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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Siman 203 — Le blâme du vœu tenu : sur l’acte, ou sur l’état ?

Deux mots de blâme, deux derachot du Yerouchalmi, deux tannaïm, et une question que le Pit’hei Techouva laisse ouverte
יורה דעה · סימן ר״ג
איזה דברים משובחים ואיזה הם מגונים
📚 Niveau Lamdan · תלמיד חכם
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Le siman a sept seifim et presque autant de questions. Pourquoi deux mots pour un seul blâme ? Pourquoi le Choul’han Aroukh n’a-t-il repris qu’une des deux derachot du Yerouchalmi ? Que veut dire au juste « qu’il ne voue pas jusqu’à ce qu’il l’ait » ? Et si dire « j’étudierai ce chapitre » oblige déjà, que reste-t-il à permettre au seif 6 ?

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ג

הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

  1. La ‘hakira : le blâme porte-t-il sur l’acte de vouer ou sur l’état de celui qui est lié ?
  2. Pourquoi le vœu est-il comparé à un autel privé — la lecture de Rachi et celle du Ran
  3. Première ma’hloket — les deux derachot du Yerouchalmi, et deux tannaïm derrière elles
  4. Deuxième ma’hloket — « qu’il ne voue pas jusqu’à ce qu’il l’ait » : le Beit Yossef contre le Ba’h
  5. Troisième ma’hloket — le serment a-t-il une déliaison ?
  6. « J’étudierai ce chapitre » — la remarque du Chakh, et ce qu’elle déplace
  7. Jurer sur une mitsva, là où le serment ne prend pas
  8. Le yessod du siman
  9. Tableau des positions
  10. Ce qui reste ouvert

1. La ‘hakira — l’acte, ou l’état ?

Le seif 1 emploie deux mots, et ils ne viennent pas du même endroit. Le premier est de Chemouel, au troisième chapitre de נדרים ; le second est une beraïta rapportée par Rav Dimi, au chapitre de la jeune fiancée. Le Tour les avait déjà mis l’un à côté de l’autre, et le Choul’han Aroukh a fait de même.

Le Taz pose la question sans détour : si le Choul’han Aroukh l’a déjà appelé racha, pourquoi ajouter qu’il est ḥoté ? Un impie est bien pire qu’un fauteur. Et la difficulté redouble : les deux qualifications se tirent du même verset.
« וכ״ש שקשה על הש״ע שהביא בלשון זה נקרא רשע ונקרא חוטא למה הזכיר כלל חוטא כיון שעשאו רשע » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק א)
La réponse du Taz est une ‘hakira sur l’objet du blâme. Ou bien le blâme porte sur l’acte présent — celui qui a une porte pour se faire délier et ne s’en sert pas continue à choisir son vœu, et c’est un racha. Ou bien il porte sur l’état — celui qui n’a pas encore trouvé de porte ne choisit plus rien, mais le vœu pèse toujours sur lui, et il est ḥoté tant qu’il le porte.
« ונ״ל דיש חילוק בדבר דאם יש לו פתח להתיר ואינו מתיר נקרא רשע ואם לא מצא פתח עדיין » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק א)
« וע״ז אמר דמ״מ נקרא חוטא כל זמן שנדרו עליו כנ״ל נכון » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק א)
« שמקיימו. כתב הט״ז נ״ל דיש חילוק בדבר דאם יש לו פתח להתיר ואינו מתיר נקרא רשע ואם לא מצא פתח עדיין מ״מ נקרא חוטא כל זמן שנדרו עליו: » (באר היטב יו״ד ר״ג ס״ק א)
La nafka mina est dans le seif 3, et elle explique son urgence. Si le blâme portait seulement sur l’acte de vouer, il serait derrière nous une fois le vœu prononcé, et rien ne presserait. Parce qu’il porte aussi sur l’état, il court tant que le vœu tient — et c’est pourquoi le seif 3 enseigne, dans la foulée, qu’il vaut mieux qu’il demande la déliaison, et pourquoi le Rambam va jusqu’à en faire une mitsva.
« וְאִם עָבַר וְנָדַר מִצְוָה לְהִשָּׁאֵל עַל נִדְרוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהֵא מִכְשׁוֹל לְפָנָיו » (רמב״ם הלכות נדרים פרק י״ג הלכה כ״ה)

2. Pourquoi l’autel privé — Rachi et le Ran

« רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: הַנּוֹדֵר — כְּאִילּוּ בָּנָה בָּמָה, וְהַמְקַיְּימוֹ — כְּאִילּוּ מַקְרִיב עָלָיו קׇרְבָּן » (נדרים כ״ב ע״א)
Deux façons d’entendre la comparaison. Rachi la prend au plus fort : comme s’il bâtissait un autel pour l’idolâtrie. Le Roch et le Ran la prennent au plus juste : comme s’il bâtissait un autel privé au temps où les autels privés sont interdits — c’est-à-dire une offrande légitime faite au mauvais endroit.
« ופירש רש״י כאילו בנה במה לע״ז » (בית יוסף יו״ד ר״ג)
« אבל הרא״ש והר״ן פירשו כאילו בנה במה בשעת איסור הבמות » (בית יוסף יו״ד ר״ג)
Le Ran donne alors la raison exacte de l’image, et c’est la phrase la plus éclairante du siman. Celui qui voue croit faire une mitsva : le Miséricordieux a interdit des choses, et lui aussi s’en interdit. Le Ran répond qu’il se trompe — car de même que Celui qui a ordonné d’offrir au-dedans a interdit d’ajouter un autel au-dehors, ainsi celui qui ajoute à ce que la Torah a interdit fait une faute.
« וכתב הר״ן נראה בעיני דלהכי מדמינן ליה לבונה במה משום דסליק אדעתיה דנודר דמצוה קא עביד דרחמנא אסריה במילי דאיסורא ואיהו נמי אסר אנפשיה וקאמר דטעי דאדרבה לבונה במה דמי » (בית יוסף יו״ד ר״ג)
Voilà pourquoi le siman s’appelle איזה דברים משובחים ואיזה הם מגונים et non « les lois du vœu ». Ce n’est pas un siman de définitions : c’est un siman de jugement sur une conduite. Et le jugement porte précisément sur ce qui se donne pour une piété : ajouter des interdits aux siens.

3. Première ma’hloket — les deux derachot du Yerouchalmi

Le Tour rapporte, au nom du Yerouchalmi, deux lectures du même verset. La première : dès qu’un homme commence à vouer, son registre est réclamé. La seconde, donnée comme autre explication : c’est celui qui a différé son vœu dont le registre s’ouvre. Le Choul’han Aroukh n’a repris que la seconde.

« מתחיל אדם לנדור פנקסו מתבקשת » (טור יו״ד ר״ג)
« איחר אדם נדרו פנקסו נפתחת » (טור יו״ד ר״ג)
Le Taz ne se contente pas de relever le choix : il montre que les deux derachot se rangent chacune derrière un tanna. La première suppose que le vœu est mauvais dès son commencement — c’est Rabbi Méïr, pour qui mieux vaut ne rien vouer du tout. La seconde suppose que le vœu est bon et que la faute est dans le retard — c’est Rabbi Yehouda, pour qui mieux vaut vouer et payer.
« ונראה דאיכא בין הנהו דרשות פלוגתא דר׳ מאיר ור״י ריש חולין » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק ב)
« דהדרשא ראשונה ס״ל כרבי מאיר על כן אמר תיכף שעושה נדר מבקשין בפנקס מעשיו אם הוא כדאי לכך » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק ב)
« והדרשא השנייה ס״ל כר״י דטוב שידור ואין עונש אלא על שאינו משלם תיכף » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק ב)
« טוֹב מִזֶּה וּמִזֶּה שֶׁאֵינוֹ נוֹדֵר כׇּל עִיקָּר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: טוֹב מִזֶּה וּמִזֶּה נוֹדֵר וּמְשַׁלֵּם » (חולין ב׳ ע״א)
Et voici la tension. Si le Choul’han Aroukh a choisi la seconde deracha, il semble tenir comme Rabbi Yehouda — que vouer est bon, et que seul le retard est fautif. Mais le seif 1, juste avant, blâme celui qui voue même s’il accomplit, et le seif 4 demande de ne rien vouer du tout. C’est la lecture de Rabbi Méïr.
La réponse la plus simple est que la deracha n’est pas reprise comme un jugement sur le vœu mais comme un avertissement sur le retard — et sur ce point les deux tannaïm sont d’accord. Le Beit Yossef va d’ailleurs dans ce sens quand il lit le Tour, et relève au passage que le Tour a modifié la formulation du Roch, en écrivant qu’il ne voue pas jusqu’à ce qu’il l’ait — ce qui laisserait entendre qu’une fois qu’il l’a, il y aurait mitsva à vouer, comme Rabbi Yehouda. Le Beit Yossef répond que le Tour n’a pas été précis.
« והעתיקו רבינו אלא ששינה וכתב לא ידור עד שיהיה לו דמשמע דכשיהיה לו מצוה לנדור בשעת מעשה וכדברי רבי יהודה » (בית יוסף יו״ד ר״ג)

4. Deuxième ma’hloket — « qu’il ne voue pas jusqu’à ce qu’il l’ait »

« אלא אם ישנו בידו יתן מיד ואם לאו לא ידור עד שיהיה לו » (שו״ע יו״ד ר״ג:ד)
Le Taz commence par écarter une idée qui viendrait naturellement : celui qui n’a rien pourrait au moins s’engager à donner quand il aura. On trouve un précédent dans le traité de תענית, où l’on a accepté par vœu de jeûner lorsque ce serait possible, et on l’a appris de Daniel. Le seif nous apprend qu’il n’en va pas ainsi.
« פי׳ דס״ד דכל שאין לו מ״מ יקבל עליו אם יהיה לו כדאשכחן בתענית » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק ד)
« קמ״ל דאינו כן ולא ידור אלא ימתין עד שיהיה לו ואז יתן בלא נדר » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק ד)
Et ici les deux lectures se séparent sur un mot. Pour le Beit Yossef et le Taz, עד est temporel : qu’il attende d’avoir, et alors il donnera sans vœu. Pour le Ba’h, la phrase dit autre chose : qu’il ne fasse pas un vœu conditionnel — « si j’ai, je donnerai ». Le Taz objecte que le mot עד ne se laisse pas lire ainsi.
« והכי מסיק ב״י לעיקר דבשעה שיהיה לו אין צריך כלל לנדור » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק ד)
« ומו״ח ז״ל פירש הלשון לא ידור עד שיהיה לו כלומר שלא יעשה נדר אם יהיה לו כו׳ ולשון עד אינו מיושב לפירושו » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק ד)
« שיהיה. פי׳ אפילו אם ירצה לקבל עליו שיתן לכשיהיה לו גם כן לא ידור אלא ימתין עד שיהיה לו ואז יתן בלא נדר. ט״ז: » (באר היטב יו״ד ר״ג ס״ק ד)
La nafka mina est celle d’une formule. « Je m’engage à donner cette somme dès que je le pourrai » : pour le Ba’h, c’est exactement ce que le seif interdit ; pour le Beit Yossef et le Taz, l’interdit est plus large encore — même lorsqu’il aura, il n’aura pas à vouer, il aura à donner. Les deux lectures se rejoignent en pratique, et elles se rejoignent dans les mêmes deux mots : בלי נדר.

Et c’est le Chakh, au ס״ק ד, qui ferme la dernière issue : souscrire en silence n’est pas s’abstenir de vouer. La formule doit être dite.

« יאמר בלא נדר. ר״ל שיאמר בפירוש בלא נדר אבל אין פירושו שיפסוק סתם ולא יאמר שהוא עושה משום נדר דאף אם פוסק סתם הוה נדר. פרישה. וע״ל סי׳ רנ״ז סעיף ג׳ ד׳: » (ש״ך יו״ד ר״ג ס״ק ד)

5. Troisième ma’hloket — le serment a-t-il une déliaison ?

« וכן אם נשבע על איזה דבר לא ישאל עליו אלא מדוחק » (רמ״א יו״ד ר״ג:ג)
Le Chakh et le Taz donnent la même raison et ne l’attribuent pas de la même manière. Le Chakh : du serment il est écrit לא ינקה, et c’est pourquoi certains sont rigoureux et tiennent qu’il n’y a pas de déliaison pour un serment. Le Taz, citant le Mordekhaï : la raison est que certains Guéonim tiennent que la déliaison n’est d’aucun effet sur un serment. La nuance n’est pas rien : l’un parle d’une rigueur adoptée, l’autre d’une opinion tenue.
« וכן אם נשבע. פי׳ דבשבועה כתיב לא ינקה ולכך יש מחמירין בשבועה דאין לה התרה כדאיתא בטור וב״י לקמן סי׳ ר״ל וע״ש: » (ש״ך יו״ד ר״ג ס״ק ג)
« וכן אם נשבע כו׳. שם במרדכי הטעם שיש גאונים סבירא להו דלשבועה אין מועיל התרה: » (ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק ג)
« נשבע. דבשבועה כתיב לא ינקה ולכך יש מחמירין בשבועה דאין לה התרה כדאיתא בטור וב״י סי׳ ר״ל: » (באר היטב יו״ד ר״ג ס״ק ג)
La glose ne tranche pas la question de fond, elle tranche la conduite. Elle n’écrit pas qu’un serment est indéliable ; elle écrit qu’on n’en demande la déliaison que sous contrainte. La question de droit — la déliaison prend-elle sur un serment ? — est renvoyée au siman 230, et le Chakh comme le Taz y renvoient.

6. « J’étudierai ce chapitre » — la remarque du Chakh

« האומר אשנה פרק זה וירא שמא יתרשל בדבר שרי ליה למנדר לזרוזי נפשיה » (שו״ע יו״ד ר״ג:ו)
Le seif présente le vœu comme une addition volontaire à une intention libre. Le Chakh renverse la scène : la phrase elle-même, sans aucune formule de vœu, fait déjà peser une obligation — et il renvoie au siman 213, ainsi qu’à Rabbénou Yerou’ham, au Semag et aux autres décisionnaires.
« שרי ליה למנדר כו׳. מיהו אפי׳ בדבור בעלמא שאומר אשנה הוי עליה חיוב נדר כדלקמן סי׳ רי״ג סעיף ב׳ וכ״פ רבי׳ ירוחם ני״ד ח״ג והסמ״ג דף ע״א סוף ע״ג ושאר פוסקי׳: » (ש״ך יו״ד ר״ג ס״ק ה)
« למנדר. מיהו אפילו בדבור בעלמא שאמר אשנה הוי עליו חיוב נדר. ש״ך: » (באר היטב יו״ד ר״ג ס״ק ו)
Si l’obligation est déjà là, que permet donc le seif ? Deux lectures se présentent. Ou bien le seif permet de formuler ce qui liait déjà tacitement, et sa permission ne fait qu’expliciter. Ou bien le seif permet de vouer sur autre chose que sa parole — d’ajouter un vœu là où l’engagement tacite ne suffirait pas à le retenir. Le Chakh ne tranche pas entre les deux ; sa remarque est introduite par מיהו, qui n’annonce pas une objection mais une réserve.
Et le Pit’hei Techouva ajoute la question qui reste ouverte : cela ne vaut-il que pour une mitsva qu’il s’engage à faire, ou aussi pour une abstention — « je ne ferai pas telle chose » ? Il renvoie à une responsa et n’en donne pas la conclusion.
« למנדר. עיין בה״ט בשם ש״ך דאפילו בדיבור בעלמא הויא עליה חיוב נדר ועיין בתשובת שמש צדקה חלק יו״ד סימן ה׳ אם זה דוקא במצוה שמקבל עליו לעשות או גם בשב ואל תעשה הדין כן: » (פתחי תשובה יו״ד ר״ג ס״ק ב)

7. Jurer sur une mitsva, là où le serment ne prend pas

La fin du seif 6 dit que c’est une mitsva de jurer et de vouer pour se garder d’une faute. Mais un serment ne prend pas sur une chose de mitsva — on est déjà juré du Sinaï, et le siman 239 le rappelle. Comment jurer sur ce qui est déjà obligatoire ?
Le Chakh répond en une ligne, et sa réponse déplace le sujet : il ne s’agit pas de créer une obligation nouvelle, qui en effet ne prendrait pas, mais de s’aiguillonner soi-même. La force du serment n’est pas ici juridique, elle est psychologique — et sur ce terrain-là rien ne l’empêche.
« מצוה לישבע כו׳. אף על גב דשבועה אינו חל על דבר מצוה כדלקמן סי׳ רל״ט מ״מ שרי ליה לאינש לזרוזיה נפשיה. ש״ס: » (ש״ך יו״ד ר״ג ס״ק ו)
« לישבע. אע״ג דשבועה אינו חל על דבר מצוה כדלקמן סי׳ רל״ט מ״מ שרי ליה לאינש לזרוזי נפשיה ש״ס: .. » (באר היטב יו״ד ר״ג ס״ק ז)
Le Tour fournit l’autre moitié du raisonnement : il existe un enseignement explicite selon lequel on jure d’accomplir les commandements, appuyé sur un verset des Psaumes. Le seif 6 ne crée donc rien : il applique un principe reçu à un cas de faiblesse.
« מנין שנשבעין לקיים המצות שנאמר נשבעתי ואקיימה לשמור משפטי צדקך » (טור יו״ד ר״ג)

8. Le yessod du siman

Le siman ne juge pas le vœu d’après ce qu’il interdit, mais d’après ce qu’il ajoute. Là où il ajoute une interdiction à celles de la Torah — c’est l’autel bâti au-dehors, et c’est méprisable même tenu. Là où il n’ajoute rien mais soutient ce qui est déjà dû — l’étude qu’on doit, la faute qu’on doit éviter — il est permis, voire une mitsva. Et là où il ajoute une interdiction pour corriger celui qui la prend, il est louable — parce que ce qu’il ajoute est un remède, non une pièce de plus au corps de la Loi.

C’est exactement la structure du dernier seif, qui est du Rambam : d’abord la louange, puis la formule des Pères, puis la limite — et la limite est précisément le point où le remède deviendrait une méthode.

« נְדָרִים, סְיָג לַפְּרִישׁוּת » (משנה אבות פ״ג מי״ג)
« לֹא יַרְבֶּה אָדָם בְּנִדְרֵי אִסּוּר וְלֹא יַרְגִּיל עַצְמוֹ בָּהֶם. אֶלָּא יִפְרשׁ מִדְּבָרִים שֶׁרָאוּי לִפְרשׁ מֵהֶן בְּלֹא נֵדֶר » (רמב״ם הלכות נדרים פרק י״ג הלכה כ״ד)

9. Tableau des positions

QuiCe qu’il tientRéférence
ChemouelQuiconque voue, même s’il accomplit, est appelé racha.נדרים כ״ב ע״א
Rav Dimi, frère de Rav SafraQuiconque voue, même s’il accomplit, est appelé ḥoté.נדרים ע״ז ע״ב
Rabbi MéïrMieux vaut ne rien vouer du tout.חולין ב׳ ע״א
Rabbi YehoudaMieux vaut vouer et payer.חולין ב׳ ע״א
RachiL’autel privé de la comparaison est un autel d’idolâtrie.בית יוסף יו״ד ר״ג
Le Roch et le RanC’est un autel privé au temps où ils sont interdits : une offrande juste au mauvais endroit.בית יוסף יו״ד ר״ג
Le RambamPour un vœu d’interdiction déjà prononcé, c’est une mitsva de demander la déliaison.רמב״ם הלכות נדרים פרק י״ג הלכה כ״ה
Le Choul’han AroukhIl vaut mieux qu’il demande la déliaison ; mais les vœux de consécration s’accomplissent.שו״ע יו״ד ר״ג:ג
Le Tazracha s’il a une porte et ne s’en sert pas ; ḥoté tant que le vœu pèse sur lui. Et « jusqu’à ce qu’il l’ait » est temporel.ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק א
Le Ba’h« qu’il ne voue pas jusqu’à ce qu’il l’ait » veut dire : pas de vœu conditionnel.ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק ד
Le Chakh« sans vœu » doit être dit expressément ; et « j’étudierai » oblige déjà, même sans formule.ש״ך יו״ד ר״ג ס״ק ד
Le Pit’hei TechouvaLa question reste : cela vaut-il aussi pour une mitsva d’abstention ?פתחי תשובה יו״ד ר״ג ס״ק ב

10. Ce qui reste ouvert

  1. Le vœu pour une mitsva d’abstention. Le Chakh établit que dire « j’étudierai » oblige déjà ; le Pit’hei Techouva demande si cela vaut aussi pour « je ne ferai pas ». Il renvoie à une responsa et ne conclut pas — et nous ne concluons pas non plus.
  2. Le degré exact du remède. Le Rambam écrit que c’est une mitsva de demander la déliaison d’un vœu d’interdiction ; le Choul’han Aroukh écrit qu’il vaut mieux le faire. La substance est la même, le degré n’est pas formulé pareil, et le siman ne s’en explique pas.
  3. La déliaison du serment. La glose dit de n’y venir que sous contrainte ; le Chakh l’attribue à certains qui sont rigoureux, le Taz à certains Guéonim. Le fond de la question est renvoyé au siman 230, et ni l’un ni l’autre ne le tranche ici.
  4. Le ס״ק ב du Chakh et le texte du Choul’han Aroukh. Le lemme du Chakh porte « mais s’il a voué à la tsedaka ou à la consécration », alors que le seif imprimé porte « mais les vœux de consécration ». Le sens va dans le même sens, mais le mot n’est pas le même — il est possible que le Chakh ait eu une autre version sous les yeux.
« וה״מ כו׳ אבל אם נדר לצדקה או להקדש כו׳. וע״ל ר״ס רנ״ח: » (ש״ך יו״ד ר״ג ס״ק ב)

Pour aller plus loin

Les autres niveaux de ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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