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Accueil Yoreh De'ah · Le scellement du vin — un sceau, deux sceaux סימן ק״ל Niveau 3 — Synthèse / Révision
✦ ❖ ✦ D A A T · N I V E A U 3 — S Y N T H È S E / R É V I S I O N ✦ ❖ ✦

Siman 130 — Le scellement du vin — un sceau, deux sceaux

דיני חתימת היין

Le vin part sans personne pour le suivre. Ce qui remplace alors l'œil du Juif est un objet : le sceau. Un sceau ou deux, selon ce qu'on redoute ; ce qui compte comme sceau et ce qui n'en est pas un ; le récipient qui rend le sceau inutile ; le sceau retrouvé rompu ; puis, aux deux derniers seifim, le vin qui ne voyage plus et où le lieu remplace le sceau
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide


Source : Shulchan Aroukh, Yoreh De'ah ק״ל — 10 seifim
Nossei kelim : ש״ך (Shach) · ט״ז (Taz) · באר הגולה · ביאור הגר״א · פתחי תשובה · באר היטב
Compilation : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Pour les étudiants ayant maîtrisé les Niveaux 1 et 2
daattorah.com

📑 Plan de la synthèse

  1. L'axiome : le sceau tient lieu de surveillance
  2. Les 3 questions-réflexes : quel liquide · quel récipient · quel lieu
  3. Tableau-maître A — un sceau ou deux (seifim 1, 2, 3)
  4. Tableau-maître B — ce qui compte comme sceau (seifim 4 à 7)
  5. Le récipient : terre cuite, bois, outre — et l'usage du Rama (seif 1)
  6. Le sceau retrouvé brisé ou méconnu (seif 8)
  7. La maison louée ou achetée dans la cour d'un non-Juif (seif 9)
  8. La cour du Juif : le voleur, le jour et la nuit (seif 10)
  9. La מרתת — le ressort caché des simanim 128, 129 et 130
  10. Le renvoi au Siman 118 : le sceau au-delà du vin
  11. Cas pratiques
  12. Les 7 règles d'or
  13. Mnémonique — l'aide-mémoire « חותם »
  14. Les 5 pièges classiques
  15. Récap des 10 seifim — une ligne chacun
  16. Carte-éclair finale

1. L'axiome : le sceau tient lieu de surveillance

Le point de départ :

Les simanim 128 et 129 traitaient de la présence : le non-Juif reste seul là où il y a du vin, le Juif sort et rentre, et tout se joue sur ce que le non-Juif redoute. Le siman 130 change d'instrument. Ici le vin part : on le confie, on l'expédie, il voyage des jours durant sans qu'aucun œil juif ne le suive.

Ce qui remplace alors la surveillance, ce n'est plus une personne mais un objet : le חותם. Et la question du siman entier devient arithmétique — un sceau, ou deux ? — avant de devenir descriptive : qu'est-ce qui, au juste, compte pour un sceau ?

Le Mehaber ouvre par la permission, et par son prix : « מותר להפקיד ולשלוח יין ביד עובד כוכבים אם הוא חתום בחותם בתוך חותם או מפתח וחותם » (שו״ע יו״ד ק״ל:א).

Deux craintes distinctes se cachent derrière ce chiffre, et c'est leur différence qui commande tout le barème.

La crainteCe qu'elle redouteLe prix à payer
ניסוך / נגיעה — qu'il touche le vinLe vin nu, que le contact d'un non-Juif rend interditDeux sceaux : חותם בתוך חותם ou מפתח וחותם
איחלופי — qu'il substitue le sienTout produit qui a de la valeur pour lui, et que le contact n'interdit pasUn seul sceau suffit

Le ש״ך expose ce partage en une ligne, en commentant le sceau unique du vin cuit : « דאי משום איסוכי לא מנסכי ליה אי משום איחלופי כיון דאיכא חותם אחד לא טרח ומזייף » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ז).

Le ט״ז dit la même chose sur le même seif : « דבזה אין שייך ניסוך רק שמא יחליף עם יין שלו וכיון שיש חותם אחד לא טרח ומזייף » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ו).

💡 Le repère décisif : un sceau n'empêche rien matériellement. Un homme décidé le brise en un instant. Ce qu'il fait, c'est rendre la fraude coûteuseלא טרח ומזייף — ou risquéeמרתת. Le ש״ך nomme les deux ressorts ensemble : « דמאי דסמכינן אקשר משונה או חותם היינו משום דלא טרח ומזייף א״נ מרתת » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ח). Tout le siman se lit à partir de là : chaque fois qu'un dispositif ne coûte rien à défaire, ou que le non-Juif n'a rien à craindre, ce n'est pas un sceau.

2. Les 3 questions-réflexes

■ 1. QUEL LIQUIDE ? Du vin nu — il faut deux sceaux. Du vin cuit, du vin mêlé de miel ou d'huile, du vinaigreun seul suffit, parce que le contact ne les interdit plus et qu'il ne reste que la crainte de la substitution (seif 3).
↓ le compte est fixé : dans quoi le vin voyage-t-il ?
■ 2. QUEL RÉCIPIENT ? En terre cuite, le sceau tient : on n'entre que par la bouche. En bois ou en outre, on peut soutirer entre les planches ou les coutures sans toucher au sceau — le Mehaber refuse, le Rama permet, et l'usage suit le Rama sous conditions (seif 1).
↓ mais le vin n'est pas toujours confié : parfois il est simplement quelque part
■ 3. QUEL LIEU, ET QUEL TITRE SUR CE LIEU ? Dès que le vin est dans une maison ou une cour, ce n'est plus le sceau qui décide, mais qui habite là et à qui appartient le lieu. Le non-Juif a-t-il une שייכות ? Serait-il נתפס עליו כגנב ? Fait-il jour ou nuit ? (seifim 9 et 10).
⚠ L'ordre des questions n'est pas indifférent : beaucoup d'erreurs viennent de ce qu'on applique le barème des sceaux à une situation de lieu, ou l'inverse. Les seifim 1 à 8 parlent d'un vin confié ou expédié ; les seifim 9 et 10 d'un vin posé quelque part. Le premier régime se règle en comptant des sceaux, le second en mesurant un rapport au lieu.

3. Tableau-maître A — un sceau ou deux

Base : les seifim 1, 2 et 3, avec le ש״ך et le ט״ז. On classe selon ce qui est confié et ce qui a été effectivement fait, non selon la confiance qu'inspire le convoyeur.

Le casLa langue de la sourceVerdictSource
Vin nu confié ou expédié par la main d'un non-Juif « מותר להפקיד ולשלוח יין ביד עובד כוכבים אם הוא חתום בחותם בתוך חותם או מפתח וחותם » Permis avec deux sceaux שו״ע יו״ד ק״ל:א
Un seul sceau, de fait « אם הפקיד ביד עובד כוכבים בחותם א׳ אסור בשתיה ומותר בהנאה והוא שייחד לו קרן זוית » Interdit à la boisson, permis au profit שו״ע יו״ד ק״ל:ב
Pourquoi le profit reste permis « דאז הוה כחצרו של ישראל משום הכי מותר בהנאה » Le coin réservé fait du lieu une cour juive ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ד
Le fait est accompli — בדיעבד « ויש שכתבו דבדיעבד יש להתיר אפילו בחותם אחד » Il y a de quoi permettre רמ״א יו״ד ק״ל:ב
Mais un vrai sceau, pas un simple bouchon « דוקא בחותם אבל סתומות במגופה לא הוי בדיעבד כחותם אחד אלא במקום הפסד מרובה » Le bouchon ne vaut pas sceau, sauf grande perte ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ד
Faut-il reconnaître son propre sceau ? « ואין צריך להכיר חותמו אלא אם כן רואה שחותמו מקולקל אז אסור » Non — sauf sceau visiblement abîmé רמ״א יו״ד ק״ל:ב
Et l'usage ? « אבל אין צריך לבדוק אחר זה וכן נוהגין להקל ועיין לעיל סימן קי״ח » On n'enquête pas, et l'usage est indulgent רמ״א יו״ד ק״ל:ב
Vin cuit, vin mêlé, vinaigre « יין מבושל שלנו וכן יין שלנו שעירבו עם דברים אחרים כגון דבש ושמן וכן חומץ שלנו מותר להפקיד ביד עובד כוכבים בחותם אחד » Un seul sceau שו״ע יו״ד ק״ל:ג

⚖ Trois précisions qui déplacent la lecture du seif 2

  1. “ Permis au profit ” n'est pas une consolation. Le seif 2 énonce la règle du סתם יינם dans son état ordinaire : l'interdiction de boire, sans l'interdiction de tirer profit. Encore faut-il, dit le Mehaber, qu'un coin ait été réservé au dépôt — קרן זוית —, et le ט״ז explique que ce coin réservé équivaut à une cour juive.
  2. Le Rama renverse la pratique. Là où le Mehaber interdit à la boisson avec un seul sceau, le Rama rapporte qu'après coup on permet même ainsi, qu'on n'a pas à reconnaître son sceau, ni à ouvrir une enquête — et il termine en renvoyant au Siman 118.
  3. Le ש״ך resserre aussitôt. Cette indulgence suppose un sceau. Une barrique simplement bouchée n'entre dans le compte que dans un cas de perte importante.

4. Tableau-maître B — ce qui compte comme sceau

Les seifim 4 à 7 sont le cœur technique du siman : ils ne disent plus combien de sceaux il faut, mais ce qui en est un. Le seif 4 pose la définition, les seifim 5, 6 et 7 en tirent trois applications.

Le dispositifLa langue du MehaberCombien de sceauxSource
Un couvercle non ajusté, comme tout le monde ferme, + de l'argile « כיצד הוא חותם בתוך חותם סתם החבי׳ בכלי שאינו מהודק כדרך שסותמין כל אדם וטח בטיט הרי זה חותם א׳ » Un seul שו״ע יו״ד ק״ל:ד
Un couvercle ajusté, et l'argile par-dessus « היה כלי מהודק וטח עליו מלמעלה הרי זה חותם בתוך חותם » Deux שו״ע יו״ד ק״ל:ד
L'outre liée à sa bouche ; puis la bouche rentrée à l'intérieur et liée « וכן אם צר פי הנאד הרי זה חותם אחד הפך פי הנאד לתוכו וצר עליו הרי זה חותם בתוך חותם » Un, puis deux שו״ע יו״ד ק״ל:ד
La règle générale : tout ce qui sort de l'usage « וכן כל שינוי שמשנה מדברים שאין דרך כל אדם הרי הם כחותם א׳ והטיחה או הקשירה חותם שני » Un — et l'enduit ou le lien font le second שו״ע יו״ד ק״ל:ד
Deux nœuds inhabituels « שני קשרים משונים הוי כשני חותמות » Deux שו״ע יו״ד ק״ל:ה
Deux lettres tracées « שתי אותיות הוי כשני חותמות » Deux שו״ע יו״ד ק״ל:ו
Un cachet imprimé, même chargé de lettres « והדפוסים אף על פי שיש בהם כמה אותיות לא חשיבי אלא כחותם אחד כיון שקובעין אותם בבת אחת » Un seul — il s'appose d'un coup שו״ע יו״ד ק״ל:ו
Là où l'écriture n'est plus rare « ובמקום שמצויים מומרים ועובדי כוכבים שיודעים לכתוב אין כתב סימן אלא למי שמכיר הכתב » L'écrit ne vaut que pour qui reconnaît la main שו״ע יו״ד ק״ל:ו
Une clé et un sceau « מפתח וחותם אחד הוי כשני חותמות » Deux שו״ע יו״ד ק״ל:ז
💡 Le critère unique, sous les huit cas : est un sceau ce qui ne se refait pas sans peine. Le ט״ז le dit du nœud : « דקשר שעושין בעלמא ודאי אין טורח כלל להתירה אלא ודאי קשר משונה בעינן » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ח). Un nœud ordinaire se défait et se refait à l'identique : il ne prouve rien. Un nœud inhabituel, l'observateur ne saurait le reproduire — et c'est cela seul qui fait le sceau. La même logique explique pourquoi un cachet imprimé, si orné soit-il, ne compte que pour un : il s'applique d'un seul geste.

⚖ Le cas du lien qu'on doit défaire tous les jours

Le ש״ך rapporte au nom du משאת בנימין une question de convoyage restée exemplaire : les bâches des chariots sont liées d'un lien si compliqué qu'aucun nœud n'est plus inhabituel — et pourtant ce n'est pas un sceau. La raison : résumé : ce sur quoi l'on s'appuie dans un nœud inhabituel ou un sceau, c'est qu'il n'en prend pas la peine et ne falsifie pas, ou bien qu'il craint ; or ici le convoyeur est contraint de défaire les liens et d'ouvrir les chariots chaque jour pour y prendre sa propre nourriture (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ח).

Un dispositif qu'on ouvre de toute façon dans le cours normal du voyage n'est pas un sceau, si compliqué soit-il. C'est le critère du siman, appliqué à la lettre.

5. Le récipient : terre cuite, bois, outre

Le seif 1 ne se contente pas de fixer le nombre : il ajoute que le nombre ne vaut que pour certains contenants. Un sceau ferme une bouche ; il ne ferme pas une paroi poreuse.

« והני מילי בחבית של חרס אבל לא בחבית של עץ מפני שיכולין להוציא יין מבין הנסרים ולא ירגישו » (שו״ע יו״ד ק״ל:א).

« וכל שכן בנודות שבקל יכולים להוציא יין מבין התפירות » (שו״ע יו״ד ק״ל:א).

Et le Mehaber ne voit qu'un remède : « ואין להם תקנה אלא שיכניס כל החבית של עץ או כל הנאד בשק שאין בו תפירה מבחוץ ויחתום פי השק » (שו״ע יו״ד ק״ל:א).

■ LE MEHABER — la barrique de bois et l'outre sont hors du régime des sceaux ; il faut les ensacher entièrement et sceller la bouche du sac.
↓ le Rama rapporte l'avis contraire, et l'usage
■ LE RAMA — « ויש מתירין אפילו בחבית של עץ ואין חוששין שמא יוציא בין הנסרים » (רמ״א יו״ד ק״ל:א), et l'on suit cet usage : « וכן נוהגים ובלבד שיזהר שיהא המגופה נסתם כראוי » (רמ״א יו״ד ק״ל:א).
↓ mais l'usage vient avec deux conditions matérielles
■ LES DEUX CONDITIONS — la bonde bien fermée, et aucun robinet : « וכן שלא יהיה שם ברזא רק יחתוך כל הברזות » (רמ״א יו״ד ק״ל:א) ; puis un cuir sur la bonde, avec des lettres écrites moitié sur le cuir, moitié sur le bois.

La ruse du Rama mérite qu'on s'y arrête : « ויכתוב אותיות חציין על העור וחציין על הברזות שאם יגביה העובד כוכבים העור לא ידע לחזור ולכוון העור כבתחילה » (רמ״א יו״ד ק״ל:א).

💡 Pourquoi couper les robinets : un robinet est un accès permanent qui ne laisse aucune trace. C'est le contraire d'un sceau. Le ש״ך fait de cette condition la seule qui soit vraiment bloquante : résumé : le reste du dispositif n'est pas dirimant mais tient du surcroît de précaution, et après coup un seul sceau suffit même dans une barrique de bois (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ב) ; mais s'il n'a pas coupé les robinets, il est interdit même après coup, car il peut aisément retirer le robinet et faire couler le vin (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ב).

⚖ L'usage plus strict rapporté par le ש״ך et le ט״ז

Tous deux rapportent au nom du ב״ח un usage qui va bien au-delà du texte : « עכשיו נוהגים שלא להתיר לשלוח יין כלל בחבית של עץ מעיר לעיר אם לא ע״י נאמן ישראל שומר ביום ובלילה » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק א).

Le motif est empirique : les fûts se percent au vilebrequin ou au couteau entre les planches, et le vol passe inaperçu. Le ש״ך précise aussitôt que cet usage vaut לכתחלה, et qu'après coup on permet comme le Rama.

Le ט״ז en tire une conséquence qui vaut d'être notée : « ומשמע מכאן דאם היה ברור שהוציא יין מבין הנסרים דאסור » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק א). La permission du Rama porte sur le soupçon, jamais sur le fait avéré.

Et si l'on retrouve un couteau planté dans la barrique, le Rama ne tranche pas ici : il renvoie au Siman 124.

6. Le sceau retrouvé brisé ou méconnu (seif 8)

Le seif 8 est le seif du retour : le vin est arrivé, on regarde le sceau, et ce qu'on voit décide.

« חתמו בשני חותמות וחזר עליו ולא הכירו או שמצאו סתור אסור » (שו״ע יו״ד ק״ל:ח).

Ce qu'on trouve à l'arrivéeLa langue de la sourceVerdictSource
Sceaux méconnaissables, ou trouvés défaits« חתמו בשני חותמות וחזר עליו ולא הכירו או שמצאו סתור אסור »Interditשו״ע יו״ד ק״ל:ח
Défait par accident — de soi-même, par une bête, par un enfant« ודוקא אם רואים שנסתר בכוונה ע״י אדם אבל במקום שיכולים לתלות שנסתר ונתקלקל מעצמו או ע״י בהמה או תינוקת שלא בכוונה מותר בדיעבד »Permis après coupרמ״א יו״ד ק״ל:ח
Défait à dessein, mais un Juif entrait et sortait sans cesse« ואפילו אם נתקלקל בכוונה יש להתיר אם ישראל יוצא ונכנס תמיד »Il y a de quoi permettreרמ״א יו״ד ק״ל:ח
Faut-il seulement aller vérifier ?« אבל אינו צריך לחזור עליו אלא אם כן הודיע לישראל שנשתלח לו שהוא חתום בשני חותמות »Non, sauf s'il l'avait annoncéשו״ע יו״ד ק״ל:ח
Le conseil du Mehaber malgré tout« ומכל מקום נכון הדבר להודיעו צורת החותם כדי שיחזור אחריו »Il est juste de décrire le sceau au destinataireשו״ע יו״ד ק״ל:ח
Sauf si l'on a écrit des lettres« מיהו אם כתב עליו אותיות אין צריך להודיעו דסתם עובד כוכבים אינו בקי לכתוב אותיות »Pas besoin de prévenirרמ״א יו״ד ק״ל:ח
Le non-Juif avoue avoir touché le vin en resserrant la barrique« ואם העובד כוכבים אומר שהחבית היה מטפטף והוא הדקו ונגע ביין אינו נאמן לאסרו »Il n'est pas cru pour interdireרמ״א יו״ד ק״ל:ח
⚠ La limite que pose le פתחי תשובה : l'indulgence du Rama sur le sceau accidentellement défait n'est pas générale. Rapportant une décision du נודע ביהודה sur un chariot renversé en route, il précise : « היינו במקום שיש לתלות שהעובד כוכבים לא הרגיש ולא ידע כלל שנסתר החותם » (פתחי תשובה יו״ד ק״ל ס״ק ב). Autrement dit : si le non-Juif a su que le sceau était rompu, alors même que la rupture fut accidentelle, le vin est resté sciemment sans sceau entre ses mains — et l'on revient à un dépôt sans sceau du tout.

La même exigence se lit déjà au seif 2, où le ש״ך écarte le sceau abîmé sans intention : « ודוקא כשנראה שנסתר בכוונה ע״י אדם » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ה).

7. La maison louée ou achetée dans la cour d'un non-Juif (seif 9)

À partir du seif 9, le vin ne voyage plus : il est chez quelqu'un. Et le siman change de grille. Ce n'est plus le sceau qui décide, mais le rapport du non-Juif au lieu.

« ישראל ששכר או קנה בית בחצרו של עובד כוכבים ומילאו יין אם ישראל דר שם ואף על פי שהניח היין בחצר ואין עליו לא חותם ולא מפתח מותר » (שו״ע יו״ד ק״ל:ט).

La situationVerdictLa raisonSource
Le Juif habite la maison louée — même sans sceau ni clé, même si le non-Juif habite la même courPermisSa présence tient lieu de tout dispositifשו״ע יו״ד ק״ל:ט
Ce que le ש״ך ajoute sur ce casLe vin est réputé gardé« ואין לעובד כוכבים שייכות ביין אע״פ שיש לו שייכות בבית בחזקת משתמר הוא »ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י
Le Juif n'habite pas, mais tient la clé et le sceauPermis« אם היה ביד ישראל המפתח וחותם מותר וא״צ לומר שני חותמות »שו״ע יו״ד ק״ל:ט
Ce que nous pratiquonsUn sceau seul suffit après coup« ולדידן בחותם לבד מותר בדיעבד »ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״א
Ni habitation, ni clé, ni sceau — et le non-Juif habite la courInterditLe lieu est le sien, rien ne le retientשו״ע יו״ד ק״ל:ט
Le non-Juif n'habite pas la courPermis« ואם אינו דר בחצר מותר אא״כ נמצא עומד בצד היין »שו״ע יו״ד ק״ל:ט
Mais on le trouve debout à côté du vinInterdit ici — à la différence du Siman 128« הטעם שאין נתפס כגנב שאדם עשוי לראות מה ששכר או מכר ואין השוכר או הלוקח מקפיד עליו »ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ט
💡 La charnière du seif 9 : parce que le Juif a loué ou acheté de ce non-Juif, celui-ci garde un droit de regard sur ce qu'il a vendu ou loué. Il n'est donc pas un pur étranger, et sa présence auprès du vin ne peut plus s'expliquer par une simple effraction. Le ט״ז le formule exactement ainsi, et c'est ce qui distingue notre seif du Siman 128, où le non-Juif sans aucun lien avec le lieu reste permis même trouvé debout près du vin.

8. La cour du Juif : le voleur, le jour et la nuit (seif 10)

Le seif 10 ouvre par un במה דברים אמורים qui restreint tout le seif 9 : ce qui précède ne vaut que pour une maison prise à un non-Juif.

« אבל בחצרו של ישראל ממש שלא לקחו ולא שכרו מעובד כוכבים אפי׳ היה עובד כוכבים דר באותו חצר ואין ישראל דר בו מותר » (שו״ע יו״ד ק״ל:י).

Et la raison est d'une force remarquable : « לפי שאין לו בה שום שייכות ואפילו נמצא עומד בצד היין שהרי מכ״מ נתפס עליו כגנב » (שו״ע יו״ד ק״ל:י).

⚖ Le renversement, et sa seule exception

Dans une cour qui est vraiment celle du Juif, le non-Juif qui approche du vin n'a aucun titre à être là : il serait saisi comme voleur. Cela suffit — sans clé, sans sceau, et même trouvé debout auprès du vin. Le ש״ך renvoie pour cela au Siman 128 : résumé : et c'est permis comme il a été dit plus haut au siman 128 seif 4 (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ט״ו).

Mais le Mehaber ferme aussitôt : « וה״מ ביום אבל בלילה אסור » (שו״ע יו״ד ק״ל:י). La nuit, personne ne surviendra, et la crainte d'être pris tombe.

Le Rama circonscrit alors cette sévérité nocturne avec une précision qu'il faut lire lentement : « אבל בשאר מקומות דאמרינן לעיל סימן קכ״ח וקכ״ט דהעובד כוכבים מרתת אין חילוק בין יום ללילה » (רמ״א יו״ד ק״ל:י).

Et il donne la raison propre à notre seif : « הואיל והעובד כוכבים יש לו שייכות בחצר ומסתמא נועלו בלילה הואיל ואין ישראל דר שם ואינו מרתת כולי האי » (רמ״א יו״ד ק״ל:י).

Situation dans la cour juiveJourNuitSource
La cour n'est pas fermée à cléPermisInterditשו״ע יו״ד ק״ל:י
Fermée à clé, sans trou ni fente par où voir le vinInterditInterditרמ״א יו״ד ק״ל:י
Fermée à clé, mais un trou ou une fente laisse voirPermisInterditרמ״א יו״ד ק״ל:י
La porte grande ouvertePermisPermis — il craint qu'on ne vienneט״ז יו״ד ק״ל ס״ק י

La langue du Rama sur les deux lignes du milieu : « ולכן אפילו ביום אם נעל ואין חור או סדק שיכולין לראות היין אסור אבל ע״י חור וסדק מותר ביום אפילו נעלו בודאי » (רמ״א יו״ד ק״ל:י).

Le ט״ז, lui, sauve la nuit dans un cas : « אבל בפתוח הדלת לגמרי מותר אפילו בלילה דמרתת דילמא השתא מדכיר ליה לחמרא ויבוא » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק י).

💡 Ce que le ש״ך ajoute, et qu'on oublie : même dans la cour du Juif, le seif suppose que le Juif y passe. résumé : quoi qu'il en soit, le Juif y entre et en sort ; car s'il n'entrait ni ne sortait, ou même s'il l'avait averti qu'il s'éloigne, ce ne serait pas meilleur que de laisser un non-Juif dans sa boutique, ce qui est interdit (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ד). Le régime du voleur ne dispense donc pas de tout : il dispense du sceau, non de l'existence d'un va-et-vient.

9. La מרתת — le ressort caché des simanim 128, 129 et 130

Un même mot traverse les trois simanim, et c'est lui qui explique pourquoi ils ne se ressemblent pas. Le non-Juif s'abstient parce qu'il craint d'être surpris. Toute la question est de savoir ce qui, dans une situation donnée, produit cette crainte.

Le simanCe qui retient le non-JuifCe qui l'abolit
128 — le non-Juif resté seul là où il y a du vinLe Juif peut entrer à tout momentQu'on l'ait averti d'une longue absence
129 — le vin confié, et le Juif qui va et vientLe va-et-vient imprévisibleQue le va-et-vient cesse d'être imprévisible
130 — le vin scellé, seifim 1 à 8Non plus la crainte, mais la peine : refaire le sceau coûte tropUn dispositif qu'il doit de toute façon ouvrir
130 — le vin posé, seifim 9 et 10Le titre sur le lieu : il serait pris pour un voleurLa nuit, et la clé qu'il détient lui-même

Le ש״ך nomme les deux ressorts côte à côte, et c'est la phrase à retenir de tout le siman : « דמאי דסמכינן אקשר משונה או חותם היינו משום דלא טרח ומזייף א״נ מרתת » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ח).

⚠ Le partage que fait le Rama au seif 10 : là où c'est la מרתת qui opère — simanim 128 et 129 —, le jour et la nuit ne se distinguent pas, car la crainte ne dort pas. Ici, où le non-Juif détient un titre sur la cour et la ferme lui-même, la nuit lui rend la tranquillité : il n'est plus מרתת כולי האי. Confondre les deux régimes conduit tout droit à appliquer au siman 130 une indulgence qui n'appartient qu'aux deux précédents.

10. Le renvoi au Siman 118 : le sceau au-delà du vin

Le Rama termine le seif 2 par un renvoi qu'il ne faut pas laisser tomber — « ועיין לעיל סימן קי״ח » —, et le ש״ך dit du seif 3 tout entier qu'il a déjà été exposé au début de ce siman-là : résumé : tout le seif a été expliqué plus haut au début du siman 118 (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ו).

Le Siman 118 est en effet le siman général du dépôt scellé, dont le nôtre n'est que l'application au vin. Il pose la liste : « יין ובשר וחתיכת דג שאין בו סימן שהפקיד או שלח ביד עובד כוכבים צריך שני חותמות » (שו״ע יו״ד קי״ח:א).

Et aussitôt la liste inverse : « אבל יין מבושל ושכר או יין שעירבו בו דברים אחרים כגון דבש וכן החומץ וחלב ומורייס ופת וגבינה וכל שאיסורו מדברי סופרים שהפקידו ביד עובד כוכבים מותר בחותם אחד » (שו״ע יו״ד קי״ח:א).

Ce que le Siman 118 fournitCe que le Siman 130 en fait
La liste des aliments à deux sceaux — vin, viande, poisson sans signe distinctifLe seif 1 applique la règle au vin, et ajoute la question du récipient
La liste des aliments à un seul sceau — vin cuit, bière, vin mêlé, vinaigre, lait, pain, fromage, et tout interdit rabbiniqueLe seif 3 reprend la moitié qui touche le vin : cuit, mêlé, vinaigre
« כיון שהחתימו כראוי שני חותמות בדברים שצריך שנים ואחד בדברים שדי באחד אין צריך לחזור אחריו לראותו » (שו״ע יו״ד קי״ח:ב)Le seif 8 est le même enseignement, et le Siman 118 le dit lui-même en note
La distinction entre מפקיד et שולח — celui qui reverra son sceau et celui qui ne le reverra pasElle explique l'indulgence du Rama au seif 2 sur le sceau unique
💡 La bonne façon de tenir les deux simanim ensemble : le Siman 118 énonce la règle du sceau pour toute la cacheroute ; le Siman 130 la spécialise pour le vin, où s'ajoutent deux choses que le Siman 118 n'a pas à traiter — la crainte du ניסוך, qui exige deux sceaux là où la substitution seule s'en contenterait d'un, et la porosité du récipient à vin. Étudier le 130 sans le 118 revient à apprendre l'exception avant la règle.

11. Cas pratiques

Les questions ci-dessous se posent aujourd'hui exactement dans les termes du siman. Le tableau indique ce que le siman fournit pour les instruire — il ne les tranche pas.

La questionCe que le siman fournitLe seif
Une palette de vin cachère transportée par un chauffeur non juif, sans accompagnateurC'est le cas central du seif 1 : deux sceaux, et la question du contenant. Le ש״ך et le ט״ז rapportent en outre l'usage strict de n'expédier du vin d'une ville à l'autre qu'avec un gardien juif de jour comme de nuit1
Une capsule imprimée ou un opercule de série valent-ils un sceau, ou deux ?Le seif 6 traite exactement de l'objet apposé d'un seul geste, si chargé de lettres soit-il — et le compte pour un seul sceau6
Un scellé qu'on doit de toute façon rompre à chaque étape du transportLe ש״ך, au nom du משאת בנימין, écarte le lien qu'on est contraint de défaire chaque jour : ce n'est pas un sceau4
Du vin מבושל — cuit ou pasteurisé — laissé chez un dépositaire non juifLe seif 3 le range parmi ce qui se contente d'un seul sceau, et renvoie implicitement au Siman 118 pour la règle générale3
À la livraison, le scellé est rompu et le transporteur explique que la palette est tombéeLe Rama permet après coup ce qui s'est défait sans intention ; le פתחי תשובה restreint cette indulgence au cas où le non-Juif ne s'en est pas aperçu8
Une cave louée dans l'immeuble d'un propriétaire non juif, dont il garde un double des clésLe seif 9 traite du local pris à un non-Juif : la clé et le sceau entre les mains du Juif, l'habitation sur place, et le cas où on le trouve auprès du vin9
Un local qui appartient au Juif, où passe un ouvrier ou un livreur non juifLe seif 10 : il n'a aucune שייכות sur le lieu, il serait pris pour un voleur — mais le ש״ך suppose que le Juif y entre et en sort10
⚠ Ce tableau n'est pas un psak. La qualification d'un dispositif industriel comme sceau unique ou double, le statut du vin pasteurisé, celui du non-Juif dans les décisionnaires postérieurs — chacun de ces points a sa littérature propre, que ce niveau ne prétend pas exposer. Ce que la synthèse donne, ce sont les catégories dans lesquelles ces questions se posent.

Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

12. Les 7 règles d'or

  1. Vin nu : deux sceaux. C'est la règle du seif 1, et elle tient au risque de contact, non au risque de vol (שו״ע יו״ד ק״ל:א).
  2. Ce que le contact n'interdit plus : un seul. Vin cuit, vin mêlé de miel ou d'huile, vinaigre — il ne reste que la crainte de la substitution (שו״ע יו״ד ק״ל:ג).
  3. Un seul sceau sur du vin nu : interdit à boire, permis au profit — et le Rama rapporte qu'après coup on permet même de boire (שו״ע יו״ד ק״ל:ב ; רמ״א יו״ד ק״ל:ב).
  4. Est sceau ce qui ne se refait pas sans peine. Le nœud ordinaire ne l'est pas, le nœud inhabituel l'est, le cachet imprimé ne vaut que pour un (שו״ע יו״ד ק״ל:ד ; שו״ע יו״ד ק״ל:ו).
  5. Le récipient compte autant que le sceau. Une paroi qu'on peut percer sans toucher au sceau vide le sceau de son sens (שו״ע יו״ד ק״ל:א).
  6. Un sceau rompu par accident ne condamne pas — sauf si le non-Juif l'a su (רמ״א יו״ד ק״ל:ח ; פתחי תשובה יו״ד ק״ל ס״ק ב).
  7. Dès que le vin est posé quelque part, on cesse de compter des sceaux et l'on mesure un rapport au lieu : שייכות, נתפס עליו כגנב, le jour et la nuit (שו״ע יו״ד ק״ל:ט ; שו״ע יו״ד ק״ל:י).

13. Mnémonique — l'aide-mémoire « חותם »

ח־ו־ת־ם — les quatre lettres du mot חותם
L'échelle des dispositifs — du plus fort au plus faible

14. Les 5 pièges classiques

❌ Piège 1 — Compter les sceaux sans regarder le récipient : le seif 1 lie les deux d'un seul souffle. Une barrique de bois ou une outre laisse soutirer le vin entre les planches ou les coutures sans que le sceau bouge. Le Rama permet et l'usage suit — mais avec la bonde bien fermée et tous les robinets coupés, et le ש״ך fait de cette seconde condition la seule qui bloque même après coup.
❌ Piège 2 — Croire qu'un sceau est un verrou : il n'empêche rien. Il rend la fraude trop coûteuse — לא טרח ומזייף — ou trop risquée — מרתת. D'où la conséquence qui surprend : un lien très compliqué qu'on doit défaire chaque jour ne vaut rien, tandis qu'un simple nœud inhabituel, qu'on ne saurait refaire à l'identique, vaut un sceau.
❌ Piège 3 — Prendre “ permis au profit ” pour une permission de boire : le seif 2 permet le profit et interdit la boisson. C'est bien une indulgence, mais elle porte sur autre chose. L'indulgence sur la boisson vient ensuite, du Rama, et seulement après coup — « ויש שכתבו דבדיעבד יש להתיר אפילו בחותם אחד » (רמ״א יו״ד ק״ל:ב) — et le ש״ך exige encore qu'il y ait eu un sceau véritable.
❌ Piège 4 — Étendre au siman 130 l'égalité du jour et de la nuit : le Rama la réserve expressément aux simanim 128 et 129, où c'est la מרתת qui opère. Dans la cour du seif 10, où le non-Juif a un titre et ferme lui-même, la nuit change tout — et même le jour, s'il a fermé sans laisser de fente par où voir.
❌ Piège 5 — Oublier que le seif 10 suppose un va-et-vient : on retient volontiers la formule נתפס עליו כגנב comme si elle dispensait de tout. Le ש״ך prévient que le seif suppose encore que le Juif entre et sorte ; sans cela, on retombe sous le régime du non-Juif laissé seul dans la boutique, qui est interdit (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ד).

Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

15. Récap des 10 seifim — une ligne chacun

SeifSujetL'essentiel
1Confier et expédier du vinIl est permis de confier ou d'expédier du vin par la main d'un non-Juif s'il est scellé d'un sceau dans un sceau, ou d'une clé et d'un sceau. Et cela dans une barrique de terre cuite, non dans une barrique de bois, parce qu'on peut soutirer le vin entre les planches sans qu'on s'en aperçoive — et à plus forte raison dans des outres, où l'on soutire aisément entre les coutures. Leur seul remède est d'introduire toute la barrique de bois ou toute l'outre dans un sac sans couture extérieure et d'en sceller la bouche. Rama : certains permettent même la barrique de bois, sans craindre qu'il soutire entre les planches, et tel est l'usage — pourvu qu'on veille à ce que la bonde soit bien fermée et qu'il n'y ait pas de robinet : qu'il coupe tous les robinets, place un cuir sur la bonde et écrive des lettres moitié sur le cuir moitié sur le bois, de sorte que s'il soulève le cuir il ne sache pas le remettre en place. Et s'il a trouvé un couteau dans la barrique, voir le Siman 124.
2Le sceau uniqueS'il l'a confié à un non-Juif avec un seul sceau : interdit à la boisson, permis au profit — et cela à condition qu'un coin lui ait été réservé. Rama : certains ont écrit qu'après coup on permet même avec un seul sceau ; et l'on n'a pas à reconnaître son sceau, à moins de voir qu'il est abîmé, auquel cas c'est interdit ; mais on n'a pas à enquêter là-dessus, et l'usage est indulgent — et voir plus haut le Siman 118.
3Ce qui se contente d'un sceauNotre vin cuit, de même notre vin mêlé à d'autres choses comme du miel ou de l'huile, de même notre vinaigre : il est permis de les confier à un non-Juif avec un seul sceau.
4Qu'est-ce qu'un sceau dans un sceauBoucher la barrique d'un couvercle non ajusté, comme chacun bouche, et enduire d'argile : c'est un sceau. Le couvercle était ajusté et il a enduit par-dessus : c'est un sceau dans un sceau. De même s'il a lié la bouche de l'outre : un sceau ; s'il a retourné la bouche de l'outre à l'intérieur et l'a liée par-dessus : un sceau dans un sceau. Et de même tout changement qui sort de ce que chacun fait vaut un sceau — et l'enduit ou le lien font le second.
5Les nœudsDeux nœuds inhabituels valent deux sceaux.
6L'écrit et le cachetDeux lettres valent deux sceaux. Et les cachets imprimés, bien qu'ils portent plusieurs lettres, ne comptent que pour un seul sceau, puisqu'on les appose d'un seul coup. Et là où se trouvent des apostats et des non-Juifs sachant écrire, l'écrit n'est un signe que pour qui reconnaît l'écriture.
7La cléUne clé et un sceau valent deux sceaux.
8Le sceau au retourIl l'a scellé de deux sceaux, puis est revenu dessus et ne les a pas reconnus, ou les a trouvés défaits : interdit. Rama : et cela seulement si l'on voit qu'ils ont été défaits intentionnellement par un homme ; mais là où l'on peut attribuer la rupture au hasard — d'elle-même, par une bête, par un enfant, sans intention — c'est permis après coup ; et même défait à dessein, il y a de quoi permettre si un Juif entrait et sortait sans cesse. Mais il n'a pas à revenir vérifier, sauf s'il avait averti le Juif destinataire que c'était scellé de deux sceaux — et même sans lui en décrire la forme, dès lors que le second Juif l'a trouvé scellé de deux sceaux, c'est permis ; il est néanmoins juste de lui décrire la forme du sceau pour qu'il la vérifie. Rama : toutefois s'il y a écrit des lettres, point n'est besoin de l'avertir, car un non-Juif ordinaire ne sait pas écrire des lettres. Et si le non-Juif dit que la barrique fuyait, qu'il l'a resserrée et a touché le vin, il n'est pas cru pour l'interdire, même s'il reste un peu de vin visible au-dehors et que ses paroles ont des indices en leur faveur.
9La maison prise à un non-JuifUn Juif qui a loué ou acheté une maison dans la cour d'un non-Juif et l'a remplie de vin : si le Juif y habite — même s'il a laissé le vin dans la cour, sans sceau ni clé — c'est permis, même si le non-Juif habite lui aussi cette cour. Mais si le Juif n'y habite pas : s'il a en main la clé et le sceau, c'est permis, et il n'est pas besoin de dire deux sceaux ; sinon, bien que le vin soit dans la maison qu'il a louée ou achetée, c'est interdit si le non-Juif habite la cour ; et s'il n'y habite pas, c'est permis — à moins qu'on ne le trouve debout à côté du vin.
10La cour du Juif, le jour et la nuitCela vaut pour qui loue ou achète une maison dans la cour d'un non-Juif ; mais dans la cour du Juif elle-même, qu'il n'a ni achetée ni louée d'un non-Juif, même si un non-Juif habite cette cour et qu'aucun Juif n'y habite, c'est permis, bien que le Juif ne tienne ni clé ni sceau, puisqu'il n'y a aucun titre — et même si on le trouve debout à côté du vin, car il serait de toute façon saisi comme voleur. Et cela de jour ; la nuit, c'est interdit. Rama : et c'est seulement dans un tel cas qu'on interdit la nuit ; mais dans les autres cas, où l'on a dit plus haut aux simanim 128 et 129 que le non-Juif craint, il n'y a pas de différence entre le jour et la nuit ; ici c'est autre chose, puisque le non-Juif a un titre sur la cour et qu'il la ferme vraisemblablement la nuit, aucun Juif n'y habitant, et qu'il ne craint pas tant. Aussi, même de jour, s'il a fermé et qu'il n'y a ni trou ni fente par où voir le vin, c'est interdit ; mais par un trou ou une fente, c'est permis de jour, même s'il a certainement fermé ; et la nuit, c'est interdit en pareil cas même dans le doute — telle est la différence entre le jour et la nuit.

16. Carte-éclair finale

QuestionRéponse-réflexeSource
Combien de sceaux pour du vin nu confié à un non-Juif ?Deux — sceau dans sceau, ou clé et sceauשו״ע יו״ד ק״ל:א
Et pour du vin cuit, du vin mêlé, du vinaigre ?Un seulשו״ע יו״ד ק״ל:ג
Un seul sceau sur du vin nu ?Interdit à la boisson, permis au profit ; et le Rama permet après coupשו״ע יו״ד ק״ל:ב ; רמ״א יו״ד ק״ל:ב
Une simple bonde compte-t-elle pour ce sceau unique ?Non — sauf en cas de grande perteש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ד
Barrique de bois, outre ?Le Mehaber les exclut ; le Rama permet, et l'usage suit — bonde fermée, robinets coupésשו״ע יו״ד ק״ל:א ; רמ״א יו״ד ק״ל:א
Un nœud fait-il un sceau ?Seulement s'il est inhabituel ; deux nœuds inhabituels valent deux sceauxשו״ע יו״ד ק״ל:ה ; ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ח
Un cachet imprimé chargé de lettres ?Un seul sceau — il s'appose d'un coupשו״ע יו״ד ק״ל:ו
Clé plus sceau ?Deux sceauxשו״ע יו״ד ק״ל:ז
Le sceau est trouvé défait à l'arrivée ?Interdit s'il a été défait à dessein par un homme ; permis après coup si la rupture est accidentelleשו״ע יו״ד ק״ל:ח ; רמ״א יו״ד ק״ל:ח
Et si le non-Juif a su que le sceau était rompu ?L'indulgence tombeפתחי תשובה יו״ד ק״ל ס״ק ב
Le non-Juif prétend avoir touché le vin en réparant la fuite ?Il n'est pas cru pour interdireרמ״א יו״ד ק״ל:ח
Maison louée chez un non-Juif, le Juif y habite ?Permis, même sans sceau ni cléשו״ע יו״ד ק״ל:ט
Il n'y habite pas, mais tient la clé et le sceau ?Permis — et pour nous, un sceau seul suffit après coupשו״ע יו״ד ק״ל:ט ; ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״א
Cour appartenant vraiment au Juif, non-Juif y habitant ?Permis de jour, même trouvé debout près du vin — il serait pris pour un voleurשו״ע יו״ד ק״ל:י
Et la nuit ?Interdit — c'est le seul endroit du bloc où le jour et la nuit se distinguentשו״ע יו״ד ק״ל:י ; רמ״א יו״ד ק״ל:י
La porte grande ouverte, la nuit ?Permis — il craint que quelqu'un ne survienneט״ז יו״ד ק״ל ס״ק י

⚖ Le réflexe en 3 questions

  1. Le vin voyage-t-il, ou est-il posé ? S'il voyage, on compte des sceaux. S'il est posé, on qualifie le lieu.
  2. Le dispositif se refait-il sans peine ? Si oui, ce n'est pas un sceau, quelle que soit son apparence.
  3. Qu'est-ce qui retient le non-Juif ? La peine de refaire, la crainte d'être surpris, ou le fait qu'il serait saisi comme voleur. Selon la réponse, la nuit change tout ou ne change rien.
Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

🎓 Récapitulatif du parcours d'étude

NiveauContenuAcquis
🌱 Niveau 1 — Base Texte des 10 seifim, traduction, explication pas à pas Compréhension globale
Niveau 2 — Lamdan Le gueder du חותם — לא טרח ומזייף ou מרתת, la définition du שינוי, le rapport entre le sceau et la שייכות du lieu Étude approfondie
Niveau 3 — Synthèse Deux tableaux-maîtres, le régime du lieu, la מרתת, cas pratiques, règles d'or, mnémonique, pièges, récap des seifim Maîtrise pratique + révision
📜 Niveau 4 — Halakha lema'asse La psika pratique selon le ש״ך, le ט״ז, les פתחי תשובה et les poskim Application contemporaine
💡 Prochaines étapes suggérées :
📖 Sources de ce siman sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן ק״ל · Niveau 3 — Synthèse / Révision · דיני חתימת היין
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