Vingt-trois seifim, et le fondement de tout le bloc du prêt à intérêt : combien d’interdits, qui les transgresse, ce qui se reprend en justice, et jusqu’où va la vigilance quand rien n’a été stipulé
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide
Les deux versets d’où tout part, et la ligne de la guemara qui les classe :
« לֹא־תַשִּׁ֣יךְ לְאָחִ֔יךָ נֶ֥שֶׁךְ כֶּ֖סֶף נֶ֣שֶׁךְ אֹ֑כֶל נֶ֕שֶׁךְ כׇּל־דָּבָ֖ר אֲשֶׁ֥ר יִשָּֽׁךְ׃ » (דברים כ״ג:כ׳)
« אַל־תִּקַּ֤ח מֵֽאִתּוֹ֙ נֶ֣שֶׁךְ וְתַרְבִּ֔ית וְיָרֵ֖אתָ מֵֽאֱלֹהֶ֑יךָ וְחֵ֥י אָחִ֖יךָ עִמָּֽךְ׃ » (ויקרא כ״ה:ל״ו)
« אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: רִבִּית קְצוּצָה יוֹצְאָה בְּדַיָּינִין, אֲבַק רִבִּית אֵינָהּ יוֹצְאָה בְּדַיָּינִין » (בבא מציעא ס״א ע״ב)
| Seif | En une ligne |
|---|---|
| 1 | Il faut se garder de l’intérêt ; plusieurs interdits ont été énoncés, et l’emprunteur, le garant et les témoins transgressent aussi. Glose : pas de différence pauvre/riche ; et l’emprunteur ne transgresse que dans un intérêt de la Torah. |
| 2 | Qui prête à intérêt — ses biens s’effondrent, et c’est comme s’il avait renié la sortie d’Égypte et le Dieu d’Israël. |
| 3 | Celui qui fait passer son argent pour celui d’un non-Juif afin de le prêter à intérêt — le Ciel en exigera compte. |
| 4 | Un surplus donné de plein gré au remboursement, sans stipulation et sans être nommé intérêt : interdit. Glose : permis si l’argent était détenu à titre de vente. |
| 5 | “Je te le donne en cadeau” ne vaut rien ; mais une remise, une fois l’intérêt à restituer, est efficace comme dans tout vol. |
| 6 | Interdit d’anticiper ou de différer l’intérêt ; s’il l’a fait, c’est de la poussière d’intérêt. Glose : à condition qu’il ait précisé, ou que le cadeau soit important. |
| 7 | Le prêteur ne doit pas tirer avantage de l’emprunteur à son insu ; avec son accord, seulement ce qu’il aurait fait de toute façon, et jamais en public. |
| 8 | Interdit de prêter à intérêt même à ses fils et aux gens de sa maison. |
| 9 | Interdit de travailler pour autrui contre un travail plus pénible, fût-ce le même en une saison plus dure. Glose : un prêt rendu par un prêt — deux avis. |
| 10 | Interdit d’enseigner au prêteur ou à son fils, s’il n’en avait pas l’habitude auparavant. |
| 11 | Interdit de le saluer le premier, s’il n’en avait pas l’habitude. |
| 12 | Interdit de lui demander une information. Glose : de même tout intérêt en paroles, et même un simple avantage ; et l’on ne consacre pas une femme par le bénéfice d’un prêt. |
| 13 | Permis : “voici un zouz, prête dix dinars à un tel” — sans reflux, sans instruction de l’emprunteur, et selon certains sans même qu’il ait persuadé. |
| 14 | Interdit : “je te prête à condition que tu donnes un zouz à un tel”, même à un non-Juif — et c’est un intérêt fixé. |
| 15 | Certains disent : interdit de dire “dis à un tel qu’il te donne quatre dinars et je te prêterai”. |
| 16 | Permis : “voici un zouz, dis à un tel qu’il me prête”, même au fils du prêteur s’il est majeur et indépendant. Glose : la permission de l’envoyé, contestée, retenue au besoin, et ses trois limites. |
| 17 | Des talmidei ‘hakhamim, sur des aliments, jusqu’à un cinquième : permis. Glose : certains permettent même en le stipulant, en petite quantité — mais qu’ils n’en fassent pas une habitude. |
| 18 | Tout intérêt rabbinique est permis avec l’argent des orphelins, du hekdech des pauvres, du Talmud Torah, de la synagogue. Glose : l’usage allège ; prêter à intérêt fixé est une coutume erronée ; l’orphelin est cru sans serment. |
| 19 | Le tuteur qui a prêté à intérêt fixé : si l’emprunteur a gagné autant qu’il s’était engagé à donner, il doit le donner aux orphelins. |
| 20 | S’il a nourri les orphelins de cet argent, ils sont exempts, même devenus grands ; et le tuteur aussi. Le prêteur n’est pas cru à dire que c’était du hekdech, sans preuve. |
| 21 | Cent prêtés pour cent vingt, la valeur ayant baissé : interdit de la Torah — on suit le moment initial. Cent pour cent, la valeur ayant monté : interdit rabbinique. |
| 22 | Permis d’emprunter à intérêt pour un sauvetage de vie. Glose : pas pour les besoins de la communauté, sauf grand besoin. |
| 23 | Prêter à condition de recevoir tout le travail de l’emprunteur : interdit. Glose : selon l’avis que l’avantage vaut argent, c’est un intérêt fixé — mais la réciprocité est permise. |
| Le cas | Régime | Où | Ce qui en découle |
|---|---|---|---|
| Un intérêt stipulé d’avance | רבית קצוצה | Seif 14 | De la Torah — on le reprend au prêteur |
| Un présent envoyé avant le prêt, avec précision | אבק רבית | Seif 6 · ש״ך ס״ק ח | Le Beit Yossef en צ״ע — l’Atéret Zahav : poussière, non récupérable |
| Un présent envoyé après le remboursement | אבק רבית | Seif 6 | Rabbinique — non récupérable |
| Un surplus donné au remboursement, sans rien dire | אסור | Seif 4 · ש״ך ס״ק ד | Interdit parce que מחזי כרבית |
| Un intérêt versé à un tiers désigné par le prêteur | רבית קצוצה | Seif 14 · ש״ך ס״ק יט | On la reprend — ומפקינן מיניה |
| Un zouz donné au tiers pour qu’il prête | מותר | Seif 13 | Permis — l’intérêt ne vient pas de l’emprunteur |
| Le salaire d’une parole | מותר | Seif 16 · בבא מציעא ס״ט ע״ב | Permis — mais pas au fils dépendant |
| Proche du gain et loin de la perte | אבק רבית | Seif 18 · רמב״ם פרק ד׳ | רשע pour tout homme · permis pour les orphelins |
| Le travail de l’artisan, stipulé | רבית קצוצה | Seif 23 · glose | Selon l’avis que טובת הנאה vaut argent |
| La réciprocité entre deux amis | מותר | Seif 23 · fin de la glose | Permis — la direction s’annule |
| Qui | Quel interdit | Source |
|---|---|---|
| Le prêteur | בכולן — ששה לאוין | Michna · Rambam פרק ד׳ הלכה ב׳ |
| L’emprunteur qui paie | לא תשיך לאחיך · ולפני עור | Seif 1 et sa glose — de la Torah seulement |
| Le garant | לא תשימון עליו נשך | Seif 1 · פ״ת ס״ק ב sur le prêt oral |
| Les témoins | לא תשימון עליו נשך | Seif 1 · פ״ת ס״ק ג — rabbinique : לפני עור seulement |
| Le scribe | לא תשימון עליו נשך | Michna, au nom des Sages · ש״ך ס״ק א |
| Le courtier et quiconque assiste | לפני עור לא תתן מכשול | ש״ך ס״ק א au nom du Rambam et du Semag |
La michna, et la répartition qu’Abayé en donne :
« וְאֵלּוּ עוֹבְרִין בְּלֹא תַעֲשֶׂה: הַמַּלְוֶה וְהַלֹּוֶה וְהֶעָרֵב וְהָעֵדִים. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אַף הַסּוֹפֵר » (בבא מציעא ע״ה ע״ב)
« אָמַר אַבָּיֵי: מַלְוֶה עוֹבֵר בְּכוּלָּן. לֹוֶה עוֹבֵר מִשּׁוּם ״לֹא תַשִּׁיךְ לְאָחִיךָ״. ״וּלְאָחִיךָ לֹא תַשִּׁיךְ״, ״וְלִפְנֵי עִוֵּר לֹא תִתֵּן מִכְשׁוֹל״. עָרֵב וְהָעֵדִים אֵין עוֹבְרִין אֶלָּא מִשּׁוּם ״לֹא תְשִׂימוּן עָלָיו נֶשֶׁךְ » (בבא מציעא ע״ה ע״ב)
Six seifim, et une seule question : où passe la limite quand personne n’a rien dit ? Le Chakh la formule d’une phrase, et cette phrase réconcilie les décisionnaires.
« אלא נראה לי דודאי היכא דאיכא למתלי ברבית ובמתנה אסור משום דמחזי כרבית » (ש״ך יו״ד ק״ס ס״ק ד)
« ונראה לי דהכל לפי הענין ולפי מה שניכר בדעת משלח ועל פי זה יש לומר דלא פליגי הפוסקים » (ש״ך יו״ד ק״ס ס״ק י)
« שכיון שנהנה ממנו בלא רשותו נראה שסומך עליו שבשביל מעותיו שבידו יסבול לו » (ש״ך יו״ד ק״ס ס״ק י״א)
Trois seifim où rien ne change de main : un enseignement, un salut, une information. La braïta en donne le fondement, et le Rambam le reprend.
« רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי אוֹמֵר: מִנַּיִן לַנּוֹשֶׁה בַּחֲבֵירוֹ מָנֶה, וְאֵינוֹ רָגִיל לְהַקְדִּים לוֹ שָׁלוֹם, שֶׁאָסוּר לְהַקְדִּים לוֹ שָׁלוֹם – תַּלְמוּד לוֹמַר: ״נֶשֶׁךְ כׇּל דָּבָר אֲשֶׁר יִשָּׁךְ״ – אֲפִילּוּ דִּיבּוּר אָסוּר » (בבא מציעא ע״ה ע״ב)
« רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: יֵשׁ רִבִּית דְּבָרִים. לֹא יֹאמַר לוֹ ״דַּע כִּי בָּא אִישׁ פְּלוֹנִי מִמָּקוֹם פְּלוֹנִי » (בבא מציעא ע״ה ע״ב)
« וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁיְּקַלְּסוֹ בִּדְבָרִים אוֹ יַשְׁכִּים לְפִתְחוֹ » (רמב״ם הלכות מלווה ולווה פרק ה׳ הלכה י״ב)
« פי׳ שבזה שמצוה עליו והוא נכנע לו הוה רבית דברים » (ט״ז יו״ד ק״ס ס״ק ה)
Quatre seifim, quatre variantes, et une phrase de Rava qui les départage :
« לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא רִבִּית הַבָּאָה מִלֹּוֶה לְמַלְוֶה » (בבא מציעא ס״ט ע״ב)
| Seif | Le cas | Régime |
|---|---|---|
| 13 | “Voici un zouz, prête-lui” — le tiers donne au prêteur | Permis, sous trois réserves |
| 14 | “Je te prête à condition que tu donnes à un tel” — l’emprunteur donne au tiers | Interdit — intérêt fixé |
| 15 | “Dis à un tel qu’il te donne quatre dinars” — le tiers donne à l’emprunteur | Certains disent interdit — Ba’h : erreur de copiste |
| 16 | “Voici un zouz, dis-lui qu’il me prête” — l’emprunteur paie une parole | Permis — שכר אמירה |
| Seif | Le cas | Ce qui en découle |
|---|---|---|
| 17 | Talmidei ‘hakhamim, denrées, jusqu’à un cinquième | Les deux doivent l’être (ש״ך ס״ק כד) · le cinquième est מלגיו (ס״ק כה) |
| 18 | Orphelins, hekdech des pauvres, Talmud Torah, synagogue | L’avaq seulement · le Chakh n’a jamais vu la coutume · le Noda BiYehouda en donne la forme écrite |
| 19 | Le tuteur qui a fauté, et le profit | Taz : la moitié de tout le profit · Chakh : pas au-delà de la stipulation |
| 20 | L’intérêt déjà consommé | הגוזל ומאכיל בניו — exempts · le tuteur aussi |
| 21 | La valeur de la monnaie | בתר מעיקרא אזלינן — Torah ou rabbinique selon le sens de l’écart |
| 22 | Sauvetage de vie, et besoins communautaires | Emprunter seulement · pour la communauté, לצורך גדול |
| 23 | Le travail de l’emprunteur, et l’avantage | Chakh ס״ק לז : deux configurations, et l’une est un intérêt fixé de l’avis de tous |
« ובכל מקומות שהייתי לא ראיתי מנהג זה וגם חקרתי ודרשתי ולא שמעתי שנוהגין כן » (ש״ך יו״ד ק״ס ס״ק כ״ו)
« אבל המלוה פשיטא שעושה איסור דמה פיקוח נפש יש לו שצריך ליקח רבית אדרבה מוטל עליו להלוות בחנם שנאמר לא תעמוד על דם רעך » (ט״ז יו״ד ק״ס ס״ק כ״א)
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