Siman 201 — Niveau 2 · Lamdan : les ma’hlokot du mikvé
Dix points d’iyoun, tirés des quatre cent quatre entrées de l’appareil
יורה דעה · סימן ר״א
דיני המקוה ומימיו
📜 Niveau Lamdan · תלמיד חכם
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Le siman 201 est le plus long de Yoreh De’ah, mais ses désaccords se ramènent à un petit nombre de questions de fond — et presque toutes descendent d’une seule : le puisage invalide-t-il de par la Torah, ou seulement de par les scribes ? Le lecteur qui tient cette question tient la mesure de la השקה, le sort du doute, et la manière dont on répare un mikvé.
Colonne vertébrale des sources :
רמב״ם הלכות מקואות פרקים ד׳-ז׳ · תורת כהנים פרשת שמיני · משנה מקואות פרקים ב׳-ז׳ · שבת ס״ה ע״ב · תענית כ״ה ע״ב · בבא בתרא ס״ו ע״ב · טור ובית יוסף יורה דעה ר״א · ערוך השולחן יו״ד ר״א
Rédaction et iyoun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT
📑 Table des matières
שורש הסימן — trois défauts, une seule question
שאיבה — de la Torah ou des scribes ? Ri contre Rabbénou Chimchon (seif 3)
נהרות — Rabbénou Tam contre Rabbénou Hananel, et la conduite du Rama (seif 2)
זריעה — pourquoi mille סאה puisées ne gâtent pas un mikvé constitué
שיעור ההשקה — כשערה ou כשפופרת הנאד ? (seifim 52–53)
הדלי הנקוב — l’objection du Taz et la responsa tronquée du Ramban (seif 40)
המשכה — sur quoi, dans quel ordre, et jusqu’où (seifim 44–46)
כ״א סאה — deux lectures du Chakh ס״ק י״ז (seif 4)
הספק — ספק מים שאובים contre חזקת טומאה (seifim 67–74)
חפירה בצד הנהר — l’objection de l’Aroukh HaChoul’han au Rama (seif 52)
המקוה המחומם — גזירת מרחצאות, et la seule ligne sur laquelle repose l’usage (seif 75)
חקירת היסוד — trois axes et les nafka minot rassemblées
1. שורש הסימן — trois défauts, et la question qui les commande
Soixante-quinze seifim, et pourtant un seul objet : la qualification d’une eau. Une eau peut être disqualifiée de trois manières, et de trois seulement — elle a été puisée, elle est dans un récipient, elle s’écoule. Le reste du siman ne fait que définir ces trois mots, puis dire ce qui les répare.
Le yessod — trois défauts, et une question de rang : (א)שאוב : la main de l’homme a détaché l’eau du sol en la recueillant. (ב)בכלי : l’eau est enfermée dans ce qui est fait pour recevoir. (ג)זוחלין : l’eau s’en va au lieu de rester. Et sur chacun des trois se pose la même question, qui décide de tout le reste : ce défaut est-il de la Torah ou des scribes ? Car de son rang dépendent le doute (indulgent ou rigoureux), la mesure de la jonction (un cheveu ou le goulot d’une outre), et la manière de réparer.
Trois défauts, trois rangs — et ils ne sont pas les mêmes :
Pour les זוחלין, l’Aroukh HaChoul’han tranche que c’est de la Torah, puisque cela se tire d’un verset du תורת כהנים :
« ונראה דפסול זוחלין במקוה הוא מן התורה כיון דדרשינן לה מקרא וכן משמע בכל הש״ס דאין זה מדרבנן » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ח׳)
Pour les שאובים, c’est précisément la ma’hloket de la section suivante, et elle n’est pas tranchée.
Pour le כלי, l’Aroukh HaChoul’han remarque que la chose est loin d’être évidente, et il pose lui-même la difficulté :
« ויש בזה שאלה להסוברים דשאובים אינו מן התורה א״כ למה הוסיפו לגזור גם על ג׳ לוגין שפוסלים את המקוה והתשובה בזה כי היכי דלא אתו לטבול בכלים דבכלים פסול מן התורה » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:י״ד)
Le verset et sa double דרשה. Tout part de אך מעין ובור מקוה מים יהיה טהור : la source, où la main de l’homme n’a aucune prise, et la citerne, qui est tout entière de main d’homme. Le תורת כהנים en tire deux choses à la fois — que le mikvé soit par la main du Ciel, et que son fond soit comme le sol :
« ומים שאובים פסולים מן התורה כדאיתא בת״כ פ׳ שמיני על פסוק דאך מעיין ובור מקוה מים יהיה טהור וז״ל הת״כ אלו אמר מקוה מים יהיה טהור יכול אפילו מילא בכתיפו ועשה מקוה בתחלה וכו׳ ת״ל מעיין מה מעיין בידי שמים אף מקוה בידי שמים » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:י״א)
2. שאיבה מדאורייתא או מדרבנן — la ma’hloket qui commande le siman entier
Le seif 3 tient en une ligne : les quarante סאה ne doivent pas être puisées. C’est la glose du Rama qui ouvre la question — il distingue le tout et la partie, et rattache chacun à un rang différent. Or cette distinction n’est pas une précision : c’est une prise de position dans une ma’hloket de Richonim, et elle décidera au seif 53 de la mesure d’un contact.
Un mikvé entièrement puisé : invalide de la Torah, ou des scribes ?
Chita
Position
Rambam
De la Torah, toute eau rassemblée sert — puisée ou non ; l’invalidité du puisage est des scribes, apprise par un rapprochement.
« מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים שֶׁהַמַּיִם הַשְּׁאוּבִין פְּסוּלִין לִטְבִילָה. וְלֹא עוֹד אֶלָּא מִקְוֵה מַיִם שֶׁאֵינָן שְׁאוּבִין שֶׁנָּפַל לְתוֹכָן שְׁלֹשָׁה לוֹגִין מַיִם שְׁאוּבִין פָּסְלוּ הַכּל. אַף עַל פִּי שֶׁפִּסּוּל מַיִם שְׁאוּבִין מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים לְמָדוּהוּ בְּהֶקֵּש » (רמב״ם הלכות מקואות פרק ד הלכה ב)
Ri (dans le Tour)
Le puisage n’invalide que de rabbinique ; par conséquent tout doute, même sur un mikvé entièrement puisé, est indulgent.
« וז״ל הטור ומיהו פי׳ ר״י דשאיבה אינה פוסלת אלא מדרבנן שמן התורה אפילו כולו שאוב כשר הלכך כל ספק שאירע בו אפילו ספק אם הוא כולו שאוב אם לאו כשר אבל רבינו שמשון פי׳ שכולו שאוב פסול מן התורה עד שיהיה רובו בהכשר אבל לאחר שיהיה רובו בהכשר משם ואילך אין שאיבה פוסלת בו אלא מדרבנן הלכך כל ספק שיארע בו קודם שיהיה רוב כלא שאיבה אזלינן ביה לחומרא אבל משידוע שנעשה רובו בהכשר מקילינן בספיקא שיארע בו וכן הוא מסקנת א״א הרא״ש » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:י״ב)
Rabbénou Chimchon, et c’est la conclusion du Roch
Entièrement puisé est invalide de la Torah, jusqu’à ce que la majorité soit valide ; au-delà, le puisage n’invalide plus que de rabbinique.
Rama
Suit Rabbénou Chimchon et le Roch : tout puisé, doute rigoureux ; minorité puisée, doute indulgent.
« ואם כל המקוה היא שאובין פסול מן התורה וספיקא לחומרא אבל אם רוב המקוה כשר והמועט הוא שאובין אינו אלא מדרבנן וספיקא לקולא » (שו״ע יו״ד ר״א:ג׳)
Et ce n’est pas une ma’hloket à deux termes. L’Aroukh HaChoul’han en compte au moins quatre, chacune traçant la frontière ailleurs : Rabbénou Tam distingue selon l’ordre d’arrivée, le Raavad selon que l’homme a porté ou que l’eau est tombée seule des récipients, le Rach selon que les récipients reçoivent ou non l’impureté :
« ויש מרבותינו דס״ל דכולה שאובה פסול מן התורה וכן ג׳ לוגין שאובין בתחלה כשנותנם לתוך המקוה פוסל מן התורה כל הגשמים שירדו לתוכה אבל אם בתחלה ירדו גשמים אף מעט ואח״כ נפל לתוכה ג׳ לוגין שאובין פסולו מדרבנן » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:י״ג)
Nafka minot, et elles sont toutes dans le siman :(1) un doute sur un mikvé entièrement puisé — indulgent selon le Ri, rigoureux selon le Rama (seif 3, et le Chakh ס״ק קמ״א au seif 68). (2) la mesure du contact au seif 53 — un cheveu ou le goulot d’une outre. (3) le chiffre des vingt et une סאה du seif 4, que le Chakh explique en supposant que le Mehaber tient le puisage rabbinique dans tous les cas. (4) le doute sur la largeur d’un trou au seif 52, que l’Aroukh HaChoul’han tranche en rigueur pour une raison indépendante : le שיעור lui-même est הלכה למשה מסיני.
L’Aroukh HaChoul’han sur le שיעור et le doute (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ק״פ) : même celui qui tient le défaut rabbinique doit être rigoureux sur un doute de mesure, parce que l’immersion elle-même est de la Torah et que les mesures sont une loi de Moché au Sinaï :
« ואם יש ספק אם יש בנקב כשפה״נ אם לאו פסולה דכיון שעיקר טבילה הוא מן התורה אף ששיעורו הוא מדברי סופרים ספקו טמא דגם השיעור הוא כדין תורה דשיעורין הלכה למשה מסיני » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ק״פ)
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ג׳
ארבעים סאה שאמרו צריך שלא יהיו שאובים שאם הם שאובים פסולים. הגה ואם כל המקוה היא שאובין פסול מן התורה וספיקא לחומרא אבל אם רוב המקוה כשר והמועט הוא שאובין אינו אלא מדרבנן וספיקא לקולא (טור בשם הרא״ש ור״ש והרבה פוסקים):
3. נהרות — la טבילה au fleuve, et deux מימרות de la guemara qui se contredisent
La question est ancienne et elle est de pratique : un fleuve grossit à la saison des pluies, et les eaux de pluie y deviennent majoritaires. Le fleuve garde-t-il son régime de source, qui purifie en écoulement ? Deux מימרות s’opposent, et les Richonim se partagent selon celle qu’ils retiennent.
Deux מימרות, et elles ne disent pas la même chose. D’un côté נהרא מכיפיה מתברך — le fleuve est béni de sa propre source, et toute מים de pluie qui descend est compensée par le double qui monte d’en bas ; d’où il suivrait que les eaux courantes sont toujours majoritaires. De l’autre, on a enseigné que l’Euphrate ne purifie en écoulement qu’en Tichri, et que le père de Chemouel faisait des mikvaot pour ses filles en Nissan :
« נהרא מכיפיה מתברך ממקורו ולא ממימי הגשמים דאין לך טפח יורד מלמעלה שאין טפחיים עולים כנגדו מלמטה » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ל״ח)
Le partage des Richonim :
Chita
Position
Rabbénou Tam, et avec lui le Rach, le Séfer HaTeroumot et le Semag
On tranche comme נהרא מכיפיה מתברך : on trempe au fleuve toute l’année — mais seulement dans un fleuve qui ne tarit jamais.
« ונחלקו בזה רבותינו דר״ת פסק כי הך מימרא דנהרא מכיפיה מתברך ומותר לטבול בנהרות כל השנה ורק זהו בנהרות שלעולם אינן מתייבשין אבל נהרות המתייבשין בימי הקיץ אין טובלין בהם דחיישינן תמיד לריבוי הנוטפין [ר״ן לדעת ר״ת בנדרים מ:] כלומר דאולי עיקר הווייתן הוא ע״י גשמים ולדעת ר״ת הסכימו הר״ש » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ל״ט)
Rabbénou Hananel, et ainsi le Rif, le Ri, le Roch et le Rambam
On tranche comme l’autre מימרא : à la saison des pluies on ne trempe pas au fleuve. Le Rambam y ajoute une distinction de lieu — à l’endroit même de la source, toujours ; en aval, non.
« אבל רבינו חננאל פסק כאידך מימרא דבזמן ריבוי הגשמים אין לטבול בנהרות וכן נראה דעת הרי״ף ור׳י בעל התוס׳ והר״ס מר״ב רבו של הרא״ש וגם דעת הרמב״ם כן הוא רק שהוא מחלק בין מקום עיקר המעיין למקום המשכתו » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ל״ט)
Mehaber
Si les נוטפין l’emportent, on ne purifie plus qu’en אשבורן : il faut entourer d’une natte pour que l’eau s’arrête.
Rama
Enseigne la rigueur — et rapporte aussitôt l’usage indulgent, sans protester.
« אבל יש מתירים לטבול בנהרות כל השנה אף בשעת הגשמים והפשרת שלגים ורבו הנוטפים על הזוחלין משום דעיקר גידול הנהר הוא ממקום מקורו » (שו״ע יו״ד ר״א:ב׳)
Le Chakh précise ce que l’indulgence permet exactement (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק י״ג) : non pas seulement de tremper dans un fleuve, mais d’y tremper dans son écoulement, sans qu’on ait besoin d’y aménager quelque chose qui ressemble à un mikvé :
« אפי׳ דרך זחילתן שאין עשוי כמין מקוה בנהר » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק י״ג)
Le Taz ajoute un motif que le Baer Hetev rapporte en son nom (באר היטב יו״ד ר״א ס״ק ו) : le danger n’est pas seulement le compte des eaux, c’est le lieu où elle trempe. La fonte des neiges et la pluie descendent d’un point haut près de la rive, et קטפרס אינו חיבור — une pente n’est pas une jonction. Elle risque donc de tremper à un endroit qui n’est pas relié aux eaux courantes :
« ותירץ הט״ז דהכא פסול מטעם דחיישינן שהפשרת שלגים וגשמים יורדין ממקום גבוה שאצל שפת הנהר ובזה אין חיבור דקי״ל קטפרס אינו חיבור וא״כ חיישינן שמא תטבול באותו מקום מדרון ושם אין חיבור להזוחלין הנמשכים למטה מן המעיין ונמצא שטובלת במקוה פסול בזוחלין » (באר היטב יו״ד ר״א ס״ק ו׳)
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ב׳
מי מעיין מטהרין אף בזוחלין (פירוש זוחלין נמשכים והולכים ואינן מכונסים) מי גשמים אין מטהרין אלא באשבורן (פירוש מקום עמוק שמתכנסים בו המים ונקרא אשבורן) (אבל על ידי זחילה פסולין מן התורה (ב״י בשם מהרי״ק שורש קט״ו ות״ה סימן רכ״ד) אם הם לחוד בלא מעיין) היו הזוחלין מן המעיין מתערבי׳ עם הנוטפי׳ שהם מי גשמים הרי הכל כמעיין לכל דבר ואם רבו הנוטפים על הזוחלין וכן אם רבו מי גשמים על מי הנהר אינם מטהרים בזוחלין אלא באשבורן לפיכך צריך להקיף מפץ (פי׳ כעין מחצלת) וכיוצא בו באותו הנהר המעורב עד שיקוו המים ויטבול בהם: הגה וכן נכון להורות ולהחמיר (מהרי״ק ות״ה שם ושאר אחרוני׳ כתבו ויש להחמיר כשטת הר״ם ורא״ש וסייעתם) אבל יש מתירים לטבול בנהרות כל השנה אף בשעת הגשמים והפשרת שלגים ורבו הנוטפים על הזוחלין משום דעיקר גידול הנהר הוא ממקום מקורו (טור בשם ר״ת וב״י בשם רש״י וסה״ת וסמ״ג) וכן נהגו ברוב המקומות במקום שאין מקוה ואין למחות ביד הנוהגין להקל כי יש להם על מי שיסמוכו (מהרי״ק ובת״ה שם ומהרי״ו סימן ע׳ וב״ז סימן קנ״ד) מיהו יש ליזהר מלטבול בנהר המתהוה לגמרי ע״י גשמים וכשאין גשמים פוסק לגמרי אף על פי ששאר נהרות שופכים לתוכו בשעת הגשמים ומתהוה על ידן מ״מ הואיל ופוסק לגמרי בשעה שאין גשמים אסור לטבול בו דרך זחילתו עד שיקוו המים שבתוכו (שם במהרי״ק) אבל בנהר שאינו פוסק אע״פ שבשעת הגשמים מתרחב ומתפשט על כל גדותיו מותר לטבול בו בכל מקום (ב״י לדעת המרדכי והאשיר״י והתוספ׳) לפי סברת המקילין ולפי מה שנהגו:
4. זריעה — la question du תרומת הדשן et la réponse du Roch
Le Taz, au ס״ק ג, rapporte une question qui semble d’abord technique et qui touche en réalité le fondement de la notion d’eau puisée. Deux défauts se comportent différemment devant l’abondance, et rien n’explique pourquoi — jusqu’à ce que l’on comprenne ce que chacun des deux défauts corrige.
La קושיא du תרומת הדשן, telle que le Taz la rapporte : pourquoi une majorité d’eaux de pluie ôte-t-elle au fleuve son pouvoir de purifier en écoulement, alors que mille סאה puisées, versées d’un coup dans un mikvé de quarante סאה déjà constitué, ne l’invalident pas ?
« שמעתי מקשים מאי שנא נוטפין דפסלי זוחלין ברבייתן ומפקי׳ להו מתורת זוחלין ומים שאובי׳ דפסלי המקוה לגמרי ואפ״ה אם היה כבר מקוה של מ׳ סאה ונפלו לתוכה אפי׳ אלף סאין שאובין בבת אחת לא יפסלוהו כמ״ש בסימן זה סעיף ט״ו במקוה ובמעיין אפי׳ כל שהוא » (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק ג׳)
Le תירוץ, au nom du Roch — et c’est le concept de זריעה : si les eaux puisées ne gâtent pas le mikvé, c’est qu’elles y sont comme semées, et redeviennent par là des eaux attachées au sol :
« ותירץ שם בת״ה דכתב הרא״ש דהטעם שאין שאובין פוסלין המקוה דהוי כאילו נזרעו בתוכה והרי הם כמחוברים וכשרים ע״כ ניחא הקושיא דעיקר פסול שאובין הוא דהויין כתלושין ע״י אדם ולכך מהני בהו זריעה ויתחשבו מחוברים » (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק ג׳)
Et la seconde moitié du תירוץ est la plus instructive : la semaille ne répare que ce qui a été détaché. Or le défaut des נוטפין n’est pas d’être détachées — un mikvé fait entièrement d’eaux de pluie est parfaitement valide — c’est de ne pas purifier en écoulement. La semaille ne peut donc rien pour elles :
« אבל פסול דנוטפים שאינם מטהרים בזחילה אינו מטעם שהם תלושים דהא מקוה שלימה מנוטפים כשרה ואפ״ה אין מטהרים ע״י זחילה הלכך לא מהני בהו זריעה שנזרעו במי׳ זוחלין דלא מהני אלא לשוויי תלוש למחובר » (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק ג׳)
ח̇קירה : le puisage est-il un défaut de l’eau ou un défaut de la manière dont l’eau est arrivée ? La זריעה suppose la seconde branche : l’eau n’a rien de mauvais en elle-même, elle a seulement été détachée, et le fait de la verser dans une eau attachée la rattache. C’est cette branche qui explique aussi que la neige du seif 30 ne se disqualifie pas — elle n’était pas de l’eau au moment du passage — et que le mikvé gelé du seif 31 se purifie de son puisage.
Nafka mina, et le siman la donne lui-même : au seif 15, quarante סאה et une source, si mince soit-elle, permettent de puiser tant qu’on veut ; au seif 21, un mikvé invalidé n’est pas réparé par l’ajout d’eau valide mais l’est par la mise en contact. Dans les deux cas, ce n’est pas la quantité qui répare — c’est le rattachement.
« מקוה שיש בו ארבעים סאה ומעין כל שהוא יכול לשאוב כל מה שירצה ליתן לתוכה והם כשרים אע״פ שהם רבים על המים שהיו בתוכה תחלה » (שו״ע יו״ד ר״א:ט״ו)
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif כ״א
מקוה שנפל לתוכו מים שאובים ונפסל ואחר כך ריבה עליו מים כשרים עד שנמצאו הכשרים מ׳ סאה הרי הוא בפיסולו עד שיצאו כל המים שהיו בתוכו ויפחתו השאובים פחות מג׳ לוגין וכן אם עשה מקוה שיש בו ארבעים סאה מים כשרים ועירבו עם המקוה הזה הפסול טהרו אלו את אלו. (וה״ה במעיין כל שהוא שהמשיך אלו השאובין נטהרו כמו שנתבאר לעיל):
5. שיעור ההשקה — כשערה contre כשפופרת הנאד, et pourquoi c’est la même ma’hloket qu’au seif 3
Le seif 52 exige le goulot d’une outre pour mêler deux mikvaot ; le seif 53 se contente d’un cheveu pour rendre valide un mikvé puisé. Le Rama, au seif 53, renverse cela à moitié, puis ajoute que même pour le puisage certains exigent davantage — “et il convient d’enseigner ainsi”. Le Chakh montre que ces trois positions ne sont pas trois opinions séparées mais une seule ligne, tirée de la ma’hloket du seif 3.
Le Mehaber, au seif 53 : un cheveu suffit, et même si les eaux du contact ne voient pas la face de l’air.
« הבא להכשיר מקוה שאוב ממקוה שלם שאינו שאוב אף על פי שאינו משיקו אלא כשערה כשר ואפילו אין מי ההשקה רואין פני האויר » (שו״ע יו״ד ר״א:נ״ג)
Le Rama, aussitôt après : le cheveu ne vaut que pour l’invalidité rabbinique ; pour une invalidité de la Torah, il faut le goulot d’une outre — et même pour le puisage, certains sont en désaccord, “et il convient d’enseigner ainsi”.
« ודוקא בפסול שאיבה שהיא מדרבנן אבל בפסול דאורייתא בעינן כשפופרת הנאד (ת״ה ור״ש במקואות) כמו שנתבאר ואפילו בפסול שאיבה יש חולקין (טור והרא״ש) וכן ראוי להורות » (שו״ע יו״ד ר״א:נ״ג)
Le Chakh pose la règle générale dès le seif 52 (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק ק״ט) :
« דוקא הפסול מדאורייתא בעי כשפופרת הנוד אבל הפסול מדרבנן סגי בכשערה כדלקמן סעיף נ״ג » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק ק״ט) puis il explique pourquoi le puisé y échappe (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק קי״ד) — le goulot n’est exigé que pour rendre valide un mikvé déficient à partir d’un mikvé complet ; pour un mikvé puisé, on a allégé, le puisage n’étant que des scribes :
« דהא דבעינן כשפופרת הנוד היינו דוקא להכשיר מקוה חסר מן השלם אבל להכשיר מקוה שאוב ממקוה שלם שאינו שאוב אע״פ שאינו משיקן אלא כשערה כשר לפי ששאוב אינו פוסל אלא מדבריהם הקילו בכך » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק קי״ד)
Et voici le cœur — le Chakh, au ס״ק קי״ז, montre que la ma’hloket n’est pas sur la mesure mais sur le rang : ceux qui exigent le goulot même pour un mikvé puisé le font par cohérence avec eux-mêmes, tenant au seif 3 qu’un mikvé entièrement puisé est invalide de la Torah. Par conséquent, là où le mikvé est majoritairement valide et seulement pour une part puisé, tous s’accordent qu’un cheveu suffit :
« לטעמייהו אזלי דס״ל לעיל סעיף ג׳ כולו שאוב פסול מדאורייתא ולפ״ז היכא דהמקוה היתה רובה כשרה ומקצתה שאובה כגון שנפלו לתוכו ג׳ לוגין מים שאובים סגי לכ״ע בכשערה » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק קי״ז)
Ce que le Chakh gagne par là — la תמיהה du Ba’h. Le Ba’h s’étonnait : comment le Roch peut-il exiger le goulot, alors que la michna enseigne expressément qu’on rend valides les mikvaot, le supérieur par l’inférieur, et il le met en contact ne fût-ce que d’un cheveu ? Le Chakh répond que le Roch lit cette michna d’un mikvé supérieur invalide seulement de rabbinique :
« דהרא״ש מוקי להך מתניתין כשהמקוה העליון פסול רק מדרבנן » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק קי״ז)
Le Taz dit la même chose en une ligne (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק ס״ג), et il écarte du même coup le contresens le plus fréquent — “l’invalidité du puisage, qui est rabbinique” ne veut pas dire que tout puisage est rabbinique :
« פירוש ברוב המקוה כשר ומיעוטו שאוב כמ״ש רמ״א בסעיף ג » (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק ס״ג)
Nafka mina pratique : un bassin entièrement rempli à la conduite d’eau, que l’on veut rendre valide par contact avec un bassin de pluie. Selon la lettre du Mehaber, un cheveu suffit. Selon le Rama — “et il convient d’enseigner ainsi” — il faut le goulot d’une outre, c’est-à-dire une ouverture de deux doigts. C’est la différence entre deux plans de mikvé, et elle se décide avant de couler le béton.
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif נ״ב
הבא לערב מקוה פסול או חסר עם מקוה כשר להכשירו או ששניהם חסרים ובא לערבם להכשירם צריך שיהא נקב שביניהם רחב כשפופרת הנאד (וקילוח המים יהיה כרוחב הנקב) (ריב״ש סימן רל״ב בשם א׳ מהמפרשים וכן כתב הבית יוסף) ולאחר שנתערב הפסול עם הכשר אפי׳ רגע נשאר לעולם בהכשרו אפי׳ נסתם הנקב אח״כ כל שיעמוד כשפופרת הנאד ממעטו אפילו דבר שהוא מבריית המים ספק אם הנקב רחב כשפופרת הנאד אם לאו פסול אם יש נקבים דקים הרבה מצטרפין לכשפופרת הנאד אם המקוה הא׳ שלם והב׳ חסר: הגה ומותר לחפור מקוה בצד הנהר ולטבול בה אע״פ שאין בה מ׳ סאה דהא ארעא חלחולי מתחלחלת והואיל והוא סמוך לנהר ואנו רואין החלחולים שביניהם שהמים באין מן הנהר דרך החלחול דהיינו מנקבים דקים שבקרקע הוי חבור (מרדכי ה״נ בשם ראבי״ה): אבל אם שניהם חסרים אין הנקבים הדקים מצטרפין לכשפופרת הנאד (וה״ה אם חלק מקוה בסל או בשק אם אין שיעור מקוה בצד אחד פסול):
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif נ״ג
הבא להכשיר מקוה שאוב ממקוה שלם שאינו שאוב אף על פי שאינו משיקו אלא כשערה כשר ואפילו אין מי ההשקה רואין פני האויר: הגה ודוקא בפסול שאיבה שהיא מדרבנן אבל בפסול דאורייתא בעינן כשפופרת הנאד (ת״ה ור״ש במקואות) כמו שנתבאר ואפילו בפסול שאיבה יש חולקין (טור והרא״ש) וכן ראוי להורות:
6. הדלי הנקוב — percer le seau sert-il à quelque chose ?
Le seif 40 donne le geste le plus pratique de tout le siman : percer le seau avec lequel on vide le mikvé, pour qu’il cesse d’être un récipient. Le Taz y consacre son plus long ס״ק — près de cinq mille signes — pour dire qu’il n’en comprend pas la mécanique, qu’une responsa du Ramban lui donne raison, et que tous les décisionnaires l’enseignent malgré cela.
Le remède du Mehaber (שו״ע יו״ד ר״א:מ) :
« הילכך הרוצה לשאוב מים מהמקוה לנקותו וירא שמא יחזרו מהכלי שמוציאין בו המים ג׳ לוגין למקוה אחר שחסרו מ׳ סאה ויפסלוהו יקוב הכלי בשוליו כל שהוא ואז לא יחשבו המים שבו שאובין » (שו״ע יו״ד ר״א:מ׳)
La קושיא du Taz (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק מ״ז) : le seif 39 vient de poser que tout ce qui arrive par la main de l’homme invalide, fût-ce sans récipient — jusqu’à l’eau qui jaillit de ses pieds. À quoi sert alors un trou au fond du seau ?
« אך קשה במה שכתב בסמוך הרוצה לשאוב מים מהמקוה לנקותה כו׳ יקוב הכלי בשוליו מה מהני הנקב הח מ״מ בא ע״י אדם למקוה ובזה פוסל אפי׳ בלא כלי » (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק מ״ז) Et il rappelle le seif qui le porte :
« שכל על ידי אדם אפילו זילף בידיו וברגליו ואפי׳ עובר במים ונזדלפו מאליהם ברגליו למקוה פסלוהו » (שו״ע יו״ד ר״א:ל״ט)
Et la réponse qu’il trouve — mais elle ne le satisfait pas. La responsa du Ramban, siman רל״א, dit expressément que le percement du seau ne sert de rien ; et le Taz remarque que cette responsa nous est parvenue tronquée, le copiste ayant noté qu’il n’en avait pas trouvé davantage :
« ומטעם זה כתב באמת בתשובה להרמב״ן סימן רל״א הבאתיו לעיל סעיף ט״ו דאין מועיל תיקון נקיבת הדלי כשרוצה לנקות המקוה ולא ראיתי שום מפרש או פוסק שירגיש בזה » (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק מ״ז) Il en tire ce constat, qui est aussi une leçon de méthode :
« אלא כולם כאחד אמרו שיעשו תיקון זה של נקיבת הדלי » (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק מ״ז)
Le Chakh, lui, ne discute pas la mécanique : il rapporte la pratique (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק נ״ז). L’Agouda avait proposé de compter l’eau sortie ; il note n’avoir pas vu ses maîtres faire ainsi :
« כתכ האגודה בריש מקוואות מכאן היה נ״ל כשמנקין מקוה ונפסל בג׳ לוגין מים שאובין אם יוציאו ממנו מעט יותר ממה שהיו בו בשעה שנפלו לתוכו הג׳ לוגין שהוא כשר אבל לא ראיתי רבותי נוהגין כן » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק נ״ז) et il rapporte la conduite qu’il a lui-même plaidée devant eux :
« ודנתי לפני רבותי להכשירו אם לא שהוציאו כל המים וינגבו המקוה בסדינים או בחול או ינקבו הכלים שדולין בו לבטלו מתורת כלי » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק נ״ז) Et sur la taille du trou, il rapporte le Ba’h (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק פ״ד) :
« כתב הב״ח שנהגו לנקבו ככונס משקה » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק פ״ד)
Le prolongement moderne — percer une cuve déjà scellée dans le sol :
Chita
Position
מרכבת המשנה et באר יעקב
Le percement opère même après la fixation, et l’on peut même reboucher ensuite — c’est alors comme une gouttière fixée puis creusée.
« עי׳ בס׳ מרכבת המשנה פ״ו מהלכות מקואות דין ד׳ שכתב שנשאל בכלי שחיברו בקרקע אי מהני נקיבה אח״כ והשיב דזה פשוט דמהני ממ״נ אי תלוש ולבסוף חיברו כתלוש דמי כו׳ עד וכיון דמותר לנקבו בעודו בקרקע שרי אח״כ לסתמו דבשעת נקיבה בטל מתורת כלי והסתימה אח״כ חשוב כצינור שקבעו ולבסוף חקקו ובהדין זה פשוט » (פתחי תשובה יו״ד ר״א ס״ק י״ב)
Rabbi Akiva Eiger
Le percement, oui ; le rebouchage, non — la cuve avait déjà acquis le nom de récipient à l’état détaché, le trou n’en fait qu’un récipient invalide, et une fois bouché elle redevient un récipient.
« ועי׳ בתשו׳ רבינו עקיבא איגר זצ״ל סי׳ ל״ט דדעתו ג״כ בפשיטות דמהני נקיבה בעודו קבוע בקרקע אמנם מה שכתבו דמותר אח״כ לסתמו בזה אין דעתו כן דכיון דכבר קנה שם כלי בתלוש וע״י החיבור לארץ לא אבד שמו אלא שע״י הנקב מקרי כלי פסול ושוב כשנסתם חוזר להיות כלי » (פתחי תשובה יו״ד ר״א ס״ק י״ב)
Aroukh HaChoul’han
Rapporte la même distinction, et ajoute le cas inverse — percé avant la fixation, on peut soutenir que le rebouchage ne rend pas le nom de récipient.
« ויש מן הגדולים שאמרו דהן אמת דנקיבה מהני גם כשהיא בקרקע מ״מ לסתום הנקב אחר כך אין להתיר לטבול בו דכיון שכבר קנה שם כלי בתלוש וע״י החיבור לארץ לא אבד שם כלי כדין חקקו ולבסוף קבעו אלא שע״י הנקב אבד שם כלי אם כן כשנסתם חזר להיות כלי » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ע״ה)
Deux Nekoudot HaKessef sur ce mouvement. Le Chakh répond au Taz qui refusait la distinction du Ba’h entre boucher pour assécher et boucher pour rendre valide (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק ס״א) :
« ואיני מכיר חילוק זה דהא גם כאן אין עושה כן אלא שלא יזובו המים דרך שם » (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק ס״א) et il la trouve, lui, parfaitement simple :
« החילוק פשוט דהתם עדיין אין כאן מקוה אלא שרוצה לפקוק ונגבה אבל הכא רוצה להכשיר המקוה » (נקודות הכסף יו״ד ר״א)
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif מ׳
כלי שניקב בשוליו אפילו כל שהוא אינו חשוב כלי לפסול המקוה ומכ״מ אין להקל לעשות מקוה לכתחלה ולהביא מים בכלי מנוקב כזה ואם הנקב בצדדין אינו בטל מתורת כלי עד שיהא ברוחב הנקב כשפופרת הנאד שהוא כשתי אצבעות ראשונים מהארבע שבפס היד מתהפכות בחלל הנקב בריוח בין שהוא מרובע בין שהוא עגול ויהא קרוב לשוליו שאינו יכול לקבל שום מים ממנו ולמטה אבל אם מקבל שום מים למטה ממנו לא נתבטל מתורת כלי ואם עירב סיד וצרורות וסתם בהם הנקב לא חשיב סתימה להחזירו לתורת כלי או אם הושיבו על גבי הארץ ואפי׳ על גבי סיד וגפסיס לא חשיב סתימה אבל אם עירב סיד וגפסיס וסתמו חשוב סתימה הילכך הרוצה לשאוב מים מהמקוה לנקותו וירא שמא יחזרו מהכלי שמוציאין בו המים ג׳ לוגין למקוה אחר שחסרו מ׳ סאה ויפסלוהו יקוב הכלי בשוליו כל שהוא ואז לא יחשבו המים שבו שאובין ואם הם מים נובעים אין צריך לכך כי המעין אינו נפסל בשאיבה: הגה ומכל מקום נהגו להחמיר גם במעין (מרדכי ה״נ בשם השאילתות ומהרי״ק שנ״ה ות״ה סימן רנ״ח) כי יש חולקין אפי׳ במעין ואומרים דשאיבה פוסלת ולכן לכתחלה יש להחמיר (עיין ס״ק פ״ז) לנקוב הכלי ששואבין בו אף במעין ואם לא עשו כן ושאבו בכלי שלם ונפלו שם שלשה לוגין שאובין ונפסלה המקוה ורוצין לנקותה ולהכשירה אם אפשר לפקוק נקבי הנביעה בקלות טוב להחמיר ולעשות כן אבל אם יש טורח גדול בדבר או בדיעבד שלא עשו כן יש לסמוך אמקילין דסוברין דאין שאיבה פוסלת במעין (מהרי״ק שורש נ״ה) כי כן עיקר ואפילו במקוה שאין בה מעין אם אין הכלי גדול כל כך שבודאי יפלו שם ג׳ לוגין שאובין אלא שיש לחוש שמא נפלו בזה אחר זה וכיוצא בזה אזלינן לקולא דספיקא דג׳ לוגין שאובין הוי ספיקא דרבנן ואין לחוש בדיעבד (מהרי״ק שורש נ״ו והגהות סמ״ק):
7. המשכה — la conduite des eaux puisées, et les trois conditions qu’on oublie
La המשכה est le procédé qui rend possible presque tout mikvé construit : l’eau puisée qui a couru sur le sol cesse d’invalider. Mais elle a trois conditions, et chacune a sa ma’hloket — la quantité déjà valide, l’ordre des opérations, et la surface sur laquelle l’eau court.
Première condition — la mesure. Le seif 45 la fixe en cinq mots :
« שיעור המשכה זו אין פחות מג׳ טפחי׳ » (שו״ע יו״ד ר״א:מ״ה) Et la majorité valide doit être là : vingt סאה et quelque chose, dit le seif 44.
Deuxième condition — l’ordre, et c’est la glose du Rama au seif 44 :
« אבל אם המשיך תחילה מים פסולים ואח״כ הביא עליהם רוב מים כשרים לא מהני » (שו״ע יו״ד ר״א:מ״ד) Le Chakh explique exactement le cas visé (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק צ״ט) : il a d’abord conduit des eaux puisées dans un bassin qui n’avait pas vingt סאה, puis la pluie est venue par-dessus — et rouvrir la gouttière après coup ne répare rien :
« פי׳ שהמשיך תחלה מים שאובים למקוה ואינם כ׳ סאין ואחר כך הביא עליהם רוב מים כשרי׳ כלומר שנפלו עליהם מי גשמים יותר מכ׳ סאין לא מהני אפי׳ אם פתח אח״כ הצנור ונמשכו הכל למקום אחד דלא אמרינן שאובה שהמשיכוה כולה כשרה אלא כשהיה שם בתחלה רוב מים כשרים » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק צ״ט)
Le Taz durcit encore, contre le Prisha (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק נ״ה) : cette invalidité-là est de même nature que celle du puisage ordinaire, et il n’y a de remède qu’après la sortie des premières eaux, comme au seif 22 :
« בטור כתוב דאם אין בו אלא כ׳ סאין ושאב כ׳ סאין אפילו על ידי המשכה פסול נראה ברור דפסול זה הוה כמו פיסול שאיבה דאם נפלו ג׳ לוגין שאובין דאין תקנה רק אחר שיצאו הראשונים כמ״ש בסעיף כ״ב » (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק נ״ה)
Troisième condition — la surface. Et c’est ici la ma’hloket du seif 46 :
Chita
Position
Raavad, et c’est la lettre du Mehaber
Sur le sol, ou sur une gouttière qui n’a jamais porté le nom de récipient à l’état détaché — mais non sur des récipients.
« אין המשכה מועלת אלא על גבי קרקע או על גבי צנור שלא היה עליו שם כלי בתלוש אבל אם המשיך על גבי כלים אפי׳ כלי גללים וכיוצא בהם לא הוי המשכה » (שו״ע יו״ד ר״א:מ״ו)
Rokéa’h, rapporté par le Mardekhi et cité par le Rama
Seulement sur un sol apte à absorber : un dallage de pierres ne suffit pas, et il est bon d’être rigoureux לכתחלה.
« וי״א דאין המשכה מועלת אלא דוקא על גבי קרקע הראוי לבלוע בה אבל אם המשיך על גבי רצפת אבנים שאין ראוי לבלוע בה וכל שכן על גבי דף או כלי אע״פ שאינו פוסל המקוה לא מהני (ב״י בשם מרדכי פ״ב דשבועות שכ״כ בשם הרוקח) וטוב להחמיר לכתחלה » (שו״ע יו״ד ר״א:מ״ו)
Nafka mina, et c’est le plan du bâtiment. Selon le Raavad, il suffit que la conduite se fasse sur un canal maçonné ; selon le Rokéa’h, il faut un sol de terre battue ou de matériau absorbant. La forme des mikvaot construits depuis quatre siècles suit la seconde opinion, par rigueur, non par obligation.
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif מ״ד
אין המים שאובים פוסלים את המקוה בג׳ לוגין עד שיפלו לתוך המקוה מהכלי אבל אם נגררו המים השאובי׳ חוץ למקוה ונמשכו וירדו למקוה אינם פוסלי׳ את המקוה עד שיהיו מחצה על מחצה אבל אם היו רוב מהכשרי׳ הרי המקוה כשר כיצד מקוה שיש בו כ׳ סאה ומשהו מים כשרי׳ והיה ממלא ושואב חוץ למקוה והמים נמשכים ויורדים למקוה בין שהיו נמשכים על גבי קרקע או בתוך הסילון כיוצא בו מדברים שאינם פוסלים את המקוה הרי הוא כשר ואפילו השלימו לאלף סאין שהשאובה שהמשיכוה כשרה אם היה שם רוב מ׳ סאה מן הכשר וכן גג שהיה בראשו כ׳ סאה ומשהו מי גשמי׳ ומילא בכתפו ונתן לתוכו פחות מכ׳ שנמצא הכל פסול ופתח הצנור ונמשכו הכל למקום אחד הרי זה מקוה כשר שהשאובה שהמשיכוה כולה כשרה הואיל ויש שם רוב מהכשר: הגה אבל אם המשיך תחילה מים פסולים ואח״כ הביא עליהם רוב מים כשרים לא מהני (דקדק הב״י מדברי הרמב״ם):
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif מ״ו
אין המשכה מועלת אלא על גבי קרקע או על גבי צנור שלא היה עליו שם כלי בתלוש אבל אם המשיך על גבי כלים אפי׳ כלי גללים וכיוצא בהם לא הוי המשכה (הראב״ד) : הגה וי״א דאין המשכה מועלת אלא דוקא על גבי קרקע הראוי לבלוע בה אבל אם המשיך על גבי רצפת אבנים שאין ראוי לבלוע בה וכל שכן על גבי דף או כלי אע״פ שאינו פוסל המקוה לא מהני (ב״י בשם מרדכי פ״ב דשבועות שכ״כ בשם הרוקח) וטוב להחמיר לכתחלה:
8. כ״א סאה — pourquoi ce chiffre, et deux manières de le lire
Le seif 4 exige vingt et une סאה dans le mikvé d’un non-Juif qui en tire salaire. Le chiffre est étrange : ce n’est ni quarante, ni une fraction ronde. Le Chakh refuse l’explication la plus simple, et sa raison de la refuser vaut d’être suivie pas à pas — car elle repose sur ce que le Mehaber tient du puisage.
Le seif (שו״ע יו״ד ר״א:ד) :
« מקוה שהיא של עובד כוכבי׳ ומקבל ממנו שכר אין להאמין לעובד כוכבים עליו אא״כ יש (תמיד) במקוה כ״א סאה » (שו״ע יו״ד ר״א:ד׳)
Ce que le Chakh refuse (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק י״ז) : on croirait que les vingt et une סאה viennent du principe “doute rabbinique, indulgence” — vingt et une sur quarante, c’est la majorité. Mais alors le chiffre serait inutile : le Mehaber tient plus loin, au seif 53, que même un mikvé entièrement puisé n’est invalide que de rabbinique, et la règle serait donc toujours disponible :
« אין כוונת המחבר משו׳ ספק דרבנן לקולא שהרי איהו סובר לקמן סעיף נ״ג דאפי׳ כולו שאוב אינו אלא דרבנן אלא מיירי במקוה נעולה שאין יכולין להכניס לתוכה מים אלא בהמשכה דרך הגג והלכך כשיש בו כ״א סאה אינו נפסל במים שאובי׳ כיון שהומשכו כדלקמן סעיף מ״ד » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק י״ז)
Sa lecture : il s’agit d’un mikvé fermé à clef, qu’on ne peut remplir que par conduite depuis le toit. À vingt et une סאה, la conduite suffit à sauver le reste (seif 44). Le Rama, qui tient au seif 46 que la conduite n’opère que sur le sol, ne peut pas se servir de cette raison — et doit revenir au doute rabbinique, d’où son exigence que les vingt et une סאה y soient toujours :
« והרב אזיל לשיטתו דלקמן סעיף מ״ו דהמשכה אינה מועלת אלא ע״ג קרקע והלכך הכא בגג פוסלת המשכה ולכך הוצרך לטעם ספק דרבנן לקולא ולכך הצריך שיהא ידוע שיש שם כ״א סאין תמיד » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק י״ז)
Et voici le point qu’il faut signaler et ne pas trancher. L’Aroukh HaChoul’han expose le même seif et dit conclure comme le Chakh — mais il attribue au Beit Yossef, et non au Rama, l’opinion que la conduite n’opère que par le sol :
« ומיירא כשהמקוה נעולה והמפתח ביד ישראל דאלו מקוה פתוחה או שהמפתח בידו בכל עניין פסול דשמא ישפוך לתוכה שאובים אך כשאין המפתח בידו אין חשש רק שמא ימשיך המותר דרך הגג ורבינו הב״י ס״ל דהמשכה אינה אלא דרך הקרקע אך מ״מ כיון דיש רוב מקוה כשרה שוב לא חיישינן לזה דהמשכה דרך הגג אינו פסול גמור » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:מ״ג) Les deux lectures s’accordent sur le résultat — les vingt et une סאה sont la majorité valide — et divergent sur l’attribution. Le lecteur les tiendra toutes deux sous les yeux et interrogera le Rav.
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ד׳
מקוה שהיא של עובד כוכבי׳ ומקבל ממנו שכר אין להאמין לעובד כוכבים עליו אא״כ יש (תמיד) במקוה כ״א סאה: הגה דמאחר דרובו כשר ספיקו לקולא מקוה שהיתה חסרה לפנינו ובא ומצאה מלאה (ב״י בשם תשובת רשב״ץ) ולא ידענו מי מילא אותה אי היתה כבר רובה בהכשר דהיינו שהיו בה כ״א סאין אזלינן לקולא ואם לא היה רובה בהכשר דעכשיו איכא ספיקא דאורייתא אי יש לחוש שעובד כוכבים מילאה כדי לרחוץ בה פסולה (כך משמע בתוספתא) ואם לאו דודאי ישראל מילא אותה כדי לטבול בה כשרה (רשב״ץ שם) דרוב המצויין אצל מקוה ועושין כדי להכשירה בקיאין הן ובודאי בהכשר מילא אותה וכל שכן אם הישראל לפנינו ואומר שבהכשר מילא אותה דנאמן (מהרי״ק שורש קט״ו ודלא כרשב״ץ) מאחר שבידו לתקנה וכהאי גוונא עד אחד נאמן באיסורין (שם עד״מ) כדלעיל סימן קכ״ז ועיין עוד לקמן סוף הסימן בדין ספק שאובים:
9. הספק — pourquoi le seif 67 et le seif 71 donnent deux réponses opposées
Huit seifim sur le doute, et deux d’entre eux semblent se contredire à quatre lignes d’intervalle : le doute sur des eaux puisées est pur, et l’impur qui a peut-être trempé reste impur. Il n’y a pourtant aucune contradiction — mais il faut nommer exactement l’objet du doute.
Le principe (שו״ע יו״ד ר״א:ס״ז) :
« ספק מים שאובים טהור כיצד מקוה שנסתפק אם נפלו לו מים שאובים או לא נפלו ואפי׳ ידע בודאי שנפלו ספק יש בהם ג׳ לוגין ספק אין בהם ואפי׳ ידע בודאי שיש בהם ג׳ לוגין ספק שהיה במקוה שנפלו בו מ׳ סאה ספק לא היה ה״ז כשר » (שו״ע יו״ד ר״א:ס״ז) Et sa limite, quatre seifim plus loin (שו״ע יו״ד ר״א:ע״א) :
« לפי שהטמא בחזקתו עד שיודע שטבל כראוי » (שו״ע יו״ד ר״א:ע״א)
ח̇קירה : le doute porte-t-il sur l’objet (cette eau est-elle un mikvé ?) ou sur le sujet (cet homme s’est-il purifié ?) ? Sur l’objet, la question est celle du rang du défaut, et l’on va vers l’indulgence parce que le puisage n’est que rabbinique. Sur le sujet, aucune question de rang ne se pose : l’homme a une חזקה d’impureté, et une חזקה ne cède qu’à une certitude.
Et le Chakh referme aussitôt l’indulgence (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק קמ״א) : elle ne vaut qu’à la condition que la majorité du mikvé soit d’eaux valides — autrement, pour qui tient comme le Rama que tout puisé est de la Torah, c’est un doute de la Torah, et l’on n’y dit pas je dis :
« דוקא כשהיה רוב מים כשרים במקוה דאל״כ ה״ל ספיקא דאורייתא לדידן דקי״ל כולו שאוב אסור מדאורייתא ובדאורייתא לא אמרינן שאני אומר כדלעיל סימן קי״א » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק קמ״א)
Une difficulté de plus, et le Chakh la pose au ס״ק קמ״ט : le seif 74 déclare invalides tous les mikvaot que l’on trouve, alors que le seif 39 s’appuyait sur une présomption inverse — que les mikvaot sont valides. Pourquoi ?
« פסולים ולא דמי לדלעיל סעיף ל״ט דהתם היינו טעמא משום שחזקת מקואות כשרות ופי׳ הרא״ש (ופוסל) העושה מקוה כדי לטבול בו עושהו (אלא) א״כ עשאו בכשרות » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק קמ״ט) Sa réponse tient en une phrase : là on savait qu’un homme l’avait fait pour tremper ; ici on ne sait même pas qu’il a été voulu comme mikvé :
« אבל הכא לא ידעינן כלל אם נעשה לשם מקוה או לא » (ש״ך יו״ד ר״א ס״ק קמ״ט) À signaler et à ne pas trancher : le Chakh, tel que Sefaria le donne, renvoie au seif 39 ; le Baer Hetev, qui le rapporte au ס״ק ק״ט, écrit seif 69. L’un des deux porte une coquille, et l’on ne saurait dire lequel sans l’imprimé.
Nafka mina : un bassin d’eau de pluie découvert, dans un jardin, dont personne ne répond. Le doute sur le puisage serait indulgent — mais il n’y a pas de doute : il y a une présomption, et elle est défavorable (seif 74). En revanche, un mikvé dont on sait qu’il a été fait pour tremper et qu’on trouve plein, ayant été laissé vide, est valide (seif 69) — parce que l’on sait au moins qu’il a été voulu.
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ס״ז
ספק מים שאובים טהור כיצד מקוה שנסתפק אם נפלו לו מים שאובים או לא נפלו ואפי׳ ידע בודאי שנפלו ספק יש בהם ג׳ לוגין ספק אין בהם ואפי׳ ידע בודאי שיש בהם ג׳ לוגין ספק שהיה במקוה שנפלו בו מ׳ סאה ספק לא היה ה״ז כשר:
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ע״ד
כל המקואות הנמצאות פסולין שחזקתם שאובים:
10. חפירה בצד הנהר — une objection frontale, et le retrait qui la suit
Le Rama, à la fin du seif 52, permet de creuser une fosse au bord d’un fleuve et d’y tremper même sans quarante סאה : la terre est percée de canalicules, et l’eau y vient du fleuve. L’Aroukh HaChoul’han commence par dire que cela contredit la תוספתא et le Rambam — puis, au paragraphe suivant, défend le Rama en le lisant autrement. Les deux paragraphes se lisent ensemble.
La glose du Rama (שו״ע יו״ד ר״א:נ״ב) :
« ומותר לחפור מקוה בצד הנהר ולטבול בה אע״פ שאין בה מ׳ סאה דהא ארעא חלחולי מתחלחלת והואיל והוא סמוך לנהר ואנו רואין החלחולים שביניהם שהמים באין מן הנהר דרך החלחול דהיינו מנקבים דקים שבקרקע הוי חבור » (שו״ע יו״ד ר״א:נ״ב)
L’objection (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ל״א) :
« וזהו היפך מהתוספתא והרמב״ם שאמרו מפורש דחופר בצד הנהר אינו חיבור וזהו תימא רבה איך לא ראה דברי הרמב״ם וגם הלבוש העתיק דין זה וכל מפרשי הש״ע לא הרגישו בזה וצע״ג » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ל״א)
Et le retrait, au paragraphe suivant (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ל״ב) : la source du Rama est le Raavia dans le Mardekhi, qui parlait de véritables petits trous passant de l’un à l’autre, dont aucun n’a la largeur d’un goulot mais qui se joignent tous pour l’atteindre :
« האמנם דבריו צודקים וכוונה אחרת לוטה בהם דמקורו הוא מראבי״ה שבמרדכי פ״ב דשבועות וז״ל ונראה לראבי״ה דאם יש נקבין הרבה דקין מצטרפין לשפופרת הנוד וכו׳ והא דאמר רבא ארעא חלחולי מחלחלא אלמא לא מהני נקבים להיות חיבור וי״ל דהתם מיירי כשאין בכל אחד מקוה שלם לבדו דאז אפילו כשפופרת הנוד לא מהני וכו׳ אבל כשאחד שלם או אפילו נקבים דקים מצטרפין לכשפופרת הנוד » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ל״ב) D’où la relecture du Rama, et l’appui qu’elle prend sur ses propres mots :
« אבל רבינו הרמ״א מיירי שהכותל דק מאד שיש ממש נקבים ביניהם וזהו שדקדק רבינו הרמ״א לומר ואנו רואין החלחולין שביניהם עכ״ל כלומר שרואין הנקבים ממש ואיך המים מתחלחלים » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:ל״ב)
Nafka mina, et elle est immédiate : si la lecture de l’Aroukh HaChoul’han est juste, la permission du Rama exige que l’on voie les trous. Une fosse creusée à un mètre du fleuve, sans paroi percée visible, ne relève pas de cette glose ; elle relève de la תוספתא, qui dit que creuser à côté du fleuve n’est pas une jonction.
11. המקוה המחומם — un interdit, un usage, et une déclaration de l’Aroukh HaChoul’han
Le dernier seif du siman ferme la boucle ouverte au premier : le bain ne purifie pas, et pourtant le bain revient. Le sujet est d’une actualité entière — aucun mikvé d’aujourd’hui n’est froid — et la chaîne des sources y est courte et parfaitement lisible.
La raison, en cinq mots (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק פ״ח) :
« משום גזירת מרחצאות שתטבול בהם » (ט״ז יו״ד ר״א ס״ק פ״ח)
Le Rama (שו״ע יו״ד ר״א:ע״ה) : les indulgents permettent, il faut être rigoureux — sauf là où l’usage est d’être indulgent, et alors on ne proteste pas :
« ויש מקילין ומתירין להטיל חמין למקוה כדי לחממו (הגהות מרדכי דהל׳ נדה בשם ראבי״ה וריב״א) ומכל מקום יש להחמיר אם לא במקום שנהגו להקל אז אין למחות בידן » (שו״ע יו״ד ר״א:ע״ה)
Et la déclaration de l’Aroukh HaChoul’han (ערוך השולחן יו״ד ר״א:רט״ז), qui est l’une des pages les plus fermes de tout l’ouvrage :
« אבל בכל מדינות שלנו זה כמה דורות שמטילין חמין למקוה או מחממין אותן ע״י מכונה שקורין פאראווי״ק והוא מן הנמנעות במדינתינו בחורף לטבול בצונן ואף גם בקיץ מצד דהמקוות שלנו הם ממעיינות והקור גדול מאד ואלמלי היינו מחמירים בזה כבר בטלה פו״ר מישראל או היו הנשים באות לידי סכנה באין ספק והיו מכשולים רבים כמובן ולכן מכבר נהגו כן ואין פוצה פה ומצפצף וח״ו לפקפק על זה והמפקפק עתיד ליתן את הדין אך מעולם לא שמענו מפקפקים בזה » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:רט״ז)
Et le lavage après l’immersion, que le Rama interdit selon l’usage. L’Aroukh HaChoul’han en donne la source exacte — l’un des י״ח דבר, qui rendit impur celui dont la tête et la majorité du corps sont venues dans des eaux puisées, de peur que l’on ne prenne le rinçage propre pour la purification — puis il marque la limite : entrer au bain chaud est permis selon tous, le décret ne visant que le lavage à l’eau :
« וביאור הדברים דבגזירות די״ח דבר [שבת יד.] גזרו טומאה שיפסול את התרומה מי שבא ראשו ורובו במים שאובים מטעם שהם היו טובלים במערות של מי גשמים סרוחים ואחר כך היו רוחצים בשרם במים נקיים כדי להעביר הסרחון וההמון שאינם בקיאים בדינים מפני שנעשה זה למנהג קבוע טעו לאמר דהטהרה היא המים נקיים וחשו חכמים שיתבטל תורת מקוה גזרו טומאה על זה ולכן יש שאסרו גם בנדה הרחיצה אחר הטבילה ובאמת אין זה דמיון דלא פסלו הטבילה אלא גזרו טומאה לעניין מגע תרומה ובעלה חולין הוא ומ״מ נהגו לאסור אבל ליכנס למרחץ חם לכ״ע מותר דהגזירה לא היתה רק לרחוץ במים » (ערוך השולחן יו״ד ר״א:רי״ח)
📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ע״ה
יש מי שאוסר להטיל יורה מלאה מים חמין לתוך המקוה לחממו וכן למלאת מקוה מים חמין ולחברו לנהר בשפופרת הנאד: הגה ויש מקילין ומתירין להטיל חמין למקוה כדי לחממו (הגהות מרדכי דהל׳ נדה בשם ראבי״ה וריב״א) ומכל מקום יש להחמיר אם לא במקום שנהגו להקל אז אין למחות בידן (בנימין זאב) ובחמי טבריא מותר לכולי עלמא (מרדכי בסוף שבועות) ולאחר הטבילה במי מקוה כשרים מותרת ליכנס למרחץ כדי שתחמם עצמה (מרדכי) אבל לחזור ולרחוץ אח״כ יש אוסרים (מרדכי בשם רשב״ם) וכן נהגו:
Tout ce qui précède se range sur trois axes, et presque chaque ma’hloket du siman se laisse placer sur l’un d’eux.
Axe א — le rang du défaut : de la Torah ou des scribes ? En dépendent le doute (seifim 3, 67, 68), la mesure du contact (seifim 52–53), et la lecture du chiffre du seif 4. Axe ב — l’objet du défaut : l’eau elle-même, ou la manière dont elle est arrivée ? En dépendent la זריעה (Taz ס״ק ג), la neige du seif 30, le mikvé gelé du seif 31, et la différence entre ajouter et mettre en contact au seif 21. Axe ג — le doute, sur l’objet ou sur le sujet : en dépendent le seif 67 contre le seif 71, et la présomption du seif 74 contre celle du seif 39.
Une cinquième Nekoudot HaKessef, et elle corrige le Chakh lui-même. Au ס״ק ע״ז, le Chakh avait suivi la langue du Roch selon laquelle “toutes les eaux qui passent sur le creux sont puisées” ; il reconnaît ici que ce n’est pas à prendre au pied de la lettre — c’est la gouttière tout entière qui devient un récipient à cause de ces creux :
« נמשכתי אחר לשון הרא״ש שכתב וכל המים העוברים על הגומא הוי שאובים כו׳ ומביאו ב״י אבל באמת הוא לאו דוקא אלא כל הצנור חשוב כלי ע״י אותם הגומות וכמ״ש הטור וכן משמע להדיא בב״ח » (נקודות הכסף יו״ד ר״א)
Et une dernière pièce, que le Baer Hetev donne en une ligne (באר היטב יו״ד ר״א ס״ק כ״ט) : ceux qui sont en désaccord au seif 15 tiennent que dans une source même qui n’a pas quarante סאה, le puisage invalide :
« וס״ל דבמעיין כ״ש שאין בו מ׳ סאה פוסלת בו שאיבה » (באר היטב יו״ד ר״א ס״ק כ״ט)
Ce niveau ne tranche rien : il expose les ma’hlokot et nomme leurs sources. Pour la conduite, voir le niveau 4 — et pour toute application, le Rav.