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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA’ASSÉ

Siman 224 — halakha lema’assé : la formule, les biens communs, et la takana (יורה דעה רכ״ד)

יורה דעה · סימן רכ״ד
מי שאמר נכסך עלי חרם
הריני עליך חרם · הרי אתה עלי · דבר של עולי בבל · דין חלוקה · תקנת רבנו גרשום
⚖️ הלכה למעשה · Psak
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Trois formules à reconnaître, un bien commun à qualifier, une takana qui tranche

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ד (א seif)
Avec l’appareil : ש״ך (ג) · ט״ז (ג) · באר היטב (ב) · פתחי תשובה (א)
Fondements : נדרים מ״ז ע״ב · נדרים מ״ח ע״א · רמב״ם הלכות נדרים פרקים ה׳ ו־ז׳ · טור ובית יוסף יורה דעה רכ״ד · שו״ע אורח חיים קנ״ג

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Les questions pratiques

  1. Avant tout : quelle formule ?
  2. Les biens communs : ce qui reste ouvert et ce qui se ferme
  3. La synagogue : une ma’hloket ouverte, et une takana qui passe par-dessus
  4. La maison prêtée pour servir de synagogue
  5. Un ouvrage sans entrée, et quatre situations contemporaines

1. Avant tout : quelle formule ?

Ce niveau expose la halakha telle que le Chakh, le Taz, le Baer Hetev et le Pit’hei Techouva la donnent sur ce siman. Il ne remplace pas un Rav. Précision de compartiment : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choul’han Aroukh sur Yoreh De’ah. Ce niveau est un niveau de psak, non un « Daat HaRav ».
La première question est toujours la même, et elle est purement factuelle : quels mots ont été prononcés ? Le résultat ne dépend pas de ce que l’homme voulait, mais de la préposition. « עליך » → c’est l’autre qui est lié. « עלי » → c’est soi-même. Les deux ensemble → les deux.
« ראובן שאמר לשמעון הריני עליך חרם או הרי אתה אסור בהנאתי » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)
« ראובן מותר בהנאת שמעון ושמעון אסור בהנאת ראובן » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)
« ואם אמר לשמעון הרי אתה עלי חרם » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)
« ראובן אסור בהנאת שמעון ושמעון מותר בהנאת ראובן » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)

2. Les biens communs : ce qui reste ouvert et ce qui se ferme

La règle du seif est simple à retenir et facile à mal appliquer. Ce n’est pas l’usage public qui décide, c’est la part. Dans une chose qui est à tout Israël, personne n’a de part identifiable et le vœu ne mord pas. Dans une chose qui est aux gens d’une ville, chacun d’eux a une part, et la part de l’un est un obstacle pour l’autre.
« ומותרים בדברים שהם בשותפות לכל ישראל כמו הר הבית והעזרות » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)
« ואסורין בדברים שהם בשותפות לבני אותה העיר כמו בית הכנסת והתיבה והספרים » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)
« ומה תקנתם שיקנו חלקם שיש להם בו לאחר ונמצא שאין אחד מהם נהנה משל חבירו » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)
Le remède est un acte, pas une parole. Le seif dit שיקנו חלקם — qu’ils en fassent acquérir la part à un autre. Le Rambam décrit la procédure : chacun écrit sa part au נשיא ou à n’importe qui d’autre, ומזכה לו בחלקו על ידי אחר, en la lui faisant acquérir par l’intermédiaire d’un tiers. C’est un acte de קנין, avec tout ce qu’il suppose.
« כָּל אֶחָד וְאֶחָד מִשְּׁנֵיהֶם כּוֹתֵב חֶלְקוֹ לַנָּשִׂיא אוֹ לְאֶחָד מִשְּׁאָר הָעָם וּמְזַכֶּה לוֹ בְּחֶלְקוֹ עַל יְדֵי אַחֵר » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ז׳ הלכה ג)

3. La synagogue : une ma’hloket ouverte, et une takana qui passe par-dessus

Sur le point de droit, les deux grands commentateurs du siman ne sont pas du même avis, et aucun des deux ne l’emporte dans le texte. Le Taz défend la première opinion du Mehaber — interdits. Le Chakh tient que le יש אומרים est l’essentiel dans le Chas — permis. Le Baer Hetev présente les deux sans choisir, et le Pit’hei Techouva renvoie aux deux en ajoutant une responsa postérieure.
« חלוקה. כלומר בבהכ״נ וכה״ג אין בהם דין חלוקה דמותר וכן נראה עיקר בש״ס ש״ך אבל הט״ז כתב דבש״ס משמע דבבהכ״נ יש בו דין חלוקה ואסור כדעת ראשונה שכתב המחבר ע״ש ועיין בא״ח סי׳ קנ״ג סי״ז: » (באר היטב יו״ד רכ״ד ס״ק ב)
« וי״א שהם מותרים. [עט״ז וש״ך ועיין בתשובת משכנות יעקב סימן מ״ח מ״ש בזה]: » (פתחי תשובה יו״ד רכ״ד ס״ק א)
Mais la question pratique est ailleurs. Le Chakh commence son commentaire par une distinction qu’il ne faut pas manquer : tout ce débat est מדינא. Or, dit-il, il existe une takana — le Raavad et tous les sages de sa génération — selon laquelle un homme ne peut pas interdire sa part de la synagogue ni des livres, et si malgré tout il l’a fait, אין איסורו איסור. Le Choul’han Aroukh l’écrit lui-même en או״ח קנ״ג:ט״ו. C’est cela qui gouverne un cas réel.
« כמו ב״ה כו׳. היינו מדינא אבל מצד התקנה כב״י בשם הא״ח שהורו הראב״ד וכל חכמי דורו שאין אדם יכול לאסור חלקו מב״ה ולא מספרים ואם אסר אין איסורו איסור וכן כתב הב״ח וכן כתב המחבר בא״ח סי׳ קנ״ג סט״ו: » (ש״ך יו״ד רכ״ד ס״ק א)
« אין אדם יכול לאסור חלקו מב״ה ולא מהספרים ואם אסר אינו כלום » (שו״ע או״ח קנ״ג:ט״ו)

4. La maison prêtée pour servir de synagogue

La glose du Rama règle un cas très concret et très fréquent : un homme met une pièce de sa maison à la disposition d’un minyan, puis se fâche avec l’un des fidèles. Peut-il lui en fermer la porte ? Non — il doit la fermer à toute la communauté ou à personne. Le Choul’han Aroukh dit la même chose en אורח חיים, et le Rama y ajoute une réserve importante : cela ne vaut que s’il avait prêté sans condition au départ.
« הגה ומי שהשאיל ביתו לבית הכנסת יש בתקנת ר׳ גרשון שאינו רשאי לאסרה על א׳ מבני הקהל אא״כ יאסרנה על כולם: » (רמ״א יו״ד רכ״ד:א)
« מי שהשאיל ביתו לב״ה ויש לו מריבה עם אחד מהקהל אינו יכול לאסרה אא״כ יאסרנו לכל הקהל כאחד » (שו״ע או״ח קנ״ג:ט״ז)
« ודוקא שהשאיל תחלה סתם אבל אם התנה מתחלה שכל זמן שירצה למחות יהא בידו למחות » (שו״ע או״ח קנ״ג:ט״ז)

5. Un ouvrage sans entrée, et quatre situations contemporaines

Les Nekoudot HaKessef n’ont pas d’entrée sur ce siman. Elles sont la réplique du Chakh au Taz, et ici le Chakh a répliqué dans son propre ס״ק ב. On les lit aux simanim 223 et 226. Aucune entrée n’a été reconstruite ici.
Une brouille entre deux membres d’une même synagogue. Même s’il y a eu vœu, la takana du Raavad ôte le pouvoir d’interdire sa part de la synagogue et des livres. Ce qui reste à examiner, c’est ce qui n’est pas communautaire : la maison, la voiture, le prêt d’un objet.
Un bien associatif — salle d’étude, bibliothèque, matériel. Il faut d’abord établir à qui il appartient en droit. S’il est la propriété d’une association ou d’un fonds, et non des membres individuellement, la question de la part ne se pose pas dans les mêmes termes. Cela relève du droit des personnes morales autant que du droit des vœux, et se demande.
Le remède, en pratique. Transférer sa part à un tiers est un acte d’acquisition réel, avec un acquéreur réel. Ce n’est ni une déclaration ni une formule, et cela ne s’improvise pas : c’est une opération que l’on fait sous la direction d’un Rav.
Et si l’on ne se souvient pas de la formule ? C’est le cas le plus fréquent, et il est réel : personne ne prononce un vœu en pesant ses prépositions. Il n’y a pas de réponse générale — la reconstitution des paroles et leur qualification sont précisément le travail du Rav.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רכ״ד · Niveau 4 — Halakha lema’assé · מי שאמר נכסך עלי חרם
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