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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קע״ז · Les aliments servis pendant et après le repas

דברים הבאים בתוך הסעודה ואחר הסעודה מה דינם — quelle bénédiction (ou aucune) sur les aliments qui viennent « à cause du repas » et ceux qui viennent « pas à cause du repas », le statut de ce qui est servi après le repas avant le Birkat haMazon, le cas de celui qui fixe son repas sur les fruits, et le présent envoyé d une autre maison
סימן קע״ז · ה סעיפים
דברים הבאים בתוך הסעודה ואחר הסעודה מה דינם
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne le statut des aliments servis pendant et après le repas de pain : ceux qui viennent « à cause du repas » (מחמת הסעודה) — les mets qui accompagnent le pain — ne demandent aucune bénédiction ; ceux qui viennent « pas à cause du repas » (שלא מחמת הסעודה), comme les fruits, demandent une bénédiction avant mais pas après ; ce qui est servi après le repas demande les deux bénédictions (cas rare aujourd hui) ; celui qui fixe son repas sur les fruits les rend comme accompagnement du pain ; et un présent imprévu se bénit, comme un נמלך. Texte hébreu, traduction française et explication des ה seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Les aliments servis pendant et après le repas — מחמת הסעודה, שלא מחמת הסעודה, לאחר הסעודה
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קע״ז · ה סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Après avoir enseigné que le pain exempte les mets d accompagnement (siman précédent), le Choulhan Aroukh précise ici quels aliments le pain exempte et lesquels gardent leur bénédiction. Le principe est une distinction triple, héritée du Talmud (ברכות מ״א ע״ב) : ce qui vient מחמת הסעודה (pour accompagner le pain) est totalement couvert par le pain ; ce qui vient שלא מחמת הסעודה (les fruits) demande une bénédiction avant mais pas après ; et ce qui vient après le repas demande les deux. Autour de ce noyau, le siman règle le cas de celui qui fixe son repas sur les fruits, celui des fruits absents lors du HaMotzi, et celui du présent reçu à l improviste. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. דברים הבאים בתוך הסעודה (séif 1) — מחמת הסעודה / שלא מחמת הסעודה
B. דברים הבאים לאחר הסעודה (séif 2) — les deux bénédictions ; cas rare aujourd hui
C. קובע ליפתן על הפירות (séif 3) — fixer le repas sur les fruits
D. לא היו הפירות לפניו (séif 4) — fruits absents lors du HaMotzi
E. דורון מבית אחרים (séif 5) — un présent imprévu, כדין נמלך
1-3. Cas pratiques et questions de compréhension

A. דברים הבאים בתוך הסעודה — les aliments servis pendant le repas

מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה — « à cause du repas » : les mets qu il est d usage de fixer un repas sur eux, pour accompagner le pain (ללפת בהם את הפת) — viande, poisson, œufs, légumes, fromage, bouillie. שֶׁלֹּא מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה — « pas à cause du repas » : ce sur quoi on ne fixe pas de repas pour accompagner le pain, comme les fruits (figues, raisins).

Séif 1 — מחמת הסעודה et שלא מחמת הסעודה

דברים הבאים בתוך הסעודה אם הם דברים הבאים מחמת הסעודה דהיינו דברים שדרך לקבוע סעודה עליהם ללפת בהם את הפת כגון בשר ודגים וביצים וירקות וגבינה ודייסא ומיני מלוחים אפי׳ אוכלם בלא פת אין טעונין ברכה לפניהם דברכת המוציא פוטרתן ולא לאחריהם דבהמ״ז פוטרתן ואם הם דברים הבאים שלא מחמת הסעודה דהיינו שאין דרך לקבוע סעודה עליהם ללפת בהם את הפת כגון תאנים וענבים וכל מיני פירות (וע״ל סי׳ קס״ח סעיף ח׳) אם אוכל אותם בלא פת טעונין ברכה לפניהם דברכת המוציא אינה פוטרתן דלאו מעיקר סעודה הם ואינם טעונים ברכה לאחריהם דכיון שבאו בתוך הסעודה ברכת המזון פוטרתם ואם בתחלת אכילתו אכל הפירות (עם פת) ובסוף אכל עמהם פת אפילו אם בנתיים אכל מהם בלא פת אינם טעונים ברכה אף לפניהם:
Séif 1 : les aliments servis pendant le repas — s ils sont des « choses qui viennent à cause du repas » (מחמת הסעודה), c est-à-dire des choses qu il est d usage de fixer un repas sur elles pour accompagner le pain, comme viande, poisson, œufs, légumes, fromage, bouillie et diverses salaisons — même si on les mange sans pain, ils ne demandent pas de bénédiction avant, car le HaMotzi les exempte, ni après, car le Birkat haMazon les exempte. Et s ils sont des « choses qui viennent pas à cause du repas » (שלא מחמת הסעודה), c est-à-dire ce sur quoi on n a pas coutume de fixer un repas pour accompagner le pain, comme figues, raisins et tous les fruits (cf. supra siman קס״ח séif 8) — si on les mange sans pain, ils demandent une bénédiction avant, car le HaMotzi ne les exempte pas, n étant pas de l essentiel du repas ; mais ils ne demandent pas de bénédiction après, car venus au cours du repas, le Birkat haMazon les exempte. Et si, au début de son manger, il a mangé les fruits (avec du pain) et qu à la fin il a mangé du pain avec eux, alors même si entre-temps il en a mangé sans pain, ils ne demandent pas de bénédiction, même avant.
Deux catégories, deux règles. Ce qui vient à cause du repas (mets qui accompagnent le pain) est totalement exempt : אין טעונין ברכה לפניהם דברכת המוציא פוטרתן ולא לאחריהם — le pain les couvre avant, le Birkat haMazon après. Ce qui vient pas à cause du repas (les fruits) demande une bénédiction avantאם אוכל אותם בלא פת טעונין ברכה לפניהם — mais pas après. Et si l on encadre les fruits de pain (au début et à la fin), ils deviennent comme un accompagnement et ne demandent plus rien.

B. דברים הבאים לאחר הסעודה — les aliments servis après le repas

Séif 2 — לאחר הסעודה : la bénédiction avant et après

ודברים הבאים לאחר סעודה קודם ברכת המזון שהיה מנהג בימות חכמי הגמרא שבסוף הסעודה היו מושכים ידיהם מן הפת ומסירים אותו וקובעים עצמם לאכול פירות ולשתות כל מה שמביאים אז לפניהם בין דברים הבאים מחמת הסעודה בין דברים הבאים שלא מחמת הסעודה טעונים ברכה בין לפניהם ובין לאחריהם דהמוציא וברכת המזון אין פוטרתן אלא מה שנאכל תוך עיקר הסעודה ודין זה האחרון אינו מצוי בינינו לפי שאין אנו רגילין למשוך ידינו מן הפת עד ברכת המזון:
Séif 2 : et les choses qui viennent après le repas, avant le Birkat haMazon — car c était l usage à l époque des Sages du Talmud qu à la fin du repas on retirait ses mains du pain, on l enlevait, et l on s installait à manger des fruits et à boire tout ce qu on apportait alors devant soi — que ce soient des choses qui viennent à cause du repas ou des choses qui viennent pas à cause du repas, elles demandent une bénédiction avant et après, car le HaMotzi et le Birkat haMazon n exemptent que ce qui est mangé au cours du repas principal. Et cette dernière loi n est pas courante chez nous, car nous n avons pas coutume de retirer nos mains du pain jusqu au Birkat haMazon.
Après le repas : les deux bénédictions. Une fois qu on a « retiré ses mains du pain » pour s installer à manger des fruits avant le Birkat haMazon, on est sorti du cadre du repas : טעונים ברכה בין לפניהם ובין לאחריהם — bénédiction avant et après, car le pain et le Birkat haMazon ne couvrent que ce qui a été mangé dans le repas. Mais le Mehaber ajoute honnêtement : ודין זה האחרון אינו מצוי בינינו — ce cas n existe plus chez nous, car on ne retire plus ses mains du pain avant le Birkat haMazon.

C. קובע ליפתן על הפירות — fixer le repas sur les fruits

Séif 3 — קובע ליפתן : les fruits comme accompagnement

ואם קובע ליפתן סעודתו על הפירות הוו ליה הפירות כדברים הבאים מחמת הסעודה ואפי׳ אם אוכל מהפירות בתחלת סעודתו בלא פת אינו מברך לא לפניהם ולא לאחריהם ויש חולקין ולכן טוב שיאכל בתחלה מהפירות עם פת ואז אפילו אם אח״כ יאכל מהם בלא פת אינם טעונים ברכה כלל: הגה ואע״פ שאינו חוזר לבסוף לאכול עמהם פת מאחר שעיקר קביעות היה עלייהו (ב״י בשם הר״י):
Séif 3 : et si l on fixe l accompagnement de son repas sur les fruits, les fruits sont [alors] comme des choses qui viennent à cause du repas, et même si l on mange des fruits au début de son repas sans pain, on ne récite pas de bénédiction, ni avant ni après eux. Et il y a qui divergent, c est pourquoi il est bon de manger d abord des fruits avec du pain — car alors, même si ensuite on les mange sans pain, ils ne demandent aucune bénédiction. Glose du Rama : et cela même si l on ne revient pas à la fin manger du pain avec eux, puisque l essentiel de la fixation était sur eux (Beit Yossef au nom du Ri).
Fixer son repas sur les fruits les rattache au pain. Celui qui fixe l accompagnement de son repas sur les fruitsואם קובע ליפתן סעודתו על הפירות הוו ליה הפירות כדברים הבאים מחמת הסעודה — les rend comme un accompagnement, et ne bénit ni avant ni après. Mais un avis diverge ; c est pourquoi, par précaution, ויש חולקין ולכן טוב שיאכל בתחלה מהפירות עם פת — mieux vaut manger d abord des fruits avec du pain, et alors même sans pain ensuite, aucune bénédiction. Le Rama ajoute : cela vaut même s il ne revient pas manger du pain à la fin, l essentiel étant fixé sur eux.

D. לא היו הפירות לפניו — les fruits absents lors du HaMotzi

Séif 4 — כיון דללפת את הפת הם באים : venus pour accompagner le pain

אע״פ שלא היו הפירות לפניו בשעה שבירך על הפת כיון דללפת את הפת הם באים אינם טעונים ברכה כלל:
Séif 4 : même si les fruits n étaient pas devant lui au moment où il a béni sur le pain, puisqu ils viennent pour accompagner le pain, ils ne demandent aucune bénédiction.
L absence lors du HaMotzi n empêche pas l exemption. On pourrait croire qu il faut, pour être couvert par le HaMotzi, que l aliment ait été présent lors de la bénédiction sur le pain. Le Mehaber tranche que non : אע״פ שלא היו הפירות לפניו בשעה שבירך על הפת — même absents alors, dès lors qu ils viennent pour accompagner le pain (כיון דללפת את הפת הם באים), ils sont couverts et ne demandent aucune bénédiction. Ce qui compte, c est leur rôle d accompagnement, non leur présence au moment du HaMotzi.

E. דורון מבית אחרים — un présent imprévu

Séif 5 — כדין נמלך : le présent qu on n avait pas en tête

אם אחר שבירך על הפת שלחו לו מבית אחרים שאינו סמוך עליהן ולא היה דעתו על הדורון אפי׳ מדברים שדרכן לבא ללפת את הפת צריך לברך עליהם כדין נמלך: (ולא ראיתי נזהרים בזה ואפשר דטעמא דסתם דעת האדם על כל מה שמביאים לו בסעודה וע״ל סי׳ ר״ו):
Séif 5 : si, après avoir béni sur le pain, on lui a envoyé [un présent] d une autre maison à qui il n est pas rattaché, et qu il n avait pas ce présent en tête — même s il s agit de choses qu il est d usage d apporter pour accompagner le pain, il doit bénir dessus, selon la loi de celui qui se ravise (נמלך). [glose] : (et je n ai pas vu de gens attentifs à cela, et il se peut que la raison en soit que l intention par défaut d une personne porte sur tout ce qu on lui apporte durant le repas ; cf. supra siman ר״ו).
Un présent hors de l intention se bénit. Le principe du siman veut que ce qui vient accompagner le pain soit exempt. Mais si un présent (דורון) arrive d une autre maison, à laquelle on n est pas rattaché, et qu on n y pensait pas — ולא היה דעתו על הדורון — il sort de l intention initiale : צריך לברך עליהם כדין נמלך. La glose note toutefois qu on n a pas vu les gens s en soucier, peut-être parce que l intention par défaut couvre tout ce qui est apporté au repas.
Le siman en une phrase : tout dépend du rapport au pain — ce qui vient מחמת הסעודה (accompagner le pain) ne demande aucune bénédiction ; les fruits (שלא מחמת הסעודה) une bénédiction avant seulement ; ce qui vient après le repas les deux (cas rare aujourd hui) ; celui qui fixe son repas sur les fruits les rattache au pain (mieux : avec pain au début) ; et un présent imprévu se bénit, כדין נמלך.

Cas pratiques

Cas 1 — Des fruits au milieu du repas

Situation : je suis en plein repas de pain et l on m apporte des fruits (que je mange sans pain). Faut-il bénir dessus ?
Conduite : oui — les fruits sont שלא מחמת הסעודה : le HaMotzi ne les couvre pas, donc on récite la bénédiction (בורא פרי העץ) avant (séif 1). Après, on ne dit rien : venus au cours du repas, le Birkat haMazon les exempte. Pour les détails (quel fruit, cas de doute), on suit son Rav.

Cas 2 — Un dessert avant le birkat hamazon

Situation : à la fin du repas, avant le Birkat haMazon, on sert un dessert que je mange encore avec du pain. Faut-il bénir ?
Conduite : chez nous, tant qu on n a pas retiré ses mains du pain, on reste dans le repas : le cas de לאחר הסעודה (bénir avant et après) ne se rencontre pratiquement plusודין זה האחרון אינו מצוי בינינו (séif 2). Pour la conduite exacte (si l on décide de conclure le repas), on se réfère à son Rav.

Cas 3 — Un présent apporté à l'improviste

Situation : pendant le repas, un voisin m envoie de sa maison un plat auquel je ne m attendais pas. Faut-il bénir ?
Conduite : selon la lettre du Mehaber, un présent d une autre maison auquel on ne pensait pas se bénit, כדין נמלך (séif 5). Mais la glose observe que l usage ne s en soucie pas, l intention par défaut couvrant ce qui est apporté au repas. Pour la pratique, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Quelle est la différence de statut entre מחמת הסעודה et שלא מחמת הסעודה, et quelle bénédiction chacun demande-t-il (séif 1) ?
  2. Pourquoi les fruits ne demandent-ils pas de bénédiction après eux quand ils sont mangés au cours du repas (séif 1) ?
  3. Que sont les דברים הבאים לאחר הסעודה, et pourquoi ce cas n existe-t-il plus chez nous (séif 2) ?
  4. Que se passe-t-il quand on fixe son repas sur les fruits, et pourquoi vaut-il mieux en manger avec du pain au début (séif 3) ?
  5. Pourquoi un דורון (présent) reçu à l improviste doit-il être béni, כדין נמלך (séif 5) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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