✦ ❖ ✦
DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 202 — Ce qui fait interposition dans l’immersion des ustensiles

Neuf seifim : la matière qui colle, l’air qui reste, et le manche qu’on va couper
יורה דעה · סימן ר״ב
דיני דברים החוצצים בטבילת כלים
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
✦ ❖ ✦

Le titre du siman le dit : דיני דברים החוצצים בטבילת כלים — les lois des choses qui font interposition dans l’immersion des ustensiles. Le Choul’han Aroukh annonce ובו ט׳ סעיפים, et ces neuf tiennent en deux questions. Les cinq premiers demandent : quelque chose est-il collé à l’ustensile ? Les trois suivants demandent : l’eau est-elle entrée partout ? Le dernier dispense d’immerger ce qui ne restera pas.

Sujet : חציצה · טבילת כלים · רובו ומקפיד · בית הסתרים · שפופרת הנוד
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ב

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l’étude

1. Le texte du Choul’han Aroukh : les neuf seifim
2. D’où vient la règle : la michna, le Rambam, le Tour et le Beit Yossef
3. Le vocabulaire du siman
4. Le tableau : ce qui fait interposition, ce qui n’en fait pas
5. L’appareil : le Chakh (7 ס״ק), le Taz (9), le Baer Hetev (9), les Nekoudot HaKessef (1)
6. L’Aroukh HaChoul’han : ses treize seifim sur ce siman
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse et questions de compréhension

1. Le texte du Choul’han Aroukh — les neuf seifim

Le siman se lit en trois blocs. Les seifim 1 à 5 traitent de ce qui est collé à l’ustensile : la matière, la règle générale, puis les manches. Les seifim 6 à 8 traitent de l’eau qui n’entre pas : la bouche en bas, le ventre renflé, le col étroit. Le seif 9 est seul de son espèce : il dispense d’immerger ce qui va être retranché.

Seif א — la poix et le mor sur un ustensile de verre

דיני דברים החוצצים בטבילת כלים. ובו ט׳ סעיפים:
אלו חוצצין בכלים הזפת והמור (יש מפרש החמר ויש מפרש המסתיכ״ו או המוסק״ו) בכלי זכוכית בין מבפנים בין מבחוץ:
Titre du siman : les lois des choses qui font interposition dans l’immersion des ustensiles ; et il comporte neuf seifim.

Voici ce qui fait interposition dans les ustensiles : la poix et le mor (il y a qui explique : le bitume ; et il y a qui explique : le mastic, ou le musc) sur un ustensile de verre, aussi bien du dedans que du dehors.
Le siman ne commence pas par une règle, il commence par un cas. La michna dont il est tiré (מקואות פ״ט מ״ה) nomme deux matières et un seul matériau : la poix, le mor, le verre. Tout le siman se joue sur la question de savoir si ce cas est une indulgence à l’égard du verre — seules ces deux matières y collent — ou une rigueur : même ces deux-là, tolérées ailleurs, sont interdites ici. Le niveau 2 y revient longuement.

Seif ב — la règle générale : ce qu’on trouve gênant, et la majeure partie

כל דבר שדרך להקפיד עליו חוצץ ואם לאו אינו חוצץ אא״כ היה חופה את רובו. (רמב״ם פ״ג) : הגה שחרורית הדבוק ביורה מבחוץ הוי כדופן הכלי ודרכו בכך ואינו חוצץ (ב״י ס״ס ק״כ בשם הרא״ש):
Toute chose qu’on a coutume de trouver gênante fait interposition ; et sinon, elle ne fait pas interposition — à moins qu’elle ne recouvre la majeure partie de l’ustensile. (Rambam, chapitre 3.)

Glose : la noirceur collée à la marmite, du dehors, est comme la paroi de l’ustensile et tel est son usage — elle ne fait pas interposition (Beit Yossef, fin du siman 120, au nom du Roch).
Voici la règle, et elle a deux seuils. Ce qu’on trouve gênant fait interposition, même sur une petite surface ; ce qu’on ne trouve pas gênant ne fait interposition que s’il recouvre la majeure partie. Le Taz, au ס״ק א, rattache expressément cette règle à celle de l’immersion des personnes, au siman 198, et rappelle qu’elle est rabbinique : de la Torah, il faut la majeure partie et la gêne réunies.

Seif ג — les manches qui ne sont pas destinés à demeurer

ידות הכלים שאינן עומדים להיות קבועים כגון שהכניסן שלא כדרכן או שלא הכניסם כולם או שהכניסם כולם ונשברו חוצצין:
Les manches des ustensiles qui ne sont pas destinés à demeurer fixés — par exemple s’il les a introduits autrement qu’à leur manière, ou s’il ne les a pas introduits tout entiers, ou s’il les a introduits tout entiers et qu’ils se sont brisés — font interposition.
Le manche n’est pas l’ustensile — sauf s’il le devient. Un manche bien enfoncé et destiné à rester fait corps avec l’ustensile et ne fait pas interposition. Les trois cas du seif sont les trois façons dont cette union ne tient pas : mal introduit, introduit à moitié, introduit puis brisé. Dans les trois, il faudra l’ôter — et c’est cela qui en fait une interposition.

Seif ד — le manche brisé qui sert encore

כל ידות הכלים שנשתברו כגון יד המגל והסכין אם משמשין מעין מלאכתן ראשונה אין חוצצין ואם לאו חוצצין:
Tous les manches d’ustensiles qui se sont brisés — par exemple le manche de la faucille et celui du couteau — s’ils servent encore à peu près à leur travail premier, ne font pas interposition ; et sinon, ils font interposition.
Le critère n’est pas la longueur, c’est l’usage. Un manche raccourci par une cassure reste un manche tant qu’on peut encore travailler avec ; il ne devient interposition que lorsqu’il faut le remplacer. Le Beit Yossef rapporte la tossefta d’où le seif est tiré, et l’Aroukh HaChoul’han le formule d’un mot : que nous importe que le manche soit court ou long, tant qu’il sert.

Seif ה — la faucille : le bord, le jonc et la résine

מגל שנשברה ידו מן השפה ולפנים אינה חוצצת מפני שהיא כבית הסתרים מן השפה ולחוץ אם משמשת מעין מלאכתה אינה חוצצת ואם לאו חוצצת סירגה בגמי או במשיחה הרי זו חוצצת דבקה בשרף אינה חוצצת:
Une faucille dont le manche s’est brisé : depuis le bord vers l’intérieur, il ne fait pas interposition, parce qu’il est comme un lieu caché ; depuis le bord vers l’extérieur, s’il sert encore à peu près à son travail, il ne fait pas interposition, et sinon il fait interposition. S’il l’a rattachée avec un jonc ou avec une cordelette, voilà qui fait interposition ; s’il l’a collée avec de la résine, cela ne fait pas interposition.
Trois distinctions dans un seul seif. D’abord le lieu : ce qui est dans la douille est un lieu caché, et un lieu caché d’ustensile ne fait pas interposition. Ensuite l’usage, comme au seif précédent. Enfin la réparation, et c’est la plus fine : le jonc et la cordelette sont provisoires, donc l’objet reste deux objets ; la résine est définitive, donc l’objet redevient un.

Seif ו — l’ustensile immergé la bouche en bas, et l’ustensile dans l’ustensile

כלי שכפה פיו למטה והכניסו למים אם פיו צר קצת ולא הפך פיו למעלה לא עלתה לו טבילה לפי שלא יגיעו המים לשוליו אפילו אם מכניסו כולו למים: הגה מותר לטבול כלי בתוך כלי אם יש בפי החיצון כשפופרת הנוד (טור) ויזהר שכלי הפנימי יהא רפוי בתוך כלי החיצון (מרדכי סוף עבודת כוכבים) ולכן לא יתחוב סכינים תוך דלי ויטבלם כי לא תעלה טבילה בראשם (או״ה כלל נ״ח) וכן אם הכלי הפנימי הוא כבד ומונח תוך החיצון לא תעלה לו טבילה במקום שמונח ועיין לעיל סי׳ ר״א סעיף ט׳:
Un ustensile dont il a retourné l’ouverture vers le bas et qu’il a introduit dans l’eau : si son ouverture est un peu étroite et qu’il n’a pas retourné l’ouverture vers le haut, l’immersion n’est pas valable, parce que l’eau n’atteindra pas son fond — même s’il le plonge tout entier dans l’eau.

Glose : il est permis d’immerger un ustensile dans un ustensile s’il y a dans l’ouverture de celui du dehors la largeur du goulot d’une outre (Tour), et qu’il prenne garde que l’ustensile du dedans soit lâche dans l’ustensile du dehors (Mordekhaï, fin du traité de l’idolâtrie). C’est pourquoi il n’enfoncera pas des couteaux dans un seau pour les immerger, car l’immersion ne sera pas valable à leur extrémité (Issour ve-Heter, règle 58). De même, si l’ustensile du dedans est lourd et repose dans celui du dehors, l’immersion ne sera pas valable à l’endroit où il repose. Et vois plus haut siman 201 seif 9.
Le seif le plus discuté du siman, et sa glose l’est plus encore. Le corps du seif dit que l’air emprisonné empêche l’eau d’atteindre le fond — mais il ajoute un peu étroite, et ce mot ouvre une ma’hloket que le niveau 2 déplie : le Beit Yossef, le Ba’h, le Taz et les Nekoudot HaKessef ne s’accordent pas sur ce que fait un ustensile large. La glose, elle, ajoute trois précautions pour l’ustensile immergé dans un autre : la largeur de l’ouverture, le jeu, et le poids.

Seif ז — l’ustensile étroit aux deux bouts

כלי שצר מכאן ומכאן ורחב באמצע אין המים באים לו לכל צד עד שיטהו על צדו:
Un ustensile étroit d’un côté et de l’autre et large au milieu : l’eau ne lui vient pas de tous les côtés tant qu’il ne l’incline pas sur le flanc.
Le même empêchement, sous une autre forme. Ici l’ouverture n’est pas en bas : c’est la forme de l’ustensile — deux goulots et un ventre — qui retient l’air. Le remède est le même que celui de la michna (מקואות פ״י מ״א) : incliner l’objet dans l’eau jusqu’à ce que l’air s’échappe.

Seif ח — l’ouverture étroite : remplir, ou attendre

כל כלי שפיו צר (יותר משפופרת הנוד) צריך להשהותו במים עד שיתמלא או ימלאנו קודם שיכניסנו למקוה. (או״ה שם):
Tout ustensile dont l’ouverture est étroite (plus étroite que le goulot d’une outre) doit être laissé dans l’eau jusqu’à ce qu’il se remplisse, ou bien il le remplira avant de l’introduire dans le mikvé. (Issour ve-Heter, ibid.)
Une parenthèse de Sefaria qui est en réalité une correction du texte. Les mots plus étroite que le goulot d’une outre sont donnés en petit caractère ; or le Chakh au ס״ק ז et le Taz au ס״ק ח écrivent tous deux כצ״ל — « c’est ainsi qu’il faut lire ». Le seif ne dit donc pas seulement « étroite », il dit « plus étroite que le goulot d’une outre » ; et le Chakh en tire la raison : pour l’ustensile lui-même, une ouverture moindre suffit à faire jonction.

Seif ט — le manche long qu’on va couper

ידות הכלים שהם ארוכות ועתיד לקוצצן מטביל עד מקום שעתיד לקוצצן ודיו:
Les manches d’ustensiles qui sont longs et qu’il compte raccourcir : il immerge jusqu’à l’endroit qu’il compte couper, et cela lui suffit.
Ce qui va être coupé est déjà coupé. Le seif dispense d’immerger la longueur excédentaire d’un manche destiné à être raccourci. Restait une question que le seif ne pose pas : le point de coupe lui-même, que l’eau ne touche pas, ne fait-il pas interposition ? Le Taz au ס״ק ט répond en un mot — c’est un lieu caché — et l’Aroukh HaChoul’han consacre deux seifim entiers à cette question.

2. D’où vient la règle — la michna, le Rambam, le Tour et le Beit Yossef

Le siman est presque tout entier une mise en ordre de deux chapitres de la michna — le neuvième et le dixième du traité מקואות — relus par le Rambam, puis par le Tour, puis par le Beit Yossef. Les deux michnayot suivantes portent le seif 1 et le seif 2 :

« אֵלּוּ חוֹצְצִים בַּכֵּלִים. הַזֶּפֶת וְהַמּוֹר בִּכְלֵי זְכוּכִית, בֵּין מִבִּפְנִים בֵּין מִבַּחוּץ » (משנה מקואות פ״ט מ״ה)
« זֶה הַכְּלָל, כָּל הַמַּקְפִּיד עָלָיו, חוֹצֵץ. וְשֶׁאֵינוֹ מַקְפִּיד עָלָיו, אֵינוֹ חוֹצֵץ » (משנה מקואות פ״ט מ״ז)

Les seifim 3, 6, 7 et 9 viennent du chapitre suivant, et souvent mot pour mot :

« כָּל יְדוֹת הַכֵּלִים שֶׁהִכְנִיסָן שֶׁלֹּא כְדַרְכָּן, אוֹ שֶׁהִכְנִיסָן כְּדַרְכָּן וְלֹא מֵרְקָן, אוֹ שֶׁמֵּרְקָן וְנִשְׁבְּרוּ, הֲרֵי אֵלּוּ חוֹצְצִין » (משנה מקואות פ״י מ״א)
« כְּלִי שֶׁהִטְבִּילוֹ דֶּרֶךְ פִּיו, כְּאִלּוּ לֹא טָבָל » (משנה מקואות פ״י מ״א)
« כְּלִי שֶׁהוּא צַר מִכָּאן וּמִכָּאן וְרָחָב מִן הָאֶמְצַע, אֵינוֹ טָהוֹר עַד שֶׁיַּטֶּנּוּ עַל צִדּוֹ » (משנה מקואות פ״י מ״א)
« כָּל יְדוֹת הַכֵּלִים שֶׁהֵם אֲרֻכִּין וְעָתִיד לִקְצֹץ, מַטְבִּילָן עַד מְקוֹם הַמִּדָּה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, עַד שֶׁיַּטְבִּיל אֶת כֻּלּוֹ » (משנה מקואות פ״י מ״ה)
Un détail à retenir dès maintenant. La michna du seif 9 porte une ma’hloket entre le premier avis et Rabbi Yehouda ; le Choul’han Aroukh tranche comme le premier avis. Mais dans la guemara de חולין, le même partage est rapporté au nom de Rabbi Méïr contre les sages — et l’on tranche d’ordinaire comme les sages. L’Aroukh HaChoul’han relève l’écart et écrit וצ״ע קצת. Le niveau 2 y revient.

Le Rambam — הלכות מקואות, chapitre ג׳

Le seif 2 renvoie expressément au « Rambam, chapitre 3 ». Voici les halakhot dont les seifim du siman sont tirés :

« וְאֵלוּ חוֹצְצִין בְּכֵלִים. הַזֶּפֶת וְהַחֵמָר וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן » (רמב״ם הלכות מקואות פרק ג הלכה א)
« דָּבָר בָּרוּר הוּא שֶׁכָּל מָקוֹם שֶׁאָמַרְנוּ בְּזֶפֶת וּבְחֵמָר וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן שֶׁאֵינָן חוֹצְצִין בְּכֵלִים מִפְּנֵי שֶׁאֵינוֹ מַקְפִּיד הוּא לְפִיכָךְ אִם הָיָה רֹב הַכְּלִי חָפוּי בְּזֶפֶת אוֹ בְּחֵמָר וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן לֹא עָלְתָה לוֹ טְבִילָה » (רמב״ם הלכות מקואות פרק ג הלכה י)
« כָּל יְדוֹת הַכֵּלִים שֶׁהֵן חֲלוּלִין שֶׁהִכְנִיסָן שֶׁלֹּא כְּדַרְכָּן. אוֹ שֶׁהִכְנִיסָן כְּדַרְכָּן וְלֹא מֵרְקָן. אוֹ שֶׁהָיוּ שֶׁל מַתֶּכֶת וְנִשְׁבְּרוּ. לֹא עָלְתָה לָהֶן טְבִילָה » (רמב״ם הלכות מקואות פרק ג הלכה י״א)
« כְּלִי שֶׁהָפַךְ פִּיו לְמַטָּה וְהִטְבִּילוֹ כְּאִלּוּ לֹא טָבַל מִפְּנֵי שֶׁאֵין הַמַּיִם נִכְנָסִין בְּכֻלּוֹ » (רמב״ם הלכות מקואות פרק ג הלכה י״ב)
« כְּלִי שֶׁהוּא צַר מִכָּאן וּמִכָּאן וְרָחָב בָּאֶמְצַע אֵינוֹ טָהוֹר עַד שֶׁיַּטֶּנּוּ עַל צִדּוֹ » (רמב״ם הלכות מקואות פרק ג הלכה י״ג)
« לֹא יַטְבִּיל אָדָם אֶת הַקֻּמְקוּם בְּפֶחָמִין שֶׁבּוֹ אֶלָּא אִם כֵּן שִׁפְשֵׁף » (רמב״ם הלכות מקואות פרק ג הלכה י״ז)
« כָּל יְדוֹת הַכֵּלִים שֶׁהֵן אֲרֻכִּים יוֹתֵר מִכְּדֵי צָרְכָּן וְעָתִיד לְקָצְצָן מַטְבִּילָן עַד מְקוֹם הַמִּדָּה » (רמב״ם הלכות מקואות פרק ג הלכה כ״ה)
Le Rambam dit « חמר » là où la michna et le Choul’han Aroukh disent « מור ». C’est cette variante que la parenthèse du seif 1 enregistre — il y a qui explique : le ḥémar — et que le Taz au ס״ק ב tranche autrement, en renvoyant au ערוך : מור au sens de la myrrhe. L’Aroukh HaChoul’han, lui, écrit que le mor est une matière collante semblable à la poix.

Le Tour et le Beit Yossef

« אלו דברים חוצצין בטבילת כלים הזפת והמור בכלי זכוכית לפי שהוא חלק מאד אין דברים אחרים חוצצין בו שאין נדבקין בו אבל בשאר הכלים כל דבר נדבק וחוצץ » (טור יו״ד ר״ב)
« ידות הכלים שאינם עומדין להיות קבועין כגון שהכניסן שלא כדרכן או שלא הכניסן כולן או שנשבר לתוך הקתא » (טור יו״ד ר״ב)
« ופירש״י בכלי זכוכית שהם חלקים ואין אדם מקפיד על טיט ודבר אחר הנדבק בהם ולפי שנופל מאליו והני הוא דמדבק טובא וקפיד עלייהו ואין חוצץ אלא דבר המקפיד » (בית יוסף יו״ד ר״ב)
« וסמ״ג כתב דאינו נראה לר״י לומר כן אלא מפרש דכ״ש שאר דברים דחוצצים בכל הכלים אפילו זפת ומור שאין חוצצין בשאר כלים שדרך לזופתן בכלי זכוכית חוצצין » (בית יוסף יו״ד ר״ב)
Deux lectures d’une même michna. Pour Rachi et le Tour, le cas du verre est une indulgence : le verre est si lisse que rien d’autre n’y adhère, seules la poix et le mor y collent et gênent. Pour le Semag au nom de Rabbénou Its’ḥak, c’est une rigueur : même la poix et le mor, qu’on tolère ailleurs parce qu’on a coutume d’enduire les ustensiles, font interposition sur le verre. Le Ba’h écrit qu’en pratique on est rigoureux, et l’Aroukh HaChoul’han conclut qu’on retient la rigueur selon les deux explications.

3. Le vocabulaire du siman

חציצה — interposition — tout ce qui s’intercale entre l’eau du mikvé et la surface de l’objet. Deux seuils : ce qu’on trouve gênant, même sur peu ; ce qu’on ne trouve pas gênant, s’il couvre la majeure partie.
מקפיד — celui qui trouve gênant — le critère n’est pas la saleté mais l’attention : ce qu’on tient à faire partir. L’Aroukh HaChoul’han précise que l’usage du monde décide, et l’usage particulier aussi, dans les deux sens.
רובו ומקפיד — la majeure partie et la gêne — la mesure de la Torah. Les sages ont ajouté deux interdits : la majeure partie sans gêne, et la petite partie avec gêne.
בית הסתרים — lieu caché — un creux que l’eau n’atteint pas. Dans les ustensiles, le Roch et Rabbénou Chimchon tirent de la tossefta qu’on ne s’y soucie pas d’interposition du tout ; les Tossefot sur חולין veulent, eux, qu’il soit au moins capable de recevoir l’eau.
שפופרת הנוד — le goulot d’une outre — la mesure d’ouverture qui fait qu’une eau en rejoint une autre. La glose l’exige pour l’ustensile extérieur ; le Chakh au ס״ק ז précise que pour l’ustensile lui-même, une ouverture moindre suffit.
שחרורית — la noirceur — le noir de fumée déposé sur une marmite. La glose la déclare « comme la paroi de l’ustensile » à l’extérieur ; le Taz au ס״ק ג en déduit qu’à l’intérieur elle fait interposition si on la trouve gênante.
קתא — la douille — selon le Taz au ס״ק ה, la partie de métal creuse, solidaire de l’ustensile, dans laquelle on enfonce le manche de bois. Le manche brisé à l’intérieur de cette douille est le cas du Tour.

4. Le tableau — ce qui fait interposition, ce qui n’en fait pas

CasVerdictSource
Poix ou mor sur un ustensile de verre, dedans ou dehorsInterpositionשו״ע יו״ד ר״ב:א
Une chose qu’on ne trouve pas gênante, sur une petite partiePas d’interpositionשו״ע יו״ד ר״ב:ב
La même chose, mais couvrant la majeure partieInterpositionשו״ע יו״ד ר״ב:ב
Noir de fumée collé à la marmite, à l’extérieurPas d’interpositionרמ״א יו״ד ר״ב:ב
La même, à l’intérieur, là où l’on y prend gardeInterpositionט״ז יו״ד ר״ב ס״ק ג
Manche mal enfoncé, à moitié enfoncé, ou brisé dans la douilleInterpositionשו״ע יו״ד ר״ב:ג
Manche brisé qui sert encore à son travailPas d’interpositionשו״ע יו״ד ר״ב:ד
Manche brisé au-dedans du bordPas d’interposition — lieu cachéשו״ע יו״ד ר״ב:ה
Manche rattaché au jonc ou à la cordeletteInterposition — réparation provisoireש״ך יו״ד ר״ב ס״ק ב
Manche collé à la résinePas d’interposition — réparation durableש״ך יו״ד ר״ב ס״ק ב
Ustensile immergé la bouche en bas sans être redresséImmersion invalideשו״ע יו״ד ר״ב:ו
Ustensile dans un ustensile, ouverture extérieure suffisante et jeuImmersion valableרמ״א יו״ד ר״ב:ו
Couteaux enfoncés dans un seauImmersion invalide à leur extrémitéרמ״א יו״ד ר״ב:ו
Ustensile intérieur lourd reposant sur l’extérieurImmersion invalide à l’endroit du contactרמ״א יו״ד ר״ב:ו
Ustensile étroit aux deux bouts, non inclinéL’eau n’atteint pas tous les côtésשו״ע יו״ד ר״ב:ז
Ustensile à goulot étroit, rempli ou maintenu jusqu’à ce qu’il se remplisseImmersion valableשו״ע יו״ד ר״ב:ח
Manche long destiné à être coupé, immergé jusqu’à la mesureCela suffitשו״ע יו״ד ר״ב:ט

5. L’appareil — le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, les Nekoudot HaKessef

Vingt-six entrées en tout sur ce siman : sept du Chakh, neuf du Taz, neuf du Baer Hetev, une des Nekoudot HaKessef. Elles sont données ici une par une, dans leur ordre.

Le Chakh — sept ס״ק

« הזפת והמור בכלי זכוכית כו׳. כתב הסמ״ג בשם ר״י דה״ק אפילו זפת ומור שאין חוצצין בשאר כלים שדרך לזפתן בכלי זכוכית חוצצין וכ״ש שאר דברים דחוצצין בכל הכלים דפשיטא דחוצצין בכלי זכוכית ומביאה ב״י וכתב הב״ח דהכי נהיגי עלמא להחמיר ולא כהעט״ז שהעתיק לשון הטור: » (ש״ך יו״ד ר״ב ס״ק א)
« בגמי או במשיחה כו׳. שאין זה תיקון יפה אלא תיקון עראי ובודאי אין דעתו להניחו שם אבל אם דבקה בשרף שהוא דיבוק ותיקון טוב על דעת להניחו שם תיקנה לפיכך אינה חוצצת עכ״ל עט״ז: » (ש״ך יו״ד ר״ב ס״ק ב)
« צר קצת כו׳. והב״ח כתב דאפילו פיו רחב לא עלתה לו טבילה: » (ש״ך יו״ד ר״ב ס״ק ג)
« אם יש כו׳. היינו כשהחיצון טהור אבל כשהחיצון צריך גם כן טבילה אפי׳ אין בפיו כשפ״ה מותר דמיגו דסלקא טבילה לחיצון סלקא נמי לפנימי כדלעיל סי׳ ר״א סעיף ט׳: » (ש״ך יו״ד ר״ב ס״ק ד)
« לא יתחוב סכינים כו׳. אלא יקשרם בחוט וכה״ג בדבר הרפוי. או״ה כלל נ״ח דין צ״ז: » (ש״ך יו״ד ר״ב ס״ק ה)
« הוא כבד כו׳. לשון האו״ה שם דין צ״ה דוקא כלים שמלאו מקודם דמתוך שהוא מלא מכביד על דופניו וחוצץ אבל כלי רק אין לחוש דאי אפשר שלא יבוא שמה מים אך יזהר שלא יושיב כלים הרבה בכלי להטבילם יחד אפי׳ הם רקים אא״כ שלא ישבו זה ע״ג זה ככלי העומד על שוליו או על פיו אבל להניח זה אצל זה בדלי אפי׳ כלים הרבה יחד מותר לכתחלה אפי׳ יפלו זה ע״ג זה בבאר ואין לחוש דמתוך שמתגלגלין הנה והנה נוגעים המים ע״פ כולם עד כאן: » (ש״ך יו״ד ר״ב ס״ק ו)
« כל כלי שפיו צר יותר משפ״ה כו׳. כצ״ל וכן הוא בעט״ז ואשמעינן דאע״ג דאין בפיו כשפ״ה מהני כשממלאו או משההו במים דאע״ג דבעלמא לא הוי חבור רק כשפ״ה לכלי גופא סגי בכל שהוא כדלעיל סי׳ ר״א ס״ט וכ״כ האו״ה כלל נ״ח דין צ״ג מיהו אפי׳ רחב יותר משפ״ה אם הוא בענין שאין המים נכנסין לו מיד צריך להשהותו או למלאותו תחלה ופשוט הוא. עיין לעיל סי׳ ק״כ מטבילת כלים: » (ש״ך יו״ד ר״ב ס״ק ז)

Le Taz — neuf ס״ק

« אלו חוצצין בכלים. תלוי בקפידא של אדם כדלעיל סי׳ קצ״ח סעיף א׳ והוא מדרבנן והיינו או ברובו של כלי אע״ג דאין מקפיד עליו או במיעוטו המקפיד כ״פ הר״ש פ״ט דמקואות וכמ״ש בסעיף ב׳: » (ט״ז יו״ד ר״ב ס״ק א)
« והמור. פי׳ בערוך ל׳ מור ואהלות: » (ט״ז יו״ד ר״ב ס״ק ב)
« שחרורית הדבוק ביורה. מבחוץ כו׳. זה כתב הב״י בסי׳ ק״ך בשם הרא״ש ומשמע דבפנים הוה חציצה ומ״מ דוקא אם הוא בדרך שמקפידין עליו וכמ״ש בש״ע סימן ק״ך סעיף י״ג לענין חלודה: » (ט״ז יו״ד ר״ב ס״ק ג)
« שהכניסם שלא כדרכן. הטעם כיון שלא ישאירו כן שצריך לחלצן משם ולתקנן כראוי ע״כ הוי היד כמילי אחרינא לגבי הכלי וחוצץ: » (ט״ז יו״ד ר״ב ס״ק ד)
« ונשברו כו׳. בטור כתוב שנשבר לתוך הקתא ונראה פירושו שהקתא הוא משל מתכות כמו הכלי עצמו והקתא הוא חלול ומכניס בתוכה היד של עץ או מין אחר ונשבר היד בתוך הקתא בחללו נמצא שיצטרך להוציאו ולתקנו מחדש על כן הוה היד חציצה לטבילת הכלי: » (ט״ז יו״ד ר״ב ס״ק ה)
« אם פיו צר קצת כו׳. במשנה כתוב סתם שאין מטבילין כלי דרך פיו ופירש הר״ש כל כלי שבתחילת הכנסתו במים כופהו על פיו אין המים נכנסים לתוכו לעולם ואפילו מכניסו לתוכו כולו עכ״ל וב״י חידש מסברא דנפשיה שבכלי רחב נכנסין המים לתוכו ועל כן חילק כאן בש״ע בין צר. ומו״ח ז״ל חלק עליו ואמר שבדוק ומנוסה הוא שכל כלי אפילו רחב אין המים נכנסין עד שולי הכלי מבפנים מחמת האויר שבתוכו והאמת הוא כן אלא שבכלי רחב ואין בו חלל גדול כמו קערות וכיוצא בהם נכנסים לתוכן ובזה צדקו דברי הב״י ולפי זה אתי שפיר מ״ש בסימן ר״א סעיף ס״ג דאם מטביל במקוה מצומצם את היורה ושאר כלים מטבילן דרך פיו וכאן כתב שבדרך פיו אין כאן טבילה ולפי מ״ש ניחא דהיורה אפשר שהוא » (ט״ז יו״ד ר״ב ס״ק ו)
« רחב מאד ועוד י״ל דלעיל לא אמר ממש דרך פיו אלא בתוך המים מהפכו קצת: » (ט״ז יו״ד ר״ב ס״ק ו)
« ולכן לא יתחוב הסכינים כו׳. זהו מדברי המרדכי סוף עבודת כוכבים והבאתיו בסי׳ ק״ך סעיף ב׳ ובסי׳ קצ״ח סעיף כ״ח ושם ביארתי דין חציצה מחמת כובד הכלי: » (ט״ז יו״ד ר״ב ס״ק ז)
« כל כלי שפיו צר יותר משפופרת כו׳. כן צ״ל: » (ט״ז יו״ד ר״ב ס״ק ח)
« עד מקום שעתיד לקוץ כו׳. ולא הוה מקום חתך חציצה לפי שהוא בית הסתרים ואינו חוצץ: » (ט״ז יו״ד ר״ב ס״ק ט)

Le Baer Hetev — neuf ס״ק

« זכוכית. כתב הסמ״ג דכ״ש שאר דברים דחוצצין בכל הכלים פשיטא דחוצצין בכלי זכוכית וכתב הב״ח דהכי נהיגא עלמא להחמיר ודלא כלבוש: » (באר היטב יו״ד ר״ב ס״ק א)
« מבחוץ. ומשמע דבפנים הוי חציצה ומ״מ דוקא אם הוא בדרך שמקפידין עליו כמ״ש בסי׳ ק״כ סי״ג. ט״ז: » (באר היטב יו״ד ר״ב ס״ק ב)
« ונשברו. בטור כתב שנשבר לתוך הקתא ופי׳ הט״ז שהקתא הוא משל מתכות כמו הכלי עצמו והקתא הוא חלול ומכניס בתוכו היד של עץ או מין אחר ונשבר היד בתוך הקתא בחללו נמצא שיצטרך להוציאו לתקנו מחדש ע״כ הוי היד חציצה לטבילת הכלי עכ״ל: » (באר היטב יו״ד ר״ב ס״ק ג)
« בשרף. שהוא דיבוק ותיקון טוב על דעת להניחו שם תקנה לפיכך אינה חוצצת משא״כ בגמי או במשיחה. כ״כ הלבוש: » (באר היטב יו״ד ר״ב ס״ק ד)
« צר. והב״ח כ׳ דאפי׳ פיו רחב לא עלתה לו טבילה אבל אם הוא כלי רחב ואין בו חלל גדול כמו קערות וכיוצא בהם כתב הט״ז דלכ״ע מהני טבילה: » (באר היטב יו״ד ר״ב ס״ק ה)
« החיצון. כ׳ הש״ך היינו כשהחיצון טהור אבל כשהחיצון צריך ג״כ טבילה אפילו אין בפיו כשפ״ה מותר דמגו דסלקא טבילה לחיצון סלקא נמי לפנימי כדלעיל סימן ר״א ס״ט: » (באר היטב יו״ד ר״ב ס״ק ו)
« יתחוב. אלא יקשרם בחוט וכה״ג בדבר הרפוי כ״כ או״ה וכתב עוד דוקא כלים שמלאו מקודם דמתוך שהוא מלא מכביד על דופניו וחוצץ אבל כלי רק אין לחוש דא״א שלא יבאו שם מים אך יזהר שלא יושיב כלים הרבה בכלי להטבילם יחד אפילו הם רקים אא״כ שלא ישבו זה ע״ג זה ככלי העומד על שוליו או על פיו אבל להניח זה אצל זה בדלי אפילו כלים הרבה יחד מותר לכתחלה אפילו יפלו זה ע״ג זה בבאר ואין לחוש דמתוך שמתגלגלין הנה והנה נוגעים המים ע״פ כולה עכ״ל: » (באר היטב יו״ד ר״ב ס״ק ז)
« שפיו צר. ואפי׳ רחב יותר משפ״ה אם הוא בענין שאין המים נכנסין לו מיד צריך להשהותו או למלאותו תחלה ופשוט הוא וע״ל סי׳ ק״כ מטבילת כלים עכ״ל הש״ך: » (באר היטב יו״ד ר״ב ס״ק ח)
« מטביל. כתב הט״ז ולא הוה מקום חתך חציצה לפי שהוא בית הסתרים ואינו חוצץ: » (באר היטב יו״ד ר״ב ס״ק ט)

Les Nekoudot HaKessef — une entrée, et elle contredit le Taz

« (סימן ר״ב בט״ז ס״ק ו׳) ובזה צדקו כו׳. ז״א דהא כתב אם פיו צר קצת ואם איתא אפי׳ פיו רחב הרבה ועוד דגם זה בדוק שאינו דאפילו רחב הרבה אין המים עוברים לשוליו כשמניחו על פיו: » (נקודות הכסף יו״ד ר״ב)
C’est la réponse du Chakh au Taz, et elle porte sur le ס״ק ו. Le Taz avait écrit que « les paroles du Beit Yossef sont justes » pour un ustensile large sans grande cavité. Les Nekoudot HaKessef répondent que non : le Choul’han Aroukh a écrit un peu étroite, et s’il en était comme le dit le Taz, même une ouverture très large serait en cause ; de plus, cela aussi est vérifié — même très large, l’eau ne passe pas au fond quand on le pose sur son ouverture.

Le Pit’hei Techouva

Le Pit’hei Techouva ne porte aucune entrée sur ce siman. Nous ne le citons donc pas ici, et nous ne comblons pas la colonne : le siman voisin, le 203, en porte deux, et c’est là qu’on les lira.

6. L’Aroukh HaChoul’han — treize seifim sur ce siman

L’Aroukh HaChoul’han consacre treize seifim à ce siman. Sa découpe n’est pas celle du Choul’han Aroukh : on le cite ici avec son numéro de seif, et on le rapproche par le contenu, jamais numéro contre numéro.

Les deux lectures de la michna sur le verre

« ולפי דבריו כוונת התנא ללמדינו קולא בכלי זכוכית וחומרא בשארי כלים » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:ב)
« ולפ״ז נקיט חומר בכלי זכוכית והטעם משום דבכלי זכוכית קפדי טובא אמנקיותא ולדינא בוודאי נקטינן להחמיר כשני הפירושים » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:ב)

La gêne : celle du monde et celle de l’homme

« דכל שדרך העולם להקפיד אף על גב שהוא אינו מקפיד חוצץ » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:ג)
« ונתבאר שם דמן התורה אין חציצה רק ברובו ומקפיד ורבנן גזרו על רובו אף שאינו מקפיד ועל מיעוטו המקפיד » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:ג)

La question qu’il pose à la glose du Rama

« ותמיהני על רבינו הרמ״א דהא תנן בפ״ט דמקואות סוף משנה ב׳ לא יטביל את הקומקום בפחמין אא״כ שפשף » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:ד)
« ומ״מ יש להסתפק אף לפי פסקו של רבינו הרמ״א אם רוב הכלי דבוק בשחרורית אם חוצץ » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:ה)
« משמע שאפילו בכולו אינו חוצץ ואין זה בגדר מקפיד ואינו מקפיד אלא דהוה ממש כדופן הכלי ויש להתיישב בזה לדינא » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:ה)

Le manche : quand il fait corps, quand il fait obstacle

« דכיון שעשוי להיות בתוכו תמיד הוי כחתיכה אחת ואין זה חציצה » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:ז)
« אם משמשין מעין מלאכתן ראשונה אין חוצצין דמה איכפת לן אם היד קצרה או ארוכה » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:ח)

L’ustensile la bouche en bas, et la jonction des eaux

« אם פיו צר ואפילו רחב קצת אם אינו רחב הרבה כקערות וכוסות רחבים ולא הפך פיו למעלה לא עלתה לו טבילה » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:י)
« ואפילו אין בהנקב כשפופרת הנאד הוי חיבור דאע״ג דחיבור מים למים צדך דווקא כשפה״נ מ״מ לעניין טבילת הכלי עצמו הוי חיבור אפילו בפחות » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:י)

Le point de coupe, et le lieu caché des ustensiles

« ויש בזה שאלה והרי קיי״ל דבית הסתרים נהי דא״צ ביאת מים מ״מ ראוי לביאת מים בעינן והכא הרי אין ראוי לביאת המים » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:י״א)
« אבל הרא״ש כתב בפ״י דמקוואות משנה ה׳ דבתוספתא משמע דבבית הסתרים של כלים לא חיישינן כלל לחציצה » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:י״א)
« ויש לומר דאיירי בידות הכלים העשויין כעין חוליות כאותן שלשלאות של ברזל העשויין בטבעות » (תוספות חולין ע״ג ע״א ד״ה מטביל עד מקום מדה)

Sa question sur la version de la guemara

« ודע דבגירסת המשנה ת״ק ס״ל דמטביל עד המדה ור״י מצריך להטביל כולו ולכן פסקו הרמב״ם וטוש״ע כת״ק » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:י״ב)

L’ustensile dans l’ustensile : l’ouverture et le poids

« וזהו רק לעניין נקב כשפה״נ אבל לעניין כובד הכלי הכל אחד דהא על כל פנים בעינן שיגיעו המים לשולי הכלים » (ערוך השולחן יורה דעה ר״ב:י״ג)
Pourquoi cette source compte ici. C’est la première fois, dans ce compartiment, que l’Aroukh HaChoul’han nous est accessible sur un siman de Yoré Déa. Il ne se contente pas de reprendre le Choul’han Aroukh : il pose à la glose du Rama une question que personne d’autre ne pose, il laisse deux points ouverts — la noirceur sur la majeure partie, et la version de la guemara — et il tranche la ma’hloket du seif 6 dans le sens du Taz. Au siman suivant il ne nous sera pas accessible ; on ne l’y citera pas.

7. Cas pratiques modernes

Cas 1 — Un verre à boire neuf, acheté chez un non-Juif

Le seif 1 parle précisément de ce matériau. Une étiquette collée, un reste de colle, une trace de peinture : le verre est l’ustensile sur lequel les décisionnaires sont le plus rigoureux, parce qu’on y tient à la netteté. Ôter avant d’immerger, et non après.

Cas 2 — Une casserole noircie par le feu

C’est exactement la noirceur de la glose : à l’extérieur, elle est comme la paroi. Le Taz en déduit qu’à l’intérieur, là où l’on y prend garde, elle fait interposition. Et l’Aroukh HaChoul’han laisse ouverte la question de la majeure partie.

Cas 3 — Un couteau dont le manche bouge

C’est le cas des seifim 3 à 5. Tant que le manche tient et qu’on ne compte pas le refaire, il fait corps avec la lame. Dès qu’il faudra l’ôter pour le remettre, il devient interposition — et la soudure provisoire, ruban ou ficelle, ne répare rien : c’est le jonc du seif 5.

Cas 4 — Une bouteille ou une carafe à col étroit

Les seifim 7 et 8 sont écrits pour cet objet. Le remplir d’eau avant, ou le maintenir immergé jusqu’à ce qu’il se remplisse, et l’incliner pour que l’air s’échappe. Le Chakh au ס״ק ז ajoute que même une ouverture large, si l’eau n’y entre pas aussitôt, demande la même précaution.

Cas 5 — Immerger plusieurs pièces à la fois dans un panier

La glose du seif 6 et le Chakh au ס״ק ו y répondent en détail : le panier doit laisser passer l’eau, les pièces ne doivent pas se poser l’une sur l’autre, et les couteaux ne s’enfoncent pas dans un seau. Le Chakh permet en revanche de les poser côte à côte, et même en nombre.

Cas 6 — Une pièce trop lourde, posée au fond du récipient

La glose le dit, et l’Aroukh HaChoul’han au seif 13 en tire la conséquence la plus dure : le poids n’est pas rattrapé par la permission de l’ouverture. Là où la pièce lourde appuie, ni elle ni celle qui la porte ne sont valablement immergées.

8. Synthèse du siman 202

Le siman en une phrase : l’immersion d’un ustensile ne vaut que si l’eau touche toute sa surface — d’où deux empêchements, la matière collée (seifim 1 à 5) et l’air emprisonné (seifim 6 à 8), et une dispense pour ce qui va disparaître (seif 9).
Trois choses à retenir. Un — la mesure de l’interposition est la gêne, pas la saleté ; et la majeure partie fait interposition même sans gêne. Deux — un manche fait corps avec l’ustensile tant qu’il est destiné à y rester ; dès qu’il faudra l’ôter, il fait interposition. Trois — l’air est un obstacle au même titre qu’une matière : un ustensile immergé la bouche en bas n’est pas immergé.

Questions de compréhension

  1. Le seif 1 est-il une indulgence à l’égard du verre ou une rigueur ? Donne les deux lectures, leurs auteurs, et la conclusion du Ba’h et de l’Aroukh HaChoul’han.
  2. Le seif 2 pose deux seuils. Lequel des deux est de la Torah, et quelle est la source de cette distinction ?
  3. Pourquoi un manche bien enfoncé ne fait-il pas interposition, alors qu’il est d’une autre matière que l’ustensile ?
  4. Le jonc fait interposition et la résine n’en fait pas, alors que les deux réparent la même cassure. Explique, avec le Chakh au ס״ק ב.
  5. Le mot « un peu » du seif 6 est le mot le plus discuté du siman. Qui l’a écrit, qui le conteste, et que répondent les Nekoudot HaKessef ?
  6. Le Chakh au ס״ק ז et le Taz au ס״ק ח écrivent tous deux כצ״ל sur le seif 8. Que corrigent-ils, et pourquoi cela change-t-il la halakha ?
  7. Le seif 9 dispense d’immerger ce qu’on va couper. Deux réponses différentes expliquent pourquoi le point de coupe ne fait pas interposition : lesquelles, et de qui ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
~ ~ ~ ~ ~
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן ר״ב · Niveau 1 — Initiation · דיני דברים החוצצים בטבילת כלים
daattorah.com

DAAT דעת — © 5786 / 2026 · Retour à l’accueil · Siman ר״ב · ♥ Soutenir