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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA'ASSE / PSAK

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 145 — La main de l’homme : ce qui fait l’idole, et ce qui ne la fait pas — Psika lema’asse
סימן קמ״ה · הלכה למעשה
איזו אלילים של עובדי כוכבים המותרים בהנאה
פסק המחבר · הכרעת נושאי הכלים · הסקת ההלכה למקרים בני זמננו
⚖️ פסק הלכה ולמעשה ⚖️
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Halakha lema'asse — la psika pratique

Du texte du Mehaber à l’arbitrage du Chakh, du Taz, du Baer Hetev,
du Pit’hei Techouva et des Nekoudot HaKessef, jusqu’aux cas d’aujourd’hui

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קמ״ה (ט׳ סעיפים)
עם נושאי הכלים: ש״ך, ט״ז, באר היטב, פתחי תשובה, נקודות הכסף, בית יוסף, טור, רמב״ם

⚠ Avertissement de niveau :
Ce niveau n’est pas “Daat HaRav” : le Choulhan Aroukh HaRav
(Admour HaZaken) ne couvre pas le Yoreh De'ah, donc pas le Siman 145.
C’est un niveau de psika pratique : ce que l’on fait, et à qui demander.

Rédaction et iyun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Comment lire ce niveau. Chaque affirmation est ancrée soit dans le texte du Choulhan Aroukh et de ses nossei kelim, soit dans un posek nommé et vérifiable (Tour, Beit Yossef, Rambam). Sur le Yoreh De'ah il n’y a ni Mishna Beroura — elle ne commente que l’Orach Chaim — ni Choulhan Aroukh HaRav : l’Admour HaZaken n’a pas écrit le Yoreh De'ah, et son nom ne paraîtra donc pas ici. Le Aroukh HaChoulhan n’est pas cité : son texte sur ce siman ne nous est pas accessible, et l’on ne cite pas ce que l’on ne peut pas vérifier. Restent, et ils suffisent : le Chakh (24 ס״ק), le Taz (8 ס״ק), le Baer Hetev (19 ס״ק), le Pit’hei Techouva (3 ס״ק) et les Nekoudot HaKessef — une seule entrée, qui répond au Taz sur les eaux publiques. Là où la question déborde le siman, ce niveau le dit et s’arrête : la halakha lema'asse passe par ton Rav.

📑 Table des matières

  1. שורש הפסק — la main, non le culte
  2. פסק המחבר — la carte des neuf seifim
  3. ההר, האבנים והמים — ce qui n’a pas de prise de la main
  4. ציפוי, משמשים ותקרובת — ce qui devient interdit autour de ce qui reste permis
  5. בית ואבן — faire, renouveler, ou seulement poser
  6. אילן ואשרה — l’arbre planté, l’arbre émondé, l’arbre qui abrite
  7. קרקע ובעלי חיים — quand la main a agi
  8. חליפין וחליפי חליפין — ce que l’on reçoit contre une idole
  9. מקרים בני זמננו — cas contemporains
  10. סיכום מעשי — tableau, sources, et lema’asse demande à ton Rav

1. שורש הפסק — la main, non le culte

La question pratique n’est jamais « cet objet a-t-il été adoré ? ». Elle est : la main de l’homme l’a-t-elle fait pour le culte, ou a-t-elle agi sur lui pour le culte ? Si la réponse est non aux deux, l’objet reste permis au profit, quel qu’ait été le culte rendu — et c’est la première ligne du siman. Si la réponse est oui, il faut encore savoir ce que la main a fait : tout, un ajout, ou un simple geste.
La règle du Mehaber vient mot pour mot du Rambam ; le Taz en donne le verset, et le Rambam en tire aussi l’exception du placage.
« כל שאין בו תפיסת יד אדם ולא עשהו אדם אע״פ שנעבד הרי זה מותר בהנאה לפיכך המשתחוה להר לא נאסר » (שו״ע יו״ד קמ״ה:א)
« כָּל שֶׁאֵין בּוֹ תְּפִיסַת יַד אָדָם וְלֹא עֲשָׂהוּ אָדָם אַף עַל פִּי שֶׁנֶּעֱבַד הֲרֵי זֶה מֻתָּר בַּהֲנָאָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה א׳)
« דכתיב אלהיהם על ההרים ולא ההרים אלהיהם » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק א)
« אין איסור אליל אלא בדבר שיש בו תפיסת יד אדם הלכך המשתחוה להר לא נאסר » (טור יו״ד קמ״ה)
« דָּבָר שֶׁאֵין בּוֹ תְּפִיסַת יַד אָדָם שֶׁנֶּעֱבַד כְּגוֹן הָרִים וּבְהֵמָה וְאִילָן אַף עַל פִּי שֶׁהַנֶּעֱבָד עַצְמוֹ מֻתָּר בַּהֲנָאָה צִפּוּיוֹ אָסוּר בַּהֲנָאָה וְהַנֶּהֱנֶה בְּכָל שֶׁהוּא מֵהֶן לוֹקֶה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה ז׳)

Ce que cela change pour toi. Devant un objet qui a servi à un culte, ne demande pas d’abord ce qu’on en a fait, mais ce qu’il est : l’œuvre d’une main, ou une chose du monde. Une roche, une source, un arbre venu seul, un animal ne deviennent pas des idoles parce qu’on s’est incliné devant eux. En revanche, tout ce que l’homme y a fixé, ajouté ou fait pour le culte suit un autre régime, et c’est là que le siman devient précis.

2. פסק המחבר — la carte des neuf seifim

Le siman 145 compte neuf seifim — c’est le compte annoncé par l’en-tête (ובו ט׳ סעיפים) et c’est le compte réel du texte. Le Rama y glose quatre fois — aux seifim 2, 3, 4 et 8 ; celle du seif 3 comporte deux membres.

SeifQuiPsak (ancré dans le texte)
1MehaberCe qui n’est ni fait ni saisi par la main reste permis même adoré : montagne, pierres détachées en place, rivières et sources, arbre non planté pour le culte. Mais ce que l’arbre adoré produit ensuite est interdit.
2MehaberLe placage de ce qui reste permis est interdit — par décret du verset, même si le placage lui-même n’a pas été adoré.
2RamaLes accessoires de la montagne sont comme son placage et interdits ; son offrande n’est pas interdite (au profit).
3MehaberMaison bâtie pour être adorée, ou maison adorée : interdite. Enduite ou gravée pour le culte : on enlève le renouveau, le reste est permis. Maison qui a seulement abrité l’idole : permise dès la sortie.
3RamaSi la maison avait été affectée à l’idole, il faut une sortie qui vaille annulation — et chez un Juif, l’annulation ne sert de rien (siman 139).
4MehaberPierre taillée pour être adorée : interdite en entier. Pierre déjà taillée puis gravée pour le culte : on enlève le renouveau.
4RamaLà où l’annulation opère, il suffit d’abîmer une partie de la gravure, sans rien enlever (Rabbénou Nissim).
5MehaberPierre qui porte l’idole : interdite tant qu’elle la porte, permise dès qu’on l’ôte.
6MehaberArbre planté pour être adoré : c’est l’achéra, interdite. Émondé ou greffé pour le culte : on coupe les pousses. Arbre qui abrite l’idole : permis dès qu’on l’ôte.
7MehaberLe sol du monde n’est pas interdit — sauf si l’on y a fait un acte, comme creuser puits, fosses et grottes pour le culte.
8MehaberLes animaux ne sont pas interdits par la prosternation ; un acte, fût-il d’un seul organe, les interdit. Et nul n’interdit ce qui n’est pas à lui — sauf le non-Juif ; le Juif, non.
8Mehaber (יש אומרים)Et même s’il a une part dans la bête, le Juif ne l’interdit pas.
8MehaberSauf s’il est apostat, ou s’il a été averti et a accepté l’avertissement : alors il interdit.
8RamaL’offrande faite à des animaux et leurs accessoires sont interdits.
9MehaberLes animaux échangés contre une idole sont interdits ; l’échange de l’échange est permis — et ויש אוסרים גם בזה.

3. ההר, האבנים והמים — ce qui n’a pas de prise de la main

« כל שאין בו תפיסת יד אדם ולא עשהו אדם אע״פ שנעבד הרי זה מותר בהנאה לפיכך המשתחוה להר לא נאסר » (שו״ע יו״ד קמ״ה:א)
« ואפילו אבני הר שנדלדלו ועדיין הם במקומם ועבדם שם אינן נאסרים » (שו״ע יו״ד קמ״ה:א)
« וכן הנהרות והמעינות של רבים ואילנות שלא נטען לשם אלילים אינם נאסרים » (שו״ע יו״ד קמ״ה:א)

Les pierres détachées : le Mehaber permet, quatre Richonim interdisent

La guemara laisse la question entre deux amoraïm sans dire lequel permet. Le Rambam, le Tour et le Mehaber permettent ; le Ran, le Ramah, Rabbénou Yerou’ham et le Raavad interdisent, parce qu’un doute sur un interdit de la Torah se tranche par la rigueur.

« אַבְנֵי הַר שֶׁנִּדַּלְדְּלוּ וַעֲבָדָן בִּמְקוֹמָם מֻתָּרוֹת שֶׁהֲרֵי אֵין בָּהֶן תְּפִיסַת יַד אָדָם » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה ב׳)
« פלוגתא דאמוראי אי דינייהו כהר מפני שלא היתה בהם תפיסת יד אדם (או לאו) כיון דתלושות נינהו ופסק הרמב״ם ז״ל בפ׳ ח׳ כמאן דשרי ותמה עליו הר״ן משום דכיון דלא איתמר בגמרא הלכתא כחד מינייהו אית לן למינקט לחומרא בשל תורה וכן פירש הרמ״ה ז״ל » (בית יוסף יו״ד קמ״ה)
« זהו דעת הרמב״ם (והטור) והר״ן תמה עליו כיון דאיכא פלוגתא ה״ל ספיקא דאורייתא ולחומרא וכ׳ שכן פסק הרמ״ה ומביאו ב״י » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק א)
« ועוד שגם רבינו ירוחם ני״ז ח״ד כתב ופשוט המשתחוים לאבני הר שנדלדלו אסורים שאין דינן כהר ע״כ וכ״פ הראב״ד בהשגות » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק א)
La décision du Chakh Le Bavli ignore lequel des deux permet ; le Yerouchalmi le dit expressément, et Rabbi Yo’hanan — qui y figure comme celui qui interdit — en est l’auteur : il n’a pas pu se tromper sur sa propre position. Le doute tombe, et la halakha suit ‘Hizkiya qui permet. Le Chakh écarte au passage les réponses du Ba’h et du Kessef Michné.
« אבל לפעד״נ דעת הרמב״ם ברור דבש״ס (ד׳ מ״ו ע״א) מספקא אי בני ר׳ חייא דהיינו חזקי׳ שרי ור״י אסר » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק א)
« וא״כ לא שבקינן מאי דפשיטא לירושל׳ משום מאי דמספקא לש״ס דידן ועוד דהרי ר׳ יוחנן גופיה חיבר הירושלמי וא״כ ע״כ ר״י עצמו אומר שהוא אוסר וא״כ הדבר ברור דקי״ל כחזקיה דשרי » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק א)
Que veut dire « détachées » ? Le Kessef Michné : pas entièrement arrachées, puisque nulle main ne les a soulevées. Le Taz : entièrement arrachées, pourvu que ce ne soit pas par une main d’homme — comme l’eau qu’une vague détache. Le Baer Hetev retient le Taz.
« פי׳ ולא נעקרו לגמרי שהרי לא הגביהן אדם כ״כ הכסף משנה ולענ״ד נראה שנעקרו לגמרי אלא שלא נעשה ע״י אדם דהא בפ׳ ר״י דנ״ט מדמה לזה מים שנתלשו ממקורן ע״י גל » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק ב)
« והט״ז כתב דאפילו נעקרו לגמרי אלא שלא נעשה על ידי אדם גם כן אינן נאסרים » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק א)

L’eau : ce que « publiques » veut dire

Le Mehaber écrit « les rivières et les sources publiques ». Le Chakh, avec le Levouch, enseigne que le mot ne restreint rien pour l’usage profane : la raison est que l’eau est attachée au sol, et une source privée l’est autant. La distinction entre l’eau du public et celle d’un particulier ne joue que pour les libations de l’autel. Mais une eau détachée est interdite, fût-elle publique.
« כתב העט״ז דל״ד אלא אשגרת לישנא דש״ס (דף מ״ו ע״א) נקיט וה״ה נהר ומעיין של יחיד כיון דטעמא הוא דמחובר אינו נאסר אלא דלענין נסכים יש חילוק בין רבים ליחיד ודבריו נכונים ע״פ הש״ס שם » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ב)
« מיהו מ״ש העט״ז דבתלושים יש חילוק בין רבים לשל יחיד אינו נ״ל דבש״ס מוכח דתלושין אפילו של רבים נאסרים מטעמא דלמא קא סגיד » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ב)
« ואפשר לזה כתבו הרמב״ם והטור מעיינות של רבים להורות דאפי׳ של רבים לא שרי להדיוט אלא מעיינות דמחוברים » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ב)
La question du Taz Le chapitre רבי ישמעאל demande pourquoi l’eau d’un particulier serait interdite, puisqu’elle est attachée, et répond : il l’a puisée de sa main. Donc, attachée, l’eau d’un particulier n’est pas interdite non plus — et les poskim qui écrivent « publiques » sont difficiles. Le Taz répond que le mot vise les libations, où l’eau publique n’est pas interdite même pour l’autel.
« כ״כ גם הרמב״ם והטור וקשה דהא בפרק ר׳ ישמעאל (עבודה זרה דף נ״ט) פרכינן אמאי דאמר רבי יוחנן משום רבי שמעון בן יהוצדק מים של רבים אין נאסרין הא דיחיד נאסרין ותיפוק ליה דהא מחוברין נינהו לא צריכא דטפחינהו עובד כוכבים בידיה » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק ג)
« משמע שם במסקנא דגם לגבוה אין נאסר מים של רבי׳ אבל של יחיד נאסרי׳ אע״פ שמחוברי׳ כיון שהוא לגבוה » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק ג)
« על כן כתבו הפוסקים דמעיינות של רבים אינן נאסרין כלל אפילו לגבוה » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק ג)
La réponse des Nekoudot HaKessef Ce n’est pas une difficulté : « publiques » n’est pas restrictif, ou bien enseigne que même publique, l’eau n’est permise que dans une source, attachée. Et ce que le Taz laissait entendre — qu’une eau publique détachée serait permise — n’est écrit par aucun posek : la halakha suit Reich Lakich, pour qui l’eau détachée est interdite même publique. Les Nekoudot HaKessef proposent enfin une seconde voie, qui rattache la règle au seif 8 : nul n’interdit ce qui n’est pas à lui.
« לא קשה מידי וכמ״ש העט״ז וכמ״ש בש״ך ס״ק ב׳ דלאו דוקא נקטו של רבים א״נ נקטו של רבים לאשמועינן דאפילו של רבים לא שרי אלא במעיינות » (נקודות הכסף יו״ד קמ״ה)
« ומה שנראה מדבריו דקי״ל בשל רבים אפילו בתלושים שרי ליתא דא״כ תימה גדולה למה השמיטו דין זה הרי״ף והרא״ש ושאר כל הפוסקי׳ » (נקודות הכסף יו״ד קמ״ה)
« אלא ודאי סבירא ליה דקי״ל כריש לקיש דפליג התם בפרק רבי ישמעאל עליה דרבי יוחנן וס״ל מים של רבים נאסרים בתלושים » (נקודות הכסף יו״ד קמ״ה)
« ועוד נ״ל לומר דס״ל להפוסקי׳ דטעמ׳ דרשב״י דמים של רבי׳ אינן נאסרים הוא משום דאין אדם אוסר דבר שאינו שלו אבל בשל יחיד נאסרים כשהיחיד עובדן » (נקודות הכסף יו״ד קמ״ה)
« וה״ה של נהר ומעיין של יחיד כיון דהטעם הוא דמחובר אינו נאסר אלא לענין נסכים יש חילוק בין יחיד לרבים ש״ך וט״ז » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ב)
« וכ׳ בנה״כ מה שנראה מדברי הט״ז דבשל רבים אפי׳ בתלושים שרי ליתא אלא דאפילו בשל רבים לא שרי אלא מטעם דמחובר ע״ש שמאריך בזה » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ב)
« עבה״ט ועי׳ בשאילת יעב״ץ ח״א סימן כ״ב וכ״ג מ״ש בזה » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ה ס״ק א)

👈 Ce qui en résulte

(1) Une roche adorée, une source, une rivière : permises au profit, publiques ou privées, tant qu’elles restent attachées au sol. (2) De l’eau puisée puis adorée : interdite, même venue d’une eau publique — Chakh, Levouch, Nekoudot HaKessef. (3) Des pierres détachées mais restées en place : permises selon le Mehaber, le Rambam et le Chakh ; le Ran interdit, et sa rigueur mérite d’être connue de qui veut se conduire strictement.

Lema'asse. Ce que la nature a fait et que l’homme n’a pas touché ne devient pas interdit par le culte qu’on lui rend. La ligne pratique du siman est celle du Mehaber, tenue par le Chakh. Mais dès que la main prélève — une pierre soulevée, de l’eau puisée —, on quitte le seif 1 : le cas se pose à un Rav.

4. ציפוי, משמשים ותקרובת — ce qui devient interdit autour de ce qui reste permis

« דבר שאין בו תפיסת ידי אדם שנעבד אע״פ שהנעבד עצמו מותר בהנאה ציפויו אסור בהנאה » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ב)
« משמשי הר הוי כציפויו ואסור אבל תקרובת הר אינו נאסר » (רמ״א יו״ד קמ״ה:ב)
Trois choses se tiennent autour d’une montagne permise, et elles ne suivent pas le même régime. Le placage — l’or et l’argent qu’on y a fixés — est interdit par le verset, même s’il n’a pas été adoré. Les accessoires du culte sont, dit le Rama, comme le placage. L’offrande, elle, n’est pas interdite — parce que le verset qui interdit l’offrande a été dit de Peor, qui était détaché du sol.
« שנאמר לא תחמוד כסף וזהב אשר עליהם » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק ד)
« דָּבָר שֶׁאֵין בּוֹ תְּפִיסַת יַד אָדָם שֶׁנֶּעֱבַד כְּגוֹן הָרִים וּבְהֵמָה וְאִילָן אַף עַל פִּי שֶׁהַנֶּעֱבָד עַצְמוֹ מֻתָּר בַּהֲנָאָה צִפּוּיוֹ אָסוּר בַּהֲנָאָה וְהַנֶּהֱנֶה בְּכָל שֶׁהוּא מֵהֶן לוֹקֶה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה ז׳)
« כתב ר׳ ירוחם דציפויו אסור משום גזירת הכתוב אפילו לא עבד הציפוי וכלי ההרים אסורים » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ו)
« שנאמר לא תחמוד כסף וזהב עליהם ומשום גזירת הכתוב אסור אפילו לא עבד הציפוי כ״כ רבינו ירוחם » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ה)
« לפי שמשמשי אליל נפקא לן פ׳ ר׳ ישמעאל (עבודה זרה דף נ״ב) מפסוק אבד תאבדון את כל המקומות אשר עבדו שם הגוים את אלהיהם על ההרים » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק ה)
« אבל תקרובת דהר לא נאסר וכתבו התוספות שם הטעם דבפ׳ כל הבשר נפקא לן איסור תקרובת דכתיב ויאכלו מזבחי מתים וקרא כי כתיב בפעור כתי׳ ופעור היה תלוש » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק ה)
« Non interdite » — à quel titre ? Le Chakh, avec le Levouch, précise que l’offrande de la montagne n’est pas interdite au profit — mais qu’à la consommation elle l’est certainement. Et il ajoute qu’au siman 4, là où l’on a l’intention d’adorer, l’offrande est interdite même au profit ; il note que les termes de Rabbénou Yerou’ham et du Rama ne le laissent pas paraître ici.
« כתב העט״ז דהיינו בהנאה אבל באכילה ודאי אסור שאין שחיטה גרוע כזה מתירו באכילה עכ״ל והוא מדברי הר״ן מביאו ב״י ס״ס זה » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ז)
« וגם נתבאר שם ס״ק ח׳ במתכוין לעבדו תקרובתו אסור בהנאה ומדברי רבינו ירוחם והרב כאן לא נראה כן » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ז)
« כתב הלבוש פי׳ דמותר בהנאה אבל באכילה אסור כמ״ש לעיל סימן ד׳ ס״ה וגם נתבאר שם במתכוין לעבדו תקרובתו אסור בהנאה ומדברי הר״ב כאן לא נראה כן עכ״ל הש״ך » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ו)

Lema'asse. Une roche ou une source restée permise ne rend pas permis ce qu’on y a fixé. Le métal appliqué, les plaques, les objets attachés au lieu et qui servent au culte sont interdits au profit, et le Rambam écrit qu’on est passible pour la moindre quantité. Ce qui a été déposé en offrande devant une montagne n’est pas interdit au profit selon le Rama — mais reste interdit à la consommation selon le Chakh, et le Chakh renvoie au siman 4 pour le cas où l’intention d’adorer était là. Ne t’en remets pas à cette distinction sans un Rav.

5. בית ואבן — faire, renouveler, ou seulement poser

« בית שבנאו מתחילה שיהא הבית עצמו נעבד וכן המשתחוה לבית בנוי הרי זה אסור בהנאה » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ג)
« היה בנוי וסיידו וכיידו לשם אלילי׳ עד שנתחדש נוטל מה שחידש והחידוש אסור בהנאה מפני שעשהו לעבדו ושאר הבית מותר » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ג)
« הכניס אלילי׳ לתוך הבית כל זמן שהוא שם הבית אסור בהנאה הוציאה הותר הבית » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ג)
« ודוקא שלא הוקצה הבית לכך אבל הוקצה לכך אינו מותר אלא א״כ הוציאה משם דרך בטול דהיינו שלא להכניס עוד שם » (רמ״א יו״ד קמ״ה:ג)
« ובישראל לא מהני בטול כדלעיל סימן קל״ט » (רמ״א יו״ד קמ״ה:ג)
Pourquoi la maison, contrairement à l’arbre ? Parce que ses pierres et ses poutres étaient détachées avant d’être rattachées au sol, et que « détaché puis rattaché » compte comme détaché. Et pourquoi faut-il que la maison elle-même soit adorée ? Parce que si elle n’avait servi qu’à loger l’idole, elle serait un simple accessoire, et un accessoire n’est interdit qu’une fois utilisé.
« בַּיִת שֶׁבְּנָאוֹ הָעוֹבֵד כּוֹכָבִים מִתְּחִלָּה שֶׁיְּהֵא הַבַּיִת עַצְמוֹ נֶעֱבָד וְכֵן הַמִּשְׁתַּחֲוֶה לְבַיִת בָּנוּי הֲרֵי זֶה אָסוּר בַּהֲנָאָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה ד׳)
« בנאו אע״פ שלא השתחוה לו השתחוה לו אע״פ שלא בנאו » (בית יוסף יו״ד קמ״ה)
« וכתבו התוס׳ והר״ן דע״כ צריך לפרש כן שאילו לא היה הבית עצמו נעבד הוי משמשי אליל דלד״ה אינם אסורים עד שיעבדו אבל כיון שהבית עצמו נעבד אתי שפיר דאסר בבנאו אע״פ שלא השתחוה » (בית יוסף יו״ד קמ״ה)
« דאל״כ אלא להעמיד בו אליל הא קי״ל משמשי אליל אינם נאסרים עד שיעבדו אבל אם הוא עצמו נעבד שפי׳ נאסר דקיימא לן ר״ס קל״ט בעובד כוכבים נאסר מיד » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק ו)
« דאם לא כן ה״ל תשמישי עבודת כוכבים דאינו אסור עד שישתמש בו כדלעיל ר״ס קל״ט » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ט)

Qui a bâti — et la question de l’apostat

Le seif vise une maison bâtie par un non-Juif : bâtie par un Juif, elle n’est interdite qu’une fois adorée (siman 139). Mais si un non-Juif l’a bâtie pour le culte puis vendue à un Juif, elle devient l’idole d’un Juif et ne s’annule plus. Reste l’apostat : la Hagahat Dericha le tient pour un non-Juif, et les Nekoudot HaKessef — rapportées par le Baer Hetev au siman 139 — sont d’accord avec elle ; le Taz s’y oppose avec force. La ma’hloket reste ouverte.

« אבל בנאו ישראל אינו אסור עד שישתחוה לו כדלעיל ר״ס קל״ט דעבודת כוכבים של ישראל אינה אסורה עד שתעבד » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ח)
« ואם היתה של עובד כוכבים שבנאו לשם אליל ומכרה לישראל נאסר דה״ל אליל של ישראל ואין לו ביטול. ב״י וד״מ וב״ח ובהגהת דרישה כתב דישראל מומר דינו כעובד כוכבים » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ח)
« והב״ע בשבנאו עכו״ם לשם אליל ואח״כ מכרו לישראל דכיון דבעודו ביד עכו״ם נאסר משום אליל כשבא ליד ישראל ה״ל אליל דישראל דאינה בטלה » (בית יוסף יו״ד קמ״ה)
« וראיתי מאן דמוקי לה כאן בישראל מומר דהוי כעובד כוכבים בזה והבל יפצה פיהו דדינו כישראל בזה ולכל עונשי׳ שבתורה כמ״ש ר״ס קל״ט » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק ו)
« כתבו הט״ז וש״ך דהיינו שבנאו עובד כוכבים אבל בנאו ישראל אינו אסור עד שישתחוה לו ובהגהת דרישה כתב דישראל מומר דינו כעובד כוכבים והט״ז חולק עליו וכתב דדינו כישראל גמור בזה ולכל עונשים שבתורה כמ״ש ר״ס קל״ט » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ז)
« ובסימן הנ״ל כתבתי בשם נה״כ דמסכים עם הגהת דרישה ע״ש » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ז)
« עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים שֶׁל יִשְׂרָאֵל אֵינָהּ בְּטֵלָה לְעוֹלָם אֲפִלּוּ הָיָה לְעוֹבֵד כּוֹכָבִים בָּהּ שֻׁתָּפוּת אֵין בִּטּוּלוֹ מוֹעִיל כְּלוּם אֶלָּא אֲסוּרָה בַּהֲנָאָה לְעוֹלָם וּטְעוּנָה גְּנִיזָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה ט׳)

Ce qu’on enlève, et qui l’enlève

Le seif dit נוטל מה שחידש sans dire de qui il parle. Le Ran le prouve par l’annulation : si c’était un non-Juif, un rien suffirait — comme pour l’achéra dont on ôte un bâton. C’est donc du Juif qu’il s’agit, qui doit tout enlever parce que rien ne s’annule entre ses mains.
« אבל עובד כוכבים בכל דהו שיטול סגי והוי ביטול ודוקא עבודת כוכבים של עובד כוכבים אבל של ישראל אין לה ביטול ונוטל כל מה שחידש. רש״י והר״ן » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק י״א)
« פי׳ הישראל אבל עובד כוכבים אין צריך ליטול הכל אלא בכל דהו סגי. ב״י בשם הר״ן » (ט״ז יו״ד קמ״ה ס״ק ח)
« פי׳ שישראל נוטל מה שחידש אבל עובד כוכבים בכל דהו שיטול סגי והוי ביטול ודוקא עבודת כוכבים של עובד כוכבים אבל של ישראל אין לה ביטול ונוטל כל מה שחידש. רש״י והר״ן » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ח)
« ואין לו ביטול עולמית אם הוא של ישראל ואם הוא של עובד כוכבים עד שיבטלנו העובד כוכבים. טור » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק י״ב)
« כתב הש״ך והחידוש אין לו ביטול עולמית אם הוא של ישראל ואם הוא של עובד כוכבים עד שיבטלנו העובד כוכבים » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ט)
« סיידו וכיידו וחידש נוטל מה שחידש ופרש״י סיידו וכיידו לאליל שהיה בית בנוי לדירת אדם והוקצה לאליל וטחו בו סיד ועשו בו ציורים לאליל נוטל מה שחידש אם בא ישראל לבטלו נוטל מה שחידש ומותר הבית » (בית יוסף יו״ד קמ״ה)
« הָיָה בָּנוּי וְסִיְּדוֹ וְכִיְּרוֹ לְשֵׁם עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים עַד שֶׁנִּתְחַדֵּשׁ נוֹטֵל מַה שֶּׁחִדֵּשׁ וְהַחִדּוּשׁ אָסוּר בַּהֲנָאָה מִפְּנֵי שֶׁעֲשָׂאָהוּ לְעָבְדוֹ וּשְׁאָר הַבַּיִת מֻתָּר » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה ד׳)

La sortie de l’idole : pour un moment, ou à demeure

Si la maison n’avait pas été affectée à l’idole, la sortie suffit : même par un Juif, même s’il compte l’y remettre. Si elle l’avait été, le Rama exige une sortie qui vaille annulation — et le Beit Yossef, suivi du Chakh et du Baer Hetev, ajoute que c’est un non-Juif qui doit l’avoir sortie. Et si la maison est un accessoire d’idole appartenant à un Juif, aucune annulation n’opère jamais.
« אפילו דעתו להחזירה וכן אפילו הוציאה ישראל מותר כיון שלא הקצהו לאליל אלא לפי שעה. טור ור״ן בשם רש״י » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק י״ד)
« אפילו דעתו להחזירה וכן אפילו הוציא ישראל מותר כיון שלא הקצהו לעבודת כוכבים אלא לפי שעה. רש״י » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק י״א)
« כ׳ ב״י ודבר פשוט בעיני דהא דמהני בהוציאה שלא להכניסה היינו בהוציאה עובד כוכבים אבל הוציאה ישראל לא מהני לבטל מבית זה דין משמשי אליל ע״כ והביאו ד״מ וכ״כ העט״ז וכ״כ בטור ור״ן » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ט״ו)
« כתב ב״י ופשוט הוא דהיינו דוקא כשהוציאה עובד כוכבים אבל הוציאה ישראל לא מהני לבטל מבית זה דין משמשי עבודת כוכבים ע״כ » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק י״ב)
« כלומר אם הבית הוא משמשי אליל של ישראל לא מהני ביטול עולמית כדלעיל ר״ס קל״ט דאליל של ישראל ותשמישה אין להם ביטול » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ט״ז)

La pierre : taillée, gravée, ou seulement porteuse

« אבן שחצבה לעבדה אסורה בהנאה » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ד)
« היתה חצובה וציירה וכיידה שתיעבד אפי׳ צייר וכייד בגוף האבן נוטל מה שחידש והוא אסור בהנאה ושאר האבן מותר » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ד)
« ובעבודת כוכבים דמהני בטול אפילו לא נטל משם רק מה שצייר מותר אם עשאו דרך בטול » (רמ״א יו״ד קמ״ה:ד)
« אבן שהעמיד עליה אלילים של עובד כוכבים הרי זו אסורה כל זמן שהיא עליה סילקה האבן מותרת » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ה)
« אֶבֶן שֶׁהֶעֱמִיד עָלֶיהָ עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים הֲרֵי זוֹ אֲסוּרָה כָּל זְמַן שֶׁהִיא עָלֶיהָ. סֻלְּקָה הָאֶבֶן מֻתֶּרֶת » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה ה׳)
« כלו׳ רק מעט ממה שצייר בענין שפגמו דהוי ביטול » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק י״ז)
« פי׳ רק מעט ממה שצייר בענין שפגמו הוי ביטול. ש״ך » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק י״ג)
« פירש״י דוקא כשהעמיד עליה לפי שעה ולא הקצוהו לכך מותר בסילקה וכ״כ האחרונים » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק י״ח)
« פי׳ רש״י דוקא כשהעמיד עליה לפי שעה ולא הקצוהו לכך מותר בסילקה » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק י״ד)

👈 Ce qui en résulte

(1) Bâti ou taillé pour être adoré : interdit en entier, dès la fabrication, si l’auteur est non-Juif. (2) Simplement orné ou gravé pour le culte : seul l’ajout est interdit — le Juif l’enlève tout entier, le non-Juif annule en abîmant un peu. (3) Ayant seulement porté ou abrité l’idole : permis dès qu’elle s’en va, si l’affectation était passagère ; sinon, il faut une sortie faite par un non-Juif et sans esprit de retour.

« עיין באורים ותומים סימן צ״ה סעיף קטן ג׳ פלפול בזה » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ה ס״ק ב)

Lema'asse. Un bâtiment ou une pierre qui ont servi à un culte se traitent par trois questions et non par une : pour quoi ont-ils été faits, qu’y a-t-on ajouté, et à qui appartenaient-ils. Une maison bâtie pour être adorée par des non-Juifs et achetée telle quelle par un Juif ne s’annule plus (Chakh ס״ק ח). Le cas de l’apostat n’est pas tranché entre le Taz et la Dericha, et il ne se tranche pas ici : porte-le à ton Rav.

6. אילן ואשרה — l’arbre planté, l’arbre émondé, l’arbre qui abrite

« אילן שנטעו מתחילה שיהא נעבד אסו׳ בהנאה » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ו)
« היה אילן נטוע וגדעו ופסלו לשם אלילים אפי׳ הבריך והרכיב בגופו של אילן והוציא שריגים כורת את השריגים והם אסורים בהנאה ושאר האילן מותר » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ו)
« אילן שמעמידין תחתיו אלילים כל זמן שהיא תחתיו אסור בהנאה נטלה מתחתיו הרי זה מותר מפני שאין האילן עצמו הוא הנעבד » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ו)
« אִילָן שֶׁנְּטָעוֹ מִתְּחִלָּה שֶׁיִּהְיֶה נֶעֱבָד אָסוּר בַּהֲנָאָה וְזוֹ הִיא אֲשֵׁרָה הָאֲמוּרָה בַּתּוֹרָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה ג׳)
« אִילָן שֶׁמַּעֲמִידִין תַּחְתָּיו עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים כָּל זְמַן שֶׁהִיא תַּחְתָּיו אָסוּר בַּהֲנָאָה. נְטָלָהּ מִתַּחְתָּיו הֲרֵי זֶה מֻתָּר מִפְּנֵי שֶׁאֵין הָאִילָן עַצְמוֹ הוּא הַנֶּעֱבָד » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה ד׳)
Trois arbres, trois régimes. Planté pour être adoré : c’est l’achéra, interdite dès la plantation, même sans prosternation — et à condition qu’un non-Juif l’ait planté ; planté par un Juif, l’arbre n’est interdit qu’une fois adoré. Émondé ou greffé pour le culte : seules les pousses nouvelles sont interdites. Portant l’idole sous ses branches : permis dès qu’on l’ôte — et le Chakh, au nom du Ran, précise que le seif ne parle que d’un arbre planté exprès pour cela ; sinon il n’a même pas besoin d’être ôté, l’arbre étant attaché au sol.
« אבל נטען לשם אלילים אסורים וזהו אשרה האמורה בתורה ש״ס ופוסקים ובנטיעה לחוד לשם אליל נאסר אפילו לא השתחוה לו אח״כ ודוקא נטעו עובד כוכבים אבל נטעו ישראל אינו נאסר עד שיעבד כדלקמן » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ד)
« ומיירי בשנטעו מתחלה כדי להעמיד תחתיו הא לאו הכי מותר דמחובר הוא דלא חמיר טפי מאליל עצמה. ר״ן ומביאו ב״י וד״מ » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק י״ט)
« ומיירי שנטעו מתחלה כדי להעמיד תחתיו הא לא״ה מותר דמחובר הוא דלא חמיר טפי מעבודת כוכבים עצמו מהר״ן » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ט״ו)
« וכתב הר״ן ומיהו כי בעינן בטלו ה״מ היכא דנטעו מתחילה כדי להעמיד תחתיו אליל הא לאו הכי אפילו בשלא ביטל אליל האילן מותר דמחובר הוא דלא חמיר טפי מאליל עצמו דקי״ל בה כת״ק דר״י בר יהודה דס״ל דאילן. שנטעו ולבסוף עבדו מותר אבל מדברי רש״י נראה דאילן נמי כל שנטעו ייחור כתלוש דמי » (בית יוסף יו״ד קמ״ה)
Ce qui est interdit, et ce qui ne l’est pas D’un arbre adoré, le tronc reste permis ; ce qu’il a produit depuis le culte est interdit ; ce qui s’y trouvait déjà au moment du culte — fruits, feuilles, pousses — reste permis. Le Chakh l’écrit au nom du Beit Yossef, des A’haronim et du Rambam ; le Baer Hetev le reprend.
« ומכ״מ אע״פ שלא נאסר גוף האילן כשמשתחוה לו כל השריגים והעלים והפירות שיוציא כל זמן שהוא נעבד אסורים בהנאה » (שו״ע יו״ד קמ״ה:א)
« כלומר וכל מה שיש שם בשעה שעבדו הן פירות הן שריגים ועלים הכל מותר ואינו אסור אלא מה שיוצא אחר שנעבד. כ״כ ב״י והאחרונים וכן מבואר בדברי הרמב״ם » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק ה)
« אבל כל מה שיש שם בשעה שעבדו הן פירות הן שריגים ועלים הכל מותר ואינו אסור אלא מה שיוציא אחר שנעבד. כ״כ ב״י והאחרונים » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ד)
« וְכֵן הַמִּשְׁתַּחֲוֶה לְאִילָן אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נֶאֱסַר גּוּפוֹ כָּל הַשָּׂרִיגִים וְהֶעָלִים וְהַלּוּלָבִין וְהַפֵּרוֹת שֶׁיּוֹצִיא כָּל זְמַן שֶׁהוּא נֶעֱבָד הֲרֵי אֵלּוּ אֲסוּרִין בַּהֲנָאָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה ג׳)
« ואסיקנא דאפילו לרבנן דסברי דאילן שנטעו ולבסוף עבדו מותר ה״מ עקרו אבל תוספתו אסור » (בית יוסף יו״ד קמ״ה)

Lema'asse. Un arbre devant lequel on s’incline n’est pas une achéra ; l’achéra, c’est l’arbre planté pour cela. Devant un arbre honoré d’un culte, la question pratique est donc : depuis quand, et par qui a-t-il été planté. Et le fruit cueilli après le culte n’est pas le fruit cueilli avant. Ces distinctions se posent rarement seules : elles se posent avec un Rav.

7. קרקע ובעלי חיים — quand la main a agi

« אע״פ שקרקע עולם אינו נאסר אם עשה בו מעשה כגון שחפר בו בורות שיחין ומערות לאלילים נאסר » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ז)
« הַמִּשְׁתַּחֲוֶה לְקַרְקַע עוֹלָם לֹא אֲסָרָהּ. חָפַר בָּהּ בּוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת לְשֵׁם עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים אֲסָרָהּ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה א׳)

Le sol creusé : faut-il encore s’y prosterner ?

Le Tour écrit expressément והשתחוה לו אח״כ : le creusement seul ne suffit pas. Le Beit Yossef lit dans le Rambam le contraire — creusé pour le culte, le sol est interdit aussitôt. Le Chakh rapporte la divergence et renvoie à la Pericha et au Ba’h sans trancher ; le Baer Hetev la reprend. Le Mehaber, lui, écrit comme le Rambam : il ne mentionne pas la prosternation.

« אע״פ שקרקע עולם אינו נאסר עשה בו מעשה כגון שחפר בו בורות שיחין ומערות והשתחוה לו אח״כ נאסר » (טור יו״ד קמ״ה)
« ומפרש רבינו ובחפר בה ואחר כך השתחוה מיירי אבל אם לא השתחוה לא אע״פ שחפר לשם אליל » (בית יוסף יו״ד קמ״ה)
« כב״י דמדברי הרמב״ם משמע קצת דאע״פ שלא השתחוה להם נאסר מיד והטור כתב והשתחוה להם ועיין פרישה וב״ח » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק כ)
« כ׳ ב״י דמדברי הרמב״ם משמע קצת דאע״פ שלא השתחוה להם נאסר מיד והטור כתב והשתחוה להם » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק ט״ז)

L’animal : ce qui l’interdit, et qui peut l’interdire

« בעלי חיים אינן נאסרים שאפילו השתחוה לבהמה שלו לא נאסרה עשה בה מעשה ששחטה לאלילים אפי׳ סימן אחד נאסרה ואפילו אינה שלו » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ח)
« ודוקא עובד כוכבים אוסר דבר שאינו שלו אבל ישראל אינו אוסר של חבירו שודאי אינו מכוין אלא לצערו » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ח)
« ויש אומרים שאפילו אם יש לו חלק בה אינו אוסר ואם ישראל מומר הוא או שהתרו בו וקבל התראה הרי זה אוסר » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ח)
« תקרובת ב״ח ומשמשיהם נאסרים » (רמ״א יו״ד קמ״ה:ח)
« בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים שֶׁאֵין הַבְּהֵמָה נֶאֱסֶרֶת בְּשֶׁלֹּא עָשָׂה בָּהּ מַעֲשֶׂה לְשֵׁם עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים אֲבָל עָשָׂה בָּהּ מַעֲשֶׂה כָּל שֶׁהוּא אֲסָרָהּ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה א׳)
« אֲבָל אִם שָׁחַט בֶּהֱמַת חֲבֵרוֹ לַעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים אוֹ הֶחֱלִיפָהּ לֹא נֶאֶסְרָה שֶׁאֵין אָדָם אוֹסֵר דָּבָר שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה א׳)
Deux règles se croisent. Un acte, si petit soit-il, interdit : un seul organe, et même un demi-organe selon le Chakh, au nom de la guemara, de Rachi et des Tossefot. Mais nul n’interdit ce qui n’est pas à lui : la bête d’autrui ne devient pas interdite par la main d’un Juif — pas même par un égorgement complet, dit le Chakh avec Rachi, le Ran et le Roch, contre Rabbénou Tam. Trois exceptions : le non-Juif, l’apostat, et celui qui a reçu et accepté l’avertissement.
« כלומר אפילו מעשה כל דהו וה״ה חצי סימן כדאיתא בש״ס ורש״י ותוס׳ בחולין (דף מ׳) וכן הוא בתה״א ד׳ י׳ ע״ב » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק כ״א)
« כלומר אפילו מעשה כל דהו ואפי׳ חצי סימן. ש״ס ורש״י » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק י״ז)
« אפילו במעשה רבה דהיינו ששחט בה ב׳ סימנים. רש״י והר״ן והרא״ש וכ״נ דעת הט״ו » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק כ״ב)
« אפי׳ במעשה רבה דהיינו ששחט בה ב׳ סימנים. רש״י והר״ן » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק י״ח)
La réserve du Pit’hei Techouva Le Pit’hei Techouva signale que le Chakh et le Levouch, au siman 2, n’admettent pas qu’un seul organe suffise : selon eux, égorger pour l’idole n’interdit qu’à partir d’un peu d’œsophage ou de la majorité de la trachée. Les Nekoudot HaKessef les y ont réfutés et ont retenu la réponse du Ba’h — le siman 2 ne parle pas d’un hérétique attaché au culte (מין האדוק). Le Bekhor Chor propose une autre conciliation : le geste le plus petit n’interdit que si l’on a déclaré agir pour le culte ; pour une simple intention, il faut un égorgement complet.
« עבה״ט והוא מדברי הש״ך ועט״ז לעיל סי׳ ב׳ ס״ק י״ד שאין דעתו כן וסובר דשוחט לעבודת כוכבים לא מיתסר אלא בשוחט משהו מושט או רוב הקנה וכבר השיג בנה״כ שם עליו והסכים לתירוץ הב״ח דהא בסימן ב׳ לא איירי במין האדוק » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ה ס״ק ג)
« ועיין בספר בכור שור בחידושיו לחולין דף מ׳ שכתב דנראה לתרץ עוד דאע״ג דאפילו במעשה כ״ד לעבודת כוכבים אסרה בהנאה מכל מקום דוקא כשפירש שעושה לשם עבודת כוכבים אבל לענין סתם מחשבתו לעבודת כוכבים ל״א הכי כי אם בשחיטה גמורה » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ה ס״ק ג)

👈 Ce qui en résulte

(1) Un animal devant lequel on s’est prosterné reste permis, fût-ce celui de l’adorateur. (2) Égorgé pour l’idole par son propriétaire, ou par un non-Juif, il est interdit au profit — et le Rama ajoute que l’offrande faite à un animal et ses accessoires sont interdits. (3) Égorgé par un Juif qui n’en est pas propriétaire : non interdit — sauf s’il est apostat ou a accepté un avertissement. (4) Le sol creusé pour le culte est interdit selon le Mehaber, sans qu’on ait à s’y prosterner.

Lema'asse. De la viande abattue au cours d’une fête idolâtre : la question n’est pas seulement si l’animal a été « offert », mais qui a tenu le couteau, à qui la bête appartenait, et ce qui a été dit. Le Pit’hei Techouva montre que la mesure de l’acte n’est pas close entre le Chakh, le Ba’h et le Bekhor Chor. C’est un cas de Rav, et non de lecture.

8. חליפין וחליפי חליפין — ce que l’on reçoit contre une idole

« אף על פי שבעלי חיים אינם נאסרים אם החליף בעלי חיים באלילים נאסרו אבל חליפי חליפין כגון שהחליף בעלי חיים בחליפי אלילים מותרי׳ ויש אוסרים גם בזה » (שו״ע יו״ד קמ״ה:ט)
L’animal qui n’est pas interdit par la prosternation l’est par l’échange : donné contre une idole, il en prend la place. Le Chakh précise le cas — un Juif avait des idoles et les a troquées à des non-Juifs contre des bêtes — et renvoie aux simanim 132 et 144, où le même sujet est vu du côté du prix.
« שהיו לו והחליפם לעובדי כוכבים בבהמות רש״י וע״ל סי׳ קל״ב וקמ״ד » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק כ״ג)
« פי׳ שהיה לו עבודת כוכבים והחליפן לעובד כוכבים בבהמות. רש״י וע״ל סי׳ קל״ב וקמ״ד » (באר היטב יו״ד קמ״ה ס״ק י״ט)

L’échange de l’échange : le Tour permet, le Rambam et le Ran interdisent

Deux tannaïm se partagent, et deux versets. Le Beit Yossef donne au Tour deux raisons de permettre : l’interdit n’est que rabbinique et son doute va vers la clémence ; et parce que deux versets qui enseignent la même chose n’enseignent pas, ce qui est notre règle. Le Chakh ajoute que, selon cet avis, tous les échanges d’échanges d’une idole sont permis — l’animal n’est mentionné que par continuité avec le début du seif. Le Mehaber écrit d’abord la permission, puis ויש אוסרים גם בזה : il ne referme pas la porte.

« ודוקא חליפין אבל חליפי חליפין כגון שהחליף בעלי חיים בחליפי אליל מותרין והרמב״ם ז״ל אסר אפי׳ חליפי חליפין » (טור יו״ד קמ״ה)
« ופסק רבינו כמ״ד חליפי חליפין מותרין וטעמו משום דכיון דהאי איסורא אינו אלא מדרבנן ספיקו לקולא » (בית יוסף יו״ד קמ״ה)
« עֲשָׂאָהּ חֲלִיפִין לַעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים אֲסָרָהּ. וְכֵן חֲלִיפֵי חֲלִיפִין. מִפְּנֵי שֶׁנַּעֲשִׂים דְּמֵי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ח׳ הלכה א׳)
« משום רישא נקט ב״ח אבל אין הכי נמי דלסברא זו כל חליפי חליפים דעבודת כוכבים מותרין כדאיתא בש״ס ודרש לה מדכתיב כי חרם הוא הוא ולא חליפי חליפים » (ש״ך יו״ד קמ״ה ס״ק כ״ד)

Lema'asse. Ce que l’on reçoit directement contre une idole est interdit, sans discussion. Ce que l’on reçoit ensuite contre cela est l’objet d’une ma’hloket que le Mehaber laisse ouverte, en rapportant l’avis qui interdit après celui qui permet. On ne conclut donc pas d’ici à une permission de fait : le cas se pose à un Rav, avec les simanim 132 et 144 auxquels le Chakh renvoie.

9. מקרים בני זמננו — cas contemporains

👈 Cas 1 — Le rocher, la source et le sanctuaire de plein air

Un lieu de dévotion non juive autour d’un rocher ou d’une source. Le rocher et l’eau, tant qu’ils sont attachés au sol, restent permis au profit : c’est la première ligne du seif 1, et le Chakh précise que « publiques » n’y ajoute pas de condition. En revanche, les plaques et dorures fixées dessus sont interdites (seif 2), et les objets attachés au lieu qui servent au culte le sont aussi, le Rama les tenant pour un placage.

👈 Cas 2 — L’eau puisée à une source vénérée

De l’eau tirée d’une source où l’on rend un culte, mise en récipient, et adorée là. Détachée, elle n’est plus protégée par sa liaison au sol : elle est interdite même venue d’une eau publique — c’est la position du Chakh, du Levouch et des Nekoudot HaKessef, qui écartent expressément la lecture inverse qu’on pourrait tirer du Taz.

👈 Cas 3 — Un édifice de culte racheté

Un bâtiment élevé par des non-Juifs pour que le bâtiment lui-même soit l’objet du culte est interdit au profit dès sa construction ; vendu tel quel à un Juif sans annulation préalable, il devient l’idole d’un Juif et ne s’annule plus (Chakh ס״ק ח, Beit Yossef). Si en revanche il n’a servi qu’à abriter des statues, c’est un accessoire, et le régime est celui de la fin du seif 3 : tout dépend de l’affectation. La question de savoir dans quel cas on se trouve n’est pas une question de lecture.

👈 Cas 4 — Les décors ajoutés à un bâtiment ordinaire

Une maison d’habitation qu’on a enduite, peinte ou sculptée pour le culte. Seul l’ajout est interdit : נוטל מה שחידש, et le reste du bâtiment est permis. Un Juif doit enlever la totalité de ce qui a été ajouté, parce que rien ne s’annule entre ses mains ; un non-Juif annule en n’en abîmant qu’une partie (Chakh ס״ק י״א et ס״ק י״ז, Taz ס״ק ח, Baer Hetev ס״ק ח et ס״ק י״ג).

👈 Cas 5 — L’arbre du jardin où l’on a placé une statue

Une statue de culte a été dressée sous un arbre. Tant qu’elle y est, l’arbre est interdit ; ôtée, il redevient permis, car ce n’est pas l’arbre qu’on adore (seif 6). Et le Chakh, au nom du Ran, ajoute que le seif ne parle que d’un arbre planté exprès pour la porter ; s’il ne l’a pas été, il n’avait même pas besoin d’être délivré, étant attaché au sol.

👈 Cas 6 — Un animal abattu au cours d’une fête idolâtre

Un non-Juif qui égorge pour l’idole interdit la bête d’un geste minime — un organe, et même la moitié d’un, selon le Chakh —, et il interdit même une bête qui n’est pas à lui. Un Juif, non : ni par un acte mineur ni par un égorgement complet — sauf s’il est apostat, ou qu’il a été averti et a accepté l’avertissement. Le Pit’hei Techouva rapporte que la mesure de l’acte reste discutée.

👈 Cas 7 — Ce que l’on reçoit en échange

Un objet de culte cédé contre autre chose : ce qu’on reçoit est interdit, comme l’idole elle-même. Ce que l’on obtiendrait ensuite contre ce bien-là est l’échange de l’échange : permis selon le Tour, interdit selon le Rambam et le Ran, et le Mehaber ferme le siman sur ויש אוסרים גם בזה. Le Chakh renvoie aux simanim 132 et 144.

Le point que ce niveau ne tranchera pas. Ce siman commence après qu’une chose a été reconnue comme objet de culte, et il ne dit pas ce qui l’est. Savoir si une statue de musée, une image décorative, un édifice désaffecté relèvent de l’idolâtrie est la matière des simanim 139 et 141, et de ton Rav. Ce niveau dit ce que le siman 145 fait d’une chose adorée ; il ne dit pas ce qui est adoré.

10. סיכום מעשי — tableau, sources, et lema’asse demande à ton Rav

SituationVerdict pratiqueSource
Montagne, rocher, colline adorésPermis au profit — la main de l’homme n’y est pour rienשו״ע קמ״ה:א · ט״ז ס״ק א · רמב״ם ע״ז ח׳:א׳
Pierres détachées de la montagne, adorées sur placePermises (Mehaber, Rambam, Chakh) ; le Ran interdit par douteשו״ע קמ״ה:א · ש״ך ס״ק א · ט״ז ס״ק ב
Rivière ou source attachée au sol, adoréePermis, publique ou privée — le mot « publiques » ne restreint que les libationsשו״ע קמ״ה:א · ש״ך ס״ק ב · באר היטב ס״ק ב
Eau puisée puis adoréeInterdite, même venue d’une eau publiqueש״ך ס״ק ב · נקודות הכסף קמ״ה
Placage et accessoires d’une montagne permiseInterdits au profit, même non adorésשו״ע קמ״ה:ב · ט״ז ס״ק ד · ש״ך ס״ק ו · רמב״ם ע״ז ח׳:ז׳
Offrande déposée devant une montagneNon interdite au profit (Rama) ; interdite à la consommation (Chakh)רמ״א קמ״ה:ב · ש״ך ס״ק ז · באר היטב ס״ק ו
Maison bâtie par un non-Juif pour être adoréeInterdite dès la construction ; vendue à un Juif, plus d’annulationשו״ע קמ״ה:ג · ש״ך ס״ק ח · ט״ז ס״ק ו
Maison bâtie par un JuifInterdite seulement une fois adorée — l’apostat est en ma’hloketש״ך ס״ק ח · ט״ז ס״ק ו · באר היטב ס״ק ז
Enduit, gravure ou décor ajouté pour le culteL’ajout seul est interdit — le Juif enlève tout, le non-Juif abîme un peuשו״ע קמ״ה:ג-ד · ש״ך ס״ק י״א · ט״ז ס״ק ח
Maison ou pierre ayant seulement porté l’idolePermis dès qu’elle s’en va — sauf affectation, qui exige une sortie par un non-Juifשו״ע קמ״ה:ג,ה · רמ״א קמ״ה:ג · ש״ך ס״ק ט״ו · ס״ק י״ח
Arbre planté pour être adoréC’est l’achéra : interdit dès la plantation, s’il a été planté par un non-Juifשו״ע קמ״ה:ו · ש״ך ס״ק ד · רמב״ם ע״ז ח׳:ג׳
Arbre adoré, non planté pour celaLe tronc reste permis ; ce qu’il produit depuis le culte est interditשו״ע קמ״ה:א · ש״ך ס״ק ג · ס״ק ה
Sol creusé pour le culteInterdit — le Mehaber écrit comme le Rambam, sans exiger la prosternationשו״ע קמ״ה:ז · ש״ך ס״ק כ · טור קמ״ה
Animal devant lequel on s’est prosternéPermis, même celui de l’adorateurשו״ע קמ״ה:ח · רמב״ם ע״ז ח׳:א׳
Animal égorgé pour l’idole par son propriétaire ou par un non-JuifInterdit — même par un seul organe, et même s’il n’est pas à luiשו״ע קמ״ה:ח · ש״ך ס״ק כ״א · פתחי תשובה ס״ק ג
Animal d’autrui égorgé par un JuifNon interdit, même par un égorgement complet — sauf apostat ou avertiשו״ע קמ״ה:ח · ש״ך ס״ק כ״ב · באר היטב ס״ק י״ח
Bien reçu contre une idoleInterdit — l’échange prend la place de l’idoleשו״ע קמ״ה:ט · ש״ך ס״ק כ״ג
Bien reçu contre ce bien — l’échange de l’échangePermis selon le Tour et le Mehaber ; interdit selon le Rambam et le Ran — ma’hloket ouverteשו״ע קמ״ה:ט · ש״ך ס״ק כ״ד · בית יוסף קמ״ה

Sources vérifiables

La règle du psak, en une ligne. לא העבודה אוסרת אלא היד — ce n’est pas le culte qui interdit, c’est la main. Là où elle a fait, tout est interdit ; là où elle a ajouté, l’ajout seul ; là où elle a seulement agi, l’objet, et à condition qu’il soit à elle.

Et pour finir, la seule règle qui vaut lema'asse. Ce niveau expose la psika des sources ; il ne remplace pas une décision. Une chose, une main, un propriétaire et un moment forment un cas concret, et un cas concret se tranche avec un Rav — qui commencera par la question que ce siman suppose résolue : cet objet est-il une idole ?

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קמ״ה · Niveau 4 — Halakha lema'asse · איזו אלילים של עובדי כוכבים המותרים בהנאה
daattorah.com
⚠️ Ce contenu est destiné à l’étude. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה), consultez un Rav qualifié.

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