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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קי״ב · Ne pas interrompre dans les 3 premières et 3 dernières berakhot

שלא להפסיק בג׳ ראשונות ובג׳ אחרונות — on ne demande pas ses besoins personnels dans les trois premières berakhot (louange) ni dans les trois dernières (remerciement), seulement dans les médianes ; mais les besoins de la communauté sont permis ; on ne dit pas de piyyoutim ni de « קרובץ » — mais certains permettent et telle est la coutume
סימן קי״ב · ב׳ סעיפים
שלא להפסיק בג׳ ראשונות ובג׳ אחרונות
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne qu'on ne demande pas ses besoins personnels (צרכי יחיד) dans les trois premières berakhot de la Amida (qui sont שבח, louange) ni dans les trois dernières (qui sont הודאה, remerciement) — seulement dans les treize médianes (בקשת פרס, la requête). En revanche, les besoins de la communauté (צרכי צבור) y sont permis. Et l'on ne dit pas de piyyoutim ni de « קרובץ » dans la Amida — mais certains permettent, et telle est la coutume. Texte hébreu, traduction française et explication des ב׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Ne pas interrompre dans les 3 premières et 3 dernières berakhot — צרכי יחיד, צרכי צבור, פיוטים וקרובץ
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קי״ב · ב׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Nos Sages ont enseigné (ברכות ל״ד.) : שלש ראשונות דומה לעבד שמסדר שבח לפני רבו, אמצעיות דומה לעבד שמבקש פרס מרבו, אחרונות דומה לעבד שקבל פרס מרבו ונפטר והולך לו — les trois premières berakhot sont comme un serviteur qui ordonne la louange de son maître, les médianes comme un serviteur qui demande un présent, et les dernières comme un serviteur qui a reçu son présent et s'en va. De là : on ne demande pas ses besoins personnels dans les 3 premières ni les 3 dernières. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Les ב׳ seifim — צרכי יחיד בג׳ ראשונות ואחרונות et צרכי צבור שרי (séif 1), פיוטים וקרובץ (séif 2)
1. Cas pratique — ajouter une supplication personnelle dans les 3 premières / dernières berakhot
2. Cas pratique — prier pour un besoin de la communauté (צרכי צבור שרי)
3. Cas pratique — dire des piyyoutim et le « קרובץ » (le מנהג)
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin

A. Les 3 premières et 3 dernières berakhot — les ב׳ seifim

שָׁלֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת · שָׁלֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת — les trois premières et les trois dernières berakhot — les 18 (19) berakhot de la Amida se divisent en trois : les 3 premières sont שבח (louange), les 13 médianes sont בקשת פרס (la requête), et les 3 dernières sont הודאה (remerciement). C'est le mashal du serviteur : il ordonne d'abord la louange de son maître, puis demande un présent, puis prend congé après l'avoir reçu. De là : on ne mêle pas les demandes personnelles à la louange et au remerciement — seulement à la requête, au milieu.

Séif 1 — צרכי יחיד וצרכי צבור : les demandes dans la Amida

אַל יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו בְּג׳ רִאשׁוֹנוֹת וְלֹא בְּג׳ אַחֲרוֹנוֹת, וְדַוְקָא צָרְכֵי יָחִיד, אֲבָל צָרְכֵי צִבּוּר שָׁרֵי.
Séif 1 : qu'un homme ne demande pas ses besoins dans les trois premières berakhot ni dans les trois dernières ; et cela uniquement pour les besoins d'un individu (צרכי יחיד), mais les besoins de la communauté (צרכי צבור) sont permis.
Deux places distinctes. Les 3 premières (louange) et les 3 dernières (remerciement) ne sont pas le lieu des demandes personnelles : leur place est dans les 13 berakhot médianes, qui sont la requête (on y reviendra au siman 119). Mais cette interdiction ne vise que le צרכי יחיד — le besoin d'un individu. Les צרכי צבור (besoins de la collectivité) sont permis même dans ces berakhot, car « עבודה » et « שים שלום » — qui sont dans les 3 dernières — sont elles-mêmes des requêtes pour les רבים.

Séif 2 — פיוטים וקרובץ : les poèmes liturgiques

אֵין לוֹמַר פִּיּוּטִים וְלֹא קְרוֹבֵץ בַּתְּפִלָּה. הַגָּה: וְיֵשׁ שֶׁמַּתִּירִין הוֹאִיל וְצָרְכֵי רַבִּים הֵם, וְכֵן נוֹהֲגִין בְּכָל מָקוֹם לְאָמְרָם.
Séif 2 : on ne dit pas de piyyoutim ni de « קרובץ » dans la Amida. Rama (הגה) : certains permettent puisque ce sont des besoins de la collectivité (צרכי רבים), et telle est la coutume en tout lieu de les dire.
Le « קרובץ » est l'acronyme de קול רנה וישועה באהלי צדיקים ; ce sont les piyyoutim (poèmes liturgiques) insérés dans la répétition de la Amida des jours solennels. Selon le מחבר, a priori on ne les dit pas — comme on ne mêle pas de demandes personnelles à la tefila. Mais le רמ״א rapporte que certains permettent, car ces piyyoutim sont des צרכי רבים (besoins de la collectivité, comme au séif 1), et telle est la coutume partout de les dire.
Le siman en une phrase : on ne demande pas ses besoins personnels (צרכי יחיד) dans les 3 premières berakhot (louange) ni les 3 dernières (remerciement) — seulement dans les médianes ; mais les besoins de la communauté (צרכי צבור) y sont permis ; et l'on ne dit pas de piyyoutim ni de « קרובץ » dans la Amida, mais le Rama et la coutume les autorisent (צרכי רבים).

Cas pratiques

Cas 1 — Ajouter une supplication personnelle

Situation : pendant les 3 premières ou les 3 dernières berakhot de la Amida, il veut ajouter une prière personnelle (pour un malade, sa parnassa…). Est-ce permis ?
Conduite : non — אל ישאל אדם צרכיו בג׳ ראשונות ולא בג׳ אחרונות. Ces berakhot sont louange (שבח) et remerciement (הודאה), pas le lieu de la demande personnelle. La place des besoins personnels est dans les berakhot médianes (בקשת פרס). Pour la manière et les cas particuliers, on suit son Rav.

Cas 2 — Prier pour la communauté

Situation : il veut prier pour un besoin collectif (Klal Israël, la pluie, les malades du peuple) dans les 3 dernières berakhot. Est-ce permis ?
Conduite : oui — צרכי צבור שרי. L'interdiction ne vise que le צרכי יחיד. Les besoins de la collectivité sont permis même dans ces berakhot, car « עבודה » et « שים שלום » sont déjà des requêtes pour les רבים. Pour la formulation concrète, on suit son Rav.

Cas 3 — Les piyyoutim et le « קרובץ »

Situation : à la synagogue, on insère des piyyoutim (« קרובץ ») dans la répétition de la Amida des jours solennels. Faut-il s'y opposer ?
Conduite : le מחבר écrit qu'a priori on ne les dit pas ; mais le רמ״א rapporte que certains permettent — הואיל וצרכי רבים הם — et telle est la coutume en tout lieu de les dire. On suit donc la coutume de sa communauté et la décision de son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi ne demande-t-on pas ses besoins personnels dans les 3 premières et 3 dernières berakhot (séif 1) ?
  2. Dans quelles berakhot se trouve la place de la demande, et à quoi correspond le mashal du serviteur ?
  3. Quelle est la différence entre צרכי יחיד et צרכי צבור, et pourquoi les seconds sont-ils permis ?
  4. Qu'est-ce que le « קרובץ », et que dit le מחבר à son sujet (séif 2) ?
  5. Que rapporte le רמ״א, et quelle est la coutume ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Continuer vers le siman suivantSiman 113 →
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