Hilkhot Shabbat · Siman 256

Les 6 sonneries de shofar qui annonçaient l'entrée de Shabbat

Étude basée sur le Choulhan Aroukh · par le Rav Yossef Haim Samama · 3 juin 2026

Au temps où Israël habitait sa terre, on sonnait six tekiot de shofar le vendredi pour faire cesser le travail et annoncer l'entrée de Shabbat (Choulhan Aroukh, Siman 256). Le Rama actualise : aujourd'hui, l'officiant ou le bedeau annonce environ une demi-heure à une heure avant Shabbat.

Cet usage se retrouve aujourd'hui dans les sirènes de Shabbat, les annonces à la synagogue ou les alertes avant l'allumage. Pour l'usage de ta communauté, consulter son Rav.

Réponse en bref

Le Choulhan Aroukh (Siman 256) rappelle une tradition antique d'Eretz Israel : on sonnait six tekiot de shofar le vendredi « pour séparer le peuple du travail » (להבדיל את העם מן המלאכה). D'après la guemara Shabbat 35b, chaque sonnerie visait un public : les champs, la ville, puis l'allumage des bougies, avant la séquence finale. Le Rama actualise : à défaut de Temple, l'officiant (chatz) annonce ~1/2 h à 1 h avant Shabbat. Pour l'usage exact — demande à ton Rav.

Comment toute une communauté entre-t-elle ensemble dans Shabbat ? Bien avant les horloges et les applications, la réponse tenait en un son : le shofar. Le Choulhan Aroukh y consacre un siman entier — le Siman 256 des Hilkhot Shabbat (Orah Haïm) — pourtant réduit à un unique paragraphe. Court, mais fondateur : il touche à la dimension communautaire de l'entrée de Shabbat.

Que dit le Choulhan Aroukh au Siman 256 ?

Le Mehaber (Rabbi Yossef Karo) ouvre — et referme — le siman par une seule règle :

כְּשֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל בְּיִשּׁוּבָן, הָיוּ תּוֹקְעִין בְּעֶרֶב שַׁבָּת שֵׁשׁ תְּקִיעוֹת, כְּדֵי לְהַבְדִּיל אֶת הָעָם מִן הַמְּלָאכָה.

« Quand Israël habitait sa terre (avant la destruction du Temple), on sonnait six tekiot de shofar la veille de Shabbat, afin de faire cesser le travail au peuple. »

Le shofar n'est donc pas ici l'instrument de Roch Hachana : c'est un signal civique et sacré qui traverse toute la ville. Voyons pourquoi, et à qui, il s'adressait.

Le sens du signal : « séparer le peuple du travail »

1. הבדלה — une frontière entre profane et sacré

לְהַבְדִּיל אֶת הָעָם מִן הַמְּלָאכָהlehavdil et ha'am min ha-melakha

Le terme הבדלה (séparation) apparaît ici avant Shabbat, pas après. Il s'agit de marquer la frontière entre le temps profane (חול) et le temps sacré (קודש). La havdala du samedi soir fait l'inverse : elle fait sortir du sacré vers le profane.

2. Pourquoi un son, et non une horloge ?

תְּקִיעָהtekia

Un signal sonore est universel (tout le monde l'entend, même aux champs), collectif (on entre dans Shabbat ensemble, pas chacun de son côté) et solennel (il marque la sainteté, pas un simple repère horaire).

Les 6 tekiot, une à une (Shabbat 35b)

La guemara Shabbat 35b détaille la séquence, du plus extérieur au plus intérieur — des champs jusqu'au foyer.

TekiaPour qui ?Ce qu'elle signale
1reTravailleurs aux champsCesser le travail agricole et rentrer en ville
2eHabitants de la ville (commerce)Fermer les boutiques, terminer les transactions
3eLes foyersAllumer les bougies de Shabbat
4-5-6Tous — tekia · teroua · tekiaSéquence finale : Shabbat est entré

La 3e tekia — celle des bougies — est particulièrement remarquable : elle marque le moment précis de l'allumage, à l'origine halakhique du timing des lumières de Shabbat.

L'actualisation du Rama : de la tekia à l'annonce

Le Rama (Rabbi Moché Isserlès) ajoute une glose décisive : en exil, sans Beit Hamikdash et sans tekiot publiques, ce sont l'officiant (chatz) ou le bedeau (chamach) qui annoncent l'approche de Shabbat.

שַׁ״ץ / שַׁמָּשׁchatz / chamach

L'annonce se fait environ une demi-heure à une heure avant Shabbat, pour que chacun se prépare (vêtements, table, lumières). Le Rama conclut : « et il convient de pratiquer ainsi en tout lieu » (וכן ראוי לנהוג בכל מקום).

Application moderne : sirènes, annonces, alertes

La logique du Siman 256 est étonnamment vivante aujourd'hui :

Ce qui change, ce sont les moyens ; ce qui demeure, c'est le but : faire cesser le travail à temps et préparer toute la communauté au même moment.

⚠️ Ceci n'est pas un psak

Cet article présente ce que dit la source à des fins d'étude. Il ne tranche aucun cas pratique. Pour l'usage de votre communauté — le moment de l'annonce, la sirène, la manière de se préparer — consultez votre Rav.

Questions fréquentes

Pourquoi sonnait-on 6 tekiot de shofar le vendredi ?

Le Siman 256 rapporte qu'au temps du peuplement d'Israël, on sonnait six tekiot pour faire cesser le travail. Selon Shabbat 35b, la 1re visait les champs, la 2e la ville, la 3e l'allumage des bougies, puis une séquence tekia-teroua-tekia closait l'entrée de Shabbat. Pour l'usage concret, consulte ton Rav.

Que signifie « séparer le peuple du travail » ?

C'est marquer, par un signal audible, la frontière entre le profane (חול) et le sacré (קודש) avant Shabbat. À la différence de la havdala du samedi soir qui fait sortir du sacré, celle-ci fait entrer dans le sacré.

Qu'annonce-t-on aujourd'hui à la place du shofar ?

Le Rama gloss que l'officiant ou le bedeau annonce ~1/2 h à 1 h avant Shabbat, et qu'il convient de faire ainsi partout. On le retrouve dans les sirènes de Shabbat, les annonces à la synagogue et les rappels avant l'allumage. Pour l'usage exact, consulte ton Rav.

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