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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ק״ו · Qui est dispensé de la prière

מי הם הפטורים מן התפילה — qui est dispensé de la prière : quiconque est dispensé du ק״ש en est dispensé, sauf ceux qui accompagnent le mort (tenus au ק״ש mais dispensés de la prière) ; femmes et esclaves — tenus à la prière ; enfants en âge d éducation ; et celui dont la Torah est le métier
סימן ק״ו · ג׳ סעיפים
מי הם הפטורים מן התפילה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne qui est dispensé de la prière (la Amida) : quiconque est dispensé du ק״ש en est dispensé (כל הפטורים מק״ש פטורים מתפלה), sauf les מלווי המת (ceux qui accompagnent le mort) — tenus au ק״ש mais dispensés de la prière ; les נשים ועבדים (femmes et esclaves) sont tenus à la prière (מ״ע שלא הזמן גרמא) ; les קטנים שהגיעו לחינוך (enfants en âge d éducation) ; et מי שתורתו אומנתו (celui dont la Torah est le métier). Texte hébreu, traduction française et explication des ג׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Qui est dispensé de la prière — הפטורים מק״ש, מלווי המת, נשים ועבדים וקטנים, תורתו אומנתו
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ק״ו · ג׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Le principe qui ouvre le siman : כל הפטורים מקריאת שמע פטורים מתפלה — quiconque est dispensé du ק״ש est dispensé de la prière, et quiconque y est tenu est tenu à la prière. Le fondement en est que celui qui est occupé à une mitsva est dispensé d une autre (עוסק במצוה). Le siman en tire les cas concrets : ceux qui accompagnent le mort, les femmes et les esclaves, les enfants en âge d éducation, et celui dont la Torah est le métier. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Les ג׳ seifim — הפטורים מק״ש ומלווי המת (séif 1), נשים ועבדים וקטנים (séif 2), תורתו אומנתו (séif 3)
1. Cas pratique — accompagner un mort : tenu au ק״ש, dispensé de la prière
2. Cas pratique — la prière des femmes : מ״ע שלא הזמן גרמא
3. Cas pratique — celui dont la Torah est le métier : interrompre ou non
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin

A. Qui est dispensé de la prière — les ג׳ seifim

הַפְּטוּרִים מִן הַתְּפִלָּה — les dispensés de la prière — le siman relie l exemption de la prière à celle du ק״ש : quiconque est dispensé du ק״ש est dispensé de la prière, car celui qui est occupé à une mitsva est dispensé d une autre (עוסק במצוה). Il précise ensuite trois catégories : les מלווי המת (exception : tenus au ק״ש mais dispensés de la prière), les נשים ועבדים et les קטנים, et enfin מי שתורתו אומנתו.

Séif 1 — הפטורים מק״ש ומלווי המת : la règle générale

כל הפטורים מקריאת שמע פטורים מתפלה, וכל שחייב בקריאת שמע חייב בתפלה, חוץ מהמלוין את המת שאין למטה צורך בהם, שאף על פי שהם חייבים בקריאת שמע פטורים מתפלה.
Séif 1 : quiconque est dispensé du קריאת שמע est dispensé de la prière, et quiconque est tenu au קריאת שמע est tenu à la prière — sauf ceux qui accompagnent le mort et dont le brancard n a pas besoin, car bien qu ils soient tenus au קריאת שמע, ils sont dispensés de la prière.
La règle générale : l exemption du ק״ש et celle de la prière vont de pair, parce que celui qui est occupé à une mitsva est dispensé d une autre (עוסק במצוה). Mais il y a une exception : ceux qui accompagnent le mort, même ceux dont le brancard n a pas besoin, sont tenus au ק״ש (qui est court) mais dispensés de la prière — car la prière se dit debout (עמידה) et demande de s attarder, tandis que le ק״ש, dont l essentiel de la kavana est le premier verset, se fait aisément.

Séif 2 — נשים ועבדים וקטנים : les femmes, les esclaves et les enfants

נשים ועבדים אף על פי שפטורים מקריאת שמע חייבים בתפלה, מפני שהיא מצות עשה שלא הזמן גרמא; וקטנים שהגיעו לחינוך חייבים לחנכם.
Séif 2 : les femmes et les esclaves, bien qu ils soient dispensés du קריאת שמע, sont tenus à la prière, parce qu elle est une mitsva positive non liée au temps (מצות עשה שלא הזמן גרמא) ; et les enfants qui sont parvenus à l âge d éducation — on est tenu de les éduquer (à prier).
Femmes et esclaves sont dispensés du ק״ש, qui est une mitsva positive liée au temps (jour et nuit). Mais la prière, elle, est présentée ici comme une mitsva positive non liée au temps (מצות עשה שלא הזמן גרמא) — une demande de miséricorde que l on peut adresser à tout moment ; c est pourquoi ils y sont tenus. Quant aux enfants en âge de חינוך, leur père est tenu de les éduquer à prier.

Séif 3 — תורתו אומנתו : celui dont la Torah est le métier

מי שתורתו אומנתו כגון רבי שמעון בן יוחאי וחביריו מפסיק לקריאת שמע ולא לתפלה, אבל אנו מפסיקין בין לקריאת שמע בין לתפלה.
Séif 3 : celui dont la Torah est le métier, comme Rabbi Chimon bar Yohaï et ses compagnons, interrompt (son étude) pour le קריאת שמע mais non pour la prière ; mais nous, nous interrompons aussi bien pour le קריאת שמע que pour la prière.
Celui dont la Torah est le métier (תורתו אומנתו), à l image de רשב״י וחביריו, interrompt son étude pour le ק״ש (accepter le joug du Ciel) mais non pour la prière — car l étude est sa vie même et la prière est une demande sur les besoins de ce monde. Mais nous, qui ne sommes pas à ce niveau et interrompons souvent notre étude, nous interrompons pour les deux — pour le ק״ש comme pour la prière.
Le siman en une phrase : quiconque est dispensé du ק״ש est dispensé de la prière (עוסק במצוה), sauf les מלווי המת qui sont tenus au ק״ש et dispensés de la prière ; femmes et esclaves sont tenus à la prière (מ״ע שלא הזמן גרמא) et l on éduque les enfants en âge de חינוך ; enfin, celui dont la Torah est le métier interrompt pour le ק״ש et non pour la prière, mais nous interrompons pour les deux.

Cas pratiques

Cas 1 — Accompagner un mort

Situation : il accompagne un mort à sa sépulture, alors que le temps de la prière passe. Doit-il prier ?
Conduite : ceux qui accompagnent le mort sont dispensés de la prière (מלווי המת), même ceux dont le brancard n a pas besoin, car ils ne peuvent s attarder pour la Amida (qui se dit debout) ; mais ils restent tenus au ק״ש, qui est court et dont l essentiel se fait aisément. Pour les modalités exactes (avant ou après l enterrement), on suit son Rav.

Cas 2 — La prière des femmes

Situation : une femme est-elle tenue à la prière comme les hommes, bien qu elle soit dispensée du ק״ש ?
Conduite : selon le siman, femmes et esclaves sont tenus à la prière, car elle est ici une mitsva positive non liée au temps (מ״ע שלא הזמן גרמא) — une demande de miséricorde. La mesure exacte de cette obligation (quelles prières, combien de fois) fait l objet de discussions chez les Poskim ; on suit sur ce point la coutume et la décision de son Rav.

Cas 3 — Celui dont la Torah est le métier

Situation : quelqu un étudie sans relâche : doit-il interrompre son étude pour prier, comme רשב״י ?
Conduite : seul celui dont la Torah est réellement le métier (comme רשב״י וחביריו) interrompt pour le ק״ש et non pour la prière. Nous, en revanche, interrompons pour les deux — pour le ק״ש comme pour la prière — car nous ne sommes pas à ce niveau. Pour savoir qui relève de תורתו אומנתו, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Quelle est la règle générale qui relie l exemption du ק״ש et celle de la prière, et sur quel principe repose-t-elle (séif 1) ?
  2. Pourquoi ceux qui accompagnent le mort sont-ils dispensés de la prière bien qu ils soient tenus au ק״ש ?
  3. Pourquoi femmes et esclaves, dispensés du ק״ש, sont-ils tenus à la prière (séif 2) ?
  4. Qu est-ce que le חינוך et qui est astreint à l assurer ?
  5. En quoi celui dont la Torah est le métier se distingue-t-il de nous pour l interruption (séif 3) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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