Orah Haïm ר״ו · Niveau 4 · שיטת אדמו״ר הזקן

דעת הרב

Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) — Siman ר״ו · דִּין הֶפְסֵק וְטָעוּת בְּבִרְכַּת הַפֵּרוֹת

La voie de l’Admour HaZaken sur le דִּין הֶפְסֵק וְטָעוּת בְּבִרְכַּת הַפֵּרוֹת : טָעָה בַּבְּרָכָה ; סְפֵק הָעֵץ אוֹ הָאֲדָמָה ; שֶׁהַכֹּל פּוֹטֵר אֶת הַכֹּל ; כַּוָּנָה לִפְטֹר ; הֶפְסֵק בֵּין בְּרָכָה לַאֲכִילָה ; בְּכָל לָשׁוֹן ; הַשְׁמָעָה לְאָזְנָיו ; נְקִיּוּת וְגִלּוּי הָרֹאשׁ ; אֲחִיזָה בְּיָמִין ; הֵבִיאוּ לְפָנָיו אַחַר הַבְּרָכָה ; נָפַל מִיָּדוֹ ; בְּרָכָה לְבַטָּלָה ; מַיִם בִּשְׁכוּנַת הַמֵּת וְהַתְּקוּפָה ; מַיִם הָרָעִים — dans la sensibilité de Habad.

Pourquoi un niveau 4 dédié à l’Admour HaZaken ? Le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken n’est pas un commentaire sur le Mehaber (מחבר) — c’est un Choulhan Aroukh autonome et complet, écrit par l’Admour HaZaken (Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur de Habad, élève du Maguid (מגיד) de Mezeritch). Sa singularité : il combine halakha (הלכה) + טעמי המצוות + dimension intérieure dans un seul ouvrage, et il tranche avec une rigueur talmudique unique.

Pour le Habad, l’Admour HaZaken est הפוסק האחרון — son psak est l’autorité décisionnaire. Cette page rassemble la voie du Rav sur le siman ר״ו — דִּין הֶפְסֵק וְטָעוּת בְּבִרְכַּת הַפֵּרוֹת (la loi de l’interruption et de l’erreur dans la bénédiction sur les fruits), qui se déploie chez le Rav en ט״ו סְעִיפִים (quinze seifim) : de l’erreur de bénédiction — haadama qui acquitte le fruit de l’arbre, haetz qui n’acquitte pas le fruit de la terre, chehakol qui acquitte tout, même le pain et le vin — à la sortie du doute par haadama ; de l’intention d’acquitter un second fruit à l’interdiction de s’interrompre entre la bénédiction et la première bouchée, fût-ce par honneur ou par crainte respectueuse ; de la bénédiction dite en toute langue et entendue par ses propres oreilles, aux exigences du lieu et du corps — propreté, ervah, tête couverte ; de la main droite qui tient l’aliment, et du couteau que la Kabbalah écarte, à la longue sougya de ce qu’on apporte après la bénédiction — même espèce, autre espèce, invité chez son hôte ; du fruit tombé de la main et de l’homme debout au canal d’eau, à celui qui bénit pour autrui ; jusqu’à la bénédiction prononcée en vain et à son rattrapage, à l’eau du voisinage d’un mort et à l’heure de la tekoufa, et à cette dernière question d’ordre : la petite quantité d’eau que l’on répand, avant la bénédiction et jamais après.

→ Lire la préface générale sur la chitah de l’Admour HaZaken

Note de source. Le texte hébreu reproduit dans cette page est le texte intégral et réel du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, Orah Haïm siman ר״וט״ו סְעִיפִים (quinze seifim) de la main du Rav — d’après l’édition Kehot telle que numérisée sur Sefaria (Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim ר״ו). L’Admour HaZaken y traite du דִּין הֶפְסֵק וְטָעוּת בְּבִרְכַּת הַפֵּרוֹת. On notera que le Mehaber ne consacre à ce siman que six seifim : les quinze seifim du Rav sont sa propre construction. Les traductions françaises sont les nôtres. Aucun passage n’est cité hors de ce texte vérifiable.
1 · טקסט אדמו״ר הזקן

שולחן ערוך הרב — סימן ר״ו — דִּין הֶפְסֵק וְטָעוּת בְּבִרְכַּת הַפֵּרוֹת

Le texte intégral du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken

שולחן ערוך הרב, סימן ר״ו — דִּין הֶפְסֵק וְטָעוּת בְּבִרְכַּת הַפֵּרוֹת — וּבוֹ ט״ו סְעִיפִים
Texte de l’Admour HaZaken lui-même (source Sefaria Shulchan_Arukh_HaRav,_Orach_Chayim.206), suivi de notre traduction française. Le siman comporte quinze seifim (ט״ו סְעִיפִים ; seif k → ‎.206.k) — déplie chaque seif pour lire le texte du Rav.

סעיף א בֵּרַךְ הָאֲדָמָה עַל פְּרִי הָעֵץ — יָצָא ; הָעֵץ עַל פְּרִי הָאָרֶץ — לֹא יָצָא.

דִּין הֶפְסֵק וְטָעוּת בְּבִרְכַּת הַפֵּרוֹת, וּבוֹ ט״ו סְעִיפִים:
בֵּרַךְ עַל פֵּרוֹת הָאִילָן "בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה" — יָצָא, הוֹאִיל וְעִקַּר הָאִילָן הוּא מִן הָאָרֶץ. אֲבָל אִם בֵּרַךְ עַל פֵּרוֹת הָאָרֶץ "בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ" — לֹא יָצָא. לְפִיכָךְ, אִם הוּא מְסֻפָּק בִּפְרִי אִם הוּא פְּרִי עֵץ אוֹ פְּרִי הָאֲדָמָה — יְבָרֵךְ "בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה", וְיֵצֵא מִמַּה נַּפְשָׁךְ. וְעַל הַכֹּל אִם בֵּרַךְ "שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ" — יָצָא, וַאֲפִלּוּ עַל פַּת וְיַיִן.
וְכָל זֶה בְּדִיעֲבַד, אֲבָל לְכַתְּחִלָּה צָרִיךְ לְבָרֵךְ עַל כָּל דָּבָר בִּרְכָתוֹ הַמְּיֻחֶדֶת לוֹ, אֶלָּא אִם כֵּן נוֹלַד לוֹ סָפֵק אַחַר שֶׁלָּמַד כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן [ר״ב] :

La loi de l’interruption et de l’erreur dans la bénédiction sur les fruits, et il comporte quinze seifim.
S’il a béni sur des fruits de l’arbre borei pri haadama — il est quitte, puisque l’arbre lui-même a sa souche dans la terre. Mais s’il a béni sur des fruits de la terre borei pri haetz — il n’est pas quitte. C’est pourquoi, s’il a un doute sur un fruit, ne sachant s’il est fruit de l’arbre ou fruit de la terre — qu’il bénisse borei pri haadama, et il sera quitte mimah nafchakh. Et sur toute chose, s’il a béni chehakol nihya bidvaro — il est quitte, et même sur du pain et sur du vin.
Et tout cela n’est vrai que bediavad ; mais lekhathila il faut bénir sur chaque chose la bénédiction qui lui est propre, à moins qu’un doute ne lui soit né après qu’il eut étudié, comme il est expliqué au siman ר״ב (Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm ר״ב).

סעיף ב בֵּרַךְ עַל פְּרִי הָאֲדָמָה — אֵין פְּרִי הָעֵץ נִפְטָר, אֶלָּא אִם כֵּן נִתְכַּוֵּן.

הָיוּ לְפָנָיו פְּרִי הָאֲדָמָה וּפְרִי הָעֵץ וּבֵרַךְ תְּחִלָּה עַל פְּרִי הָאֲדָמָה — צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ עַל פְּרִי הָעֵץ, כִּי לֹא נִפְטַר בְּבִרְכַּת "בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה" אֶלָּא כְּשֶׁבֵּרַךְ עָלָיו וְלֹא כְּשֶׁבֵּרַךְ עַל פְּרִי הָאֲדָמָה.
בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? בִּמְבָרֵךְ בִּסְתָם, אֲבָל אִם נִתְכַּוֵּן לִפְטֹר בְּבִרְכָתוֹ גַּם פְּרִי הָעֵץ — יָצָא, וַאֲפִלּוּ לֹא הָיוּ פְּרִי הָעֵץ עֲדַיִן לְפָנָיו כְּשֶׁבֵּרַךְ וְאַחַר כָּךְ הֱבִיאוּהוּ לְפָנָיו:

Il avait devant lui un fruit de la terre et un fruit de l’arbre, et il a béni d’abord sur le fruit de la terre — il doit revenir et bénir sur le fruit de l’arbre, car celui-ci n’a pas été acquitté par la bénédiction borei pri haadama : elle ne l’acquitte que lorsqu’il l’a récitée sur lui, et non lorsqu’il l’a récitée sur le fruit de la terre.
De quel cas parle-t-on ? De celui qui bénit sans intention particulière ; mais s’il a eu l’intention d’acquitter par sa bénédiction également le fruit de l’arbre — il est quitte, et même si le fruit de l’arbre n’était pas encore devant lui lorsqu’il a béni et qu’on le lui a apporté ensuite.

סעיף ג אֵין מַפְסִיקִין בֵּין הַבְּרָכָה לַאֲכִילָה — וּשְׁהִיָּה לְצֹרֶךְ אֲכִילָה אֵינָהּ הֶפְסֵק.

כָּל אֵלּוּ הַבְּרָכוֹת צָרִיךְ שֶׁלֹּא יַפְסִיק בֵּין הַבְּרָכָה לַאֲכִילָה, אֲפִלּוּ מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וְהַיִּרְאָה. וְאִם הִפְסִיק וְדִבֵּר דִּבּוּר שֶׁאֵינוֹ לְצֹרֶךְ הָאֲכִילָה — צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קס״ז.
וַאֲפִלּוּ בִּשְׁתִיקָה אָסוּר לְהַפְסִיק יוֹתֵר מִכְּדֵי דִּבּוּר, שֶׁהוּא כְּדֵי שְׁאֵלַת שָׁלוֹם תַּלְמִיד לָרַב, שֶׁהֵן ג׳ תֵּבוֹת אֵלּוּ: "שָׁלוֹם עָלֶיךָ רַבִּי". וְאִם שָׁהָה יוֹתֵר — אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ. וּשְׁהִיָּה שֶׁהִיא לְצֹרֶךְ אֲכִילָה — אֵינָהּ חֲשׁוּבָה הֶפְסֵק כְּלָל אֲפִלּוּ לְכַתְּחִלָּה. לְפִיכָךְ, הַמְבָרֵךְ עַל הַפְּרִי וְחוֹתֵךְ מִמֶּנּוּ וְאוֹכֵל — לֹא יַחְתֹּךְ עַד אַחַר הַבְּרָכָה, כְּדֵי שֶׁיְּבָרֵךְ עַל הַשָּׁלֵם לְמִצְוָה מִן הַמֻּבְחָר, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קס״ח. וְאֵין לָחֹשׁ לְהֶפְסֵק שְׁהִיַּת הַחִתּוּךְ בֵּין הַבְּרָכָה לַאֲכִילָה, הוֹאִיל וְהוּא צֹרֶךְ אֲכִילָה.
וּמִכָּל מָקוֹם, הָאוֹכֵל אֱגוֹז וְכַיּוֹצֵא בּוֹ — יִשְׁבְּרֶנּוּ וְאַחַר כָּךְ יְבָרֵךְ, כִּי שֶׁמָּא הִתְלִיעַ בְּתוֹכוֹ אוֹ נִרְקַב, וְנִמְצָא בֵּרַךְ לְבַטָּלָה:

Toutes ces bénédictions : il faut ne pas interrompre entre la bénédiction et la consommation, même pour l’honneur dû ou par crainte respectueuse. Et s’il a interrompu et prononcé une parole qui n’était pas nécessaire à la consommation — il doit revenir et bénir, comme il est expliqué au siman קס״ז (Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm קס״ז).
Et même en silence, il est interdit d’interrompre plus que kdei dibbour, qui est le temps du salut d’un élève à son maître, ces trois mots-là : chalom alekha rabbi. Et s’il a tardé davantage — il n’a pas besoin de revenir et de bénir. Et une attente qui est un besoin de la consommation n’est nullement tenue pour une interruption, même lekhathila. C’est pourquoi celui qui bénit sur le fruit, en coupe un morceau et le mange — qu’il ne coupe pas avant d’avoir béni, afin de bénir sur le fruit entier, lemitzvah min hamouvhar, comme il est expliqué au siman קס״ח (Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm קס״ח). Et il n’y a pas à craindre l’interruption que constitue le temps de la découpe entre la bénédiction et la consommation, puisqu’elle est un besoin de la consommation.
Et néanmoins, celui qui mange une noix ou ce qui lui ressemble — qu’il la brise d’abord et bénisse ensuite, car peut-être est-elle véreuse à l’intérieur ou pourrie, et il se trouverait avoir béni en vain.

סעיף ד כָּל הַבְּרָכוֹת נֶאֱמָרוֹת בְּכָל לָשׁוֹן.

כָּל הַבְּרָכוֹת נֶאֱמָרוֹת בְּכָל לָשׁוֹן. וְאִם צָרִיךְ לְהָבִין הַבְּרָכוֹת — נִתְבָּאֵר בְּסִימָן קפ״ה:

Toutes les bénédictions se disent dans n’importe quelle langue. Et s’il faut ou non comprendre les bénédictions — cela a été expliqué au siman קפ״ה (Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm קפ״ה).

סעיף ה יַשְׁמִיעַ לְאָזְנָיו — וְאִם לֹא הִשְׁמִיעַ יָצָא, וּבִלְבַד שֶׁהוֹצִיא בִּשְׂפָתָיו.

וְצָרִיךְ שֶׁיַּשְׁמִיעַ לְאָזְנָיו. וְאִם לֹא הִשְׁמִיעַ — יָצָא, וּבִלְבַד שֶׁיּוֹצִיא בִּשְׂפָתָיו, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קפ״ה:

Et il faut qu’il la fasse entendre à ses oreilles. Et s’il ne l’a pas fait entendre — il est quitte, pourvu qu’il l’ait articulée de ses lèvres, comme il est expliqué au siman קפ״ה (Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm קפ״ה).

סעיף ו צוֹאָה וְעֶרְוָה בִּשְׁעַת הַבְּרָכָה — כִּקְרִיאַת שְׁמַע.

וְצָרִיךְ לִזָּהֵר מִצּוֹאָה וּמֵי רַגְלַיִם וְגִלּוּי עֶרְוָה וְלִבּוֹ רוֹאֶה אֶת הָעֶרְוָה, כְּמוֹ בִּקְרִיאַת שְׁמַע. וְהָאִשָּׁה מֻתֶּרֶת לֵישֵׁב עֲרֻמָּה וּלְבָרֵךְ, מִפְּנֵי שֶׁבִּישִׁיבָתָהּ פָּנֶיהָ שֶׁל מַטָּה מְכֻסִּים בַּקַּרְקַע אוֹ בַּסַּפְסָל שֶׁהִיא יוֹשֶׁבֶת עָלָיו, וּבְיַרְכוֹתֶיהָ כְּשֶׁתַּשְׁוֶה רַגְלֶיהָ וְתֶאֱסֹף אוֹתָן זוֹ לָזוֹ, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּאִישׁ שֶׁהַגִּיד וְהַבֵּיצִים בּוֹלְטִים וְנִרְאִים:

Et il faut se garder des excréments, de l’urine, de l’ervah découverte et du cœur qui voit l’ervah — comme pour la lecture du Chema. Et la femme a le droit de s’asseoir dénudée et de bénir, parce que dans sa position assise sa face inférieure est couverte par le sol, ou par le banc sur lequel elle est assise, et par ses cuisses lorsqu’elle met ses jambes à égalité et les rassemble l’une contre l’autre — ce qui n’est pas le cas chez l’homme, dont le membre et les testicules font saillie et sont visibles.

סעיף ז אֵין לְבָרֵךְ בְּגִלּוּי הָרֹאשׁ.

אֵין לְבָרֵךְ בְּגִלּוּי הָרֹאשׁ, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן צ״א:

On ne doit pas bénir tête découverte, comme il est expliqué au siman צ״א (Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm צ״א).

סעיף ח אוֹחֵז בִּימִינוֹ אֶת מַה שֶּׁמְּבָרֵךְ עָלָיו — וְלֹא עַל יְדֵי סַכִּין.

כָּל דָּבָר שֶׁמְּבָרֵךְ עָלָיו לְאָכְלוֹ אוֹ לְהָרִיחַ בּוֹ אוֹ לַעֲשׂוֹת בּוֹ מִצְוָה — צָרִיךְ לֶאֱחֹז בִּימִינוֹ כְּשֶׁהוּא מְבָרֵךְ.
וְיֵשׁ מִי שֶׁאוֹמֵר, שֶׁעַל דֶּרֶךְ הַקַּבָּלָה אֵין לִתְחֹב הַפְּרִי שֶׁמְּבָרֵךְ עָלָיו בְּסַכִּין וְלֶאֱחֹז הַסַּכִּין בִּימִינוֹ, כִּי הֵם ב׳ הֲפָכִים בְּנוֹשֵׂא אֶחָד, שֶׁהַיָּמִין מִמֶּנָּה "תּוֹצְאוֹת חַיִּים", וְהַסַּכִּין הוּא כֹּחוֹ שֶׁל עֵשָׂו הַמְקַצֵּר חַיִּים, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן ק״פ:

Toute chose sur laquelle il bénit pour la manger, ou pour la respirer, ou pour accomplir avec elle une mitzvah — il doit la tenir dans sa main droite pendant qu’il bénit.
Et il est un avis selon lequel, sur la voie de la Kabbalah, on ne doit pas piquer d’un couteau le fruit sur lequel on bénit et tenir le couteau dans sa main droite, car ce sont deux contraires dans un même sujet : de la droite viennent les issues de la vie, tandis que le couteau est la force d’Essav, qui abrège la vie, comme il est expliqué au siman ק״פ (Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm ק״פ).

סעיף ט לֹא אֲחָזוֹ, וְדִין מַה שֶּׁהֵבִיאוּ לְפָנָיו אַחַר הַבְּרָכָה.

וְאִם לֹא אֲחָזוֹ כְּלָל, אִם הָיָה לְפָנָיו כְּשֶׁבֵּרַךְ עָלָיו — יָצָא. וְאִם בֵּרַךְ וְאַחַר כָּךְ הֵבִיאוּ לְפָנָיו, אַף שֶׁבֵּרַךְ עַל דַּעַת כֵּן — צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ.
אֲבָל מִי שֶׁבֵּרַךְ עַל פֵּרוֹת שֶׁלְּפָנָיו וְאַחַר כָּךְ הֵבִיאוּ לוֹ יוֹתֵר מֵאוֹתוֹ הַמִּין, אוֹ מִמִּין אַחֵר שֶׁנִּפְטַר בַּבְּרָכָה הָרִאשׁוֹנָה, כְּגוֹן שֶׁבִּרְכוֹתֵיהֶם שָׁווֹת, אוֹ שֶׁהָרִאשׁוֹן עִקָּר וְהַשֵּׁנִי טָפֵל — אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ, אֲפִלּוּ הֵבִיאוּ לְפָנָיו מִין הָאַחֵר אַחַר שֶׁכָּלָה הָרִאשׁוֹן, שֶׁכְּבָר אֲכָלוֹ כֻּלּוֹ.
וְהוּא שֶׁכְּשֶׁבֵּרַךְ הָיָה דַּעְתּוֹ גַּם עַל הַשֵּׁנִי לְאָכְלוֹ, אֲפִלּוּ לֹא הָיָה בְּדַעְתּוֹ בְּפֵרוּשׁ לְפָטְרוֹ בִּבְרָכָה זוֹ, אֲבָל אִם לֹא הָיְתָה דַּעְתּוֹ עָלָיו בִּשְׁעַת הַבְּרָכָה — צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ, אִם כְּבָר אָכַל הָרִאשׁוֹן קֹדֶם שֶׁהֵבִיאוּ מִין הָאַחֵר לְפָנָיו. אֲבָל אִם יֵשׁ עֲדַיִן לְפָנָיו מִמִּין הָרִאשׁוֹן כְּשֶׁהֵבִיאוּ לְפָנָיו מִין אַחֵר הַדּוֹמֶה לְהָרִאשׁוֹן, כְּגוֹן שֶׁשְּׁנֵיהֶם מִינֵי פֵּרוֹת, אוֹ שֶׁשְּׁנֵיהֶם מִינֵי מַשְׁקִין — אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ עָלָיו, שֶׁכָּל זְמַן שֶׁהוּא עוֹסֵק בַּאֲכִילַת אוֹ שְׁתִיַּת הָרִאשׁוֹן — אֵינוֹ עוֹשֶׂה הֶסַּח הַדַּעַת מִן הַסְּתָם, אֶלָּא אִם כֵּן נִמְלַךְ מַמָּשׁ, לְפִי שֶׁכֵּן דַּרְכּוֹ שֶׁל אָדָם כְּשֶׁהוּא עוֹסֵק בַּאֲכִילָה אוֹ בִּשְׁתִיָּה, לְהִמָּשֵׁךְ בָּהּ וְלִגְרֹר מֵאֲכִילָה לַאֲכִילָה וּמִשְּׁתִיָּה לִשְׁתִיָּה.
אֲבָל אִם שׁוֹתֶה שֵׁכָר וְהֵבִיאוּ לוֹ דָּגִים לְמַתֵּק הַשְּׁתִיָּה, אַף עַל פִּי שֶׁהַכֹּל בְּרָכָה אַחַת, וְגַם הַדָּגִים הֵם טְפֵלִים לְהַשֵּׁכָר, שֶׁעַל יְדֵי כָּךְ שׁוֹתֶה יוֹתֵר — אֵינָם נִפְטָרִים בִּבְרָכָה אַחַת, אֶלָּא אִם כֵּן הָיְתָה דַּעְתּוֹ עֲלֵיהֶם, אוֹ שֶׁהָיוּ לְפָנָיו בִּשְׁעַת בְּרָכָה, כְּמוֹ שֶׁיִּתְבָּאֵר בְּסִימָן רי״ב.
(וְאִם הֵבִיאוּ לְפָנָיו מֵאוֹתוֹ הַמִּין מַמָּשׁ, אַף אִם כְּבָר אָכַל הָרִאשׁוֹן כֻּלּוֹ — אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ, אֶלָּא אִם כֵּן הוּא נִמְלַךְ מַמָּשׁ. אֲבָל בִּסְתָם אֵינוֹ עוֹשֶׂה הֶסַּח הַדַּעַת מִמִּין זֶה שֶׁהָיָה לְפָנָיו בִּשְׁעַת הַבְּרָכָה לִהְיוֹת נִמְנָע מִלְּאָכְלוֹ עוֹד כְּשֶׁיָּבִיאוּ לְפָנָיו, לְפִי שֶׁדַּרְכּוֹ שֶׁל אָדָם לְהִמָּשֵׁךְ בַּאֲכִילָה וּלְהַרְבּוֹת בָּהּ מֵאַחַר שֶׁהִתְחִיל בָּהּ).
וְיֵשׁ אוֹמְרִים, שֶׁלֹּא אָמְרוּ כֵּן אֶלָּא בִּסְעוּדָה שֶׁאָדָם קוֹבֵעַ עַצְמוֹ בָּהּ, אֲבָל בְּפֵרוֹת וְכַיּוֹצֵא בָּהֶם, אַף אִם קוֹבֵעַ עַצְמוֹ בָּהֶם — אֵין קְבִיעָתוֹ כְּלוּם, שֶׁאֵין קֶבַע לְפֵרוֹת, וְכֵיוָן שֶׁלֹּא הָיְתָה דַּעְתּוֹ עַל מַה שֶּׁהֵבִיאוּ לְפָנָיו אַחַר הַבְּרָכָה, אַף שֶׁאֵינוֹ נִמְלַךְ מַמָּשׁ — צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ בְּכָל עִנְיָן, אַף אִם הֵבִיאוּ לוֹ מֵאוֹתוֹ הַמִּין מַמָּשׁ, וְלֹא אָכַל עֲדַיִן הָרִאשׁוֹן.
וּסְפֵק בְּרָכוֹת לְהָקֵל. וּמִכָּל מָקוֹם, לְכַתְּחִלָּה טוֹב לִזָּהֵר לִהְיוֹת דַּעְתּוֹ עַל כָּל מַה שֶּׁיָּבִיאוּ לוֹ.
וְאוֹרְחִים הַקְּרוּאִים לֶאֱכֹל מִינֵי פֵּרוֹת, כֵּיוָן שֶׁדַּעְתָּם עַל בַּעַל הַבַּיִת שֶׁזִּמְּנָם — הֲרֵי דַּעְתָּם עַל כָּל מַה שֶּׁהֵבִיא לִפְנֵיהֶם, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קע״ט. וַאֲפִלּוּ הֵבִיא לִפְנֵיהֶם מִין אַחֵר אַחַר שֶׁכָּלָה הָרִאשׁוֹן — אֵין צְרִיכִים לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ:

Et s’il ne l’a pas tenu du tout : si l’aliment était devant lui lorsqu’il a béni dessus — il est quitte. Mais s’il a béni et qu’ensuite on le lui a apporté devant lui, alors même qu’il a béni dans cette intention — il doit revenir et bénir.
Mais celui qui a béni sur des fruits qui étaient devant lui, et qu’ensuite on lui a apporté davantage de cette même espèce, ou d’une autre espèce déjà acquittée par la première bénédiction — par exemple parce que leurs bénédictions sont identiques, ou parce que le premier est l’essentiel et le second l’accessoire — n’a pas besoin de revenir et de bénir, même si on a apporté devant lui l’autre espèce après que le premier fut fini, l’ayant déjà entièrement mangé.
Et cela à condition qu’au moment où il a béni son esprit fût aussi sur le second, pour le manger, même s’il n’avait pas explicitement en vue de l’acquitter par cette bénédiction ; mais si son esprit n’était pas sur lui à l’heure de la bénédiction — il doit revenir et bénir, s’il a déjà mangé le premier avant qu’on ait apporté devant lui l’autre espèce. En revanche, s’il reste encore devant lui de la première espèce lorsqu’on apporte devant lui une autre espèce semblable à la première — par exemple que toutes deux soient des sortes de fruits, ou toutes deux des sortes de boissons — il n’a pas besoin de revenir et de bénir dessus, car tant qu’il est occupé à manger ou à boire le premier, il ne détourne pas son esprit sans autre raison, à moins de s’être véritablement ravisé ; car telle est la manière de l’homme lorsqu’il est occupé à manger ou à boire : se laisser entraîner et glisser d’une bouchée à l’autre et d’une gorgée à l’autre.
Mais s’il boit de la bière et qu’on lui apporte du poisson pour adoucir la boisson, bien que tout relève d’une seule bénédiction et que le poisson soit accessoire à la bière — puisque par lui il boit davantage — ils ne sont pas acquittés par une seule bénédiction, à moins que son esprit n’ait été sur eux, ou qu’ils n’aient été devant lui à l’heure de la bénédiction, comme il sera expliqué au siman רי״ב (Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm רי״ב).
(Et si on a apporté devant lui de cette espèce même, même s’il a déjà mangé tout le premier — il n’a pas besoin de revenir et de bénir, à moins de s’être véritablement ravisé. Mais sans autre raison, il ne détourne pas son esprit de cette espèce qui était devant lui à l’heure de la bénédiction au point de se retenir d’en manger encore lorsqu’on la lui apportera, car la manière de l’homme est de se laisser entraîner dans la consommation et d’y multiplier une fois qu’il a commencé.)
Et il est des avis selon lesquels on n’a dit cela que d’un repas, où l’homme s’établit ; mais pour des fruits et ce qui leur ressemble, même s’il s’y établit — son établissement n’est rien, car il n’y a pas de kevi’out pour les fruits ; et puisque son esprit n’était pas sur ce qu’on a apporté devant lui après la bénédiction, même s’il ne s’est pas véritablement ravisé — il doit revenir et bénir dans tous les cas, même si on lui a apporté de cette espèce même, et même s’il n’a pas encore mangé le premier.
Et dans un doute de bénédictions, on allège. Néanmoins, lekhathila il est bon de veiller à avoir en vue tout ce qu’on lui apportera.
Et les invités conviés à manger des sortes de fruits, puisque leur esprit s’en remet au maître de maison qui les a conviés — leur esprit porte sur tout ce qu’il apportera devant eux, comme il est expliqué au siman קע״ט (Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm קע״ט). Et même s’il a apporté devant eux une autre espèce après que la première fut finie — ils n’ont pas besoin de revenir et de bénir.

סעיף י הַשֵּׁנִי חָשׁוּב מִן הָרִאשׁוֹן — אֵינוֹ נִפְטָר בִּבְרָכָה סְתָמִית.

וְכָל זֶה כְּשֶׁהָרִאשׁוֹן וְהַשֵּׁנִי הֵם שָׁוִים בַּחֲשִׁיבוּת, שֶׁאֵין לָזֶה קְדִימָה עַל זֶה אִם הָיוּ שְׁנֵיהֶם לְפָנָיו, אֲבָל אִם הַשֵּׁנִי חָשׁוּב מֵהָרִאשׁוֹן מִפְּנֵי שֶׁהוּא מִין ז׳, אוֹ שֶׁהוּא חָבִיב, עַל דֶּרֶךְ שֶׁיִּתְבָּאֵר בְּסִימָן רי״א — אֵינוֹ נִפְטָר בְּבִרְכַּת הָרִאשׁוֹן, אֲפִלּוּ אִם הוּא גַּם כֵּן לְפָנָיו בִּשְׁעַת הַבְּרָכָה אֶלָּא שֶׁבֵּרַךְ בִּסְתָם וְלֹא נִתְכַּוֵּן לִפְטֹר הַשֵּׁנִי בִּבְרָכָה זוֹ. וְאַף עַל פִּי שֶׁמִּן הַסְּתָם דַּעְתּוֹ עָלָיו, מִכָּל מָקוֹם אֵינוֹ בְּדִין שֶׁיִּפְטֹר שֶׁאֵינוֹ חָשׁוּב אֶת הֶחָשׁוּב בְּדֶרֶךְ גְּרָרָא, אֶלָּא אִם כֵּן נִתְכַּוֵּן לְפָטְרוֹ בְּפֵרוּשׁ, אֲבָל לֹא בִּסְתָם (כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קע״ו).
וּכְשֶׁנִּתְכַּוֵּן לְפָטְרוֹ — פּוֹטְרוֹ אֲפִלּוּ לֹא הָיָה לְפָנָיו בִּשְׁעַת בְּרָכָה. וְאִם הֱבִיאוּהוּ לְפָנָיו בְּעוֹדוֹ מְבָרֵךְ, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא יָפֶה מִן הָרִאשׁוֹן וְחָבִיב עָלָיו וְגַם הוּא מִין ז׳ — יֹאכַל תְּחִלָּה מִן הָרִאשׁוֹן (כֵּיוָן שֶׁהִתְחִיל עָלָיו הַבְּרָכָה שֶׁבֵּרַךְ עָלָיו):

Et tout cela lorsque le premier et le second sont égaux en importance, aucun n’ayant priorité sur l’autre s’ils étaient tous deux devant lui ; mais si le second est plus important que le premier, parce qu’il est de l’une des sept espèces, ou parce qu’il est aimé, sur le mode qui sera expliqué au siman רי״א (Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm רי״א) — il n’est pas acquitté par la bénédiction du premier, même s’il était lui aussi devant lui à l’heure de la bénédiction, dès lors qu’il a béni sans intention particulière et n’a pas eu en vue d’acquitter le second par cette bénédiction. Et bien que, sans autre précision, son esprit soit sur lui, il n’est pourtant pas juste que ce qui n’est pas important acquitte l’important par voie d’entraînement, à moins qu’il n’ait eu explicitement en vue de l’acquitter — mais non sans intention particulière (comme il est expliqué au siman קע״ו, Choulhan Aroukh HaRav, Orah Haïm קע״ו).
Et lorsqu’il a eu en vue de l’acquitter — il l’acquitte même s’il n’était pas devant lui à l’heure de la bénédiction. Et si on l’a apporté devant lui alors qu’il bénissait encore, bien qu’il soit plus beau que le premier, qu’il lui soit cher et qu’il soit aussi de l’une des sept espèces — qu’il mange d’abord du premier (puisque c’est sur lui qu’a commencé la bénédiction qu’il a récitée).

סעיף יא נָפַל הַפְּרִי מִיָּדוֹ אַחַר הַבְּרָכָה — וְהָעוֹמֵד עַל אַמַּת הַמַּיִם.

נָטַל בְּיָדוֹ פְּרִי לְאָכְלוֹ וּבֵרַךְ עָלָיו וְנָפַל מִיָּדוֹ וְנֶאֱבַד אוֹ נִמְאַס עַד שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לַאֲכִילָה וְיֵשׁ מִמִּין זֶה לְפָנָיו עוֹד — צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ עֲלֵיהֶם, אֲפִלּוּ הָיְתָה דַּעְתּוֹ עֲלֵיהֶם כְּשֶׁבֵּרַךְ, לְפִי שֶׁהַבְּרָכָה חָלָה עַל זֶה שֶׁאָחַז בְּיָדוֹ כְּשֶׁבֵּרַךְ, וְזֶה פּוֹטֵר אֶת כֻּלָּם, אֲבָל כְּשֶׁלֹּא אָכַל אֶת זֶה — לֹא נִפְטַר בַּבְּרָכָה שֶׁבֵּרַךְ עַל זֶה.
וּמִכָּל מָקוֹם, הָעוֹמֵד עַל אַמַּת הַמַּיִם — מְבָרֵךְ וְשׁוֹתֶה אַף עַל פִּי שֶׁהַמַּיִם שֶׁהָיוּ לְפָנָיו כְּשֶׁבֵּרַךְ חָלְפוּ וְהָלְכוּ, לְפִי שֶׁלְּכָךְ נִתְכַּוֵּן מִתְּחִלָּה שֶׁלֹּא לִשְׁתּוֹת מַיִם אֵלּוּ אֶלָּא מַה שֶׁיָּבֹאוּ אַחַר בִּרְכָתוֹ, וַעֲלֵיהֶם חָלָה בִּרְכָתוֹ.
וְיֵשׁ אוֹמְרִים, שֶׁהַבְּרָכָה חָלָה עַל כָּל מַה שֶּׁמּוּכָן לְפָנָיו וְדַעְתּוֹ עָלָיו, וְאֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ עָלָיו אִם נָפַל מִיָּדוֹ הַפְּרִי שֶׁבֵּרַךְ עָלָיו. וְכֵן אִם בֵּרַךְ עַל הַכּוֹס וְנִשְׁפַּךְ וְחוֹזֵר וּמְמַלְּאוֹ מִן הַקַּנְקַן שֶׁעוֹמֵד לְפָנָיו עַל הַשֻּׁלְחָן אוֹ עַל הַסַּפְסָל שֶׁאֶצְלוֹ מוּכָן לִשְׁתִיָּה — אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ עָלָיו. וְכֵן עִקָּר, לְהָקֵל בִּסְפֵק בְּרָכוֹת.
וְהוּא שֶׁהָיְתָה דַּעְתּוֹ בְּבֵרוּר לֶאֱכֹל וְלִשְׁתּוֹת מִמַּה שֶּׁלְּפָנָיו, אַף אִם לֹא הָיָה נוֹפֵל מִיָּדוֹ מַה שֶּׁבֵּרַךְ עָלָיו, אֲבָל בִּסְתָם אֵין הַבְּרָכָה חָלָה אֶלָּא עַל מַה שֶּׁבְּיָדוֹ בִּשְׁעַת הַבְּרָכָה.
וַאֲפִלּוּ אִם הָיְתָה דַּעְתּוֹ בְּבֵרוּר לֶאֱכֹל וְלִשְׁתּוֹת עוֹד — אֵין הַבְּרָכָה חָלָה עַל זֶה אֶלָּא כְּשֶׁהוּא לְפָנָיו בִּשְׁעַת הַבְּרָכָה, אֲבָל אִם אַחַר כָּךְ הֱבִיאוּהוּ לְפָנָיו — צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ עָלָיו אִם נָפַל מַה שֶּׁבְּיָדוֹ מִמֶּנּוּ, אֲפִלּוּ בְּמָקוֹם שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלָיו אִם הָיָה אוֹכֵל אוֹ שׁוֹתֶה מִמַּה שֶּׁבְּיָדוֹ כְּשֶׁבֵּרַךְ.
(וּבַמַּיִם שֶׁבְּאַמַּת הַמַּיִם, כֵּיוָן שֶׁהֵם מְעֹרָבִים וּמְחֻבָּרִים וְגוּף אֶחָד הֵם — הַבְּרָכָה עַל כֻּלָּם, אַף עַל מַה שֶּׁלֹּא הָיָה לְפָנָיו בִּשְׁעַת הַבְּרָכָה):

Il a pris dans sa main un fruit pour le manger et a béni dessus, et il est tombé de sa main et s’est perdu, ou est devenu répugnant au point de n’être plus propre à la consommation, et il y a encore de cette espèce devant lui — il doit revenir et bénir sur eux, même si son esprit était sur eux lorsqu’il a béni, car la bénédiction s’est posée sur celui qu’il tenait dans sa main lorsqu’il a béni, et celui-là les acquitte tous ; mais dès lors qu’il n’a pas mangé celui-là — ils n’ont pas été acquittés par la bénédiction récitée sur lui.
Et néanmoins, celui qui se tient au bord du canal d’eau — bénit et boit, bien que l’eau qui était devant lui lorsqu’il a béni se soit écoulée et soit partie, car telle était son intention dès le départ : ne pas boire ces eaux-là, mais celles qui viendraient après sa bénédiction, et c’est sur elles que sa bénédiction s’est posée.
Et il est des avis selon lesquels la bénédiction se pose sur tout ce qui est prêt devant lui et sur quoi porte son esprit, et il n’a pas besoin de revenir et de bénir dessus si le fruit sur lequel il a béni est tombé de sa main. Et de même s’il a béni sur la coupe et qu’elle s’est renversée, et qu’il la remplit de nouveau au pichet qui se tient devant lui sur la table, ou sur le banc auprès de lui, prêt à être bu — il n’a pas besoin de revenir et de bénir dessus. Et ainsi est l’essentiel : alléger dans un doute de bénédictions.
Et cela à condition que son esprit ait été clairement de manger et de boire de ce qui est devant lui, même si ce sur quoi il a béni n’était pas tombé de sa main ; mais sans intention explicite, la bénédiction ne se pose que sur ce qui est dans sa main à l’heure de la bénédiction.
Et même si son esprit était clairement de manger et de boire encore — la bénédiction ne se pose sur cela que lorsque c’est devant lui à l’heure de la bénédiction ; mais si on l’a apporté devant lui ensuite — il doit revenir et bénir dessus si ce qui était dans sa main en est tombé, et cela même dans un cas où il n’aurait pas eu besoin de bénir dessus s’il avait mangé ou bu de ce qui était dans sa main lorsqu’il a béni.
(Et pour les eaux du canal, puisqu’elles sont mêlées, jointes et ne font qu’un seul corps — la bénédiction porte sur toutes, même sur ce qui n’était pas devant lui à l’heure de la bénédiction.)

סעיף יב מְבָרֵךְ לְהוֹצִיא אֲחֵרִים וְנָפַל מַה שֶּׁבְּיָדוֹ.

וְכָל זֶה כְּשֶׁאוֹכֵל אוֹ שׁוֹתֶה לְבַדּוֹ, אֲבָל אִם יֵשׁ אֲחֵרִים עִמּוֹ וְהוּא מְבָרֵךְ גַּם לָהֶם לְהוֹצִיאָם יְדֵי חוֹבָתָן וְנָפַל מַה שֶּׁבְּיָדוֹ אַחַר הַבְּרָכָה — יֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ, כִּי הַבְּרָכָה חָלָה גַּם עַל מַה שֶּׁבְּיַד אֲחֵרִים, אֲפִלּוּ לֹא אָחֲזוּ בְּיָדָם אֶלָּא הָיָה לִפְנֵיהֶם — הַבְּרָכָה חָלָה עַל מַה שֶּׁלִּפְנֵיהֶם כְּשֶׁהֵם טוֹעֲמִים אַחַר בִּרְכָתוֹ, וְלָכֵן גַּם הוּא אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ עַל מַה שֶּׁמְּבִיאִים לוֹ אַחַר כָּךְ, רַק שֶׁלֹּא יַפְסִיק בֵּינְתַיִם בְּשִׂיחָה:

Et tout cela lorsqu’il mange ou boit seul ; mais s’il y a d’autres personnes avec lui et qu’il bénit aussi pour elles, afin de les acquitter, et que ce qui était dans sa main est tombé après la bénédiction — il est des avis selon lesquels il n’a pas besoin de revenir et de bénir, car la bénédiction s’est posée aussi sur ce qui est dans la main des autres ; et même s’ils ne le tenaient pas dans leur main mais qu’il était devant eux — la bénédiction se pose sur ce qui est devant eux lorsqu’ils goûtent après sa bénédiction ; et c’est pourquoi lui non plus n’a pas besoin de revenir et de bénir sur ce qu’on lui apporte ensuite, à la seule condition qu’il n’ait pas interrompu entre-temps par une conversation.

סעיף יג בְּרָכָה לְבַטָּלָה — בָּרוּךְ שֵׁם, וְהַנִּזְכָּר קֹדֶם הַזְכָּרַת הַשֵּׁם.

וְכָל מָקוֹם שֶׁהוּא צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ וּבִרְכָתוֹ הָרִאשׁוֹנָה הִיא לְבַטָּלָה — צָרִיךְ לוֹמַר אַחֲרֶיהָ: "בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד". וְכֵן כָּל מִי שֶׁמַּזְכִּיר שֵׁם שָׁמַיִם לְבַטָּלָה.
וְאִם נָפַל מִיָּדוֹ הָאֹכֶל אוֹ נִשְׁפַּךְ הַכּוֹס קֹדֶם שֶׁאָמַר "אֱלֹהֵינוּ" — יְסַיֵּם וְיֹאמַר: "לַמְּדֵנִי חֻקֶּיךָ", שֶׁיְּהֵא נִרְאֶה כְּקוֹרֵא פָּסוּק, וְאֵין כָּאן הַזְכָּרַת שֵׁם שָׁמַיִם לְבַטָּלָה. וְכֵן כָּל בְּרָכָה לְבַטָּלָה שֶׁנִּזְכַּר קֹדֶם שֶׁיֹּאמַר "אֱלֹהֵינוּ":

Et partout où il doit revenir et bénir, sa première bénédiction se trouvant en vain — il doit dire après elle : barouh chem kevod malkhouto le’olam va’ed. Et de même quiconque mentionne le Nom du Ciel en vain.
Et si l’aliment est tombé de sa main ou que la coupe s’est renversée avant qu’il eût dit Elokeinou — qu’il achève et dise : lamdeni houkekha, de sorte que cela paraisse comme la lecture d’un verset, et il n’y a plus ici de mention du Nom du Ciel en vain. Et de même pour toute bénédiction en vain dont il se ravise avant de dire Elokeinou.

סעיף יד בֵּרַךְ עַל הַמַּיִם וְשָׁמַע שֶׁיֵּשׁ מֵת בַּשְּׁכוּנָה, אוֹ שֶׁהַתְּקוּפָה נוֹפֶלֶת.

בֵּרַךְ עַל הַמַּיִם וְשָׁמַע שֶׁיֵּשׁ מֵת בַּשְּׁכוּנָה, וּמִנְהָג לִשְׁפֹּךְ כָּל מַיִם שְׁאוּבִין שֶׁבִּשְׁכוּנַת הַמֵּת — יִשְׁתֶּה מְעַט מִן הַמַּיִם שֶׁלֹּא תְּהֵא בִּרְכָתוֹ לְבַטָּלָה וְאַחַר כָּךְ יִשְׁפֹּךְ הַשְּׁאָר. וְאַף לְהָאוֹמְרִים שֶׁטַּעַם הַמִּנְהָג הוּא מִפְּנֵי שֶׁמַּלְאַךְ הַמָּוֶת מַטִּיל טִפַּת דַּם הַמָּוֶת בַּמַּיִם וְהַשּׁוֹתֶה מֵהֶן מִסְתַּכֵּן, מִכָּל מָקוֹם "שׁוֹמֵר מִצְוָה לֹא יֵדַע דָּבָר רָע", וּמֵאַחַר שֶׁשָּׁתָה מְעַט שֶׁאֵין בִּרְכָתוֹ לְבַטָּלָה — יִשְׁפֹּךְ הַשְּׁאָר מִשּׁוּם חֲשַׁשׁ סַכָּנָה.
וְאִם שָׁמַע שֶׁהַתְּקוּפָה נוֹפֶלֶת — יַמְתִּין מְעַט עַד שֶׁעָבְרָה הַתְּקוּפָה וְיִשְׁתֶּה, כִּי יֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאֵין סַכָּנָה בָּהֶם אֶלָּא לִשְׁתּוֹת בִּשְׁעַת הַתְּקוּפָה. וְאַף הָאוֹמְרִים שֶׁכָּל שֶׁלֹּא הָיָה בָּהֶם בַּרְזֶל בִּשְׁעַת הַתְּקוּפָה יֵשׁ סַכָּנָה לִשְׁתּוֹת מֵהֶם גַּם אַחַר כָּךְ, מִכָּל מָקוֹם "שׁוֹמֵר מִצְוָה לֹא יֵדַע דָּבָר רָע":

Il a béni sur l’eau et a entendu qu’il y a un mort dans le voisinage, et l’usage est de répandre toute eau puisée qui se trouve dans le voisinage du mort — qu’il boive un peu de l’eau, afin que sa bénédiction ne soit pas en vain, et qu’il répande ensuite le reste. Et même selon ceux qui disent que la raison de l’usage est que l’ange de la mort jette une goutte du sang de la mort dans l’eau et que celui qui en boit se met en danger — quoi qu’il en soit, celui qui garde le commandement ne connaîtra rien de mauvais ; et puisqu’il a bu un peu, de sorte que sa bénédiction n’est pas en vain — qu’il répande le reste, par crainte du danger.
Et s’il a entendu que la tekoufa tombe — qu’il attende un peu, jusqu’à ce que la tekoufa soit passée, et qu’il boive, car il est des avis selon lesquels il n’y a de danger qu’à boire à l’heure même de la tekoufa. Et même selon ceux qui disent que toute eau dans laquelle il n’y avait pas de fer à l’heure de la tekoufa est dangereuse à boire même après — quoi qu’il en soit, celui qui garde le commandement ne connaîtra rien de mauvais.

סעיף טו הַשּׁוֹפֵךְ מְעַט מִשּׁוּם מַיִם הָרָעִים — יִשְׁפֹּךְ קֹדֶם הַבְּרָכָה.

הַשּׁוֹתֶה מַיִם וְשׁוֹפֵךְ מְעַט קֹדֶם שְׁתִיָּתוֹ מִשּׁוּם חֲשַׁשׁ מַיִם הָרָעִים — יִשְׁפֹּךְ קֹדֶם שֶׁיַּתְחִיל לְבָרֵךְ וְלֹא אַחַר הַבְּרָכָה, מִשּׁוּם בִּזְיוֹן הַבְּרָכָה:

Celui qui boit de l’eau et en répand un peu avant de boire, par crainte des eaux mauvaises — qu’il répande avant de commencer à bénir, et non après la bénédiction, en raison du mépris que ce serait pour la bénédiction.

2 · למעשה

הלכה למעשה — מנהג חב״ד

La conduite Habad pratique

Des points de conduite qui découlent directement du siman ר״ו dans la sensibilité de l’Admour HaZaken et de Habad — présentés au niveau du principe, en renvoyant au Rav pour le détail des cas.

Pour le Hassid Habad — Siman ר״ו (דִּין הֶפְסֵק וְטָעוּת בְּבִרְכַּת הַפֵּרוֹת)

  • ① Seif א. L’erreur ne se juge pas symétriquement. Haadama dit sur un fruit d’arbre acquitte — l’arbre lui-même a sa souche dans la terre ; haetz dit sur un fruit de la terre n’acquitte pas. De là la sortie de doute du Rav : dire haadama, et être quitte mimah nafchakh. Et chehakol acquitte tout, même le pain et le vin. Mais tout cela n’est que bediavad : lekhathila, chaque aliment reçoit la bénédiction qui lui est propre — et le recours au doute n’est ouvert qu’à celui à qui le doute est né après avoir étudié.
  • ② Seif ב. Haadama récité sur un fruit de la terre n’entraîne pas avec lui le fruit d’arbre posé à côté : l’exemption ne joue que si la bénédiction a porté sur le fruit de l’arbre lui-même. Tout tient donc à l’intention — et l’intention est puissante : celle qui vise à inclure le fruit de l’arbre l’acquitte même s’il n’était pas encore devant lui et n’a été apporté qu’ensuite.
  • ③ Seif ג. Entre la bénédiction et la première bouchée, rien ne s’intercale — pas même l’honneur ni la crainte respectueuse. Une parole étrangère au besoin de la consommation oblige à rebénir. Même le silence ne doit pas s’étirer au-delà de kdei dibbour — la durée du salut d’un élève à son maître, trois mots ; mais si l’on a tardé sans parler, on ne rebénit pas. En revanche, une attente au service de la consommation n’est pas une interruption, même lekhathila : on ne coupe le fruit qu’après avoir béni, afin de bénir sur le fruit entier, lemitzvah min hamouvhar. Et une exception pratique ferme le seif : la noix, qu’on brise avant de bénir, de peur qu’elle ne soit véreuse ou pourrie et que la bénédiction ne soit levatala.
  • ④ Seif ד. Toutes les bénédictions se disent dans n’importe quelle langue. Le Rav ne rouvre pas ici la question de la compréhension : il renvoie au siman קפ״ה.
  • ⑤ Seif ה. Faire entendre à ses propres oreilles est l’exigence lekhathila ; ne pas y être parvenu n’invalide pas. La limite est ailleurs : il faut avoir articulé des lèvres — la pensée seule ne fait pas une bénédiction.
  • ⑥ Seif ו. Les conditions de la bénédiction sont celles du Chema : ni excréments, ni urine, ni ervah découverte, ni cœur voyant l’ervah. Le Rav rapporte la distinction classique entre la femme et l’homme, fondée sur ce qui est effectivement couvert dans la position assise.
  • ⑦ Seif ז. On ne bénit pas tête découverte. Le Rav se contente ici du renvoi au siman צ״א, où la question est traitée au fond.
  • ⑧ Seif ח. Tenir de la main droite ce sur quoi l’on bénit — nourriture, parfum, objet de mitzvah. Et le Rav ajoute la dimension intérieure, qui est sa marque : selon la Kabbalah, ne pas embrocher le fruit d’un couteau tenu de la droite, car ce sont deux contraires dans un même sujet — la droite d’où viennent les issues de la vie, le couteau qui est la force d’Essav et abrège la vie.
  • ⑨ Seif ט. Ne pas avoir tenu l’aliment n’est pas rédhibitoire s’il était devant soi ; mais bénir sur ce qui n’est pas là, fût-ce en y pensant, oblige à rebénir. Toute la suite règle ce qu’on apporte après coup : même espèce, ou espèce couverte par la première bénédiction — rien à rebénir si la pensée y était, même sans intention explicite d’acquitter. Sans cette pensée, on rebénit si le premier est déjà mangé ; mais tant qu’il en reste devant soi et que ce qu’on apporte lui ressemble (fruit et fruit, boisson et boisson), on ne rebénit pas : celui qui mange se laisse entraîner de bouchée en bouchée, et il n’y a hessah hadaat que s’il s’est vraiment ravisé. Le poisson apporté pour relever la bière fait exception. Face au yech omrim pour qui il n’y a pas de kevi’out pour les fruits, le Rav tranche : safek berakhot lehakel — mais lekhathila, avoir en vue tout ce qu’on apportera. Et l’invité, lui, s’appuie sur l’intention de son hôte.
  • ⑩ Seif י. Tout cela vaut entre aliments d’égale importance. Si le second est plus important — l’une des sept espèces, ou aimé — une bénédiction dite sans intention particulière ne l’acquitte pas, même s’il était sur la table : il n’est pas juste que le moindre entraîne l’important par gerara. Il y faut une intention explicite ; et cette intention, quand elle existe, porte même sur ce qui n’était pas devant lui. Enfin, si on le lui apporte pendant qu’il bénit encore, il mangera d’abord du premier — celui sur lequel la bénédiction a commencé.
  • ⑪ Seif יא. Le fruit tombé et perdu, ou devenu répugnant : selon le premier avis, la bénédiction ne s’est posée que sur ce qu’il tenait, et il faut rebénir sur le reste ; l’homme debout au canal d’eau fait exception, car il n’a jamais visé cette eau-là. Le yech omrim étend la bénédiction à tout ce qui est prêt devant lui et présent à sa pensée — coupe renversée puis remplie au pichet posé sur la table : on ne rebénit pas. Et telle est la conclusion du Rav — vekhen ikkar, alléger dans un doute de bénédictions — à deux conditions qu’il précise aussitôt : une intention claire, et un aliment déjà présent au moment de bénir.
  • ⑫ Seif יב. Bénir pour autrui élargit l’assiette de la bénédiction : elle se pose aussi sur ce qui est dans les mains des autres, ou simplement devant eux, dès lors qu’ils goûtent après lui. D’où la conséquence pour lui-même : ce qu’on lui apporte ensuite n’exige pas de nouvelle bénédiction — à la seule condition qu’il n’ait pas parlé entre-temps.
  • ⑬ Seif יג. Toute bénédiction qui se révèle levatala se répare : on dit après elle barouh chem kevod malkhouto le’olam va’ed — comme quiconque mentionne le Nom en vain. Et si l’incident survient avant le mot Elokeinou, on enchaîne lamdeni houkekha : la phrase se lit alors comme un verset, et il n’y a pas eu mention du Nom en vain. Le Rav généralise la sortie à toute bénédiction en vain dont on se ravise à temps.
  • ⑭ Seif יד. Un usage ne prime pas une bénédiction déjà prononcée : celui qui a béni sur l’eau et apprend qu’il y a un mort dans le voisinage boit un peu — pour que sa bénédiction ne soit pas vaine — puis répand le reste. Même selon la raison du danger, chomer mitzvah lo yeda davar ra le couvre pour cette gorgée ; le reste, on le répand par précaution. Et à l’heure de la tekoufa, on attend simplement qu’elle passe avant de boire.
  • ⑮ Seif טו. Le siman se ferme sur une question d’ordre, non d’interdit : celui qui a l’usage de répandre un peu d’eau avant de boire, par crainte des eaux mauvaises, répandra avant de commencer la bénédiction et non après — répandre après serait un mépris de la bénédiction.

⚠ Cette section présente la conduite Habad fondée sur le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, siman ר״ו (texte réel reproduit au §1). Elle ne remplace pas une décision rabbinique pour un cas particulier. Pour toute question concrète — une bénédiction dite par erreur, une interruption, un aliment apporté après coup, une bénédiction que l’on craint vaine — consulter ton Rav, et pour Habad, un Rav de Habad.