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סימן ק״סSiman 160

Yoreh De'ah · Issour ve-Heter

Siman 160 — La gravité de l’interdit de l’intérêt, et jusqu’où il faut s’en garder

Vingt-trois seifim — le Choulhan Aroukh l’annonce lui-même : ובו כ״ג סעיפים. C’est le siman qui fonde tout le bloc du prêt à intérêt, qui court jusqu’au siman 177 : non pas un cas, mais les catégories dont tous les simanim suivants se serviront — combien d’interdits, qui les transgresse, ce qui se reprend en justice et ce qui ne s’y reprend pas, et jusqu’où la vigilance doit aller quand rien n’a été stipulé. (Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 160 — 23 seifim)

צריך ליזהר בריבית וכמה לאוין נאמרו בו

Il faut se garder de l’intérêt, et plusieurs interdits ont été énoncés à son sujet. Le siman ne commence pas par une définition mais par un décompte : ce n’est pas une faute, c’est un faisceau — et la michna en distribue les interdits sur cinq personnes.

Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 160:1

Les 4 niveaux d’étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Le texte hébreu des vingt-trois seifim avec traduction française fluide, seif par seif. Les cinq personnes qui transgressent, la distinction רבית קצוצה / אבק רבית, l’intérêt anticipé et différé, l’intérêt en paroles, les quatre montages par un tiers, l’argent des orphelins — avec la michna de בבא מציעא, les versets, le Tour, le Beit Yossef, le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, le Pit’hei Techouva, les Nekoudot HaKessef et le Rambam.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul approfondi : le décompte des lavin et le statut de l’emprunteur ; le geder de רבית קצוצה et de אבק רבית ; le surplus spontané de Rachi contre le Roch, et la réponse du Chakh au ‘Hochen Michpat ; la מחילה des Gueonim contre le Rambam ; סתם ומפרש dans l’intérêt anticipé ; le Taz contre les Nekoudot HaKessef sur les fils, deux fois ; אין שליח לדבר עבירה et les quatre preuves du Taz ; le חומש des talmidei ‘hakhamim ; les מעות יתומים en trois désaccords ; et le yessod du siman.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

Un tableau-maître des vingt-trois seifim en une ligne chacun, la double table רבית קצוצה / אבק רבית, la table de ceux qui transgressent, les seifim non stipulés, l’intérêt en paroles, les quatre montages par un tiers, les régimes particuliers, les sept règles d’or, la mnémonique et les cinq pièges classiques.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'asse — Psak

La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב, le פתחי תשובה et les נקודות הכסף, puis les cas contemporains. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non “Daat HaRav”.

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Questions fréquentes — Siman 160

Qui transgresse l’interdit de l’intérêt — seulement le prêteur ?

Non. Le seif nomme quatre personnes, la michna en compte cinq, et le Chakh en ajoute une sixième. Le prêteur transgresse tous les interdits — six selon le Rambam ; l’emprunteur trois, et seulement dans un intérêt de la Torah, la glose du Rama le précisant expressément ; le garant et les témoins un seul ; le scribe est ajouté par les Sages dans la michna ; et le Chakh y joint le courtier et quiconque assiste l’une des parties, au titre de “devant l’aveugle”. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

« צריך ליזהר בריבית וכמה לאוין נאמרו בו ואפי׳ הלוה הנותנו והערב והעדים עוברים » (שו״ע יו״ד ק״ס:א) « והא דלוה עובר דוקא ברבית דאורייתא אבל ברבית דרבנן אינו עובר אלא משום לפני עור וגו » (רמ״א יו״ד ק״ס:א) « אסור להתעסק בין לוה ומלוה ברבית וכל מי שיהיה סרסור בין שניהם או שסיים אחד מהן עובר משום לפני עור וגו » (ש״ך יו״ד ק״ס ס״ק א)
Quelle différence entre רבית קצוצה et אבק רבית ?

L’intérêt fixé est celui qui a été taillé et stipulé d’avance — le seif 14 le définit en toutes lettres. Il est interdit par la Torah, et le juge le fait sortir du prêteur pour le rendre à l’emprunteur. La poussière d’intérêt est ce qui ressemble à un intérêt sans avoir été stipulé : elle est interdite d’ordre rabbinique, et elle ne sort pas en justice — ni du prêteur, ni de l’emprunteur. Attention : “poussière” ne veut pas dire “léger”. Le seif 6 pose un interdit entier, et il finit par ces deux mots. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

« ורבית קצוצה…הוא » (שו״ע יו״ד ק״ס:י״ד) « ואם עבר ועשה כן ה״ז אבק רבית » (שו״ע יו״ד ק״ס:ו) « אֲבָל אֲבַק רִבִּית שֶׁהוּא מִדִּבְרֵיהֶם אֵינוֹ גּוֹבֶה מִן הַלּוֶֹה לַמַּלְוֶה וְאֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ מִן הַמַּלְוֶה לַלּוֶֹה » (רמב״ם הלכות מלווה ולווה פרק ד׳ הלכה ו׳)
L’emprunteur peut-il donner un peu plus de lui-même, en remerciement ?

Le seif 4 l’interdit précisément dans ce cas : rien n’a été stipulé, l’emprunteur donne de son plein gré au moment du remboursement, et il ne dit pas que c’est pour l’intérêt. Le Chakh explique pourquoi : là où le surplus peut être imputé au prêt, cela a l’air d’un intérêt, et cela suffit. Le ‘Havot Daat n’allège que le passé — celui qui a déjà reçu et découvert le surplus après coup n’a pas à le rendre ; l’accepter reste interdit. Et le seif 5 ferme la porte du mot “cadeau”. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

« אפילו אם הלוה נותן לו יותר מדעתו בשעת הפרעון שלא התנה עמו ואינו אומר שנותנו לו יותר בשביל רבית אסור » (שו״ע יו״ד ק״ס:ד) « אלא נראה לי דודאי היכא דאיכא למתלי ברבית ובמתנה אסור משום דמחזי כרבית » (ש״ך יו״ד ק״ס ס״ק ד) « עיין בח״ד שכתב דדוקא לכתחילה אסור לקבל כשיותן לו יותר אבל כשכבר קיבל ומצא יתרון א״צ להחזיר » (פתחי תשובה יו״ד ק״ס ס״ק ד)
Un salut, un service, une information : est-ce vraiment un intérêt ?

Oui, et c’est ce que la michna appelle רבית דברים. Le verset dit “intérêt de toute chose qui se prête à intérêt”, et la braïta en conclut que même une parole est interdite. Les seifim 10 à 12 en donnent trois formes : enseigner au prêteur ou à son fils, le saluer le premier, lui demander une information. Le critère est constant : ce qui se faisait déjà avant le prêt continue, ce qui commence avec lui est un intérêt. Le seif 7 ajoute que ce qui se voit — habiter sa cour, se servir de ses gens — est interdit en tout état de cause. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

« תַּלְמוּד לוֹמַר: ״נֶשֶׁךְ כׇּל דָּבָר אֲשֶׁר יִשָּׁךְ״ – אֲפִילּוּ דִּיבּוּר אָסוּר » (בבא מציעא ע״ה ע״ב) « אם לא היה רגיל להקדים לו שלום אסור להקדים לו » (שו״ע יו״ד ק״ס:י״א) « ובלבד שלא יהא דבר של פרהסי׳ כגון לדור בחצרו ולהשתמש בעבדיו » (שו״ע יו״ד ק״ס:ז)
Peut-on placer l’argent d’une caisse communautaire ou d’orphelins ?

Le seif 18 permet, pour l’argent des orphelins, d’un fonds consacré aux pauvres, du Talmud Torah ou de la synagogue, tout intérêt d’ordre rabbinique — jamais un intérêt fixé. La glose du Rama qualifie de מנהג טעות la pratique inverse, et le Chakh atteste n’avoir jamais rencontré la coutume permissive dans aucun lieu où il ait été. Le Noda BiYehouda explique pourquoi et décrit la forme sous laquelle il a lui-même agi : un contrat d’investissement écrit, déclarant expressément que l’argent est celui d’orphelins. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

« כל רבית דרבנן מותר במעות של יתומים או של הקדש עניים » (שו״ע יו״ד ק״ס:י״ח) « ומנהג טעות הוא ואין לילך אחריו » (רמ״א יו״ד ק״ס:י״ח) « ובכל מקומות שהייתי לא ראיתי מנהג זה וגם חקרתי ודרשתי ולא שמעתי שנוהגין כן » (ש״ך יו״ד ק״ס ס״ק כ״ו)