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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 187 — La femme qui saigne lors du rapport (רואה מחמת תשמיש) : מקור ou מכה, le diagnostic de la source, et l'allègement du Rama

Distinguer la source du sang — מקור utérin ou מכה / צדדין — pour découvrir et comprendre
יורה דעה · סימן קפ״ז
דין רואה מחמת תשמיש
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 187 : les 14 seifim du Mehaber et les gloses du Rama, texte hébreu vocalisé et traduction française fluide. Une femme voit du sang du fait du rapport (מחמת תשמיש) : devient-elle נדה ? et, si cela se répète, ce sang vient-il du מקור (utérus) ou d'une מכה / צדדין (une plaie, les parois) ? Tout le siman cherche à diagnostiquer la source et à alléger quand c'est possible. Un sujet à la fois médical et halakhique : toute décision concrète se prend avec le Rav et un médecin.

Sujet : La femme qui voit du sang du fait du rapport — מקור ou מכה, diagnostic de la source, נאמנות, allègement du Rama
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן קפ״ז

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Avertissement de lecture. Ce siman touche à l'intimité conjugale et à la santé de la femme. Le registre y est volontairement sobre et clinique. Aucune des situations décrites ne se tranche par soi-même : un saignement lié au rapport est à la fois une question médicale et une question halakhique. La règle, dans tout ce siman, est de consulter un Rav compétent en הלכות נדה ET un médecin (gynécologue) — jamais d'auto-diagnostic.

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Mehaber : les 14 seifim, par groupes thématiques
2. Contexte : pourquoi ce sang pose un double problème (נדה + interdiction au mari)
3. Les concepts-clés : מקור / צדדין, מכה, שפופרת, וסת, חזקה, נאמנות…
4. Le diagnostic de la source : le tableau מקור / מכה / וסת
5. Le Shach et le Taz : qui ils sont, quelques entrées-clés
6. La glose du Rama (הגה) — l'allègement « אין אנו נוהגין להוציאה »
7. חזקת ג' פעמים : pourquoi trois fois, et la séquence des maris
8. Cas pratiques modernes : saignement de contact, שפופרת d'hier / médecine d'aujourd'hui
9. Synthèse et questions de compréhension

1. Le texte du Mehaber — les 14 seifim

Le Siman 187 traite d'un cas précis et délicat des הלכות נדה : une femme qui voit du sang du fait même du rapport (מחמת תשמיש), immédiatement après. Ce sang pose un double problème : d'une part il la rend נדה ; d'autre part, s'il se répète, l'inquiétude qu'il vienne du מקור (l'utérus) la rendrait interdite à ce mari. Tout le siman cherche donc à distinguer la source du sang — מקור (utérus) contre מכה / צדדין (une plaie, ou les parois) — et à alléger chaque fois que c'est possible. Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute ses gloses (הגה), dont l'allègement majeur du siman : aujourd'hui on ne force plus le divorce. Découvrons les seifim par groupes.

Groupe A — La חזקה de trois fois et le diagnostic de la source (seifim 1-3)

Seif 1 — Trois fois de suite (רמ״ת 3×), la séquence des maris, et l'allègement du Rama

אִשָּׁה שֶׁרָאֲתָה דָּם מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ — מִיָּד, בִּכְדֵי שֶׁתּוֹשִׁיט יָדָהּ לְתַחַת הַכַּר אוֹ לְתַחַת הַכֶּסֶת וְתִטּוֹל עֵד לִבְדּוֹק בּוֹ וּתְקַנֵּחַ עַצְמָהּ — מְשַׁמֶּשֶׁת שָׁלֹשׁ פְּעָמִים; אִם בְּכָל שָׁלֹשׁ פְּעָמִים רְצוּפִים רָאֲתָה דָּם (וְכָל שֶׁכֵּן אִם מָצְאָה שָׁלֹשׁ פְּעָמִים דָּם עַל עֵד שֶׁלּוֹ) — אֲסוּרָה לְשַׁמֵּשׁ עִם בַּעַל זֶה, אֶלָּא תִּתְגָּרֵשׁ וְתִנָּשֵׂא לְאַחֵר. נִשֵּׂאת לְאַחֵר וְרָאֲתָה דָּם מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ שָׁלֹשׁ פְּעָמִים רְצוּפִים — אֲסוּרָה לְשַׁמֵּשׁ גַּם עִם אוֹתוֹ בַּעַל, אֶלָּא תִּתְגָּרֵשׁ וְתִנָּשֵׂא לִשְׁלִישִׁי; וְאִם גַּם עִם הַשְּׁלִישִׁי רָאֲתָה דָּם מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ שָׁלֹשׁ פְּעָמִים רְצוּפִים — לֹא תִּנָּשֵׂא לְאַחֵר, אֶלָּא אֲסוּרָה לַכֹּל עַד שֶׁתִּבְדּוֹק. (הגה: וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאֵין אָנוּ נוֹהֲגִין לְהוֹצִיאָהּ.)
Une femme qui voit du sang du fait du rapport, immédiatement — dans le temps qu'il faut « pour tendre la main sous le coussin, prendre un linge de vérification (עֵד) et s'essuyer » (la mesure de l'immédiateté) — et cela trois fois de suite (וכל שכן si on a trouvé trois fois du sang sur son linge à lui) : elle devient interdite à ce mari ; elle se sépare et épouse un autre. Si, avec le deuxième, elle revoit du sang du fait du rapport trois fois de suite → interdite aussi à celui-là ; elle se sépare et épouse un troisième. Et si, avec le troisième aussi, cela se répète trois fois → elle n'épouse plus personne et reste interdite à tous jusqu'à une בדיקה (vérification, seif 2). Glose du Rama : certains disent « nous n'avons pas l'usage de la faire sortir (divorcer) » (אין אנו נוהגין להוציאה).
L'idée centrale : il faut trois fois consécutives (חזקה de ג' פעמים) pour établir que ce saignement n'est pas un hasard, mais le signe d'un מקור qui réagit au rapport. La séquence des maris (premier → deuxième → troisième) vérifie si le problème tient à elle ou à la combinaison avec ce mari — car, comme le note le Taz, אֵין כָּל הָאֶצְבָּעוֹת שָׁווֹת (« tous ne sont pas pareils ») : le corps de chaque mari diffère. Et surtout : le Rama tranche l'allègement majeur du siman — aujourd'hui on ne force plus le divorce.

Seif 2 — Comment vérifier : la בדיקת שפופרת (le diagnostic מקור / צדדין)

כֵּיצַד בּוֹדֶקֶת — נוֹטֶלֶת שְׁפוֹפֶרֶת (פֵּירוּשׁ: קָנֶה חָלוּל שֶׁל עוֹפֶרֶת) שֶׁל אֵבֶר, וּפִיהָ רָצוּף לְתוֹכָהּ, וְנוֹתֶנֶת בְּתוֹכָהּ מִכְחוֹל וּבְרֹאשׁוֹ מוֹךְ, וּמַכְנֶסֶת אוֹתוֹ בְּאוֹתוֹ מָקוֹם עַד מָקוֹם שֶׁהַשַּׁמָּשׁ דָּשׁ; נִמְצָא דָּם עַל רֹאשׁוֹ — בְּיָדוּעַ שֶׁהוּא מִן הַמָּקוֹר, וַאֲסוּרָה; וְאִם לָאו — בְּיָדוּעַ שֶׁהוּא מִן הַצְּדָדִין, וּמֻתֶּרֶת. (וְאַף בַּזְּמַן הַזֶּה יֵשׁ לִסְמוֹךְ אַבְּדִיקָה זוֹ.)
Comment vérifie-t-elle ? On prend une שפופרת — un tube creux (ici en plomb) à la mesure de l'organe — dont le bord est lissé ; on y introduit un מכחול (une tige de sondage) garni à son extrémité de מוֹך (ouate), et on l'enfonce jusqu'à l'endroit que le rapport atteint. Si du sang apparaît au bout du sondage → c'est connu qu'il vient du מקור (l'utérus) → elle est interdite. Sinon → c'est connu qu'il vient des צדדין (les parois) → elle est permise. (Et même aujourd'hui, on peut se fier à cette vérification.)
Le cœur du siman : tout repose sur d'où vient le sang. La שפופרת isole les parois (צדדין) du fond (מקור) : si le sang n'est qu'aux parois, ce n'est pas un saignement utérin et il n'interdit pas au mari. Le Mehaber précise qu'« même aujourd'hui » on s'appuie sur ce diagnostic. C'est exactement la logique que prolonge, de nos jours, l'examen médical : déterminer la source. En pratique, ce diagnostic passe par un médecin et un Rav — jamais par soi-même.

Seif 3 — Vérifier sous le premier mari ; le rôle de la douleur (צער / כאב)

אִם רוֹצָה לִבְדּוֹק עַצְמָהּ בְּעוֹדָהּ תַּחַת הָרִאשׁוֹן, אַחַר שֶׁשִּׁמְּשָׁה שָׁלֹשׁ פְּעָמִים — הָרְשׁוּת בְּיָדָהּ, וּמֻתֶּרֶת לוֹ. וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאֲסוּרָה לָרִאשׁוֹן מִתַּשְׁמִישׁ שְׁלִישִׁי וְאֵילָךְ אֲפִלּוּ בִּבְדִיקָה. (הגה: וְיֵשׁ לִסְמוֹךְ אַסְּבָרָא רִאשׁוֹנָה לְהָקֵל. וְאִם הִרְגִּישָׁה צַעַר וּכְאֵב בִּשְׁעַת תַּשְׁמִישׁ, לְכֻלֵּי עָלְמָא יֵשׁ לִסְמוֹךְ אַבְּדִיקָה בַּבַּעַל הָרִאשׁוֹן.)
Si elle veut se vérifier alors qu'elle est encore avec le premier mari, après avoir vu trois fois → elle en a le droit, et elle lui est permise (si la בדיקה le confirme). Certains (י״א) tiennent qu'elle est interdite au premier dès le troisième rapport, même par une בדיקה. Glose du Rama : on s'appuie sur la première opinion pour alléger ; et si elle a ressenti gêne et douleur (צער וכאב) pendant le rapport, alors de l'avis de tous (לכ״ע) on s'appuie sur la בדיקה même avec le premier mari (Ritzva) — car la douleur indique une plaie, non le מקור.
Pourquoi la douleur change tout : une douleur au rapport oriente vers une plaie (מכה) plutôt que vers un saignement utérin. C'est un indice clinique que la halakha prend au sérieux : là où, sans douleur, certains hésitent à autoriser le premier mari par une simple בדיקה, la présence de douleur fait l'unanimité pour s'appuyer sur la vérification. Mais l'évaluation de cette douleur et de son sens relève du Rav et du médecin.

Groupe B — Ce qu'on peut « rattacher » (תולין) : וסת, מכה, נאמנות (seifim 4-7)

Seif 4 — Rapport proche du וסת → on rattache au וסת

אִם שִׁמְּשָׁה סָמוּךְ לְוִסְתָּהּ — אָנוּ תּוֹלִין רְאִיָּתָהּ מִשּׁוּם וִסְתָּהּ, וְלֹא חָשְׁבִינַן לָהּ רוֹאָה מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ.
Si elle a eu un rapport proche de son וסת (la date attendue de ses règles), on rattache sa vue à son וסת et on ne la compte pas comme « voyant du fait du rapport ». Ce sang-là est le sang régulier de ses règles, qui se serait manifesté de toute façon ; il n'entre donc pas dans la חזקה des trois fois de רמ״ת.
Premier « rattachement » (תולין) : avant de conclure « מחמת תשמיש », on cherche une autre cause connue au sang. Si le rapport tombe à la veille des règles, la cause évidente est le וסת, pas le rapport. C'est le premier outil d'allègement du siman : ne pas imputer au rapport un sang qui a sa propre explication.

Seif 5 — Une plaie à cet endroit (מכה) → on rattache ; le ספק ספיקא du Rama

אִם יֵשׁ מַכָּה בְּאוֹתוֹ מָקוֹם — תּוֹלִין בְּדַם מַכָּתָהּ; וְאִם דַּם מַכָּתָהּ מְשֻׁנֶּה מִדַּם רְאִיָּתָהּ — אֵינָן תּוֹלִים בְּדַם מַכָּתָהּ. (הגה: וְכָל זֶה בְּאִשָּׁה שֶׁיֵּשׁ לָהּ וֶסֶת קָבוּעַ, וְאָז יְכוֹלִין לִתְלוֹת שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת וִסְתָּהּ בְּמַכָּתָהּ, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינָהּ יוֹדַעַת בְּוַדַּאי שֶׁמַּכָּתָהּ הוֹצִיאָה דָּם. וְכֵן אִם אֵין לָהּ וֶסֶת קָבוּעַ וְהוּא סָפֵק אִם הַדָּם בָּא מִן הַמָּקוֹר אוֹ מִן הַצְּדָדִין — תָּלִינַן בְּמַכָּה מִכֹּחַ סְפֵק סְפֵיקָא: סָפֵק מִן הַצְּדָדִין אוֹ מִן הַמָּקוֹר, וְאִם תֹּאמַר מִן הַמָּקוֹר — שֶׁמָּא הוּא מִן הַמַּכָּה. אֲבָל אִם יָדוּעַ שֶׁבָּא מִן הַמָּקוֹר, אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ לָהּ מַכָּה בַּמָּקוֹר — אֵינָהּ תּוֹלָה בְּמַכָּה אִם אֵין לָהּ וֶסֶת קָבוּעַ, אֶלָּא אִם כֵּן יוֹדַעַת בְּוַדַּאי שֶׁמַּכָּתָהּ מוֹצִיאָה דָּם.)
S'il y a une plaie (מכה) à cet endroit, on rattache le sang à sa plaie. Mais si le sang de la plaie diffère (מְשֻׁנֶּה, par sa couleur) du sang de ses vues → on ne le rattache pas à la plaie. Glose du Rama : tout ceci pour une femme qui a un וסת קבוע (cycle régulier) ; alors, hors des jours du וסת, on peut rattacher à la plaie même sans savoir avec certitude qu'elle a saigné. De même, si elle n'a pas de וסת קבוע et qu'il y a doute (מקור ou צדדין) → on rattache à la plaie par ספק ספיקא (double doute) : peut-être des צדדין ; et même si du מקור, peut-être de la plaie. Mais si l'on sait que cela vient du מקור, même avec une plaie au מקור, on ne rattache pas à la plaie (sans וסת קבוע), sauf certitude que la plaie saigne.
ספק ספיקא« double doute » : un principe d'allègement où s'empilent deux incertitudes indépendantes qui, ensemble, autorisent. Ici (Rama) : peut-être le sang vient des parois (et alors permis) ; et même si du מקור, peut-être de la plaie (et alors aussi permis). Cet empilement penche vers le permis.

Seif 6 — נאמנות : « j'ai une plaie » / « je suis sûre que ce n'est pas du מקור »

נֶאֱמֶנֶת אִשָּׁה לוֹמַר „מַכָּה יֵשׁ לִי בְּאוֹתוֹ מָקוֹם שֶׁהַדָּם יוֹצֵא מִמֶּנָּה‟; וְכֵן אִם אוֹמֶרֶת „בָּרִי לִי שֶׁאֵין דָּם זֶה בָּא מִן הַמָּקוֹר‟ — נֶאֱמֶנֶת וּטְהוֹרָה.
Une femme est crue (נאמנת) de dire « j'ai une plaie à l'endroit d'où ce sang sort » ; de même si elle dit « je suis sûre (ברי לי) que ce sang ne vient pas du מקור » → elle est crue, et טהורה (pure).
La נאמנות de la femme : la halakha reconnaît que la femme connaît son corps. Sa déclaration — « j'ai une plaie », ou « je suis certaine que ce n'est pas utérin » — a une valeur halakhique réelle et peut suffire à la déclarer pure. Cette נאמנות s'exerce néanmoins dans un cadre : c'est le Rav qui en apprécie la portée dans chaque situation, souvent éclairé par le constat médical d'une plaie.

Seif 7 — Une seule trace, d'un seul côté, avec douleur localisée

אִם כָּל זְמַן שֶׁהִיא בּוֹדֶקֶת בְּכָל הַחוֹרִים וְהַסְּדָקִים אֵינָהּ מוֹצֵאת כְּתָמִים כִּי אִם בְּמָקוֹם אֶחָד בַּצְּדָדִין — יֵשׁ לִתְלוֹת שֶׁמִּמַּכָּה שֶׁבְּאוֹתוֹ צַד בָּא; וְכָל שֶׁכֵּן אִם מַרְגֶּשֶׁת בִּשְׁעַת בְּדִיקָה כְּשֶׁנּוֹגַעַת בְּצַד הַמָּקוֹם הַהוּא כּוֹאֵב לָהּ קְצָת, וּבִשְׁאָר חוֹרִים וּסְדָקִים אֵינָהּ מַרְגֶּשֶׁת כְּאֵב כְּלָל.
Si, chaque fois qu'elle vérifie tous les replis (חורים וסדקים), elle ne trouve de trace qu'à un seul endroit, sur le côté (בצדדין) → on peut rattacher à une plaie de ce côté-là. À plus forte raison si, en touchant ce point précis pendant la vérification, elle y ressent une légère douleur, et nulle part ailleurs.
La localisation et la douleur ciblée sont des indices convergents : une trace toujours au même endroit latéral, douloureuse au toucher seulement là, désigne une plaie locale — donc un sang des צדדין, non du מקור. Constater cette localisation relève typiquement de l'examen médical, dont le Rav tient compte.

Groupe C — רפואה, guérison et « בזמן הזה » (seifim 8-10)

Seif 8 — Le traitement (רפואה) : avant ou après que la chose soit établie

אִם תִּרְצֶה לְהִתְרַפְּאוֹת — צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא קוֹדֶם שֶׁתִּתְחַזֵּק; אֲבָל לְאַחַר שֶׁתִּתְחַזֵּק, יֵשׁ מִסְתַּפְּקִים אִם מֻתָּר לִסְמוֹךְ עַל הָרְפוּאָה לְשַׁמֵּשׁ אַחַר כָּךְ. וְיֵשׁ מִי שֶׁמַּתִּיר אִם אָמַר לָהּ רוֹפֵא יִשְׂרָאֵל „נִתְרַפֵּאת‟. וְאִם תִּרְאֶה הָאִשָּׁה שֶׁפָּסַק דַּם וִסְתָּהּ וּרְאִיָּתָהּ עַל יְדֵי הָרְפוּאוֹת וְנִכָּר שֶׁהוֹעִילוּ — יֵשׁ לִסְמוֹךְ אַף עַל עוֹבֵד כּוֹכָבִים.
Si elle veut se faire soigner : il faut que ce soit avant que la chose ne soit établie (קודם שתתחזק, avant la חזקה des trois fois). Après, certains hésitent à autoriser de se fier au traitement pour reprendre la vie conjugale. Un avis permet si un médecin juif lui a dit « tu es guérie ». Et si la femme constate que le saignement a cessé grâce aux traitements et qu'on voit qu'ils ont agi, on peut s'appuyer même sur un médecin non-juif.
La place de la médecine : le siman lui-même articule halakha et soin. Tant que la חזקה n'est pas établie, un traitement résout la question. Une fois établie, la halakha exige davantage de garanties — le constat d'un médecin, et la preuve visible que le traitement a réussi. C'est une illustration directe du fait que ce domaine se gère avec un médecin et un Rav.

Seif 9 — Frayeur soudaine, חררת דם, et « בזמן הזה » (aujourd'hui)

הִפְחִידוּהָ פִּתְאוֹם וְנָפַל מִמֶּנָּה חֲרָרַת דָּם וְנִתְרַפֵּאת — מֻתֶּרֶת לְבַעְלָהּ; וְאִם חָזְרָה וְרָאֲתָה מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ אֲפִלּוּ פַּעַם אַחַת — בְּיָדוּעַ שֶׁלֹּא נִתְרַפֵּאת. וּבַזְּמַן הַזֶּה אֵין מַתִּירִין עַל יְדֵי רְפוּאָה זוֹ; וּמִיהוּ אֵין מוֹצִיאִין אוֹתָהּ מִבַּעְלָהּ אַחַר רְפוּאָה זוֹ עַד שֶׁתִּבָּעֵל וְתַחֲזוֹר לְקִלְקוּלָהּ.
Si on l'a effrayée soudain et qu'une croûte de sang (חררת דם) en est tombée, et qu'elle a guéri → elle est permise à son mari. Mais si elle revoit du sang du fait du rapport, même une seule fois → c'est connu qu'elle n'a pas guéri. Et aujourd'hui (בזמן הזה), on ne permet plus par ce moyen (cette « guérison » par la frayeur — Ramban et Raavad). Néanmoins, on ne sépare pas la femme de son mari après une telle « guérison », tant qu'elle n'a pas eu un rapport qui la ramène à son trouble.
« בזמן הזה » — aujourd'hui : ce seif montre que la halakha distingue ce qui valait à une époque et ce que l'on retient en pratique aujourd'hui. On ne s'appuie plus sur certains « remèdes » d'autrefois — mais, à l'inverse, la médecine moderne peut, elle, diagnostiquer la source avec précision (seif 2). Toute application concrète revient au Rav, avec le médecin.

Seif 10 — Vue au moment du rapport ; ליל טבילה ; דילוג ; la glose du Rama

הָרוֹאָה דָּם בִּשְׁעַת תַּשְׁמִישׁ — מֻתֶּרֶת לְשַׁמֵּשׁ פַּעַם שְׁנִיָּה כְּשֶׁתִּטְהַר; מִיהוּ מֵיחַשׁ חָיְישִׁינַן חֲדָא זִימְנָא אַחַר רְאִיָּתָהּ. כְּגוֹן רָאֲתָה פַּעַם אַחַת אוֹ פַּעֲמַיִם בְּלֵיל טְבִילָתָהּ — כְּשֶׁתַּגִּיעַ טְבִילָה אַחֶרֶת צְרִיכָה לִפְרוֹשׁ לֵיל טְבִילָתָהּ, וְאֵין צָרִיךְ לִפְרוֹשׁ לֵיל טְבִילָה שְׁלִישִׁית, דְּכָל מִידֵּי דְּלָא קָבְעָה וֶסֶת לֹא חָיֵישׁ אֶלָּא חֲדָא זִימְנָא. (הגה: וְאִם רָאֲתָה שָׁלֹשׁ פְּעָמִים בְּכָל פַּעַם בְּבִיאָה רִאשׁוֹנָה שֶׁאַחַר טְבִילָתָהּ — אֲסוּרָה לְבַעְלָהּ כְּאִלּוּ רָאֲתָה שָׁלֹשׁ פְּעָמִים רְצוּפִים, שֶׁהֲרֵי אִי אֶפְשָׁר לָהּ לִטְבּוֹל וּלְשַׁמֵּשׁ עִמּוֹ, שֶׁהֲרֵי הִיא רוֹאָה כָּל פַּעַם אַחַר טְבִילָתָהּ.)
Celle qui voit du sang au moment du rapport est permise une seconde fois quand elle se sera purifiée ; néanmoins, on craint une fois après sa vue. Par exemple : si elle a vu une ou deux fois le soir de sa טבילה (le bain rituel), à la טבילה suivante elle s'écarte le soir de la טבילה — mais pas au troisième, car tant qu'aucun וסת n'est fixé, on ne craint qu'une seule fois. Glose du Rama : mais si elle a vu trois fois, chaque fois au premier rapport qui suit sa טבילה → elle est interdite à son mari, comme si elle avait vu trois fois de suite — car il lui est impossible de faire la טבילה et de reprendre la vie conjugale, puisqu'elle voit chaque fois après sa טבילה.
דילוג et « une seule fois » : sans habitude fixée (וסת), un saignement isolé ne crée qu'une crainte ponctuelle, pas une interdiction durable. Mais le Rama souligne le cas grave : un saignement systématique au premier rapport après chaque טבילה revient, de fait, à une חזקה — car la femme ne peut jamais reprendre la vie conjugale. La gestion du calcul des jours et des écarts relève du Rav.

Groupe D — וסת de רמ״ת, שליש, בתולה, et l'impossibilité de טבילה (seifim 11-14)

Seif 11 — Après six mois ; le וסת propre au רמ״ת

אִשָּׁה שֶׁרָאֲתָה מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ, וּלְאַחַר חֲצִי שָׁנָה חָזְרָה וְרָאֲתָה מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ — מֻתֶּרֶת לְבַעְלָהּ, שֶׁהֲרֵי לֹא קָבְעָה בִּשְׁלֹשָׁה וְסָתוֹת שָׁוִים וְלֹא בְּדִילּוּג; מִיהוּ חוֹשֶׁשֶׁת לָאַחֲרוֹן פַּעַם אַחַת. וְאִם קָבְעָה וֶסֶת לִרְאִיַּת דָּם מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ שְׁלֹשָׁה זִימְנֵי וֶסֶת שָׁוֶה — מֻתֶּרֶת לְשַׁמֵּשׁ בֵּין וֶסֶת לְוֶסֶת, אַךְ יְמֵי הַוֶּסֶת פּוֹרֶשֶׁת עַד שֶׁיֵּעָקֵר שָׁלֹשׁ פְּעָמִים.
Une femme qui a vu du sang du fait du rapport, et qui, après une demi-année, revoit du sang du fait du rapport → elle est permise à son mari, car elle n'a pas fixé d'habitude (ni par trois וסתות identiques, ni par דילוג) ; néanmoins, elle craint la dernière fois, une fois. Mais si elle a fixé un וסת de saignement « מחמת תשמיש » par trois fois à intervalle régulier → elle est permise entre les וסתות, mais s'écarte aux jours du וסת jusqu'à ce que ce וסת soit « déraciné » trois fois.
Un וסת qui n'en est pas un : deux saignements espacés de six mois ne forment pas une habitude établie → permis. Mais si le saignement de רמ״ת revient à intervalle régulier trois fois, il devient lui-même un וסת : la femme s'écarte aux jours attendus, sans être interdite le reste du temps. Le calcul de ces dates est l'affaire du Rav.

Seif 12 — On ne diffère le divorce que par un tiers (שליש), et avec témoins

הָרוֹאָה מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ שָׁלֹשׁ פְּעָמִים — אָסוּר לְהַשְׁהוֹתָהּ, אַף אִם אֵינוֹ רוֹצֶה לָבוֹא עָלֶיהָ, אֶלָּא אִם כֵּן רוֹצֶה לְהַשְׁהוֹתָהּ עַל יְדֵי שָׁלִישׁ; וְלֹא יֵלֵךְ אֶצְלָהּ אֶלָּא בְּעֵדִים.
Pour celle qui voit du sang du fait du rapport trois fois (et doit donc se séparer de ce mari), il est interdit de la garder (de différer le divorce) — même s'il ne compte plus avoir de rapport avec elle — sauf s'il accepte de la garder par l'intermédiaire d'un tiers (שליש), et il ne se rend chez elle qu'en présence de témoins (עדים).
Ce seif décrit l'ancien régime où le divorce était requis : on évitait que les époux restent seuls. À la lumière de l'allègement du Rama (אין אנו נוהגין להוציאה, seif 1), on ne force plus le divorce aujourd'hui ; le couple est accompagné par un Rav et, pour l'aspect médical, par un médecin.

Seif 13 — La בתולה ; le sang des premiers rapports (דם בתולים)

הַבּוֹעֵל אֶת הַבְּתוּלָה כַּמָּה פְּעָמִים וְרָאֲתָה דָּם מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ — לְעוֹלָם מַחְזְקִינַן שֶׁהֵם דַּם בְּתוּלִים, עַד שֶׁתְּשַׁמֵּשׁ פַּעַם אַחַת וְלֹא תִרְאֶה דָּם מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ; וְאִם אַחַר כָּךְ תִּרְאֶה שָׁלֹשׁ פְּעָמִים מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ — הֻחְזְקָה לִהְיוֹת רוֹאָה דָּם מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ. (הגה: וַאֲפִלּוּ אִם לֹא פָּסְקָה לִרְאוֹת פַּעַם אַחַת, אִם אֵין לָהּ צַעַר כְּלָל בִּשְׁעַת תַּשְׁמִישׁ — הֲרֵי הִיא כְּכָל הַנָּשִׁים וְלֹא תָלִינַן בְּדַם בְּתוּלִים. מִי שֶׁיּוֹצֵא דָּם מִמֶּנּוּ דֶּרֶךְ פִּי הָאַמָּה וְשִׁמֵּשׁ — הָאִשָּׁה תּוֹלָה בּוֹ. וְעַיֵּין לְעֵיל סִימָן ק״ץ סָעִיף כ׳.)
Pour celui qui a des premiers rapports avec une בתולה (vierge) et qu'elle voit du sang : on présume toujours que c'est du דם בתולים (le sang naturel des premiers rapports), jusqu'à un rapport sans saignement ; si ensuite elle voit du sang trois fois du fait du rapport → elle entre dans la חזקה de רואה מחמת תשמיש. Glose du Rama : et même si le saignement ne s'est pas arrêté une seule fois, s'il n'y a aucune douleur au rapport → elle est comme toutes les femmes et on ne rattache pas au דם בתולים (Maharam Padoue). Si c'est un homme qui saigne (par פי האמה) lors du rapport → la femme rattache à lui (Rashba) ; et voir plus haut le Siman 190 (séif 20).
Le דם בתולים : aux tout premiers rapports, le sang est naturellement attribué à la situation de la בתולה, non à un saignement utérin. Le Rama nuance par la douleur : sans aucune douleur, on ne peut plus invoquer le דם בתולים. Et il rappelle qu'un saignement peut venir de l'homme — auquel cas la femme n'est pas en cause. Tous ces discernements appartiennent au Rav et au médecin.

Seif 14 — Celle qui ne peut faire la טבילה → תצא

אִשָּׁה שֶׁיֵּשׁ לָהּ מַכּוֹת וּפְצָעִים שֶׁאֵינָהּ יְכוֹלָה לִטְבּוֹל — תֵּצֵא מִתַּחַת בַּעְלָהּ, כְּדֵי שֶׁלֹּא יְבַטֵּל מִפְּרִיָּה וּרְבִיָּה.
Une femme qui a des plaies et blessures telles qu'elle ne peut pas faire la טבילה (et reste donc durablement empêchée) → elle se sépare de son mari (תצא), afin de ne pas l'empêcher du devoir de פריה ורביה (avoir des enfants).
Ce seif extrême concerne une situation de blessures persistantes rendant la טבילה impossible sur la durée. Loin de toute application mécanique, un tel cas relève d'une évaluation médicale (les blessures sont-elles soignables ?) et d'une décision rabbinique au cas par cas. La règle de tout le siman vaut ici plus que jamais : jamais d'auto-diagnostic — le Rav et le médecin ensemble.

2. Contexte — le double problème de ce sang

Les simanim voisins traitent des règles (נדה), des taches (כתמים), des وstot (וסתות) et des בדיקות. Le Siman 187 isole un cas particulier et lourd de conséquences : un sang qui apparaît du fait même du rapport. La question n'est plus seulement « est-elle נדה pour ce cycle ? », mais « ce sang menace-t-il la vie conjugale elle-même ? ».

Les deux problèmes posés

Problème Nature Ce que cherche le siman
(a) Elle devient נדה Statut de pureté pour ce moment Comme tout sang : elle se purifie ensuite
(b) Si cela se répète (3×) Crainte d'un sang du מקור provoqué par le rapport Distinguer מקור / מכה ; alléger ; ne plus forcer le divorce (Rama)
L'idée transversale : tout est affaire de source et de cause. D'où vient le sang — מקור (utérus) ou צדדין / מכה (parois, plaie) ? Et y a-t-il une autre cause à laquelle le rattacher (וסת, plaie, דם בתולים, l'homme) ? Chaque seif est un outil pour répondre, et la plupart penchent vers l'allègement — à condition que le diagnostic soit fiable, c'est-à-dire posé avec un médecin et un Rav.

3. Les concepts-clés de ce siman

Pour comprendre le Siman 187, il faut maîtriser un petit vocabulaire technique qui décrit la source du sang, la manière de l'établir et ce à quoi on peut le rattacher.

רואה מחמת תשמיש (רמ״ת) — « celle qui voit du fait du rapport » : une femme qui voit du sang immédiatement à l'occasion du rapport. C'est tout le sujet du siman. La crainte n'est sérieuse que si cela se répète trois fois (חזקה).
מקור contre צדדיןla source utérine (מקור) contre les parois (צדדין). Un sang du מקור rend נדה et peut interdire au mari ; un sang des צדדין (ou d'une plaie) n'est pas un sang de נדה à cet égard. Tout le diagnostic vise à trancher entre les deux (seif 2).
בדיקת שפופרתl'examen par le tube : une שפופרת (tube) isole les parois du fond ; un מכחול garni de מוֹך (ouate) ramène, ou non, du sang du מקור. C'est le diagnostic de la source décrit au seif 2 — l'ancêtre direct, en principe, de l'examen médical d'aujourd'hui.
מכהune plaie / lésion à cet endroit. Une plaie qui saigne explique le sang sans qu'il vienne du מקור : on lui « rattache » (תולין) le sang (seifim 5-7). Une douleur au rapport est un indice de מכה.
תולין / וסת« rattacher » le sang à une autre cause connue : au וסת si le rapport est proche des règles (seif 4), à une מכה (seifim 5-7), ou au דם בתולים (seif 13). Rattacher, c'est alléger.
נאמנותla créance accordée à la parole de la femme : « j'ai une plaie », ou « je suis sûre que ce n'est pas du מקור » → elle est crue et טהורה (seif 6). Une נאמנות réelle, à exercer dans le cadre fixé par le Rav.
Deux notions de structure : חזקה (ג' פעמים) — il faut trois fois consécutives pour « établir » le phénomène ; et בזמן הזה — « aujourd'hui », qui signale que la pratique a évolué (on ne s'appuie plus sur tel ancien remède — seif 9 — mais on dispose, à l'inverse, du diagnostic médical moderne).

4. Le diagnostic de la source — le tableau מקור / מכה / וסת

Tout le siman se ramène à une question : d'où vient le sang, et à quoi peut-on le rattacher ? Voici les voies d'allègement, de la plus simple à la plus technique.

Situation À quoi on rattache Résultat-type
Rapport proche du וסת (seif 4) Au וסת (règles attendues) 🟢 Pas compté comme רמ״ת
Plaie (מכה) à cet endroit (seif 5) À la plaie (si le sang n'est pas משונה) 🟢 Permise (ספק ספיקא du Rama si doute)
Elle dit « מכה יש לי » / « pas du מקור » (seif 6) À sa נאמנות 🟢 Crue → טהורה
Trace d'un seul côté + douleur ciblée (seif 7) À une plaie locale 🟢 Rattachée aux צדדין
בדיקת שפופרת : sang au bout (seif 2) Au מקור 🔴 Interdite
בדיקת שפופרת : rien au bout (seif 2) Aux צדדין 🟢 Permise
Ce tableau décrit la logique du siman, non une marche à suivre personnelle. Déterminer s'il y a une מכה, si le sang est משונה, d'où il provient réellement — tout cela exige aujourd'hui un examen gynécologique, puis une décision rabbinique. Jamais d'auto-évaluation.

5. Le Shach et le Taz — les grands commentateurs

En Yoreh De'ah, le Choul'han Aroukh ne se lit jamais seul. Deux grands commentaires l'accompagnent sur chaque page : le Shach et le Taz ; en הלכות נדה s'y ajoute le riche Pithei Teshuva. Ce sont les nossei kelim de référence (pas de Mishna Berura ici, qui ne commente que l'Orach Chaim).

Le Shach (ש״ך) — abréviation de שפתי כהן, Siftei Kohen, de Rabbi Shabtai haCohen (Lituanie, XVIIᵉ siècle). Le commentaire de référence sur Yoreh De'ah, d'une grande profondeur analytique. Sur notre siman (s.k. 1) il précise la mesure de « מיד » (l'immédiateté du seif 1).
Le Taz (ט״ז) — abréviation de טורי זהב, Turei Zahav, de Rabbi David haLévi Segal (Pologne, XVIIᵉ siècle). Sur le seif 1 (s.k. 2-3) il explique la séquence des maris : אין כל האצבעות שוות — « tous ne sont pas pareils ».

Une entrée-clé du Taz

Taz — la séquence des maris : אין כל האצבעות שוות

תִּתְגָּרֵשׁ וְתִנָּשֵׂא לְאַחֵר — דְּאֵין כָּל הָאֶצְבָּעוֹת שָׁווֹת, וְשֶׁמָּא עִם בַּעַל אַחֵר לֹא תִּרְאֶה; שֶׁהָרְאִיָּה תְּלוּיָה בְּעִנְיַן הַתַּשְׁמִישׁ וְלֹא בָּהּ לְבַדָּהּ.
Le Taz explique pourquoi elle se sépare puis épouse un autre mari : « tous ne sont pas pareils » (אין כל האצבעות שוות) — peut-être qu'avec un autre mari elle ne saignera pas, car le saignement dépend de la combinaison du rapport, et non d'elle seule. C'est pourquoi la séquence des maris est un vrai test : elle vérifie si la cause tient à la femme ou à l'interaction.

Une entrée-clé du Pithei Teshuva

Pithei Teshuva — le Noda BiYehuda et le diagnostic de la source

עַיֵּין בְּנוֹדָע בִּיהוּדָה : אִם קָבְעָה אַחַר כָּךְ וֶסֶת קָבוּעַ — יֵשׁ צַד לְהָקֵל; וְכֵן דָּן בְּעִנְיַן שֶׁפַע דָּם וְכַיּוֹצֵא, וְהַכֹּל לְפִי רְאוּת עֵינֵי הַמּוֹרֶה.
Le Pithei Teshuva (s.k. 1 et suiv.) cite abondamment le Noda BiYehuda, qui affine les cas : par exemple un וסת קבוע fixé ultérieurement ouvre une voie d'allègement, ou encore les situations de flux abondant (שפע דם) — « le tout selon ce que voient les yeux du décisionnaire » (הכל לפי ראות עיני המורה). On voit ici que la décision finale est, par nature, casuistique et rabbinique.
On voit la méthode : le Shach, le Taz et le Pithei Teshuva ne répètent pas le Mehaber — ils précisent le mécanisme (la mesure de « מיד », la logique de la séquence des maris) et ouvrent des voies d'allègement fines, qui demandent un décisionnaire. C'est exactement ce qu'on approfondit au niveau Lamdan, puis dans la psika du niveau Daat HaRav & Halakha lema'asse.

6. La glose du Rama (הגה) — l'allègement « אין אנו נוהגין להוציאה »

Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute sur le texte du Mehaber des gloses qui reflètent l'usage et orientent la pratique. Sa contribution la plus marquante dans notre siman est un allègement majeur.

Sur le seif 1 — on ne force plus le divorce

Glose du Rama : וי״א שאין אנו נוהגין להוציאה« certains disent que nous n'avons pas l'usage de la faire sortir (divorcer) ». C'est le grand renversement pratique du siman : là où la lettre du Mehaber imposait la séparation après trois fois, l'usage tranché par le Rama est de ne plus forcer le divorce. Le couple est accompagné, et le diagnostic de la source (souvent par un examen médical) cherche à permettre au mari.

Sur le seif 5 — le ספק ספיקא et le וסת קבוע

Glose du Rama : תלינן במכה מכח ספק ספיקא — quand il n'y a pas de וסת קבוע et qu'on doute (מקור ou צדדין), on rattache à la plaie par double doute. Et avec un וסת קבוע, on peut rattacher à la plaie, hors des jours du וסת, même sans certitude qu'elle a saigné. Autant d'ouvertures vers le permis.

Sur le seif 3 — s'appuyer sur la בדיקה, surtout avec douleur

Glose du Rama : ויש לסמוך אסברא ראשונה להקל — on s'appuie sur la première opinion pour alléger ; et si elle a ressenti douleur (צער וכאב), alors de l'avis de tous on s'appuie sur la בדיקה même avec le premier mari. La douleur, signe de plaie, renforce l'allègement.

Sur le seif 13 — la douleur et le דם בתולים

Glose du Rama : même si le saignement de la בתולה ne s'est pas arrêté, s'il n'y a aucune douleur, elle est comme toutes les femmes (Maharam Padoue) — et l'on peut aussi rattacher à un saignement de l'homme (Rashba). Le Rama affine ainsi quand on ne peut plus invoquer le דם בתולים.
Le fil rouge des gloses du Rama : alléger avec discernement. Ne plus forcer le divorce (seif 1), élargir le rattachement à la plaie (seif 5, ספק ספיקא), s'appuyer sur la בדיקה surtout en cas de douleur (seifim 3 et 13). À chaque fois, l'application concrète revient au Rav, avec, pour le diagnostic, le médecin.

7. חזקת ג' פעמים — pourquoi trois fois, et la séquence des maris

Le seif 1 — le cœur du siman — mérite un arrêt. Pourquoi faut-il exactement trois fois, et pourquoi cette étrange « séquence des maris » ?

"אִם בְּכָל שָׁלֹשׁ פְּעָמִים רְצוּפִים רָאֲתָה דָּם — אֲסוּרָה לְשַׁמֵּשׁ עִם בַּעַל זֶה."
Pourquoi trois fois (חזקה) ? Une fois peut être un hasard ; deux, une coïncidence. C'est la répétition trois fois consécutives qui « établit » (מחזיקין) qu'il s'agit d'un phénomène réel — un מקור qui réagit au rapport — et non d'un accident isolé. En deçà de trois, on ne fait que « craindre » ponctuellement (seif 10), sans interdiction durable.
Pourquoi la séquence des maris ? Le saignement « du fait du rapport » dépend de la rencontre entre deux corps. Comme le dit le Taz, אין כל האצבעות שוות : un autre mari peut ne pas provoquer ce saignement. La séquence (premier → deuxième → troisième) sert donc à tester si la cause tient à la femme seule : ce n'est qu'après que les trois ont produit le même résultat qu'elle est « interdite à tous jusqu'à בדיקה ».
Étape Constat Conséquence (lettre du Mehaber)
3× avec le 1er mari חזקה avec lui Interdite à ce mari ; elle peut épouser un autre
Puis 3× avec le 2e חזקה avec lui aussi Interdite à celui-là ; un troisième
Puis 3× avec le 3e La cause tient à elle Interdite à tous jusqu'à בדיקה (seif 2)
L'allègement du Rama change la lettre : אין אנו נוהגין להוציאה — on ne force plus la séparation. Mais la logique de la חזקה et de la בדיקה demeure : c'est elle qui, par le diagnostic de la source, cherche à permettre au mari. Et ce diagnostic se pose avec le Rav et le médecin.

8. Cas pratiques modernes

Comment ce siman éclaire-t-il les situations d'aujourd'hui ? Voici quatre repères — étant entendu que chaque conclusion concrète appartient au Rav et au médecin.

Cas 1 — Un saignement de contact (post-coïtal)

Un saignement lié au rapport est d'abord une question médicale : le col, un polype, une ectropion, une fragilité de la muqueuse… en sont des causes fréquentes, et bénignes le plus souvent. C'est aussi une question halakhique. Le gynécologue et le Rav établissent ensemble si la source est une מכה / les צדדין (et non le מקור) — d'où, très souvent, le היתר. Jamais d'auto-évaluation.

Cas 2 — La בדיקת שפופרת d'hier, le diagnostic médical d'aujourd'hui

Le seif 2 décrit la שפופרת : un tube pour isoler la source du sang. Le principe traverse les siècles — déterminer si le sang vient du מקור ou des צדדין — mais l'instrument a changé : c'est aujourd'hui l'examen gynécologique qui joue ce rôle. Le Mehaber disait déjà « אף בזמן הזה » (« même aujourd'hui ») : le diagnostic de la source reste la clé. Sa réalisation revient au médecin, son interprétation halakhique au Rav.

Cas 3 — L'allègement du Rama : on ne force plus le divorce

La lettre ancienne imposait la séparation après trois fois ; l'usage tranché par le Rama (אין אנו נוהגין להוציאה) est de ne plus forcer le divorce. Concrètement, le couple est accompagné par un Rav, et le diagnostic de la source (avec le médecin) cherche à permettre la vie conjugale. La conclusion pratique appartient au Rav et au médecin.

Cas 4 — La נאמנות de la femme

Le seif 6 reconnaît une vraie נאמנות : « j'ai une plaie », ou « je suis sûre que ce n'est pas du מקור ». Cette parole a un poids halakhique. Mais sa portée s'apprécie dans le cadre fixé par le Rav, souvent confortée par le constat médical d'une plaie. Là encore : Rav et médecin, jamais seule.
Le fil conducteur des quatre cas : un saignement lié au rapport est, presque toujours, l'occasion d'un allègement — mais seulement après un diagnostic fiable de la source. Ce diagnostic n'est ni intuitif ni personnel : il se pose avec un médecin (gynécologue) et un Rav compétent en הלכות נדה. C'est la règle constante de tout ce siman.

9. Synthèse du Siman 187

L'essentiel du Siman 187 en quelques phrases :
  1. Voir du sang du fait du rapport trois fois de suite (רמ״ת 3×) crée une חזקה ; jadis, séparation et séquence des maris (seif 1).
  2. Le Rama tranche l'allègement majeur : אין אנו נוהגין להוציאה — on ne force plus le divorce (seif 1).
  3. Le diagnostic de la source — בדיקת שפופרת — distingue מקור (interdite) de צדדין (permise) ; « même aujourd'hui » (seif 2).
  4. La douleur (צער / כאב) oriente vers une plaie et renforce l'allègement (seifim 3, 7, 13).
  5. On rattache (תולין) le sang à une autre cause : au וסת (seif 4), à une מכה (seif 5, ספק ספיקא du Rama), au דם בתולים (seif 13).
  6. La femme est crue (נאמנת) : « מכה יש לי » / « pas du מקור » → טהורה (seif 6).
  7. La רפואה : avant la חזקה ; après, davantage de garanties (médecin) ; בזמן הזה on ne s'appuie plus sur certains anciens remèdes (seifim 8-9).
  8. Un saignement systématique après chaque טבילה, ou un וסת de רמ״ת, ont leurs règles propres (seifim 10-11).
  9. Cas extrêmes : שליש + témoins si l'on diffère (seif 12) ; תצא si la טבילה est durablement impossible (seif 14).

Tableau-mémoire

Situation Tendance
רמ״ת 3× consécutives, source non éclaircie 🔴 Crainte d'un sang du מקור (jadis : séparation)
Rama : aujourd'hui 🟢 On ne force plus le divorce ; on accompagne
שפופרת / examen : sang du מקור 🔴 Interdite
שפופרת / examen : צדדין, ou מכה, ou douleur 🟢 Permise (on rattache)
Rapport proche du וסת 🟢 Rattaché au וסת (pas רמ״ת)
« מכה יש לי » / « pas du מקור » 🟢 Crue → טהורה

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi faut-il trois fois (חזקה) ? Que vérifie la séquence des maris (seif 1, Taz) ?
  2. Quel est l'allègement majeur du Rama (seif 1) ? Comment le formule-t-il en hébreu ?
  3. Décris la בדיקת שפופרת : que distingue-t-elle, et quel résultat interdit / permet (seif 2) ?
  4. Pourquoi la douleur (צער / כאב) change-t-elle le דין (seifim 3, 7, 13) ?
  5. À quelles causes peut-on rattacher (תולין) le sang (seifim 4, 5, 13) ?
  6. Qu'est-ce que le ספק ספיקא du Rama au seif 5 ?
  7. Quelle est la נאמנות de la femme (seif 6) ? Dans quel cadre s'exerce-t-elle ?
  8. Que change la médecine « בזמן הזה » (seifim 2, 8-9) ?
  9. Que disent les seifim 12 et 14 (שליש / témoins ; תצא), et pourquoi sont-ils relus à la lumière du Rama ?
  10. Pourquoi, dans tout ce siman, faut-il consulter à la fois un Rav et un médecin ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
יורה דעה · סימן קפ״ז · Niveau 1 — Initiation
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