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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ק״ע — le Juif qui se porte garant, et l’intérêt qui passe par lui

Deux seifim : la caution donnée à un prêteur non-Juif, et la caution donnée pour un emprunteur non-Juif
יורה דעה · סימן ק״ע
שלא יוכל ישראל להיות ערב לישראל שלוה מן העובד כוכבים ברבית
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Rédigé par le Rav Yossef Haim Samama
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l’étude

1. Le texte du Mehaber : les deux seifim, et les trois gloses du Rama
2. Le mécanisme : comment une signature devient un intérêt
3. Contexte : la baraïta de בבא מציעא ע״א ע״א, sa guemara, le Rambam, le Tour et le Beit Yossef
4. Les concepts-clés : ערב, ערב קבלן, ערב שלוף דוץ, צד אחד ברבית
5. Le tableau récapitulatif : les deux seifim, clause par clause
6. Le Chakh (10 ס״ק), le Taz (8), le Baer Hetev (10), le Pit’hei Techouva (3) et les Nekoudot HaKessef (5)
7. Le Rambam : הלכות מלווה ולווה, la source directe des deux seifim
8. Cas pratiques modernes, synthèse et questions de compréhension

1. Le texte du Mehaber — les deux seifim

Le siman tient en deux phrases, et la seconde est le miroir de la première. Le seif 1 regarde un Juif qui a emprunté à un non-Juif : un autre Juif peut-il signer pour lui ? Le seif 2 retourne la scène — c’est le non-Juif qui a emprunté, à un Juif cette fois, et c’est encore un Juif qu’on demande comme garant. Les deux gloses du Rama, très inégales en longueur, portent tout le poids pratique du siman.

Seif 1 — la caution donnée à un prêteur non-Juif

שלא יוכל ישראל להיות ערב לישראל שלוה מן העובד כוכבים ברבית. ובו ב׳ סעיפים:
ישראל שלוה מעות מעובד כוכבים ברבית אסור לישראל אחר להיות לו ערב שכיון שבדיניהם תובע הערב תחלה נמצא הערב תובע את ישראל ברבית שהערב חייב בה לעובד כוכבים לפיכך אם קבל עליו העובד כוכבים שלא יתבע את הערב תחלה הרי זה מותר: הגה והאידנא מסתמא הוי כאילו קבל עליו הכי דסתם ערבות כך הוא (טור) ודוקא במקום שהמנהג כך שתובעין הלוה תחלה: וי״א שאינו אסור אלא בערב שלוף דוץ (פי׳ ערב שמנקה את הלוה מדין המלוה כשלוף דוץ שהוא מין עשב שמיבשין אותו ורוחצין בו את הידים להעביר הזוהמא) דהיינו שאין דין המלוה עם הלוה כלל שהוא יכול לדחותו אצל הערב: הגה ואם עבר ונעשה ערב בעדו צריך לשלם כל הפסד המגיע לו על ידו אבל אינו צריך לתת רבית שנותן בשבילו דאין אומרים ליתן רבית (טור) ואי כבר פרע לו הרבית אין מוציאין מידו דלא גרע מאבק רבית (סברת הרב):
Titre du siman : qu’un Israélite ne puisse être garant d’un Israélite qui a emprunté à intérêt d’un non-Juif ; et il comporte deux seifim.

Un Israélite qui a emprunté de l’argent à intérêt d’un non-Juif : il est interdit à un autre Israélite d’être son garant. Car, puisque selon leur droit c’est le garant que l’on réclame en premier, il se trouve que le garant réclame à l’Israélite un intérêt dont lui-même, le garant, est redevable envers le non-Juif. C’est pourquoi, si le non-Juif a accepté de ne pas réclamer au garant en premier, cela est permis.

Glose du Rama : et de nos jours, par défaut, c’est comme s’il avait accepté qu’il en soit ainsi, car une caution ordinaire est de cette sorte (Tour) ; et cela précisément là où telle est la coutume, que l’on réclame l’emprunteur en premier.

Et il en est qui disent que ce n’est interdit que dans le cas d’un ערב שלוף דוץ (glose de l’édition : c’est-à-dire un garant qui nettoie l’emprunteur de la créance du prêteur, comme le שלוף דוץ, qui est une espèce d’herbe que l’on fait sécher et avec laquelle on se lave les mains pour ôter la saleté), c’est-à-dire que le prêteur n’a aucun droit du tout contre l’emprunteur, celui-ci pouvant le renvoyer au garant.

Glose du Rama : et s’il a transgressé et s’est porté garant pour lui, [l’emprunteur] doit lui payer toute la perte qui lui advient de son fait ; mais il n’a pas à lui donner l’intérêt qu’il verse pour lui, car on ne dit à personne de donner de l’intérêt (Tour). Et s’il lui a déjà payé l’intérêt, on ne le lui reprend pas, car cela n’est pas moindre que de l’אבק רבית (raisonnement du Rav).

Seif 2 — la caution donnée pour un emprunteur non-Juif

וכן עובד כוכבים שלוה מישראל ברבית אסור לישראל להיות לו ערב: הגה אלא אם התנה עם העובד כוכבים שכל זמן שיש לו לפרוע לא ידיחנו אצל הערב אז שרי לקבל הקרן והרבית מישראל אם לא יפרע העובד כוכבים (טור) ואם הישראל ערב לו בעד הקרן ולא בעד הרבית אלא יש לו ליקח הרבית מן העובד כוכבים או להיפך שערב לו בעד הרבית ולא בעד הקרן מותר ודוקא שהעובד כוכבים לוקח המעות מיד המלוה אבל אם ישראל ערב ולקחן מידו אע״פ שעושה בשביל העובד כוכבים אסור (ת״ה סי׳ ש״א) ודוקא בלא משכון אבל אם נותן לו משכון של עובד כוכבים בעד הקרן יכול לערב לו בעד הרבית דעיקר הלואה על המשכון אע״ג דהוא נטלן מיד ישראל המלוה וכאילו הלוה ליד עובד כוכבים דמי (סברת הרב) . ואם היה לישראל משכון מעובד כוכבים או ערב עובד כוכבים ובא ישראל וא״ל למלוה שיחזור לעובד כוכבים משכון שלו או שיפטור ערב העובד כוכבים והוא ערב לו צריך לשלם לו כל הקרן והרבית שעלה עליו עד אותו היום אבל לא הרבית שיעלה עליו מכאן ואילך (מרדכי פ׳ א״נ בשם ראבי״ה) אם לא שהמשכון היה שוה יותר דאז צריך להעלות לו רבית עד כדי דמיו של המשכון או להחזיר לו משכונו (ב״י וב״ז סימן שס״ד) ואם זקף העובד כוכבים הקרן עם הרבית אז אפילו מה שיעלה עליו אח״כ הוי כקרן וצריך לשלם לו הכל (מרדכי ולדעת ת״ה אף הרא״ש סובר כך ומהרי״ק שורש קל״ו) אפילו לא היה המשכון שוה או אפילו לא היה לו משכון כלל אלא פטר ערב עובד כוכבים שהיה לו:
Et de même, un non-Juif qui a emprunté à intérêt d’un Israélite : il est interdit à un Israélite d’être son garant.

Glose du Rama : sauf s’il a stipulé avec le non-Juif que, tant que celui-ci a de quoi payer, il ne le renverra pas au garant ; alors il est permis de recevoir le capital et l’intérêt de l’Israélite si le non-Juif ne paie pas (Tour). Et si l’Israélite s’est porté garant pour le capital et non pour l’intérêt — l’intérêt étant à prendre du non-Juif — ou l’inverse, garant pour l’intérêt et non pour le capital : c’est permis. Et cela précisément lorsque le non-Juif prend l’argent de la main du prêteur ; mais si l’Israélite est garant et qu’il l’a pris de sa main, bien qu’il agisse pour le compte du non-Juif, c’est interdit (Teroumat HaDechen 301). Et cela précisément sans gage ; mais s’il lui donne un gage appartenant au non-Juif pour le capital, il peut se porter garant pour l’intérêt, car l’essentiel du prêt repose sur le gage, quoiqu’il l’ait pris de la main de l’Israélite prêteur, et c’est comme s’il avait prêté dans la main du non-Juif (raisonnement du Rav). Et si un Israélite avait un gage d’un non-Juif ou un garant non-Juif, et qu’un Israélite vint dire au prêteur de rendre au non-Juif son gage ou de libérer le garant non-Juif, se portant lui-même garant à sa place — il doit lui payer tout le capital et l’intérêt échu jusqu’à ce jour, mais non l’intérêt qui écherra désormais (Mordekhaï, chapitre Eizehou Nechekh, au nom du Raavya) ; à moins que le gage ne valût davantage, auquel cas il doit lui ajouter de l’intérêt jusqu’à concurrence de la valeur du gage, ou lui rendre son gage (Beit Yossef et Binyamin Zeev 364). Et si le non-Juif a consolidé le capital avec l’intérêt, alors même ce qui écherra ensuite est comme du capital et il doit lui payer le tout (Mordekhaï ; et selon le Teroumat HaDechen, le Roch aussi tient ainsi ; et Maharik, chorech 136), même si le gage ne valait pas autant, ou même s’il n’avait aucun gage mais a libéré un garant non-Juif qu’il avait.
Deux seifim, une seule mécanique. Dans les deux cas, un droit étranger fait du garant le premier débiteur ; et dès lors qu’il est le premier débiteur, il n’est plus un garant : il est un prêteur qui se retournera contre un Juif pour un intérêt. Le Taz le dit en une ligne.
« כי בדיניהם הלוה דוחה את המלוה על הערב שממנו יתבע החוב » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ד)

2. Le mécanisme — comment une signature devient un intérêt

On se représente l’intérêt comme un supplément versé par l’emprunteur au prêteur. Ici, personne ne verse rien de plus : un troisième homme signe, et c’est tout. L’interdit naît d’un détour, et le détour est une règle de procédure — non de finance.

Le droit non-juif, tel que le Mehaber le décrit, réclame le garant avant l’emprunteur. Le garant paie donc le premier — capital et intérêt —, puis se retourne contre l’emprunteur pour se faire rembourser ce qu’il a versé. Or ce qu’il a versé comprend de l’intérêt. Il réclame donc à un Juif un intérêt, et il le réclame en son nom propre.

La phrase du Mehaber est d’une précision d’horloger : elle ne dit pas que le garant paie de l’intérêt, elle dit qu’il en réclame.
« שכיון שבדיניהם תובע הערב תחלה נמצא הערב תובע את ישראל ברבית שהערב חייב בה לעובד כוכבים » (שו״ע יו״ד ק״ע:א)

De là suit tout le reste. Si le prêteur non-Juif accepte de ne pas réclamer le garant en premier, le détour disparaît : le garant n’est plus qu’un garant, et il n’y a plus d’intérêt qui passe d’un Juif à un Juif.

« לפיכך אם קבל עליו העובד כוכבים שלא יתבע את הערב תחלה הרי זה מותר » (שו״ע יו״ד ק״ע:א)
Le point que l’on manque une fois sur deux. Le seif 2 est plus sévère que le seif 1, et non moins. Au seif 1, l’intérêt final est encaissé par un non-Juif ; au seif 2, il est encaissé par un Juif. Le Chakh en tire que le seif 2 interdit même hors du cas du ערב שלוף דוץ.
« ע״ק אפי׳ אינו ערב שלוף דוץ משום דנמצא שממונו של מלוה מתרבה אצל הקבלן ואשתכח דישראל מישראל קא שקיל » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ג)

3. Contexte — la baraïta, la guemara, le Rambam, le Tour et le Beit Yossef

La source est une baraïta rapportée au chapitre איזהו נשך. Elle lit le verset du גר תושב et en tire une permission, très large en apparence :

« תָּנוּ רַבָּנַן: ״אַל תִּקַּח מֵאִתּוֹ נֶשֶׁךְ וְתַרְבִּית״ – אֲבָל אַתָּה נַעֲשֶׂה לוֹ עָרֵב » (בבא מציעא ע״א ע״א)

La guemara demande aussitôt : garant de qui ? Si c’est d’un Juif, la michna a déjà dit que le garant transgresse. C’est donc d’un non-Juif — et là surgit la difficulté qui fait notre siman.

« אֶלָּא לְגוֹי וְכֵיוָן דְּדִינֵיהּ דְּגוֹי דְּאָזֵיל בָּתַר עָרְבָא, אִיהוּ נִיהוּ דְּקָא שָׁקֵיל מִינֵּיהּ רִבִּיתָא » (בבא מציעא ע״א ע״ב)

La réponse de Rav Chéchet est une distinction de for : le non-Juif a accepté d’être jugé selon le droit juif pour la procédure, et non pour l’intérêt.

« אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: שֶׁקִּיבֵּל עָלָיו לָדוּן בְּדִינֵי יִשְׂרָאֵל » (בבא מציעא ע״א ע״ב)
« אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: שֶׁקִּיבֵּל עָלָיו לָזוֹ, וְלֹא קִיבֵּל עָלָיו לָזוֹ » (בבא מציעא ע״א ע״ב)

Le Rambam reprend cette sugya presque mot pour mot, et c’est de lui que le Mehaber tient sa formulation.

« וְעַכּוּ״ם שֶׁהִלְוָה אֶת יִשְׂרָאֵל בְּרִבִּית אָסוּר לְיִשְׂרָאֵל אַחֵר לִהְיוֹת לוֹ עָרֵב » (רמב״ם הלכות מלווה ולווה פרק ה׳ הלכה ה׳)

Le Tour, lui, ajoute une image qui explique tout le siman d’un coup : le prêt se dédouble.

« הוי כאילו העכו״ם מלוה לישראל הערב והוא חוזר ומלוה לישראל » (טור יו״ד ק״ע)

Et il ajoute la remarque que le Rama transformera en glose : de son temps déjà, la pratique judiciaire avait changé.

« והאידנא אפי׳ סתמא נמי ככתוב דמי שהרי הן דנין כדיננו » (טור יו״ד ק״ע)

Le seif 2 vient, lui, du Raavad, que le Tour rapporte à la fin du siman.

« שאין ישראל רשאי להיות לו ערב אא״כ התנה עם העכו״ם שלא ידחנו אצל הערב כל זמן שיש בידו לפרוע » (טור יו״ד ק״ע)

4. Les concepts-clés de ce siman

ערב — le garant. Celui qui s’engage envers le prêteur à payer si l’emprunteur ne paie pas. Dans un ערב ordinaire, le prêteur doit d’abord se retourner contre l’emprunteur ; le garant n’est atteint qu’ensuite. Tout le siman se joue sur cet ordre — et sur les droits qui le renversent.
« ישראל שלוה מעות מעובד כוכבים ברבית אסור לישראל אחר להיות לו ערב » (שו״ע יו״ד ק״ע:א)
ערב קבלן — le garant solidaire. Un degré au-dessus : le prêteur peut réclamer le קבלן d’emblée, sans même s’adresser à l’emprunteur. Le Chakh en donne la formule la plus nette — son statut n’est plus celui d’un garant mais celui de l’emprunteur lui-même —, et c’est cette figure qui rend le seif 2 si dangereux.
« מיהו כ״ז בסתם ערב אבל ע״ק דינו כלוה עצמו והרי הוא כאילו פטר הלוה עצמו » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ט)
ערב שלוף דוץ — le garant substitué. Le cas extrême, et le seul que le second avis du Mehaber interdise : le prêteur n’a plus aucune action contre l’emprunteur, qui peut le renvoyer au garant. L’édition explique le nom par une plante dont on se frotte les mains — le garant « nettoie » l’emprunteur de la dette.
« דהיינו שאין דין המלוה עם הלוה כלל שהוא יכול לדחותו אצל הערב » (שו״ע יו״ד ק״ע:א)
צד אחד ברבית — l’intérêt suspendu à une éventualité. Au moment où la caution est donnée, rien n’est encore illicite : peut-être l’emprunteur paiera-t-il lui-même, et rien ne passera. L’interdit ne se réalise que si le garant est appelé. Le Taz montre que toute la divergence sur ce siman tient à ce concept, et à la question de savoir s’il est biblique ou rabbinique.
« ונ״ל דהאי איסור דערבות אם נעשה באיסור מקרי צד אחד ברבית » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ב)
משכון — le gage, à ne pas confondre avec la משכנתא. Le gage du seif 2 est un objet remis en garantie ; le prêt « repose » sur lui, et c’est pourquoi le Rama y voit un prêt fait au non-Juif plutôt qu’au garant. Le mot ne désigne pas ici la משכנתא — l’immeuble dont le prêteur consomme les fruits —, qui fait l’objet du siman קע״ב · 172.
« ודוקא בלא משכון אבל אם נותן לו משכון של עובד כוכבים בעד הקרן יכול לערב לו בעד הרבית דעיקר הלואה על המשכון » (שו״ע יו״ד ק״ע:ב)

5. Le tableau récapitulatif — les deux seifim, clause par clause

ClauseCe qu’elle ditRégime
Seif 1 — la règleUn Juif ne se porte pas garant d’un Juif qui a emprunté à intérêt d’un non-JuifInterdit
Seif 1 — la raisonLeur droit réclame le garant en premier : le garant réclamera donc l’intérêt à un Juif
Seif 1 — la sortieLe prêteur non-Juif accepte de ne pas réclamer le garant en premierPermis
Seif 1 — RamaDe nos jours, une caution ordinaire vaut cette acceptation — mais seulement là où telle est la coutumePermis sous condition de fait
Seif 1 — יש אומריםL’interdit ne vise que le ערב שלוף דוץ, où le prêteur n’a aucune action contre l’emprunteurAvis allégeant
Seif 1 — après coupL’emprunteur rembourse toute la perte causée, mais on ne lui dit pas de donner l’intérêtObligation partielle
Seif 1 — déjà payéCe qui a déjà été versé n’est pas repris — אבק רבית selon le RamaNon repris (contesté)
Seif 2 — la règleUn Juif ne se porte pas garant d’un non-Juif qui a emprunté à intérêt d’un JuifInterdit
Seif 2 — la sortieIl stipule que le prêteur ne le renverra pas au garant tant que le non-Juif peut payerPermis
Seif 2 — capital seul / intérêt seulGarant du capital sans l’intérêt, ou de l’intérêt sans le capitalPermis selon le Rama
Seif 2 — qui prend l’argentLe non-Juif doit prendre l’argent de la main du prêteur ; si c’est le Juif qui le prend, interditInterdit
Seif 2 — le gageAvec un gage du non-Juif pour le capital, on peut cautionner l’intérêtPermis selon le Rama
Seif 2 — libération du gageIl paie tout le capital et l’intérêt échu, non l’intérêt à venirObligation partielle
Seif 2 — זקיפהSi le non-Juif a consolidé capital et intérêt, tout devient capital et tout est dûObligation totale

6. Le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, le Pit’hei Techouva et les Nekoudot HaKessef

Deux seifim, et trente-six entrées d’appareil : dix ס״ק du Chakh, huit du Taz, dix du Baer Hetev, trois du Pit’hei Techouva et cinq des Nekoudot HaKessef. C’est là, et non dans le texte, que vit ce siman.

ש״ך — שפתי כהן (10 ס״ק)

ס״ק א — ה״ז מותר

Le Chakh élargit la permission du Mehaber : elle ne vaut pas seulement pour un prêt à taux forfaitaire, mais aussi pour un intérêt mensuel convenu.

« ל״מ הלוהו ק׳ בק״נ אלא אפילו התנה עמו לתת לו כך וכך רבית לחודש » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק א)

ס״ק ב — וי״א שאינו כו׳

Le ס״ק décisif du siman : il rapporte la position du Beit Yossef — rigueur לכתחלה, indulgence בדיעבד — et prend parti contre le Rama sur ce qui a déjà été payé.

« וכתב ב״י דלכתחלה מורים דכל שיכול לתבוע לערב תחלה אסור עד שיקבל עליו שלא לתבעו עד שיתבע הלוה תחלה » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ב)
« אבל בדיעבד סמכינן אהי״א והיכא דקיימי זוזי שבקינן להו כדין הספיקות שהמע״ה » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ב)
« מבואר מדבריו דבערב שלוף דוץ אפי׳ כבר פרע לו הרבית מוציאין מידו שלא כדעת הרב » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ב)
« ונלפע״ד דהר״י קרקוז״א גופי׳ לא הקיל בזה אלא בערב קבלן אבל לא בערב שלוף דוץ » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ב)

ס״ק ג — אסור לישראל להיות

Pourquoi le seif 2 est plus sévère que le seif 1 : ici l’argent du prêteur juif grossit chez le garant juif, et c’est un Juif qui prend d’un Juif.

« ע״ק אפי׳ אינו ערב שלוף דוץ משום דנמצא שממונו של מלוה מתרבה אצל הקבלן ואשתכח דישראל מישראל קא שקיל » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ג)

ס״ק ד — שיש לו לפרוע

« וירצה לשלם לאפוקי אלם או ברח וכה״ג » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ד)

ס״ק ה — שערב לו בעד הרבית

Le Chakh explique la condition tacite du Rama : il faut que le gage ait été acquis du garant, faute de quoi il serait garant hors du moment de la remise des fonds.

« ור״ל משום דאל״כ הוי ערב שלא בשעת מתן מעות לגבי הרבית » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ה)

ס״ק ו — אבל אם ישראל ערב ולקחן מידו כו׳

Une extension redoutable : la prise en main de l’argent par le Juif suffit à interdire, même sans aucune caution — mais si c’est le non-Juif qui verse l’intérêt, c’est permis.

« דכיון שאין שליחות לעובד כוכבים א״כ אין הישראל הלוקח המעות אלא לוה וכיון דלוקח המעות מיד ישראל אסור » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ו)
« אבל אם העובד כוכבים נותן הרבית שרי » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ו)

ס״ק ז — ודוקא בלא משכון

Le Chakh mesure l’objection du Levouch et la retourne : tout tient à savoir si la responsabilité du capital pèse, ou non, sur le Juif.

« והרי זה כלוה מעות מישראל וא״ל כ״ז שאני נותן לך דינר רבית לחודש לא יהא לך רשות לכופני לפרוע לך הקרן » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ז)
« אבל היכא דאין אחריות הקרן כלל על הישראל שרי כדכתב בד״מ דהוי כהילך זוז והלוה לפלוני דשרי » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ז)

ס״ק ח — אבל אם נותן משכון כו׳

La limite de l’indulgence du gage : elle ne vaut que pour la caution de l’intérêt.

« ודוקא כשערב לו בעד הרבית אבל כשערב לו בעד הקרן ג״כ אסור » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ח)

ס״ק ט — צריך לשלם לו כל הקרן והרבית

Le Chakh distingue le garant ordinaire du ערב קבלן : celui-ci est traité comme l’emprunteur lui-même.

« ובמשכון אפילו לא קנו מידו צריך לשלם כיון דעל פיו החזיר המשכון ה״ל כערב בשעת מתן מעות » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ט)
« מיהו כ״ז בסתם ערב אבל ע״ק דינו כלוה עצמו והרי הוא כאילו פטר הלוה עצמו » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק ט)

ס״ק י — אבל לא הרבית כו׳

Deux mots qui contredisent le Taz : même avec un acte d’acquisition, il ne paie pas l’intérêt futur.

« אפילו קנו מידו » (ש״ך יו״ד ק״ע ס״ק י)

ט״ז — טורי זהב (8 ס״ק)

ס״ק א — שבדיניהם תובע הערב תחילה

Le plus long ס״ק du siman. Le Taz y expose la ma’hloket de Rachi et du Rachba sur l’étendue de l’interdit, puis prouve du Talmud que l’intérêt est ici de rang biblique.

« דרש״י ס״ל לחומרא דאין היתר לישראל להיות ערב בעד עובד כוכבים אלא דוקא אם קיבל עליו המלוה שלא ליתבע הערב כלל » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק א)
« ורשב״א ושאר פוסקים ס""ל בזה מותר ואין איסור אלא בערב שלוף דוץ » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק א)
« ולענין הלכה כ׳ ב״י דלכתחלה מורין כדעת רש״י ודיעבד היכא דקיימי זוזי שבקינן להו כדין הספיקות » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק א)
« על כן נראה לע״ד ברור דרבית דאורייתא יש כאן כל שיש איסור ברור בהאי ערבות » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק א)

ס״ק ב — ואם עבר ונעשה ערב כו׳

Le Taz explique pourquoi Rabbénou Yits’haq Korkos allège : il tient l’ערבות pour un צד אחד ברבית, et donc pour de l’אבק רבית seulement.

« ונ״ל דהאי איסור דערבות אם נעשה באיסור מקרי צד אחד ברבית » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ב)
« משא״כ לדעת הטור דהוה רבית קצוצה ואה״נ אפילו כבר פרע לו הערב הרבית דמפקינן מיניה » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ב)

ס״ק ג — אבל אינו צריך לתת לו רבית

Le ס״ק le plus pratique : le Taz y traite du salaire versé à un garant, et de deux associés dont l’un emprunte à intérêt pour la société.

« ראובן נתן שכר לשמעון שיהיה ערב קבלן בעדו נגד לוי שילוה לו מעות » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ג)
« דהיינו בשני שותפים שנוטל אחד מהם מעות מעובד כוכבים ברבית לצורך השותפות ונותן הרבית מהשותפות והריוח חולקין שזהו רבית קצוצה » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ג)
« נראה דלפי דעת הרשב״א ודעימי׳ שמביא ב״י בריש סימן ק״ע דבישראל שנעשה ערב לעובד כוכבים בעד ישראל בעד קרן ורבית דאסור היינו דוקא בערב שלוף דוץ » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ג)

ס״ק ד — וכן עובד כוכבים שהלוה כו׳

En une ligne, la raison du seif 2 : le prêteur se trouve prêter au garant, et le garant prêter à l’emprunteur.

« כי בדיניהם הלוה דוחה את המלוה על הערב שממנו יתבע החוב » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ד)

ס״ק ה — ואם הישראל ערב לו בעד הקרן כו׳

Le grand צ״ע du Taz sur le Rama, développé sur plusieurs colonnes et laissé ouvert.

« צ״ע דעת רמ״א בזה דמשמע אפילו באיסור כגון שלוף דוץ ולפי הנראה שזה אסור » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ה)
« ע״כ צ״ע אם לעשות מעשה כהיתר זה של רמ״א » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ה)

ס״ק ו — או להיפך שערב לו רק בעד הרבית כו׳

Le Taz relève que le Rama a tranché de son propre raisonnement contre un décisionnaire ancien, le Baal HaTeroumot, sans même le citer.

« ובאמת קושיא היא על הרב רמ״א היאך כ׳ כאן מסברא דנפשיה נגד בה״ת שהוא פוסק קדמון » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ו)

ס״ק ז — אבל אם נותן לו משכון של עובד כוכבים בעד הקרן וכו׳

Sur le gage du non-Juif, le Taz se range au Ba’h — et les Nekoudot HaKessef le reprendront précisément ici.

« וכן עיקר לענ״ד » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ז)

ס״ק ח — אם לא שהמשכון היה שוה כו׳

Le Taz conclut le siman par une nafqa mina de חושן משפט : un acte d’acquisition oblige même un garant constitué après coup.

« ולפ״ז אם היה עושה זה הישראל קנין על זה היה חייב לשלם הכל דערב שלא בשעת מתן מעות מתחייב בקנין » (ט״ז יו״ד ק״ע ס״ק ח)

באר היטב (10 ס״ק)

ס״ק א — יתבע

« כתב ב״י ל״מ הלוהו ק׳ בק״ן אלא אפילו התנה עמו לתת לו כך וכך רבית לחדש מותר » (באר היטב יו״ד ק״ע ס״ק א)

ס״ק ב — לדחותו

« ודעת כל הפוסקים אינו כן ונ״ל דהר״י קורקסא גופא לא הקיל בזה אלא בערב קבלן אבל לא בערב שלוף דוץ » (באר היטב יו״ד ק״ע ס״ק ב)

ס״ק ג — לתת

« שאין הלוה צריך לשלם לו הרווחים שנותן המלוה לאחרים » (באר היטב יו״ד ק״ע ס״ק ג)

ס״ק ד — כבר

« והשיב דזה היתר גמור הוא דשכירות הזה אינו שייך להלואה דלא עלה על דעת הערב בתחלה כלל שיצטרך הוא לשלם » (באר היטב יו״ד ק״ע ס״ק ד)

ס״ק ה — ערב

« ואפי׳ אינו ערב שלוף דוץ אסור משום דנמצא שממונו של מלוה מתרבה אצל הקבלן ואשתכח דישראל מישראל קא שקיל רבית » (באר היטב יו״ד ק״ע ס״ק ה)

ס״ק ו — הקרן

« ובנה״כ השיג עליו וכתב דמה איסור יש לישראל להיות ערב בעד הרבית אפילו בשלוף דוץ ודאי ליכא איסורא כלל » (באר היטב יו״ד ק״ע ס״ק ו)

ס״ק ז — מידו

« כתב הש״ך דבזה אפילו לא נעשה ערב כלל אסור דכיון שאין שליחות לעובד כוכבים » (באר היטב יו״ד ק״ע ס״ק ז)

ס״ק ח — משכון

« שכן המנהג פשוט שישראל נותן משכון של עובד כוכבים בעד הקרן וערב בעד הרבית » (באר היטב יו״ד ק״ע ס״ק ח)

ס״ק ט — לשלם

« כ׳ הש״ך וא״צ לתבוע לא את הלוה ולא הערב עובד כוכבים » (באר היטב יו״ד ק״ע ס״ק ט)

ס״ק י — ואילך

« כתב הט״ז דאם היה עושה זה הישראל קנין על זה היה חייב לשלם הכל אף הרבית שיעלה מכאן ואילך » (באר היטב יו״ד ק״ע ס״ק י)

פתחי תשובה (3 ס״ק)

ס״ק א — אחר להיות לו ערב

Le ‘Hatam Sofer sur la dette dont l’intérêt a été consolidé d’avance : le garant ne cautionne alors que du capital.

« אודות ישראל הלוה ברבית מעובד כוכבים זוקף מיד הרבית על הקרן היינו שלוה עשר ומחייב עצמו מיד בשנים עשר אי שרי לישראל חבירו להיות ערב בעדו » (פתחי תשובה יו״ד ק״ע ס״ק א)
« אך בלוה מעובד כוכבים מיד שמודה שחייב לו מאתים הרי חייב לו באמת והוי קרן גמור ושוב נכנס ישראל ערב בעד קרן ולא בעד רבית » (פתחי תשובה יו״ד ק״ע ס״ק א)

ס״ק ב — כבר פרע

« עבה״ט שהט״ז חולק ועיין בזה בתשובת פרח מטה אהרן ח״א סימן ע״א » (פתחי תשובה יו״ד ק״ע ס״ק ב)

ס״ק ג — שערב לו בעד הרבית

Le Noda BiYehouda restreint la permission du Rama à un terme et à un intérêt fixés — et par là répond au Levouch et au Taz.

« לדידי נראה דלא התיר הרמ״א אלא לזמן ידוע שלוה העובד כוכבים מישראל לשנה או לשנתים בסך רבית ידוע » (פתחי תשובה יו״ד ק״ע ס״ק ג)
« אבל אם אין קצבה לדבר וכל זמן שלא יפרע העובד כוכבים יתחייב הערב זה אסור » (פתחי תשובה יו״ד ק״ע ס״ק ג)

נקודות הכסף (5 entrées, référencées au siman)

Entrée א — (סימן ק״ע בט״ז ס״ק א׳ ב׳) האריך

Contre le Taz ס״ק א–ב : le Chakh renvoie à ce qu’il a écrit dans son propre commentaire.

« להקשות על רמ״א והר״י קורקז״א מהש״ס וכבר קדמו בעל תשובת משאת בנימין בזה ובשפתי כהן כתבתי דלא קשה מידי » (נקודות הכסף יו״ד ק״ע)

Entrée ב — (בט״ז ס״ק ג׳) בסופו אבל ודאי מי שנותן שכירו׳ להערב שיתן הערב לבדו שטר עליו להמלוה בזה ודאי אסור דהא תכף נעשה לוה שלו כו׳

Sur le salaire du garant : le Chakh hésite là où le Taz interdisait, et invoque l’usage.

« ואני חוכך בזה דמ״מ השכר לאו שכר הלואה הוא אלא שכר מה שמתחייב הוא עצמו בעד חבירו וכדומה שכן נוהגין היתר » (נקודות הכסף יו״ד ק״ע)

Entrée ג — (בט״ז ס״ק ה׳) השיג

La réponse capitale au צ״ע du Taz : l’interdit ne porte pas sur l’engagement, mais sur son exécution.

« דמה איסור יש לישראל להיות ערב בעד הרבית אפי׳ בערב דשלוף דוץ ודאי ליכא איסורא כלל » (נקודות הכסף יו״ד ק״ע)
« ובכל הסי׳ דקאמרינן אסור לישראל להיות ערב היינו אסור לקיים ערבות שלו דהיינו שישלם הרבית אבל ודאי בערבות גרידא ליכא איסורא כלל » (נקודות הכסף יו״ד ק״ע)

Entrée ד — (בט״ז סק״ו) ובאמת קושיא היא על הרב כו׳

« לא קשה מידי כמו שאמרתי בשפתי כהן סעיף קטן ז » (נקודות הכסף יו״ד ק״ע)

Entrée ה — (בט״ז ס״ק ז׳) וכן עיקר לעניות דעתי

Sur le gage du non-Juif : le Chakh renverse le Taz et invoque l’usage répandu.

« ולע״ד ל״ד כלל. דבמשכון שאני דעיקר הלואה על המשכון » (נקודות הכסף יו״ד ק״ע)
« וכן המנהג פשוט שהישראל נותן משכון של עובד כוכבים בעד הקרן וערב בעד הרבית » (נקודות הכסף יו״ד ק״ע)

7. Le Rambam — הלכות מלווה ולווה, et non les הלכות מאכלות אסורות

Le bloc ריבית de Yoreh De‘ah a son Rambam propre, et ce ne sont pas les הלכות מאכלות אסורות où l’on cherche d’ordinaire les simanim voisins. Tout ce siman tient dans une seule halakha, la cinquième du cinquième chapitre.

« וְעַכּוּ״ם שֶׁהִלְוָה אֶת יִשְׂרָאֵל בְּרִבִּית אָסוּר לְיִשְׂרָאֵל אַחֵר לִהְיוֹת לוֹ עָרֵב » (רמב״ם הלכות מלווה ולווה פרק ה׳ הלכה ה׳)
« שֶׁכֵּיוָן שֶׁבְּדִינֵיהֶם שֶׁתּוֹבֵעַ הֶעָרֵב תְּחִלָּה נִמְצָא הֶעָרֵב תּוֹבֵעַ אֶת יִשְׂרָאֵל בְּרִבִּית שֶׁהֶעָרֵב חַיָּב בָּהּ לָעַכּוּ״ם » (רמב״ם הלכות מלווה ולווה פרק ה׳ הלכה ה׳)
« לְפִיכָךְ אִם קִבֵּל עָלָיו הָעַכּוּ״ם שֶׁלֹּא יִתְבַּע אֶת הֶעָרֵב תְּחִלָּה הֲרֵי זֶה מֻתָּר » (רמב״ם הלכות מלווה ולווה פרק ה׳ הלכה ה׳)
Le Mehaber recopie ici le Rambam presque à la lettre : même raison, même conclusion, même « לפיכך ». Ce qui manque au Rambam, c’est le seif 2 — le cas du non-Juif emprunteur, qui vient du Raavad par le Tour.

8. Cas pratiques modernes

SituationCe que le siman en dit
Je cosigne le prêt bancaire d’un ami, contracté auprès d’un établissement non juifC’est exactement le seif 1. La question à poser n’est pas « y a-t-il de l’intérêt ? » mais « qui la banque poursuit-elle en premier ? ». Si le contrat me met au même rang que l’emprunteur, ou avant lui, je suis dans le cas visé.
Le contrat de cautionnement stipule que la banque doit d’abord épuiser les recours contre l’emprunteurC’est la sortie du Mehaber, et le Rama la généralise à son époque. Mais le Rama y met une condition de fait : encore faut-il que telle soit la pratique effective, pas seulement la clause imprimée.
Je suis « caution solidaire » — la banque peut me réclamer d’embléeC’est le ערב קבלן du Chakh, dont il écrit que son statut est celui de l’emprunteur lui-même. C’est le cas le plus exposé du siman.
Mon ami ne peut plus payer, j’ai réglé le capital et les intérêts échus : que puis-je lui réclamer ?Le Rama tranche : toute la perte causée, oui ; l’intérêt en tant que tel, non. On ne dit à personne de verser de l’intérêt.
Il m’a déjà remboursé les intérêts que j’avais payés pour luiLe Rama ne les reprend pas — אבק רבית. Le Beit Yossef et le Taz les reprennent, tenant l’affaire pour de la רבית קצוצה. Le Chakh et les Nekoudot HaKessef soutiennent le Rama ; le litige se règle par המוציא מחבירו עליו הראיה.
Je garantis l’emprunt qu’un non-Juif contracte auprès d’un prêteur juifC’est le seif 2, et il est plus sévère : ici l’intérêt finit dans la poche d’un Juif. Il faut la stipulation du Rama — pas de renvoi au garant tant que le débiteur peut payer.
Je garantis seulement le capital ; les intérêts, le prêteur ira les chercher chez le débiteurLe Rama le permet. Mais le Taz laisse la chose en צ״ע, et le Noda BiYehouda ne l’admet que pour un terme et un taux fixés d’avance.
Je perçois une commission pour me porter garantLe Taz interdit lorsque le garant signe seul l’engagement envers le prêteur, car il devient aussitôt le créancier. Les Nekoudot HaKessef hésitent et rapportent que l’usage le permet, la commission rémunérant l’engagement et non l’attente de l’argent.
Deux associés : l’un emprunte à intérêt pour la société et impute l’intérêt aux comptes communsLe Taz y voit de la רבית קצוצה — le prêteur ne connaît que le signataire. Il indique la voie propre : que les deux associés empruntent et signent ensemble.
Le prêteur me remet un objet appartenant au débiteur non juif, en garantie du capitalLe Rama permet alors de cautionner l’intérêt, le prêt reposant sur le gage. Les Nekoudot HaKessef écrivent que c’est l’usage répandu, contre le Ba’h et le Taz.

9. Synthèse du Siman 170

Questions de compréhension

  1. Pourquoi le Mehaber écrit-il que le garant réclame l’intérêt, et non qu’il le paie ?
  2. Que faut-il vérifier, concrètement, pour se prévaloir de la glose du Rama sur « de nos jours » ?
  3. Quelle différence exacte entre un ערב, un ערב קבלן et un ערב שלוף דוץ, et laquelle des trois figures le second avis du Mehaber vise-t-il ?
  4. Pourquoi le seif 2 est-il plus sévère que le seif 1, alors qu’il paraît symétrique ?
  5. Sur quoi porte réellement le désaccord entre le Rama et le Taz : sur ce qui est interdit, ou sur ce que le tribunal reprend ?
  6. Que change la זקיפה — la consolidation de l’intérêt dans le capital — à la charge du garant ?

Pour aller plus loin

Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן ק״ע · Niveau 1 — Initiation · שלא יוכל ישראל להיות ערב לישראל שלוה מן העובד כוכבים ברבית
daattorah.com

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