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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ס״ז · Le doute sur le ק״ש

דין ספק אם קרא קריאת שמע — le doute quant à savoir si l on a lu le ק״ש : dans le doute, on relit et on récite les berakhot avant et après (le ק״ש est de la Torah, ספק דאורייתא לחומרא) ; mais si l on sait avoir lu et qu on doute seulement des berakhot — on ne les répète pas (elles sont rabbiniques, ספק ברכות להקל)
סימן ס״ז · סעיף אחד
דין ספק אם קרא קריאת שמע
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne le doute quant à savoir si l on a lu le ק״ש : celui qui doute s il l a lu relit et récite les berakhot avant et après — car le ק״ש est מן התורה et ספק של תורה להחמיר ; mais celui qui sait avoir lu et ne doute que des berakhotne les répète pas, car elles sont מדברי סופרים et ספק ברכות להקל. Texte hébreu, traduction française et explication du seif, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Le doute sur le ק״ש — ספק דאורייתא לחומרא et ספק ברכות להקל
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ס״ז · סעיף אחד

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Nos Sages ont posé un yesod fondamental : קריאת שמע מן התורה, וספק של תורה — להחמיר; אבל הברכות מדברי סופרים, וספק ברכות — להקל — le ק״ש est une obligation de la Torah, et le doute sur une obligation de la Torah se tranche vers la rigueur ; les berakhot en revanche sont rabbiniques, et le doute sur une berakha se tranche vers l indulgence. De là (עי׳ ברכות כ״א.) : ספק אם קרא ק״ש — חוזר וקורא ומברך לפניה ולאחריה; אבל יודע שקרא וספק אם בירך — אינו חוזר ומברך. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Le seif — ספק אם קרא ק״ש (חוזר וקורא ומברך), et יודע שקרא וספק אם בירך (אינו חוזר ומברך) ; les deux yesodot : ספק דאורייתא לחומרא et ספק ברכות להקל
1. Cas pratique — le doute complet sur le Chéma : relire avec les berakhot
2. Cas pratique — le doute sur les seules berakhot : ne pas répéter
3. Cas pratique — pourquoi relit-on avec les berakhot (la תקנה)
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin

A. Le doute sur le ק״ש — le seif

סָפֵק אִם קָרָא קְרִיאַת שְׁמַע — le doute quant à savoir si l on a lu le ק״ש — tout dépend du niveau de l obligation sur lequel porte le doute. Le ק״ש lui-même est מן התורה (de la Torah) : un doute à son sujet se tranche vers la rigueur (ספק של תורה להחמיר) — on relit. Ses berakhot, en revanche, sont מדברי סופרים (rabbiniques) : un doute qui ne porte que sur elles se tranche vers l indulgence (ספק ברכות להקל) — on ne répète pas.

Séif 1 — ספק אם קרא ק״ש : le doute sur la lecture

ספק אם קרא קריאת שמע — חוזר וקורא ומברך לפניה ולאחריה; אבל אם יודע שקראה אלא שמסופק אם בירך לפניה ולאחריה — אינו חוזר ומברך.
Séif 1 : celui qui a un doute s il a lu le קריאת שמע — il relit et récite la berakha avant et après (ומברך לפניה ולאחריה) ; mais s il sait qu il l a lu et doute seulement d avoir dit la berakha avant et après — il ne recommence pas et ne bénit pas.
Deux niveaux d obligation. Sur le ק״ש lui-même, qui est מן התורה, le doute se tranche vers la rigueur (ספק של תורה להחמיר) : celui qui doute s il l a lu relit. Et puisqu il le relit à cause du doute, il le lit בברכותיה — avec ses berakhot, avant et après. Mais sur les seules berakhot, qui sont מדברי סופרים, le doute se tranche vers l indulgence (ספק ברכות להקל) : celui qui est sûr d avoir lu le ק״ש et ne doute que des berakhot ne les répète pas.
שְׁנֵי יְסוֹדוֹת — les deux yesodot du seif — (1) ספק דאורייתא לחומרא : dans le doute d une obligation de la Torah, on tranche vers la rigueur ; le ק״ש étant de la Torah, on relit. (2) ספק ברכות להקל : dans le doute d une berakha (rabbinique), on est indulgent pour ne pas prononcer une ברכה לבטלה, une berakha en vain ; on ne répète donc pas les berakhot seules.

Pourquoi relit-on le ק״ש avec ses berakhot ?

Une question se pose : si les berakhot sont rabbiniques, pourquoi celui qui relit le ק״ש à cause du doute récite-t-il aussi les berakhot ? Le doute sur les berakhot seules ne suffit pas à les faire répéter — pourquoi le doute sur le ק״ש les entraîne-t-il ?
Réponse : telle fut la תקנה (l institution des Sages) — chaque fois que l on lit le ק״ש de la Torah, même seulement à cause du doute (אפילו מפני הספק בלבד), on le lit בברכותיה, avec ses berakhot. Le ק״ש et ses berakhot ne font qu un dans cette relecture. C est pourquoi le doute sur le ק״ש entraîne les berakhot, tandis que le doute sur les berakhot seules ne les entraîne pas.
Le siman en une phrase : qui doute d avoir lu le ק״ש relit et récite les berakhot avant et après (car le ק״ש est de la Torah, ספק דאורייתא לחומרא, et on le relit בברכותיה) ; mais qui sait avoir lu et ne doute que des berakhot ne les répète pas (car elles sont rabbiniques, ספק ברכות להקל).

Cas pratiques

Cas 1 — Le doute complet sur le Chéma

Situation : pendant ou après la prière, il ne sait plus s il a lu le ק״ש. Que faire ?
Conduite : le ק״ש est מן התורהספק של תורה להחמיר. Il relit le ק״ש, et parce qu il le relit à cause du doute, il le lit avec ses berakhot (ומברך לפניה ולאחריה), avant et après. Pour la mise en pratique (jusqu à quand, dans quel contexte), on suit son Rav.

Cas 2 — Le doute sur les seules berakhot

Situation : il est certain d avoir lu le ק״ש, mais doute d avoir dit les berakhot avant et après. Doit-il les répéter ?
Conduite : non — אינו חוזר ומברך. Les berakhot sont מדברי סופרים, et ספק ברכות להקל : dans le doute sur une berakha, on est indulgent pour ne pas prononcer une ברכה לבטלה. Puisqu il est sûr d avoir lu le ק״ש lui-même, le doute ne porte que sur le rabbinique — il ne répète pas. Pour les cas limites, on suit son Rav.

Cas 3 — Pourquoi relire avec les berakhot ?

Situation : il relit le ק״ש à cause du doute. Doit-il aussi dire les berakhot, puisqu elles sont rabbiniques ?
Conduite : oui — il le lit בברכותיה. Telle fut la תקנה : chaque fois que l on lit le ק״ש de la Torah, même à cause du seul doute, on le lit avec ses berakhot. Le doute sur le ק״ש (de la Torah) entraîne donc les berakhot avec lui, à la différence du doute sur les berakhot seules. Pour les détails, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi celui qui doute d avoir lu le ק״ש doit-il le relire (quel est le yesod) ?
  2. Qu est-ce que ספק דאורייתא לחומרא et comment s applique-t-il ici ?
  3. Pourquoi, en relisant le ק״ש, récite-t-on aussi les berakhot alors qu elles sont rabbiniques ?
  4. Celui qui est sûr d avoir lu le ק״ש mais doute des berakhot — les répète-t-il, et pourquoi ?
  5. Qu est-ce que ספק ברכות להקל et quel danger veut-il éviter (ברכה לבטלה) ?

Pour aller plus loin

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