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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קמ״ז · L'enroulement du séfer Torah

דיני גלילת ספר תורה — les lois de la guelila : on ne tient pas un séfer Torah à nu (בלא מטפחת) ; le plus grand des lecteurs l'enroule (גולל) et l'on chérit la mitsva ; on l'arrête face à la couture (כנגד התפר) ; l'un soulève (מגביה) et l'autre enroule (גולל) ; et l'ordre à respecter avec deux séfarim
סימן קמ״ז · ח׳ סעיפים
דיני גלילת ספר תורה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne les lois de l enroulement (גלילה) du séfer Torah : on ne le saisit pas à nu (בלא מטפחת) ; le plus grand parmi ceux qui ont lu l enroule (גולל), et l on chérit la mitsva ; on l arrête face à la couture (כנגד התפר) pour qu une déchirure suive la couture ; l usage veut que l un soulève (מגביה) et l autre enroule (גולל) ; et l ordre à respecter quand il y a deux séfarim. Texte hébreu, traduction française et explication des ח׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : L'enroulement du séfer Torah — אחיזה בלא מטפחת, גולל, כנגד התפר, שני ספרי תורה
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קמ״ז · ח׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Nos Sages ont enseigné (מגילה ל״ב.) : הגולל ספר תורה — נוטל שכר כנגד כולם — celui qui enroule le séfer Torah reçoit une récompense équivalente à celle de toute l assemblée. De là l usage de chérir cette mitsva. Le siman rassemble les lois de la guelila : la manière de tenir le séfer, de l enrouler, et l ordre à respecter. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Les ח׳ seifim — אחיזה בלא מטפחת (séif 1), קניית המעילין (séif 2), כנגד התפר (séif 3), מבחוץ ומבפנים ומגביה וגולל (séif 4), כריכת המטפחת (séif 5), בתוך התיק (séif 6), המפטיר (séif 7), שני ספרי תורה (séif 8)
1. Cas pratique — tenir le séfer : toujours par l étoffe (מטפחת)
2. Cas pratique — enrouler : la couture, מבחוץ/מבפנים, מגביה/גולל
3. Cas pratique — deux séfarim : l ordre à respecter (שני ספרי תורה)
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin

A. L'enroulement du séfer Torah — les ח׳ seifim

גְּלִילַת סֵפֶר תּוֹרָה — l'enroulement du séfer Torah — après la lecture publique, on referme le séfer (guelila) et on le revêt de son étoffe (מטפחת) et de son manteau (מעיל). Tout ce siman découle d un même principe : l honneur du séfer (כבוד הספר). De là l interdit de le tenir à nu, la mitsva chérie du גולל, le soin de la couture, la manière de l enrouler, et l ordre à respecter lorsqu il y a deux séfarim.

Séif 1 — אחיזה בלא מטפחת : ne pas tenir le séfer à nu ; le גולל

אסור לאחוז ספר תורה ערום בלא מטפחת. גדול שבאותם שקראו בתורה — גולל, ורגילין לקנותו בדמים יקרים לחבב המצוה.
Séif 1 : il est interdit de saisir un séfer Torah à nu, sans étoffe (בלא מטפחת). Le plus grand parmi ceux qui ont lu dans la Torah l enroule (גולל), et l on a coutume de l acquérir à prix élevé pour chérir la mitsva (לחבב המצוה).
On ne touche jamais le parchemin à main nue : on le saisit par l étoffe (מטפחת), par honneur pour le séfer. Le Rama ajoute qu il en va de même (הוא הדין) pour les autres écrits sacrés — bien que l on n ait pas la coutume d être ainsi rigoureux — et qu il est bon d être scrupuleux si l on n a pas lavé ses mains. La guelila revient au plus grand des lecteurs, car הגולל נוטל שכר כנגד כולם ; on l acquiert cher לחבב המצוה.

Séif 2 — קניית המעילין : acheter l'enroulement, non les housses

יכול מי שירצה לקנות להושיט המעילין להגולל, ואין הגולל יכול למחות בו, כי אף על פי שקנה הגלילה — לא קנה ליקח המעילים.
Séif 2 : celui qui le désire peut acquérir de tendre les housses (מעילין) au rouleur, et le rouleur ne peut s y opposer ; car, bien qu il ait acquis l enroulement, il n a pas acquis d en prendre lui-même les housses.
La guelila et l honneur de revêtir le séfer de ses housses sont deux mitsvot distinctes. Qui a acheté d enrouler n a pas, par là, acheté de manier les מעילים : un autre peut donc acquérir de les tendre, et le גולל ne peut l en empêcher. Chaque mitsva a son acquéreur.

Séif 3 — כנגד התפר : arrêter le séfer face à la couture

הגולל ספר תורה יעמידנו כנגד התפר, כדי שאם יקרע — יקרע התפר.
Séif 3 : celui qui enroule le séfer l arrête face à la couture (כנגד התפר), afin que, s il vient à se déchirer, ce soit la couture qui se déchire.
Les feuillets du séfer sont cousus les uns aux autres. En achevant la guelila, on place la jointure au milieu, à l endroit de la couture. Ainsi, si la tension provoque une déchirure, c est la couture (aisément recousue) qui cède, et non le parchemin lui-même — qui rendrait le séfer פסול.

Séif 4 — מבחוץ ומבפנים : la manière d'enrouler ; מגביה et גולל

הגולל ספר תורה גוללו מבחוץ, וכשהוא מהדקו — מהדקו מבפנים. ונוהגים שאחד מגביה ואחד גולל, ויהיה הכתב נגד המגביה.
Séif 4 : celui qui enroule le séfer l enroule par l extérieur, et lorsqu il le serre, il le serre par l intérieur. Et l on a coutume que l un soulève (מגביה) et l autre enroule (גולל), l écriture étant tournée vers celui qui soulève.
On enroule de l extérieur et l on noue l étoffe à l intérieur, pour qu à la lecture suivante le nœud se trouve déjà du bon côté et qu on n ait pas à retourner le séfer. Aujourd hui, deux personnes s en chargent : מגביה soulève le séfer ouvert, גולל l enroule ; l écriture est tournée vers le מגביה, car c est lui, tenant et montrant le séfer, qui est l essentiel (עיקר) de l opération.

Séif 5 — כריכת המטפחת : enrouler l'étoffe autour du séfer

מוטב תיגלל המטפחת סביב הספר תורה, ולא יגלול הספר תורה כשכורכו במטפחת.
Séif 5 : mieux vaut que l étoffe (מטפחת) s enroule autour du séfer Torah, plutôt que d enrouler le séfer lui-même lorsqu on l enveloppe de l étoffe.
Quand on enveloppe le séfer déjà fermé, on fait tourner l étoffe autour du séfer, et non l inverse. Faire tourner le séfer sur lui-même pour l habiller reviendrait à le manier sans nécessité — atteinte à son honneur et risque de le froisser. On le laisse en place et c est l étoffe qui l enveloppe.

Séif 6 — בתוך התיק : ne pas enrouler dans l'étui

הגולל ספר תורה בתוך התיק — טועה.
Séif 6 : celui qui enroule le séfer Torah à l intérieur de son étui (בתוך התיק) — se trompe.
Ce seif vise surtout le séfer des communautés séfarades / orientales, dressé dans un étui rigide (תיק). On n enroule pas le séfer tandis qu il est encore dans son étui : c est une erreur, car on ne saurait alors l enrouler avec le soin voulu (la couture, la tension). On l enroule ouvert, puis on le referme dans son étui.

Séif 7 — המפטיר : le maftir attend la fin de la guelila

אין המפטיר מתחיל עד שיגמרו לגלול הספר תורה, כדי שלא יהא הגולל טרוד ויוכל לשמוע ההפטרה.
Séif 7 : le maftir ne commence pas avant que l on ait achevé d enrouler le séfer Torah, afin que le rouleur (גולל) ne soit pas affairé et qu il puisse écouter la haftara.
Le maftir attend que la guelila soit terminée avant de commencer la haftara. Pourquoi ? Pour que celui qui est occupé à enrouler ne soit pas affairé (טרוד) et puisse lui aussi écouter la lecture du prophète. C est l égard dû à chacun pour qu il participe pleinement.

Séif 8 — שני ספרי תורה : l'ordre avec deux séfarim

ביום שיש שני ספרי תורה — לא יפתחו השנייה ולא יסירו המפה עד שיגללו הראשונה. ואין מסלקין הראשונה עד שכבר הניחו השנייה על השולחן, ומוציאין שני הספרים כאחת.
Séif 8 : un jour où il y a deux séfarim Torah, on n ouvre pas le second et l on n ôte pas son étoffe (מפה) avant d avoir enroulé le premier. Et l on n écarte pas le premier avant d avoir déjà posé le second sur la table ; on sort les deux ensemble.
Deux séfarim (par ex. Roch Hodech tombant Chabbat) demandent un enchaînement précis. On ne découvre le second qu une fois le premier enroulé, et l on n écarte pas le premier avant d avoir posé le second sur la table — שלא יסיחו דעתן מן המצוה, pour ne pas détourner l attention de la mitsva et laisser un instant sans séfer d honneur devant l assemblée. On les sort d ailleurs ensemble.
Le siman en une phrase : on ne saisit jamais le séfer Torah à nu (בלא מטפחת) ; sa guelila revient au plus grand des lecteurs, mitsva chérie ; on l arrête face à la couture (כנגד התפר), on l enroule מבחוץ et on le serre מבפנים, l un מגביה et l autre גולל ; le maftir attend la fin de la guelila ; et avec deux séfarim, on n ouvre le second qu après avoir enroulé le premier.

Cas pratiques

Cas 1 — Tenir le séfer Torah

Situation : on lui demande de porter ou de tenir le séfer Torah. Peut-il le saisir directement ?
Conduite : non — on ne tient jamais le parchemin à main nue. On le saisit par l étoffe (מטפחת), le manteau ou l étui, par honneur pour le séfer. Le Rama est même scrupuleux pour les autres כתבי הקודש si l on n a pas lavé ses mains. Pour la mise en pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Enrouler le séfer (la guelila)

Situation : il a l honneur de la guelila. Comment enrouler correctement ?
Conduite : on arrête l enroulement face à la couture (כנגד התפר), pour qu une déchirure éventuelle suive la couture et non le parchemin. On enroule מבחוץ et l on serre le nœud מבפנים. Selon l usage, l un soulève (מגביה) et l autre enroule (גולל), l écriture tournée vers le מגביה. Pour les détails, on suit son Rav et sa communauté.

Cas 3 — Deux séfarim Torah

Situation : un jour de deux lectures (deux séfarim). Dans quel ordre les manie-t-on ?
Conduite : on n ouvre le second et l on n ôte son étoffe qu après avoir enroulé le premier ; et l on n écarte pas le premier avant d avoir posé le second sur la table — שלא יסיחו דעתן מן המצוה. On les sort ensemble depuis l arche. Pour les usages locaux, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi ne tient-on pas un séfer Torah à nu, et à quoi le Rama étend-il cette règle (séif 1) ?
  2. Qui est le גולל et pourquoi acquiert-on cette mitsva à prix élevé (séif 1) ?
  3. Pourquoi arrête-t-on le séfer face à la couture (כנגד התפר) en l enroulant (séif 3) ?
  4. Que veulent dire מגביה et גולל, et de quel côté est l écriture (séif 4) ?
  5. Un jour à deux séfarim, quand ouvre-t-on le second et pourquoi (séif 8) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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DAAT · רב יוסף חיים סממה

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