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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ק״ד · Ne pas interrompre la Amida

שלא להפסיק בתפלה — ne pas interrompre pendant la Amida : au roi juif on ne répond pas, mais face au roi non-juif on abrège, on s écarte, ou on interrompt ; s écarter devant un animal ou un char ; le serpent, le scorpion et le taureau ; où reprendre après un arrêt ; et se taire et écouter (שומע כעונה) pour le קדיש et la קדושה
סימן ק״ד · ח׳ סעיפים
שלא להפסיק בתפלה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne à ne pas interrompre la Amida : au roi juif qui salue on ne répond pas (לא ישיבנו), mais face au roi non-juif (danger de mort) on abrège, on s écarte, ou on interrompt ; on s écarte devant un animal ou un char ; le serpent enroulé — on ne coupe pas (mais on peut se déplacer), le scorpion et le taureau — on coupe ; où reprendre après un arrêt ; et שומע כעונה pour le קדיש et la קדושה. Texte hébreu, traduction française et explication des ח׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Ne pas interrompre la Amida — מלך, נחש ועקרב, שור, החזרה, שומע כעונה
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ק״ד · ח׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Nos Sages ont enseigné : celui qui prie se tient לפני מלך מלכי המלכים — devant le Roi des rois. C est pourquoi il n interrompt pas sa Amida, même pour saluer un roi de chair et de sang. Le siman précise les seuls cas où l on s écarte ou l on coupe : le danger de mort (roi hostile, scorpion, taureau) l emporte toujours (פיקוח נפש). Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Les ח׳ seifim — le מלך (séif 1), animal ou char (séif 2), נחש ועקרב (séif 3), שור (séif 4), la חזרה (séif 5), שיעור כדי לגמור (séif 6), קדיש וקדושה (séif 7), אחר סיום י״ח (séif 8)
1. Cas pratique — un danger pendant la Amida (serpent, scorpion, taureau)
2. Cas pratique — le kaddish et la kedousha : se taire et écouter (שומע כעונה)
3. Cas pratique — où reprendre après un arrêt (שהה כדי לגמור את כולה)
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin

A. Ne pas interrompre la Amida — les ח׳ seifim

שֶׁלֹּא לְהַפְסִיק בַּתְּפִלָּה — ne pas interrompre la Amida — celui qui prie se tient devant le Roi des rois ; il ne coupe donc pas sa prière par la parole. Deux forces peuvent toutefois l en dispenser : le danger de mort (פיקוח נפש), qui l emporte sur tout (roi hostile, scorpion, taureau) ; et le simple déplacement (se décaler, s écarter), qui n est pas une interruption par la parole. De là découlent les règles du roi, des dangers, de la reprise (חזרה), et du silence pour le קדיש et la קדושה (שומע כעונה).

Séif 1 — le roi : לא ישיבנו למלך ישראל

לא יפסיק בתפלתו, ואפילו מלך ישראל שואל בשלומו לא ישיבנו; אבל מלך אומות העולם, אם אפשר לו לקצר — דהיינו שיאמר תחלת הברכה וסופה קודם שיגיע אליו — יקצר, או אם אפשר לו שיטה מן הדרך יטה ולא יפסיק בדבור, ואם אי אפשר לו יפסיק.
Séif 1 : il n interrompt pas sa prière ; même un roi d Israël qui s enquiert de son salut — il ne lui répond pas (לא ישיבנו). Mais un roi des nations (מלך אומות העולם) : s il peut abréger — c est-à-dire dire le début et la fin de chaque berakha avant que le roi n arrive jusqu à lui — il abrège (יקצר) ; ou s il peut s écarter du chemin, il s écarte (יטה) et n interrompt pas par la parole ; et s il ne peut faire autrement — il interrompt (יפסיק).
Deux rois. Face à un roi juif, il n y a pas de danger : on ne coupe pas — on est déjà devant un Roi plus grand. Face à un roi non-juif, où l on craint qu il ne le tue (שמא יהרגנו), on privilégie d abord d abréger, puis de s écarter (ce qui n est pas une parole), et seulement en dernier recours d interrompre par la parole — car le פיקוח נפש l emporte.

Séif 2 — un animal ou un char sur le chemin

היה מתפלל בדרך ובאה בהמה או קרון כנגדו — יטה מן הדרך ולא יפסיק; אבל בענין אחר אין לו לצאת ממקומו עד שיגמור תפלתו, אלא אם כן הוא בתחנונים של אחר התפלה.
Séif 2 : s il priait en chemin et qu un animal ou un char (קרון) vient face à lui — il s écarte du chemin et n interrompt pas ; mais pour toute autre raison, il ne quitte pas sa place avant d achever sa prière, sauf s il est dans les supplications qui suivent la prière (les תחנונים d après la Amida).
Se décaler pour éviter un animal ou un char n est pas une interruption par la parole : c est permis. Mais on ne quitte pas sa place pendant la Amida sans nécessité — sauf une fois arrivé aux תחנונים (les supplications personnelles après les dix-huit berakhot), qui ne sont plus le corps de la prière.

Séif 3 — le serpent et le scorpion

ואפילו נחש כרוך על עקבו — לא יפסיק (אבל יכול לילך למקום אחר כדי שיפול הנחש מרגלו); אבל עקרב פוסק, לפי שהוא מועד יותר להזיק; ונחש נמי, אם ראה שהוא כעוס ומוכן להזיק — פוסק.
Séif 3 : et même un serpent enroulé sur son talon (נחש כרוך על עקבו) — il n interrompt pas (mais il peut aller à un autre endroit pour que le serpent tombe de son pied) ; en revanche un scorpion (עקרב) — il interrompt, car il est plus enclin à nuire (מועד יותר להזיק) ; et de même un serpent, s il voit qu il est irrité et prêt à nuire — il interrompt.
Un serpent ordinaire ne mord pas la plupart du temps : on n interrompt pas par la parole, mais on peut se déplacer pour s en défaire. Un scorpion, lui, pique presque toujours (מועד) et met la vie en danger — donc on coupe, même par la parole. Et un serpent visiblement en colère devient un danger réel — on coupe aussi. Toujours le même principe : le פיקוח נפש l emporte.

Séif 4 — le taureau qui vient face à soi

אם ראה שור בא כנגדו — פוסק, שמרחיקין משור תם חמשים אמה, וממועד מלא עיניו; ואם שוורים שבמקום ההוא מוחזקים שאינם מזיקים — אינו פוסק.
Séif 4 : s il voit un taureau (שור) venir face à lui — il interrompt, car on s éloigne d un taureau « innocent » (שור תם, qui n a pas l habitude de nuire) de cinquante coudées (חמשים אמה), et d un taureau « averti » (מועד, qui a l habitude de nuire) autant que la vue porte (מלא עיניו) ; mais si les taureaux de cet endroit sont réputés inoffensifs — il n interrompt pas.
Le taureau est un vrai danger : on s en éloigne — cinquante coudées d un שור תם, et « aussi loin que l œil voit » d un שור מועד (qui a déjà encorné). Là où le danger est réel, on interrompt. Mais des taureaux domestiqués et réputés inoffensifs ne présentent pas de danger : on ne coupe pas. Tout dépend du danger effectif.

Séif 5 — où reprendre après un arrêt

בכל מקום שפוסק, אם שהה כדי לגמור את כולה — חוזר לראש; ואם לאו — חוזר לתחלת הברכה שפסק בה; ואם פסק בג׳ ראשונות — חוזר לראש, ואם באחרונות — חוזר לרצה.
Séif 5 : partout où il interrompt — s il s est arrêté le temps qu il faut pour dire toute la prière (כדי לגמור את כולה) — il revient au début (ראש) ; sinon, il reprend au début de la berakha où il s est interrompu ; et s il a interrompu dans les trois premières berakhot — il revient au début, et si dans les dernières — il revient à רצה.
La durée de l arrêt décide de la reprise. Un arrêt long (de quoi dire toute la Amida) → on recommence du début. Un arrêt court → on reprend seulement au début de la berakha interrompue. Les trois premières berakhot et les trois dernières forment chacune un bloc : une coupure dans les premières renvoie au tout début, dans les dernières à רצה.

Séif 6 — la mesure de « כדי לגמור »

הא דאמרינן אם שהה כדי לגמור את כולה — בקורא משערינן; ומי ששח בתפלה, דינו לענין חזרה כדין ההפסקות האמורות בסימן זה.
Séif 6 : ce que nous disons « le temps d achever toute la prière » — on l estime d après un lecteur (בקורא, celui qui lit à un rythme normal). Et celui qui a parlé pendant la prière (שח בתפלה) — son statut, quant à la reprise, est le même que celui des interruptions énoncées dans ce siman.
Comment mesurer « le temps de tout dire » ? Non pas selon cette personne (rapide ou lente), mais בקורא — selon la lecture d une personne moyenne. Et celui qui a bavardé volontairement pendant la Amida suit la même règle de חזרה que les interruptions du siman.

Séif 7 — le קדיש et la קדושה : שומע כעונה

אינו פוסק לא לקדיש ולא לקדושה, אלא ישתוק ויכוין למה שאומר השליח ציבור ויהא כעונה; היה עומד בתפלה וקראוהו לספר תורה — אינו פוסק.
Séif 7 : il n interrompt ni pour le קדיש ni pour la קדושה ; il se tait plutôt et dirige son attention vers ce que dit le chalia h tsibbour, et il est comme celui qui répond (כעונה). S il se tenait en prière et qu on l appelle à la Torah — il n interrompt pas.
Pendant la Amida, on ne répond pas à voix haute au קדיש ni à la קדושה. On se tait et on écoute attentivement le officiant : שומע כעונה, « celui qui écoute est comme celui qui répond » — on est ainsi associé à la sainteté sans couper sa propre prière. De même, on n interrompt pas pour monter à la Torah.

Séif 8 — après les dix-huit berakhot

אחר שסיים י״ח ברכות, קודם אלהי נצור — יכול לענות קדושה וקדיש וברכו.
Séif 8 : après avoir achevé les dix-huit berakhot (י״ח ברכות), avant אלהי נצור — il peut répondre à la קדושה, au קדיש et au ברכו.
Une fois les dix-huit berakhot terminées, on se trouve dans les supplications (avant et pendant אלהי נצור) : ce n est plus le corps de la Amida. On peut donc répondre aux paroles de sainteté — קדושה, קדיש et ברכו — puisqu on n interrompt plus l obligation elle-même.
Le siman en une phrase : on n interrompt pas la Amida — pas même pour un roi juif — mais face à un roi hostile on abrège, s écarte, ou coupe ; on se décale devant un animal, un char ou un serpent (sans couper) tandis que le scorpion, le serpent en colère et le taureau font couper (פיקוח נפש) ; après un arrêt on reprend au début de la berakha, ou au tout début si l on a attendu de quoi tout redire ; et pour le קדיש et la קדושה on se tait et l on écoute (שומע כעונה), quitte à répondre une fois les י״ח achevées.

Cas pratiques

Cas 1 — Un danger pendant la Amida

Situation : pendant la Amida, un serpent s enroule sur son pied ; ou bien un scorpion, un taureau approche. Doit-il interrompre ?
Conduite : pour un serpent ordinaire — on ne coupe pas par la parole, mais on peut se déplacer pour s en défaire. Pour un scorpion, un serpent en colère ou un taureau menaçant — il y a danger de mort, donc on interrompt, même par la parole (פיקוח נפש). Pour l évaluation concrète du danger, on suit son Rav.

Cas 2 — Le kaddish et la kedousha pendant la Amida

Situation : il est au milieu de sa Amida et le officiant arrive au קדיש ou à la קדושה. Doit-il répondre ?
Conduite : il ne répond pas à voix haute ; il se tait et écoute attentivement ce que dit le officiant — שומע כעונה, il est comme celui qui répond. Une fois les י״ח ברכות achevées (avant אלהי נצור), il peut répondre à la קדושה, au קדיש et au ברכו. Pour les cas de doute, on suit son Rav.

Cas 3 — Où reprendre après un arrêt

Situation : il a dû s arrêter au milieu de la Amida (danger, contrainte). Où reprend-il ?
Conduite : si l arrêt a duré le temps de dire toute la prière (mesuré בקורא, selon un lecteur moyen), il recommence du début ; sinon, il reprend au début de la berakha interrompue. Une coupure dans les trois premières berakhot renvoie au tout début, dans les trois dernières à רצה. Pour l application précise, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi ne répond-on pas à un roi juif, et que fait-on face à un roi non-juif (séif 1) ?
  2. Pourquoi le serpent ne fait-il pas couper, tandis que le scorpion le fait (séif 3) ?
  3. De quelle distance s éloigne-t-on d un שור תם et d un שור מועד (séif 4) ?
  4. Après un arrêt, qu est-ce qui décide si l on revient au début ou seulement à la berakha (séif 5-6) ?
  5. Que signifie « שומע כעונה » et quand peut-on enfin répondre au קדיש (séif 7-8) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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