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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA’ASSÉ

Siman 216 — “ces fruits-ci” : ce que le mot employé emporte avec lui

יורה דעה · סימן רט״ז
חילוק בין האומר פירות אלו או לא אמר אלו
קונם פירות האלו עלי · חילופיהן וגידוליהן · דבר שזרעו כלה · לשון ראשון ולשון אחרון · דבר שיש לו מתירין
⚖️ הלכה למעשה · Psak
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Ce que la formule emporte, ce qu’elle laisse, et ce qui reste à établir

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רט״ז (י״ב סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (כ״ז ס״ק), ט״ז (י״ג), באר היטב (י״ח), פתחי תשובה (ה׳), נקודות הכסף (א׳), בית יוסף, טור
יסוד: נדרים מ״ז ע״א · נדרים נ״ט ע״א · רמב״ם הלכות נדרים פרק ה׳

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. הדין העולה — la ligne de psika du siman
  2. ייחוד — quand la chose est désignée
  3. לשון פועל — quand le vœu porte sur un acte
  4. ביתך או בית זה — deux formules qui se croisent
  5. אין אדם משים אל לבו — ce que la formule ne porte pas d’elle-même
  6. טעם בתבשיל — le cas le plus courant, et le plus conditionné
  7. דבר שיש לו מתירין — la goutte, et sa limite
  8. שעת הנדר — le moment fixe la portée
  9. שם המין — ce que le nom ne dit pas
  10. Cas contemporains — et la limite de cette page

1. הדין העולה — la ligne de psika du siman

Toute la pratique de ce siman tient en une phrase : ce qui a été dit décide, et ce qui a été pensé ne décide qu’ensuite. La première question devant un engagement n’est donc jamais « que voulait-il ? » mais « quels mots exactement ? » — démonstratif, possessif, verbe, ou nom d’espèce.
« כל הנדרים הולכין אחר הלשון אם הוא לשון תורה כפי מה שיצא ממשמעותו ואם לשון בני אדם כפי מה שידברו אנשי המקום ההוא בזמן ההוא ואחר כוונת הנודרים » (טור יורה דעה רט״ז)
Et voilà pourquoi ce siman ne s’applique pas seul. La variable décisive est un fait de langue : la formule exacte, dans l’ordre exact, telle qu’elle a été prononcée. Personne ne se souvient de sa propre phrase avec cette précision — et le siman en fait dépendre des conséquences opposées. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

2. ייחוד — quand la chose est désignée, l’interdit voyage

« קונם פירות האלו עלי אסור בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
« ואין צריך לומר במשקין היוצאין מהן » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
Trois façons de désigner, et elles valent toutes : le démonstratif, la présence devant lui, et la mention du propriétaire ou du lieu. La conséquence est la même : l’interdit passe aux échanges, aux pousses et aux liquides, et — quand la semence subsiste — aux pousses des pousses.
« הגה וכן אם אמר פירות פלוני או מקום פלוני הם קונם עלי הוי כאילו אמר פירות אלו » (רמ״א יו״ד רט״ז:א)
Deux réserves pour la pratique. D’abord, le Roch et les Tossefot restreignent l’interdit des échanges à celui qui a échangé — le Mehaber suit le Ran, mais ce n’est pas unanime. Ensuite, la limite du seif 12 est stricte : nommer une espèce n’est pas désigner, et rien ne passe alors. Distinguer les deux dans un cas réel demande un Rav.
« וכתב הרא״ש פרק הנודר מן הירק דוקא להמחליף אסורים אבל לאחר מותרים וכן אם החליפם אחר מותרים להנודר » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק א)

3. לשון פועל — quand le vœu porte sur un acte

« אמר קונם מה שאני אוכל או טועם מהם אם הוא דבר שזרעו כלה כגון חטים וכיוצא בהם מותר בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)
« דכי אכיל חילופיהן וגידוליהן לא טעים הנהו פירות דאסר עליה והוא אמר שאני טועם » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ה)
La formule verbale rétrécit le vœu : elle ne vise que ces fruits-là, dans l’acte de les manger. Mais elle ne libère pas tout — les liquides restent interdits, et les pousses redeviennent interdites dès que la semence subsiste, parce qu’on mange alors encore l’objet même.
« ואם הוא דבר שאין זרעו כלה כשזורעין אותו כגון שום ובצלים אפי׳ גידולי גידולין אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)
Le critère — זרעו כלה ou non — est une question de fait, et il ne se transpose pas d’un produit ancien à un produit moderne par simple analogie. Sur les liquides, en outre, le Rambam laisse un doute là où le Choulhan Aroukh tranche. Consulte ton Rav.

4. ביתך או בית זה — deux formules qui se croisent exactement

« מת או שמכרן או נתנן לאחר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)
« אמר קונם לבית זה שאני נכנס בו אסור בו לעולם בין שמת או מכרו או נתנו לאחרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ה)
« ואם נפל ובנאו אפילו במקומו ובמדתו הראשונה מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ה)
Le résultat est exactement croisé. « Ta maison » : la vente lève l’interdit, la reconstruction le maintient. « Cette maison-ci » : la vente ne lève rien, la destruction lève tout. Deux phrases que l’oreille ne distingue guère, et des conséquences opposées.
« אלא שינהו במקום אחר ומשמע אבל קנה לגמרי בית אחר מותר שלא היתה כוונתו אלא על בית שהיה לו בשעת נדר הן שיהיה כן או ישתנה אבל לא על בית אחר לגמרי » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״א)
Et si les deux sont dites ensemble — « cette maison-ci à toi » —, le siman rapporte trois positions : la rigueur des deux, le premier terme, le dernier terme. Le Mehaber ouvre par la rigueur des deux ; le Chakh, aux ס״ק ט״ו à י״ז, résume chacune en une ligne.
« דמספקא לן אי תפיס לשון ראשון או לשון אחרון הלכך יש להחמיר כשתי הלשונות » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ט״ו)
En pratique, ces distinctions sont trop fines pour être appliquées de mémoire, et elles portent sur des situations lourdes — une maison, un héritage, un accès interdit à un membre de la famille. Le Chakh lui-même, sur le seif 8, conclut par וצ״ע. Demande à ton Rav.

5. אין אדם משים אל לבו — ce que la formule ne porte pas d’elle-même

« הוא משום דאין אדם משים אל לבו לאסור ביתו אחר מותו דלא קפיד אינש מסתמא אלא שלא יראה שונאו בביתו » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
Le Taz introduit ici un raisonnement que la pratique ne peut pas ignorer : la portée d’une formule se mesure aussi à ce qu’un homme se représente ordinairement en la disant. Celui qui interdit sa maison à un autre pense à son vivant, non à après sa mort — d’où, pour le Tour, la nécessité de préciser בחיי ובמותי.
« אבל להלכה כבר פסק הש״ע שא״צ כאן לומר בחיי ובמותי ומש״ה לא הזכירו אלא כל שאומר בית זה אסור אפי׳ מת או מכרו דכיון דאמר זה אסרו לעולם » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
Mais le Taz conclut lui-même que la halakha ne suit pas cette exigence : le Choulhan Aroukh ne réclame pas la précision, et « cette maison-ci » interdit à jamais. Retenons-en donc la méthode, non la conclusion — et remarquons qu’un raisonnement sur ce que « les gens ont d’ordinaire en tête » est exactement le genre d’argument que seul un Rav peut manier.

6. טעם בתבשיל — le cas le plus courant, et le plus conditionné

« אמר קונם בשר ויין עלי מותר בתבשיל שיש בו בשר ויין אע״פ שנותנין בו טעם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ט)
« ואם אמר קונם בשר ויין שאני טועם או שאני אוכל או שאמר קונם בשר או יין זה עלי אסור בתבשיל שיש בו טעם [בשר או] יין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ט)
Le défaut : une formule générale n’atteint pas le plat qui n’a que le goût ; une formule désignante ou verbale l’atteint. C’est la règle à connaître, et elle règle la plupart des cas.
Mais trois couches viennent par-dessus. (1) Le Chakh, au ס״ק כ״ה : si le goût lui est pénible, on suit son intention et le goût devient interdit. (2) Le Chakh, au ס״ק כ״ו : quand le goût est interdit, on peut s’en remettre au goûter d’un Juif, et à défaut on mesure en soixante — mais cela hors de l’espèce seulement, car dans l’espèce, אפילו באלף לא בטיל. (3) Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ד : la marmite, le נ״ט בר נ״ט, et ce qui a été cuit avant le vœu.
« ע״ל סי׳ צ״ח ס״ק ה׳ כתבתי דיש לסמוך אטעימת ישראל דהתירה אף בזמן הזה והלכך אם יש אחר שרשאי לטעום יכול לסמוך עליו ואם אין כאן אחר משערין בס » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ו)
« עיין בתשובת תשואת חן סימן נ״ז שכתב דאסור גם כן בתבשיל שנתבשל בקדרה של בשר ב״י אם נתבשל אחר הנדר אמנם אם נתבשל קודם הנדר מותר » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק ד)
Aucune de ces trois couches ne s’applique de mémoire : la première demande d’établir un état d’esprit, la deuxième une mesure, la troisième une chaîne de cuisson. C’est le cas type du siman où l’on demande à son Rav.

7. דבר שיש לו מתירין — la goutte, et sa limite

« נתערב יין זה שאסרו על עצמו ביין אחר אפי׳ טפה בחבית נאסר הכל » (שו״ע יו״ד רט״ז:י)
« מפני שיש לו להשאיל על נדרו נעשה כדבר שיש לו מתירין שאינו בטל במינו » (שו״ע יו״ד רט״ז:י)
La règle est sévère et elle est nette : une goutte du vin voué dans un tonneau du même vin interdit le tonneau entier, parce qu’un vœu peut toujours être délié. Mais le Taz pose aussitôt la limite : hors de l’espèce — dans du vinaigre —, la règle cesse et l’annulation joue.
« אבל בחומץ לא איכפת לן ביש לו מתירין כיון שאינו מינו ונתבאר בסי׳ ק״ב סעיף א׳ דדבר שיש לו מתירין בטל באינו מינו » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י״ג)
Conséquence pratique qu’il faut dire clairement : la solution ordinaire est le contraire de l’annulation. Puisque le vœu se délie, on ne cherche pas à diluer — on va faire délier le vœu. Le Pit’hei Techouva renvoie pour cette règle au siman 102, où elle est traitée en propre. Consulte ton Rav.
« עיין מש״ל סי׳ ק״ב ס״ק י׳ מזה » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק ה)

8. שעת הנדר — le moment fixe la portée du mot

« והוא הדין אם אותו יין נעשה חומץ אחר הנדר שהוא אסור עליו » (שו״ע יו״ד רט״ז:י״א)
« אבל מה שהיה חומץ בשעת הנדר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:י״א)
Règle de portée générale, et facile à retenir : le mot saisit ce qu’il désignait à l’instant où il a été dit. Ce qui était vin l’est resté pour le vœu, même devenu vinaigre ; ce qui était déjà vinaigre n’a jamais été visé. C’est la même logique que la maison rebâtie du seif 4 — l’objet reste celui qu’il était au moment du vœu.
Cette règle est celle qui s’applique le plus souvent aujourd’hui, parce que les produits changent de nom et d’état. Savoir ce qu’une chose était au moment du vœu est un fait, et il s’établit. Demande à ton Rav.

9. שם המין — ce que le nom ne dit pas

« אמר קונם זיתים וענבים עלי מותר בשמן ויין היוצא מהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:י״ב)
« שטעמו שוה דאזלינן בתר שמא » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ז)
Le dernier seif referme le siman par sa règle la plus tranchée : on suit le nom. L’huile n’est pas une olive, le vin n’est pas un raisin — même si le goût est identique. Le Chakh le dit en cinq mots : דאזלינן בתר שמא.
« ואם אמר קונם זיתים וענבים שאני טועם או שאמר קונם זיתים אלו עלי אסור אף במשקים היוצאים מהם ובתבשיל שנותנין בהם טעם » (שו״ע יו״ד רט״ז:י״ב)
Mais l’ajout d’un verbe ou d’un démonstratif renverse tout — et c’est exactement ce qui rend le siman impraticable de mémoire : la même intention, deux mots d’écart, deux résultats opposés. Le siman suivant, 217, ajoutera par-dessus la question de l’usage local. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

10. Cas contemporains — et la limite de cette page

1. Une résolution alimentaire prise sur soi. « Je m’interdis ce produit-ci » ou « je m’interdis d’en manger » — deux phrases, deux portées. La première atteint ce qui en vient, la seconde s’arrête à l’acte. La première chose à faire est de se rappeler la phrase, pas l’intention.
2. Un plat où il n’y a que le goût. Le seif 9 donne le défaut, le Chakh le renverse si le goût est pénible, et le Pit’hei Techouva ajoute la question de la marmite. Trois conditions à vérifier avant toute conclusion.
3. Un engagement pris pour quelqu’un d’autre. Le seif 2 en traite, et le Pit’hei Techouva au ס״ק א montre que le raisonnement n’est pas le même que pour soi : l’autre n’a pas le pouvoir de délier. La question est restée ouverte chez les A’haronim.
4. Un engagement collectif dont la formule nomme deux choses. La glose du Rama au seif 7 et le ס״ק כ״ב du Chakh donnent la règle de lecture ; le Rabbi Eliya Mizrahi la conteste au nom de l’usage, et Rabbi Akiva Eiger interdit de s’en servir pour alléger. Matière de responsa.
Cette page est un exposé d’étude, non une décision. Trois raisons le lui interdisent : la variable décisive est la formule exacte, qui ne se reconstitue pas à distance ; plusieurs points du siman restent ouverts chez les A’haronim, le Chakh lui-même concluant deux fois par צ״ע ; et le siman suivant ajoutera par-dessus le poids de l’usage local. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רט״ז · Niveau 4 — Halakha lema’assé · חילוק בין האומר פירות אלו או לא אמר אלו
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