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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Siman 209 — Répondre « amen » au vœu d’autrui (השומע שחבירו נודר ואמר אמן)

יורה דעה · סימן ר״ט
השומע שחבירו נודר ואמר אמן
עניית אמן · קבלת דברים · מתפיס · מדירו משלו · הגבהה קונה
📜 רמת הלמדן · Talmid Hakham
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Pilpoul et étude approfondie

Sources, ḥakira de fond, ma’hloket des Richonim et des A’haronim,
nafka minot pour la halakha

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ט (סעיף אחד)
עם נושאי כלים: ש״ך (ב׳ ס״ק), ט״ז (א׳), באר היטב (א׳), פתחי תשובה (א׳), נקודות הכסף (א׳), בית יוסף, טור

Fondement :
משנה שבועות פ״ד · שבועות כ״ט ע״ב · רמב״ם הלכות נדרים פרק ב׳ · רמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳

Rédaction et iyoun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. כל העונה אמן — la source, et ce qu’elle prouve exactement
  2. אמן ומתפיס — pourquoi l’un lie et l’autre non : la ḥakira du siman
  3. דבר שעניינו כענית אמן — l’étendue de la règle, et où le Chakh l’envoie
  4. מדירו משלו — le Beit Yossef, le Taz, les Nekoudot HaKessef
  5. עד היכן כוחו לאסור — la limite que pose le Pit’hei Techouva

1. כל העונה אמן — la source, et ce qu’elle prouve

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La michna sépare deux régimes, la guemara les réunit La michna de Chevouot énonce d’abord que le serment d’expression ne vaut que מפי עצמו, puis, quelques lignes plus bas, que celui qu’un autre fait jurer est tenu. La contradiction est apparente ; la guemara la résout par l’amen, et adosse la résolution au verset de la femme soupçonnée.
« הַמּוּשְׁבָּע מִפִּי אֲחֵרִים חַיָּיב » (שבועות כ״ט ע״ב)
« אָמַר שְׁמוּאֵל: כׇּל הָעוֹנֶה ״אָמֵן״ אַחַר שְׁבוּעָה – כְּמוֹצִיא שְׁבוּעָה בְּפִיו דָּמֵי, דִּכְתִיב: ״וְאָמְרָה הָאִשָּׁה אָמֵן אָמֵן״ » (שבועות כ״ט ע״ב)
Ce que la formule de Chmouel dit, et ce qu’elle ne dit pas Elle dit : כמוציא שבועה בפיו דמי — comme celui qui l’a prononcé. Le mot דמי ouvre la question du niveau : l’amen est-il un équivalent de la parole, ou la parole elle-même sous une autre forme ? Notre seif, lui, ne reprend pas דמי : il écrit une raison, שהוא קבלת דברים.
« או דבר שעניינו כענית אמן שהוא קבלת דברים אסור » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)

2. אמן ומתפיס — pourquoi l’un lie et l’autre non

La kouchia Celui qui dit « moi aussi, comme toi » après le serment de son prochain est exempt. Celui qui répond amen est tenu. Or les deux n’ont rien prononcé eux-mêmes, et les deux ont marqué leur adhésion. Qu’est-ce qui les sépare ?
« שָׁמַע חֲבֵרוֹ נִשְׁבָּע וְאָמַר וַאֲנִי כְּמוֹתְךָ הוֹאִיל וְלֹא הוֹצִיא שְׁבוּעָה מִפִּיו וְלֹא הִשְׁבִּיעוֹ חֲבֵרוֹ הֲרֵי זֶה פָּטוּר » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה ח)
« אחד הנודר מעצמו או שהדירו חבירו ואמר אמן » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)
Le terouts est dans les mots mêmes du Rambam Il donne deux conditions, et elles tombent toutes deux dans le cas du מתפיס : הואיל ולא הוציא שבועה מפיו ולא השביעו חברו. Il n’a pas parlé, et personne ne l’a fait jurer. Dans notre siman, la seconde condition manque : le prochain l’a fait vouer, et son amen répond à une adjuration qui le visait. Voilà pourquoi le seif prend soin d’écrire או שהדירו חבירו ואמר אמן — les deux ensemble.
« שָׁמַע חֲבֵרוֹ נִשְׁבָּע וְאָמַר וַאֲנִי כְּמוֹתְךָ הוֹאִיל וְלֹא הוֹצִיא שְׁבוּעָה מִפִּיו וְלֹא הִשְׁבִּיעוֹ חֲבֵרוֹ הֲרֵי זֶה פָּטוּר » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה ח)
Nafka mina Un homme entend son prochain vouer pour lui-même, et dit amen. Selon la lecture ci-dessus, il n’y a pas eu d’adjuration le visant : la première moitié du seif ne parle pas de lui. Et le Rambam ajoute que le מתפיס, tout exempt qu’il est de flagellation et de sacrifice, n’a pas pour autant le droit de manger ce qu’il a rattaché — ce qui montre que l’adhésion produit quelque chose même là où elle ne produit pas le vœu plein.
« וְאַף עַל פִּי שֶׁהוּא פָּטוּר מִן הַמַּלְקוֹת אוֹ מִן הַקָּרְבָּן אָסוּר לוֹ לֶאֱכל אוֹתָהּ הַפַּת שֶׁהִתְפִּיס בִּשְׁבוּעָה » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה ט)

3. דבר שעניינו כענית אמן — l’étendue de la règle

Le yessod Si c’était le mot « amen » qui opérait, l’extension serait une indulgence. Puisque c’est l’acceptation, l’extension est la règle elle-même : le Rambam donne trois formules et conclut בכל לשון.
« כְּגוֹן שֶׁאָמַר הֵן אוֹ מְחֻיָּב אֲנִי בִּשְׁבוּעָה זוֹ. קִבַּלְתִּי עָלַי שְׁבוּעָה זוֹ » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה א)
« או דבר שעניינו כענית אמן שהוא קבלת דברים אסור » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)
Et le Chakh ne commente pas : il renvoie Son premier ס״ק tient en une ligne, et c’est une ligne de renvois. Il envoie le lecteur à trois endroits de Yoré Déa où la même mécanique est mise en œuvre sur d’autres matières. Le choix est significatif : il traite la règle de l’amen comme un principe transversal, dont ce siman n’est que l’énoncé le plus nu.
« ואמר אמן כו׳. ע״ל סימן רל״ד סנ״ד וסימן רל״ו ס״ב וסימן רל״ז ס״ב » (ש״ך יו״ד ר״ט ס״ק א)

4. מדירו משלו — trois lectures d’un seul mot

La lecture du Beit Yossef, reprise par le Chakh Le « lui » est celui qui parle : Réouven interdit à Chimone de tirer profit des biens de Réouven. Comme cela s’impose de toute façon, l’acceptation de Chimone est sans objet.
« זה פשוט שה״ז יכול לאסור נכסיו עליו בע״כ וא״כ מה צורך שיקבל דבריו » (ב״י יו״ד ר״ט)
« אין צריך לקבל דבריו. שהרי זה יכול לאסור נכסיו עליו בע״כ ואם כן מה צורך שיקבל עליו דבריו » (ש״ך יו״ד ר״ט ס״ק ב)
L’objection du Taz : elle porte sur la rédaction, non sur le dîn Si l’interdiction opère malgré l’autre, il fallait écrire le cas fort — celui qui proteste expressément et refuse. Écrire « il n’a pas besoin d’accepter » désigne au contraire celui qui se tait.
« ופירושו תמוה דא״כ היה לו לכתוב רבותא אפי׳ שהוא מוחה בפירוש ומסרב מלקבל דבריו אפ״ה חל עליו בעל כרחו » (ט״ז יו״ד ר״ט ס״ק א)
« ולמה כתב שאין צריך לקבל דהיינו שהוא שותק » (ט״ז יו״ד ר״ט ס״ק א)
La lecture du Taz Le « lui » est celui qu’on vise : Réouven interdit à Chimone de tirer profit des biens de Chimone. Et le Taz montre que ce dîn est écrit ailleurs en toutes lettres, au siman 236, à propos du serment — le Tour l’y pose, le Choulhan Aroukh y ajoute la ligne du Rambam sur ceux qui tiennent parole malgré tout.
« ונראה דהכי פירושו דאם ראובן מדיר את שמעון שלא יהנה מנכסי עצמו אין צריך לקבל שמעון את דבריו » (ט״ז יו״ד ר״ט ס״ק א)
« וגם אין לו לישבע על חבירו שיעשה שום דבר כו׳ ואין חבירו מחוייב לעשותו אלא א״כ קבל שבועתו » (ט״ז יו״ד ר״ט ס״ק א)
Les Nekoudot HaKessef répondent, et il faut compter leurs arguments (א) Le style : ayant écrit קבלת דברים au début, le Mehaber poursuit dans le même registre à la fin — et l’interdiction vaut bien contre le gré de l’autre. (ב) Sur la lecture du Taz elle-même : si les biens sont ceux de Chimone, comment dire כשחבירו מדירו, puisqu’il ne peut pas le faire vouer ? (ג) Pourquoi faudrait-il jamais accepter, puisque nous sommes ici dans un vœu et non dans un serment ? (ד) Et que vient faire ce dîn ici, et que signifie alors ce אבל ?
« לק״מ דכיון דנקט ברישא שהוא קבלת דברי כו׳ נקט בסיפא כן ואה״נ דאפילו בע״כ יכול לאסור » (נקודות הכסף יו״ד ר״ט)
« ולפירושו קשה היכי קאמר אבל כשחבירו מדירו כו׳ דהא אינו יכול להדירו » (נקודות הכסף יו״ד ר״ט)
« ועוד דמה״ת יצטרך לקבל דבריו דהא כאן בנדר קמיירי ולא הרגיל להוציא שבועה » (נקודות הכסף יו״ד ר״ט)
« ועוד היאך שייך דין זה לכאן ועוד מאי אבל אלא הדבר פשוט כמו שפירש הב״י » (נקודות הכסף יו״ד ר״ט)
Nafka mina Elle est nette et elle est pratique. Selon le Beit Yossef et les Nekoudot HaKessef, un homme peut rendre ses biens interdits à son prochain même si celui-ci refuse à voix haute. Selon le Taz, notre clause ne dit rien de tel : elle parle d’un homme qui prétend interdire à son prochain les biens de son prochain, et le Taz écrit que cela vaut מצד הדין sans acceptation. Le Baer Hetev rapporte les deux, et signale que les Nekoudot HaKessef ont tranché contre le Taz.
« וכתב הט״ז דזה תמוה דא״כ ה״ל לכתוב רבותא אפילו אם מוחה בפירוש ומסרב מלקבל דבריו אפ״ה חל עליו בע״כ » (באר היטב יו״ד ר״ט ס״ק א)
« ובנה״כ כ׳ שאין פי׳ זה מחוור דקשה היכא קאמר אבל כשחבירו מדירו פירוש הא אינו יכול להדירו וכו׳ אלא הדבר פשוט כמו שפירש הב״י » (באר היטב יו״ד ר״ט ס״ק א)
« קמ״ל מצד הדין אין צריך זה לקבל דברי חבירו והטור כתב הדין הזה גבי נדר וגבי שבועה כן נראה לי נכון וברור » (ט״ז יו״ד ר״ט ס״ק א)

5. עד היכן כוחו לאסור — la limite du Pit’hei Techouva

Le pouvoir d’interdire est un pouvoir de propriétaire Toute la lecture du Beit Yossef repose sur une prémisse tacite : la chose est à lui. Le Pit’hei Techouva prend la prémisse au sérieux et en tire la conséquence — dès que la chose a cessé d’être sienne, sa parole ne l’atteint plus.
« זה פשוט שה״ז יכול לאסור נכסיו עליו בע״כ וא״כ מה צורך שיקבל דבריו » (ב״י יו״ד ר״ט)
« וכתב דאף דאדם יכול לאסור פירותיו על חבירו והוי עליו כהקדש הני מילי אם היה אוסר עליו קודם שחטף » (פתחי תשובה יו״ד ר״ט ס״ק א)
Le cas, et le point de bascule Un homme a arraché des fruits de la main de son prochain ; le prochain lui dit que ces fruits lui sont interdits ; il n’en tient pas compte et les mange. Le point de bascule est le soulèvement : הגבהה קונה בכ״מ. Ayant soulevé, il a acquis — fût-ce en volant —, et la parole du propriétaire arrive sur une chose qui n’est plus à lui.
« שנשאל בא׳ שחטף פירות מיד חבירו ואמר חבירו הפירות האלו יהיו אסורים לך ולא השגיח ואכל אם צריך כפרה מצד שאכל דבר האסור לו » (פתחי תשובה יו״ד ר״ט ס״ק א)
« אבל עכשיו שאינו בידו ואינו ברשותו שהרי חטף אדעתא למיגזל והגבהה קונה בכ״מ אינו יכול לאסרו » (פתחי תשובה יו״ד ר״ט ס״ק א)
Nafka mina, et elle est double (1) Interdit avant le soulèvement : l’interdiction a pris, et celui qui mange a mangé un interdit — même s’il est prêt à payer, il lui faut סליחה וכפרה. (2) Interdit après : rien. Et la Techouva ajoute une distinction supplémentaire, selon qu’il a arraché en vue de voler ou en vue de payer.
« מיהו אי אסרינהו עליו קודם שהגביהו אם אכל אף שרוצה לשלם אח״כ מ״מ צריך סליחה וכפרה כמי שאכל דבר איסור » (פתחי תשובה יו״ד ר״ט ס״ק א)
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן ר״ט · Niveau 2 — Lamdan · השומע שחבירו נודר ואמר אמן
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