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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA'ASSE / PSAK

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 142 — L’idole et ses accessoires interdits au profit — Psika lema'asse
סימן קמ״ב · הלכה למעשה
שהאלילים ותשמישיהם אסורים בהנאה
פסק המחבר · הכרעת נושאי הכלים · הסקת ההלכה למקרים בני זמננו
⚖️ פסק הלכה ולמעשה ⚖️
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Halakha lema'asse — la psika pratique

Du psak du Mehaber à l’arbitrage du Chakh, du Taz, du Baer Hetev,
du Pit’hei Techouva et des Nekoudot HaKessef, jusqu’aux cas d’aujourd’hui

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קמ״ב (ט״ו סעיפים)
עם נושאי הכלים: ש״ך, ט״ז, נקודות הכסף, באר היטב, פתחי תשובה, בית יוסף, טור, רמב״ם

⚠ Avertissement de niveau :
Ce niveau n’est pas “Daat HaRav” : le Choulhan Aroukh HaRav
(Admour HaZaken) ne couvre pas le Yoreh De'ah, donc pas le Siman 142.
C’est un niveau de psika pratique : ce que l’on fait, et à qui demander.

Rédaction et iyun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Comment lire ce niveau. Chaque affirmation est ancrée soit dans le texte du Choulhan Aroukh et de ses nossei kelim, soit dans un posek nommé et vérifiable (Tour, Beit Yossef, Rambam, Rachi, guemara d’Avoda Zara, de Pessahim, de Beitsa, de Houlin et de Temoura). Sur le Yoreh De'ah il n’y a ni Mishna Beroura (qui ne commente que l’Orach Chaim), ni Choulhan Aroukh HaRav (l’Admour HaZaken n’a pas écrit le YD). Le Aroukh HaChoulhan n’est pas cité : son texte sur ce siman ne nous est pas accessible, et l’on ne cite pas ce que l’on ne peut pas vérifier. Restent, et ils suffisent : le Chakh (34 ס״ק), le Taz (18 ס״ק), le Baer Hetev (27 ס״ק), le Pit’hei Techouva (3 ס״ק) et les Nekoudot HaKessef (une entrée). Là où la question déborde le siman, ce niveau le dit et s’arrête : la halakha lema'asse passe par ton Rav.

📑 Sommaire

  1. שורש הפסק — les deux mesures et ce qu’elles décident
  2. פסק המחבר — la carte des quinze seifim
  3. גחלת ואפר — la braise, la cendre, la flamme
  4. עצים, תנור ופת — le four, le pain et les braises retirées
  5. זה וזה גורם — champ, vache, légumes : lekhathila ou bediavad
  6. פדיון ומכירה — ce qu’on fait quand c’est déjà fait
  7. סכין, צל, מעבר ואילנות — le couteau, l’ombre, le passage, les arbres
  8. מרחץ, כלי שיר ומבט — le bain, la musique, le regard
  9. מקרים בני זמננו — cas contemporains
  10. סיכום מעשי — tableau, et lema’asse consulte ton Rav

1. שורש הפסק — les deux mesures et ce qu’elles décident

Le siman entier se décide avec deux instruments, et le Mehaber les donne tous les deux dans la langue du Rambam.

Première mesure — la matière.
« עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים אוֹ אֲשֵׁרָה שֶׁנִּשְׂרְפָה אֶפְרָהּ אָסוּר בַּהֲנָאָה. וְגַחֶלֶת שֶׁל עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים אֲסוּרָה וְהַשַּׁלְהֶבֶת מֻתֶּרֶת מִפְּנֵי שֶׁאֵין בָּהּ מַמָּשׁ » רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה י׳
Seconde mesure — la cause.
« וְכָל שֶׁדָּבָר אָסוּר וְדָבָר מֻתָּר גּוֹרְמִין לוֹ הֲרֵי זֶה מֻתָּר בְּכָל מָקוֹם » רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה י״ד
Ce que cela donne en pratique. Devant un objet, la question n’est jamais « a-t-il touché l’idole ? » mais : en reste-t-il quelque chose, et l’interdit l’a-t-il fait ? C’est pourquoi la flamme est permise et la cendre interdite, et pourquoi une récolte poussée sur un fumier interdit est permise alors qu’un pain cuit d’un bois interdit ne l’est pas.

2. פסק המחבר — la carte des quinze seifim

SeifPsak du MehaberCe que les nossei kelim en font
אBraise et cendre interdites, flamme permiseTaz et Chakh : la braise est interdite même a posteriori ; la flamme, seulement détachée
בAbattre : permis ; découper et bête mourante : interditsChakh : la bête mourante est interdite en entier, sans rachat ; la viande découpée exige le rachat
גVêtement tissé à la navette : interdit ; mélangé : rachatChakh : sans mélange, pas de rachat ; et racheter la navette ne suffit jamais
דFour à refroidir ; pain interdit ; braises retirées : permisChakh et Taz : dans l’idolâtrie, la dernière clause ne tient pas
הVaisselles cuites au bois interdit : interditesChakh : parce qu’on s’en sert ensuite sans cause permise
וPain cuit sur les braises : permisChakh et Taz : interdit dans l’idolâtrie
זMarmite aux deux bois : interditeTaz : même pour l’avis indulgent, à cause du chevah etsim
חOisillons indépendants et nid : permis ; œufs et oisillons dépendants : interditsChakh : la perche ne rend pas permis ce qui ne l’était pas
טOmbre : interdite ; passage : selon le cheminTaz : l’ombre de l’ombre aussi ; Chakh : la course n’est pas toujours requise
יMaison d’idolâtrie : dedans et face à l’entrée interdits, derrière permisChakh : le « certains interdisent » ne vise que le début du seif
י״אLégumes, champ, vache : permisChakh et Taz : lekhathila pour les légumes seulement
י״בArbre gardé pour la fête : interditChakh : a fortiori si ses prêtres s’asseyent dessous
י״גArbres stériles : interditsChakh : ornement, et se tenir là est déjà son emploi
י״דBain public : permisLe critère est l’usage, non la forme
ט״וÉcouter et regarder : interdits ; non voulu : permisChakh : aussi l’odorat ; et la permission a deux bords

3. גחלת ואפר — la braise, la cendre, la flamme

« כשם שהאלילים אסורים בהנאה כך כל הנאות הבאות ממנה אסורות » (שו״ע יו״ד קמ״ב:א)
« אסור ליהנות בגחלתה ואפרה אבל מותר ליהנות משלהבתה » (שו״ע יו״ד קמ״ב:א)
Psak. On ne tire aucun profit de la braise ni de la cendre — et selon le Taz et le Chakh, cet interdit vaut aussi a posteriori, parce qu’il n’est pas une précaution mais un interdit de la Torah :
« נראה לי אפילו דיעבד אסור » (ט״ז יו״ד קמ״ב ס״ק ב)
« וכ״כ הש״ך בס״ק י׳ דאף בדיעבד אסור אם נהנה מגחלתה » (באר היטב יו״ד קמ״ב ס״ק ב)
La flamme est permise, mais à une condition que la pratique rend étroite : elle doit être détachée de sa braise.
« פי׳ כשאין שם אלא השלהבת לחוד אבל אם השלהבת קשורה בגחלת פשיטא שאסור לחמם משלהבת טפי מגחלת גרידא » (ט״ז יו״ד קמ״ב ס״ק ג)
Le Pit’hei Techouva précise que la gravité dépend de l’origine de l’interdit — d’un bois interdit, ou d’une braise offerte en offrande :
« ולכן העלה דאף המחבר לא אמר אלא דווקא בגחלת הבא מעצי עבודת כוכבים או מעצי אשירה כמו שדקדק בש״ע כאן וכן מ״ש בב״י מיירי ג״כ בהכי אבל אם נאסרו בעודן גחלת כגון שעשאו תקרובת עבודת כוכבים בהא ודאי מודה דאסור מדאורייתא » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ב ס״ק ב)

4. עצים, תנור ופת — le four, le pain et les braises retirées

« נטל ממנה עצים אסורים בהנאה » (שו״ע יו״ד קמ״ב:ד)
« בין חדש בין ישן יוצן ואחר כך יחם אותו בעצי היתר » (שו״ע יו״ד קמ״ב:ד)
« דיש שבח עצי איסור בפת » (שו״ע יו״ד קמ״ב:ד)
Là où le Mehaber et ses nossei kelim divergent. Le Mehaber écrit que si l’on a retiré toutes les braises, la cuisson à la chaleur du four est permise, et que le pain cuit sur les braises l’est aussi. Le Chakh et le Taz refusent l’un et l’autre pour l’idolâtrie, parce que ces clauses viennent des lois de l’orla, où la braise est permise :
« אבל לפע״ד אפילו בחומו של תנור או ע״ג גחלים אסר הרמב״ם הכא באליל ודוקא בערלה שאפר׳ וגחלתה וכן חומו מותר חילק כן משא״כ באליל » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק י)
« וכבר הוכחנו בתחילת הסימן דאינו כן אלא איסור גמור יש בגחלת של עבודת כוכבים ואפילו דיעבד ואפי׳ עוממות משום לא ידבק בידך וגו׳ » (ט״ז יו״ד קמ״ב ס״ק ח)
Le Baer Hetev conclut avec eux :
« ומסקנתו דלא כהמחבר אלא דגחלת של עבודת כוכבים אפי׳ בדיעבד אסורה וכ״פ הט״ז דאפי׳ בתנור ישן וגרף ממנו את כל האש ובישל או אפה בחומו של תנור אסור אף בדיעבד » (באר היטב יו״ד קמ״ב ס״ק י)
Psak pratique. Un four chauffé par un bois interdit se refroidit d’abord et se rechauffe ensuite au bois permis — et le Chakh ajoute que le bois permis doit être mis avant le pain, non après :
« ומ״מ בחדש דמותר כשיסיק אותו אח״כ היינו דוקא כשנותן עצים בתחלה וסתמא דמלתא מסיקין אותו תחלה ואח״כ נותנים שם הפת אבל אסור ליתן שם לכתחלה הפת ואח״כ יסיקוהו » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק י)
Ce qui a été cuit sans refroidir, la flambée en face, est interdit au profit. Ce qui a été cuit sur les braises ou à la seule chaleur résiduelle est permis selon la lettre du Mehaber ; le Chakh, le Taz et le Baer Hetev l’interdisent. Sur un cas réel, c’est là qu’il faut demander à un Rav.
Le Rama restreint la règle. Le chevah etsim ne rend interdit que ce qui est cuit près d’un interdit de profit ; près d’un interdit d’alimentation seulement, la cuisson est permise même avec la flambée en face. La condition de la flambée vient de la guemara :
« אָמַר רַב פָּפָּא: כְּשֶׁאֲבוּקָה כְּנֶגְדּוֹ » (פסחים כ״ז ע״א)

5. זה וזה גורם — champ, vache, légumes : lekhathila ou bediavad

« מותר ליטע תחת האשרה ירקות בין בימות החמה שהם צריכים לצל בין בימות הגשמים » (שו״ע יו״ד קמ״ב:י״א)
« לפיכך שדה שזבלה בזבל של אלילים מותר לזרוע אותה ופרה שפטמה בכרשיני אלילים תיאכל » (שו״ע יו״ד קמ״ב:י״א)
Psak. Le résultat d’une cause interdite et d’une cause permise agissant ensemble est permis. Mais Chakh et Taz s’accordent à ne le permettre d’emblée que pour les légumes sous l’achéra, où le profit vient de lui-même :
« ואף ע״ג דזה וז״ג אסור לכתחלה וכמ״ש בס״ק י׳ מכל מקום ירקות דהנאה דממילא אתי מותר אפילו לכתחלה. ר״ן » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק כ״ה)
Pour le champ et pour la vache, c’est a posteriori seulement — on ne fume pas volontairement un champ ainsi :
« דוקא זבלה וכן פרה שפטמה אבל לכתחלה אסור טור וכן הוא לקמן סימן רצ״ד סעיף י״ד » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק כ״ו)
« משמע דוקא בדיעבד אבל כתחלה לא וכן בשדה שנזדבלה כו׳. ט״ז וש״ך » (באר היטב יו״ד קמ״ב ס״ק כ״ג)
Et le Taz renvoie à la réserve du Rama pour une bête nourrie ainsi toute sa vie :
« עיין מה שכתב רמ״א בסי״ס לחלק אם נתפטמה כל ימיה באיסור דאסור » (ט״ז יו״ד קמ״ב ס״ק י״ז)
Là où la double cause ne s’applique pas. Le seif 7 en donne le cas type : les deux bois ont servi, mais l’un après l’autre. Le Mehaber le dit dans le seif même :
« אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר ״זֶה וָזֶה גּוֹרֵם מוּתָּר״, קְדֵירָה — אֲסוּרָה, דְּהָא קַבְּלָה בִּישּׁוּלָא מִקַּמֵּי דְּנִיתֵּן עֵצִים דְּהֶיתֵּירָא » (פסחים כ״ז ע״א)
Et selon le Taz, elle ne s’applique pas non plus quand la cause interdite était indispensable — c’est sa lecture des seifim 3, 4 et 5 :
« דכל מה שיש הכרח אל האיסור וא״א זולתו או אע״פ שיש ג״כ גורם דהיתר אסור בעבודת כוכבים מ״ה בתנור חדש שנגמר בעצי איסור ובפת שנאפה בעצי איסור בתנור ישן שא״א לפת להיות נאפה בלא עצים וכן בגד א״א להיעשות בלא כרכור על כן אסורים משא״כ בגינתא דאזדבל בזבל דעבודת כוכבים דהזבל משביח הקרקע » (ט״ז יו״ד קמ״ב ס״ק ד)
Le Chakh, dans les Nekoudot HaKessef, répond que ces cas ne sont pas des doubles causes :
« האריך בדברים שאין בהן ממש דהדבר פשוט דכרכר דמתני׳ היינו בחד גורם » (נקודות הכסף יו״ד קמ״ב)

6. פדיון ומכירה — ce qu’on fait quand c’est déjà fait

« נתערב בבגדים אחרים יוליך דמי אותו הבגד לים המלח ושאר כל הבגדים מותרים » (שו״ע יו״ד קמ״ב:ג)
Psak. Le rachat ne fonctionne qu’après un mélange réel. Sans mélange, il ne sert de rien :
« משמע שכל שלא נתערב לא מהני הולכת הנאה ליה״מ וכן גבי פת בסעיף ד׳ » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק ח)
Et pour le vêtement tissé à la navette, racheter la valeur de la navette ne suffit jamais : c’est tout le vêtement :
« כלומר כל הבגד דאפי׳ כשנתערב לא מהני הולכת הנאת הכרכר ליה״מ » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק ט)
L’autre voie, quand le rachat est impossible. Le Chakh permet de vendre à un non-Juif en déduisant du prix la valeur de l’interdit, à condition que l’objet soit ensuite hors d’atteinte :
« דיכול למכור הבגד והפת לעובד כוכבים חוץ מדמי איסור שבו כשהעובד כוכבים יחתוך הבגד והפת לפני הישראל בענין שא״א שימכרנו שוב לישראל אחר » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק ח)
« כל זמן שלא נתערב ויש כאן איסור אליל בבגד או בפת אין פדיון לאליל אבל כשמוכרו לעובד כוכבים חוץ מדמי איסור שבו דאין לו שום הנאה בעולם מאליל והאיסור עצמו אינו בידו מותר » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק ח)
Ce que le rachat rend permis. Le Tour rapporte la ma’hloket : le Razah ne permet que le profit, Rabbénou Yona et le Roch permettent aussi l’aliment :
« כתב הרז״ה שאין להתיר באכילה ע״י הולכת הנאה לים המלח אלא בהנאה לבד וה״ר יונה כתב דאפי׳ באכילה נמי שרי ולזה הסכים א״א הרא״ש ז״ל » (טור יו״ד קמ״ב)
Le Chakh écrit que les autres pains sont permis même à la consommation :
« ומ״ש ושאר כל הככרות מותרים משמע אפילו באכילה » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק י)

7. סכין, צל, מעבר ואילנות — le couteau, l’ombre, le passage, les arbres

« סכין של אלילים ששחט בה הרי זה מותר מפני שהוא מקלקל » (שו״ע יו״ד קמ״ב:ב)
Le couteau. L’abattage est permis, mais le Chakh rappelle qu’un second interdit demeure — celui du goût absorbé — et qu’il reste interdit d’abattre ainsi lekhathila tant que la lame n’a pas été traitée :
« מיירי שהוא ישן ולא לבנו מאיסור שבו והלכך אע״פ שמטעם משמשי אליל מותר לשחוט בו אפילו לכתחלה כיון שהוא מקלקל אפ״ה מטעם געולי עובדי כוכבים אסור לשחוט בו לכתחלה » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק ג)
La bête mourante est interdite en entier, et le rachat n’y remédie pas :
« מלשון זה משמע שכל הבהמ׳ אסור׳ ולא מהני הולכת הנאת שכר סכין לשחוט בה לים המלח » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק ו)
La viande découpée, elle, exige le rachat :
« אבל עכ״פ הולכת הנאה לים המלח בעי גם בבשר » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק ו)
« אסור לישב בצלה » (שו״ע יו״ד קמ״ב:ט)
« ואם יש לו דרך אחרת קצרה כמוה אסור לעבור תחתיה ואם לאו עובר תחתיה כשהוא רץ » (שו״ע יו״ד קמ״ב:ט)
L’ombre et le passage. Il est interdit de s’asseoir à l’ombre, et le Taz étend l’interdit à l’ombre de l’ombre, contre la lettre du Rambam :
« זהו ל׳ רמב״ם ובגמ׳ אמרינן דאפילו בצל צלה אסור ופרש״י כל זמן שלא עברה מדת אורך הצל מדת גובה האילן הצל עב וחשוך ונקרא צלו ומכאן ואילך הצל דק וקלוש והוא צל צלו וכ״פ בטור ותמהו הר״ן והכ״מ בשם הרמב״ם על שלא אסר בצל צלה ולענין הלכה ודאי אסור שכן הוא תלמוד ערוך » (ט״ז יו״ד קמ״ב ס״ק י״ג)
Le passage dessous n’est permis qu’en l’absence d’un autre chemin aussi court, et le Chakh précise que la course n’est alors pas requise :
« עיין בש״ס דמשמע דוקא בגוזלת מותר אם אין לו דרך אחרת וכן משמע בר׳ ירוחם ני״ז ח״ה וגם משמע בש״ס ור׳ ירוחם שם דהיכא דאין לו דרך אחרת אינו צריך לרוץ » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק כ)
mais que s’il existe un autre chemin, courir ne sauve rien :
« אפילו שלא במרוצה וכמ״ש בס״ק כ׳ והיינו דוקא בשאין לו דרך אחרת אבל ביש לו דרך אחרת אפילו היא גוזלת אסור אפילו לרוץ שם » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק כ״ג)
Ce que le Rama permet — passer dans l’ombre et non sous l’arbre — a sa raison chez le Taz :
« דאף ישיבה אין בהאיסור מדינא כיון דלא מכוין אלא שמא ישהה בישיבה ואתי לכווני על כן העבר׳ בעלמא מותר אבל תחתיה אסור מחמת טומאת אלילים » (ט״ז יו״ד קמ״ב ס״ק י״ד)
« אילני סרק (פירוש אילנות שאין עושין פירות) שרגילין ליטע בפני אלילים לא גרע מנוי אלילים ואסור » (שו״ע יו״ד קמ״ב:י״ג)
Les arbres. Un arbre stérile planté devant l’idole est interdit comme ornement, et le Chakh en donne le mécanisme : un ornement n’est interdit qu’une fois employé, et se tenir là est son emploi :
« פי׳ ומסתמא אמרינן דנעשו לשם נוי ואע״ג דנוי אלילים אינן אסורים עד שישתמשו וכדלעיל ר״ס קל״ט זהו שעומדים בפני אלילים הוי תשמישן » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק כ״ח)
L’étendue de l’interdit est celle de tout profit :
« פי׳ לישב בצלן וכן כל דבר הנאה שבעולם » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק כ״ט)
Et pour l’arbre dont on garde les fruits pour la boisson de la fête, le Chakh tire l’a fortiori :
« כלו׳ שהם אומרים שהפירות יהו לשם אלילים שלהם אסור מפני שעושים בהם שכר ושתי ליה ביום חגם וכל שכן אם כהניה יושבים תחתיו ואין מפירותיה כלום דאסור » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק כ״ז)

8. מרחץ, כלי שיר ומבט — le bain, la musique, le regard

« מרחץ שיש בה אלילים מותר לרחוץ בה מפני שהיא נעשית לשם נוי ולא לעבדה » (שו״ע יו״ד קמ״ב:י״ד)
« ואם היה דרך עבודתה בכך אסור » (שו״ע יו״ד קמ״ב:י״ד)
Psak. Le critère n’est pas la présence de la figure mais la manière dont on la traite. La guemara le dit en propres termes :
« זוֹ עוֹמֶדֶת עַל פִּי הַבִּיב וְכׇל הָעָם מַשְׁתִּינִין לְפָנֶיהָ, לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא ״אֱלֹהֵיהֶם״ — אֶת שֶׁנּוֹהֵג בּוֹ מִשּׁוּם אֱלוֹהַּ — אָסוּר, אֶת שֶׁאֵינוֹ נוֹהֵג בּוֹ מִשּׁוּם אֱלוֹהַּ — מוּתָּר » (עבודה זרה מ״ד ע״ב)
Et la réserve finale du seif reprend la distinction de Rabban Gamliel :
« וַאֲנִי אוֹמֵר: אֵינָהּ גְּנוּבָה, זוֹ עֲבוֹדָתָהּ בְּכָךְ, וְזוֹ אֵין עֲבוֹדָתָהּ בְּכָךְ » (עבודה זרה מ״ד ע״ב)
« אסור לשמוע כלי שיר של אלילים או להסתכל בנוי אלילים כיון שנהנה בראייה » (שו״ע יו״ד קמ״ב:ט״ו)
Psak. Écouter et contempler sont interdits ; le Chakh y ajoute l’odorat :
« וכן להריח בריח של אלילים וכדמוכח בפ׳ כל שעה (פסחים דף כ״ה ע״ב) » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק ל״ב)
Mais il restreint l’objet de l’interdit à l’idole effectivement adorée :
« פי׳ באלילים עצמן שנעבדו אסור להסתכל בהן לראות נויין אבל צורות שנעשו לנוי ולא לעבוד מבואר בתו׳ והרא״ש דמותר » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק ל״ג)
Et la permission du Rama — ce qu’on ne vise pas — a deux bords précis, que le Chakh trace :
« ומבואר שם בש״ס ופוסקים דאפי׳ אפשר לו לילך למקום אחר מותר כשאינו מתכוין ומבואר בתוס׳ והרא״ש ורי״ו שם דמיירי בענין שיכול לאטום אזניו ולעצום עיניו ולסתום נחיריו שלא יהנה מן הקול והמראה והריח ומותר כשאינו מתכוין להנאתם דלא הוי פסיק רישיה הא לאו הכי אסור אבל כשמתכוין מבואר שם בש״ס ופוסקים דאפילו א״א לו לילך למקום אחר אסור » (ש״ך יו״ד קמ״ב ס״ק ל״ד)

9. מקרים בני זמננו — cas contemporains

Ces cas sont donnés pour l’étude, avec la règle du siman qui les gouverne. Lema’asse, on demande à un Rav.

CasLe seifCe que le siman en dit
Se chauffer ou s’éclairer à la flamme d’un cierge de culte déjà alluméאPermis en principe, mais le Taz ne permet la flamme que détachée de sa braise — ce qui est rarement le cas d’une bougie qu’on regarde brûler.
Reprendre la cire fondue ou les cendres d’un tel ciergeאInterdit : la cendre est l’exception de la michna de Temoura, et le Taz l’interdit même a posteriori.
Employer un objet de culte pour démolir ou détruireבPermis : מקלקל. L’employer pour réparer ou valoriser tombe sous מתקן.
Objet fabriqué au moyen d’un outil de culteגInterdit au profit si l’outil était indispensable ; s’il s’est mêlé à d’autres, le rachat s’applique.
Aliment cuit avec un combustible provenant d’un lieu de culteד, וRefroidir puis rechauffer au combustible permis. La lettre du Mehaber permet la chaleur résiduelle ; le Chakh, le Taz et le Baer Hetev l’interdisent dans l’idolâtrie.
Objet interdit mêlé à des objets permis, non identifiableג, דRachat par la valeur portée à la mer Morte ; à défaut de mélange, la vente au non-Juif hors la valeur de l’interdit (Chakh ס״ק ח).
Récolte d’un champ traité avec un engrais de telle provenanceי״אPermise a posteriori ; on ne le fait pas d’emblée (Chakh ס״ק כ״ו, Taz ס״ק ט״ז).
Bête nourrie d’un fourrage de telle provenanceי״אMême règle ; réserve du Rama pour une bête nourrie ainsi toute sa vie (Taz ס״ק י״ז).
Passer sous un arbre planté devant un édifice de culteט, י״גInterdit s’il existe un autre chemin aussi court ; sinon permis, et le Chakh ס״ק כ dit que la course n’est pas requise.
Traverser le parvis d’un édifice de culte pour raccourcirיInterdit dedans et face à l’entrée dans quatre coudées ; permis derrière ; le passage n’est permis que si la voie précédait — et un avis interdit dans tous les cas.
Entrer dans un bâtiment public où se dresse une statue de culteי״דPermis quand la statue est là pour l’ornement ; interdit si on l’y traite en divinité.
Musique liturgique d’un autre culte entendue dans un lieu publicט״וÉcouter est interdit ; entendre sans le vouloir, en pouvant s’en détourner et sans en jouir, relève de la permission du Rama et du Chakh ס״ק ל״ד.
Regarder une œuvre figurant une idole, dans un muséeט״וLe Chakh ס״ק ל״ג distingue l’idole effectivement adorée, qu’il est interdit de contempler pour sa beauté, des figures faites pour l’ornement.

10. סיכום מעשי — tableau, et lema’asse consulte ton Rav

Question poséeRéponse du simanQui la donne
Reste-t-il de la matière ?Oui : interdit. Non : permisMehaber, seif 1 ; Rambam AZ 7:10
La braise est-elle interdite a posteriori ?OuiTaz ס״ק ב, Chakh ס״ק י, Baer Hetev ס״ק ב
La flamme est-elle toujours permise ?Seulement détachée de sa braiseTaz ס״ק ג
L’acte abîme-t-il ?Alors il n’y a pas de profitMehaber, seif 2 ; Houlin 8a
La bête mourante ?Interdite en entier, sans rachatChakh ס״ק ו, avec le Rambam
Chaleur résiduelle et braises ?Permises selon la lettre ; interdites en pratiqueChakh ס״ק י, Taz ס״ק ה et ח, Baer Hetev ס״ק י
Double cause ?Permise a posteriori ; d’emblée pour les seuls légumesChakh ס״ק כ״ה et כ״ו, Taz ס״ק ט״ז
Rachat ?Seulement après mélange ; sinon, vente hors valeurChakh ס״ק ח et ט
Passer sous l’achéra ?Seulement sans autre chemin ; la course n’est pas requiseChakh ס״ק כ et כ״ג, Baer Hetev ס״ק י״ח
Bain public avec statue ?Permis si elle y est pour l’ornementMehaber, seif 14 ; Avoda Zara 44b
Musique et regard ?Interdits si l’on vise ; permis si l’on ne vise pas et ne jouit pasMehaber et Rama, seif 15 ; Chakh ס״ק ל״ג et ל״ד
Et lema’asse. Ce niveau donne la position des poskim sur le siman, non une autorisation. Trois questions y débordent régulièrement le texte et se posent à un Rav : le statut d’un lieu ou d’un objet dont on ignore l’usage réel ; ce qui compte comme mélange pour le rachat ; et ce qui compte comme « ne pas viser » lorsqu’on ne peut pas quitter les lieux. Sur ces trois points le siman donne le cadre et s’arrête là.
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קמ״ב · Niveau 4 — Halakha lema'asse · שהאלילים ותשמישיהם אסורים בהנאה
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⚠️ Ce contenu est destiné à l’étude. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה), consultez un Rav qualifié.

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