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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA’ASSÉ

Siman 207 — Les mots déformés qui lient (כינויי נדרים)

יורה דעה · סימן ר״ז
דין כנויי נדרים
הלכה למעשה · ש״ך · ט״ז · באר היטב
⚖️ הלכה למעשה · Psak
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Ce qui lie, ce qui ne lie pas, et ce qui se demande

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ז (סעיף אחד)
ש״ך (ב׳ ס״ק) · ט״ז (ס״ק אחד) · באר היטב (ב׳ ס״ק) · טור · בית יוסף · רמב״ם הלכות נדרים

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. הדין העולה — la ligne de psika du siman
  2. שלוש המילים — קונם, קונח, קונס, et ce qu’elles décident
  3. לשון המקום — la règle qui ouvre la liste
  4. לשון שאינה מוכרת — le mot que nul ne connaît
  5. כינויי כינויים — la seule chose que le siman écarte
  6. נדר בכל לשון — la portée réelle du siman
  7. נוסח כל נדרי — ce que le Taz en tire
  8. מקרים בני זמננו — cas contemporains

1. הדין העולה — la ligne de psika du siman

« כנויי נדרים כנדרים » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« הולכים אחר הלשון שרגילין בו » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« שרחוק הרבה מהלשון אינו כנדר: » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
La ligne de psika. Le siman ne pose qu’une règle et une exception, et les deux tiennent au même ressort : c’est l’usage réel de la parole qui détermine si un mot engage. De là quatre décisions. (1) Un mot déformé — קונם, קונח, קונס — lie exactement comme le mot propre. (2) Cette liste n’est pas close : partout, on suit la langue dont les gens ont l’usage. (3) Là où l’expression n’est connue de personne, il n’y a pas de vœu, même avec les mots de la michna. (4) Le substitut du substitut, trop éloigné de l’expression, ne lie pas.
Ce siman ne se décide pas seul, et pour une raison qui lui est propre : toutes ses variables sont des faits — ce que le mot signifie dans ce lieu, ce que le locuteur a dit et voulu dire, ce que ses auditeurs ont compris. Aucun de ces trois points ne se lit dans un livre. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

2. שלוש המילים — קונם, קונח, קונס

« כנויי נדרים כנדרים כיצד קונם קונח קונס שאם אמר קונם או קונח או קונס ככר זה עלי אסור בו » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« יֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁאַנְשֵׁיהֶם עִלְּגִים וּמַפְסִידִין אֶת הַלָּשׁוֹן וּמְכַנִּין עַל דָּבָר בְּדָבָר אַחֵר הוֹלְכִין שָׁם אַחַר הַכִּנּוּי. » (רמב״ם הלכות נדרים פרק א׳ הלכה ט״ז)
« הטעם כתב הרמב״ם דיש מקומות שאנשיהם עלגים ומפסידין את הלשון ומכנין על דבר בדבר אחר הולכים שם אחר הכינוי: » (באר היטב יו״ד ר״ז ס״ק א)
Ce qui est décidé. Celui qui dit קונם ככר זה עלי — ou קונח, ou קונס — a fait un vœu plein, et le pain lui est interdit. Le dîn ne dépend ni de la correction du mot ni du fait que le locuteur soit savant : il dépend de ce que le mot dit là où il est prononcé. Le Rambam, que le Baer Hetev reprend en deux lignes, en donne la raison : il y a des lieux où l’on abîme la langue, et l’on suit chez eux le mot abîmé.
Une précision qui compte en pratique : le siman ne dit pas que ces trois mots sont toujours opérants, il dit qu’ils l’étaient là où ils se disaient. Savoir ce qu’un mot vaut dans une communauté donnée est une question de fait, et elle se pose à un Rav.

3. לשון המקום — la règle qui ouvre la liste

« וכן בכל מקום הולכים אחר הלשון שרגילין בו שאם יש להם כנוי לנדר ונדר בו הוי נדר » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« וְכֵן כָּל כַּיּוֹצֵא בָּזֶה הוֹלְכִין אַחַר לְשׁוֹן כְּלַל הָעָם בְּאוֹתוֹ מָקוֹם וּבְאוֹתוֹ זְמַן: » (רמב״ם הלכות נדרים פרק א׳ הלכה ט״ז)
« וכן כל כיוצא בזה הולכין אחר לשון כלל העם באותו מקום ובאותו זמן » (ש״ך יו״ד ר״ז ס״ק א)
Ce qui est décidé. La règle opératoire du siman n’est pas la liste des trois mots, c’est la clause qui la suit : on suit partout la langue en usage. Le Rambam la formule avec ses trois variables — le peuple, le lieu, le temps — et le Chakh la recopie telle quelle. Une communauté qui s’est donné un mot pour dire « vœu » l’a rendu opérant, sans qu’aucun texte ait eu à le prévoir.
En pratique, cela veut dire qu’une expression courante dans une communauté peut avoir une portée qu’elle n’a pas ailleurs. C’est une raison de plus de ne rien trancher de mémoire : la même phrase n’a pas le même poids dans deux lieux.

4. לשון שאינה מוכרת — le mot que nul ne connaît

« (וכן אם אינו מכיר אלו הלשונות שדברו בהם חכמים אע״פ שנדר בהם לאו כלום הוא) » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« ואם באותו מקום ובאותו זמן אין שום אדם מעם הארץ מכיר בלשון הכינויין שאמרו חכמים הנודר בהם לאו כלום הוא » (ב״י יו״ד ר״ז)
Ce qui est décidé. Le revers est écrit dans le seif lui-même, en glose : là où l’expression n’est pas connue, לאו כלום הוא — ce n’est rien, quand bien même ce serait un mot de la michna. Le Beit Yossef, source de la glose, le dit du lieu : si en ce lieu et en ce temps aucun homme du peuple ne connaît la langue des כינויים.
Attention : le seif écrit אינו מכיר au singulier, sans dire de qui il s’agit, tandis que sa source parle de la communauté. Nous signalons l’écart et ne le tranchons pas. En pratique, ce genre de situation — un homme qui a employé un mot dont il ignore le sens — est exactement ce qui se porte devant un Rav.

5. כינויי כינויים — la seule chose que le siman écarte

« אבל כינויי כינויים דהיינו כינוי שרחוק הרבה מהלשון אינו כנדר: » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« כגון דאמר מקנמנא מקנחנא מקנסנא. » (ש״ך יו״ד ר״ז ס״ק ב)
« וְכִנּוּיֵי הַכִּנּוּיִין מֻתָּרִין בֵּין בְּנִדְרֵי אִסָּר בֵּין בְּנִדְרֵי הֶקְדֵּשׁ: » (רמב״ם הלכות נדרים פרק א׳ הלכה י״ז)
Ce qui est décidé. Le seif écarte une seule chose : le substitut du substitut, שרחוק הרבה מהלשון. Le Chakh donne, en une ligne, les mots que la guemara vise — מקנמנא מקנחנא מקנסנא. Le Rambam étend l’exemption aux deux registres du vœu, l’interdit et la consécration.
C’est un allègement, et il faut le traiter comme tel : on ne l’étend pas de soi-même. Le seif donne un critère de distance, non une mesure. Où finit le mot reconnaissable et où commence le mot méconnaissable n’est pas écrit, et c’est précisément le genre d’appréciation qui revient à un Rav.

6. נדר בכל לשון — la portée réelle du siman

« (הנדר הוא בכל לשון שיאמר עליו מקרי נדר) » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« וכל שכן שאר לשונות העובדי כוכבים » (ש״ך יו״ד ר״ז ס״ק א)
Ce qui est décidé. La glose finale du seif pose la portée générale : le vœu se fait en toute langue. Le Chakh le dit sous la forme d’un כל שכן : si de l’hébreu corrompu lie, à plus forte raison les autres langues. Le siman n’est donc pas un chapitre sur des formules hébraïques : c’est un chapitre sur la parole.
Conséquence pratique et sérieuse : une parole dite dans la langue de tous les jours peut engager. C’est pourquoi l’usage répandu est de faire suivre tout engagement d’un בלי נדר. Savoir si une phrase donnée constitue un vœu, et ce qu’il faut faire si elle en est un, se demande à un Rav.

7. נוסח כל נדרי — ce que le Taz en tire

« ומה שזכר בנוסח כל נדרי וקונמי וקנסי וכינויי רצונו לומר קונמי הוא הכינוי היותר פשוע שכן הוזכר במשנה תחילה לכינויים » (ט״ז יו״ד ר״ז ס״ק א)
« על כן אמר אחר כך וכינויי רצונו לומר וכל שאר הכינויים » (ט״ז יו״ד ר״ז ס״ק א)
L’unique ס״ק du Taz. Le Taz emploie sa seule note à lire la formule de כל נדרי, qui énumère וקונמי וקנסי וכינויי. Son explication : קונמי est le כינוי le plus courant, et la michna le nomme en tête ; puis vient קונס, d’où וקנסי ; et le mot général « וכינויי » couvre tout le reste.
Ce n’est pas une règle de conduite, c’est une lecture de texte — mais elle a une portée : elle montre que l’auteur de la formule tenait lui aussi la liste pour ouverte, ce qui est exactement la position du seif. Pour la conduite de כל נדרי dans ta communauté, suis l’usage reçu et demande à ton Rav.

8. מקרים בני זמננו — cas contemporains

Quatre situations d’aujourd’hui, prises dans l’ordre des clauses du seif. Aucune n’est ici tranchée : chacune est ramenée à la clause qui la gouverne, et renvoyée au Rav.

Une parole dite en français, en anglais ou en judéo-arabe

La glose finale du seif et le כל שכן du Chakh répondent au point de droit : le vœu se fait en toute langue. Ce qui reste à établir est tout autre chose — ce qui a été dit était-il un vœu, ou une résolution ? Le siman ne donne pas de critère pour distinguer les deux, parce que ce n’est pas son objet. Cette question-là se pose à un Rav, et elle se pose avant toute autre.

Un mot de vœu employé par habitude ou par jeu

Des expressions comme « je jure que… » ou « c’est קונם pour moi » circulent sans que celui qui les emploie en mesure le poids. Le siman touche le cas des deux côtés : l’usage du lieu fait le vœu, et un mot inconnu de tous ne le fait pas. Entre les deux, il y a l’homme qui emploie un mot connu de son entourage sans le connaître lui-même. Le seif n’y répond pas explicitement. C’est une question de Rav, et non une lacune à combler par raisonnement.

Un engagement pris publiquement, dans une formule d’usage

Une promesse de don, un engagement d’étude, une résolution prise devant témoins : la question est de savoir si la formule employée dans cette communauté dit un vœu. Le siman donne le critère — l’usage du lieu et du temps — mais le critère s’applique à un fait, et le fait doit être établi. Consulte ton Rav ; et pour l’avenir, l’usage de dire בלי נדר est la précaution ordinaire.

Ce que les Nekoudot HaKessef et le Pit’hei Techouva en disent

Rien, et il faut le dire franchement : sur ce siman, ni l’un ni l’autre ne donne d’entrée. On ne leur attribuera donc aucune position. Sur un siman d’un seul seif, l’appareil se réduit au Chakh, au Taz et au Baer Hetev — cinq entrées, toutes citées au niveau 1. Les responsa des Aharonim sur les נדרים se trouvent ailleurs dans le traité ; ils ne sont pas ici, et ce niveau ne les invente pas.
Ce niveau expose la halakha telle qu’elle ressort des sources citées ; il ne remplace pas une décision. Les נדרים sont une matière où une parole ordinaire peut avoir des conséquences réelles, et où l’on ne se prononce pas sur sa propre affaire. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן ר״ז · Niveau 4 — Halakha lema’assé · דין כנויי נדרים
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