Orah Haïm ר״ז · Niveau 4 · שיטת אדמו״ר הזקן

דעת הרב

Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) — Siman ר״ז · דִּין בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה עַל פֵּרוֹת

La voie de l’Admour HaZaken sur le דִּין בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה עַל פֵּרוֹת : בּוֹרֵא נְפָשׁוֹת רַבּוֹת ; חוּץ מֵה׳ מִינִים ; בְּרָכָה אַחַת לְכֻלָּם ; אָכַל וְשָׁתָה ; חֲתִימָה בְּלֹא שֵׁם ; בָּרוּךְ חֵי הָעוֹלָמִים ; מַטְבֵּעַ קָצָר ; פֵּרוּשׁ וְחֶסְרוֹנָן ; חֵי בְּצֵרֵ״י — dans la sensibilité de Habad.

Pourquoi un niveau 4 dédié à l’Admour HaZaken ? Le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken n’est pas un commentaire sur le Mehaber (מחבר) — c’est un Choulhan Aroukh autonome et complet, écrit par l’Admour HaZaken (Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur de Habad, élève du Maguid (מגיד) de Mezeritch). Sa singularité : il combine halakha (הלכה) + טעמי המצוות + dimension intérieure dans un seul ouvrage, et il tranche avec une rigueur talmudique unique.

Pour le Habad, l’Admour HaZaken est הפוסק האחרון — son psak est l’autorité décisionnaire. Cette page rassemble la voie du Rav sur le siman ר״ז — דִּין בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה עַל פֵּרוֹת (le din de la bénédiction finale sur les fruits), qui tient chez le Rav en ב׳ סְעִיפִים (deux seifim) : le premier donne la loi — tout ce qui n’est ni un mets des cinq céréales ni l’une des cinq espèces de fruits reçoit après coup la même bénédiction, « borei nefachot rabbot », qu’il s’agisse d’un fruit d’arbre, d’un fruit de la terre, d’un légume ou même d’une chose dont la croissance ne vient pas de la terre du tout ; une seule bénédiction couvre alors toutes les espèces mangées, et jusqu’à ce qui a été bu, puisque leur bénédiction est la même ; et le sceau final se dit sans Nom — « baroukh haï haolamim » — parce que les Rishonim se partagent sur le point de savoir si une chatima y a été instituée ou si la bénédiction est un simple matbéa katsar. Le second seif quitte la loi pour le sens des mots : ce que veut dire « vé-hesronan », comment le lire — les besoins vitaux d’un côté, les choses de plaisir de l’autre —, la lecture divergente des « yech omrim » qui rattachent « hesronan » à la suite de la phrase, et enfin la vocalisation exacte : « haï » avec un tséré.

→ Lire la préface générale sur la chitah de l’Admour HaZaken

Note de source. Le texte hébreu reproduit dans cette page est le texte intégral et réel du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, Orah Haïm siman ר״ז — ב׳ סְעִיפִים (deux seifim) de la main du Rav — d’après l’édition Kehot telle que numérisée sur Sefaria (Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim ר״ז). L’Admour HaZaken y traite du דִּין בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה עַל פֵּרוֹת. La dernière ligne du seif ב est une note de l’édition, imprimée telle quelle dans le texte ; elle est reproduite ici sans retouche. Les traductions françaises sont les nôtres. Aucun passage n’est cité hors de ce texte vérifiable.
1 · טקסט אדמו״ר הזקן

שולחן ערוך הרב — סימן ר״ז — דִּין בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה עַל פֵּרוֹת

Le texte intégral du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken

שולחן ערוך הרב, סימן ר״ז — דִּין בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה עַל פֵּרוֹת — וּבוֹ ב׳ סְעִיפִים
Texte de l’Admour HaZaken lui-même (source Sefaria Shulchan_Arukh_HaRav,_Orach_Chayim.207), suivi de notre traduction française. Le siman comporte deux seifim (ב׳ סְעִיפִים ; seif k → .207.k).

סעיף א עַל פֵּרוֹת הָאִילָן, חוּץ מֵה׳ מִינִים שֶׁיִּתְבָּאֵר בְּסִימָן ר״ח, וְעַל כָּל פֵּרוֹת אֲדָמָה וִירָקוֹת…

דִּין בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה עַל פֵּרוֹת, וּבוֹ ב׳ סְעִיפִים:
עַל פֵּרוֹת הָאִילָן, חוּץ מֵה׳ מִינִים שֶׁיִּתְבָּאֵר בְּסִימָן ר״ח, וְעַל כָּל פֵּרוֹת אֲדָמָה וִירָקוֹת, וְכָל דָּבָר שֶׁאֵין גִּדּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ — מְבָרֵךְ לְאַחֲרֵיהֶם "בּוֹרֵא נְפָשׁוֹת רַבּוֹת". וְאִם אָכַל כְּשִׁעוּר מִכָּל מִין וָמִין מִמִּינִים אֵלּוּ — מְבָרֵךְ לְאַחֲרֵיהֶם בְּרָכָה אַחַת, כֵּיוָן שֶׁבִּרְכָתָם שָׁוָה. וְהוּא הַדִּין אִם אָכַל וְשָׁתָה.
וּבְרָכָה זוֹ חוֹתֵם בָּהּ בְּלֹא שֵׁם, שֶׁאוֹמֵר: "בָּרוּךְ חֵי הָעוֹלָמִים", לְפִי שֶׁיֵּשׁ אוֹמְרִים שֶׁתִּקְּנוּ בָּהּ חֲתִימָה, וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁלֹּא תִּקְּנוּ, אֶלָּא הוּא מַטְבֵּעַ קָצָר:

Le din de la bénédiction finale sur les fruits, et il comporte deux seifim. Sur les fruits de l’arbre — hormis les cinq espèces, qui seront expliquées au siman ר״ח —, et sur tous les fruits de la terre et les légumes, et sur toute chose dont la croissance ne vient pas de la terre — on bénit après eux « borei nefachot rabbot ». Et s’il a mangé la mesure requise de chacune et chacune de ces espèces — il bénit après elles une seule bénédiction, puisque leur bénédiction est la même. Et il en va de même s’il a mangé et bu.
Et cette bénédiction, on la scelle sans Nom, en disant : « Baroukh haï haolamim », parce qu’il en est qui disent qu’on y a institué une chatima (un sceau), et il en est qui disent qu’on n’en a pas institué, mais que c’est une formule brève (matbéa katsar).

סעיף ב "וְחֶסְרוֹנָן", הוּא מִלְּשׁוֹן "כָּל מַחְסוֹרְךָ עָלָי", כְּלוֹמַר צָרְכֵי סִפּוּקָן, שֶׁהֵם חֲסֵרִים…

"וְחֶסְרוֹנָן", הוּא מִלְּשׁוֹן "כָּל מַחְסוֹרְךָ עָלָי", כְּלוֹמַר צָרְכֵי סִפּוּקָן, שֶׁהֵם חֲסֵרִים וּצְרִיכִים לָהֶם לְצֹרֶךְ קִיּוּם חַיּוּתָם, שֶׁאִי אֶפְשָׁר לָהֶם לְהִתְקַיֵּם זוּלָתָם, כְּגוֹן לֶחֶם וּמַיִם. וְ"עַל כָּל מַה שֶּׁבָּרָאתָ לְהַחֲיוֹת בָּהֶם", הֵם שְׁאָר הַדְּבָרִים שֶׁבְּרָאָם לְהִתְעַנֵּג בָּהֶם, כְּגוֹן מִינֵי פֵּרוֹת.
וְיֵשׁ אוֹמְרִים, שֶׁ"חֶסְרוֹנָן" הוּא דָּבוּק לְ"עַל כָּל מַה שֶּׁבָּרָאתָ", כְּלוֹמַר שֶׁהֵם חֲסֵרִים וּצְרִיכִים לְ"כָל מַה שֶּׁבָּרָאתָ לְהַחֲיוֹת כוּ׳".
צָרִיךְ לוֹמַר "חֵי" בְּצֵרֵ״י:

« Vé-hesronan » est de la langue de « kol mahsorkha alaï » (שופטים י״ט:כ) — c’est-à-dire les besoins de leur approvisionnement : ce dont elles manquent et ce dont elles ont besoin pour le maintien de leur vitalité, sans quoi il leur est impossible de subsister, comme le pain et l’eau. Et « al kol ma chébarata léhahayot bahem » — ce sont les autres choses qu’Il a créées pour qu’on y prenne plaisir, comme les espèces de fruits.
Et il en est qui disent que « hesronan » se rattache à « al kol ma chébarata » — c’est-à-dire qu’elles manquent et qu’elles ont besoin de « tout ce que Tu as créé pour faire vivre, etc. ».
Il faut dire « haï » avec un tséré.

הסימנים החסרים לא נדפסו בתוך הש״ע מעולם וכל מבקשם ימצאם [לקמן] בתוך סדר ברכת הנהנין מהרב המחבר זצלה״ה.

Note de l’édition, imprimée à la fin du siman : les simanim manquants n’ont jamais été imprimés à l’intérieur du Choulhan Aroukh, et quiconque les cherche les trouvera [plus loin] à l’intérieur du Séder Birkat HaNehenin du Rav auteur, de sainte mémoire.

2 · למעשה

הלכה למעשה — מנהג חב״ד

La conduite Habad pratique

Des points de conduite qui découlent directement du siman ר״ז dans la sensibilité de l’Admour HaZaken et de Habad — présentés au niveau du principe, en renvoyant au Rav pour le détail des cas.

Pour le Hassid Habad — Siman ר״ז (דִּין בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה עַל פֵּרוֹת)

  • ① Seif א. « Borei nefachot rabbot » est la bénédiction finale de tout le reste : fruits de l’arbre — sauf les cinq espèces de fruits (raisin, figue, grenade, olive, datte), dont la bénédiction finale sera exposée au siman ר״ח —, fruits de la terre, légumes, et jusqu’à ce dont la croissance ne vient pas de la terre du tout. Et parce que leur bénédiction est une seule et la même, celui qui a mangé la mesure requise de plusieurs espèces ne dit pas plusieurs bénédictions mais une seule, qui les couvre toutes ; et de même lorsqu’il a mangé et bu, la même bénédiction acquitte le manger et le boire. La bénédiction s’achève enfin sur « baroukh haï haolamim » sans Nom : puisque les uns tiennent qu’une chatima y a été instituée et les autres qu’il s’agit d’un simple matbéa katsar, on dit la formule — mais sans le Nom, pour ne pas risquer une bénédiction en vain.
  • ② Seif ב. Le Rav ne se contente pas de la loi : il demande qu’on sache ce qu’on dit. « Vé-hesronan » est de la langue de « kol mahsorkha alaï » — le nécessaire vital sans lequel la créature ne subsiste pas, le pain et l’eau ; tandis que « al kol ma chébarata léhahayot bahem » désigne le reste, ce que Dieu a créé pour le plaisir, comme les fruits. Ainsi la bénédiction embrasse les deux ordres : ce dont on ne peut se passer, et ce dont on jouit. Les « yech omrim » lisent autrement — « hesronan » se rattachant à la suite de la phrase — et le Rav rapporte les deux lectures sans trancher. Un dernier point, tout petit et tout pratique : on dit « haï » avec un tséré, non avec un pataḥ.

⚠ Cette section présente la conduite Habad fondée sur le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, siman ר״ז (texte réel reproduit au §1). Elle ne remplace pas une décision rabbinique pour un cas particulier. Pour toute question concrète — quelle bénédiction finale après un fruit, après un repas où l’on a mangé et bu, ou comment prononcer la chatima — consulter ton Rav, et pour Habad, un Rav de Habad.