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סימן קמ״חSiman 148

Yoreh De'ah · Issour ve-Heter

Siman 148 — Les lois des fêtes des idoles

Douze seifim — le Choulhan Aroukh l’annonce lui-même : ובו י״ב סעיפים. Trois jours avant la fête des idolâtres, on ne commerce pas avec eux. Ce que le siman craint n’est ni la fête ni le commerce : c’est la phrase que le non-Juif dira à son idole en tenant dans sa main ce qu’il tient de nous. Onze seifim mesurent la distance qu’il faut pour que cette phrase ne soit pas dite — ce qui se conserve, le prêt et l’encaissement, le cadeau, la fête d’un seul, le salut, la route de la fête — et le douzième constate qu’elle ne se dit plus (Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 148 — 12 seifim)

« שלשה ימים לפני חגם של עובדי כוכבים אסור ליקח מהם ולמכור להם דבר המתקיים » (שו״ע יו״ד קמ״ח:א)

Trois jours avant la fête des idolâtres, il est interdit d’acheter chez eux et de leur vendre une chose qui se conserve. Une phrase, et tout le siman : ce n’est pas le commerce qui est en cause, c’est ce qu’il en restera dans la main du non-Juif le jour de sa fête. Les onze seifim qui suivent ne font que mesurer cette distance.

Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 148:1

Les 4 niveaux d’étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Texte hébreu des douze seifim avec traduction française fluide. Les trois jours, ce qui se conserve, le prêt et l’encaissement, le cadeau et sa perte, le jour du dignitaire, la fête privée, ceux qui fêtent sans y croire, le salut et son redoublement, la route de la fête et la permission de nos jours — expliqués pas à pas, avec les sougyot, le Rambam, le Tour, le Beit Yossef, le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, le Pit’hei Techouva et les Nekoudot HaKessef.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul approfondi : la ḥakira entre הרווחה et לפני עור, restée sans réponse dans la guemara ; Rachi contre Rabbénou Tam contre le Raavad sur ce qu’est un משא ומתן ; le Chakh contre le Beit Yossef sur la raison du gage ; le Taz contre le Ba’h sur celui qui rend grâce à l’idole, et la réplique des Nekoudot HaKessef ; et la ma’hloket sur le cadeau qu’on ne peut pas perdre.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

Un tableau-maître des douze seifim clause par clause, les cinq questions-réflexes qui trient tout le siman, les ma’hlokot du Chakh et du Taz en regard, les règles d’or, la mnémonique et les pièges classiques.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'asse — Psak

La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב, le פתחי תשובה et les נקודות הכסף, puis les cas contemporains. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De'ah — niveau de psak, non “Daat HaRav”.

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Questions fréquentes — Siman 148

Pourquoi ne peut-on pas commercer trois jours avant leur fête ?

Parce que le non-Juif, se réjouissant de ce qu’il tient, ira en remercier son idole. Le Chakh le dit en six mots :

« משום דאזיל ומודה לפני אליל ביום חגו » (ש״ך יו״ד קמ״ח ס״ק א)
Et le Taz en fait la raison unique de tout le siman :
« כולהו משום דאזיל ומודה לעבודת כוכבים ביום אידו » (ט״ז יו״ד קמ״ח ס״ק א)
Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Pourquoi peut-on leur vendre des légumes et non un vêtement ?

Parce que le critère n’est pas la valeur mais la durée : ce qui sera encore là le jour de la fête. Le Chakh, au nom de Rachi :

« עד יום חגו דחזי ליה קמיה ביום חגו ואזיל ומודי » (ש״ך יו״ד קמ״ח ס״ק ב)
Le Taz explique pourquoi acheter chez eux est interdit malgré la peine que la vente leur cause :
« ואסור לקנות מהם אע״פ שהוא צער לו מחמת שאזיל מידו דבר המתקיים מ״מ הרי המעות בידו » (ט״ז יו״ד קמ״ח ס״ק ב)
Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Peut-on se faire rembourser une dette le jour de leur fête ?

Le seif 1 le permet pour un prêt oral, parce que ce qui allait se perdre n’enrichit personne. La beraïta :

« רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אוֹמֵר: מִלְוֶה בִּשְׁטָר אֵין נִפְרָעִין מֵהֶן, מִלְוֶה עַל פֶּה נִפְרָעִין מֵהֶן, מִפְּנֵי שֶׁהוּא כְּמַצִּיל מִיָּדָם » (עבודה זרה ו׳ ע״ב)
Le Chakh étend la permission à tout cas où leur main est forte :
« ולי נראה שטעמא מפני דהאידנא ידם תקיפה עלינו ובקל יכול העובד כוכבים להעליל ולכפור סך ההלואה » (ש״ך יו״ד קמ״ח ס״ק ג)
Mais le Pit’hei Techouva renverse la conclusion là où la justice fait exécuter :
« שכתב דבזמן שעושים משפט חרוץ לכוף לשלם אפילו כתב יד. נשתנה הדין וכל העומד לגבות כגבוי דמי » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ח ס״ק א)
Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Que fait-on d’un cadeau qu’on ne peut pas refuser ?

Le seif 5 ordonne de le recevoir par crainte d’hostilité, puis de le perdre devant lui comme par mégarde — c’est le conseil de Rech Lakich :

« אֲמַר לֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ: טוֹל וּזְרוֹק אוֹתוֹ לְבוֹר בְּפָנָיו. אָמַר: כׇּל שֶׁכֵּן דְּהָוְיָא לֵיהּ אֵיבָה! כִּלְאַחַר יָד הוּא דְּקָאָמֵינָא » (עבודה זרה ו׳ ע״ב)
Quand cela est impossible, le Chakh permet de le prendre sans en jouir :
« דהיכא דלא מציל אשתמוטי דלא להוי ליה איבה שקיל ליה » (ש״ך יו״ד קמ״ח ס״ק ה)
Le Taz va plus loin et permet même d’en jouir — mais le Baer Hetev le range du côté du tort :
« והט״ז פסק דאם א״א לאשתמוטי יקבל ממנו ומותר להנות ממנו ודבריו תמוהים וכן בנה״כ חולק עליו » (באר היטב יו״ד קמ״ח ס״ק ה)
Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Faut-il éviter de saluer un non-Juif ?

Non. La beraïta n’interdit que d’aller chez lui le jour de sa fête pour cela :

« לֹא יִכָּנֵס אָדָם לְבֵיתוֹ שֶׁל גּוֹי בְּיוֹם אֵידוֹ, וְיִתֵּן לוֹ ״שָׁלוֹם״. מְצָאוֹ בַּשּׁוּק – נוֹתֵן לוֹ בְּשָׂפָה רָפָה וּבְכוֹבֶד רֹאשׁ » (גיטין ס״ב ע״א)
Le Rambam range d’ailleurs la règle parmi les devoirs de paix, dont elle est la limite :
« וְשׁוֹאֲלִים בִּשְׁלוֹמָם וַאֲפִלּוּ בְּיוֹם חַגָּם מִפְּנֵי דַּרְכֵי שָׁלוֹם. וְאֵין כּוֹפְלִין לָהֶן שָׁלוֹם לְעוֹלָם » רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק י׳ הלכה ה׳
Le seif 10 ajoute qu’il est bon de saluer le premier, et la guemara le rapporte comme la pratique de Rav Hisda :
« רַב חִסְדָּא מַקְדֵּים וְיָהֵיב לְהוּ שְׁלָמָא. רַב כָּהֲנָא אֲמַר לְהוּ ״שְׁלָמָא לְמָר » (גיטין ס״ב ע״א)
Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Le seif 12 annule-t-il tout le siman ?

Non. Il constate un fait — que les non-Juifs de la diaspora suivent la coutume de leurs pères sans expertise idolâtre :

« גּוֹיִם שֶׁבְּחוּצָה לְאָרֶץ לָאו עוֹבְדֵי עֲבוֹדָה זָרָה הֵן, אֶלָּא מִנְהַג אֲבוֹתֵיהֶן בִּידֵיהֶן » (חולין י״ג ע״ב)
Mais le Chakh en marque aussitôt la borne, et elle est décisive :
« ומ״מ מה שנזכר בסעיף ט׳ אסור גם האידנא » (ש״ך יו״ד קמ״ח ס״ק י״ב)
Et le Rama, après avoir permis de se réjouir avec eux à cause de l’hostilité, referme par le בעל נפש : celui qui peut s’en dispenser sans hostilité s’en éloigne. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.