Quinze seifim. Le siman précédent demandait ce qui, tout en ayant été adoré, reste permis ; celui-ci demande comment l’interdit peut être levé. La réponse est le ביטול — et le siman en fixe l’auteur, le geste et le terme
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide
Le geste du seif ז — couper, écraser la face — n’annule pas parce qu’il abîme, mais parce qu’il ne peut vouloir dire qu’une chose. La preuve est dans son voisin immédiat : cracher humilie tout autant, et n’annule rien, parce que la guemara sait qu’on revient à un dieu qu’on a insulté.
« אָמַר חִזְקִיָּה, דְּאָמַר קְרָא: ״וְהָיָה כִי יִרְעַב וְהִתְקַצַּף וְקִלֵּל בְּמַלְכּוֹ וּבֵאלֹהָיו וּפָנָה לְמַעְלָה » (עבודה זרה נ״ג ע״א)
De là les trois exclusions de personnes du seif א et du seif ה : il faut quelqu’un qui ait cru, qui croie encore assez pour que son renoncement dise quelque chose, et qui ne soit pas un Juif — car un Juif n’a jamais conféré à l’objet un statut qu’il pourrait retirer.
| Seif | Ce qu’il dit |
|---|---|
| א | Le non-Juif annule ; le Juif jamais — ni celle du non-Juif, ni la sienne, qui n’a « jamais d’annulation ». Et l’associé non-Juif n’annule que sa part : la part du Juif reste interdite pour toujours. |
| ב | Passée en main juive et acquise, l’idole n’a plus d’annulation — décret rabbinique, de peur qu’on la confonde avec l’idole d’un Juif. Les accessoires et les ornements en gardent une. |
| ג | Ferraille achetée à un non-Juif où l’on trouve une idole : payé sans emporter, ou emporté sans payer — on rend. Les deux — on porte à la mer Morte. |
| ד | Le converti qui hérite avec son frère non-Juif peut dire « prends les idoles et je prends l’argent » — jusqu’à ce qu’elles entrent dans son domaine. |
| ה | Annule le non-Juif qui connaît la nature des idoles, même celle d’autrui, même sans adorer celle-là, même contraint. N’annulent pas : le mineur sans discernement, le dément, le guer tochav — et, dit le Rama, l’Ismaélite. |
| ו | Une feuille prise à l’achéra pour son propre usage annule l’arbre ; une taille faite pour l’embellir ne l’annule pas. Dans les deux cas les copeaux sont permis. |
| ז | Couper le bout de l’oreille, du nez, du doigt, ou écraser la face : annule, même sans rien retirer. Cracher, uriner, traîner, souiller : n’annule pas. Rama : la parole seule annule, mais pas sous la contrainte. |
| ח | Vendre ou mettre en gage n’annule pas, même à un orfèvre juif ; et certains permettent chez lui. Rama : les accessoires, vendus ou mis en gage, sont annulés. |
| ט | Éboulement qu’on ne déblaie pas, vol qu’on ne réclame pas : ce n’est pas une annulation. |
| י | Adorateurs partis en temps de paix : permise. Partis en temps de guerre : interdite — sauf s’ils pouvaient revenir et ne sont pas revenus. |
| יא | Brisée d’elle-même : les fragments restent interdits jusqu’à annulation, et ceux qu’on trouve sont interdits par doute. En pièces qu’un profane peut remonter : chacune doit être annulée ; sinon, un membre suffit pour tout. |
| יב | Autel entamé : encore interdit, jusqu’à ce que la majeure partie soit abattue par un non-Juif. Bimos entamé : permis. Le bimos est d’une pierre, l’autel de plusieurs. |
| יג | Annuler l’idole annule ses accessoires — même s’ils sont déjà chez un Juif, ajoute le Rama. Annuler les accessoires n’annule pas l’idole. |
| יד | Mitsva, pour qui trouve une idole, de la détruire : broyer et disperser au vent, ou jeter à la mer. Rama : de même ses accessoires et tout ce qui a été fait pour elle. |
| טו | Il faut extirper l’idole et lui donner un nom d’opprobre. |
Le verrou du seif ב n’est pas de la Tora : c’est un décret, et le Taz en tire toute sa lecture.
« ונ״ל דכיון שאין הטעם אלא משום גזירה לא גזרו אלא אם באה לידו אחר הזכייה דוקא » (ט״ז יו״ד קמ״ו ס״ק ג)
« והב״ח כתב דאפילו לא זכה בה כגון שמצאה לפני יאוש או גזלה אע״ג דמדינא עבודת כוכבים של עובד כוכבים היא ויש לה ביטול מ״מ מדרבנן אין לה ביטול » (ש״ך יו״ד קמ״ו ס״ק א)
Trois questions, dans cet ordre : qui a agi ? Quoi a-t-il fait ? Et était-il encore temps ?
« ר״ל דהכא מיירי שאומר שרוצה לבטל לקטוע אזנה או חוטמה וכה״ג אבל התם אינו מבטלו וגם סובר שהקונה לא יבטל ודלא כב״י » (ש״ך יו״ד קמ״ו ס״ק ח)
« כתב ב״י על זה ותמיהני מדין מכרה או משכנה בסמוך דמשמע אפילו מכרה ברצונו לא בטלה וכתב ד״מ שאני התם דלא ידעינן בודאי שבטלה » (ט״ז יו״ד קמ״ו ס״ק ז)
« אִי (בָּעֲיָא) [בְּעוֹ] לְמִיהְדָּר הֲדוּר, מִדְּלָא הֲדוּר בַּטּוֹלֵי בַּטְּלֻהָ » (עבודה זרה נ״ג ע״ב)
Six endroits où les Richonim, puis les A’haronim, se séparent. Le tableau donne la position de chacun, et le lieu où la question se tranche.
| Sur quoi | Permet | Interdit | Où cela se joue |
|---|---|---|---|
| זכייה — l’idole payée mais non reçue en main (seif ב) | Taz — le décret ne s’applique qu’après acquisition et réception | Ba’h — même sans acquisition : trouvée avant le renoncement du propriétaire, ou volée | Le Baer Hetev rapporte les deux, sans trancher |
| אמירה בעלמא — annuler par la parole (seif ז) | Mordekhi, Raavya, Rama — la parole d’un croyant vaut renoncement | Le Beit Yossef s’en étonne : vendre est plus fort, et n’annule pas | Darkhei Moché : la vente est équivoque ; Ba’h et Chakh : la vente est contrainte par l’argent |
| צורף ישראל — vendre à un orfèvre juif (seif ח) | Rambam, et le second avis du Mehaber | Tour, Rif, Roch, Ran — doute de Tora, donc rigueur | Le Mehaber écrit d’abord la rigueur, puis ויש מתירין |
| משכון בהרהון — le gage avec clause de forfait (seif ח) | Ran, Taz, Ba’h — c’est une vente à terme | Beit Yossef, Chakh — un gage reste un gage | Le Taz reproche au Mehaber de n’avoir pas dit de quel gage il parle |
| נשברה מאליה — le Rif et le Roch divergent-ils du Rambam ? (seif יא) | Chakh — ils ne divergent pas ; la distinction du Ran vaut pour tous | Ba’h — ils divergent, et ne distinguent qu’entre débris et débris de débris | Le Baer Hetev abrège : « ce n’est pas selon la halakha » |
| שם גנאי בחוץ לארץ — nommer par le mépris hors d’Israël (seif טו) | Taz — la limitation ne porte que sur « extirper » ; ici, erreur de copiste | Chakh et Nekoudot HaKessef — les deux devoirs sortent du même verset, מן המקום ההוא | Le Baer Hetev rapporte le Taz puis la réponse des Nekoudot HaKessef |
« ול״נ דאין כאן ט״ס אלא כיון דבש״ס פ׳ כל הצלמים קאמר דהא דצריך לשרש אחריה נפקא לן מואבדתם את שמם מן המקום ההוא » (נקודות הכסף יו״ד קמ״ו)
« בלא שחיקה אבל לשאר נהרות בעי שחיקה ב״י וד״מ ושאר אחרונים » (ש״ך יו״ד קמ״ו ס״ק י״ג)
| Seif | Ce qu’il dit |
|---|---|
| א | Le non-Juif annule ; le Juif jamais — ni celle du non-Juif, ni la sienne, qui n’a « jamais d’annulation ». Et l’associé non-Juif n’annule que sa part : la part du Juif reste interdite pour toujours. |
| ב | Passée en main juive et acquise, l’idole n’a plus d’annulation — décret rabbinique, de peur qu’on la confonde avec l’idole d’un Juif. Les accessoires et les ornements en gardent une. |
| ג | Ferraille achetée à un non-Juif où l’on trouve une idole : payé sans emporter, ou emporté sans payer — on rend. Les deux — on porte à la mer Morte. |
| ד | Le converti qui hérite avec son frère non-Juif peut dire « prends les idoles et je prends l’argent » — jusqu’à ce qu’elles entrent dans son domaine. |
| ה | Annule le non-Juif qui connaît la nature des idoles, même celle d’autrui, même sans adorer celle-là, même contraint. N’annulent pas : le mineur sans discernement, le dément, le guer tochav — et, dit le Rama, l’Ismaélite. |
| ו | Une feuille prise à l’achéra pour son propre usage annule l’arbre ; une taille faite pour l’embellir ne l’annule pas. Dans les deux cas les copeaux sont permis. |
| ז | Couper le bout de l’oreille, du nez, du doigt, ou écraser la face : annule, même sans rien retirer. Cracher, uriner, traîner, souiller : n’annule pas. Rama : la parole seule annule, mais pas sous la contrainte. |
| ח | Vendre ou mettre en gage n’annule pas, même à un orfèvre juif ; et certains permettent chez lui. Rama : les accessoires, vendus ou mis en gage, sont annulés. |
| ט | Éboulement qu’on ne déblaie pas, vol qu’on ne réclame pas : ce n’est pas une annulation. |
| י | Adorateurs partis en temps de paix : permise. Partis en temps de guerre : interdite — sauf s’ils pouvaient revenir et ne sont pas revenus. |
| יא | Brisée d’elle-même : les fragments restent interdits jusqu’à annulation, et ceux qu’on trouve sont interdits par doute. En pièces qu’un profane peut remonter : chacune doit être annulée ; sinon, un membre suffit pour tout. |
| יב | Autel entamé : encore interdit, jusqu’à ce que la majeure partie soit abattue par un non-Juif. Bimos entamé : permis. Le bimos est d’une pierre, l’autel de plusieurs. |
| יג | Annuler l’idole annule ses accessoires — même s’ils sont déjà chez un Juif, ajoute le Rama. Annuler les accessoires n’annule pas l’idole. |
| יד | Mitsva, pour qui trouve une idole, de la détruire : broyer et disperser au vent, ou jeter à la mer. Rama : de même ses accessoires et tout ce qui a été fait pour elle. |
| טו | Il faut extirper l’idole et lui donner un nom d’opprobre. |
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