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סימן ר״זSiman 207

Yoreh De'ah · Nedarim

Siman 207 — Les mots déformés qui lient (כינויי נדרים)

Un seul seif — le plus court de tout Yoré Déa — et il contient un mécanisme entier. Le vœu se fait par la parole ; mais que vaut une parole qui n’est pas le mot juste ? Le Choulhan Aroukh répond : les substituts de vœu lient comme des vœux, parce qu’on suit partout la langue dont les gens ont l’usage. D’où la règle et son revers : un mot déformé mais reconnu lie ; un mot que personne ne connaît, fût-ce un mot de la michna, ne lie pas ; et le substitut du substitut, trop éloigné, ne lie pas non plus. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 207 — un seul seif)

כנויי נדרים כנדרים קונם קונח קונס

Les substituts de vœux sont comme des vœux. Comment cela ? קונם, קונח, קונס. Le siman s’ouvre sur son principe et le fait suivre aussitôt de trois mots estropiés — et ces trois mots engagent aussi sûrement que le mot propre.

Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 207:1

Les 4 niveaux d’étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Le seif unique en hébreu, avec traduction française fluide et décomposition en ses cinq propositions : le principe, la raison (la langue du lieu), le revers (le mot inconnu), la limite (כינויי כינויים) et la portée (le vœu en toute langue). Les cinq entrées de l’appareil — Chakh, Taz, Baer Hetev — citées une à une, avec la michna, la guemara Nedarim, le Rambam, le Tour et le Beit Yossef.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul : la ḥakira sur ce qui fait lier un mot — sa signification ou son institution ; la divergence de Rabbi Yoḥanan et de Réch Lakich sur ce qu’est un כינוי ; la question du Ran et la réponse que le Chakh rapporte en son nom (רבותא אשמועינן) ; les deux explications de Beit Hillel sur les כינויי כינויים ; la portée du critère du lieu et du temps ; la variante קונז du Rambam ; et la lecture du Taz de la formule de כל נדרי.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

Un tableau du seif clause par clause, l’axiome du siman, les trois questions-réflexes, les trois degrés de la parole, l’appareil en cinq lignes, le vocabulaire, les règles d’or et les pièges classiques.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'asse — Psak

La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז et le באר היטב, puis les cas contemporains : une parole dite en français, un mot de vœu employé sans le savoir, un engagement pris en public. Note : les פתחי תשובה et les נקודות הכסף ne commentent pas ce siman. Note également : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non « Daat HaRav ».

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Questions fréquentes — Siman 207

Qu’est-ce qu’un כינוי de vœu ?

Un mot qui n’est pas le mot propre mais qui en tient lieu. Le seif s’ouvre sur le principe et donne aussitôt les trois exemples de la michna :

« כנויי נדרים כנדרים כיצד קונם קונח קונס שאם אמר קונם או קונח או קונס ככר זה עלי אסור בו » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« הָאוֹמֵר לַחֲבֵרוֹ, קוֹנָם קוֹנָח, קוֹנָס, הֲרֵי אֵלּוּ כִנּוּיִין לְקָרְבָּן. » (משנה נדרים פ״א מ״ב)
Le mot propre du vœu est קרבן (« offrande ») ; קונם, קונח et קונס en sont trois déformations, et elles engagent comme lui. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Pourquoi un mot déformé engage-t-il ?

Parce que le critère n’est pas la correction du mot mais l’usage du lieu. Le seif le dit, et le Rambam — que le Chakh recopie — en donne la raison :

« וכן בכל מקום הולכים אחר הלשון שרגילין בו שאם יש להם כנוי לנדר ונדר בו הוי נדר » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« יֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁאַנְשֵׁיהֶם עִלְּגִים וּמַפְסִידִין אֶת הַלָּשׁוֹן וּמְכַנִּין עַל דָּבָר בְּדָבָר אַחֵר הוֹלְכִין שָׁם אַחַר הַכִּנּוּי. » (רמב״ם הלכות נדרים פרק א׳ הלכה ט״ז)
Il y a des lieux où les gens abîment la langue, et l’on y suit le mot abîmé : il veut dire « offrande » pour ceux qui le prononcent et pour ceux qui l’entendent. La liste des trois mots n’est donc pas close. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Et si personne, dans ce lieu, ne connaît le mot ?

Alors il n’y a pas de vœu — même avec les mots de la michna. C’est la glose du seif, et le Beit Yossef qui la fonde :

« (וכן אם אינו מכיר אלו הלשונות שדברו בהם חכמים אע״פ שנדר בהם לאו כלום הוא) » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« ואם באותו מקום ובאותו זמן אין שום אדם מעם הארץ מכיר בלשון הכינויין שאמרו חכמים הנודר בהם לאו כלום הוא » (ב״י יו״ד ר״ז)
Le revers de la règle est aussi net que la règle : si c’est l’usage qui fait le mot, là où l’usage ne dit rien, le mot ne dit rien. Le seif écrit « s’il ne connaît pas » ; sa source parle du lieu. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Qu’est-ce qu’un כינוי de כינוי, et pourquoi ne lie-t-il pas ?

C’est la déformation d’une déformation. Le seif l’écarte, et le Chakh donne les mots :

« אבל כינויי כינויים דהיינו כינוי שרחוק הרבה מהלשון אינו כנדר: » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« כגון דאמר מקנמנא מקנחנא מקנסנא. » (ש״ך יו״ד ר״ז ס״ק ב)
Le critère est un critère de distance — שרחוק הרבה מהלשון : tant que le mot reste reconnaissable il lie, passé une certaine distance il ne dit plus rien. Où passe exactement la frontière n’est pas écrit : c’est une question de Rav.

Peut-on faire un vœu dans une autre langue que l’hébreu ?

Oui, et le seif le dit expressément dans sa glose finale, le Chakh d’un כל שכן :

« (הנדר הוא בכל לשון שיאמר עליו מקרי נדר) » (שו״ע יו״ד ר״ז:א)
« וכל שכן שאר לשונות העובדי כוכבים » (ש״ך יו״ד ר״ז ס״ק א)
Si de l’hébreu corrompu lie, à plus forte raison une langue entière. C’est pourquoi une parole ordinaire peut avoir des conséquences réelles, et pourquoi l’usage répandu est de faire suivre tout engagement d’un בלי נדר. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.