas qu'un homme l'a défait.
Cave ou réserve louée dans l'immeuble d'un non-Juif, sans aucun scelléSéif 9 · ט״ז ס״ק ה · ש״ך ס״ק דSi un Juif habite les lieux, le séif permet même sans clef ni sceau. Sinon, il faut la clef et le sceau. Sur la clef seule, le Taz allège et le Chakh refuse : c'est une divergence ouverte, à ne pas trancher soi-même.
Entrepôt appartenant au Juif, employé non juif présent, personne n'y habitantSéif 10 · ש״ך ס״ק י״דLe séif permet, y compris s'il est trouvé près du vin, car il y serait saisi comme un voleur — mais le Chakh exige que le Juif y entre et en sorte. Un lieu où plus personne ne passe sort du séif.
Le même entrepôt, la nuit, porte ferméeSéif 10 (הגה) · ט״ז ס״ק יLa nuit interdit, sauf porte entièrement ouverte. De jour, la fente par laquelle on voit permet — mais seulement pour ce que l'on voit effectivement.
Le vin part sur la route avec un scellé fragile, ou qu'il faudra rouvrir en cheminט״ז ס״ק ז · ש״ך ס״ק חLes deux contre-exemples majeurs du siman se rejoignent : un sceau que le trajet détruit ne compte pas, et un sceau que le porteur doit ouvrir chaque jour ne compte pas davantage. Vérifiez ces deux points avant le départ, pas à l'arrivée.
Vin cuit (mevouchal), ou vin mélangé, ou vinaigreSéif 3Un seul signe, lekhatchila. C'est le régime sous lequel se déroule aujourd'hui l'essentiel du transport et de la distribution — et c'est la raison pour laquelle la question ne se pose presque jamais dans les termes du séif 1.

Lema'asse. Avant de poser la question à ton Rav, rassemble les six faits que le siman réclame, dans cet ordre : quel vin (cuit ou non, mélangé, vinaigre — c'est le séif 3 qui décide du compte des sceaux) ; quel récipient (peut-on l'ouvrir ailleurs qu'au bouchon ? y a-t-il un robinet ?) ; quels signes exactement (décris-les, un par un, sans les compter d'avance) ; chez qui et dans quel domaine (transport, dépôt, local loué, local à toi) ; ce que sait celui qui l'a en main (a-t-il été averti que quelqu'un vérifierait, et quoi ?) ; et ce qui a été trouvé à l'arrivée (intact, abîmé, et qui le savait). Avec ces six éléments la question devient posable — et sans eux, aucun tableau ne peut répondre.

12. סיכום מעשי — récapitulatif et tableaux

טבלה — les mesures du siman, en pratique

QuestionMesure (en pratique)Source
Vin non cuit déposé ou expédié chez un non-JuifSceau dans un sceau, ou clef et sceauשו״ע יו״ד ק״ל:א ; עבודה זרה ל״א ע״א
Jarre de terreLe sceau de la bouche suffitשו״ע יו״ד ק״ל:א
Fût de bois ou outreSelon le Mehaber, mettre le tout dans un sac sans couture extérieure et sceller la bouche du sacשו״ע יו״ד ק״ל:א ; טור יו״ד ק״ל
Usage retenu par le RamaOn permet le fût de bois — bonde bien fermée, cannelles coupées, lettres à cheval sur le cuirהגה יו״ד ק״ל:א
Expédier de ville en ville dans du bois, lekhatchilaLe Bah ne le permet pas sans un Juif de confiance qui garde jour et nuitש״ך יו״ד ק״ל ס״ק א ; ט״ז ס״ק ב
Fût entièrement cerclé, fond comprisIl y a lieu de permettreש״ך יו״ד ק״ל ס״ק א ; ט״ז ס״ק ב
Cuir, lettres et cerclage, après coupNon bloquants — un seul sceau suffit bedievedש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ב
Cannelle non coupéeInterdit même bedievedש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ב
Argile séchée autour de la cannellePermis bedieved en cas de perte importanteט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ג
On constate qu'il a effectivement tiré du vinInterditט״ז יו״ד ק״ל ס״ק א
Un seul sceauInterdit à la boisson, permis au profit — et seulement s'il lui a assigné un coinשו״ע יו״ד ק״ל:ב ; רמב״ם מאכלות אסורות י״ג:ט ; ט״ז ס״ק ד
Un seul sceau, bedievedIl y a lieu de permettre même à la boissonהגה יו״ד ק״ל:ב
Faut-il reconnaître son sceauNon — sauf si on le voit abîmé ; et l'on n'a pas à vérifierהגה יו״ד ק״ל:ב
Simplement bouché, sans sceauCe n'est pas un sceau — sauf perte importanteש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ד
Une clef seuleLe Taz allège, le Chakh refuseט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ה ; ש״ך ס״ק ד
Vin cuit, vin mélangé, vinaigreUn seul sceau, lekhatchilaשו״ע יו״ד ק״ל:ג ; רמב״ם מאכלות אסורות י״ג:י
Pourquoi un seul suffit alorsPas de crainte de libation, seulement d'échange — et l'on ne se donne pas la peine de falsifierש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ז
Un orifice dans le récipient, pour le mevouchalToléré s'il ne permet pas de transvaserש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ז
Définition du sceauUn geste hors de l'ordinaire, plus l'enduit ou le nœudשו״ע יו״ד ק״ל:ד ; רמב״ם מאכלות אסורות י״ג:ח
Argile encore humideCe n'est pas un sceauט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ז
Deux nœuds inhabituelsValent deux sceauxשו״ע יו״ד ק״ל:ה
Un nœud ordinaireNe vaut rienט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ח
Mettre l'outre dans un sacCe n'est pas en soi un sceauט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ח
Deux lettres tracéesValent deux sceauxשו״ע יו״ד ק״ל:ו
Un cachet imprimé, même chargé de lettresUn seul sceauשו״ע יו״ד ק״ל:ו ; בית יוסף יו״ד ק״ל
Là où l'écriture est répandueL'écriture n'est un signe que pour qui la reconnaîtשו״ע יו״ד ק״ל:ו ; בית יוסף יו״ד ק״ל
Clef et sceauValent deux sceauxשו״ע יו״ד ק״ל:ז
Sceau non reconnu, ou trouvé défaitInterditשו״ע יו״ד ק״ל:ח
Rupture attribuable à un accident, une bête, un enfantPermis bedievedהגה יו״ד ק״ל:ח
Rupture intentionnelle, mais un Juif entre et sort constammentIl y a lieu de permettreהגה יו״ד ק״ל:ח
Un seul sceau abîméPermis, tant qu'on ne voit pas qu'un homme l'a défaitש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ה
Le porteur savait que le sceau était rompuInterdit — le vin a ensuite voyagé sans sceau à sa connaissanceפת״ש יו״ד ק״ל ס״ק ב
Dépôt, et le déposant est à proximitéOn suppose que le non-Juif l'a prévenu aussitôtפת״ש יו״ד ק״ל ס״ק ב
Portée de cet allègementPerte importante seulement, et avec l'accord d'autres décisionnairesפת״ש יו״ד ק״ל ס״ק ב–ג
Faut-il vérifier à la réceptionNon, sauf si l'on a été averti qu'il y avait deux sceauxשו״ע יו״ד ק״ל:ח
Décrire la forme du sceau au destinataireJuste et recommandéשו״ע יו״ד ק״ל:ח
Si l'on a écrit des lettresPas besoin de prévenirהגה יו״ד ק״ל:ח
Dépôt contre expéditionAu dépôt un sceau peut suffire, car il reverra son sceau ; à l'expédition, nonטור יו״ד ק״ל ; בית יוסף יו״ד ק״ל
Prévenir le destinataire, et le dire au porteurLa crainte revient, et un sceau redevient suffisantטור יו״ד ק״ל
Le non-Juif dit avoir touché en resserrant une fuiteNon cru pour interdireהגה יו״ד ק״ל:ח
Sceau d'argile pour un vin transportéNe vaut rien sur la route ; ne vaut qu'à l'arrêtט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ז
Cordages qu'il faut défaire chaque jourNe valent pas un sceau, si inhabituels soient-ilsש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ח
Local loué chez un non-Juif, Juif y habitantPermis sans clef ni sceauשו״ע יו״ד ק״ל:ט ; ש״ך ס״ק י
Le Juif sort en annonçant qu'il s'éloigneLa garde tombeש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י
Juif n'y habitant pasClef et sceau en main juiveשו״ע יו״ד ק״ל:ט ; רמב״ם מאכלות אסורות י״ג:א
Le non-Juif n'habite pas la courPermis même sans aucun sceauש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ב
Il est trouvé debout près du vin, dans un local qu'il a loué ou venduInterdit — il garde un reste de lienשו״ע יו״ד ק״ל:ט ; ט״ז ס״ק ט ; ש״ך ס״ק י״ג
Cour appartenant au JuifPermis sans clef ni sceau, même s'il est trouvé près du vinשו״ע יו״ד ק״ל:י
Mais si aucun Juif n'y entre ni n'en sortInterditש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ד
Cour du Juif, la nuitInterdit — sauf porte entièrement ouverteשו״ע יו״ד ק״ל:י ; ט״ז ס״ק י
De jour, fermé et rien à voirInterditהגה יו״ד ק״ל:י
De jour, un trou ou une fentePermis, pour ce que l'on voitהגה יו״ד ק״ל:י ; ש״ך ס״ק י״ז
La distinction jour / nuit vaut-elle partoutNon — seulement ici, à cause du lien du non-Juif avec la courהגה יו״ד ק״ל:י ; ש״ך ס״ק ט״ז

טבלה — qui dit quoi (nossei kelim du siman)

PosekApport décisif (ancré corpus)
Mehaber (י׳ סעיפים)s.1 : deux signes, et la limite matérielle du récipient ; s.2 : un seul sceau — boisson interdite, profit permis, et le coin assigné ; s.3 : le régime d'un seul sceau pour le mevouchal, le mélangé et le vinaigre ; s.4 à 7 : la définition technique du signe — couvercle et enduit, nœud et retournement, nœuds inhabituels, lettres et cachets imprimés, clef et sceau ; s.8 : le sceau retrouvé et le devoir d'information ; s.9-10 : le lieu, le titre juridique, et le jour contre la nuit.
Rama (הגה sur s.1, s.2, s.8, s.10)s.1 : l'usage permet le fût de bois, sous trois conditions matérielles — bonde, cannelles coupées, lettres à cheval sur le cuir ; s.2 : bedieved un sceau suffit, on n'a pas à reconnaître son sceau ni à vérifier ; s.8 : seul le signe d'une main interdit, l'accident non ; le Juif qui entre et sort ; les lettres dispensent de prévenir ; le non-Juif n'est pas cru pour interdire ; s.10 : la distinction jour / nuit et ses raisons, et la fente par laquelle on voit.
Taz (טורי זהב, י׳ ס״ק)ס״ק א : si le prélèvement est constaté, interdit ; ס״ק ב : pourquoi le cerclage suffit — le contact au rebouchage — et la distinction du Maharil entre trou fin et trou large ; ס״ק ג : l'argile sèche autour de la cannelle, bedieved, en perte importante ; ס״ק ד : le coin assigné vaut cour juive, d'où le profit permis ; ס״ק ה : une clef seule suffirait ; ס״ק ז : l'argile humide n'est pas un sceau, et surtout le grand chidouch — sur la route, l'enduit ne vaut rien ; ס״ק ח : le nœud doit être inhabituel, et le sac n'est pas un sceau ; ס״ק ט : pourquoi le vendeur ou le bailleur n'est pas un voleur ; ס״ק י : porte grande ouverte, permis même la nuit.
Chakh (שפתי כהן, י״ז ס״ק)ס״ק א : le Bah — ne pas expédier dans du bois sans gardien juif — et la parade du cerclage, le tout lekhatchila ; ס״ק ב : le cuir et les lettres ne sont pas bloquants, la cannelle l'est ; ס״ק ג : les non-Juifs d'aujourd'hui, et la permission en cas de perte ; ס״ק ד : une fermeture n'est pas un sceau, et une clef seule non plus ; ס״ק ה : un sceau abîmé sans main humaine reste permis ; ס״ק ו-ז : le renvoi au siman 118, la double crainte, et l'orifice qui ne permet pas de transvaser ; ס״ק ח : les cordages du convoi, contre-exemple décisif ; ס״ק י : la garde tombe à l'annonce du départ ; ס״ק י״ב : sans le non-Juif dans la cour, aucun sceau n'est requis ; ס״ק י״ג : le reste de lien du bailleur ; ס״ק י״ד : il faut que le Juif entre et sorte ; ס״ק ט״ז-י״ז : le prétexte de la fermeture nocturne, et l'étendue exacte de ce que la fente permet.
Pitchei Techouva (ג׳ ס״ק)ס״ק א : les responsa sur la coupe des cannelles ; ס״ק ב : le Noda BiYehuda et la charrette versée — le sceau rompu et connu du porteur, la distinction transport / dépôt, et la réserve finale (perte importante et accord des sages) ; ס״ק ג : le Panim Meïrot, dans le même sens.
Tour et Beit YossefLa distinction dépôt / expédition et le rôle du מירתת ; la parade de l'information croisée au destinataire et au porteur ; le mot du Roch sur l'usage des deux sceaux ; et l'arbitrage du Beit Yossef en faveur du Behag, du Rif, du Rambam et du Rashba. C'est aussi le Beit Yossef qui donne les deux sources du séif 6 — le Rashba pour les cachets imprimés, le Ra'ah pour l'écriture reconnue.
Rambam (הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג)הלכה א : la maison louée, la clef et le sceau ; הלכה ח : la définition des deux signes, recopiée presque mot pour mot par le Mehaber ; הלכה ט : un seul sceau — boisson interdite, profit permis, coin assigné ; הלכה י : tout ce qui n'est interdit que rabbiniquement se contente d'un seul sceau.
Guemara (עבודה זרה ל״א)ל״א ע״א : le vin seul ne se garde pas par un sceau unique, la version alternative qui discute même le sceau dans un sceau, et la définition de Rava — le couvercle enduit, le panier serré, l'outre retournée dans la besace ; ל״א ע״ב : la baraïta de celui qui envoie une jarre, la reconnaissance du sceau, et le מירתת de celui qui craint qu'on ne lui fasse perdre son gagne-pain.

Liens Sefaria (texte et nossei kelim)

Choulhan Aroukh YD 130 : 130:1 · 130:2 · 130:3 · 130:4 · 130:6 · 130:8 · 130:10
Taz (Turei Zahav) : 130 s.k. 2 · 130 s.k. 7 · 130 s.k. 8 · 130 s.k. 10
Chakh (Siftei Kohen) : 130 s.k. 1 · 130 s.k. 2 · 130 s.k. 4 · 130 s.k. 8 · 130 s.k. 14
Pitchei Techouva : 130 s.k. 2 · 130 s.k. 3
Tour et Beit Yossef : טור יו״ד ק״ל · בית יוסף יו״ד ק״ל
Rambam : מאכלות אסורות י״ג:ח · מאכלות אסורות י״ג:י
Guemara : עבודה זרה ל״א ע״א · עבודה זרה ל״א ע״ב
Simanim voisins : YD 118:1 (le régime général du sceau) · YD 124:24 (le couteau planté) · YD 129:1 (la perte importante)

👈 הלכה למעשה — la règle d'or de ce niveau

  1. Un sceau n'est pas une fermeture. C'est un geste que l'on ne peut pas refaire à l'identique. Le Chakh le dit dans les termes les plus crus : un récipient simplement bouché ne compte pas pour un seul sceau, sauf perte importante.
  2. Deux signes pour le vin, un seul pour le reste. Le vin non cuit est le seul cas nommé par la Guemara comme ne se gardant pas par un sceau unique ; le vin cuit, mélangé, et le vinaigre rejoignent le régime ordinaire du séif 3 — et c'est là que se joue, en fait, presque tout aujourd'hui.
  3. Le sceau ne vaut que ce que vaut le récipient. והני מילי בחבית של חרס : demandez toujours par où d'autre on peut entrer. Un robinet laissé en place est disqualifiant même après coup.
  4. Deux contre-exemples valent mieux qu'une définition. Un sceau que le trajet détruit ne compte pas (Taz ס״ק ז) ; un sceau que le porteur doit ouvrir chaque jour ne compte pas non plus (Chakh ס״ק ח). Ces deux tests se posent avant le départ.
  5. L'imprimé n'est pas l'écriture. Deux lettres tracées valent deux sceaux ; un cachet imprimé, si chargé soit-il, ne vaut qu'un signe — et l'écriture n'est un signe que pour celui qui la reconnaît.
  6. Prévenir change le droit. Dire au destinataire à quoi ressemble le sceau, et faire savoir au porteur qu'on le lui a dit, rétablit la crainte et allège l'exigence. C'est le seul endroit du siman où une parole modifie la mesure.
  7. À l'arrivée, ce qui interdit est le signe d'une main, non le désordre. Mais si le porteur savait que le sceau était rompu, le Noda BiYehuda interdit, et ne s'allège lui-même qu'en cas de perte importante et avec l'accord d'autres décisionnaires.
  8. Et pour tout cas réel — une bouteille, un carton, une palette, un local, un scellé arrivé abîmé — la halakha lema'asse passe par ton Rav : consulte ton Rav, et montre-lui l'emballage.

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
פסק והלכה למעשה בדיני חתימת היין · סימן ק״ל · ⚖️ Niveau 4 — Halakha lema'asse
⚠️ Ce contenu est à but d'étude. Les courants de psika contemporains cités (séfarades et ashkénazes) sont des repères, non un psak personnel. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה), consultez un Rav qualifié.

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