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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA’ASSÉ

Siman 212 — Vouer « par la Torah » (דין הנודר בתורה)

יורה דעה · סימן רי״ב
דין הנודר בתורה
הלכה למעשה · ש״ך · ט״ז · באר היטב · פתחי תשובה
⚖️ הלכה למעשה · Psak
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Ce qui ne lie pas, ce qui lie, et ce qui ne souffre aucun allègement

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רי״ב (סעיף אחד)
ש״ך (ג׳ ס״ק) · ט״ז (ב׳) · באר היטב (ג׳) · פתחי תשובה (א׳) · טור · בית יוסף · רמב״ם הלכות נדרים ורמב״ם הלכות שבועות

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. הדין העולה — la ligne de psika du siman
  2. דעתיה אגוילי — pourquoi le vœu ne prend pas
  3. במה שכתוב בה ונטלה בידו — les deux manières de le faire prendre
  4. ת״ח ועם הארץ — et ce que le Chakh en dit pour aujourd’hui
  5. הנשבע בתורה — le point qui ne souffre aucun allègement
  6. לדיינים — la forme du serment judiciaire selon le Taz
  7. ספר פסול — ce que le Pit’hei Techouva en retient
  8. מה שאין בסימן זה — le Taz, les Nekoudot HaKessef, et ce qu’on n’écrit pas
  9. מקרים בני זמננו — cas contemporains

1. הדין העולה — la ligne de psika du siman

« הנודר בתורה כגון שאמר פירות אלו עלי כזו לא אמר כלום » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
« אבל אם הוא עם הארץ צריך התרה כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
« ואם נדר במה שכתוב בה אסור שהרי כתוב בה איסור » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
« נטלה בידו ונדר בה כמי שנדר במה שכתוב בה דמי » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
« אבל הנשבע בתורה בכל ענין צריך התרה ועיין לקמן סימן רל״ז » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
La ligne de psika. Le siman se ramène à quatre décisions. (1) Vouer par un Séfer Torah, sans plus, ne produit aucun vœu. (2) Une dissolution est néanmoins requise de celui qui n’est pas un savant — et le Chakh ajoutera que cela vise aujourd’hui tout le monde. (3) Nommer ce qui est écrit dedans, ou tenir le rouleau, fait un vœu véritable. (4) Et le serment par la Torah exige une dissolution en toute hypothèse — c’est la parenthèse du seif, prise du Beit Yossef.
Ce siman ne s’applique pas seul, et pour une raison qu’il dit lui-même : ses variables sont des faits — ce qui a été prononcé mot pour mot, si le rouleau était tenu, si c’était un vœu ou un serment. Aucune de ces questions ne se tranche de mémoire. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

2. דעתיה אגוילי — pourquoi le vœu ne prend pas

« לא אמר כלום. לפי שדעתו אגוילין ואינן כלום: » (ש״ך יו״ד רי״ב ס״ק א)
« פירות אלו עלי כזו. דדעתו אגוילים שבה: » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק א)
« כלום. לפי שדעתו אגוילין ואינן כלום: » (באר היטב יו״ד רי״ב ס״ק א)
Ce qui est décidé. Les trois entrées disent la même chose et en trois formulations : l’esprit de celui qui désigne le rouleau s’arrête aux parchemins, et le parchemin n’est pas une chose vouée. Le vœu n’a donc pas d’objet. Ce n’est pas une indulgence : c’est un constat.
Attention au sens de « il n’a rien dit » : cela veut dire que rien n’est interdit, et non que rien ne doit être fait. Le seif enchaîne aussitôt sur la dissolution. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

3. במה שכתוב בה ונטלה בידו — les deux manières de le faire prendre

« ואם נדר במה שכתוב בה אסור שהרי כתוב בה איסור » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
« נטלה בידו ונדר בה כמי שנדר במה שכתוב בה דמי » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
« ולפ״ז כ״ש אם אמר בפירוש אני נודר באזכרות שבה דהוי נדר אעפ״י שאין כוונתו על איסור ונדר הכתוב בה » (ש״ך יו״ד רי״ב ס״ק ג)
« וכן אם נדר במקצת יריעות שבתורה אע״פ שאין כתוב באותן יריעות איסור או נדר כיון שיש בהן קרבנות או אזכרות הוי נדר » (ש״ך יו״ד רי״ב ס״ק ג)
Ce qui est décidé. Deux gestes font basculer le cas, et ils sont indépendants : dire « par ce qui est écrit dedans », ou tenir le rouleau. L’un suffit. Et le Chakh, s’appuyant sur la raison du Raavad et du Ran, étend encore : celui qui voue expressément par les Noms a voué a fortiori, et celui qui voue par des feuillets portant des offrandes ou des Noms a voué même si le mot de l’interdit n’y figure pas.
L’extension du Chakh repose sur la raison du Raavad et du Ran, non sur celle que le Mehaber donne. Elle n’est donc pas un simple développement du seif, et c’est un point à poser à un Rav plutôt qu’à trancher seul. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

4. ת״ח ועם הארץ — et ce que le Chakh en dit pour aujourd’hui

« ואין צריך התרה אם הוא תלמיד חכם » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
« אבל אם הוא עם הארץ צריך התרה כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
« ע״ה. וכבר נתבאר לעיל סימן ר״ה דבזמן הזה לכ״ע כע״ה דיינינן להו: » (ש״ך יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« עם הארץ. וכבר נתבאר לעיל סי׳ ר״ה דבזה״ז לכ״ע כע״ה דיינינן להו. ש״ך: » (באר היטב יו״ד רי״ב ס״ק ב)
Ce qui est décidé. Le seif dispense le ת״ח et exige de l’עם הארץ une dissolution, dont il donne la raison : כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים. Mais le Chakh renvoie au siman 205 et écrit qu’aujourd’hui tous sont jugés comme des עמי הארץ ; le Baer Hetev le reprend en son nom.
En pratique, donc : on vient devant un sage, et l’on n’invoque pas la dispense du seif. Cela ne dispense pas de la question préalable — ce qui a été dit constitue-t-il un vœu ? Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

5. הנשבע בתורה — le point qui ne souffre aucun allègement

« אבל הנשבע בתורה בכל ענין צריך התרה ועיין לקמן סימן רל״ז » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
« ב״י לענין מעשה » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
« ולענין מעשה נראה שבזמן הזה אין להקל בנשבע בתורה דבין נקיט לה בידיה בין לא נקיט לה ובין אמר בה בין אמר במ״ש בה בין ת״ח בין עם הארץ לעולם צריך התרה » (ב״י יו״ד רי״ב)
« אבל הנשבע בתורה כו׳. זה לדעת הרמב״ם שבסעיף זה הוא דבריו » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« אבל לפירוש התוספות והרא״ש וטור גם בנשבע י״ל דעתיה אגוילים כמבואר בטור וב״י » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
Le point, et la divergence qui le précède. Le seif tranche : pour le serment, une dissolution est requise en toute hypothèse. Mais le Taz signale que la clause suit le Rambam, et que selon les Tossefot, le Roch et le Tour on pourrait dire, même pour un serment, que l’esprit était au parchemin. Le Beit Yossef, lui, ne discute pas : il écrit que de nos jours on ne relâche rien — tenu ou non, la formule dite ou non, savant ou non.
Le seif lui-même renvoie au siman 237 pour la matière des serments : ce siman-ci ne prétend pas la régler. Un serment prononcé sur un Séfer Torah ne se traite donc pas ici. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

6. לדיינים — la forme du serment judiciaire selon le Taz

« ונ״ל דמי שנתחייב שבועה לא יתנו לו שבועה בלשון זה הריני נשבע בספר תורה כמו שראיתי למקצת דיינים » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« דאפשר דאתי להורות לו היתר ויאמר דדעתיה אגוילים » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« אא״כ שמניח ידו עליה ואז הוה דינו כאוחזה בידו שזכר כאן כן נראה לי » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« וכ׳ הט״ז ונ״ל דמי שנתחייב שבועה לא יתנו לו שבועה בלשון זה הריני נשבע בספר תורה דאפשר דאתי להורות לו היתר ויאמר דדעתיה אגוילים » (באר היטב יו״ד רי״ב ס״ק ג)
« אא״כ שמניח ידו עליה דאז דינו כמו שאוחזה בידו » (באר היטב יו״ד רי״ב ס״ק ג)
Ce qui est décidé. Le Taz adresse une règle aux juges : ne pas faire prêter serment sous la formule « je jure par le Séfer Torah », de crainte que le jureur ne se déclare après coup permis en disant que son esprit était au parchemin — sauf s’il pose la main sur le rouleau, car il est alors dans le cas du seif. Le Baer Hetev la reprend.
C’est une règle de procédure, et elle s’adresse au tribunal. Elle explique aussi l’usage, encore vivant, de faire poser la main sur le rouleau. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

7. ספר פסול — ce que le Pit’hei Techouva en retient

« אך באמת לא מהני דמ״מ מקרי שפיר שבועה בס״ת » (פתחי תשובה יו״ד רי״ב ס״ק א)
« וכתב דאף אי מהני מעשיו מ״מ אסור לעשות כן לכתחלה למחוק אותיות ומכ״ש לחסר יריעה בס״ת » (פתחי תשובה יו״ד רי״ב ס״ק א)
« והשיב ע״ז באריכות והביא כמה ראיות מתנ״כ ומגמרא ורמב״ם שאסור לישבע בשקר אפילו בלא אחיזת ספר כלל » (פתחי תשובה יו״ד רי״ב ס״ק א)
« ומה שהמנהג ליתן ספר ביד הנשבע הוא רק לאיים עליו ולהזכירו עונש השבועה הכתובה בתורה » (פתחי תשובה יו״ד רי״ב ס״ק א)
Ce qui est décidé. Le Pit’hei Techouva rapporte deux réponses qui vont dans le même sens. Le Har HaCarmel : rendre le rouleau défectueux est interdit, et de toute façon ne sert de rien — cela reste un serment sur un Séfer Torah. Le Noda BiYehouda : jurer faussement est interdit même sans tenir aucun livre, et le livre n’est là que pour effrayer le jureur.
Ces deux réponses sont des responsa, rapportées par le Pit’hei Techouva ; elles ne sont pas des clauses du seif. Une question de serment devant une juridiction se pose à un Rav. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

8. מה שאין בסימן זה — ce qu’on ne trouve pas ici, et qu’on n’écrira pas

Ce qui n’est pas dans ce siman. Les Nekoudot HaKessef n’écrivent rien sur ce siman ; on les lit sur les simanim voisins — 209, 210, 211, 215. Le Taz, lui, y est présent avec deux ס״ק, qui sont cités plus haut. Quant à l’Aroukh HaChoul’han, il ne nous est pas accessible pour ce siman ; aucune de ses paroles n’est donc reprise ici. Rien de tout cela n’a été reconstruit ni deviné : une entrée qui n’existe pas n’est pas remplacée par une paraphrase.

9. מקרים בני זמננו — cas contemporains

Un engagement pris la main sur le Séfer Torah

Le geste est précisément celui que le seif vise : נטלה בידו ונדר בה. On est donc dans le cas du vœu véritable, et non dans celui du « il n’a rien dit ». Et si l’on a employé une formule de serment plutôt que de vœu, la parenthèse finale s’applique avec plus de force encore. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Un serment prêté devant une juridiction civile

Le Taz donne la règle de forme, et le Noda BiYehouda rapporté par le Pit’hei Techouva donne le fond : jurer faussement est interdit indépendamment du livre. La question de savoir ce qui a été juré, et ce qu’il en résulte, se pose à un Rav — et le seif lui-même renvoie au siman 237. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

« J’ai dit “je te le jure sur la Torah” et je regrette »

Le seif ne laisse aucun doute sur la conduite : il faut une dissolution, en toute hypothèse. Reste à établir ce qui a été dit exactement, et si c’était un vœu ou un serment — deux choses qui se déterminent, non qui se supposent. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Un livre saint qui n’est pas un Séfer Torah

Le siman parle du rouleau de la Torah. Le Rambam, aux הלכות שבועות, distingue expressément les autres écrits saints — et le seif renvoie pour cela au siman 237. Ne transpose pas la règle d’un livre à l’autre de ta propre autorité. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רי״ב · Niveau 4 — Halakha lema‘assé · דין הנודר בתורה
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