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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman י״ז · Qui est soumis au tsitsit (מי הם חייבין בציצית)

מי הם חייבין בציצית — l'aveugle, les femmes et les esclaves, le טומטום ואנדרוגינוס, et l'enfant qui apprend
סימן י״ז · ג׳ סעיפים
מי הם חייבין בציצית
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche des ג׳ סעיפים : texte hébreu vocalisé, traduction française fluide et explications pédagogiques sur l'aveugle (סומא) pleinement soumis au tsitsit — inclus par אשר תכסה בה, tandis que וראיתם אותו vient exclure la כסות לילה —, les femmes et les esclaves exemptés (מ״ע שהזמן גרמא) avec la glose du Rama sur la berakha et la יוהרא, le טומטום ואנדרוגינוס qui s'enveloppent sans berakha, et le קטן qui sait s'envelopper — le ḥinoukh et le critère du Rama — avec une section de cas pratiques.

Sujet : Qui est soumis au tsitsit — l'aveugle est ḥayav, les femmes et les esclaves sont exemptés, le טומטום ואנדרוגינוס s'enveloppent sans berakha, et le père éduque son fils à la mitsva
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן י״ז · ג׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Aux simanim précédents, nous avons appris comment se fabrique le tsitsit et comment on s'en enveloppe. Le Choulhan Aroukh pose ici une question de fond : מי הם חייבין בציציתqui est soumis à la mitsva du tsitsit ? Trois enseignements. D'abord, l'aveugle (סומא) est pleinement soumis : bien qu'il soit écrit « וראיתם אותו » (« vous le verrez »), la Torah l'inclut par « אשר תכסה בה » (« [le vêtement] dont tu te couvres ») — et « וראיתם אותו » vient en réalité exclure la כסות לילה (le vêtement de nuit ; voir siman 18). Ensuite, les femmes et les esclaves sont exemptés, car le tsitsit est une מצות עשה שהזמן גרמא (commandement positif que le temps détermine) ; le Rama enseigne qu'une femme qui le souhaite peut s'envelopper et bénir, mais que porter le tsitsit paraîtrait de la יוהרא (ostentation) — d'autant que ce n'est pas une חובת גברא (obligation portée par la personne ; voir siman 19). Le טומטום et l'אנדרוגינוס, dont le statut est un ספק, s'enveloppent sans berakha. Enfin, le קטן qui sait s'envelopper : son père lui achète des tsitsit pour l'éduquer à la mitsva (ḥinoukh). Nous étudions ici au niveau du principe, avec respect pour chacun ; pour la conduite concrète, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. סומא חייב — l'aveugle est soumis au tsitsit : inclus par אשר תכסה בה ; וראיתם אותו vient exclure la כסות לילה (séif 1)
B. נשים ועבדים פטורים — מ״ע שהזמן גרמא ; le Rama : la berakha possible mais la יוהרא ; טומטום ואנדרוגינוס — ספק, sans berakha (séif 2)
C. קטן היודע להתעטף — le père lui achète des tsitsit pour le ḥinoukh ; le critère du Rama (séif 3)
+ Cas pratiques et questions de compréhension

A. סומא חייב — l'aveugle est soumis au tsitsit (séif 1)

Texte original (séif 1)

מִי הֵם חַיָּבִין בְּצִיצִית. וּבוֹ ג׳ סְעִיפִים:
[א] אַף עַל גַּב דִּכְתִיב « וּרְאִיתֶם אֹתוֹ », סוּמָא חַיָּב בְּצִיצִית, מִפְּנֵי שֶׁנִּתְרַבָּה מֵ« אֲשֶׁר תְּכַסֶּה בָּהּ » ; וּקְרָא דְּ« וּרְאִיתֶם אֹתוֹ » אִצְטְרִיךְ לְמַעֵט כְּסוּת לַיְלָה (עַיֵּן לְקַמָּן סִימָן י״ח).
Qui est soumis au tsitsit — ג׳ סעיפים. [1] Bien qu'il soit écrit « וראיתם אותו » (« vous le verrez »), l'aveugle (סומא) est soumis au tsitsit, car il est inclus par « אשר תכסה בה » (« [le vêtement] dont tu te couvres ») ; et le verset « וראיתם אותו » est nécessaire pour exclure la כסות לילה (le vêtement de nuit) [vois plus loin, siman י״ח].
סוּמָא (souma) — « l'aveugle » — la personne privée de la vue. On aurait pu penser que la mitsva du tsitsit dépend de la vue — « וראיתם אותו », « vous le verrez et vous vous souviendrez de tous les commandements de Hachem ». La Torah enseigne le contraire : l'aveugle se couvre de son vêtement comme chacun (« אשר תכסה בה »), et il est donc pleinement ḥayav — il porte le talit et bénit sur lui comme tout homme.
Trois idées dans ce séif :
כְּסוּת לַיְלָה (kesout layla) — « le vêtement de nuit » — un vêtement destiné à la nuit. Le verset « וראיתם אותו » — « vous le verrez » — enseigne que la mitsva du tsitsit s'applique au temps où l'on voit, c'est-à-dire au jour, et non au vêtement de nuit. C'est ce lien au temps qui fait du tsitsit une מצות עשה שהזמן גרמא — la clef du séif suivant. Les détails de la כסות לילה sont étudiés au siman 18.
Le séif 1 en une phrase : l'aveugle est pleinement soumis au tsitsit — inclus par « אשר תכסה בה » — et il porte le talit avec la berakha comme chacun ; « וראיתם אותו » vient exclure la כסות לילה (siman 18), non l'aveugle.

B. נשים ועבדים פטורים ; טומטום ואנדרוגינוס (séif 2)

Texte original (séif 2)

[ב] נָשִׁים וַעֲבָדִים פְּטוּרִים, מִפְּנֵי שֶׁהִיא מִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁהַזְּמַן גְּרָמָא. הַגָּה: וּמִכָּל מָקוֹם אִם רוֹצִים לְעָטְפוֹ וּלְבָרֵךְ עָלָיו — הָרְשׁוּת בְּיָדָם, כְּמוֹ בִּשְׁאָר מִצְוֹת עֲשֵׂה שֶׁהַזְּמַן גְּרָמָא ; אַךְ מֶחֱזֵי כְּיוּהֲרָא, וְלָכֵן אֵין לָהֶן לִלְבֹּשׁ צִיצִית, הוֹאִיל וְאֵינוֹ חוֹבַת גַּבְרָא. טֻמְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס חַיָּבִין מִסָּפֵק, וְיִתְעַטְּפוּ בְּלֹא בְּרָכָה. הַגָּה: וּלְפִי מַה שֶּׁנָּהֲגוּ נָשִׁים לְבָרֵךְ בְּמִצְוֹת עֲשֵׂה שֶׁהַזְּמַן גְּרָמָא — גַּם הֵם יְבָרְכוּ.
[2] Les femmes et les esclaves sont exemptés, car c'est une מצות עשה שהזמן גרמא (un commandement positif que le temps détermine). Glose (Rama) : néanmoins, si elles veulent s'envelopper [du talit] et bénir sur lui, elles en ont le droit, comme pour les autres commandements positifs que le temps détermine ; mais cela paraît de la יוהרא (ostentation), c'est pourquoi les femmes n'ont pas à porter le tsitsit, puisque ce n'est pas une חובת גברא (obligation portée par la personne). Le טומטום et l'אנדרוגינוס sont soumis par doute (מספק) : ils s'enveloppent sans bénédiction. Glose (Rama) : et selon l'usage où les femmes bénissent sur les commandements positifs que le temps détermine, eux aussi béniraient.
מִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁהַזְּמַן גְּרָמָא (mitsvat assé che-hazman guerama) — « un commandement positif que le temps détermine » — un commandement positif qui ne s'applique qu'à certains temps (le jour et non la nuit, une fête et non toute l'année). La règle générale : les femmes en sont exemptées. Le tsitsit en fait partie, puisque la כסות לילה est exclue (séif 1) — la mitsva s'applique au jour et non à la nuit. L'exemption n'est pas une mise à l'écart : c'est la structure que la Torah a donnée à cette mitsva.
Ce que dit le séif — pas à pas :
יוּהֲרָא (yohara) — « l'ostentation » — se donner en spectacle de piété, afficher une conduite de dévotion qui n'est pas demandée. La halakha est attentive à cette dimension : une pratique surérogatoire qui s'affiche peut perdre sa valeur. C'est pourquoi le Rama, tout en reconnaissant le droit de la femme de s'envelopper et de bénir, conclut que pour le tsitsit — qui se porte et se voit — il n'y a pas lieu de le faire.
חוֹבַת גַּבְרָא (ḥovat gavra) — « une obligation portée par la personne » — le tsitsit n'oblige pas la personne en tant que telle : nul n'est tenu d'acheter un talit pour se rendre soumis à la mitsva. C'est seulement si l'on porte un vêtement à quatre coins que celui-ci doit porter des tsitsit — comme le dit le Choulhan Aroukh plus loin au siman 19. Puisque même un homme n'est pas tenu de se procurer un talit, une femme qui s'en procurerait un tout exprès paraîtrait d'autant plus afficher une piété surérogatoire.
טֻמְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס (toumtoum ve-androguinos) — deux statuts que la halakha traite avec précision et respect : le טומטום est la personne dont les signes sont cachés — on ne sait pas s'il s'agit d'un homme ou d'une femme ; l'אנדרוגינוס présente les signes des deux. Leur statut étant un ספק (doute), la halakha leur applique la rigueur du doute : ils sont soumis au tsitsit מספק — mais sans berakha, car on ne prononce pas une bénédiction dans le doute.
À retenir : les femmes et les esclaves sont exemptés du tsitsit (מ״ע שהזמן גרמא) ; le Rama reconnaît à la femme le droit de s'envelopper et de bénir, mais conclut qu'il n'y a pas lieu de le faire — יוהרא, et le tsitsit n'est pas une חובת גברא (siman 19). Le טומטום ואנדרוגינוס sont soumis מספק et s'enveloppent sans berakha.

C. קטן היודע להתעטף — le ḥinoukh (séif 3)

Texte original (séif 3)

[ג] קָטָן הַיּוֹדֵעַ לְהִתְעַטֵּף — אָבִיו צָרִיךְ לִקַּח לוֹ צִיצִית לְחַנְּכוֹ. הַגָּה: וְדַוְקָא כְּשֶׁיּוֹדֵעַ לַעֲטֹף שְׁתֵּי צִיצִיּוֹת לְפָנָיו וּשְׁתַּיִם לְאַחֲרָיו, וְיוֹדֵעַ לֶאֱחֹז הַצִּיצִיּוֹת בְּיָדוֹ בִּשְׁעַת קְרִיאַת שְׁמַע.
[3] Un enfant (קטן) qui sait s'envelopper — son père doit lui acheter des tsitsit pour l'éduquer (לחנכו). Glose (Rama) : et précisément lorsqu'il sait envelopper deux tsitsit devant lui et deux derrière lui, et qu'il sait tenir les tsitsit dans sa main au moment de la קריאת שמע (la lecture du Chema).
חִנּוּךְ (ḥinoukh) — « l'éducation à la mitsva » — l'enfant n'est pas encore soumis aux mitsvot ; mais dès qu'il atteint l'âge où il peut accomplir une mitsva correctement, ses parents ont le devoir — d'ordre rabbinique — de l'y éduquer, de l'y habituer avec douceur, pour qu'à sa majorité elle lui soit familière et chère. Pour le tsitsit, le seuil n'est pas un âge fixe mais une capacité : savoir s'envelopper.
Ce que dit le séif :
À retenir : dès que l'enfant sait s'envelopper — deux tsitsit devant, deux derrière, et tenir les tsitsit pendant la ק״ש (Rama) — son père lui achète des tsitsit pour l'éduquer à la mitsva : le ḥinoukh.

Cas pratiques

Cas 1 — L'aveugle et le talit à la synagogue

Situation : un fidèle aveugle demande s'il doit porter le talit et s'il peut prononcer la berakha — puisque le verset dit « וראיתם אותו », « vous le verrez ».
Conduite : il est pleinement ḥayav (séif 1) — la Torah l'inclut par « אשר תכסה בה » : c'est le fait de se couvrir du vêtement qui rend soumis, non la vue. Il porte donc le talit avec la berakha, comme chacun ; « וראיתם אותו » vient exclure la כסות לילה (siman 18), non l'aveugle.

Cas 2 — Une femme souhaite porter le talit

Situation : une femme, sincèrement attachée à la prière, demande si elle peut porter un talit à la synagogue et bénir sur lui.
Conduite : sur le plan du principe, le Rama (séif 2) reconnaît qu'elle en a le droit, comme pour les autres מ״ע שהזמן גרמא ; mais il conclut que pour le tsitsit — qui se voit, et qui n'est pas une חובת גברא — cela paraîtrait de la יוהרא, et qu'il n'y a donc pas lieu de le faire. La question touche à l'usage des communautés (ashkénaze / sépharade sur la berakha des femmes) et demande du tact : on se réfère à la décision du Rav de sa communauté.

Cas 3 — À quel âge acheter un talit katan à son fils ?

Situation : des parents demandent à partir de quel âge ils doivent acheter un talit katan à leur jeune fils.
Conduite : le seuil n'est pas un âge du calendrier mais une capacité (séif 3) : dès que l'enfant sait s'envelopper — selon le Rama, disposer deux tsitsit devant et deux derrière, et tenir les tsitsit dans sa main pendant la ק״ש — son père lui achète des tsitsit pour le ḥinoukh. On y va avec douceur : le but est que la mitsva lui devienne familière et aimée.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi aurait-on pu penser que l'aveugle est exempté du tsitsit, et par quel verset est-il inclus (séif 1) ?
  2. Que vient alors exclure le verset וראיתם אותו (séif 1), et vers quel siman le Choulhan Aroukh renvoie-t-il ?
  3. Pourquoi les femmes et les esclaves sont-ils exemptés du tsitsit (séif 2) ? Que permet le Rama, et pourquoi conclut-il par la יוהרא ?
  4. Que signifie que le tsitsit n'est pas une חובת גברא (séif 2) ? Que font le טומטום ואנדרוגינוס, et pourquoi sans berakha ?
  5. À partir de quand le père doit-il acheter des tsitsit à son fils (séif 3) ? Quel est le critère du Rama ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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DAAT · רב יוסף חיים סממה

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