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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Siman 204 — Lamdan : l'התפסה, sa source et ses limites

Sept questions sur un seul mécanisme : à quoi peut-on rattacher, jusqu'où court la chaîne, et sur quoi l'attache peut-elle mordre
יורה דעה · סימן ר״ד
דִּין הַמַּתְפִּיס בְּנֶדֶר
🎓 Niveau Lamdan · למדנות
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Le niveau Base a lu les quatre seifim. Ici, on ouvre ce qu'ils ne disent pas. Le siman 204 pose un mécanisme — l'התפסה — et ce mécanisme soulève, chez les Richonim comme chez les A'haronim, des questions qui commandent ensuite les simanim 205 et 206. On les prend une à une, chaque fois avec le texte sous les yeux.

Sujet : Siman 204 — Lamdan : l'התפסה, sa source et ses limites
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ד

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. היקף « דבר הנדור » — le point d'attache est-il le קרבן, ou toute chose interdite par la bouche d'un homme ?
2. קדושת הפה contre קדושת מעי אמו — pourquoi le בכור est hors du jeu
3. המתפיס בשבועה פטור ובנדרים חייב — la raison de la différence
4. La ma'hloket du שלחן — le Rama contre le Chakh et le Taz
5. השרשרת — ce qui circule dans la chaîne des cent
6. דבר שלא בא לעולם — pourquoi le נדר va où le הקדש ne va pas
7. נפקא מינות et récapitulatif des positions

1. היקף « דבר הנדור » — jusqu'où va le point d'attache ?

Le Mehaber écrit deux choses dans un même seif, et elles ne vont pas ensemble de soi. D'abord : le נדר est celui qui rattache à un דבר הנדור, et l'exemple donné est « comme un קרבן ». Ensuite, aussitôt : « ou qu'il dise יאסר עלי ככר זה ». Or cette seconde formule ne rattache à rien. Alors — est-elle un נדר à part entière, ou un cas dérivé ?

חקירה. Le mot דבר הנדור désigne-t-il (א) une chose vouée au Ciel — un קרבן, et ce qui lui ressemble ? ou (ב) toute chose que la bouche d'un homme a rendue interdite, fût-ce un simple pain interdit par « יאסר עלי » ?

Le Tour écrit — et c'est sur son mot que tout porte — qu'« il dise : ce pain m'est interdit », et ajoute que cela aussi est un נדר :

« או שאומר אסור עלי ככר זה דהוי נמי נדר » (טור יו״ד ר״ד)

Le Beit Yossef s'y arrête : pourquoi « aussi » ? Si cette formule est la définition même du נדר — celle où il n'y a précisément aucune התפסה — le mot « aussi » n'est pas à sa place. Le Taz consacre à cette difficulté toute sa première entrée, et sa réponse est un renversement :

« ונראה דדברי הטור נכונים דאקרא קאי דאמר איש כי ידור נדר ודרשינן עד שידור בדבר הנדור » (ט״ז יו״ד ר״ד ס״ק א)
« קמ״ל דהאי בדבר הנדור לאו דוקא במידי דנדור לשמים אלא אפי׳ באומר אסור עלי הוה נמי נדר » (ט״ז יו״ד ר״ד ס״ק א)
יסוד du Taz. דבר הנדור ne veut pas dire « voué au Ciel » : il veut dire voué, point. Un pain que j'ai interdit en disant « אסור עלי » est, dès cet instant, un דבר הנדור — et l'on peut donc lui rattacher un autre pain. Le « aussi » du Tour ne porte donc pas sur l'interdiction (qui va de soi) mais sur la capacité d'être point d'attache : ce pain-là aussi peut porter une התפסה.

Le Taz signale au passage que son beau-père — le Ba'h — avait rapporté au nom du Ran que « אסור עלי » ne serait qu'un יד (un vœu inachevé, cf. siman 206) et non un נדר plein ; le Taz écarte cette lecture. Voici ce que le Taz lit dans le Ran :

« גם הר״ן בריש נדרים כתב דעיקר הנדר אם אומר זה עלי אסור » (ט״ז יו״ד ר״ד ס״ק א)
נפקא מינה. Si « אסור עלי » est un נדר plein (Taz), un second pain rattaché à lui est interdit. Si ce n'était qu'un יד, il faudrait d'abord établir que le premier interdit est bien de rang de נדר avant de pouvoir lui rattacher quoi que ce soit. La question n'est donc pas de vocabulaire : elle décide du sort du deuxième pain.

2. קדושת הפה contre קדושת מעי אמו

Le seif ב élargit le point d'attache : non le קרבן seul, mais tout דבר הקדוש בקדושת הפה. Le critère n'est donc pas l'intensité de la sainteté — l'autel n'est pas moins saint qu'un agneau — mais son origine. La guemara pose la ligne sur le cas-limite du premier-né :

« אָמַר קְרָא: ״כִּי יִדֹּר״, עַד שֶׁיִּדּוֹר בְּדָבָר הַנָּדוּר, לְאַפּוֹקֵי בְּכוֹר, דְּדָבָר הָאָסוּר הוּא » (נדרים י״ג ע״א)

Le Rambam en tire la règle sous sa forme la plus nette :

« הֲרֵי הֵן עָלַי כִּבְכוֹר הֲרֵי אֵלּוּ מֻתָּרִין שֶׁאֵין קְדֻשָּׁתוֹ בִּידֵי אָדָם וְאֵינוֹ יָכוֹל לְהַתְפִּיסוֹ בְּנֵדֶר » (רמב״ם הלכות נדרים פרק א׳ הלכה י״ג)
יסוד. Ce qui rend une chose apte à porter une התפסה, c'est qu'elle ait été rendue interdite par un acte de parole humain. Le premier-né est saint ממעי אמו : aucune bouche ne l'a fait, donc aucune bouche ne peut s'y rattacher. C'est la même ligne, exactement, qui séparera au siman 205 le דבר הנדור du דבר האסור — la חזיר, la נבלה, l'idole : interdits, mais non par une parole.

Le seif ב cite la liste — כאימרא כדירים כמזבח כהיכל כירושלים. Elle vient de la baraïta :

« אִימְּרָא״, ״לְאִימְּרָא״, ״כְּאִימְּרָא״, ״דִּירִים״, ״לַדִּירִים״ ״כַּדִּירִים » (נדרים י״ג ע״א)

Et le Rambam range la même liste dans ses הלכות נדרים :

« הֲרֵי הֵן עָלַי כִּתְרוּמַת הַלִּשְׁכָּה כִּתְמִידִים כְּדִירִים כְּעֵצִים כְּאִשִּׁים כְּמִזְבֵּחַ אוֹ כְּאַחַד מִמְּשַׁמְּשֵׁי הַמִּזְבֵּחַ » (רמב״ם הלכות נדרים פרק א׳ הלכה י״ד)

Reste l'ambiguïté : « agneau » peut désigner un agneau de קרבן ou un agneau du troupeau. Le Taz tranche par la règle d'interprétation :

« כשה לקרבן דסתם נדרים להחמיר » (ט״ז יו״ד ר״ד ס״ק ב)

3. המתפיס בשבועה פטור ובנדרים חייב — pourquoi ?

Toute la mécanique du siman — le rattachement — n'existe que dans le נדר. Elle est inconnue de la שבועה. Le Rambam le compte parmi les quatre différences :

« הַמַּתְפִּיס בִּשְׁבוּעָה פָּטוּר וּבִנְדָרִים חַיָּב » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ג׳ הלכה א)

Et la raison, il la donne quelques halakhot plus loin — c'est la formule la plus claire du corpus :

« שֶׁהַנִּשְׁבָּע אוֹסֵר עַצְמוֹ עַל דָּבָר שֶׁנִּשְׁבַּע עָלָיו. וְהַנּוֹדֵר אוֹסֵר הַדָּבָר הַנָּדוּר עַל עַצְמוֹ » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ג׳ הלכה ז)

La guemara l'avait déjà dit en deux mots, en expliquant l'ordre de la michna au début de Nedarim :

« אַיְּידֵי דִּתְנָא נְדָרִים דְּמִיתְּסַר חֶפְצָא עֲלֵיהּ, תְּנָא נָמֵי חֲרָמִים, דְּמִיתְּסַר חֶפְצָא עֲלֵיהּ. לְאַפּוֹקֵי שְׁבוּעָה, דְּקָאָסַר נַפְשֵׁיהּ מִן חֶפְצָא » (נדרים ב׳ ע״ב)
Le raisonnement, déplié. Le נדר pose un statut sur un objet : ce pain est désormais « de la catégorie interdite ». Un statut d'objet peut être copié sur un autre objet — c'est exactement ce que fait l'התפסה. La שבועה, elle, ne change rien à l'objet : elle crée une obligation dans la personne. Or une obligation ne se copie pas d'un objet à l'autre : elle n'est nulle part dans le monde des choses. D'où המתפיס בשבועה פטור.
נפקא מינה, et elle est le fil de tout le bloc 204-206. C'est cette même distinction qui commandera le siman 206 seif ה : « הנודר שלא אוכל » n'est même pas un יד, parce que la formule « que je ne mange pas » lie la personne — c'est un langage de שבועה dans la bouche d'un homme qui croyait faire un נדר. Le Taz y écrira la même phrase que le Rambam écrit ici.

4. La ma'hloket du שלחן — le Rama contre le Chakh et le Taz

C'est la controverse la plus vive du siman, et elle est instructive parce qu'elle ne porte pas sur une sévara mais sur la lecture d'une source. Le Rama glose le seif ב à partir des Hagahot Mordekhaï au nom du Maharam, et pose une distinction entre שלחן שבמקדש et שלחן סתם.

La lecture du Chakh

« דברי הרב אינם מכוונים והעולה מהגהת מרדכי הוא דאם אמר ככר זה עלי כשלחן שבמקדש או כאחד מכלי הקודש הוי נדר דהתפיס בדבר הנדור » (ש״ך יו״ד ר״ד ס״ק ח)

Selon le Chakh, la ligne de partage du Maharam n'est pas quelle table, mais quel acte de langage : « ce pain m'est comme la table » est une התפסה — cela lie ; « je fais vœu par la table » est un langage de serment — cela ne lie pas, parce qu'il n'y a pas de Nom divin dans une table. Le Rama aurait déplacé la ligne d'un axe à l'autre.

« אבל המתפיס או נודר בשלחן סתם ואין רצונו כשלחן שבמקדש שיצטרך התרה בע״ה אין לנו ובנדרים הלך אחר לשון בני אדם » (ש״ך יו״ד ר״ד ס״ק ח)

Le Chakh ne s'arrête pourtant pas sur un refus : il cherche un מקום au Rama, et ne le trouve qu'au prix d'une gêne. Voici son essai, puis sa conclusion :

« ואולי משמע ליה להרב מדמסיים בהגהת מרדכי דבע״ה צריך התרה » (ש״ך יו״ד ר״ד ס״ק ח)
« ודוחק וצ״ע » (ש״ך יו״ד ר״ד ס״ק ח)

La lecture du Taz

Le Taz reconstitue la question posée au Maharam et montre qu'elle ne portait pas du tout sur la différence entre les deux tables. Il écarte au passage la réponse du Levouch — qui expliquait qu'une table, à la différence d'un agneau, évoque d'abord la table profane — par un argument de fait :

« ובלבוש כתוב בזה דשאני שלחן שרגיל הוא בשלחן של חולין ואין פתח לדברים אלו דאטו אימרא ודירים של חולין לא שכיחי » (ט״ז יו״ד ר״ד ס״ק ה)

Sa conclusion est double, et elle va plus loin que celle du Chakh : non seulement le critère du Rama est le mauvais, mais il n'y a aucune différence entre les deux tables.

« נמצא שאין חילוק כלל בין שלחן הקודש בין סתם דבתרוייהו אסור בל׳ מתפיס בנדר ובשניהם מותר אם אומר לשון אני נודר או נשבע » (ט״ז יו״ד ר״ד ס״ק ה)
« ודברי הרב רמ״א כאן הם כשגגה היוצאת מלפני השליט » (ט״ז יו״ד ר״ד ס״ק ה)
« ודברים אלו הרציתי לפני מו״ח ז״ל אחר שהדפיס חבורו והסכיס לדברי » (ט״ז יו״ד ר״ד ס״ק ה)
Trois positions, et elles ne se recouvrent pas. (א) Le Rama : « כשלחן סתם » ne lie pas ; on délie néanmoins pour un עם הארץ. (ב) Le Chakh : la distinction du Rama n'est pas celle de la source ; il tente un מקום, le juge forcé, et clôt sur וצ״ע — il doute, il ne déclare pas l'erreur. (ג) Le Taz : « כשלחן סתם » lie, exactement comme « כאימרא », par סתם נדרים להחמיר ; et ce que le Rama a écrit ici est une erreur, confirmée par le Ba'h. Le Baer Hetev (ס״ק ה) rapporte les deux ensemble, et jusqu'à la formule finale du Taz.
נפקא מינה, très concrète. Un homme dit : « ce pain m'est comme une table » — sans préciser laquelle. Pour le Taz, il est interdit (סתם נדרים להחמיר). Pour le Rama, rien n'a pris, sauf qu'un עם הארץ devra faire délier. Pour le Chakh, la question reste ouverte — et « ouverte » n'est pas « permis ». On ne conclut pas ici : on va voir un Rav.

5. השרשרת — que transporte la chaîne des cent ?

Le seif א dit « même jusqu'à cent, tous sont interdits ». Le Chakh y ajoute deux extensions que le Choul'han Aroukh n'avait pas écrites :

« שאמר על ככר ראשון יהא זה כקרבן וה״ה אם אמר על ככר הראשון יאסר עלי וחזר ואמר על אחר יהא כזה אפי׳ עד מאה כולם אסורים » (ש״ך יו״ד ר״ד ס״ק ד)
« ואפי׳ אמר על אחר שאינו מינו של הראשון כגון שהראשון הוא ככר והשני הוא בשר והשלישי פירות » (ש״ך יו״ד ר״ד ס״ק ד)

Sa source est le Rambam, qui donne la chaîne avec ses deux dimensions — le temps (« même après plusieurs jours ») et l'espèce (pain, miel, vin) :

« וְכֵן הָאוֹמֵר הַבָּשָׂר הַזֶּה עָלַי אָסוּר וְחָזַר וְאָמַר אֲפִלּוּ אַחַר כַּמָּה יָמִים וְהַפַּת הַזֹּאת כַּבָּשָׂר הַזֶּה הֲרֵי הַפַּת נִתְפְּשָׂה וְנֶאֶסְרָה » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ג׳ הלכה ד)

Et la chaîne ne se limite pas aux objets : un jour y entre aussi, comme le montre la halakha suivante du Rambam, qui est exactement la fin du seif א :

« הֲרֵי יוֹם זֶה עָלָיו כְּיוֹם שֶׁמֵּת בּוֹ אָבִיו אוֹ רַבּוֹ הֲרֵי זֶה אָסוּר לֶאֱכל בּוֹ כְּלוּם שֶׁהֲרֵי הִתְפִּיס יוֹם זֶה וַאֲסָרוֹ כַּיּוֹם הָאָסוּר לוֹ » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ג׳ הלכה ה)
חקירה. Qu'est-ce qui circule exactement dans la chaîne ? (א) Chaque maillon renvoie, de proche en proche, au קרבן initial — la chaîne n'est qu'un long doigt pointé vers lui. (ב) Ou bien chaque maillon acquiert en propre le statut de דבר הנדור, et le maillon suivant s'attache à lui, sans plus regarder l'origine. Le Rambam, en écrivant « même après plusieurs jours » et en changeant d'espèce à chaque maillon, se laisse mieux lire selon (ב) ; et c'est aussi ce que suppose le Taz au ס״ק א, pour qui un simple « אסור עלי » suffit à faire un point d'attache.

Le seif ג donne la même figure, mais avec des hommes à la place des objets : cent personnes dont chacune dit « ואני » dans le כדי דיבור de la précédente. Le Rambam le range précisément sous le titre כיצד המתפיס בנדרים חייב — c'est donc bien, pour lui, une התפסה, et non une autre institution :

« שָׁמַע חֲבֵרוֹ שֶׁנָּדַר וְאָמַר וַאֲנִי כְּמוֹתְךָ בְּתוֹךְ כְּדֵי דִּבּוּר הֲרֵי זֶה אָסוּר בְּמַה שֶּׁנֶּאֱסַר בּוֹ חֲבֵרוֹ » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ג׳ הלכה ג)

6. דבר שלא בא לעולם — pourquoi le נדר va où le הקדש ne va pas

Le seif ד est une ligne, et il porte une des sugyot les plus discutées du Chass. La guemara la fonde sur un raisonnement a fortiori interne aux קונמות :

« שָׁאנֵי קֻוֽנָּמוֹת, מִתּוֹךְ שֶׁאָדָם אוֹסֵר פֵּירוֹת חֲבֵירוֹ עָלָיו, אָדָם מַקְדִּישׁ דָּבָר שֶׁלֹּא בָּא לָעוֹלָם » (כתובות נ״ט ע״א)
« בִּשְׁלָמָא אָדָם אוֹסֵר פֵּירוֹת חֲבֵירוֹ עָלָיו — שֶׁכֵּן אָדָם אוֹסֵר פֵּירוֹתָיו עַל חֲבֵירוֹ » (כתובות נ״ט ע״א)

Le Chakh en tire la triple règle, et c'est elle qu'il faut retenir :

« דבר שלא בא לעולם יכול לאסור על עצמו ע״י קונם כמו שיכול לאסור פירותיו של חברו אבל בהקדש גמור לא » (ש״ך יו״ד ר״ד ס״ק ט)
« ועל חבירו אינו יכול לאסור אפילו על ידי קונם דבר שלא בא לעולם » (ש״ך יו״ד ר״ד ס״ק ט)
יסוד. Le קונם ne déplace pas la chose : il ne la donne pas au Temple, il ne la sort pas de la propriété de son maître. Il ne fait que poser, sur moi, l'interdit de m'en servir. Or pour interdire, il n'est pas nécessaire que la chose existe — il suffit que moi j'existe. C'est pourquoi je peux interdire sur moi les fruits d'autrui, et pourquoi je peux interdire sur moi ce qui n'est pas encore né. Le הקדש, lui, doit prendre quelque chose ; et l'on ne prend pas ce qui n'est pas.

Le Pit'hei Techouva porte la question sur un cas réel, et c'est là que la limite du Chakh — « sur autrui, non » — devient difficile :

« על שוחט אחד שאסר שחיטתו על כל ישראל » (פתחי תשובה יו״ד ר״ד ס״ק א)
La ma'hloket rapportée par le Pit'hei Techouva. Un cho'het interdit sa che'hita à tout Israël. (א) Le Maharaa Alfandari : c'est un דבר שלא בא לעולם — les abattages futurs n'existent pas — donc rien n'a pris. (ב) Le Bnei Yaakov : ce n'est pas un דבר שלא בא לעולם, car il n'interdit pas un objet futur mais sa propre che'hita, et lui, il existe. (ג) Le Chaar HaMelekh distingue : interdire toute sa הנאה fait mordre l'interdit sur le corps, qui existe ; interdire une הנאה particulière ne le fait pas, et l'on retombe alors dans le דבר שלא בא לעולם — d'où il conclut, dans ce cas précis, comme le Maharaa Alfandari.

7. נפקא מינות et récapitulatif

QuestionPositionQuiConséquence
« אסור עלי » est-il un point d'attache ?Oui — c'est un נדר pleinTour, Taz ס״ק א, et le Ran tel que le Taz le litOn peut lui rattacher un second pain
« אסור עלי » est-il un point d'attache ?Ce ne serait qu'un ידle Ran tel que le Ba'h le rapporte — lecture que le Taz écarteLe second pain n'est pas atteint de la même manière
« ככר זה עלי כשלחן » (sans préciser)InterditTaz ס״ק ה — par סתם נדרים להחמירIl faut une התרה
« ככר זה עלי כשלחן » (sans préciser)Rien n'a pris ; on délie pour un עם הארץRama, glose du seif בPas d'interdit, mais une התרה d'usage
« ככר זה עלי כשלחן » (sans préciser)צ״ע — la lecture du Rama n'est pas celle de la sourceChakh ס״ק חOn ne s'appuie pas sur un doute pour permettre
Interdire à autrui un דבר שלא בא לעולםImpossibleChakh ס״ק ט, Pit'hei Techouva ס״ק אLe vœu ne prend pas sur le bien d'autrui à venir
Interdire à soi-même un דבר שלא בא לעולםPossible, pour quand il viendraשו״ע יו״ד ר״ד:דLe vœu attend la chose
Le siman 204 n'énonce pas une liste d'interdits : il expose un mécanisme. Une parole crée un interdit lorsqu'elle accroche une chose permise à une chose déjà interdite par une bouche humaine. Tout ce que les Richonim et les A'haronim discutent ici tient dans trois questions : à quoi peut-on s'accrocher (la ma'hloket du שלחן), jusqu'où court la chaîne (le ס״ק ד du Chakh), et sur quoi l'accroche peut-elle mordre (le seif ד et le דבר שלא בא לעולם).
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
יורה דעה · סימן ר״ד · Niveau 2 — Lamdan
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