Accueil › Yoreh De'ah › Siman 204
סימן ר״דSiman 204

Yoreh De'ah · דִּין הַמַּתְפִּיס בְּנֶדֶר

Siman 204 — Ce qui fait qu’une parole lie (דין המתפיס בנדר)

Le premier siman du mécanisme du נדר, en quatre seifim. (1) Le נדר énoncé dans la Torah est celui qui rattache (מתפיס) une chose permise à un דבר הנדור — « ce pain m'est comme un קרבן » —, et deux autres formules lient de même : « יאסר עלי ככר זה » et « ככר זה עלי איסור » ; la chaîne des rattachements va jusqu'à cent, traverse les jours et les espèces. (2) Le point d'attache n'est pas le קרבן seul mais tout דבר הקדוש בקדושת הפה : כאימרא, כדירים, כמזבח, כהיכל, כירושלים, les ustensiles du service ; le Rama y ajoute la table du Temple, glose que le Chakh (ס״ק ח) et le Taz (ס״ק ה) contestent tous deux. (3) Celui qui dit « ואני כמותך » dans le כדי דיבור est pris dans le vœu du précédent, et cent hommes peuvent ainsi se lier. (4) Un homme peut s'interdire un דבר שלא בא לעולם — sur lui-même, non sur autrui (Chakh ס״ק ט, Pit'hei Techouva). Matière à étudier ; tout vœu réel se porte devant un Rav (Choul'han Aroukh, Yoreh De'ah 204 — ד׳ סעיפים).

דין המתפיס בנדר. ובו ד׳ סעיפים:
עיקר נדר האמור בתורה הוא שיתפיס בדבר הנדור כגון שאומר ככר זה עלי כקרבן או שאמר יאסר עלי ככר זה או שאמר ככר זה עלי איסור וכן אם אסר עליו ככר אחד שתלאו בדבר הנדור ואמר על אחר יהא כזה אסור ואפילו עד מאה כולם אסורים או שנדר על יום אחד להתענות בו או שלא לאכול בו בשר ואמר על יום אחר יהא כזה אסור (יש חלוקי לשונות בענין הנדר והרב לא כתבם ועיין בפנים):

Le fondement du נדר énoncé dans la Torah, c'est qu'il rattache (שיתפיס) à un דבר הנדור — par exemple : « ce pain m'est comme un קרבן » ; ou qu'il dise : « que ce pain me soit interdit » ; ou : « ce pain m'est איסור ». Et de même, s'il s'est interdit un pain rattaché à un דבר הנדור et qu'il dit d'un autre : « qu'il soit interdit comme celui-ci » — même jusqu'à cent, tous sont interdits. Ou s'il a voué, à propos d'un jour, d'y jeûner ou de n'y pas manger de viande, et qu'il dit d'un autre jour : « qu'il soit comme celui-ci ».

Choul'han Aroukh, Yoreh De'ah 204:1 (ד׳ סעיפים)

Les 4 niveaux d'étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Les quatre seifim lus un à un, avec le texte hébreu du Choul'han Aroukh, une traduction française fluide et l'explication du mécanisme : rattacher à un דבר הנדור, les trois formules qui lient, la chaîne jusqu'à cent, les objets sanctifiés par la bouche, le כדי דיבור et le דבר שלא בא לעולם. Les vingt et une entrées d'appareil du siman — les 9 ס״ק du Chakh, les 5 du Taz, les 6 du Baer Hetev et l'entrée du Pit'hei Techouva — y sont citées une par une, avec leur référence.

📖 Étudier

NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul : la 'hakira sur l'étendue du דבר הנדור (le Taz contre la difficulté du Beit Yossef sur le Tour, et la lecture du Ran) ; la ligne קדושת הפה / קדושת מעי אמו et l'exclusion du בכור (נדרים י״ג, Rambam הלכות נדרים א׳:י״ג) ; pourquoi המתפיס בשבועה פטור ובנדרים חייב ; la ma'hloket du שלחן entre le Rama, le Chakh et le Taz ; ce qui circule dans la chaîne des cent ; et le דבר שלא בא לעולם, de כתובות נ״ט à la controverse du cho'het rapportée par le Pit'hei Techouva.

📖 Étudier

NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

Récapitulatif pour la révision : le siman en une phrase, les quatre seifim en tableau, le vocabulaire à savoir par cœur (נדר, שבועה, דבר הנדור, דבר האסור, המתפיס, קדושת הפה, איסר, קונם, סתם נדרים להחמיר, כדי דיבור, דבר שלא בא לעולם), les trois règles d'or, les six pièges classiques, ce qui reste en discussion et la check-list.

📖 Étudier

NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'assé — la psika

Halakha lema'assé : la psika du siman ligne à ligne d'après le Mehaber, le Rama, le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, le Pit'hei Techouva et le Rambam — les formules qui lient, les points d'attache admis et exclus, la controverse de la table du Temple qu'on ne tranche pas seul, le כדי דיבור et le דבר שלא בא לעולם. Tableau de psika de treize lignes ; chaque conclusion renvoie au Rav, car toute התרה se fait devant un חכם.

📖 Étudier

Questions fréquentes — Siman 204

Qu'est-ce que le נדר, selon le Siman 204, et qu'est-ce qui le distingue de la שבועה ?

Le Choul'han Aroukh définit le נדר par un geste de langage : rattacher (שיתפיס) une chose permise à un דבר הנדור — une chose déjà rendue interdite par la parole d'un homme. « Ce pain m'est comme un קרבן » : le pain devient interdit comme l'est le קרבן. La שבועה, elle, ne touche pas à l'objet : elle engage la personne. Le Rambam le formule ainsi dans ses הלכות נדרים : celui qui jure s'interdit lui-même à l'égard de la chose, celui qui voue interdit la chose sur lui. C'est de cette distinction que découle une règle centrale du siman : on peut rattacher à un נדר, on ne rattache pas à une שבועה. Ce sont des règles à étudier ; tout vœu réellement prononcé se porte devant un Rav.

À quoi peut-on rattacher un vœu, et à quoi ne peut-on pas ?

Au seif ב, le Choul'han Aroukh élargit : pas seulement au קרבן, mais à tout דבר הקדוש בקדושת הפה — כאימרא (l'agneau du sacrifice), כדירים (les enclos), כמזבח, כהיכל, כירושלים, ou l'un des ustensiles du service. Le critère n'est pas l'intensité de la sainteté mais son origine : il faut qu'une bouche humaine l'ait consacrée. C'est pourquoi le premier-né (בכור), saint dès le ventre de sa mère, ne sert pas de point d'attache — le Rambam l'écrit expressément. Et c'est la même ligne qui, au siman 205, exclura le porc et la נבלה : ils sont interdits, mais non par une parole.

Que reprochent le Chakh et le Taz à la glose du Rama sur la table du Temple ?

Le Rama distingue : « comme la table du Temple » lie, « comme une table » sans préciser ne lie pas — mais un עם הארץ doit tout de même faire délier. Le Chakh (ס״ק ח) répond que ce n'est pas la distinction de la source : les Hagahot Mordekhaï opposaient l'התפסה (« ce pain m'est comme la table » — cela lie) au vœu par la table (un langage de serment — cela ne lie pas, car il n'y a pas de Nom divin dans une table). Il tente un מקום pour le Rama, le juge forcé, et conclut sur un צ״ע. Le Taz (ס״ק ה) va plus loin : il n'y a aucune différence entre les deux tables, et « כשלחן סתם » lie par סתם נדרים להחמיר. Le Baer Hetev (ס״ק ה) rapporte les deux ensemble. Les trois lectures se rejoignent pourtant sur la pratique : une התרה est nécessaire, et elle se fait devant un Rav.

Peut-on s'interdire une chose qui n'existe pas encore ?

Oui, et c'est le seif ד : « un homme peut s'interdire à lui-même un דבר שלא בא לעולם, pour lorsqu'il viendra au monde ». La guemara en donne la raison dans le traité כתובות : le קונם ne prend rien, il ne fait qu'interdire — et pour interdire, il suffit que moi j'existe. Mais le Chakh (ס״ק ט) pose aussitôt deux limites : par הקדש גמור on ne le peut pas, et sur autrui on ne le peut pas non plus. Le Pit'hei Techouva consacre à cette dernière limite sa seule entrée du siman, autour d'un cas réel — un cho'het qui avait interdit sa che'hita à tout Israël — sur lequel les A'haronim se sont divisés. Un engagement de צדקה ou de מעשר sur des revenus futurs relève de cette discussion : c'est une question de Rav, non de lecture.