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Accueil Yoreh De'ah · Les idoles, leur annulation, leurs accessoires et leurs ustensiles Siman קל״ט Niveau 3 — Synthèse / Révision
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Siman 139 — L’idole, ses accessoires, ses ornements, son offrande

דיני אלילים וביטולם ומשמשיהם וכליהם

Quinze seifim. Quatre objets portent l’interdit — l’idole, ce qui la sert, ce qui l’orne, ce qu’on lui offre — et deux propriétaires en fixent le moment. Puis une seule question les traverse tous : lequel peut encore être annulé
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide


Source : Shulchan Aroukh, Yoreh De'ah קל״ט — 15 seifim
Nossei kelim : ש״ך (י״א ס״ק) · ט״ז (ח׳ ס״ק) · באר היטב (י״ב ס״ק) · נקודות הכסף · בית יוסף · טור
Compilation : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Pour les étudiants ayant maîtrisé les Niveaux 1 et 2
daattorah.com

📑 Plan de la synthèse

  1. L’axiome : quatre objets, deux propriétaires, une seule question
  2. Les 3 questions-réflexes
  3. Tableau-maître — les quinze seifim clause par clause
  4. Ce qui fait une תקרובת : l’acte, et le lieu
  5. חייב et נאסר — le bâton, la sauterelle, et pourquoi les deux réponses diffèrent
  6. Le ביטול en pratique : cierges, ustensiles, vêtements
  7. Les 5 règles d’or
  8. Mnémonique — l’aide-mémoire « אליל »
  9. Les 4 pièges classiques
  10. Récap des seifim et carte-éclair finale

1. L’axiome : quatre objets, deux propriétaires, une seule question

Le point de départ :

Le siman ne demande pas ce qu’est une idole — il demande ce que l’idole communique à ce qui l’entoure. Quatre choses portent l’interdit au profit : אליל (l’idole), תשמישיה (ce qui la sert), נויה (ce qui l’orne), תקרובתה (ce qu’on lui offre). Deux propriétaires fixent le moment où l’interdit tombe sur le premier des quatre : le non-Juif, tout de suite ; le Juif, une fois servie.

D’où l’axiome : plus un objet doit sa valeur à son intégrité, plus il est annulable. L’idole et ses ornements tiennent à leur entièreté et s’annulent ; l’offrande n’a jamais rien dû à sa valeur — elle ne s’annule jamais.

Le seif 1 énonce les quatre objets et les deux moments :

« אליל אסורה בהנאה היא ותשמישה ונויה ותקרובתה בין של עובד כוכבים בין של ישראל אלא דשל עובד כוכבים אסורה מיד ושל ישראל אינה אסורה עד שתיעבד » (שו״ע יו״ד קל״ט:א)
« ותשמישיה ונויה בין של עובד כוכבים בין של ישראל אינם אסורים עד שישתמשו בהם ותקרובתה משהביאו לפניה ועשה ממנו תקרובת נאסר » (שו״ע יו״ד קל״ט:א)

Et le seif 2 pose la question qui traverse tout le siman :

« אליל של ישראל אין לה ביטול אבל של עובד כוכבים ותשמישיה ונויה יש להם ביטול ותקרובתה אין לה ביטול » (שו״ע יו״ד קל״ט:ב)

Le Taz donne le motif de la dernière clause, et c’est lui qui commande toute la pratique :

« ונרא׳ לי הטעם דתקרובת גרע (מאליל) [דאליל] עצמו ונויו תלוין בשלימותו דכל זמן שהוא שלם הוא פלח ליה וכן מחזיק אותה לנוי אבל אם נפסל בטל ממנו מחשבה זו מה שאין כן בתקרובת דאפילו דבר מועט שאינו חשוב מקריב לפניו נמצא דלא פקע איסור אם נפסל » (ט״ז יו״ד קל״ט ס״ק ד)
L’objetInterdit depuis quand ?Annulable ?Seif
L’idole d’un non-JuifDès qu’elle est faite — מידOui1 · 2
L’idole d’un JuifUne fois servie — עד שתיעבדJamais1 · 2
Ses accessoires (תשמישיה)Une fois employésOui1 · 2 · 12
Ses ornements (נויה)Une fois employésOui1 · 2 · 9 · 11
Son offrande (תקרובתה)Dès qu’elle est apportée et offerteJamais1 · 2 · 3 · 5
💡 Le repère : les quatre objets n’ont pas le même seuil ni le même sort. Retenez la paire qui ne bouge jamais — אליל של ישראל et תקרובת : ni l’une ni l’autre n’a d’annulation, pour deux raisons opposées. L’idole du Juif, parce qu’un verset l’assimile à l’autel et exige la גניזה ; l’offrande, parce qu’un verset l’assimile au mort.

2. Les 3 questions-réflexes

1. Lequel des quatre objets ai-je devant moi ? L’idole elle-même, ce qui la sert, ce qui l’orne, ou ce qu’on lui a offert. Tout le reste dépend de cette réponse — et le seif 3 est précisément la règle qui distingue le נוי de la תקרובת.
2. À qui appartient l’idole, et a-t-elle été servie ? Non-Juif : interdite dès qu’elle est faite. Juif : seulement une fois servie — et le Rama ajoute qu’un non-Juif qui se prosterne devant ce que le Juif a dressé sert pour lui.
3. Reste-t-il une annulation possible ? Idole de Juif : jamais. Offrande : jamais. Idole de non-Juif, accessoires et ornements : oui — et les seifim 9 et 12 disent comment.

3. Tableau-maître — les quinze seifim clause par clause

SeifCe que le texte poseCe qui en résulte
1Les quatre objets sont interdits au profit ; l’idole du non-Juif dès qu’elle est faite, celle du Juif une fois servie ; accessoires et ornements une fois employés ; l’offrande dès qu’elle est apportée et offerteLe moment de l’interdit dépend de l’objet et du propriétaire
1 (Rama)Un Juif a dressé une brique et un non-Juif s’est prosterné : elle est interditeLe culte du non-Juif vaut, par délégation, celui du Juif
2L’idole du Juif n’a pas d’annulation ; celle du non-Juif, ses accessoires et ses ornements en ont ; l’offrande n’en a pasLa clé de tout le siman
3Définition du נוי (cierges allumés, étoffes et beaux ustensiles étendus) et de la תקרובת ; puis les cas du bâtonCe qui est offert au Temple interdit dès la pose ; le reste exige un acte semblable au Temple
4A égorgé devant elle une sauterelle : interdite, même si ce n’est pas du tout sa manièreL’égorgement est כעין פנים par lui-même
5Ce qu’on trouve devant l’idole ou en deçà de la tenture, du genre offert au Temple, est interdit — même l’eau et le sel ; au dehors, seul l’honorable ; Péor et Markoulis n’ont pas de tentureLe lieu tient lieu de preuve de l’acte
6Ce qu’on voit qu’on apporte à l’idole et qui n’est pas encore entré est permisPas encore une offrande
7Trouvé sur sa tête de l’argent, un vêtement, des ustensiles : honorablement, interdits ; par mépris (bourse au cou, vêtement plié sur l’épaule, ustensile renversé sur la tête), permisL’ornement se juge à la manière
8Les pains donnés aux prêtres sont permis : ce n’est pas une offrande mais un dûUn rite n’est pas une offrande par sa seule solennité
9Les cierges de cire allumés devant elle sont son ornement et interdits ; s’il les a mis en gage ou vendus à un Juif, permis, puisqu’il les a éteints pour lui-mêmeL’extinction annule ; la vente le prouve
10Les morceaux de cire déposés devant elle sont permis : ni ornement ni offrandeDéposer n’est pas orner
11Les vêtements des prêtres sont leur ornement à eux et n’exigent même pas d’annulation ; un avis en exige une. Rama : ce dont on revêt l’idole elle-même est un ornement et exige l’annulationL’ornement se définit par celui qu’il pare
12Les ustensiles qu’il tient en main et l’encensoir sont ses accessoires et exigent l’annulation ; la vente ou le gage à un Juif est cette annulation — et un avis le nieLa ma’hloket sur la valeur annulante de la vente
13Cierges, cire et parures des prêtres ne serviront pas à une lumière de mitsva ni à un objet de mitsva, משום דמאיסיUn interdit d’un autre ordre : le dégoût, non le profit
14On n’écrit pas sur les livres du culte d’autrui sans les effacer ; et un avis interdit d’y écrire même alors des prières, דאין קטיגור נעשה סניגורLe support efface, la mémoire non
15Un avis permet de les vendre. Rama : trois avis sur la vente, והמחמיר תבא עליו ברכה ; le parchemin et l’encre ; le prêt pour bâtir, והמונע מצליח ; et la reliure, sauf registres de juges et de scribes, avec l’issue de l’animositéCe que la main du Juif apporte au culte d’autrui

4. Ce qui fait une תקרובת : l’acte, et le lieu

Le seif 3 sépare deux régimes. Ce qui est du genre offert au Temple est interdit dès la pose ; ce qui ne l’est pas exige un acte semblable à ceux du Temple :

« ותקרובת כל שכיוצא בו קרב על גבי מזבח כמו כל מיני מאכל כגון בשר שמנים וסלתות מים ומלח אם הניחו לפניה לשם תקרובת נאסר מיד » (שו״ע יו״ד קל״ט:ג)
« אבל דבר שאין מקריבין ממנו בפנים אינו נאסר אלא א״כ עשה ממנו כעין זביחה או כעין זריקה המשתברת והוא דרך לעובדה באותו דבר » (שו״ע יו״ד קל״ט:ג)

Rachi, rapporté par le Taz, dit ce qu’est une זריקה המשתברת :

« פרש״י כעין זריקת דם שלפנים שאינה מחוברת אלא משתברת ונופל טיפין טיפין לאפוקי זרק מקל. אבל שיבר מקל הוה כעין זביחה ששובר צוואר בהמה » (ט״ז יו״ד קל״ט ס״ק ו)

Le seif 5 ajoute le lieu : en deçà de la tenture, on n’a pas besoin de voir l’acte — on le présume :

« כל דבר שכיוצא בו קרב לפנים אם מוצא אותו בפני אלילים או שמוצא אותו לפנים מהמחיצה הפרוסה לפניה אסור שאנו תולים שהכניסה שם לשם תקרובת ואפילו מים ומלח שאינו דרך כבוד » (שו״ע יו״ד קל״ט:ה)

Et le Beit Yossef précise que ce n’est pas une présomption de fait mais une définition :

« אע״פ שברור לנו שלא נסכו מהיין ולא הקטירו מהסלת והשמן אסור משום דאמרינן הכניסו לפנים מן הקילקלין זו היא הקרבתו » (בית יוסף יו״ד קל״ט)

Le Rambam va plus loin : dedans, tout est interdit, offert au Temple ou non. Le Beit Yossef en tire une conséquence pratique que le Ba’h, chez le Chakh, transforme en rigueur :

« וא״כ הני נרות נמי אם הכניסום במקום עבודתם תקרובת נינהו ולית להו ביטול » (בית יוסף יו״ד קל״ט)
« ודבריו נכונים וכל בעל נפש יש לו להחמיר ול״ד נרות אלא בכל הדברים שהיו בבית תרפותם איכא משום תקרובת עבודת כוכבים דשמא נכנסו במקום עבודתם ואין להם ביטול כלל להרמב״ם עכ״ל ב״ח » (ש״ך יו״ד קל״ט ס״ק ג)
Où l’objet est trouvéTour et Choul’han AroukhRambam, tel que le lit le Beit Yossef
En deçà de la tenture, du genre offert au Temple (eau et sel compris)Interdit — offrandeInterdit — offrande
En deçà de la tenture, hors de ce genre, ou posé avec méprisPermisInterdit — tout ce qui est dedans
Hors de la tenture, avec honneurInterdit — ornementInterdit — ornement
Hors de la tenture, avec méprisPermisPermis
Péor et Markoulis, même au dehorsInterditInterdit
En chemin, pas encore entré (seif 6)PermisPermis
Ne confondez pas le seif 5 et le seif 7. Le seif 5 juge ce qu’on trouve en deçà de la tenture et parle d’offrande — donc sans annulation. Le seif 7 juge ce qu’on trouve sur la tête de l’idole et parle d’ornement — donc annulable, et permis d’emblée si la manière est méprisante. C’est la même question de fait — où, et comment — mais deux catégories, et deux sorts opposés.

5. חייב et נאסר — le bâton, la sauterelle, et pourquoi les deux réponses diffèrent

Le seif 3 mêle deux questions : l’homme est-il passible, l’objet est-il interdit ? Le Ran les sépare, et le Taz le rapporte :

« כתב הר״ן לענין חיובא חדא מתרתי מחייב או כעין פנים ונפקא לן מזובח לאלהים יחרם או כדרך עבודתה ונפקא לן מאיכה יעבדו אבל לגבי איסור תקרובת לעולם אינו חייב אלא כעין פנים דנפקא מאשר חלב זבחימו » (ט״ז יו״ד קל״ט ס״ק ז)
Le casL’hommeL’objetPourquoi
Idole servie au bâton — il brise un bâton devant elleחייבנאסרBriser est כעין זביחה
Idole servie au bâton — il l’agite, sa manièreחייבלא נאסרכדרך עבודתה, mais pas comme au Temple
Idole jamais servie au bâton — il brise un bâtonאינו חייבלא נאסרLe Mehaber ; le Chakh (ס״ק ד) rend l’homme passible
Idole servie au bâton — il jette le bâtonאינו חייבלא נאסרPas de זריקה משתברת
Idole servie en jetant — il jette le bâtonחייבלא נאסרChakh ס״ק ה, d’après le Ran
Il égorge une sauterelle devant elleנאסרSeif 4 ; le Chakh (ס״ק ו) restreint

Le Mehaber, au seif 4, ne pose aucune condition :

« שחט לפניה חגב נאסר אפי׳ אין דרך לעובדה בחגב כלל » (שו״ע יו״ד קל״ט:ד)

Le Chakh le restreint, et le Baer Hetev consigne la divergence :

« והש״ך חולק ע״ז ופוסק כדעת הרמב״ם ותוספות ושאר פוסקים דהיכא דאין דרך לעובדה בחגב כלל לכ״ע פטור ואינו נאסר » (באר היטב יו״ד קל״ט ס״ק ח)
💡 Le repère : deux versets rendent l’homme passible — כעין פנים ou כדרך עבודתה — et un seul interdit l’objet : כעין פנים. C’est pourquoi חייב ולא נאסר n’est pas une contradiction, mais la règle même.

6. Le ביטול en pratique : cierges, ustensiles, vêtements

Le seif 9 traite les cierges, et sa clause finale fait toute la difficulté du siman :

« נרות של שעוה שמדליקין לפניה נויה הם ואסורים ואם משכנם או מכרן לישראל מותרים דכיון שכיבן לצורך עצמו זהו ביטולן » (שו״ע יו״ד קל״ט:ט)

Le seif 12 dit autre chose, et le Chakh laisse la tension ouverte :

« כלים שאוחז בידו והמחתה שמקטיר בה משמשיה הם וצריכים ביטול ואם מכרן העובד כוכבים או משכנן לישראל זהו ביטולם ויש אומרים שאין זה ביטולם » (שו״ע יו״ד קל״ט:יב)
« משמע הא אם כיבו ממילא אע״פ שמכרן או משכנן אסורים וכדעת ר״י שהביאו הטור והפוסקים דכי היכי דעבודת כוכבים גופה לא בטלה במכרה או משכנה ה״ה נויה ותשמישה » (ש״ך יו״ד קל״ט ס״ק ז)

Le Taz la résout : au seif 9, la vente n’annule pas — elle prouve que l’extinction était définitive.

« ואפי׳ מאן דס״ל בסעיף י״ב דהמכירה ומשכון לא הוי ביטול כאן מודה דמהני כיון דהמכירה אינה אלא ראייה שכיבה על מנת שלא לחזור ולהדליקה » (ט״ז יו״ד קל״ט ס״ק ח)

Les vêtements des prêtres, eux, ne sont pas l’ornement de l’idole — sauf ce dont on revêt l’idole elle-même :

« מלבושים שלובשים הכהנים כשנכנסים לבית אלילים נוי שלהם הן ולא נוי של אלילים ואפילו ביטול אינם צריכים ויש מי שמצריך ביטול » (שו״ע יו״ד קל״ט:יא)
« אבל מה שלובשין לעבודת כוכבים עצמה מיקרי נוי וצריך ביטול » (רמ״א יו״ד קל״ט:יא)
ObjetStatutCe qui l’annuleSeif
Cierges allumés devant elleOrnement — interditsL’extinction pour soi ; la vente ou le gage à un Juif le prouve9
Morceaux de cire déposés devant elleNi ornement ni offrande — permisRien à annuler10
Vêtements des prêtresLeur ornement à eux — permisAucune annulation nécessaire ; un avis en exige une11
Ce dont on revêt l’idole elle-mêmeOrnement de l’idoleAnnulation requise (Rama)11
Ustensiles tenus en main, encensoirAccessoires — annulation requiseLa vente ou le gage — et un avis le nie12
Ce qui est entré dans le lieu du cultePeut-être une offrandeRien — בעל נפש s’en abstient (Ba’h chez le Chakh)5 · 9
Permis au profit n’est pas permis pour une mitsva. Le seif 13 interdit d’employer cierges, cire et parures des prêtres à une lumière de Shabbat, de Hanoucca ou de synagogue, et d’en faire des talitot — משום דמאיסי. Le Chakh y ajoute même l’étude à leur lumière.
« וכן אפילו ללמוד בהן אסור. הר״ף בהג״ה תשב״ץ סימן תי״ז » (ש״ך יו״ד קל״ט ס״ק ח)

7. Les 5 règles d’or

  1. Quatre objets, pas un. L’idole, ses accessoires, ses ornements, son offrande — chacun a son seuil et son sort (seif 1).
  2. Le propriétaire fixe le moment, pour l’idole seule. Non-Juif : dès qu’elle est faite. Juif : une fois servie. Accessoires et ornements : une fois employés, chez l’un comme chez l’autre.
  3. Deux choses ne s’annulent jamais : l’idole d’un Juif et l’offrande (seif 2). Tout le reste s’annule.
  4. L’objet n’est interdit que par un acte semblable au Temple. Ce qui rend l’homme passible ne rend pas nécessairement l’objet interdit — חייב ולא נאסר (seif 3, le Ran chez le Taz).
  5. Le lieu vaut preuve. En deçà de la tenture, on présume l’offrande ; au dehors, seule la manière honorable interdit, et Péor et Markoulis n’ont pas de dehors (seif 5).

8. Mnémonique — l’aide-mémoire « אליל »

א אֲסוּרָה מִיָּד — שֶׁל עוֹבֵד כּוֹכָבִים — l’idole du non-Juif est interdite dès qu’elle est faite ; celle du Juif, une fois servie.

ל לֹא נֶאֱסָר אֶלָּא כְּעֵין פְּנִים — l’objet n’est interdit que par un acte semblable au Temple ; le reste rend passible sans interdire.

י יֵשׁ בִּטּוּל לְשֶׁל עוֹבֵד כּוֹכָבִים — l’idole du non-Juif, ses accessoires et ses ornements s’annulent ; celle du Juif, jamais.

ל לְתִקְרֹבֶת אֵין בִּטּוּל לְעוֹלָם — l’offrande ne s’annule jamais, parce qu’elle n’a jamais rien dû à sa valeur.

9. Les 4 pièges classiques

  1. Croire que l’idole d’un Juif est moins grave. Elle est interdite plus tard — mais une fois servie, elle est plus grave : elle n’a jamais d’annulation, là où celle du non-Juif en a une (seif 2).
  2. Traiter tout ce qu’on met devant l’idole comme une offrande. Non : les morceaux de cire du seif 10 ne sont ni ornement ni offrande, et les pains des prêtres du seif 8 sont un dû, non une offrande.
  3. Lire חייב comme נאסר. Le seif 3 dit trois fois חייב ולא נאסר : la passibilité de l’homme et l’interdit de l’objet ne se suivent pas.
  4. Croire que le seif 9 et le seif 12 disent la même chose de la vente. Au seif 12 la vente est l’annulation même, et un avis le nie ; au seif 9 elle n’est qu’une preuve de l’extinction — et là, dit le Taz, même celui qui la nie l’admet.

10. Récap des seifim et carte-éclair finale

SeifEn une ligne
1L’idole, ses accessoires, ses ornements et son offrande sont interdits au profit ; celle du non-Juif dès qu’elle est faite, celle du Juif une fois servie ; accessoires et ornements une fois employés ; l’offrande dès qu’elle est apportée. Rama : la brique dressée par un Juif devant laquelle un non-Juif s’est prosterné est interdite.
2L’idole d’un Juif n’a pas d’annulation ; celle d’un non-Juif, ses accessoires et ses ornements en ont ; son offrande n’en a pas.
3Ornement et offrande définis ; ce qui est du genre offert au Temple est interdit dès la pose ; le reste exige un acte semblable au Temple et la manière du culte — d’où le bâton brisé, agité, jeté.
4A égorgé devant elle une sauterelle : interdite, même si ce n’est pas du tout sa manière d’être servie.
5Ce qu’on trouve devant elle ou en deçà de la tenture, du genre offert au Temple, est interdit, même l’eau et le sel ; dehors, l’honorable seul ; Péor et Markoulis n’ont pas de tenture.
6Ce qu’on voit qu’on apporte à l’idole d’un non-Juif et qui n’est pas encore entré est permis.
7Trouvé sur sa tête argent, vêtement ou ustensiles : honorablement, interdits ; par mépris, permis.
8Les pains donnés aux prêtres sont permis : un dû pour les prêtres, non une offrande.
9Les cierges de cire allumés devant elle sont son ornement et interdits ; mis en gage ou vendus à un Juif, permis, puisqu’il les a éteints pour lui-même.
10Les morceaux de cire déposés devant elle sont permis : ni son ornement ni son offrande.
11Les vêtements que les prêtres portent en entrant sont leur ornement à eux et n’exigent pas d’annulation ; un avis en exige une. Rama : ce dont on revêt l’idole elle-même est un ornement et exige l’annulation.
12Les ustensiles qu’il tient en main et l’encensoir sont ses accessoires et exigent l’annulation ; la vente ou le gage à un Juif est cette annulation — et un avis le nie.
13Cierges et cire des idoles sont interdits pour une lumière de mitsva — Shabbat, Hanoucca, synagogue — et les parures des prêtres ne serviront ni à des talitot ni à rien de mitsva, משום דמאיסי.
14On n’écrit pas sur les livres du culte d’autrui sans les avoir effacés ; et un avis interdit d’y écrire même alors prières et supplications.
15Un avis permet de les vendre ; le Rama rapporte trois positions et bénit le rigoureux, discute le parchemin et l’encre, interdit de prêter pour bâtir un lieu de culte, et refuse la reliure sauf pour les registres des juges et des scribes — avec l’issue de l’animosité.
Carte-éclair. של עובד כוכביםאסורה מיד · של ישראלעד שתיעבד → et alors אין לה ביטול · תשמישיה ונויהעד שישתמשו בהם, et יש להם ביטול · תקרובתהמשהביאו לפניה, et אין לה ביטול — jamais. Entre les deux, la mesure de l’acte : כעין פנים interdit l’objet, כדרך עבודתה ne fait que rendre passible.
🎓 Récapitulatif du parcours d’étude
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
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