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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Siman 171 — Ce que fait la זקיפה, et jusqu’où porte une raison

Un seul seif, une ‘hakira, et trois ma’hlokot qui en découlent
יורה דעה · סימן קע״א
דין עובד כוכבים שהלוה ברבית ונתגייר
🔥 Niveau Lamdan · תלמיד חכם
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Le siman tient en une ligne et il porte trois désaccords. Ils ont l’air indépendants ; ils ne le sont pas. Chacun se résout par la réponse que l’on donne à une seule question : l’arrêté de compte fait-il quelque chose au droit — l’intérêt devient-il du capital —, ou n’est-il qu’une date que les Sages ont choisie pour marquer une rigueur ?

Sujet : La nature de la זקיפה במלוה, et la portée d’une תקנה fondée sur le renom
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן קע״א · בבא מציעא ע״ב · טור · בית יוסף · ש״ך · ט״ז · באר היטב

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Table des matières

  1. גדר הזקיפה — la ‘hakira qui commande tout le siman
  2. מהרי״ק ותרומת הדשן — jusqu’où va l’intérêt recouvré ?
  3. לא זקפן כלל — le Chakh contre la Pericha, et la lecture du Maguid Michné
  4. שתיקת המחבר — lire un silence par sa source
  5. הרמ״ה והרא״ש — les Sages peuvent-ils faire payer un intérêt ?
  6. אי־הסימטריה — pourquoi les deux cas ne se traitent pas de même
  7. יסוד הסימן — תקנה שיסודה בשם ולא בממון

1. גדר הזקיפה — la ‘hakira qui commande tout le siman

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le seif fait dépendre tout le premier cas d’une date : celle de la זקיפה במלוה. Avant de demander quelles en sont les conséquences, il faut demander ce que cet acte fait.

Le seif, et la raison que le Tour lui donne
« ישראל שלוה מעות מהעובד כוכבים ברבית וזקפן עליו במלוה ונתגייר אם עד שלא נתגייר זקפן עליו במלוה גובה קרן ורבית » (שו״ע יו״ד קע״א:א)
« שהרי קודם שנתגייר חזר כולו כקרן דמשעת זקיפה חשוב כגבוי » (טור יו״ד קע״א)
‘Hakira : que fait l’arrêté de compte ? (א) Il transmue. L’intérêt est réputé perçu à cette date — חשוב כגבוי — et ce qui est perçu licitement ne redevient pas illicite : la dette nouvelle est entièrement du capital. (ב) Il ne fait rien, et n’est qu’un repère. Par la stricte loi, ce qui a couru pendant la période licite se recouvre de toute façon ; les Sages ont seulement choisi l’arrêté de compte comme la ligne à partir de laquelle ils imposent une rigueur.
Les deux avis sont écrits, et à la même page Le Tour et le Taz donnent (א) : dès l’arrêté, tout est réputé perçu. Le Maguid Michné, rapporté par le Chakh, par le Taz et par le Baer Hetev, donne (ב) : par la stricte loi il pourrait recouvrer, mais les Sages ont institué de suivre l’arrêté par rigueur.
« שהרי קודם שנתגייר חזר כולו כקרן דמשעת זקיפה חשוב כגבוי » (ט״ז יו״ד קע״א ס״ק א)
« וכתב הה״מ מן הדין יכול לגבות מה שעלה קודם שנתגייר אלא שחכמים תקנו לילך אחר זקיפה להחמיר » (ש״ך יו״ד קע״א ס״ק ב)
Nafka minot — et il y en a trois, ce sont les trois sections suivantes (1) L’intérêt qui court après l’arrêté de compte mais après la conversion : sur (א) il est du capital et se recouvre ; sur (ב) rien ne l’a transformé. (2) L’absence totale d’arrêté de compte : sur (א) il ne s’est rien passé, donc rien n’est devenu du capital ; sur (ב) la rigueur des Sages n’a pas de point d’accroche. (3) Le second cas du seif sans arrêté de compte, où le Chakh conclut par une rigueur.

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — le seif unique

דין עובד כוכבים שהלוה ברבית ונתגייר. ובו סעיף אחד:
ישראל שלוה מעות מהעובד כוכבים ברבית וזקפן עליו במלוה ונתגייר אם עד שלא נתגייר זקפן עליו במלוה גובה קרן ורבית ואם משנתגייר זקפן עליו במלוה גובה הקרן ולא הרבית אבל עובד כוכבים שלוה מישראל ברבית וזקף עליו את הרבית במלוה אע״פ שזקפן עליו אחר שנתגייר גובה את הקרן ואת הרבית שלא יאמרו בשביל מעותיו נתגייר זה וגובה הישראל ממנו אחר שנתגייר כל מעות הרבית שנתחייב בהם כשהיה עובד כוכבים:

2. מהרי״ק ותרומת הדשן — jusqu’où va l’intérêt recouvré ?

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Première conséquence, et elle est débattue nommément. Lorsque l’arrêté de compte a précédé la conversion, recouvre-t-on aussi l’intérêt qui a couru après elle ?

Ma’hloket, dans la lecture du Roch (א) Le Maharik, chorech 136. Chez le Roch, l’intérêt recouvré est seulement celui qui a couru avant la conversion. (ב) Le Terumat HaDechen, siman 303. Chez le Roch, même l’intérêt qui a couru après se recouvre, parce que dès l’arrêté de compte tout est devenu comme du capital. Et le Beit Yossef ajoute que les mots du Tour inclinent vers (ב).
« כתב מהרי״ק בשורש קל״ו דלהרא״ש כי זקפן עד שלא נתגייר דאמרינן דגובה רבית היינו דוקא רבית שעלה עד שלא נתגייר אבל לא רבית שעלה משנתגייר » (בית יוסף יו״ד קע״א)
« ובעל תרומת הדשן בסימן ש״ג חולק עליו דס״ל דלהרא״ש אף רבית שעלה משנתגייר גובה דמשעה שזקפו עליו במלוה הו״ל כוליה כקרן ולזה נוטין דברי רבינו » (בית יוסף יו״ד קע״א)
Le partage suit exactement la ‘hakira Le Terumat HaDechen raisonne par (א) : la transmutation est faite, il n’y a plus d’intérêt à interdire, ce qui s’accumule s’accumule sur du capital. Le Maharik raisonne par (ב) : la conversion reste la vraie frontière, et l’arrêté de compte ne l’a pas déplacée.
Trancher Le Chakh, au ס״ק א, suit le Terumat HaDechen et écrit qu’il est suivi par “les Aharonim”. Il renvoie en outre à la fin du siman précédent, où la même règle est écrite — et le renvoi est exact.
« אפי׳ רבית שעלה משנתגייר דמשעה שזקפו עליו במלוה ה״ל כולי׳ קרן כמו שנתבאר בסוף סי׳ הקודם. ת״ה והאחרונים » (ש״ך יו״ד קע״א ס״ק א)
« ואם זקף העובד כוכבים הקרן עם הרבית אז אפילו מה שיעלה עליו אח״כ הוי כקרן וצריך לשלם לו הכל » (רמ״א יו״ד ק״ע:ב)

3. לא זקפן כלל — le Chakh contre la Pericha

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Deuxième conséquence. Le seif ne parle que du cas où il y a eu un arrêté de compte. Et s’il n’y en a jamais eu ?

Kouchia Le Maguid Michné écrit que par la stricte loi on peut recouvrer, et que les Sages ont institué de suivre l’arrêté de compte par rigueur. Si la rigueur consiste à suivre l’arrêté, où il n’y en a pas eu, il ne resterait que la stricte loi — donc on recouvrerait. C’est la lecture de la Pericha.
« וכתב הה״מ מן הדין יכול לגבות מה שעלה קודם שנתגייר אלא שחכמים תקנו לילך אחר זקיפה להחמיר » (ש״ך יו״ד קע״א ס״ק ב)
« כ״נ מדברי ה״ה שכתב בפ״ה מה״מ די״מ דמן הדין גובה כל מה שעלה הרבית קודם שנתגייר אע״פ שלא זקפו עליו במלוה יכול לגבות אלא שחכמים תקנו לילך אחר זקיפה להחמיר » (בית יוסף יו״ד קע״א)
Réponse du Chakh Ce que le Maguid Michné a nommé, il l’a nommé לרבותא : pour dire le cas le plus fort. Même là où il y a eu un arrêté de compte — donc là où quelque chose plaidait pour recouvrer — les Sages ont resserré ; à plus forte raison là où il n’y a rien eu. Le Bah et l’Ateret Zahav écrivent de même, et non comme la Pericha.
« ומ״ש אחר זקיפה להחמיר לרבותא קאמר וכ״ש לא זקפו כלל דאסור אף במה שלא נתגייר וכ״כ הב״ח ועט״ז ולא כהפרישה » (ש״ך יו״ד קע״א ס״ק ב)
Ce qui départage les deux lectures La Pericha lit la phrase du Maguid Michné comme une condition : la rigueur s’attache à l’arrêté de compte, et sans lui elle n’a pas d’objet. Le Chakh la lit comme un exemple maximal : elle vaut a fortiori sans lui. Et l’on retrouve la ‘hakira : sur (א), l’arrêté de compte est ce qui produit l’effet, donc son absence devrait plutôt jouer contre le créancier — ce qui est bien la conclusion du Chakh.
Nafka mina Un prêt jamais arrêté en compte, dont le prêteur non-Juif s’est converti : selon la Pericha il recouvrerait l’intérêt antérieur à sa conversion, selon le Chakh il ne recouvre que le capital. Le Baer Hetev rapporte la position du Chakh, et donne les mêmes appuis.
« וכתב הרב המגיד דמן הדין יוכל לגבות מה שעלה קודם שנתגייר אלא שחכמים תקנו לילך אחר זקיפה להחמיר וכתב הש״ך דלרבותא קאמר דכ״ש אם לא זקפה כלל דאסור אף במה שלא נתגייר וכ״כ הב״ח ולבוש ודלא כפרישה » (באר היטב יו״ד קע״א ס״ק א)

4. שתיקת המחבר — lire un silence par sa source

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Troisième conséquence, et elle porte sur le second cas du seif. Le Mehaber écrit אע״פ שזקפן עליו אחר שנתגייר — donc il suppose un arrêté de compte. Et s’il n’y en a pas eu ?

Ma’hloket (א) Le Tour et certains décisionnaires. Il en va de même : on recouvre l’intérêt, puisque l’emprunt a été fait alors qu’il était non-Juif. (ב) Le Maguid Michné, au nom de “certains”, et le Rambam. Sans arrêté de compte, non.
« וה״ה נמי לא זקפן כלל. טור ויש פוסקים » (ש״ך יו״ד קע״א ס״ק ג)
« וה״ה נמי לא זקפן עליו במלוה כיון שלוה כשהיה עכו״ם צריך לפרוע הרבית » (טור יו״ד קע״א)
« כ״כ בנמק״י ובמגיד פ״ה בשם הרשב״א וכתב עוד המגיד שי״א שאם לא זקפן כלל אינו גובה אותם ושכן נראה מדברי הרמב״ם » (בית יוסף יו״ד קע״א)
Et voici la manière dont le Chakh tranche — elle vaut d’être retenue pour elle-même Il ne pèse pas les avis : il regarde d’où vient la formulation du Mehaber. Elle est recopiée du Rambam ; or le Rambam est réputé, selon le Maguid Michné, exclure le cas sans arrêté de compte. Le silence du Mehaber n’est donc pas une permission : c’est le silence de sa source. D’où וטוב להחמיר.
« אבל ה״ה כ׳ שי״א דלא זקפן לא וכ״נ דעת הרמב״ם ע״כ ולשון המחבר הועתק מהרמב״ם וטוב להחמיר » (ש״ך יו״ד קע״א ס״ק ג)
« ואם לא זקפן כלל יש פלוגתא בין הפוסקים אי גובה או לא וטוב להחמיר » (באר היטב יו״ד קע״א ס״ק ב)
Nafka mina, et une leçon de méthode Lire un silence du Choulhan Aroukh par l’ouvrage dont il recopie la langue est un outil puissant et limité : il vaut là où la recopie est établie — et ici elle l’est, le Chakh le dit expressément. Ailleurs, le même raisonnement serait une conjecture.

5. הרמ״ה והרא״ש — les Sages peuvent-ils faire payer un intérêt ?

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Reste une question que le seif tranche sans la nommer, et que le Tour et le Beit Yossef exposent longuement : le converti-emprunteur paie-t-il aussi l’intérêt qui a couru après sa conversion ?

Ma’hloket (א) Le רמ״ה, le Rambam et les disciples du Rachba. Il ne paie que l’intérêt antérieur à sa conversion. (ב) Le Roch. Il paie même celui qui a couru après, jusqu’au paiement.
« וכתב הרמ״ה שאינו נותן אלא רבית שעלה קודם שנתגייר אבל לא מה שעלה לאחר שנתגייר » (טור יו״ד קע״א)
« וא״א הרא״ש ז״ל כתב שנותן אפי׳ רבית שעלה לאחר שנתגייר עד שעת פרעון » (טור יו״ד קע״א)
« כן דעת הרמב״ם בפ״ה מה׳ מלוה ולוה וכ״נ שהוא דעת תלמידי הרשב״א » (בית יוסף יו״ד קע״א)
Le fond du désaccord, et il est considérable Après la conversion, prendre un intérêt de cet homme serait un interdit de la Torah. Le Roch l’assume et donne la raison : les Sages ont le pouvoir d’écarter une parole de la Torah, et même en matière de transgression. Le רמ״ה et le Rambam ne l’assument pas : la תקנה couvre ce qu’il devait déjà comme non-Juif, et pas au-delà.
« ונתן טעם דאף ע״ג דאיסורא דאורייתא קא עביד יש כח ביד חכמים לעקור דבר מן התורה ואפי׳ במקום עבירה » (בית יוסף יו״ד קע״א)
La conclusion, et elle est écrite deux fois Une fois dans le Beit Yossef, qui pèse le nombre et la raison ; une fois dans le seif lui-même, dont le dernier membre limite le recouvrement à ce dont il s’est rendu débiteur lorsqu’il était non-Juif. Le Mehaber n’a pas eu à trancher : il a écrit la conclusion dans sa formulation.
« ולענין הלכה נקיטינן כהרמב״ם והרמ״ה ותלמידי הרשב״א דרבים נינהו וכל שכן דמסתבר טעמייהו » (בית יוסף יו״ד קע״א)
« וגובה הישראל ממנו אחר שנתגייר כל מעות הרבית שנתחייב בהם כשהיה עובד כוכבים » (שו״ע יו״ד קע״א:א)

6. אי־הסימטריה — pourquoi les deux cas ne se traitent pas de même

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Reste à comprendre pourquoi les deux cas ne reçoivent pas le même traitement, alors que la braïta les traitait de la même façon.

Kouchia La braïta énonce les deux cas dans les mêmes termes, avec le même critère de date. Rabbi Yossi ne conteste que le second. Pourquoi seulement lui ?
« תָּנוּ רַבָּנַן: יִשְׂרָאֵל שֶׁלָּוָה מָעוֹת מִן הַנׇּכְרִי בְּרִבִּית, וּזְקָפָן עָלָיו בְּמִלְוֶה, וְנִתְגַּיֵּיר. אִם קוֹדֶם שֶׁנִּתְגַּיֵּיר זְקָפָן עָלָיו בְּמִלְוֶה – גּוֹבֶה אֶת הַקֶּרֶן וְגוֹבֶה אֶת הָרִבִּית. וְאִם לְאַחַר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר זְקָפָן עָלָיו בְּמִלְוֶה – גּוֹבֶה אֶת הַקֶּרֶן וְאֵינוֹ גּוֹבֶה אֶת הָרִבִּית » (בבא מציעא ע״ב ע״א)
« וְכֵן נׇכְרִי שֶׁלָּוָה מָעוֹת מִיִּשְׂרָאֵל בְּרִבִּית וּזְקָפָן עָלָיו בְּמִלְוֶה וְנִתְגַּיֵּיר, אִם עַד שֶׁלֹּא נִתְגַּיֵּיר זְקָפָן עָלָיו בְּמִלְוֶה – גּוֹבֶה אֶת הַקֶּרֶן וְגוֹבֶה אֶת הָרִבִּית. אִם מִשֶּׁנִּתְגַּיֵּיר זְקָפָן עָלָיו בְּמִלְוֶה – גּוֹבֶה אֶת הַקֶּרֶן וְאֵינוֹ גּוֹבֶה אֶת הָרִבִּית » (בבא מציעא ע״ב ע״א)
Terouts — la raison de Rabbi Yossi n’est pas une raison de prêt Elle est de réputation : si le converti se trouvait dispensé d’une dette du fait de sa conversion, on soupçonnerait qu’il s’est converti pour cela. Or cette crainte ne peut naître que là où le converti gagne — donc lorsqu’il est l’emprunteur. Lorsqu’il est le prêteur, sa conversion lui fait perdre, et personne ne dira qu’il s’est converti pour cet argent-là.
« רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: נׇכְרִי שֶׁלָּוָה מָעוֹת מִיִּשְׂרָאֵל בְּרִבִּית, בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ – גּוֹבֶה אֶת הַקֶּרֶן וְגוֹבֶה אֶת הָרִבִּית » (בבא מציעא ע״ב ע״א)
« אָמַר רָבָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי – כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ בִּשְׁבִיל מְעוֹתָיו נִתְגַּיֵּיר זֶה » (בבא מציעא ע״ב ע״א)
« שלא יאמרו בשביל מעותיו נתגייר זה » (שו״ע יו״ד קע״א:א)
Nafka minot (1) La rigueur du premier cas s’étend là où la transmutation n’a pas eu lieu ; la תקנה du second ne s’étend pas au-delà de ce qu’il devait comme non-Juif. (2) D’où le contraste : dans le premier cas, le Chakh élargit ce que l’on perd ; dans le second, le Beit Yossef restreint ce que l’on gagne.

7. יסוד הסימן — תקנה שיסודה בשם ולא בממון

Ce siman est court, et il enseigne deux choses qui ne se ressemblent pas.

La première est un outil : une date peut suffire à changer la qualification d’une somme. L’arrêté de compte n’ajoute rien au patrimoine et ne modifie aucun chiffre ; il refond ce qui existe en une dette nouvelle, et cette dette-là est du capital. Trois désaccords du siman tiennent à la seule question de savoir si cette refonte opère ou si elle ne fait que marquer.

La seconde est plus rare, et il faut la nommer précisément. La règle du second cas ne protège pas un patrimoine : elle protège un nom. Rabbi Yossi ne dit pas que le prêteur y a droit ; il dit qu’il ne faut pas que l’on puisse dire du converti qu’il s’est converti pour de l’argent. Une règle fondée sur ce que l’on dira a une portée exactement égale à ce que l’on pourrait dire — et pas un pouce de plus. C’est pourquoi elle ne joue que dans le sens où le converti gagnerait, et c’est pourquoi le seif, dans son dernier membre, la borne à ce dont il s’était rendu débiteur avant d’entrer dans l’alliance.

Le désaccord du רמ״ה et du Roch est le lieu où cette borne se discute, et il n’est pas mince : il demande jusqu’où une institution des Sages peut aller lorsqu’elle rencontre un interdit de la Torah. Le Roch répond qu’elle peut aller loin ; le Beit Yossef conclut avec ceux qui répondent qu’elle s’arrête où la raison qui la fonde s’arrête.
Le mot du siman n’est pas גר mais זקיפה — et là où la זקיפה ne décide plus, c’est un nom qui décide.

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קע״א · Niveau 2 — Lamdan · דין עובד כוכבים שהלוה ברבית ונתגייר
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