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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 154 — Deux situations symétriques, deux craintes qui ne le sont pas — étude et pilpoul
סימן קנ״ד
דיני מיילדת עובדת כוכבים וישראלית
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ ללומדים ותלמידי חכמים ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougya, sources, ḥakira de fond, ma’hlokot des Richonim et des A’haronim,
nafka minot pour la halakha et analyse des chitot

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קנ״ד (ב׳ סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (ד׳ ס״ק), ט״ז (ה׳ ס״ק), באר היטב (ד׳ ס״ק), פתחי תשובה (ב׳ ס״ק), נקודות הכסף, בית יוסף, טור

Fondement talmudique de la sougya :
עבודה זרה כ״ו ע״א (משנה, ברייתא, ומחלוקת רבי מאיר וחכמים; סוגיית האיבה, השבת וההנקה)

Rédaction et iyoun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. שני חששות — pourquoi les deux sens du siman ne se répondent pas
  2. אחרות עומדות על גבה — une condition, ou deux ? La ḥakira du Taz
  3. יוצאים ונכנסים — le Taz contre les Nekoudot HaKessef, et le silence du Beit Yossef
  4. מומחית — le צ״ע du Chakh, et la réponse du Pit’hei Techouva
  5. איבה — la géographie exacte d’un levier
  6. יסוד הסימן — מה שהמשנה נותנת ומה שמרן משמיט

1. שני חששות — pourquoi les deux sens du siman ne se répondent pas

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le siman a l’allure d’une symétrie : une non-Juive auprès d’une Juive, une Juive auprès d’une non-Juive. Mais la michna donne à chaque sens une raison distincte, et de là tout le reste diverge — les conditions dans un cas, l’inimitié dans l’autre.

La michna : une raison écrite, une raison tue Elle explique le second sens et laisse le premier sans motif — c’est la baraïta qui le fournira.
« בַּת יִשְׂרָאֵל לֹא תְּיַילֵּד אֶת הַנׇּכְרִית, מִפְּנֵי שֶׁמְּיַלֶּדֶת בֵּן לַעֲבוֹדָה זָרָה » (עבודה זרה כ״ו ע״א)
« אֲבָל נׇכְרִית מְיַלֶּדֶת בַּת יִשְׂרָאֵל » (עבודה זרה כ״ו ע״א)
« בַּת יִשְׂרָאֵל לֹא תָּנִיק בְּנָהּ שֶׁל נׇכְרִית, אֲבָל נׇכְרִית מְנִיקָה בְּנָהּ שֶׁל יִשְׂרָאֵל בִּרְשׁוּתָהּ » (עבודה זרה כ״ו ע״א)
« וְנׇכְרִית לֹא תְּיַילֵּד אֶת בַּת יִשְׂרָאֵל, מִפְּנֵי שֶׁחֲשׁוּדִין עַל שְׁפִיכוּת דָּמִים — דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר » (עבודה זרה כ״ו ע״א)
Ḥakira : le siman règle-t-il un rapport, ou deux dangers distincts ? (א) Un rapport. Alors les deux sens devraient se répondre, et ce qui permet ici devrait alléger là. (ב) Deux dangers. Alors chacun a son régime propre : le premier se traite par la surveillance, parce qu’un danger surveillé n’est plus un danger ; le second se traite par la compensation, parce qu’on ne surveille pas ce qu’un enfant deviendra. La suite du siman montre que c’est la seconde branche : le seif 1 ne parle que de conditions de présence, et le seif 2 ne parle que de salaire, de qualité professionnelle et de jour.
Preuve dans le Rambam : deux raisons écrites, une seule halakha Le Rambam réunit les deux sens en une seule halakha, mais il écrit deux raisons différentes — l’une pour chaque sens. C’est la formulation la plus claire de la dissymétrie.
« בַּת יִשְׂרָאֵל לֹא תֵּינִיק אֶת בְּנָהּ שֶׁל עוֹבֶדֶת כּוֹכָבִים מִפְּנֵי שֶׁמְּגַדֶּלֶת בֵּן לַעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ט׳ הלכה ט״ז)
« וְלֹא תְּיַלֵּד אֶת הַנָּכְרִית עַכּוּ״ם אֲבָל מְיַלֶּדֶת הִיא בְּשָׂכָר מִשּׁוּם אֵיבָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ט׳ הלכה ט״ז)
« וְהַנָּכְרִית עַכּוּ״ם מְיַלֶּדֶת אֶת בַּת יִשְׂרָאֵל וּמֵינִיקָה אֶת בְּנָהּ בִּרְשׁוּתָהּ כְּדֵי שֶׁלֹּא תַּהַרְגֶנּוּ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ט׳ הלכה ט״ז)
Nafka mina (1) L’inimitié. Elle allège le second sens et ne touche pas le premier : aucune source ne permet à une non-Juive d’accoucher seule pour éviter l’offense. (2) La surveillance. Elle permet le premier sens et ne fait rien au second : la présence d’un tiers ne change rien à ce qu’un enfant deviendra. (3) Le salaire. Il est décisif dans le second, et n’apparaît pas dans le premier.
Un détail de rédaction confirme la lecture : le Mehaber n’écrit aucune des deux raisons. Le Tour écrit la première — מפני שחשודה על שפיכות דמים — et le Beit Yossef rapporte la seconde d’après la michna. Le seif, lui, ne garde que des conditions et des permissions, sans motif : c’est un texte de règles, non d’explications.
« נכרית עובדת כו״ם לא תיילד לישראלית בינה לבינה מפני שחשודה על שפיכות דמים » (טור יו״ד קנ״ד)
« וטעמא מפני שמגדלת בן לאליל » (בית יוסף יו״ד קנ״ד)

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — les deux seifim

↩ Explication détaillée (niveau 1)

דיני מיילדת עובדת כוכבים וישראלית. ובו ב׳ סעיפים:
עובדת כוכבים לא תיילד לישראלית בינה לבינה ואפילו אם היא מומחית וכן לא תניק לבן ישראל בביתה ואפילו אחרים עומדים על גבה אבל בבית ישראל מותרת ליילד ולהניק אם אחרים עומדים על גבה או יוצאים ונכנסים והוא שלא יניחנו עמה לבדו בלילה:

ב. ישראלית לא תניק לבן עובד כוכבים אפילו בשכר (אא״כ יש לה חלב הרבה ומצערת אותה מותרת להניקו) (מרדכי ואגודה ר״פ אין מעמידין) ולא תיילד לעובדת כוכבי׳) אלא אם כן היא ידועה למילדת שאז מותר ודוקא בשכר ובחול (אסור ללמד לעובד כוכבים אומנות) (הגהות אשיר״י שם וירושלמי):

2. אחרות עומדות על גבה — une condition, ou deux ? La ḥakira du Taz

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le seif écrit, pour l’accouchement, בינה לבינה ; et, pour l’allaitement, בביתה. Deux formules pour deux actes : faut-il en conclure deux régimes ?

Kouchia À lire le seif littéralement, l’accouchement ne demanderait que la présence d’autrui, et l’allaitement que le lieu. Or la fin du seif réunit les deux pour les deux : אבל בבית ישראל מותרת ליילד ולהניק אם אחרים עומדים על גבה.
« עובדת כוכבים לא תיילד לישראלית בינה לבינה » (שו״ע יו״ד קנ״ד:א)
« וכן לא תניק לבן ישראל בביתה ואפילו אחרים עומדים על גבה » (שו״ע יו״ד קנ״ד:א)
« אבל בבית ישראל מותרת ליילד ולהניק אם אחרים עומדים על גבה או יוצאים ונכנסים » (שו״ע יו״ד קנ״ד:א)
Terouts du Taz : les deux conditions valent pour les deux actes Sa réponse est une remarque de fait, non de droit : si le seif ne mentionne pas le domaine à propos de l’accouchement, c’est qu’une femme accouche d’ordinaire chez elle — le cas ne se pose donc pas. L’allaitement, lui, se fait couramment ailleurs, et il fallait l’écrire.
« מבואר הוא דהנקה והולדה שוין ובתרווייהו בעינן תרתי דהיינו שיהיו אחרות עומדת על גבם ויהיה בבית ישראל » (ט״ז יו״ד קנ״ד ס״ק א)
« משום שסתמא כל יולדת יולדת בביתה ולא אזלת בבית עובדת כוכבים להוליד שם משא״כ בהנקה » (ט״ז יו״ד קנ״ד ס״ק א)
Et le Beit Yossef l’avait déjà, d’après le Roch Le Beit Yossef écrit que la présence d’autrui ne suffit pas seule, et il tire du Roch que l’allaitement demande le domaine juif.
« ואפילו אחרות עומדות ע״ג לא שרינן אלא ברשות ישראל דוקא כמ״ש רבינו בסמוך אם אחרים עומדים ע״ג וכו׳ מותר לילד ולהניק בבית ישראל » (בית יוסף יו״ד קנ״ד)
« וכתב הרא״ש מכאן שיש ליזהר שלא תניק כותית בנה של ישראלית כי אם ברשותה ואחרות עומדות ע״ג דליכא למימר דאחרות עומדות ע״ג דהיינו ברשות העכו״ם דהא מסתמא ברישא דבעי עומדות ע״ג במיילדת היינו ברשות ישראל וה״ה לענין הנקה ומיהו נראה דנכנס ויוצא דמותר דודאי מרתתא » (בית יוסף יו״ד קנ״ד)
Nafka mina (1) Un accouchement conduit chez la non-Juive, avec des tiers présents : permis si les conditions sont indépendantes, interdit selon le Taz. (2) Un allaitement en maison juive sans tiers : interdit dans les deux lectures. (3) La nuit : le seif ferme le cas séparément, et le Taz signale que les Tossefot posent une limite de temps là où la présence même est acquise.
« והוא שלא יניחנו עמה לבדו בלילה » (שו״ע יו״ד קנ״ד:א)
« מבואר הוא דתרתי בעינן גבי הולדה ג״כ דהיינו שיהו אחרים עומדים ע״ג ויהיה דוקא בבית ישראל » (באר היטב יו״ד קנ״ד ס״ק א)

3. יוצאים ונכנסים — le Taz contre les Nekoudot HaKessef, et le silence du Beit Yossef

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le seif permet la présence discontinue — entrer et sortir. Reste à savoir jusqu’où : cette permission tient-elle aussi hors d’une maison juive ? Deux A’haronim répondent, et leur désaccord porte moins sur la halakha que sur ce que les Tossefot ont voulu dire.

Les Tossefot, tels que le Taz les rapporte Le cas des Tossefot est concret : une Juive quitte la ville et laisse son enfant à une nourrice. Ce qu’ils exigent alors est une Juive qui entre et sort — et ils ajoutent une limite de temps pour la nuit.
« ואם כן צריך שלא להניח ישראלית ההולכת חוץ לעיר את בנה יחיד ביד מינקת עובדת כוכבים אם אין ישראלית בעיר יוצאת ונכנסת שם תמיד ואפי׳ הכי מזמן שכיבה ואילך אסור להניחו יחיד » (ט״ז יו״ד קנ״ד ס״ק א)
« משמע דביוצא ונכנס סגי אפילו בבית עובד כוכבים » (ט״ז יו״ד קנ״ד ס״ק א)
Kouchia du Taz sur le Beit Yossef Si les Tossefot allègent là où le Roch est rigoureux, le Beit Yossef devait rapporter les deux — et il n’a rapporté que le Roch.
« ותימה על הב״י שלא הביאה לחלק על דעת הרא״ש » (ט״ז יו״ד קנ״ד ס״ק א)
Deux terouzim des Nekoudot HaKessef, en une ligne Le premier nie la divergence : les Tossefot parleraient déjà d’une maison juive. Le second l’accorde et la neutralise : le Beit Yossef suit le Roch, il n’avait donc pas à rapporter un avis qu’il ne retient pas.
« לק״מ די״ל דהתוס׳ מיירי בבית ישראל. ועוד דכיון דהרא״ש מחמיר לא חש להביא סברת התוס » (נקודות הכסף יו״ד קנ״ד)
Ḥakira : que garantit exactement « entrer et sortir » ? (א) Une surveillance effective. Alors il faut qu’elle soit assez fréquente pour couvrir le moment du danger, et le lieu importe peu. (ב) Une crainte chez la personne surveillée. Alors ce qui compte n’est pas la couverture mais l’incertitude — דודאי מרתתא, écrit le Roch dans le Beit Yossef —, et le domaine devient un facteur, parce qu’on ne craint pas de la même façon chez soi et chez autrui. La position du Taz suppose la seconde branche ; celle des Tossefot, telle qu’il les lit, la première.
Nafka mina (1) Un enfant confié hors d’une maison juive, avec des passages fréquents : permis selon la lecture que le Taz fait des Tossefot, interdit selon le Roch et le Beit Yossef. (2) La nuit : interdit dans tous les cas, et le seif le dit à part. (3) Une surveillance par un moyen indirect : la ḥakira décide de la réponse — utile si c’est la crainte qui compte, inutile si c’est la couverture.

4. מומחית — le צ״ע du Chakh, et la réponse du Pit’hei Techouva

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Au siman suivant, un médecin expert est permis parce qu’il ne ruinerait pas sa réputation. Ici, une sage-femme experte reste interdite. La question est classique, et sa réponse a mis trois générations à se stabiliser.

La réponse du Beit Yossef, reprise par le Taz Les fausses couches sont fréquentes : sa réputation ne serait donc pas atteinte, et le raisonnement du médecin ne s’applique pas.
« כלומר דלא דמי לרופא שאם הוא מומחה מתרפאין ממנו משום דלא מרע נפשיה וטעמא דלא אמרינן הכי גבי מיילדת כיון דשכיחי נפלים אפילו תמיתם לא יאמרו שהמיילדת המיתה את הולד אלא נפל היה » (בית יוסף יו״ד קנ״ד)
« ול״ד לרופא סי׳ קנ״ה דהכא לא מרעית חזקה שלה שתוכל לומר נפל היה » (ט״ז יו״ד קנ״ד ס״ק ב)
Kouchia du Chakh — double D’abord une source : le Yerouchalmi met expressément la sage-femme savante sur le même plan que le médecin habile. Ensuite un argument de silence : aucun décisionnaire n’a écrit qu’une experte serait interdite. Il conclut par וצ״ע.
« כלומר ולא אמרינן דלא מרעת נפשה כדלקמן סימן קנ״ה ברופא מומחה ב״י וכ״כ הפרישה וב״ח » (ש״ך יו״ד קנ״ד ס״ק א)
« וכתב הטעם דמיילדת יכולה לומר נפל היה וכה״ג » (ש״ך יו״ד קנ״ד ס״ק א)
« ותמיה לי דבירושלמי פרק אין מעמידין קאמר כי היכי דברופא אומן מותר ה״ה במיילדת חכמה » (ש״ך יו״ד קנ״ד ס״ק א)
« וכן בשום פוסק לא נזכר דבמיילדת מומח׳ אסור וצ״ע » (ש״ך יו״ד קנ״ד ס״ק א)
Terouts du Beit Yaakov, rapporté par le Pit’hei Techouva Il distingue deux sortes d’expertise : celle qui ne porte que sur l’accouchement, et celle qui s’étend à d’autres domaines. La première ne protège pas, parce qu’une fausse couche ne l’entame pas ; la seconde protège, et c’est de celle-là que parle le Yerouchalmi. Il appuie sur les Tossefot d’Avoda Zara.
« ועיין בתשובת בית יעקב סימן ק״ד שכתב דמ״ש הטור וש״ע דאסור במילדת אפי׳ היא מומחית איירי באינה מומחית רק למילדת ולא לדברים אחרים מש״ה מרע נפשה » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ד ס״ק א)
« כנראה מדברי התוספות בעבודת כוכבים דף כ״ז דאפילו הוא מומחה לחולה אם אינו מומחה לדברים אחרים אסור דמרע נפשיה וכן הדין במילדת » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ד ס״ק א)
« והלכך ל״ק מה שהקשה הש״ך מההיא דירושלמי דבמילדת חכמה מותר דהתם מיירי שהיא מומחית גם לדברים אחרים » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ד ס״ק א)
Yessod : ce n’est pas la compétence qui protège, c’est ce qu’elle a à perdre Toute cette discussion suppose un même principe : la sécurité ne vient pas du savoir-faire mais de l’intérêt. Un praticien est fiable parce qu’un échec lui coûterait. De là suit tout : une expertise étroite ne coûte rien dans un domaine où l’échec est banal ; une expertise large, si. Et de là suit le second ajout du Beit Yaakov : une femme importante est permise, pour la même raison qu’un homme important peut se faire soigner.
« וכ׳ עוד דכמו שאמרו בגמרא דאדם חשוב מותר להתרפאות ה״ה גבי מילדת נמי הדין כן דאם היא אשה חשובה שרי » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ד ס״ק א)
Nafka mina (1) Une praticienne dont la réputation dépasse le seul accouchement : permise selon le Beit Yaakov, interdite à lire le seif seul. (2) Une femme d’un rang tel que l’échec lui coûterait publiquement : permise selon le même. (3) Un lecteur qui n’aurait que le Baer Hetev : il tiendrait le וצ״ע du Chakh pour ouvert, l’abrégé ne rapportant pas la réponse postérieure.
« ולא אמרינן דלא מרעה נפשה כדלקמן סי׳ קנ״ה ברופא מומחה » (באר היטב יו״ד קנ״ד ס״ק ב)
« וכן בשום פוסק לא נזכר במילדת מומחית דאסור וצ״ע עכ״ל הש״ך » (באר היטב יו״ד קנ״ד ס״ק ב)

5. איבה — la géographie exacte d’un levier

↩ Explication détaillée (niveau 1)

L’inimitié apparaît trois fois dans la sougya, et elle est retenue une seule fois. Le motif du refus est chaque fois identique — une excuse est disponible —, et c’est ce motif qu’il faut tenir, non la conclusion.

Là où elle permet : l’accouchement contre salaire La contradiction est posée par la guemara elle-même, et Rav Yossef la résout par l’inimitié.
« וּרְמִינְהוּ: יְהוּדִית מְיַלֶּדֶת אֲרַמִּית בְּשָׂכָר, אֲבָל לֹא בְּחִנָּם » (עבודה זרה כ״ו ע״א)
« אָמַר רַב יוֹסֵף: בְּשָׂכָר שְׁרֵי מִשּׁוּם אֵיבָה » (עבודה זרה כ״ו ע״א)
Là où elle ne permet pas : le Chabbat et l’allaitement Deux fois Abayé écarte l’argument, et deux fois par le même moyen : une réponse existe qui n’offense pas.
« אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: יָכְלָה לְמֵימַר לַהּ — דִּידַן, דִּמְינַטְּרִי שַׁבְּתָא — מְחַלְּלִינַן עֲלַיְיהוּ; דִּידְכוּ, דְּלָא מְינַטְּרִי שַׁבְּתָא — לָא מְחַלְּלִינַן » (עבודה זרה כ״ו ע״א)
« אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: יָכְלָה לְמֵימַר, אִי פְּנוּיָה הִיא — ״בָּעֵינָא לְאִינְּסוֹבֵי״, אִי אֵשֶׁת אִישׁ הִיא — ״לָא קָא מִזְדַּהַמְנָא בְּאַפֵּי גַּבְרַאי » (עבודה זרה כ״ו ע״א)
« משום איבה ובשבת ליכא איבה דיכולה לומר נשי דידן דמנטרן שבתא מחללין עלייהו שבת דידכו דלא מנטרי שבתא לא מחללין בשבילייכו » (ט״ז יו״ד קנ״ד ס״ק ה)
« וליכא כאן משום איבה דאי פנויה היא יכולה למימר בעינ׳ לאנסובי ואם אשת איש היא יכולה למימר לא קא מזדהמנא באפי גברי » (ט״ז יו״ד קנ״ד ס״ק ג)
Yessod : l’inimitié se mesure au refus, non au service Ce que la sougya établit n’est pas que rendre service évite l’hostilité, mais que refuser la crée — et seulement quand le refus paraît être un refus. Là où une excuse crédible est disponible, il n’y a rien à craindre, et le levier tombe. C’est exactement ce que le Rachba tire pour la sage-femme non professionnelle : elle peut dire qu’elle n’est pas compétente.
« וכתב הרשב״א הא דשרי בשכר דוקא במילדת ידועה שמתעסקה בכך שאז יהיה לה איבה אם לא תעשה » (טור יו״ד קנ״ד)
« אבל אשה שאינה רגילה בכך אפי׳ בשכר אסור דליכא איבה דמצי למימר איני בקיאה בכך » (טור יו״ד קנ״ד)
« שהוא יודע שהיא מיילדת דאז משום איבה שרי בשכר » (ש״ך יו״ד קנ״ד ס״ק ד)
« אלא אם כן היא ידועה למילדת שאז מותר » (שו״ע יו״ד קנ״ד:ב)
Le déplacement du ‘Hatam Sofer : quand l’excuse devient impossible Le Pit’hei Techouva rapporte un cas où la profession est réglementée par l’autorité. Le ‘Hatam Sofer y permet, et sa raison mérite d’être vue : ce n’est pas l’inimitié — puisqu’il y a d’autres praticiennes, le refus ne serait pas offensant. C’est donc le raisonnement du Rachba appliqué à l’envers : là où l’excuse tient, on permet non pas malgré l’absence d’inimitié, mais parce que la crainte de fond a disparu.
« ועי׳ בתשובת ח״ס סימן קל״א על אודות פקידות השר בארץ תוגר על כל העירות והכפרים להשכיר להם מילדת בקיאה אשר למדה לפני חכמיהם דווקא » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ד ס״ק ב)
« והשיב מאחר שיש להם כמה חיות בקיאות בלא״ה פשיטא דשרי » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ד ס״ק ב)
Nafka mina — et elles sont graves (1) Le Chabbat : interdit par le seif, et le ‘Hatam Sofer distingue ce qui, dans un accouchement, ne comporte pas de travail interdit. (2) La coupe du cordon : travail interdit par la Torah, à confier selon lui à une non-Juive présente. (3) Un danger de vie né de l’inimitié elle-même : il permet alors davantage. Ces trois lignes ne se lisent pas comme un psak sur une page — elles se posent à un Rav.
« וא״כ בנ״ד מותר אפילו בשבת במאי דלית ביה חילול שבת דהיינו ביושבת על המשבר שכבר עקר הולד » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ד ס״ק ב)
« ואמנם לחתוך הטבור שהוא מלאכה דאורייתא תצוה לעובדת כוכבים הבריאה העומדת על צדה לחתוך » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ד ס״ק ב)
« ואם יש באיבה זו חשש סכנת נפשות יש להתיר אפילו מלאכה דאורייתא » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ד ס״ק ב)
« אבל לא בשבת דליכא איבה דיכולה לומר נשי דידן דמינטרי שבתא מחללין עלייהו שבת דידכו דלא מינטרי שבתא לא מחללין בשבילייכו » (באר היטב יו״ד קנ״ד ס״ק ד)

6. יסוד הסימן — ce que la michna donne et ce que le Mehaber omet

↩ Explication détaillée (niveau 1)
שני חששות ושתי דרכים: הראשון נשמר בנוכחות, והשני נדחה או ניתר באיבה.

Le seif ne donne aucune raison. Cela n’est pas un oubli : c’est la manière du Choulhan Aroukh, qui écrit des règles et laisse les motifs au Beit Yossef. Mais la conséquence est réelle — un lecteur qui n’aurait que le seif ne pourrait pas savoir pourquoi l’inimitié permet dans un cas et pas dans l’autre.

Ce que le Tour écrit et que le seif ne reprend pas
« נכרית עובדת כו״ם לא תיילד לישראלית בינה לבינה מפני שחשודה על שפיכות דמים » (טור יו״ד קנ״ד)
« במה דברים אמורים בחול אבל בשבת אסור אפי׳ בשכר » (טור יו״ד קנ״ד)
« וכתב הרשב״א הא דשרי בשכר דוקא במילדת ידועה שמתעסקה בכך שאז יהיה לה איבה אם לא תעשה » (טור יו״ד קנ״ד)
Ce que le Rambam écrit, dans un seul traité
« בַּת יִשְׂרָאֵל לֹא תֵּינִיק אֶת בְּנָהּ שֶׁל עוֹבֶדֶת כּוֹכָבִים מִפְּנֵי שֶׁמְּגַדֶּלֶת בֵּן לַעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ט׳ הלכה ט״ז)
« וְלֹא תְּיַלֵּד אֶת הַנָּכְרִית עַכּוּ״ם אֲבָל מְיַלֶּדֶת הִיא בְּשָׂכָר מִשּׁוּם אֵיבָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ט׳ הלכה ט״ז)
« וְהַנָּכְרִית עַכּוּ״ם מְיַלֶּדֶת אֶת בַּת יִשְׂרָאֵל וּמֵינִיקָה אֶת בְּנָהּ בִּרְשׁוּתָהּ כְּדֵי שֶׁלֹּא תַּהַרְגֶנּוּ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ט׳ הלכה ט״ז)
Une différence de formulation entre le Rambam et le seif Le Rambam écrit ומיניקה את בנה ברשותה — le domaine, et rien d’autre. Le seif exige le domaine et la présence. Le Beit Yossef montre d’où vient la seconde exigence : du Roch, et par une lecture de la michna qui fait porter à la première clause ce que la seconde ne dit pas. Le Taz la systématise ; les Nekoudot HaKessef la défendent.
Nafka mina finale Et une dernière, que le siman ne pose pas mais que le Beit Yossef relève : que faire si la nourrice donne à l’enfant ce qu’il ne doit pas consommer ? Le Beit Yossef rapporte trois avis, et c’est une question distincte du siman — elle relève de l’éducation et des interdits alimentaires, non de la crainte pour la vie. Elle mérite d’être connue ici parce que c’est exactement là que les deux matières se rencontrent en pratique.
« כתוב בא״ח בשם הר״מ כי מה שמניקת כותית נותנת לתינוק יין נסך או שאר איסורין אין למחות בידה דקטן אוכל נבלות אין ב״ד מצווין להפרישו אבל אסור לומר לכותית להאכילו ולהשקותו דבר טומאה » (בית יוסף יו״ד קנ״ד)
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קנ״ד · Niveau 2 — Lamdan · דיני מיילדת עובדת כוכבים וישראלית
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