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✦ ❖ ✦ Niveau 3 — Synthèse / Révision ✦ ❖ ✦

Siman 224 — synthèse et révision (יורה דעה רכ״ד)

מי שאמר נכסך עלי חרם
Un seif, trois formules, et une ma’hloket qui reste ouverte

שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ד (א seif)
ש״ך (ג) · ט״ז (ג) · באר היטב (ב) · פתחי תשובה (א)
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
Sommaire
  1. Les trois formules
  2. Les biens partagés
  3. Ce que l’appareil ajoute
  4. Le seif, clause par clause
  5. Les ma’hlokot ouvertes
  6. Vocabulaire
  7. Récapitulation

1. Les trois formules

עליך — « sur toi » : mes biens te sont fermés, c’est toi qui es lié. עלי — « sur moi » : tes biens me sont fermés, c’est moi qui suis lié. Les deux — chacun est fermé à l’autre. La préposition, et elle seule, désigne le נאסר.

2. Les biens partagés

Les deux hommes se sont mutuellement interdits
▼
Chose en association de tout Israël (Mont du Temple, parvis) → permis
▼
Chose en association des gens de la ville (synagogue, téva, livres) → interdit
▼
Remède : faire acquérir à un tiers la part qu’ils y ont
▼
יש אומרים : là où il n’y a pas de דין חלוקה, rien n’était interdit
Le critère n’est pas « public / privé » mais « ai-je là-dedans une part qui est à moi ? ». Dans le Mont du Temple, non ; dans la synagogue de ma ville, oui.

3. Ce que l’appareil ajoute

Chakh ס״ק א : מדינא oui, mais par la takana du Raavad on ne peut pas interdire sa part de la synagogue ni des livres. Chakh ס״ק ב : le יש אומרים est l’essentiel dans le Chas. Taz ס״ק א–ב : quatre mille caractères pour sauver la première opinion, et le יש אומרים ramené au seul Ramban et Ran. Baer Hetev ס״ק ב : met les deux face à face. Pit’hei Techouva : voir les deux, et le Michkenot Yaakov.
« כמו ב״ה כו׳. היינו מדינא אבל מצד התקנה כב״י בשם הא״ח שהורו הראב״ד וכל חכמי דורו שאין אדם יכול לאסור חלקו מב״ה ולא מספרים ואם אסר אין איסורו איסור וכן כתב הב״ח וכן כתב המחבר בא״ח סי׳ קנ״ג סט״ו: » (ש״ך יו״ד רכ״ד ס״ק א)
« וי״א כו׳. בכל דבר שאין בו דין חלוקה כלומר בב״ה וכה״ג אין בהם דין חלוקה ומותר כדלקמן סימן רכ״ו וכ״פ מהרש״ל פ׳ שור שנגח את הפרה סי׳ ל״ב וכן נראה עיקר בש״ס: » (ש״ך יו״ד רכ״ד ס״ק ב)
« חלוקה. כלומר בבהכ״נ וכה״ג אין בהם דין חלוקה דמותר וכן נראה עיקר בש״ס ש״ך אבל הט״ז כתב דבש״ס משמע דבבהכ״נ יש בו דין חלוקה ואסור כדעת ראשונה שכתב המחבר ע״ש ועיין בא״ח סי׳ קנ״ג סי״ז: » (באר היטב יו״ד רכ״ד ס״ק ב)

4. Le seif, clause par clause

Dix clauses — neuf du Mehaber, une du Rama.

SeifTexteSens
א« ראובן שאמר לשמעון הריני עליך חרם או הרי אתה אסור בהנאתי » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)Réouven qui a dit à Chimon : « me voici pour toi חרם », ou : « te voici interdit de mon profit » —
א« ראובן מותר בהנאת שמעון ושמעון אסור בהנאת ראובן » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)Réouven est permis dans le profit de Chimon, et Chimon est interdit dans le profit de Réouven.
א« ואם אמר לשמעון הרי אתה עלי חרם » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)Et s’il a dit à Chimon : « te voici pour moi חרם » —
א« ראובן אסור בהנאת שמעון ושמעון מותר בהנאת ראובן » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)Réouven est interdit dans le profit de Chimon, et Chimon est permis dans le profit de Réouven.
א« הריני עליך חרם ואתה עלי שניהם אסורין ליהנות זה מזה » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)« Me voici pour toi חרם, et toi pour moi » — tous deux sont interdits de profiter l’un de l’autre.
א« ומותרים בדברים שהם בשותפות לכל ישראל כמו הר הבית והעזרות » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)Et ils sont permis dans les choses qui sont en association de tout Israël, comme le Mont du Temple et les parvis.
א« ואסורין בדברים שהם בשותפות לבני אותה העיר כמו בית הכנסת והתיבה והספרים » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)Et ils sont interdits dans les choses qui sont en association des gens de cette ville-là, comme la synagogue, le pupitre et les livres.
א« ומה תקנתם שיקנו חלקם שיש להם בו לאחר ונמצא שאין אחד מהם נהנה משל חבירו » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)Et quel est leur remède ? Qu’ils fassent acquérir à un autre la part qu’ils y ont, et il se trouve alors qu’aucun d’eux ne profite du bien de son compagnon.
א« וי״א שהם מותרים בכל דבר שאין בו דין חלוקה: » (שו״ע יו״ד רכ״ד:א)Et certains disent qu’ils sont permis dans toute chose qui n’a pas de דין חלוקה.
א« הגה ומי שהשאיל ביתו לבית הכנסת יש בתקנת ר׳ גרשון שאינו רשאי לאסרה על א׳ מבני הקהל אא״כ יאסרנה על כולם: » (רמ״א יו״ד רכ״ד:א)Glose (Rama) : et celui qui a prêté sa maison pour servir de synagogue — il y a, dans la takana de Rabbenou Guerchom, qu’il n’a pas le droit de l’interdire à l’un des membres de la communauté à moins qu’il ne l’interdise à eux tous.

5. Les ma’hlokot ouvertes

Trois désaccords traversent ce siman, et aucun n’est refermé par le Choul’han Aroukh lui-même.

La synagogue : interdite ou non ? Première opinion du Mehaber, soutenue par le Taz : interdite. יש אומרים, soutenu par le Chakh et le Maharchal : permise, faute de דין חלוקה. Le Baer Hetev expose les deux, le Pit’hei Techouva renvoie aux deux et ajoute le Michkenot Yaakov siman 48.
Les מלקות. Le Rambam, rapporté par le Tour, distingue selon qui a parlé. Le Beit Yossef avertit que le Ran diverge sur ce point — voir ce qu’il a écrit à la fin du siman 220.
La contradiction du Rambam. Le Ramban et le Ran la laissent ouverte (אסקוה בקושיא). Le Ba’h y répond, le Taz le réfute et propose sa propre lecture en trois degrés.

6. Vocabulaire

TermeSens
חרם« mis à part » — une formule de vœu qui retranche une chose de l’usage
הנאהle profit, au sens le plus large : tout avantage tiré d’une chose ou d’un homme
הנודר / המודרcelui qui prononce le vœu / celui à propos de qui il est prononcé — les termes de la michna, que le Choul’han Aroukh remplace par Réouven et Chimon
דבר של עולי בבלce qui est à tout Israël : Mont du Temple, parvis, puits du chemin
דין חלוקהle droit de réclamer le partage d’un bien indivis — le pivot de tout le débat
התיבהle pupitre sur lequel on pose le rouleau pour lire — cité par la michna à côté des livres
תקנת רבנו גרשוםles ordonnances de Rabbenou Guerchom ; le Rama en invoque une pour la maison prêtée à une synagogue

7. Récapitulation

ע comme עלי / עליך : la préposition désigne le נאסר. — ח comme חלק : ai-je une part dans cette chose ? — ק comme קנין : le remède est un acte d’acquisition, pas une formule.
Règles d’or. (1) Toujours établir la formule exacte avant tout le reste. (2) Pour un bien partagé, demander : y ai-je une part propre ? (3) Le remède du seif est un transfert réel de la part, pas une déclaration. (4) Pour la synagogue et les livres, la takana rapportée par le Chakh prime le débat : le pouvoir d’interdire n’existe pas.
Pièges. (1) Croire que le vœu est réciproque : il ne l’est que si les deux formules ont été prononcées. (2) Confondre « public » et « sans part propre » — la synagogue est publique et pourtant chacun y a une part. (3) Prendre la position du Taz pour celle du Chakh : ils sont opposés, et le Baer Hetev le dit. (4) Oublier que le Chakh ס״ק א change de plan et passe du droit à la takana. (5) Chercher les מלקות dans le Choul’han Aroukh : il n’en parle pas ici ; c’est le Tour qui les rapporte du Rambam.

La ligne de psak

Établir la formule : עליך lie l’interlocuteur, עלי lie celui qui parle, les deux ensemble lient les deux. Les biens de tout Israël restent ouverts. Pour les biens de la ville, la ma’hloket du Chakh et du Taz reste ouverte et le remède du seif — transférer sa part à un tiers — vaut dans tous les cas. Mais pour la synagogue et les livres en particulier, la takana rapportée par le Chakh au nom du Raavad, et reprise par le Choul’han Aroukh en או״ח קנ״ג:ט״ו, ôte purement et simplement le pouvoir d’interdire. Toute situation réelle se pose à un Rav.

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
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