Pourquoi un niveau 4 dédié à l'Admour HaZaken ? Le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken n'est pas un commentaire sur le Mehaber (מחבר) — c'est un Choulhan Aroukh autonome et complet, écrit par l'Admour HaZaken (Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur de Habad, élève du Maguid (מגיד) de Mezeritch). Sa singularité : il combine halakha (הלכה) + טעמי המצוות + dimension intérieure dans un seul ouvrage, et il tranche avec une rigueur talmudique unique.
Pour le Habad, l'Admour HaZaken est הפוסק האחרון — son psak est l'autorité décisionnaire. Le Rabbi a explicitement instruit d'étudier sérieusement le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken (שולחן ערוך הרב). Cette page rassemble la voie du Rav sur le siman ה׳ — la kavana des berakhot — où le Mehaber n'écrit qu'un seif unique, mais où le Rav déploie en 3 seifim (ג׳ סעיפים) le sens des Noms divins : le Nom הוי״ה (אֲדוֹן הַכֹּל / הָיָה הֹוֶה וְיִהְיֶה — au-dessus du temps) et le Nom אלהים (תַּקִּיף, Maître de toutes les forces, בָּעֶלְיוֹנִים וּבַתַּחְתּוֹנִים). C'est précisément le cœur de la pensée de Habad.
→ Lire la préface générale sur la chitah de l'Admour HaZaken
שולחן ערוך הרב — סימן ה׳ — כוונת הברכות
Le texte intégral du Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken
שולחן ערוך הרב, סימן ה׳ — כַּוָּנַת הַבְּרָכוֹת — וּבוֹ ג׳ סְעִיפִים
Texte de l'Admour HaZaken lui-même (source Sefaria Shulchan_Arukh_HaRav,_Orach_Chayim.5), suivi de notre traduction française. Le Mehaber traite ce siman en un seul seif (סעיף אחד) ; l'Admour HaZaken en 3 (ג׳ סעיפים). Le séif א — l'intention du sens des mots et des deux Noms — est le cœur du siman.
סעיף א צָרִיךְ לְכַוֵּן בַּבְּרָכוֹת פֵּרוּשׁ הַמִּלּוֹת… פֵּרוּשׁ קְרִיאָתוֹ… אַדְנוּ״ת… כְּתִיבָתוֹ בְּיוֹ״ד הֵ״א… הָיָה הֹוֶה וְיִהְיֶה…
צָרִיךְ לְכַוֵּן בַּבְּרָכוֹת פֵּרוּשׁ הַמִּלּוֹת שֶׁמּוֹצִיא מִפִּיו וּכְשֶׁיַּזְכִּיר הַשֵּׁם — יְכַוֵּן פֵּרוּשׁ קְרִיאָתוֹ בְּאָלֶ"ף דָּלֶ"ת — לְשׁוֹן אַדְנוּ"ת, שֶׁהוּא אֲדוֹן הַכֹּל. וִיכַוֵּן עוֹד פֵּרוּשׁ כְּתִיבָתוֹ בְּיוֹ"ד הֵ"א — לְשׁוֹן הוי"ה, שֶׁהוּא: הָיָה הֹוֶה וְיִהְיֶה. אֲבָל בְּמָקוֹם שֶׁגַּם כְּתִיבָתוֹ הוּא בְּאָלֶ"ף דָּלֶ"ת — אֵין צָרִיךְ לְכַוֵּן אֶלָּא שֶׁהוּא אֲדוֹן הַכֹּל.
Le cœur du siman. Il faut, dans les bénédictions, avoir l'intention du sens des mots qu'on prononce ; et quand on mentionne le Nom, on a l'intention du sens de sa lecture — selon אָלֶ״ף דָּלֶ״ת, le langage de אַדְנוּת — qu'Il est אֲדוֹן הַכֹּל, le Maître de tout. On a en outre l'intention du sens de son écriture — selon יוֹ״ד הֵ״א, le langage de הוי״ה (« Havaya ») — qu'Il est : הָיָה הֹוֶה וְיִהְיֶה (Il était, est et sera). Mais là où l'écriture même est en אָלֶ״ף דָּלֶ״ת (et non le Tétragramme), il n'y a à avoir d'autre intention que qu'Il est אֲדוֹן הַכֹּל. חידוש du Rav : il distingue d'emblée deux situations — le Nom הוי״ה écrit (deux intentions : lecture + écriture) et le Nom écrit lui-même en אָלֶ״ף דָּלֶ״ת (une seule intention : אֲדוֹן הַכֹּל) — là où le Mehaber ne traitait que du premier cas.
סעיף ב בְּמָקוֹם שֶׁכְּתִיבַת הַשֵּׁם הִיא בְּאָלֶ״ף דָּלֶ״ת — קוֹרִין הָאָלֶ״ף בַּ"חֲטַף פַּתָּח"… בְּיוֹ״ד הֵ״א — יֵשׁ קוֹרִין… בִּ"שְׁבָא"…
בְּמָקוֹם שֶׁכְּתִיבַת הַשֵּׁם הִיא בְּאָלֶ"ף דָּלֶ"ת — קוֹרִין הָאָלֶ"ף בַּ"חֲטַף פַּתָּח", כִּי כֵן הוּא נָקוּד בַּמִּקְרָא. אֲבָל בְּמָקוֹם שֶׁכְּתִיבָתוֹ הוּא בְּיוֹ"ד הֵ"א — יֵשׁ קוֹרִין הָאָלֶ"ף בִּ"שְׁבָ"א", כִּנְקֻדַּת הַיּוֹ"ד מִן שֵׁם הוי"ה בָּרוּךְ הוּא, וְיֵשׁ קוֹרִין הָאָלֶף בַּ"חֲטַף פַּתָּח", כִּנְקֻדַּת הָאָלֶ"ף בְּשֵׁם אָלֶ"ף דָּלֶ"ת.
Là où l'écriture du Nom est en אָלֶ״ף דָּלֶ״ת, on lit l'aleph avec un חֲטַף פַּתָּח, car telle est sa vocalisation dans le מקרא. Mais là où son écriture est en יוֹ״ד הֵ״א (le Tétragramme) — certains lisent l'aleph avec un שְׁבָא, comme la vocalisation du yod du Nom הוי״ה béni soit-Il, et certains lisent l'aleph avec un חֲטַף פַּתָּח, comme la vocalisation de l'aleph du Nom אָלֶ״ף דָּלֶ״ת. חידוש du Rav : ce seif sur le דקדוק précis des נקודות (חטף פתח / שבא sous l'aleph) — qui reflète la vocalisation cachée du Tétragramme — n'a pas de parallèle explicite chez le Mehaber.
סעיף ג וּכְשֶׁיַּזְכִּיר שֵׁם אֱלֹקִים — יְכַוֵּן שֶׁהוּא תַּקִּיף וְאַמִּיץ, אֲשֶׁר לוֹ הַיְכֹלֶת בָּעֶלְיוֹנִים וּבַתַּחְתּוֹנִים.
וּכְשֶׁיַּזְכִּיר שֵׁם אֱלֹקִים — יְכַוֵּן שֶׁהוּא תַּקִּיף וְאַמִּיץ, אֲשֶׁר לוֹ הַיְכֹלֶת בָּעֶלְיוֹנִים וּבַתַּחְתּוֹנִים.
Et quand on mentionne le Nom אֱלֹקִים, on a l'intention qu'Il est תַּקִּיף וְאַמִּיץ (le Puissant et le Fort), Lui qui détient la capacité (היכולת) dans les mondes supérieurs et inférieurs (בָּעֶלְיוֹנִים וּבַתַּחְתּוֹנִים). חידוש du Rav : là où le Mehaber écrit « תקיף בעל היכולת ובעל הכחות כולם », le Rav précise תַּקִּיף וְאַמִּיץ et surtout étend la portée — la capacité « בָּעֶלְיוֹנִים וּבַתַּחְתּוֹנִים » — soulignant qu'אלהים est le Nom de la maîtrise de toutes les forces, en haut comme en bas.
Source : Sefaria — Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim ה׳ (édition Kehot, 3 seifim / ג׳ סעיפים). Traduction française : DAAT. Le Mehaber traite ce siman en un seul seif (סעיף אחד) ; aucun passage n'est cité hors de ce texte vérifiable.
היסוד — הוי״ה ואלהים — למעלה מן הזמן
Le yesod : הוי״ה et אלהים — au-dessus du temps
La grande lecture de l'Admour HaZaken — au seuil même d'Orah Haïm — est que la kavana des berakhot n'est pas une intention vague, mais l'intention précise du sens des Noms : le Nom הוי״ה et le Nom אלהים. Ce que le Rav pose ici en halakha (séifim א-ג) est exactement le sujet qu'il développe, en pensée, dans la voie de Habad — le שער היחוד והאמונה du Tanya (au principe ; pour l'étude approfondie, voir avec un Rav de Habad).
שם הוי״ה — הָיָה הֹוֶה וְיִהְיֶה
Le Nom הוי״ה — « Il était, est et sera »
Le principe (séif א). Le Nom הוי״ה (« Havaya ») se lit אַדְנוּת — אֲדוֹן הַכֹּל, Maître de tout — et s'écrit יוֹ״ד הֵ״א : son sens d'écriture est הָיָה הֹוֶה וְיִהְיֶה — « Il était, est et sera ». D'où deux intentions distinctes en un seul Nom : sa lecture (אדנות) et son écriture (havaya).
La portée intérieure (Habad — au principe). Que le Nom הוי״ה signifie « הָיָה הֹוֶה וְיִהְיֶה comme un » — passé, présent et futur en un seul instant — enseigne, au principe, qu'Il est au-dessus du temps : le temps lui-même est une création, et Lui le transcende. C'est la dimension de la transcendance (סובב כל עלמין), le Nom de la מדת הרחמים, qui amène l'existence du néant absolu.
Pourquoi lire אֲדוֹן הַכֹּל et non comme l'écriture. On ne prononce pas le Nom comme il s'écrit : on le lit אֲדוֹן הַכֹּל. Le Rav demande donc deux kavanot — celle de la lecture (Sa souveraineté sur tout) et celle de l'écriture (Sa transcendance du temps) — sans jamais prononcer le Tétragramme en toutes lettres.
שם אלהים — תַּקִּיף בַּעַל הַכֹּחוֹת
Le Nom אלהים — le Maître de toutes les forces
Le principe (séif ג). Quand on mentionne le Nom אלהים, on a l'intention qu'Il est תַּקִּיף וְאַמִּיץ — le Puissant et le Fort, Maître de la capacité et de toutes les forces, בָּעֶלְיוֹנִים וּבַתַּחְתּוֹנִים (dans les mondes supérieurs et inférieurs).
La portée intérieure (Habad — au principe). Le Nom אלהים est, au principe, le Nom de la gevoura et du tsimtsoum : c'est la force qui contracte et voile la lumière infinie pour rendre possible l'existence des mondes, et qui « habille » l'énergie divine dans la nature. De là le rapprochement classique : אלהים partage la valeur numérique (גימטריא) de « הַטֶּבַע » (la nature) — la Présence divine immanente, voilée, qui anime et soutient tout être (ממלא כל עלמין).
Le yih'oud — הוי״ה et אלהים. Toute la pensée de Habad tient dans l'unité (יחוד) de ces deux Noms : הוי״ה, la transcendance au-dessus du temps, et אלהים, l'immanence qui contracte cette lumière en « nature ». Avoir la kavana des deux Noms dans la berakha, c'est unir, dans le cœur de celui qui bénit, le D' qui transcende et le D' qui anime chaque instant de l'existence.
Renvoi à l'étude. Le développement complet du yih'oud הוי״ה / אלהים — la transcendance et l'immanence, le סובב et le ממלא, אלהים / הטבע — est le sujet propre du שער היחוד והאמונה du Tanya. Cette page le présente au niveau du principe attesté, sans citer de chapitre ni de formulation précise. Pour l'étude approfondie de cette dimension, étudier avec un Rav de Habad et dans le texte du Tanya lui-même.
כחו של אדמו״ר הזקן בפסק
La force du psak de l'Admour HaZaken
Comparaison de la voie de l'Admour HaZaken avec celles du Mehaber, du Rama (רמ״א) et de la Mishna Beroura (משנה ברורה) sur les points-clés du siman ה׳. La ligne Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken (שולחן ערוך הרב) est mise en valeur — elle expose la sensibilité propre du Rav, telle qu'elle ressort de son texte (§1, 3 seifim). Le Rav déploie en 3 seifim ce que le Mehaber dispose en un seul.
| Sujet | Mehaber | Rama | Mishna Beroura | Voie de l'Admour HaZaken (שולחן ערוך הרב) |
|---|---|---|---|---|
| פירוש המלות (séif א) | OH 5:1 — « יְכַוֵּן בַּבְּרָכוֹת פֵּרוּשׁ הַמִּלּוֹת ». Avoir l'intention du sens des mots. | — (pas de הגהה sur ce siman) | MB 5:1 — la kavana du sens des mots ; la 1re berakha (et le 1er pasouk du Shema) comme cas où la kavana est מעכבת (lien siman 60-63, 101). | Voie de l'Admour HaZaken — reprend « צָרִיךְ לְכַוֵּן… פֵּרוּשׁ הַמִּלּוֹת שֶׁמּוֹצִיא מִפִּיו » et en fait le seuil de toute l'avoda she-balev : la berakha n'est pleine que portée par l'intention de son sens. |
| שם הוי״ה — קריאה (séif א) | OH 5:1 — intention de la lecture אַדְנוּת : « שֶׁהוּא אֲדוֹן הַכֹּל ». | — | MB 5:2-3 — détaille אֲדוֹן הַכֹּל et l'intention de la lecture du Nom. | Voie de l'Admour HaZaken — précise « פֵּרוּשׁ קְרִיאָתוֹ בְּאָלֶ״ף דָּלֶ״ת — לְשׁוֹן אַדְנוּ״ת » : on lit אדנות (et non comme l'écriture), avec l'intention de la souveraineté אֲדוֹן הַכֹּל. |
| שם הוי״ה — כתיבה (séif א) | OH 5:1 — intention de l'écriture יוֹ״ד הֵ״א : « שֶׁהָיָה וְהֹוֶה וְיִהְיֶה ». | — | MB 5:2 — הָיָה הֹוֶה וְיִהְיֶה : au-dessus du temps ; le sens de l'écriture du Nom הוי״ה. | Voie de l'Admour HaZaken — חידוש : il ajoute le cas où l'écriture même est en אָלֶ״ף דָּלֶ״ת (« אֵין צָרִיךְ לְכַוֵּן אֶלָּא שֶׁהוּא אֲדוֹן הַכֹּל ») — distinction absente du Mehaber. |
| דקדוק הנקודות (séif ב) | — (le Mehaber ne traite pas la vocalisation de l'aleph) | — | MB / Beour Halakha — la prononciation du Nom et la נקודה de l'aleph (rapporté au nom des mékoubalim). | Voie de l'Admour HaZaken — חידוש propre : un seif entier (ב) sur le דקדוק — חֲטַף פַּתָּח (comme dans le מקרא) vs שְׁבָא (comme la נקודה du yod de הוי״ה) — reflétant la vocalisation cachée du Nom. |
| שם אלהים (séif ג) | OH 5:1 — « תַּקִּיף בַּעַל הַיְכֹלֶת וּבַעַל הַכֹּחוֹת כֻּלָּם ». | — | MB 5:4 — le Nom אלהים : Maître de toutes les forces. | Voie de l'Admour HaZaken — חידוש : « תַּקִּיף וְאַמִּיץ, אֲשֶׁר לוֹ הַיְכֹלֶת בָּעֶלְיוֹנִים וּבַתַּחְתּוֹנִים » — il étend la maîtrise des כחות aux mondes supérieurs et inférieurs, ce qui ouvre, au principe, sur le yih'oud הוי״ה / אלהים de la voie de Habad. |
| הדימוש הפנימי (Habad) | OH 5:1 — l'énoncé halakhique (sens des mots, des deux Noms). | — | MB — kavana du sens ; renvoi aux mékoubalim pour la profondeur des Noms. | Voie de l'Admour HaZaken — le même Rav qui tranche ici la halakha développe, en pensée, le yih'oud הוי״ה (transcendance, au-dessus du temps) / אלהים (immanence, גימטריא הטבע) — sujet du שער היחוד והאמונה (au principe). |
Tableau établi à partir du texte intégral du Mehaber (Orah Haïm ה׳, source Sefaria), des nossei kelim vérifiables (Beit Yossef, Tour, Magen Avraham, Taz, Mishna Beroura, Beour Halakha, Pri Megadim, Aroukh haShulchan, Kaf haḤaim) et de la pensée de Habad au niveau du principe (שער היחוד והאמונה). La colonne de l'Admour HaZaken s'appuie sur le texte réel du Choulhan Aroukh HaRav reproduit au §1. Les attributions de séif katan incertaines sont laissées « על דרך הסברה ».
קווי היסוד של שיטת הרב
Les lignes de force de la voie du Rav sur ce siman
Quatre orientations qui caractérisent la sensibilité de l'Admour HaZaken sur la kavana des berakhot — au-delà de la simple application des règles. Chacune suit la structure : principe du siman → lecture du Rav → conséquence pratique. Chaque ligne s'appuie sur le texte réel du Rav (§1).
קו א — כוונת פירוש המלות
L'intention du sens des mots
Principe du siman : avoir, dans les berakhot, l'intention du sens des mots qu'on prononce (séif א).
Lecture du Rav : « צָרִיךְ לְכַוֵּן… פֵּרוּשׁ הַמִּלּוֹת שֶׁמּוֹצִיא מִפִּיו » — la kavana du sens est le seuil de l'avoda she-balev ; la bouche et le cœur doivent dire la même chose.
Conséquence pratique : on prononce la berakha en pensant à ce que les mots veulent dire, et non par habitude mécanique — surtout la première berakha (lien siman 60-63, 101).
קו ב — שם הוי״ה — קריאה וכתיבה
Le Nom הוי״ה — lecture et écriture
Principe du siman : en mentionnant le Nom הוי״ה — intention de sa lecture (אֲדוֹן הַכֹּל) et de son écriture (הָיָה הֹוֶה וְיִהְיֶה) (séif א).
Lecture du Rav : deux kavanot en un Nom — la souveraineté sur tout (אדנות) et la transcendance du temps (havaya). Au principe (voie de Habad) : הוי״ה est le Nom du סובב, au-dessus du temps.
Conséquence pratique : au moment du Nom, on a l'intention « אֲדוֹן הַכֹּל » et « Il était, est et sera » — sans jamais prononcer le Tétragramme en toutes lettres ; on dit le Nom comme on le lit (אדנות).
קו ג — דקדוק הנקודות
Le דקדוק de la vocalisation
Principe du siman : la vocalisation de l'aleph — חֲטַף פַּתָּח quand l'écriture est אָלֶ״ף דָּלֶ״ת ; שְׁבָא ou חֲטַף פַּתָּח quand l'écriture est יוֹ״ד הֵ״א (séif ב).
Lecture du Rav : il consacre un seif entier au דקדוק précis — la נקודה reflétant la vocalisation cachée du Tétragramme (כִּנְקֻדַּת הַיּוֹ״ד מִן שֵׁם הוי״ה). Le détail de la prononciation est lui-même porteur de sens.
Conséquence pratique : on soigne la prononciation du Nom — la qedoucha passe aussi par l'exactitude du דקדוק ; on suit l'usage de sa communauté pour la נקודה de l'aleph.
קו ד — שם אלהים — היחוד
Le Nom אלהים — le yih'oud
Principe du siman : en mentionnant le Nom אלהים — intention qu'Il est תַּקִּיף, Maître des forces בָּעֶלְיוֹנִים וּבַתַּחְתּוֹנִים (séif ג).
Lecture du Rav : אלהים est, au principe, le Nom de la gevoura / du tsimtsoum, l'immanence qui voile la lumière en « nature » (אלהים בגימטריא הטבע). Avec הוי״ה, c'est le yih'oud du סובב et du ממלא — le cœur de la voie de Habad.
Conséquence pratique : au moment du Nom אלהים, on a l'intention de Sa maîtrise de toutes les forces, en haut comme en bas ; pour la profondeur du yih'oud, on étudie le שער היחוד והאמונה avec un Rav de Habad.
הלכה למעשה — מנהג חב״ד
La conduite Habad pratique
Six points de conduite qui découlent directement du siman ה׳ dans la sensibilité de l'Admour HaZaken et de Habad — présentés au niveau du principe, en renvoyant au Rav pour le détail des cas particuliers.
Pour le Hassid Habad — Siman ה׳ (כוונת הברכות)
- ① La kavana du sens des mots. Dans chaque berakha, avoir à l'esprit le sens des mots prononcés — surtout dans les ברכות השחר, avant de manger, et toute berakha du quotidien. Fondement : SA HaRav séif א.
- ② Le Nom הוי״ה — deux kavanot. Au moment du Nom : intention de sa lecture (אֲדוֹן הַכֹּל, Maître de tout) et de son écriture (הָיָה הֹוֶה וְיִהְיֶה — au-dessus du temps). On dit toujours le Nom comme on le lit (אדנות), jamais le Tétragramme en toutes lettres. Fondement : SA HaRav séif א.
- ③ Quand l'écriture est אָלֶ״ף דָּלֶ״ת. Là où le Nom écrit est lui-même אָלֶ״ף דָּלֶ״ת (et non le Tétragramme), une seule intention suffit : qu'Il est אֲדוֹן הַכֹּל. Fondement : SA HaRav séif א.
- ④ Le דקדוק de la prononciation. Soigner la vocalisation de l'aleph — חֲטַף פַּתָּח quand l'écriture est אָלֶ״ף דָּלֶ״ת ; selon l'usage (שְׁבָא ou חֲטַף פַּתָּח) quand l'écriture est יוֹ״ד הֵ״א. Fondement : SA HaRav séif ב ; suivre l'usage de sa communauté.
- ⑤ Le Nom אלהים — תַּקִּיף בַּעַל הַכֹּחוֹת. Au moment du Nom אלהים : intention qu'Il est le Puissant (תַּקִּיף), Maître de toutes les forces dans les mondes supérieurs et inférieurs. Au principe (Habad) : le yih'oud הוי״ה / אלהים. Fondement : SA HaRav séif ג ; pour le yih'oud, voir un Rav de Habad.
- ⑥ Si l'on a dit une berakha sans kavana. La kavana du sens est מעכבת pour la 1re berakha (et le 1er pasouk du Shema) ; ailleurs c'est l'idéal. Pour savoir, dans un cas concret, s'il faut répéter — consulter un Rav. Fondement : renvoi siman 60-63, 101.
⚠ Cette section présente la conduite Habad fondée sur le Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken, siman ה׳ (texte réel reproduit au §1). Elle ne remplace pas une décision rabbinique pour un cas particulier. Pour toute question concrète — et notamment pour la dimension du yih'oud des Noms : consulter ton Rav, et pour Habad, un Rav de Habad.