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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman רכ״ט · L’arc d’un jour, et l’horloge de vingt-huit ans

ברכת הקשת וחמה בתקופתה — la formule זוכר הברית נאמן בבריתו וקיים במאמרו, l’interdit de fixer l’arc-en-ciel (ואסור להסתכל בו ביותר), et la bénédiction עושה בראשית sur le soleil revenu à son point de départ
סימן רכ״ט · ב׳ סעיפים
ברכת הקשת וחמה בתקופתה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Deux seifim seulement, et deux extrêmes du calendrier. Le premier parle de l’arc-en-ciel : on le bénit dès qu’il paraît, et pourtant on ne doit pas le fixer. Le second parle d’un événement qui ne revient qu’une fois tous les vingt-huit ans. Texte hébreu, traduction française et explication des ב׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Ce que l’on dit devant l’arc-en-ciel, et ce que l’on dit devant le soleil à son tekoufa — זוכר הברית ועושה בראשית
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן רכ״ט · ב׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Deux bénédictions, et rien d’autre. L’arc-en-ciel : une formule unique, faite de deux traditions que la Guemara a réunies, et qui ne se clôt par aucune חתימה ; on la dit en voyant, non en scrutant, car fixer l’arc-en-ciel est défendu. Le soleil à son tekoufa : une seule fois en vingt-huit ans, le mercredi matin où la tekoufa de Nissan retombe exactement là où elle était au commencement. Le siman ajoute la lune, les cinq planètes et les constellations — et la Michna Beroura note que l’usage n’a pas gardé cette dernière partie. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l’étude

A. הרואה הקשת (séif 1) — la formule, et pourquoi elle est double
B. ואסור להסתכל בו ביותר (séif 1) — voir sans fixer
C. חמה בתקופתה (séif 2) — le soleil, une fois en vingt-huit ans
D. לבנה בטהרתה וככבים במשמרותם (séif 2) — la lune, les planètes et les constellations
1-3. Cas pratiques et questions de compréhension

A. הרואה הקשת — la bénédiction sur l’arc-en-ciel

קֶשֶׁת — l’arc que Hachem place dans la nuée après le déluge, et qui est dans le récit de la Torah le signe d’une alliance : non pas une promesse faite à un homme, mais une promesse faite au monde. Le siman ne raconte pas ce récit ; il en tire une bénédiction, et un interdit. La bénédiction dit ce que l’arc rappelle ; l’interdit dit comment on doit le regarder.

Séif 1 — הרואה הקשת אומר ברוך אתה ה׳ אמ״ה זוכר הברית

הרואה הקשת אומר ברוך אתה ה׳ אמ״ה זוכר הברית נאמן בבריתו וקיים במאמרו ואסור להסתכל בו ביותר:
Séif 1 : celui qui voit l’arc-en-ciel dit : Béni sois-Tu, Hachem notre Dieu, Roi de l’univers, qui Se souvient de l’alliance, fidèle en Son alliance et qui tient Sa parole ; et il est défendu de le fixer du regard avec insistance.
Deux traditions, et la Guemara les garde toutes les deux. Le Talmud demande d’abord quelle est la formule : « מאי מברך? — ״ברוך … זוכר הברית״. במתניתא תנא, רבי ישמעאל בנו של רבי יוחנן בן ברוקא אומר: ״נאמן בבריתו וקיים במאמרו״. » (ברכות נ״ט ע״א). Puis Rav Papa tranche : « אמר רב פפא: הלכך נימרינהו לתרוייהו: ״ברוך … זוכר הברית, ונאמן בבריתו וקיים במאמרו״. » (ברכות נ״ט ע״א). résumé : une tradition disait זוכר הברית, une baraïta disait נאמן בבריתו וקיים במאמרו ; Rav Papa ne choisit pas — il fait de l’une et de l’autre une seule bénédiction, et c’est celle que le Mehaber écrit.
Ce que le Tour écrit, et la petite différence avec le Mehaber. Le Tour donne la même formule, avec un ו : « הרואה הקשת אומר בא״י אמ״ה זוכר הברית ונאמן בבריתו וקיים במאמרו ואסור להסתכל בו הרבה. » (טור או״ח סימן רכ״ט). Et la Michna Beroura le relève expressément : « ברמב״ם וטור הנוסח ונאמן » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ג). résumé : le Mehaber écrit נאמן et le Rambam et le Tour écrivent ונאמן ; une lettre, et la Michna Beroura a jugé bon de la noter.
La langue du Rambam. « זוכר הברית ונאמן בבריתו וקים במאמרו » (רמב״ם הלכות ברכות פרק י הלכה טז). résumé : la formule du Rambam est celle que le Tour a recopiée, et que le Mehaber a reprise à son tour.
Ce que veulent dire les mots. La Michna Beroura explique la bénédiction phrase par phrase : « ר״ל שלא יעבירנו אע״פ שרבו הרשעים וקיים במאמרו אפילו לא היה הברית כיון שאמר בדבור בעלמא ולא יהיה עוד מבול לשחת הארץ ברור הוא שיקיים מאמרו [אבודרהם] » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ד). résumé : נאמן בבריתו — Il ne l’abolira pas, quand bien même les impies seraient nombreux ; וקיים במאמרו — même sans alliance, Sa simple parole suffirait, car ce qu’Il a dit, Il le tient.
Une bénédiction sans clôture. Le Beit Yossef rapporte l’autre version, celle de Tossafot, puis conclut : « והתוס׳ (שם) כתבו שאומר בא״י נאמן בבריתו וקיים בשבועתו וזוכר הברית אבל הרי״ף והרמב״ם כתבו כמ״ש רבינו ולדברי הכל אין חתימה בברכה זו: » (בית יוסף או״ח סימן רכ״ט). résumé : Tossafot mettaient נאמן בבריתו en tête et וזוכר הברית à la fin ; le Rif et le Rambam font l’inverse. Mais sur un point tout le monde s’accorde : cette bénédiction ne se termine pas par une formule de clôture.
Et l’ordre des mots, en pratique. Le Taz signale une erreur courante : « והעולים טועי׳ לומר תחלה נאמן בבריתו ואח״כ בא״י זוכר הברית וזה שלא כהלכה דאין כאן חתימה כלל » (ט״ז או״ח סימן רכ״ט). Et il donne l’ordre juste : « אלא צריך להתחיל בא״י אמ״ה זוכר הברית ואח״כ נאמן בבריתו וכו׳: » (ט״ז או״ח סימן רכ״ט). Le Magen Avraham dit la même chose en une ligne : « והאומרים נאמן וכו׳ קודם הברכה טועים הם » (מגן אברהם או״ח סימן רכ״ט). résumé : on commence par le Nom et la royauté, puis זוכר הברית, et ensuite seulement נאמן בבריתו וקיים במאמרו — l’inverse ferait de נאמן un préambule à la bénédiction, ce qui n’a pas lieu d’être ici.
Un arc-en-ciel nouveau, une bénédiction nouvelle. Ailleurs, les bénédictions de la vue ne se répètent pas avant trente jours ; ici, non : « ובכאן אם ראה אותו עוד הפעם אפילו בתוך למ״ד יום חוזר ומברך ולא דמי לכל הנך דקי״ל בהו דפעם אחת בחודש די לברוכי דכאן הקשת שבירך עליו חלף והלך לו ודמי לברכת רעמים [שע״ת בשם ברכ״י] » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ב). résumé : l’arc-en-ciel qu’on a béni s’en est allé ; celui qu’on voit aujourd’hui est un autre. La comparaison est faite avec la bénédiction sur le tonnerre, qui se redit dès que l’événement est nouveau.

B. ואסור להסתכל בו ביותר — voir sans fixer

רְאִיָּה et הִסְתַּכְּלוּת — deux mots que le français rend mal par un seul. ראייה, c’est voir : le regard qui reçoit. הסתכלות, c’est fixer : le regard qui insiste, qui détaille, qui veut posséder ce qu’il voit. Tout le séif tient dans cette distinction, car la bénédiction suppose qu’on ait vu, et l’interdit porte sur le fait de fixer.
La source dans Haguiga. « כל שלא חס על כבוד קונו, רתוי לו שלא בא לעולם. מאי היא? רבי אבא אמר: זה המסתכל בקשת. » (חגיגה ט״ז ע״א). Et plus loin : « דרש רבי יהודה ברבי נחמני מתורגמניה דריש לקיש: כל המסתכל בשלשה דברים עיניו כהות: בקשת, ובנשיא, ובכהנים. » (חגיגה ט״ז ע״א). résumé : la Guemara range l’arc-en-ciel à côté du nassi et des kohanim au moment de la bénédiction sacerdotale — trois lieux où quelque chose de la gloire d’En-Haut se laisse voir, et où le regard insistant est une faute contre l’honneur du Créateur.
La question, et la réponse du Roch. Si l’on ne peut pas fixer l’arc-en-ciel, comment le bénit-on ? Le Beit Yossef pose la question et rapporte la réponse : « נשאל הרא״ש איך מסתכלין בקשת כשמברכין דהא אמרינן המסתכל בקשת עיניו כהות והשיב דאין מסתכל כרואה כי המסתכל מוסיף ומדקדק בהבטתו יותר מהרואה ואסור » (בית יוסף או״ח סימן רכ״ט). résumé : celui qui fixe ajoute et scrute ; celui qui voit se contente de voir. La bénédiction demande la seconde chose, l’interdit porte sur la première.
Ce que le Mehaber a précisé. Le Beit Yossef note que le Tour n’a pas interdit tout regard : « ומפרש רבינו דלא מתסר אלא דוקא להסתכל בו הרבה » (בית יוסף או״ח סימן רכ״ט). Et la Michna Beroura reprend la conduite en une ligne : « והמסתכל בו ביותר עיניו כהות [חגיגה ט״ז] אלא רואהו ומברך » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ה). résumé : trois mots pour toute la conduite — il le voit et il bénit. Rien de plus.
Et l’on n’en fait pas l’annonce. « ואין כדאי להגיד לחבירו שיש קשת מטעם מוציא דבה [ח״א] » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:א). résumé : l’arc-en-ciel paraît lorsqu’une génération aurait mérité un jugement ; l’annoncer à la ronde revient à en médire, et le ’Hayé Adam écrit qu’il ne convient pas de le faire.
On ne se prosterne pas non plus. La Guemara rapporte l’usage d’un maître, et la réserve de la terre d’Israël : « ואמר רבי אלכסנדרי אמר רבי יהושע בן לוי: הרואה את הקשת בענן צריך שיפול על פניו, שנאמר: ״כמראה הקשת אשר יהיה בענן וגו׳ ואראה ואפל על פני״. » (ברכות נ״ט ע״א). Mais la Guemara poursuit aussitôt : « לייטי עלה במערבא, משום דמחזי כמאן דסגיד לקשתא. אבל ברוכי ודאי מברך. » (ברכות נ״ט ע״א). L’Aroukh haChoulhan en tire la halakha : « ואסור ליפול על פניו כשרואה הקשת, משום דנראה כמשתחוה לקשת » (ערוך השלחן או״ח סימן רכ״ט). résumé : se prosterner devant l’arc-en-ciel a l’apparence d’un culte rendu à l’arc lui-même — on ne le fait pas ; bénir, en revanche, cela va de soi.
Et l’arc-en-ciel doit-il être entier ? Le Biour Halakha laisse la question ouverte : « לא נתבאר אם בעינן דוקא שיראהו בתמונת קשת דהוא כחצי גורן עגולה או אפילו מקצת ממנו די » (ביאור הלכה או״ח סימן רכ״ט). résumé : faut-il voir l’arc dans sa forme, ce demi-cercle complet, ou une portion suffit-elle ? La Michna Beroura n’a pas trouvé que la question ait été tranchée. Pour la pratique, on suit son Rav.

C. חמה בתקופתה — le soleil, une fois en vingt-huit ans

תְּקוּפָה — le mot désigne un tour, un cycle qui revient à son point de départ. La תקופת ניסן est l’équinoxe de printemps ; et selon le calcul des Sages, ce n’est qu’une fois tous les vingt-huit ans que cet équinoxe retombe exactement au même moment de la semaine qu’au moment de la Création, quand les luminaires furent suspendus au firmament.

Séif 2 — הרואה חמה בתקופתה והוא מכ״ח לכ״ח שנה

הרואה חמה בתקופתה והוא מכ״ח לכ״ח שנה והתקופה בתחלת ליל ד׳ כשרואה אותה ביום ד׳ בבקר אומר ברוך עושה בראשית וכן מברך גם כן כשרואה לבנה בטהרתה וככבים במשמרותם ומזלות בעתם דהיינו כשתחזור הלבנה בתחלת מזל טלה בתחלת החדש ולא תהיה נוטה לא לצפון ולא לדרום וכן כשיחזרו כל כוכב מחמשה הנשארים לתחלת מזל טלה ולא יהא נוטה לא לצפון ולא לדרום וכן בכל עת שיראה מזל טלה עולה מקצות המזרח:
Séif 2 : celui qui voit le soleil à son tekoufa — et c’est de vingt-huit ans en vingt-huit ans, quand le tekoufa tombe au début de la nuit du mercredi et qu’il le voit le mercredi matin — dit : Béni… qui fait l’œuvre du commencement. Et il bénit de même lorsqu’il voit la lune dans sa pureté, les astres dans leurs postes et les constellations en leur temps, c’est-à-dire quand la lune revient au début du Bélier, au début du mois, sans incliner ni au nord ni au sud ; et de même quand chacune des cinq planètes restantes revient au début du Bélier sans incliner ni au nord ni au sud ; et de même chaque fois qu’il voit le Bélier monter de l’extrémité de l’orient.
La baraïta, et le calcul d’Abayé. « תנו רבנן: הרואה חמה בתקופתה, לבנה בגבורתה, וכוכבים במסילותם, ומזלות כסדרן, אומר: ״ברוך … עושה בראשית״. » (ברכות נ״ט ע״ב). Puis la Guemara demande à quel moment : « ואימת הוי? אמר אביי: כל עשרין ותמניא שנין, והדר מחזור ונפלה תקופת ניסן, בשבתאי באורתא דתלת נגהי ארבע. » (ברכות נ״ט ע״ב). résumé : tous les vingt-huit ans le cycle recommence, et la tekoufa de Nissan retombe la nuit du mardi au mercredi — donc on bénit le mercredi matin, au lever du soleil.
Ce que veut dire בתקופתה. La Michna Beroura l’explique au long : « מקום שהיא חוזרת שם לתחלת הקיפה היא שעת תליית המאורות בעת הבריאה ומאז התחילה להקיף ולשמש והוא נמשך כ״ח שנה עד שבא לאותו המקום בצמצום בתחלת ליל רביעי כבעת הבריאה » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ו). Et de quelle tekoufa il s’agit : « והתקופה - היינו תקופת ניסן » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ז). résumé : le soleil ne revient pas seulement à un lieu, il revient à une heure — celle exacte où il commença de tourner. Vingt-huit ans sont nécessaires pour que le lieu et l’heure coïncident de nouveau.
La langue du Rambam, et celle du Tour. Le Rambam écrit : « הרואה את החמה ביום תקופת ניסן של תחלת המחזור של שמונה ועשרים שנה שהתקופה בתחלת ליל רביעי כשרואה אותה ביום רביעי בבקר מברך ברוך עושה בראשית » (רמב״ם הלכות ברכות פרק י הלכה יח). Et le Tour, presque mot pour mot, avec la formule longue : « הרואה חמה בתקופתה והוא מכ״ח שנה לכ״ח שנה והתקופה בתחלת ליל ד׳ כשרואה אותה ביום ד׳ בבוקר מברך ברוך עושה מעשה בראשית » (טור או״ח סימן רכ״ט). résumé : le Rambam et le Mehaber écrivent עושה בראשית, le Tour écrit עושה מעשה בראשית ; la différence de formule n’est pas propre à ce siman, on la retrouve dans toutes les bénédictions de ce chapitre.
À quelle heure, et jusqu’à quand. La Michna Beroura pose d’abord la règle : « היינו לכתחלה מצותה מיד להקדים מה דאפשר וטוב לברך אותה ברוב עם ובדיעבד עד ג׳ שעות על היום [לבוש ומ״א] » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ח). Puis elle rapporte l’avis plus large : « אבל הרבה אחרונים הסכימו דיוכל לברך בשעת הדחק עד חצות והיינו אפילו בשם ומלכות » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ח). Le Magen Avraham, lui, tient la limite ferme : « ונ״ל דאם לא בירך עד אחר ג׳ שעות לא יברך שכבר עבר׳ ממקום הזה » (מגן אברהם או״ח סימן רכ״ט). résumé : au plus tôt, et de préférence en assemblée ; après trois heures du jour la chose est discutée, et beaucoup d’Aharonim admettent jusqu’à midi en cas de nécessité. Pour la pratique, on suit son Rav.
Dès le lever, et en public. Le Magen Avraham rapporte l’usage : « משמע מיד בהנץ החמה וכן כת׳ בליקוטים שמהרי״ל צוה להכריז בערב שלמחר יזהר כל אדם כשרואה הנץ החמה יברך » (מגן אברהם או״ח סימן רכ״ט). résumé : le Maharil faisait annoncer la veille au soir que chacun bénisse dès le lever du soleil ; d’autres attendaient la sortie de la prière, quand la communauté est rassemblée.
Et si le ciel est couvert ? La Michna Beroura rapporte la réponse du ’Hatam Sofer : « ובתשובת חתם סופר סימן נ״ו כתב דאם היתה מכוסה בעבים אך נראית רושמה מבין העבים מברכין אבל כשלא נתראה כלל לא נראה לברך. » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ח). Et l’Aroukh haChoulhan pose les mêmes bornes : « והברכה היא עד ג׳ שעות על היום. אמנם אם הרקיע מכוסה בעננים, יוכלו לברך עד חצות היום ולא יותר. ואם עד חצות מכוסה בעננים, לא יברכו עוד. » (ערוך השלחן או״ח סימן רכ״ט). résumé : c’est une bénédiction de la vue — il faut voir. Si le disque se devine à travers la nuée, on bénit ; s’il ne se voit pas du tout, on ne bénit pas.
L’ordre de la cérémonie. La Michna Beroura rapporte la conduite du ’Hatam Sofer : « קודם הברכה אמרו הללו את ה׳ מן השמים ואחר ברכת עושה מעשה בראשית אמרו פיוט אל אדון על כל המעשים עד וחיות הקודש ואח״כ מזמור השמים מספרים כבוד אל ואח״כ עלינו לשבח וקדיש » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ח). résumé : un psaume avant, la bénédiction, puis le piyout de Chabbat qui chante les luminaires, le psaume des cieux qui racontent, et l’on conclut par Alénou et le kaddich.

D. לבנה בטהרתה וככבים במשמרותם — la lune, les planètes et les constellations

מַזַּל טָלֶה — le Bélier, première des douze constellations du zodiaque, et donc le point de départ du tour du ciel. Le séif ne parle plus du soleil seul : il applique la même idée à la lune et aux cinq planètes visibles, chacune revenue au commencement du Bélier, sans écart vers le nord ni vers le sud.
Les cinq astres restants. La Michna Beroura les nomme : « הם שבתי צדק מאדים נוגה כוכב » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:י). Le Magen Avraham donne la même liste : « מחמשה הנשארים. הם שבתי צדק מאדם נוגה כוכב » (מגן אברהם או״ח סימן רכ״ט). résumé : les cinq restants se comptent une fois retirés le soleil et la lune des sept astres de l’ancienne astronomie — Saturne, Jupiter, Mars, Vénus et Mercure.
Pourquoi ces sept-là, et pourquoi le Bélier. L’Aroukh haChoulhan explique : « דמפני ששבעה כוכבים אלו: שבתאי צדק מאדים חמה נגה כוכב לבנה הם עיקרי הכוכבים הפועלים בארץ על פי פקודתו יתברך. » (ערוך השלחן או״ח סימן רכ״ט). Et sur le Bélier : « וטלה הוא ראש המזלות, וכשעומדים בתחלתו זהו כתחלת בריאתו. » (ערוך השלחן או״ח סימן רכ״ט). résumé : voir un astre au commencement du Bélier, c’est le voir à la place qu’il occupait au premier jour — et c’est pour cela que la bénédiction dit עושה בראשית.
Une autre lecture, celle du Aroukh. Le Beit Yossef rapporte une interprétation entièrement différente : « והגהות מיימון פירשו בשם הערוך חמה בתקופתה ולבנה בטהרתה וכו׳ בימות הגשמים בימים שהיו ג׳ ימים מעוננים ולא נראית חמה וכוכבים צריכים לברך עליהם בעת שיתראו וזולת זו העת לא » (בית יוסף או״ח סימן רכ״ט). Le Magen Avraham note que la halakha n’a pas suivi cette voie : « והוא מכ״ח כו׳. וזהו הפי׳ דלא כמ״ש בהג״מ וכ״כ הרב״י דלא כע״ת » (מגן אברהם או״ח סימן רכ״ט). résumé : pour le Aroukh, il ne s’agissait pas d’un cycle de vingt-huit ans mais d’un ciel resté couvert trois jours, et du soleil qui reparaît. Le Beit Yossef et le Mehaber n’ont pas retenu cette lecture.
Ce que l’usage a gardé, et ce qu’il n’a pas gardé. La Michna Beroura est franche : « וכן מברך וכו׳ - וכהיום אין נוהגין העולם בזה » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ט). L’Aroukh haChoulhan dit pourquoi : « ואין אנו מברכין ברכה זו בהלבנה והכוכבים כי אין אנו בקיאים בזה, ויש עוד פירושים בזה, והעיקר כמ״ש שזהו פירוש רש״י והרמב״ם (והטור הביא גם פירוש הערוך כשהרקיע היתה מכוסה בעננים ג׳ ימים ע״ש). » (ערוך השלחן או״ח סימן רכ״ט). résumé : la bénédiction du soleil est restée dans l’usage ; celle de la lune, des planètes et des constellations ne s’est pas maintenue, parce que nous ne savons plus faire le calcul avec certitude.
Le siman en une phrase : devant l’arc-en-ciel, une bénédiction faite de deux traditions et sans clôture, que l’on dit en voyant et non en fixant ; et une fois tous les vingt-huit ans, au matin du mercredi de la tekoufa de Nissan, ברוך עושה בראשית devant le soleil revenu à sa place première.

Cas pratiques

Cas 1 — Un arc-en-ciel après l’averse

Situation : la pluie cesse, le soleil revient, et un arc paraît au-dessus des toits. Que dis-je, et comment le regardé-je ?
Conduite : la formule est celle du séif : « הרואה הקשת אומר ברוך אתה ה׳ אמ״ה זוכר הברית נאמן בבריתו וקיים במאמרו » (שו״ע או״ח רכ״ט:א). Et l’ordre des mots compte : « אלא צריך להתחיל בא״י אמ״ה זוכר הברית ואח״כ נאמן בבריתו וכו׳: » (ט״ז או״ח סימן רכ״ט). Quant au regard : « והמסתכל בו ביותר עיניו כהות [חגיגה ט״ז] אלא רואהו ומברך » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ה). résumé : on voit, on bénit, on ne s’attarde pas à contempler. Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Un second arc-en-ciel la semaine suivante

Situation : j’ai béni il y a dix jours ; un nouvel arc paraît aujourd’hui. Est-ce que je bénis encore ?
Conduite : oui, et la Michna Beroura le dit expressément : « ובכאן אם ראה אותו עוד הפעם אפילו בתוך למ״ד יום חוזר ומברך ולא דמי לכל הנך דקי״ל בהו דפעם אחת בחודש די לברוכי דכאן הקשת שבירך עליו חלף והלך לו ודמי לברכת רעמים [שע״ת בשם ברכ״י] » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ב). résumé : la règle des trente jours ne s’applique pas ici — l’arc d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier. Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 3 — Le matin de la bénédiction du soleil

Situation : c’est le mercredi de la tekoufa, l’année du cycle. À quelle heure bénit-on, et que fait-on si le ciel est couvert ?
Conduite : la halakha de base est celle du séif : « והתקופה בתחלת ליל ד׳ כשרואה אותה ביום ד׳ בבקר אומר ברוך עושה בראשית » (שו״ע או״ח רכ״ט:ב). Pour l’heure : « היינו לכתחלה מצותה מיד להקדים מה דאפשר וטוב לברך אותה ברוב עם ובדיעבד עד ג׳ שעות על היום [לבוש ומ״א] » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ח). Et si le ciel est chargé : « ובתשובת חתם סופר סימן נ״ו כתב דאם היתה מכוסה בעבים אך נראית רושמה מבין העבים מברכין אבל כשלא נתראה כלל לא נראה לברך. » (משנה ברורה, מ״ב רכ״ט:ח). résumé : le plus tôt possible, en assemblée, et à condition de voir quelque chose du disque. Pour la pratique, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Quelles sont les deux traditions que Rav Papa réunit dans une seule bénédiction (ברכות נ״ט ע״א) ?
  2. Pourquoi cette bénédiction n’a-t-elle pas de חתימה, et qui le dit (בית יוסף או״ח סימן רכ״ט) ?
  3. Quelle est la différence entre ראייה et הסתכלות, et comment le Roch résout-il la difficulté (בית יוסף או״ח סימן רכ״ט) ?
  4. Pourquoi bénit-on de nouveau sur un arc-en-ciel avant trente jours (מ״ב רכ״ט:ב) ?
  5. Que signifie exactement בתקופתה, et de quelle tekoufa s’agit-il (מ״ב רכ״ט:ו · מ״ב רכ״ט:ז) ?

Pour aller plus loin

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