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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 196 — Le hefsek tahara et les sept jours propres (הפסק טהרה וז' נקיים) : la bdika d'arrêt, le moch dahouk, les vérifications et la poletet

Clore dans la pureté, compter les sept jours « propres », vérifier — pour découvrir et comprendre
יורה דעה · סימן קצ״ו
דִּינֵי הֶפְסֵק טָהֳרָה וּשְׁבְעָה נְקִיִּים
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 196 : les 13 seifim du Mehaber et les gloses du Rama, le texte hébreu du Choul’han Aroukh et sa traduction française. C'est le cœur opérationnel de la טהרת המשפחה : avant de compter les sept jours « propres » (שבעה נקיים) qui précèdent le mikvé, la femme doit d'abord « clore dans la pureté » par le הפסק טהרה — une bdika d'arrêt faite proche de בין השמשות — puis vérifier chaque jour. Le siman règle le מוך דחוק du jour unique, le tissu de la bedika, les cas particuliers (aveugle, malade), la continuité des sept jours (voir סותר tout) et la פולטת שכבת זרע. Ce sont des règles למעשה, à apprendre auprès d'un Rav ou d'une moret kalla.

Sujet : Le הפסק טהרה, les שבעה נקיים et les בדיקות
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן קצ״ו

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Mehaber : les 13 seifim, dans l’ordre du livre
2. Contexte : qu'est-ce que le hefsek tahara et les sept jours propres
3. Les concepts-clés : הפסק טהרה, מוך דחוק, לבנים, בדיקה, סתירה, פולטת…
4. Le tableau des בדיקות : quand, combien, avec quoi
5. Le Shach et le Taz : qui ils sont, leur rôle en Yoreh De'ah
6. La glose du Rama (הגה) : les usages et les précisions
7. La continuité des sept jours et la פולטת שכבת זרע
8. Cas pratiques modernes : le hefsek, les bedikot, une tache, la poletet
9. Synthèse et questions de compréhension

1. Le texte du Mehaber — les 13 seifim

Avis de lecture. Les blocs hébreux de cette section portent le texte du Choul’han Aroukh verbatim, séif par séif et dans l’ordre du livre, tel que l’édition le donne — parenthèses de sources, crochets de l’imprimeur et gloses du Rama compris. Ce qui suit chaque bloc est une traduction et une explication de notre rédaction, jamais du texte source.

Le Siman 196 est l'un des plus centraux et pratiques de toutes les lois de la nidda : il décrit comment une femme passe du statut de נדה à celui de טהורה. Après l'arrêt du saignement, elle ne peut pas tremper aussitôt : elle doit d'abord faire un הפסק טהרה — une vérification qui « clôt dans la pureté » — puis compter sept jours « propres » (שבעה נקיים) en se vérifiant chaque jour. Le Mehaber (Rabbi Yossef Karo) en règle tous les détails : le moment de la bdika d'arrêt, le מוך דחוק, le tissu, les cas particuliers, la continuité et la פולטת שכבת זרע. Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute ses gloses (הגה). Les treize séifim suivent ci-dessous dans l’ordre du livre, du premier au dernier, sans regroupement ni réarrangement ; leur parenté thématique est exposée plus loin, à la section 2.

Seif 1 — Clore dans la pureté, proche de בין השמשות

דיני לבישת הלבון ובדיקתה. ובו י"ג סעיפים:
שבעת ימים שהזבה סופרת מתחילין ממחרת יום שפסקה בו וכך משפטה אם תראה ב' ימים או ג' ופסקה מלראות בודקת ביום שפסקה כדי שתפסוק בטהרה ובדיקה זו תהיה סמוך לבין השמשות (וכן נוהגין לכתחלה ובדיעבד אפילו לא בדקה עצמה רק שחרית ומצאה עצמה טהורה סגי בכך) (טור בשם הרשב"א וב"י אף לפי דברי (הראב"ד) [הרא"ש]) ולעולם ילמד אדם (להחמיר לכתחלה) בתוך ביתו שתהא בודקת ביום הפסק טהרתה במוך דחוק ושיהא שם כל בין השמשות שזו הבדיקה מוציאה מידי כל ספק (רשב"א בתה"ק): הגה י"א אם התפללו הקהל ערבית ועוד היום גדול אינה יכולה לבדוק (או) [אז] ללבוש לבנים ולהתחיל ולמנות מיום המחרת מאחר דהקהל כבר עשו אותו לילה (ת"ה) וי"א דמותר אפי' עשו הקהל שבת (אגור בשם מהרי"ל) ונוהגין לכתחלה ליזהר ובדיעבד אין לחוש ומקצת נשים נוהגות שאם פסקה קודם ברכו וחזרה לראות כתם או דם תוך ימי ספירתה אז מפסיקין אפילו לאחר ברכו אם נתקלקלה סמוך לערב וחושבים דבר זה לדיעבד ואין למחות בידם כי כן קבלו מאיזה חכם שהורה להן והוא מנהג ותיקין:
Chapeau du siman — Lois du port des לבנים et de leur בדיקה ; et il comporte treize séifim.
Les sept jours que compte la זבה commencent le lendemain du jour où elle a cessé (ממחרת יום שפסקה בו). Et voici sa règle : si elle a vu deux ou trois jours puis a cessé de voir, elle se vérifie le jour de l'arrêt afin de « clore dans la pureté » (כדי שתפסוק בטהרה), et cette bedika se fait proche de בין השמשות (סמוך לבין השמשות), juste avant le coucher du soleil. Glose (Rama) : et tel est l'usage לכתחילה (de première intention) ; et בדיעבד, même si elle ne s'est vérifiée que le matin (שחרית) et s'est trouvée pure, cela suffit (סגי בכך).
Et toujours l'homme enseignera dans sa maison — glose (Rama) : d'être strict לכתחילה — qu'elle se vérifie, le jour de son הפסק טהרה, avec un מוך דחוק qui demeure en place durant tout בין השמשות ; car cette bedika-là ôte tout doute (שזו הבדיקה מוציאה מידי כל ספק).
Glose du Rama (הגה) : certains disent que si la communauté a prié ערבית alors qu'il fait encore grand jour, elle ne peut plus se vérifier [alors] pour revêtir les לבנים et commencer à compter dès le lendemain, puisque la communauté a déjà fait de ce moment la nuit. Et certains disent que c'est permis même si la communauté a déjà accueilli le Shabbat (וי״א דמותר אפי׳ עשו הקהל שבת). On y prend garde לכתחילה, et בדיעבד il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Et une partie des femmes ont l'usage suivant : si elle avait cessé avant ברכו puis a revu une tache ou du sang durant ses jours de compte, alors on fait le הפסק même après ברכו, lorsque l'incident survient vers le soir ; elles tiennent cela pour un בדיעבד. On ne les en empêche pas, car elles l'ont reçu d'un Sage qui le leur a enseigné, et c'est un מנהג ותיקין (un usage des hommes de mérite).
Le geste fondateur. Le הפסק טהרה — la « bdika d'arrêt » — est la clé qui ouvre le compte des sept jours. On ne commence pas à compter à la fin du saignement, mais seulement après s'être vérifiée et trouvée pure en fin de journée, juste avant le crépuscule. Le compte des sept jours débute alors le lendemain. Le séif porte encore deux choses que la traduction ci-dessus rend en entier : le מוך דחוק du jour de l’arrêt, que le Mehaber présente comme la bedika qui ôte tout doute, et la longue glose du Rama sur la femme qui n’a pas encore fait son הפסק quand la communauté a déjà prié ערבית. Dans cette glose, l’édition porte (או) [אז] : un mot que l’imprimeur corrige entre crochets. Nous recopions les deux formes, comme la source les donne.

Seif 2 — Si elle n'a vu qu'un seul jour : le moch dahouk

ראתה יום אחד בלבד ופסקה בו ביום צריכה לבדוק עצמה במוך דחוק ושיהא שם כל בין השמשות: הגה ובדיעבד אם בדקה עצמה סמוך לבין השמשות ומצאה עצמה טהורה אע"פ שלא היה המוך אצלה כל בין השמשות סגי (טור בשם הרשב"א וה"ה בשם רמב"ן וב"י להרמב"ם וכ"מ בש"ס) אבל בדיקת שחרית לא מהני הואיל ולא ראתה רק יום אחד (רשב"א ורמב"ן בשם י"א וכ"ד רמב"ם פ"ו מהא"ב ובפי' משנה סוף פ"ד וברטנורה שם):
Si elle n'a vu qu'un seul jour et a cessé le jour même, elle doit se vérifier avec un מוך דחוק (un tampon serré), présent pendant tout בין השמשות (le crépuscule). Glose du Rama : et בדיעבד (après coup), si elle s'est vérifiée proche de בין השמשות et s'est trouvée טהורה — même si le מוך n'est pas resté en place tout le crépuscule — cela suffit (סגי). Mais une bedika du matin (בדיקת שחרית) n'y suffit pas (לא מהני), puisqu'elle n'a vu qu'un seul jour (הואיל ולא ראתה רק יום אחד).
מוך דחוק — « Le tampon serré » : un linge de bedika inséré et laissé en place, plus exigeant que la bedika d'arrêt ordinaire. On l'emploie quand le risque d'un saignement résiduel est plus grand — typiquement quand la femme n'a vu qu'un seul jour. Le Rama allège בדיעבד quand la bedika de fin de journée s'est trouvée pure.

Seif 3 — Le linge vérifié, les draps, et compter dès le lendemain

ביום שפסקה מלראות ובודקת עצמה כאמור תלבש חלוק הבדוק לה שאין בו כתם ובלילה תשים סדינים הבדוקים מכתמים ומיום המחרת תתחיל לספור שבעה נקיים: הגה ומנהג כשר הוא כשהאשה פוסקת בטהרה שתרחץ ולובשת לבנים אמנם אם לא רחצה רק פניה של מטה די בכך (מרדכי בשם רוקח) וכן נוהגין ואין לשנות אבל בשעת הדחק כגון אשה ההולכת בדרך ואין לה בגדים תוכל לספור ז' נקיים רק שהחלוק נקי ובדוק מדם (אגור והגהות ש"ד ס"ס י"ט):
Le jour où elle a cessé de voir et où elle se vérifie comme dit, elle revêt un חלוק בדוק — un linge vérifié, sans כתם (sans tache) — et, la nuit, elle met des draps vérifiés (סדינים הבדוקים), exempts de taches ; et dès le lendemain elle commence à compter les שבעה נקיים. Glose du Rama (הגה) : c'est un usage valable (מנהג כשר) que la femme, au moment de « clore dans la pureté », se lave et revête du blanc (לבנים) ; toutefois, si elle ne s'est lavée que le bas du corps (פניה של מטה), cela lui suffit. Et tel est l'usage, et l'on ne s'en écarte pas (וכן נוהגין ואין לשנות). Mais en cas de nécessité pressante (שעת הדחק) — par exemple une femme qui est en chemin et n'a pas de vêtements — elle peut compter ses sept jours propres, pourvu que le חלוק soit propre et vérifié de sang (רק שהחלוק נקי ובדוק מדם).
Pourquoi des lévanim. Le חלוק בדוק et les draps vérifiés, comme les vêtements blancs (לבנים), ont une fonction pratique : pendant les sept jours, le moindre כתם (tache) doit pouvoir être repéré. Un fond blanc et propre permet la vérification ; un fond sombre ou taché la rendrait impossible. C'est aussi un מנהג כשר recommandé par le Rama, à régler dans le détail auprès d'une moret kalla.

Seif 4 — Deux bedikot par jour, ce qui vaut בדיעבד, et le יש אומרים qui resserre

בכל יום מז' ימי הספירה צריכה להיות בודקת לכתחלה פעמים בכל יום אחת שחרית וא' סמוך לבין השמשות (טור בשם סה"ת וע"פ) ואם לא בדקה בכל השבעה אלא פעם אחת לא שנא בדקה ביום ראשון של השבעה או ביום השביעי או בא' מהאמצעים מאחר שבדקה ביום שקודם השביעי ומצאה טהורה עלו לה אבל אם לא בדקה בכל הז' וביום השמיני בדקה ומצאה טהורה אין לה אלא יום ח' בלבד ומשלמת עליו וי"א שצריך שתבדוק ביום ראשון מהשבעה וביום השביעי ואין להקל והבדיקה תהיה לאור היום ולא לאור הנר (תא"ו נכ"ו והרשב"א בת"ה) ובדיעבד מהני אפילו לאור הנר (כן משמע בב"י):
Chacun des sept jours du compte, elle doit se vérifier לכתחילה deux fois par jour — une le matin (שחרית) et une proche de בין השמשות. Et si elle ne s'est vérifiée qu'une seule fois sur les sept — peu importe que ce soit le premier jour des sept, le septième, ou l'un des jours du milieu — dès lors qu'elle s'est vérifiée le jour qui précède le septième et s'est trouvée pure, ils lui comptent (מאחר שבדקה ביום שקודם השביעי ומצאה טהורה עלו לה). Mais si elle ne s'est pas vérifiée durant les sept, et qu'au huitième jour elle s'est vérifiée et trouvée pure, elle n'a que le huitième jour, et elle complète à partir de lui (אין לה אלא יום ח׳ בלבד ומשלמת עליו). Et certains disent qu'elle doit se vérifier le premier jour des sept et le septième jour, et qu'on n'allège pas (וי״א שצריך שתבדוק ביום ראשון מהשבעה וביום השביעי ואין להקל). Glose (Rama) : et la bedika se fera à la lumière du jour, non à la lumière de la bougie (והבדיקה תהיה לאור היום ולא לאור הנר) ; et בדיעבד, même à la lumière de la bougie, elle vaut (ובדיעבד מהני אפילו לאור הנר).

Seif 5 — On ne compte jamais sans un vrai hefsek dans la pureté

בדקה עצמה ביום שפסקה מלראות ומצאה טמאה ובדקה לאחר שלשה או ד' ימים ומצאה טהורה ה"ז בחזקת טמאה עד שתפסוק בטהרה שלעולם אינה סופרת עד שתבדוק אם פסקה ואז מונה למחרתו:
Si elle s'est vérifiée le jour de l'arrêt et s'est trouvée טמאה (impure), puis s'est vérifiée trois ou quatre jours plus tard et s'est trouvée טהורה, elle reste בחזקת טמאה (présumée impure) tant qu'elle n'a pas « clos dans la pureté » par une vraie bedika d'arrêt. Car elle ne compte jamais tant qu'elle n'a pas vérifié l'arrêt — et alors elle compte à partir du lendemain.

Seif 6 — Avec quoi et comment se vérifier

כל בדיקות אלו בין בדיקת הפסק טהרה בין בדיקת כל השבעה צריכות להיות בבגד פשתן לבן ישן או בצמר גפן או בצמר לבן נקי ורך ותכניסנו באותו מקום בעומק לחורים ולסדקים עד מקום שהשמש דש ותראה אם יש בו שום מראה אדמומית ולא שתכניסהו מעט לקנח עצמה. ואם יקשה בעיניה מאד להכניסו כל כך בעומק לפחות בדיקה של יום הפסק טהרה ובדיקה של יום ראשון מהשבעה תהיינה עד מקום שהשמש דש: הגה ואם לא עשתה כן בבדיקת יום ראשון תעשה פעם אחת כן מבדיקות שאר הימים (ב"י) מיהו בדיעבד אם לא עשתה כן כלל רק שבדקה עצמה יפה בחורין ובסדקין בעומק היטב כפי כחה אע"פ שלא הגיע למקום שהשמש דש סגי לה (ב"י שכ"ד רוב הפוסקים וכן מהרא"י בפסקיו סימן ע"ז וב"ח):
Toutes ces בדיקות — tant la bedika du הפסק טהרה que celles des sept jours — doivent se faire avec un vieux tissu de lin blanc (בגד פשתן לבן ישן), du coton (צמר גפן), ou de la laine blanche propre et douce (צמר לבן נקי ורך). Elle l'introduit en ce lieu, en profondeur, dans les creux et les replis (לחורים ולסדקים), jusqu'au מקום שהשמש דש, et regarde s'il porte une quelconque teinte rougeâtre (אדמומית) — et non pas qu'elle l'introduise un peu, pour s'essuyer seulement (ולא שתכניסהו מעט לקנח עצמה). Et s'il lui est très difficile de l'introduire si profondément, que du moins la bedika du jour du הפסק טהרה et celle du premier des sept jours aillent jusqu'au מקום שהשמש דש. Glose du Rama (הגה) : et si elle ne l'a pas fait lors de la bedika du premier jour, qu'elle le fasse une fois parmi les bedikot des autres jours ; toutefois בדיעבד, si elle ne l'a pas fait du tout mais s'est bien vérifiée dans les creux et les replis (בחורין ובסדקין), en profondeur, autant qu'elle le pouvait — même sans avoir atteint le מקום שהשמש דש, cela lui suffit (סגי לה).

Seif 7 — L'aveugle

הסומא בודקת עצמה ומראה לחבירתה:
L'aveugle (הסומא) se vérifie elle-même et montre [le עד] à sa compagne (ומראה לחבירתה) — c'est elle qui regardera s'il porte une teinte rougeâtre.

Seif 8 — La sourde-muette, la malade, et fixer des וסתות

החרשת ששומעת ואינה מדברת או שמדברת ואינה שומעת הרי הן כפקחות אבל אם אינה שומעת ואינה מדברת וכן השוטה או שנטרפה דעתה מחמת חולי צריכות פקחות לבדוק אותן ולקבוע להן וסתות כדי שתהיינה מותרות לבעליהן הוקבע להן וסת הרי הן כשאר כל הנשים לא הוקבע להן חוששות משלשים יום לשלשים יום ובודקות על ידי פקחות:
La sourde qui entend mais ne parle pas, ou parle mais n'entend pas, est comme une femme lucide (פקחת). Mais celle qui n'entend ni ne parle, de même la déficiente mentale (שוטה) ou celle dont l'esprit s'est troublé par la maladie — d'autres femmes lucides (פקחות) les vérifient et leur fixent des וסתות (des cycles repérés), afin qu'elles puissent être permises à leurs maris. Si un וסת leur a été fixé, elles sont comme toutes les autres femmes (הוקבע להן וסת הרי הן כשאר כל הנשים) ; s'il ne leur en a pas été fixé, elles s'inquiètent de trente jours en trente jours et se font vérifier par des femmes lucides (חוששות משלשים יום לשלשים יום ובודקות על ידי פקחות).
Le matériau et le geste. La bedika ne se fait pas avec n'importe quoi : un tissu blanc, propre et doux (lin ancien, coton ou laine), pour que la moindre teinte rouge soit visible ; elle s'insère en profondeur, et on l'examine à la lumière du jour. Et le siman n'oublie personne : l'aveugle s'aide d'une amie, la sourde-muette ou la malade sont vérifiées par d'autres. La pratique exacte se transmet de femme à femme et auprès d'une moret kalla.

Seif 9 — Multiplier les bedikot est méritoire

האשה שמרבה לבדוק בין בימי ספירתה בין בימים שלא ראתה בהם הרי זו משובחת אף על פי שיש לה וסת קבוע:
La femme qui multiplie les בדיקות (מרבה לבדוק) — tant pendant ses jours de compte que les jours où elle n'a pas vu — est méritoire (משובחת), même si elle a une période fixe (וסת קבוע).
La logique des bedikot des sept jours : לכתחילה deux par jour (matin + avant le crépuscule) ; בדיעבד une seule sur les sept suffit ; mais jamais de compte valable sans un vrai הפסק טהרה — tant qu'elle ne « clôt pas dans la pureté », elle reste בחזקת טמאה. Et multiplier les vérifications est toujours louable.

Seif 10 — Sept jours consécutifs : voir סותר tout

השבעה נקיים צריך שיהיו רצופים שלא תראה דם בהם שאם ראתה דם אפילו בסוף יום השביעי סתרה כל הימים וצריכה לפסוק בטהרה ולחזור ולמנות שבעה נקיים: הגה יש אומרים דבשלשה ימים ראשונים של ימי הספירה אם מצאה כתם אין תולין אותו להקל כמו שתולין שאר כתמים דג' ימים ראשונים צריכים להיות נקיים לגמרי (מרדכי הל' נדה ובהגהות מיימוני פ"ט דא"ב ומרדכי ות"ה סימן רמ"ט ואגור פ' תינוקת וא"ח ור"ף) אבל אח"כ דינו כשאר כתם וכן נוהגין ודוקא כתם שהוא יותר מכגריס ועוד אבל פחות מכגריס ועוד תולה בכינה אפילו ג' ימים ראשונים (ת"ה שם) וה"ה אם היה לה מכה בגופה ויודעת שמוציאה דם תולה בה אפילו ביתר מכגריס ועוד (סברת הרב וכן משמע לשון המרדכי) אלא שאין מקילין בשלשה ימים הראשונים לתלות במכה שאין ידוע שמוציאה דם או בשאר דברים שתלינן בהם כתם כמבואר לעיל סימן ק"צ:
Les sept jours « propres » doivent être consécutifs (רצופים), sans qu'elle voie de sang. Car si elle voit du sang — même à la fin du septième jour — cela סותר (annule) tous les jours, et elle doit refaire un הפסק טהרה puis recompter sept jours « propres » depuis le début. Glose du Rama : certains disent que, dans les trois premiers jours du compte, si elle trouve un כתם (tache), on ne l'allège pas (תולין) aussi facilement que les jours suivants, car les trois premiers jours doivent être entièrement propres (דג׳ ימים ראשונים צריכים להיות נקיים לגמרי). Mais après cela, son statut est celui de toute autre tache, et tel est l'usage. Et cela ne vaut que pour une tache plus grande qu'un כגריס ועוד ; moins qu'un כגריס ועוד, elle l'impute à un pou (תולה בכינה), même dans les trois premiers jours. Et de même, si elle avait une plaie sur le corps dont elle sait qu'elle fait sortir du sang, elle lui impute la tache, même au-delà d'un כגריס ועוד — sauf qu'on n'allège pas, dans les trois premiers jours, en imputant à une plaie dont on ne sait pas qu'elle fait sortir du sang, ni aux autres causes auxquelles on impute une tache, comme il est expliqué plus haut au siman ק״צ (190).

Seif 11 — La פולטת שכבת זרע, les six עונות, et les cinq jours de l’usage

הפולטת שכבת זרע בימי ספירתה אם הוא תוך ו' עונות לשמושה סותרת אותו יום לפיכך המשמשת מטתה וראתה אחר כך ופסקה אינה מתחלת לספור ז' נקיים עד שיעברו עליה ו' עונות שלימות שמא תפלוט לפיכך אינה מתחלת לספור עד יום ה' לשמושה כגון אם שמשה במוצאי שבת אינה מתחלת לספור עד יום ה' דקי"ל אין שכבת זרע מסריח עד שיעברו עליו שש עונות שלימות מעת לעת ואם שמשה במוצאי שבת ופלטה ליל ד' קודם עת שימושה במוצאי שבת עדיין היא עומדת בתוך עונה ששית לשמושה וסותרת הילכך יום ה' יהיה ראשון לספירתה: הגה ותפסוק יום ד' לעת ערב ויום ה' עולה למנין ויש שכתבו שיש להמתין עוד יום א' דהיינו שלא תתחיל למנות עד יום הששי והוא יהיה יום ראשון לספירתה דחיישינן שמא תשמש ביום ראשון בין השמשות ותסבור שהוא יום ואפשר שהוא לילה ואם תתחיל למנות מיום חמישי יהיה תוך ששה עונות לשמושה על כן יש להוסיף עוד יום א' דמעתה אי אפשר לבא לידי טעות (ת"ה סימן רמ"ה והאגור בשם מהרי"ל וש"ד וכן כתב מהרא"י ומהרי"ק שורש ל"ה) וכן נוהגין בכל מדינות אלו ואין לשנות ויש נשים שנהגו להחמיר עוד להמתין עד שבעה ימים (שם בת"ה) ואין טעם בדבר והמחמיר יחמיר והמיקל נשכר להקדים עצמו למצוה ויש שכתבו שעכשיו אין לחלק בין שמשה עם בעלה ללא שמשה וכל אשה שרואה אפי' כתם צריכה להמתין ה' ימים עם יום שראתה בו ותפסוק לעת ערב ותספור ז' נקיים (שם בת"ה בשם א"ז ומהרי"ק) וכן נוהגין במדינות אלו ואין לשנות (סה"ת וסמ"ג):
La פולטת שכבת זרע (celle qui expulse de la semence) pendant ses jours de compte — si c'est dans les שש עונות (six « périodes ») qui suivent son union — annule ce jour-là (סותרת אותו יום). C'est pourquoi celle qui a eu une union, a vu du sang ensuite puis a cessé, ne commence à compter les sept jours propres qu'après six עונות complètes, de peur qu'elle n'expulse encore ; elle ne commence donc à compter qu'au cinquième jour depuis son union (עד יום ה׳ לשמושה) : par exemple, si elle a eu l'union à מוצאי שבת, elle ne commence à compter qu'au cinquième jour. Car nous tenons pour établi que la semence ne se corrompt pas avant que six עונות complètes, מעת לעת, ne soient passées sur elle. Et si elle a eu l'union à מוצאי שבת et a expulsé la nuit du quatrième jour (ליל ד׳), avant l'heure de son union du מוצאי שבת, elle se tient encore dans la sixième עונה depuis son union, et cela annule ; par conséquent le cinquième jour sera le premier de son compte.
Glose du Rama (הגה) : elle fera son הפסק le quatrième jour vers le soir, et le cinquième jour entre dans le compte. Et certains ont écrit qu'il faut attendre un jour de plus — c'est-à-dire qu'elle ne commence à compter qu'au sixième jour, qui sera le premier de son compte — car on craint qu'elle n'ait eu l'union le premier jour à בין השמשות, croyant qu'il faisait encore jour alors qu'il était peut-être déjà nuit ; si elle commençait à compter du cinquième jour, ce serait encore dans les six עונות depuis son union. C'est pourquoi on ajoute un jour, et dès lors l'erreur devient impossible ; et tel est l'usage dans tous ces pays, et l'on ne s'en écarte pas. Et il est des femmes qui ont pris l'usage d'être plus strictes encore et d'attendre sept jours ; cela n'a pas de raison — que celui qui veut être strict le soit, mais celui qui allège y gagne, en s'empressant à la מצוה. Et certains ont écrit qu'aujourd'hui on ne distingue plus entre celle qui a eu une union avec son mari et celle qui n'en a pas eu : toute femme qui voit — même une simple tache (כתם) — doit attendre cinq jours, le jour où elle a vu compris, puis faire son הפסק vers le soir et compter sept jours propres ; et tel est l'usage dans ces pays, et l'on ne s'en écarte pas.

Seif 12 — Une erreur de décompte

אם טעתה במנין יום א' וטבלה ושמשה צריכה להמתין ששה עונות שלימות ואחר כך תמנה יום אחד נקי ותטבול אך סתירה שלאחר שבעה כגון שלא טבלה כראוי ושמשה ה"ז טובלת בכל עת:
Si elle s'est trompée d'un jour dans le décompte, a trempé puis a eu une union, elle doit attendre six עונות complètes, puis compter un jour « propre » et tremper de nouveau. Mais une « annulation » qui survient après les sept jours — par exemple si elle n'avait pas trempé correctement et a eu une union — alors elle trempe à tout moment (ה״ז טובלת בכל עת).

Seif 13 — Bien nettoyer pour expulser la semence

האשה ששמשה מטתה וראתה אחר כך ופסקה ורוצה לספור מיום מחרת ראייתה תקנח יפה יפה אותו מקום במוך או בבגד להפליט כל הזרע או תרחוץ במים חמין והם יפליטו כל הזרע :הגה ויש אומרים דאין אנו בקיאין בזמן הזה ואין לסמוך על זה (הגהות מיימוני פ"ו וסמ"ק) והכי נהוג דהרי כבר נתבאר שאנו נוהגין להמתין אפילו לא שמשה כלל כדי שלא לחלק בין ספירה לספירה כ"ש בכהאי גוונא וכל הפורץ גדר בדברים אלו במקום שנהגו להחמיר ישכנו נחש:
La femme qui a eu une union, a vu du sang ensuite puis a cessé, et qui veut compter dès le lendemain de sa vision, nettoie très bien (תקנח יפה יפה) ce lieu avec un מוך ou un linge pour faire sortir toute la semence (כל הזרע), ou se lave à l'eau chaude (מים חמין), ce qui la fera sortir. Glose du Rama (הגה) : et certains disent que de nos jours nous ne sommes plus experts (אין אנו בקיאין) en cela, et qu'on ne s'y fie pas ; et tel est l'usage — car il a déjà été expliqué que nous avons coutume d'attendre même si elle n'a pas eu d'union du tout, afin de ne pas distinguer entre un compte et un autre ; à plus forte raison dans un cas pareil. Et quiconque rompt la haie en ces matières, là où l'usage est d'être strict, un serpent le mordra (וכל הפורץ גדר בדברים אלו במקום שנהגו להחמיר ישכנו נחש).
La continuité, c'est tout. Les sept jours doivent rester ininterrompus : une seule vision de sang, même au fin du septième jour, סותר tout (seif 10). Et la פולטת שכבת זרע est, dans les six עונות, traitée comme une vision : après une union, on ne commence à compter qu'au 5e jour (seif 11). Le Rama ajoute qu'aujourd'hui on ne se fie plus au seul nettoyage (seif 13). Tout cela se règle, en pratique, auprès d'un Rav ou d'une moret kalla.

2. Contexte — le hefsek tahara et les sept jours propres

Les simanim précédents ont posé quand une femme devient נדה, les taches (כתמים, sim. 190) et la véset. Le Siman 196 répond à la question suivante : comment redevient-elle טהורה ? La réponse tient en trois temps : (1) après l'arrêt du saignement, elle fait un הפסק טהרה — une bdika qui « clôt dans la pureté » ; (2) elle compte sept jours « propres » (שבעה נקיים) consécutifs, en se vérifiant ; (3) elle peut alors tremper au mikvé (siman 197 et suivants). C'est le mécanisme central de la טהרת המשפחה, et donc l'un des simanim les plus pratiques de tout le Yoreh De'ah.

Les six familles du Siman 196

Famille Seifim L'essentiel
Le הפסק טהרה 1 Clore dans la pureté, proche de בין השמשות ; compter dès le lendemain
Le מוך דחוק / un seul jour 2 Si elle n'a vu qu'un jour : tampon serré pendant le crépuscule
Lévanim et décompte 3 Linge et draps vérifiés, lévanim ; commencer dès le lendemain
Les בדיקות des 7 jours 4-5, 9 2/jour לכתחילה ; une suffit בדיעבד ; jamais sans vrai hefsek
Le tissu et les cas particuliers 6-8 Lin/coton/laine blancs ; l'aveugle, la sourde-muette, la malade
Continuité et פולטת 10-13 Voir סותר tout ; la poletet ; compter au 5e jour ; le nettoyage
L'idée transversale : on ne « décide » pas seule d'être pure. La pureté se construit par étapes vérifiées — un arrêt constaté (הפסק), sept jours sans interruption (רצופים), des bedikot dans les règles. Chaque maillon compte, et une seule vision rompt la chaîne. C'est pourquoi ce siman s'apprend, et se vit, sous la direction d'un Rav et d'une moret kalla.

3. Les concepts-clés de ce siman

Pour comprendre le Siman 196, il faut maîtriser un petit vocabulaire qui décrit chaque étape du passage à la pureté.

הפסק טהרה — « La clôture dans la pureté » : la bedika d'arrêt faite le jour où le saignement a cessé, proche de בין השמשות, qui doit se trouver pure (תפסוק בטהרה) pour pouvoir commencer le compte le lendemain (seifim 1, 5).
שבעה נקיים — « Les sept jours propres » : les sept jours consécutifs (רצופים) comptés après le hefsek, pendant lesquels elle se vérifie et ne voit pas de sang, avant de pouvoir tremper (seifim 4, 10).
מוך דחוק — « Le tampon serré » : une bedika plus exigeante, laissée en place pendant le crépuscule, requise quand la femme n'a vu qu'un seul jour (seif 2).
בדיקה (pl. בדיקות) — « La vérification » : l'examen au moyen d'un tissu blanc inséré en profondeur ; לכתחילה deux fois par jour (matin + crépuscule), בדיעבד une suffit (seifim 4, 6).
סתירה (du verbe סותר) — « L'annulation » : une vision de sang pendant les sept jours annule tout le compte, même à la fin du septième jour (seif 10) ; la פולטת annule le jour concerné (seif 11).
פולטת שכבת זרע — « Celle qui expulse de la semence » : dans les six עונות qui suivent une union, cette expulsion est traitée comme une vision ; aussi le compte ne débute-t-il qu'au 5e jour (יום ה') (seif 11).
Deux repères de temps. בין השמשות — le « crépuscule », ce moment de transition entre le jour et la nuit où se fait la bedika d'arrêt לכתחילה. Et עונה (pl. עונות) — une « période » (un jour ou une nuit) ; les six עונות mesurent le délai d'attente de la פולטת. Ces notions techniques se précisent auprès d'un Rav ou d'une moret kalla.

4. Le tableau des בדיקות — quand, combien, avec quoi

L'essentiel pratique du siman tient en un tableau : à chaque étape, quand se vérifier, combien de fois, et avec quoi.

Étape Vérification Seif
Le jour de l'arrêt — הפסק טהרה 1 bedika, proche de בין השמשות (לכתחילה) 1
Si elle n'a vu qu'un seul jour מוך דחוק présent tout le crépuscule 2
Chacun des 7 jours — לכתחילה 2 bedikot : matin (שחרית) + avant le crépuscule 4
Sur les 7 jours — בדיעבד 1 seule bedika suffit (1er, 7e ou milieu) 4
Le tissu de la bedika Lin blanc ancien / coton / laine blanche, propre et doux 6
Si le hefsek s'est trouvé טמא 🔴 בחזקת טמאה — recommencer un vrai hefsek 5
Multiplier les bedikot 🟢 משובחת — même avec un וסת קבוע 9
Voir du sang, même à la fin du 7e jour 🔴 סותר tout — refaire hefsek + 7 jours 10
Après une union (פולטת) Compter à partir du 5e jour (יום ה') 11
La logique en une phrase : on « clôt dans la pureté » (הפסק) en fin de journée, puis on compte sept jours consécutifs en se vérifiant idéalement deux fois par jour avec un tissu blanc — et toute vision de sang, à n'importe quel moment des sept jours, fait tout recommencer.

5. Le Shach et le Taz — les grands commentateurs

En Yoreh De'ah, le Choul'han Aroukh ne se lit jamais seul. Deux grands commentaires l'accompagnent sur chaque page et structurent l'étude pratique : le Shach et le Taz. Ce sont les nossei kelim de référence en Yoreh De'ah. Sur les lois de la nidda, on leur ajoute des œuvres dédiées comme le Sidrei Tahara et le Chochmat Adam, particulièrement précieuses pour le hefsek tahara et les bedikot.

Le Shach (ש״ך) — abréviation de שפתי כהן, Siftei Kohen, de Rabbi Shabtai haCohen (Lituanie, XVIIᵉ siècle). C'est le commentaire de référence sur Yoreh De'ah, d'une grande profondeur analytique. Sur notre siman, il précise les détails du hefsek, du מוך דחוק et des bedikot.
Le Taz (ט״ז) — abréviation de טורי זהב, Turei Zahav, de Rabbi David haLévi Segal (Pologne, XVIIᵉ siècle). Souvent en dialogue — et parfois en désaccord — avec le Shach. Il éclaire ici le hefsek tahara, le tissu de la bedika, la פולטת et la סתירה.

Le Pitchei Teshuva, une mine pour ce siman

Outre le Shach et le Taz, le Pitchei Teshuva (Rabbi Avraham Tsvi Hirsch Eisenstadt, XIXᵉ siècle) recense ici de très nombreux responsa des Aharonim sur des cas concrets : le hefsek, le מוך דחוק, les lévanim, un כתם trouvé pendant les sept jours, la פולטת, la femme qui s'est « occupée » (נתעסקה). C'est par lui qu'on accède à la riche littérature pratique du siman.

On voit la méthode : Shach et Taz ne répètent pas le Mehaber — ils expliquent le mécanisme de chaque étape (pourquoi « clore dans la pureté » avant de compter ? que change un מוך דחוק ?) et tranchent l'usage. C'est exactement ce qu'on approfondit au niveau Lamdan, et qu'on applique au niveau Halakha lema'asse avec les poskim contemporains.

6. La glose du Rama (הגה)

Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute sur le texte du Mehaber des gloses qui reflètent l'usage achkénaze et précisent la pratique. Voici ses interventions les plus marquantes dans notre siman.

Sur le seif 1 — la bedika d'arrêt לכתחילה

Glose du Rama : וכן נוהגין לכתחלה — « et tel est l'usage de première intention ». Le Rama confirme que faire le הפסק טהרה proche de בין השמשות est bien la pratique לכתחילה.

Sur le seif 2 — le בדיעבד du מוך דחוק

Glose du Rama : ובדיעבד אם בדקה עצמה סמוך לבין השמשות ומצאה עצמה טהורה… סגי — « et après coup, si elle s'est vérifiée proche de בין השמשות et s'est trouvée pure… cela suffit », même si le מוך n'est pas resté en place tout le crépuscule.

Sur le seif 3 — le מנהג כשר des lévanim

Glose du Rama : ומנהג כשר הוא… שתרחץ ולובשת לבנים — « c'est un usage valable… qu'elle se lave et revête du blanc » au moment du hefsek ; et si elle ne s'est lavée que le bas du corps (פניה של מטה), cela lui suffit.

Sur le seif 10 — le כתם des trois premiers jours

Glose du Rama : יש אומרים דבשלשה ימים ראשונים… אין תולין אותו להקל — « certains disent que, dans les trois premiers jours du compte, on n'allège pas un כתם » aussi facilement que les jours suivants.

Sur le seif 13 — « אין אנו בקיאין »

Glose du Rama : ויש אומרים דאין אנו בקיאין בזמן הזה ואין לסמוך על זה — « certains disent qu'aujourd'hui nous ne sommes plus experts en cela, et qu'on ne s'y fie pas ». On n'abrège donc pas l'attente sur le seul nettoyage : le Rama ajoute que l'usage est d'attendre même là où il n'y a pas eu d'union, afin de ne pas distinguer entre un compte et un autre.
Le Rama distingue soigneusement la loi de base (le Mehaber) de la pratique vécue : il confirme les usages לכתחילה (la bedika au crépuscule, les lévanim), allège certains בדיעבד (le מוך), mais resserre ailleurs (le כתם des trois premiers jours, le « אין אנו בקיאין » de la פולטת). C'est tout l'équilibre de ce siman.

7. La continuité des sept jours et la פולטת

Les seifim 10 à 13 — le cœur délicat du siman — posent une règle simple à énoncer mais lourde de conséquences : les sept jours doivent être consécutifs.

"הַשִּׁבְעָה נְקִיִּים צְרִיךְ שֶׁיִּהְיוּ רְצוּפִים… שֶׁאִם רָאֲתָה דָּם אֲפִלּוּ בְּסוֹף יוֹם הַשְּׁבִיעִי — סָתְרָה כָּל הַיָּמִים."
Deux mécanismes peuvent annuler (סותר) le compte : Le Mehaber ajoute le cas de l'erreur de décompte (seif 12) et le nettoyage de la semence (seif 13), où le Rama signale le « אין אנו בקיאין ».
Question Réponse
Une vision la fin du 7e jour annule-t-elle tout ? 🔴 Oui, סותר tout (seif 10)
Un כתם dans les 3 premiers jours ? 🟡 On n'allège pas aussi vite (Rama)
Après une union, quand commence le compte ? 🟡 Au 5e jour (יום ה' לשימושה)
Se fier au seul nettoyage de la semence ? 🔴 Non aujourd'hui (אין אנו בקיאין, Rama)
La continuité des sept jours est non négociable : une seule interruption fait tout reprendre. Et après une union, le compte est différé pour ne pas confondre la פולטת avec une vision. Le détail exact — surtout pour la פולטת et un כתם — se règle toujours auprès d'un Rav ou d'une moret kalla.

8. Cas pratiques modernes

Comment ces règles s'incarnent-elles dans la vie d'aujourd'hui ? Voici quatre situations courantes éclairées par notre siman. Chacune se clôt sur le même renvoi : la décision concrète revient au Rav ou à la moret kalla.

Cas 1 — Faire le hefsek tahara

À la fin du saignement, le jour de l'arrêt, la femme se lave (au moins le bas du corps, פניה של מטה), revêt du blanc (לבנים), et fait sa bedika d'arrêt avec un tissu blanc, juste avant le coucher du soleil (סמוך לבין השמשות) — seif 1. Si elle n'a vu qu'un seul jour, c'est un מוך דחוק qu'on lui demande (seif 2). Le geste précis — comment insérer, comment regarder, à quelle heure exacte — s'apprend auprès d'une moret kalla ou d'un Rav.

Cas 2 — Les sept jours propres et les bedikot

Pendant les sept jours, elle se vérifie idéalement deux fois par jour (matin + avant le crépuscule) avec des linges de bedika (עדים) blancs (seifim 4, 6) ; une seule sur les sept suffit בדיעבד, mais multiplier est méritoire (seif 9). En cas de doute sur une couleur (la teinte est-elle rougeâtre ou non ?), on ne tranche jamais seule : on conserve le linge et on le montre à un Rav (cf. siman 188). Le bon usage des bedikot se transmet auprès d'une moret kalla.

Cas 3 — Une tache pendant les sept jours

Si une tache (כתם) apparaît durant les sept jours, la question est : annule-t-elle (סותר) le compte, ou non ? (seif 10, et cf. siman 190 sur les כתמים). Beaucoup de paramètres entrent en jeu (la taille, le support, le jour). C'est précisément le genre de cas qu'on ne tranche pas soi-même : on pose la question au Rav, sans présumer de la réponse.

Cas 4 — La poletet, après une union avant la טבילה

Après une union (par exemple la première, cf. siman 193), si elle voit du sang puis cesse, elle ne commence pas à compter aussitôt : à cause de la פולטת שכבת זרע, le compte débute au 5e jour (יום ה') — seif 11. Le siman évoque un nettoyage pour abréger (seif 13), mais le Rama enseigne qu'aujourd'hui on ne s'y fie plus (אין אנו בקיאין). La conduite exacte, ici plus qu'ailleurs, se suit selon les instructions d'un Rav.
Le fil conducteur des quatre cas : le Siman 196 est le mode d'emploi de la pureté retrouvée — mais c'est un mode d'emploi qui s'apprend et se demande. On apprend le hefsek et les bedikot auprès d'une moret kalla ; on pose au Rav toute question de couleur, de tache ou de פולטת. La décision concrète revient toujours au Rav ou à la moret kalla.

9. Synthèse du Siman 196

L'essentiel du Siman 196 en quelques phrases :
  1. Le הפסק טהרה « clôt dans la pureté » le jour de l'arrêt, proche de בין השמשות ; le compte des sept jours commence le lendemain (seif 1).
  2. Si elle n'a vu qu'un seul jour, elle se vérifie au מוך דחוק présent tout le crépuscule ; בדיעבד une bedika pure suffit (seif 2).
  3. Elle revêt un חלוק בדוק et met des draps vérifiés ; usage des lévanim et de se laver (seif 3).
  4. Les בדיקות : לכתחילה deux par jour (matin + crépuscule) ; בדיעבד une suffit ; jamais de compte sans vrai hefsek — sinon בחזקת טמאה (seifim 4-5) ; multiplier est משובחת (seif 9).
  5. Le tissu : lin blanc ancien, coton ou laine blanche, propre et doux, inséré en profondeur, examiné contre une אדמומית (seif 6) ; l'aveugle montre à une amie (seif 7) ; la sourde-muette / malade est vérifiée par d'autres (seif 8).
  6. Les sept jours sont consécutifs : voir du sang, même à la fin du 7e jour, סותר tout (seif 10).
  7. La פולטת שכבת זרע, dans les six עונות après une union, annule le jour : on compte au 5e jour (יום ה') (seif 11) ; erreur de décompte → six עונות puis un jour (seif 12) ; le nettoyage de la semence, mais « אין אנו בקיאין » aujourd'hui (seif 13).

Tableau-mémoire

Étape Règle
Le הפסק טהרה Proche de בין השמשות ; compter dès le lendemain
Un seul jour vu 🟡 מוך דחוק tout le crépuscule
Les בדיקות des 7 jours 2/jour לכתחילה ; 1 suffit בדיעבד
Hefsek trouvé טמא 🔴 בחזקת טמאה — recommencer
Le tissu Lin / coton / laine blancs, propres et doux
Voir, même à la fin du 7e jour 🔴 סותר tout
La פולטת (après une union) 🟡 Compter au 5e jour (יום ה')
Le seul nettoyage de la semence 🔴 Pas aujourd'hui (אין אנו בקיאין) — voir le Rav

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. À quel moment de la journée se fait le הפסק טהרה, et que veut dire « clore dans la pureté » (seif 1) ?
  2. Dans quel cas faut-il un מוך דחוק, et que permet le Rama בדיעבד (seif 2) ?
  3. Pourquoi revêt-on un חלוק בדוק et des lévanim ? Quel est le מנהג כשר du Rama (seif 3) ?
  4. Combien de בדיקות par jour לכתחילה ? Combien suffisent בדיעבד (seif 4) ?
  5. Que se passe-t-il si le hefsek s'est trouvé טמא puis טהור quelques jours après (seif 5) ?
  6. Avec quel tissu se fait la bedika, et comment l'examine-t-on (seif 6) ?
  7. Comment se vérifient l'aveugle (seif 7) et la sourde-muette ou la malade (seif 8) ?
  8. Pourquoi multiplier les bedikot est-il משובחת, même avec un וסת קבוע (seif 9) ?
  9. Une vision de sang le fin du septième jour annule-t-elle le compte (seif 10) ?
  10. Qu'est-ce que la פולטת שכבת זרע, et pourquoi compte-t-on au 5e jour (seif 11) ? Que signifie « אין אנו בקיאין » (seif 13) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
יורה דעה · סימן קצ״ו · Niveau 1 — Initiation
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