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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קל״ה · L'ordre de la lecture de la Torah

סדר קריאת התורה בשני וחמישי — trois montées le lundi, le jeudi et le Chabbat à Min'ha (Cohen, Lévi, Israël) ; on ne diminue ni n'ajoute ; s'il n'y a pas de Cohen ou pas de Lévi ; le souci du פגם ; la ville de Cohanim ; les prisonniers
סימן קל״ה · י״ד סעיפים
סדר קריאת התורה בשני וחמישי
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne l'ordre de la lecture de la Torah le lundi, le jeudi et le Chabbat à Min'ha : on appelle trois olim (קורין שלשה) — on ne diminue ni n'ajoute et pas de haftara ; l'ordre des appelésכהן, לוי, ישראל ; ce que l'on fait s'il n'y a pas de Cohen ou pas de Lévi ; le souci du פגם (ne pas laisser croire qu'un Cohen est disqualifié) ; la ville de Cohanim ; et les prisonniers. Texte hébreu, traduction française et explication des י״ד seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : L'ordre de la lecture de la Torah — trois montées, כהן לוי ישראל, אין כהן / אין לוי, משום פגם
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קל״ה · י״ד סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Nos Sages ont enseigné dans la Michna (מגילה כ״א.) : בשני ובחמישי ובשבת במנחה קורין שלשה, אין פוחתין מהן ואין מוסיפין עליהן, ואין מפטירין בנביא — le lundi, le jeudi et le Chabbat à Min'ha on appelle trois olim, on ne diminue pas ce nombre et on n'y ajoute pas, et l'on ne lit pas de haftara. Ce siman déploie cette règle : le nombre des montées, l'ordre des appelés (Cohen, Lévi, Israël), et les cas où l'un d'eux manque. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Les י״ד seifim — les trois montées (séifim 1-2), l'ordre כהן לוי ישראל (séifim 3-4), le Cohen dans le ק״ש et l'absence de Cohen (séifim 5-7), אין לוי et le פגם (séifim 8-11), עיר שכולה כהנים (séif 12), קטן · סומא · החבושים (séifim 13-14)
1. Cas pratique — combien de montées et dans quel ordre (Cohen, Lévi, Israël)
2. Cas pratique — s'il n'y a pas de Cohen, ou pas de Lévi
3. Cas pratique — le souci du פגם et la ville de Cohanim
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin

A. L'ordre de la lecture de la Torah — les י״ד seifim

סֵדֶר קְרִיאַת הַתּוֹרָה בְּשֵׁנִי וַחֲמִישִׁי — l'ordre de la lecture de la Torah — trois axes structurent le siman : le nombre des montées (trois olim, אין פוחתים ואין מוסיפים) ; l'ordre des appelés (כהן, לוי, ישראל, une préséance de sainteté et de דרכי שלום) ; et la préservation de l'honneur des Cohanim et des Lévi — le souci du פגם : que l'ordre des montées ne fasse jamais soupçonner qu'un Cohen ou un Lévi serait disqualifié.

Séif 1 — קורין שלשה : trois montées, on ne diminue ni n'ajoute

בשני ובחמישי ובשבת במנחה קורין שלשה, אין פוחתים מהם ואין מוסיפים עליהם, ואין מפטירין בנביא.
Séif 1 : le lundi, le jeudi et le Chabbat à Min'ha on appelle trois olim ; on ne diminue pas ce nombre et on n'y ajoute pas, et l'on ne lit pas de haftara dans les Prophètes. Le Rama ajoute : s'il y a deux חתנים (mariés) israélites à la synagogue, il est permis d'ajouter jusqu'à quatre, car c'est pour eux comme un jour de fête où l'ajout est permis ; et de même pour deux בעלי ברית.
Trois montées fixes pour ces lectures « brèves » : ni moins (l'honneur de la Torah), ni plus (ne pas alourdir le public un jour ouvrable), et אין מפטירין בנביא — la haftara est réservée au Chabbat et aux fêtes. Le Rama assouplit le « on n'ajoute pas » pour deux mariés ou deux baalei brit, qui ont statut de fête.

Séif 2 — מקום שמפסיקים : reprendre là où l'on s'est arrêté

מקום שמפסיקים בשבת בשחרית, שם קורין במנחה ובשני ובחמישי ובשבת הבאה.
Séif 2 : là où l'on s'arrête [dans la parasha] le Chabbat matin, c'est là que l'on lit à Min'ha, le lundi, le jeudi, et le Chabbat suivant.
La lecture de Min'ha, du lundi et du jeudi reprend le début de la parasha suivante — celle qui sera lue en entier le Chabbat à venir. Ce n'est pas une lecture indépendante : c'est un avant-goût de la parasha de la semaine.

Séif 3 — כהן לוי ישראל : l'ordre des appelés

כהן קורא בתורה ראשון, ואחריו לוי, ואחריו ישראל.
Séif 3 : le Cohen lit dans la Torah en premier, après lui le Lévi, et après lui l'Israël.
L'ordre est fixe et hiérarchique : Cohen, puis Lévi, puis Israël. Nos Sages l'ont institué מפני דרכי שלום (les voies de la paix) — pour éviter les rivalités sur la préséance — en s'appuyant sur וקדשתו : le Cohen est honoré le premier.

Séif 4 — כהן עם הארץ : même un Cohen ignorant précède

המנהג הפשוט שאפילו כהן עם הארץ קודם לקרות לפני חכם גדול ישראל, והוא שהכהן יודע לקרות, שאם אינו יודע לקרות היאך יברך על התורה.
Séif 4 : la coutume répandue est que même un Cohen ignorant (עם הארץ) précède pour lire avant un grand savant israélite ; et cela à condition que le Cohen sache lire — car s'il ne sait pas lire, comment bénirait-il sur la Torah ?
La préséance du Cohen tient à sa קדושה, non à son savoir : même un Cohen am haaretz passe avant un grand talmid 'hakham israélite. Une seule condition : qu'il sache lire le texte (au moins avec le lecteur, mot à mot — cf. siman 139), pour que sa bénédiction ne soit pas en vain.

Séif 5 — הכהן בקריאת שמע : il n'interrompt pas le Chema

אם ספר תורה פתוח והכהן קורא את שמע, אינו רשאי להפסיק, וקוראים ישראל במקומו.
Séif 5 : si le sefer Torah est ouvert et que le Cohen est en train de dire le Chema, il n'a pas le droit d'interrompre [son Chema pour monter], et un Israël lit à sa place. Le Rama : de même, aux jeûnes après Pessa'h et Souccot où l'on lit ויחל, si le Cohen ne jeûne pas on appelle un Israël, et il est bon que le Cohen sorte de la synagogue.
On n'interrompt pas le ק״ש et ses bénédictions, même pour l'honneur d'ouvrir la lecture : un Israël monte à la place du Cohen. Le Rama applique la même idée à la lecture de ויחל un jour de jeûne — un Cohen qui ne jeûne pas ne convient pas pour cette lecture.

Séif 6 — אין כהן : pas de Cohen à la synagogue

אם נכנס הכהן לבית הכנסת אחר שהתחיל הישראל לברך ברכת התורה, אינו פוסק ; ואם אין כהן בבית הכנסת, קורא ישראל במקום כהן, ולא יעלה אחריו לוי.
Séif 6 : si le Cohen entre à la synagogue après que l'Israël a commencé à réciter la bénédiction de la Torah, [l'Israël] ne s'interrompt pas — mais « בָּרְכוּ » n'est pas [encore] un commencement. Et s'il n'y a pas de Cohen à la synagogue, un Israël lit à la place du Cohen, et aucun Lévi ne monte après lui. Le Rama : mais ce même [Israël] peut monter [à la place du Lévi], et on l'appelle « à la place du Cohen », pour qu'on ne le prenne pas pour un Cohen.
Pas de Cohen ? Un Israël monte à sa place — et alors aucun Lévi ne monte en second, car un Lévi après un Israël ferait croire que le « premier » (l'Israël) était un Cohen disqualifié. Selon le Rama, c'est ce même Israël qui remonte, en étant appelé « במקום כהן ».

Séif 7 — בירך שנית בטעות : la bénédiction dite par erreur

אם היו כהן ולוי בבית הכנסת, וקרא הכהן וסבור שאין שם לוי, והתחיל לברך ברכת התורה שנית, אין מפסיקין אותו.
Séif 7 : s'il y avait un Cohen et un Lévi à la synagogue, et que le Cohen a lu puis, croyant qu'il n'y avait pas de Lévi, a commencé à réciter la bénédiction de la Torah une seconde fois — on ne l'interrompt pas.
Le Cohen a commencé, par erreur, la bénédiction pour remonter à la place du Lévi. Bien qu'il y ait en réalité un Lévi, on ne l'arrête pas — pour ne pas prononcer une bénédiction interrompue en vain (ברכה לבטלה) ; il achève et lit, et le Lévi montera ensuite.

Séif 8 — אין לוי : pas de Lévi, le Cohen remonte

אם אין לוי בבית הכנסת, כהן שקרא ראשון מברך שנית וקורא במקום לוי, אבל לא כהן אחר, כדי שלא יאמרו שהראשון פגום.
Séif 8 : s'il n'y a pas de Lévi à la synagogue, le Cohen qui a lu en premier bénit une seconde fois et lit à la place du Lévi ; mais pas un autre Cohen — pour que l'on ne dise pas que le premier était disqualifié.
Pas de Lévi ? C'est le même Cohen (celui qui vient de lire) qui remonte à la place du Lévi — et surtout pas un autre Cohen. Pourquoi ? כדי שלא יאמרו שהראשון פגום : voir un second Cohen monter tout de suite ferait soupçonner que le premier n'était pas un vrai Cohen. C'est le principe du פגם qui gouverne les seifim suivants.

Séif 9 — שני לוים : pas deux Lévi de suite

וכן לא יעלו שני לוים זה אחר זה, כדי שלא יאמרו שאחד מהם פגום.
Séif 9 : de même, deux Lévi ne monteront pas l'un après l'autre — pour que l'on ne dise pas que l'un d'eux est disqualifié.
Même logique que le séif 8, côté Lévi : deux Lévi consécutifs feraient soupçonner que le premier (ou le second) est un Lévi פגום. On intercale donc toujours un Israël entre eux.

Séif 10 — כהן אחר כהן : avec un Israël entre eux, et le מפטיר

נהגו לקרות כהן אחר כהן בהפסק ישראל ביניהם, ואומר החזן כשקורא לשני « אף על פי שהוא כהן », וכיוצא בזה נוהגים בלוי אחר לוי.
Séif 10 : on a l'usage d'appeler un Cohen après un Cohen avec un Israël qui les sépare, et le 'hazzan dit, en appelant le second : « bien qu'il soit Cohen » ; et de même on procède pour un Lévi après un Lévi. Le Rama : c'est pourquoi il est aussi permis de monter au maftir en pareil cas ; et si l'on monte au maftir sans le nommer, il n'y a pas de crainte de pegam.
Deux Cohanim peuvent monter le même jour, à condition qu'un Israël s'intercale et que le 'hazzan annonce « אף על פי שהוא כהן » — ce qui dissipe tout soupçon. Le Rama en déduit qu'un Cohen peut monter au מפטיר après le compte, d'autant qu'un maftir « anonyme » n'entraîne aucun פגם.

Séif 11 — קראו ואינו שם : appelé mais absent

יש מי שאומר שאם קורא החזן כהן או לוי ואינו שם, לא יקרא לאחר בשם משום פגמו של ראשון, אלא אחר יעלה מעצמו.
Séif 11 : il en est qui disent que si le 'hazzan appelle un Cohen ou un Lévi qui n'est pas là, il n'appellera pas un autre par son nom — à cause du pegam du premier — mais un autre montera de lui-même.
Si le Cohen (ou Lévi) nommé est absent, on n'appelle pas un autre nommément : cela soulignerait l'« échec » du premier. Un autre monte discrètement, de lui-même. Toujours le souci du פגם et de l'honneur d'autrui.

Séif 12 — עיר שכולה כהנים : une ville de Cohanim

עיר שכולה כהנים, אם יש ישראל אחד ביניהם, אותו ישראל קורא ראשון מפני דרכי שלום ; והוא הדין לעיר שכולה לוים.
Séif 12 : une ville qui est entièrement de Cohanim — s'il s'y trouve un seul Israël, cet Israël lit en premier, à cause des voies de la paix (דרכי שלום) ; et s'il n'y a pas d'Israël du tout, un Cohen lit après un Cohen, sans crainte de pegam, car tous savent qu'il n'y a là que des Cohanim. Et il en va de même pour une ville entièrement de Lévi.
Cas renversé : dans une ville de Cohanim, le seul Israël lit le premierמפני דרכי שלום, pour ne pas provoquer de jalousie entre les Cohanim. Et s'il n'y a aucun Israël, on appelle Cohen après Cohen sans souci de פגם : tout le monde sait qu'il n'y a que des Cohanim.

Séif 13 — קטן · סומא : renvois

אם קטן קורא בתורה בצבור — בסימן רפ״ב. אם אין כהן אלא סומא או שאינו בקי — בסימן קל״ט.
Séif 13 : [la question de savoir] si un mineur (קטן) lit dans la Torah en public — [voir] au siman 282. S'il n'y a pas de Cohen sinon un aveugle (סומא) ou quelqu'un qui n'est pas expert — [voir] au siman 139.
Deux renvois : la lecture par un קטן est traitée au siman 282 ; le cas d'un Cohen aveugle ou peu expert, au siman 139. Le Mehaber signale ainsi que ces cas relèvent d'autres simanim.

Séif 14 — החבושים : les prisonniers

בני אדם החבושים בבית האסורין, אין מביאין אצלם ספר תורה אפילו בראש השנה ויום הכיפורים.
Séif 14 : les personnes détenues en prison — on ne leur apporte pas un sefer Torah, même à Roch Hachana et à Yom Kippour. Le Rama : cela vaut seulement pour le moment même de la lecture ; mais si on leur prépare un sefer Torah un jour ou deux à l'avance, c'est permis ; et s'il s'agit d'une personne éminente (אדם חשוב), c'est permis en tout état de cause.
On n'apporte pas un ספר תורה aux détenus juste pour la lecture — c'est un manque d'honneur pour le Sefer Torah qu'on « déplace » pour un besoin ponctuel. Le Rama nuance : si on l'a installé un jour ou deux avant, ou pour un אדם חשוב, c'est permis.
Le siman en une phrase : le lundi, le jeudi et le Chabbat à Min'ha on appelle trois olim (אין פוחתים ואין מוסיפים, pas de haftara) dans l'ordre כהן · לוי · ישראל ; s'il n'y a pas de Cohen, un Israël prend sa place (et pas de Lévi après) ; s'il n'y a pas de Lévi, le même Cohen remonte (jamais un autre, משום פגם) ; on intercale toujours un Israël entre deux Cohanim ou deux Lévi ; dans une ville de Cohanim, un Israël lit le premier מפני דרכי שלום ; et l'on n'apporte pas de Sefer Torah aux prisonniers pour la seule lecture.

Cas pratiques

Cas 1 — Combien de montées, et dans quel ordre ?

Situation : un lundi matin, on sort le Sefer Torah. Combien de personnes appelle-t-on, et qui monte en premier ?
Conduite : trois olim exactement — אין פוחתים ואין מוסיפים — et pas de haftara. L'ordre est Cohen, Lévi, Israël (séif 3). Même un Cohen am haaretz passe avant un grand savant israélite, pourvu qu'il sache lire (séif 4). Pour toute exception (deux mariés, etc.), on suit son Rav.

Cas 2 — Il n'y a pas de Cohen (ou pas de Lévi)

Situation : à la synagogue, il n'y a aucun Cohen — ou bien il y a un Cohen mais aucun Lévi. Que fait-on ?
Conduite : pas de Cohen — un Israël monte à sa place, et aucun Lévi ne monte après lui (séif 6). Pas de Lévile même Cohen qui vient de lire remonte à la place du Lévi, jamais un autre Cohen, כדי שלא יאמרו שהראשון פגום (séif 8). Pour les détails, on suit son Rav.

Cas 3 — Le souci du פגם et la ville de Cohanim

Situation : on veut appeler deux Cohanim le même jour ; ou bien on se trouve dans une communauté presque entièrement composée de Cohanim.
Conduite : pour deux Cohanim (ou deux Lévi), on intercale un Israël et le 'hazzan annonce « אף על פי שהוא כהן » (séif 10). Dans une ville de Cohanim, le seul Israël lit le premier מפני דרכי שלום ; sans aucun Israël, on appelle Cohen après Cohen sans crainte de פגם (séif 12). Pour la mise en pratique, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Combien de personnes monte-t-on le lundi et le jeudi, et lit-on une haftara (séif 1) ?
  2. Quel est l'ordre des appelés, et pourquoi un Cohen עם הארץ précède-t-il un grand savant israélite (séifim 3-4) ?
  3. S'il n'y a pas de Cohen, qui monte, et pourquoi pas de Lévi après lui (séif 6) ?
  4. S'il n'y a pas de Lévi, pourquoi le même Cohen remonte-t-il et non un autre (séif 8) ?
  5. Qu'est-ce que le פגם, et comment l'évite-t-on entre deux Cohanim ou dans une ville de Cohanim (séifim 10, 12) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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DAAT · רב יוסף חיים סממה

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