Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רי״ט (ג׳ סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (ד׳ ס״ק), ט״ז (א׳), באר היטב (ב׳), פתחי תשובה (ב׳), נקודות הכסף (א׳), בית יוסף, טור
יסוד: בבא קמא פ׳ ע״א · רמב״ם הלכות נדרים פרק ח׳ · תשובת הרשב״א
Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Le Chakh ouvre le siman sur cette question, et il y répond au nom de la Prisha : il ne s’agit pas d’un vœu de se marier, mais d’un vœu qui rattache une chose à l’absence de mariage — « telle chose m’est interdite si je n’épouse pas ». C’est la התפסה, et le vœu retrouve ainsi sa forme normale : il interdit un objet.
« שהתפיס בדבר אחד שאמר דבר פלוני אסור עלי אם לא אשא אשה דאל״כ הוי לשון שבועה ואינו נדר כלל » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק א)
Mais le Chakh n’en reste pas là, et sa suite est plus intéressante que la réponse elle-même : de nos jours, dit-il, c’est un vœu de toute manière — et il renvoie à la fin du siman 206. Puis il ajoute qu’il existe un avis selon lequel la chose tient au titre des ידות, les « poignées » du vœu : une formule incomplète ou empruntée à un autre registre vaut engagement.
« מיהו נראה דהאידנא בכל ענין הוי נדר כדלעיל ס״ס ר״ו (ע״ל סי׳ רי״ח ס״ק ב׳) וע״ש די״א ג״כ דמהני מדין ידות אם הוציא לנדר בלשון שבועה » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק א)
La source du seif 1 est une braïta de בבא קמא פ׳ ע״א, et elle est instructive à double titre. Elle se trouve au milieu d’une série sur ce qu’on n’exige pas immédiatement — le berger repenti ne doit pas vendre son troupeau d’un coup, le converti qui hérite de chiens et de porcs non plus. Et elle porte une précision géographique.
« וְכֵן מִי שֶׁנָּדַר לִיקַּח בַּיִת וְלִיקַּח אִשָּׁה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל – אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ לִיקַּח מִיָּד, עַד שֶׁיִּמְצָא אֶת הַהוֹגֶנֶת לוֹ » (בבא קמא פ׳ ע״א)
La question n’est pas de nous. Le Pit’hei Techouva la pose expressément, entre parenthèses, à la fin de sa longue entrée sur ce seif — et il ne la tranche pas.
« והנה מ״ש דבדבר הרשות יכול לדחות לענ״ד צ״ע מכמה מקומות וגם מדברי הש״ע כאן שלא הזכיר בא״י גבי בית ויש לעיין » (פתחי תשובה יו״ד רי״ט ס״ק א)
Le Rambam, lui, avait tranché autrement : il ne garde pas la Terre d’Israël, mais ajoute deux exemples que la braïta n’a pas — partir en caravane, prendre la mer —, ce qui montre qu’il lisait la règle comme générale.
« מִי שֶׁנִּשְׁבַּע אוֹ נָדַר שֶׁיִּשָּׂא אִשָּׁה אוֹ שֶׁיִּקְנֶה בַּיִת אוֹ שֶׁיֵּצֵא בְּשַׁיָּרָא אוֹ יִפְרשׁ בַּיָּם אֵין מְחַיְּבִין אוֹתוֹ לִשָּׂא אִשָּׁה אוֹ לִקְנוֹת אוֹ לְצֵאת מִיָּד אֶלָּא עַד שֶׁיִּמָּצֵא דָּבָר הֶהָגוּן לוֹ » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ח׳ הלכה י״ג)
Le Chakh, au ס״ק ב, tranche pour la seconde lecture au nom du Mabit : le seif ne dit pas cela précisément, et la même règle vaut de celui qui a voué d’épouser dans l’année.
« אלא ה״ה קבע זמן לישא אשה תוך שנה וכה״ג אין מחייבים אותו אלא לישא אשה ההגונה לו » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק ב)
Le Baer Hetev reprend le Mabit au ס״ק א — et ajoute aussitôt, entre parenthèses, que le Rachdam et la Knesset HaGuedola ont écrit l’inverse. La parenthèse est courte, mais elle referme le débat au lieu de le clore.
« רשד״ם וכנה״ג כחבו דוקא בלא קבע זמן ע״ש » (באר היטב יו״ד רי״ט ס״ק א)
Le seif dit qu’on n’oblige pas — mais jusqu’à quand ? Le Pit’hei Techouva rapporte du Ḥatam Sofer, au nom du Mahari’t, une distinction qui reformule tout le seif : le report n’est pas la même chose selon la nature de ce qu’on a promis.
« והאריך שם לבאר דבדבר הרשות לעשות דבר פלוני יכול לדחות מדחי אל דחי אך בדבר מצוה כגון לישא אשה או ליקח בית בא״י מיד כשיזדמן ההגון לו כופין אותו לקיים » (פתחי תשובה יו״ד רי״ט ס״ק א)
Le Pit’hei Techouva ne s’en satisfait pourtant pas, et sa réserve vise précisément la première moitié : la liberté de report dans une chose de permission lui semble צ״ע de plusieurs endroits. C’est dans cette même parenthèse qu’il relève l’omission de la Terre d’Israël.
Le seif 2 est une responsa du Rachba, et le Chakh en rapporte l’argument. Il faut le lire attentivement : il ne dit pas que dix litrin sont trop, il dit que l’homme n’a pas juré cela.
« שלא נשבע זה לשכור מלמד החכם יותר שיוכל לשכור וכל הנדרים אינם הולכים אלא אחר כוונת הלב » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק ג)
La formule כל הנדרים אינם הולכים אלא אחר כוונת הלב est la règle du siman précédent, appliquée ici à une somme. Et le Rachba en tire la conclusion qui surprend : un maître qui n’a pas atteint le rang des grands rabbins convient tout de même, car c’est au convenable qu’il a pensé.
« דלא נתכוין זה אלא לראוי לו » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק ג)
« ומיהו אם משלח המלמד ששכר לו קודם שיבא השני אפשר שהוא אסור מפני שהוא מחוייב בדבר מיד דהא האי דומה לדרבא (בר״ה ו ) דאמר וצדקה מיחייב עליה לאלתר דקיימי עניים וכ״ש בענין הלימוד שהביטול בו הוי פסידא דלא הדר » (בית יוסף יורה דעה רי״ט)
Le Taz rapporte la raison du Ran, et elle est structurelle : le mot נדר couvre à la fois les vœux de consécration et les vœux d’interdit. Or consacrer une bête à l’autel, c’est la consacrer définitivement. Le régime du vœu d’interdit suit donc celui de son frère.
« ואע״ג דגבי נזירות אמרינן סתם נזירות ל׳ יום שאני בנדר שכולל בו נדרי הקדש ונדרי איסור וכשם שהמקדיש בהמה למזבח קדושה עולמית ה״נ בנדרי איסור כן כתב הר״ן בנדרים דף ד » (ט״ז יו״ד רי״ט ס״ק א)
Autre raison, et elle porte plus loin : dans la nezirout, l’homme se lie — et l’on présume qu’il ne s’est asservi que du moins qu’il pouvait. Dans le vœu, il interdit un objet, et l’objet n’est pas plus interdit trente jours qu’un an.
« דלגבי נזירות איתסר מן חפצא הלכך סברא הוא שלא שיעבד עצמו אלא בפחות שיוכל אבל נדרים אוסר חפצא עליו הלכך לא גמרינן מנזיר » (ט״ז יו״ד רי״ט ס״ק א)
C’est exactement ce que le Darkei Moché formule, et le Taz le rapporte comme un doute resté ouvert — en ajoutant que le doute du Rama vaudrait même selon le Ran, la consécration n’étant pas comprise dans un serment.
« וכתוב בד״מ וצ״ע לפי זה אם אוסר עצמו בשבועה אם לומדים מנזירות דלא ליתסר רק ל׳ יום » (ט״ז יו״ד רי״ט ס״ק א)
Le Taz tranche pourtant, et sa preuve est belle. La braïta énumère les points où le vœu est plus lourd que le serment — il prend sur une chose de mitsva comme sur une chose de permission. Si la durée en était un, elle y figurerait.
« ומ״מ נראה ברור דגם בשבועה אסור לעולם מדתני׳ סוף פ״ק דנדרים חומר בנדרים מבשבועה שחלין על דבר מצוה כרשות ואם איתא היה לו לחשוב גם זאת דבנדרים אסור לעולם משא״כ בשבועה אלא פשוט שבשבועה ונדרים שוין בזה מאיזה לימוד » (ט״ז יו״ד רי״ט ס״ק א)
Le Chakh arrive au même résultat par un autre chemin, et il ajoute ce que le Taz avait laissé de côté : le Darkei Moché lui-même conclut, au nom du Roch, que le serment aussi est pour toujours. Le Chakh s’en sert pour lever l’étonnement du Ba’h, qui reprochait au Roch de statuer de raisonnement alors que la chose serait explicite au premier chapitre de Nedarim — non, répond le Chakh : la guemara ne parle que du vœu, le Roch parlait du serment.
« מיהו מסיק שם בשם הרא״ש ס״פ שבועות שתים דגם בשבועה אסור לעולם » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק ד)
« וכ״כ הרב לקמן סי׳ רל״ז ס״ד בשבועה דאם נשבע סתם אסור לעולם » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק ד)
L’unique entrée des Nekoudot HaKessef sur ce siman ne porte pas sur le fond : elle reproche au Taz d’avoir cité le Darkei Moché à moitié — en donnant son doute sans donner sa conclusion.
« לא העתיק יפה דרמ״א גופיה נמי בתר דמבעיא ליה הדר פשטיה ליה » (נקודות הכסף יו״ד רי״ט)
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