✦ ❖ ✦
DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ס״ו · Où l'on peut interrompre le ק״ש

דיני הפסקה בקריאת שמע — où l'on peut interrompre le ק״ש et ses berakhot : בין הפרקים on demande le salut à une personne respectée et l'on répond à tout homme ; באמצע seulement à qui l'on craint ; שמע וברוך שם — on n'interrompt jamais ; on interrompt pour קדיש, קדושה, ברכו ומודים ; et l'on adjoint la Gueoula à la Amida
סימן ס״ו · י׳ סעיפים
דיני הפסקה בקריאת שמע ובברכותיה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
✦ ❖ ✦

Ce siman enseigne où l'on peut interrompre (הפסקה) le ק״ש et ses berakhot : בין הפרקים (entre les sections) on demande le salut à une personne respectée et l'on répond à tout homme ; באמצע (au milieu) seulement à qui l'on craint ; dans שמע וברוך שםon n'interrompt jamais ; on interrompt pour ציצית ותפילין oubliés et pour un davar shebikdusha (קדיש, קדושה, ברכו, מודים) même au milieu du verset ; et l'on adjoint la Gueoula à la Amida. Texte hébreu, traduction française et explication des י׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Où l'on peut interrompre le ק״ש — בין הפרקים ובאמצע, שמע וברוך שם, קדיש קדושה ברכו ומודים, גאולה לתפלה
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ס״ו · י׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Nos Sages ont enseigné (ברכות י״ג.) : באמצע — שואל מפני היראה ומשיב מפני היראה, ובין הפרקים — שואל מפני הכבוד ומשיב שלום לכל אדם — l'interruption du ק״ש n'est permise que pour l'honneur (הכבוד), pour la crainte (היראה) et pour les voies de la paix (דרכי שלום). Le siman fixe les degrés : entre les sections on est plus permissif, au milieu on est plus strict, et dans « שמע ישראל » et « ברוך שם » on ne s'arrête jamais. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Les י׳ seifim — שאילת שלום et שמע/ברוך שם (séif 1), ציצית ותפילין (séif 2), קדיש קדושה ברכו ומודים (séif 3), כהן et בין הפרקים (séif 4-5), אמן וסמיכת גאולה לתפלה (séif 7-9), אמת ויציב (séif 10)
1. Cas pratique — quelqu'un me salue pendant le ק״ש : puis-je répondre ?
2. Cas pratique — le minyan dit קדיש / קדושה : comment répondre ?
3. Cas pratique — enchaîner la Gueoula (גאל ישראל) et la Amida
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin

A. Où l'on peut interrompre le ק״ש — les י׳ seifim

הַפְסָקָה בִּקְרִיאַת שְׁמַע — l'interruption dans le ק״ש — parler pendant le ק״ש et ses berakhot est interdit, mais nos Sages ont permis trois portes : מפני היראה (par crainte), מפני הכבוד (par honneur) et מפני דרכי שלום (les voies de la paix). Tout dépend ensuite de l'endroit : בין הפרקים (entre les sections) où l'on est plus permissif, באמצע הפרק (au milieu) où l'on est plus strict, et le cœur du יחוד — שמע ישראל et ברוך שם — où l'on ne s'interrompt jamais. À part cela, un davar shebikdusha (קדיש, קדושה, ברכו, מודים) l'emporte même au milieu du verset.

Séif 1 — בין הפרקים ובאמצע : demander et répondre au salut

בין הפרקים שואל בשלום אדם נכבד ומשיב שלום לכל אדם, ובאמצע שואל בשלום מי שהוא ירא ממנו כגון אביו או רבו או מי שהוא גדול ממנו בחכמה, וכל שכן מלך או אנס, ומשיב שלום לאדם נכבד, ואפילו באמצע הפסוק, חוץ מפסוק שמע ישראל ובברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד שלא יפסיק בהם כלל אם לא מפני מי שירא שמא יהרגנו.
Séif 1 : entre les sections (בין הפרקים) on peut demander le salut à une personne respectée (אדם נכבד) et répondre au salut de tout homme. Au milieu (באמצע) on ne demande le salut qu'à celui que l'on craint — comme son père, son maître, un plus grand que soi en sagesse, et a fortiori un roi ou un homme violent — et l'on répond seulement à une personne respectée, même au milieu du verset. Sauf le verset « שמע ישראל » et « ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד », où l'on n'interrompt pas du tout, sinon par crainte de celui dont on redoute qu'il ne le tue.
Deux niveaux. Entre les sections on est plus permissif : on demande le salut à une personne respectée, on répond à tout homme. Au milieu d'une section on est plus strict : on ne demande qu'à celui que l'on craint (père, maître, roi) et on ne répond qu'à une personne respectée. Mais dans « שמע ישראל » et « ברוך שם » — le cœur de l'acceptation du joug divin — on ne s'arrête jamais, sauf danger de mort.

Séif 2 — ציצית ותפילין : les avoir oubliés

אם שכח להניח ציצית ותפילין יכול להפסיק בין הפרקים להניחם ויברך עליהם. הגה: וי״א שלא יברך עליהם עד אחר התפלה, והכי נהוג לענין טלית.
Séif 2 : s'il a oublié de mettre le ציצית et les תפילין, il peut interrompre entre les sections (בין הפרקים) pour les mettre et faire la berakha sur eux. הגה (Rama) : certains disent qu'il ne fait la berakha qu'après la Amida, et telle est la coutume pour le טלית.
Ce sont des mitsvot du moment : on interrompt entre les sections pour les revêtir, et selon le Mehaber on fait aussitôt la berakha. Le Rama note un usage : pour le טלית, on attend souvent la fin de la Amida pour la berakha. Pour la conduite exacte, on suit son Rav.

Séif 3 — קדיש קדושה ברכו ומודים : un davar shebikdusha

לקדיש ולקדושה ולברכו מפסיק אפילו באמצע הפסוק, וכן למודים, אבל לא יאמר אלא תיבת מודים בלבד.
Séif 3 : pour le קדיש, la קדושה et le ברכו, on interrompt même au milieu du verset ; et de même pour מודים, mais on ne dit que le seul mot « מודים ».
Un davar shebikdusha l'emporte : puisqu'on interrompt déjà pour l'honneur d'un homme, à plus forte raison pour l'honneur du Ciel (קל וחומר לכבוד המקום). On répond donc au קדיש, קדושה, ברכו même au milieu du verset. Pour מודים, on se contente du mot « מודים » afin de ne pas trop s'interrompre.

Séif 4-5 — כהן appelé à la Torah, et « ce qu'est בין הפרקים »

כהן שהיה קורא קריאת שמע וקראוהו לקרות בתורה, יש מי שאומר שמפסיק ויש מי שאומר שאינו מפסיק, והלכה כדבריו. ואלו הן בין הפרקים: בין ברכה ראשונה לשנייה, בין שנייה לשמע, בין שמע לוהיה אם שמוע, בין והיה אם שמוע לויאמר; אבל בין ויאמר לאמת ויציב לא יפסיק.
Séif 4 : un כהן qui lisait le ק״ש et qu'on a appelé à la Torah — il y a qui dit qu'il interrompt et qui dit qu'il n'interrompt pas, et la halakha suit ce dernier (il n'interrompt pas). Séif 5 : voici ce qu'on appelle « בין הפרקים » — entre la première berakha et la seconde, entre la seconde et שמע, entre שמע et והיה אם שמוע, entre והיה אם שמוע et ויאמר ; mais entre ויאמר et אמת ויציב on n'interrompt pas.
Le כהן occupé au ק״ש n'interrompt pas pour monter à la Torah — un Israël monte à sa place. Et il faut savoir se trouvent les « entre-sections » : entre les berakhot et entre les parachiot. Une exception : entre ויאמר et אמת ויציב, on ne s'interrompt pas, pour ne pas séparer « ה׳ » de « אמת » (on dit « אני ה׳ אלהיכם אמת » puis on s'interrompt comme au milieu).

Séif 7-9 — אמן אחר גאל ישראל וסמיכת גאולה לתפלה

אינו אומר אמן אחר גאל ישראל משום דהוי הפסק. הגה: וי״א דעונין אמן וכן נוהגין לענות אחר הש״ץ, אבל אם התפלל לבד אין עונין אמן. צריך לסמוך גאולה לתפלה ולא יפסיק לאחר שאמר גאל ישראל. ואין לענות קדיש וקדושה בין גאולה לתפלה, אלא ממתין בשירה חדשה כדי לענות.
Séif 7 : on ne dit pas אמן après « גאל ישראל » car c'est une interruption. הגה (Rama) : certains disent qu'on répond אמן, et tel est l'usage, après le חזן ; mais celui qui prie seul ne répond pas אמן. Séif 8 : il faut adjoindre la Gueoula à la Amida et ne pas interrompre après « גאל ישראל ». Séif 9 : on ne répond pas au קדיש ni à la קדושה entre la Gueoula et la Amida — on attend plutôt à « שירה חדשה » pour répondre.
Le principe de סמיכת גאולה לתפלה : on colle la fin de la Gueoula (« גאל ישראל ») au début de la Amida sans rien intercaler. Le Mehaber dit donc de ne pas répondre אמן là ; le Rama tranche qu'on répond אמן après le חזן (mais pas à sa propre berakha). Et si l'on veut répondre à un קדיש / קדושה, on s'y prend avant, en attendant à « שירה חדשה ».

Séif 10 — אמת ויציב שחרית ואמת ואמונה ערבית

כל מי שלא אמר אמת ויציב שחרית ואמת ואמונה ערבית לא יצא ידי חובת המצוה כתקנה.
Séif 10 : quiconque n'a pas dit « אמת ויציב » le matin et « אמת ואמונה » le soir n'a pas accompli l'obligation de la mitsva comme il se doit.
Les berakhot qui suivent le ק״ש ne sont pas de simples ajouts : « אמת ויציב » le matin et « אמת ואמונה » le soir sont nécessaires pour accomplir la mitsva כתקנה (comme instituée). C'est pourquoi tout ce siman veille à ce qu'on ne les rompe pas et qu'on les enchaîne à la Amida.
Le siman en une phrase : entre les sections (בין הפרקים) on est plus permissif pour le salut, au milieu (באמצע) plus strict, et dans « שמע » et « ברוך שם » on ne s'interrompt jamais ; on interrompt pour ציצית ותפילין oubliés et pour un davar shebikdusha (קדיש, קדושה, ברכו, מודים) même au milieu du verset ; on n'interrompt pas après « גאל ישראל » car צריך לסמוך גאולה לתפלה ; et « אמת ויציב » / « אמת ואמונה » sont nécessaires.

Cas pratiques

Cas 1 — Quelqu'un me salue pendant le ק״ש

Situation : je récite le ק״ש et une personne me salue. Puis-je répondre ?
Conduite : tout dépend de l'endroit et de la personne. Entre les sections (בין הפרקים) je peux demander le salut à une personne respectée et répondre à tout homme. Au milieu (באמצע) je ne demande qu'à celui que je crains (père, maître, roi) et je ne réponds qu'à une personne respectée. Mais dans « שמע ישראל » et « ברוך שם » — jamais, sauf danger de mort. Pour la mise en pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Le minyan dit קדיש ou קדושה

Situation : je suis au milieu du ק״ש et le minyan répond au קדיש ou dit la קדושה. Que faire ?
Conduite : un davar shebikdusha l'emporte : on interrompt même au milieu du verset pour répondre au קדיש, קדושה et ברכו, קל וחומר לכבוד המקום. Pour מודים, on ne dit que le mot « מודים ». On répond au strict nécessaire puis on reprend. Pour les détails (jusqu'où répondre), on suit son Rav.

Cas 3 — Enchaîner la Gueoula et la Amida

Situation : je termine « גאל ישראל » ; le חזן finit la berakha et le minyan répond אמן. Dois-je m'arrêter ou enchaîner ?
Conduite : le principe est סמיכת גאולה לתפלה — coller la Gueoula à la Amida sans interruption. Selon le Mehaber on ne répond pas אמן après « גאל ישראל » ; selon le Rama, on répond אמן après le חזן (mais pas à sa propre berakha). On n'intercale ni קדיש ni קדושה là : on les anticipe en attendant à « שירה חדשה ». Pour la conduite, on suit son Rav et sa coutume.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Quelle est la différence entre בין הפרקים et באמצע pour demander et répondre au salut (séif 1) ?
  2. Pourquoi ne s'interrompt-on jamais dans « שמע ישראל » et « ברוך שם » (séif 1) ?
  3. Pour quels textes interrompt-on même au milieu du verset, et pourquoi (séif 3) ?
  4. Le כהן appelé à la Torah pendant le ק״ש : interrompt-il (séif 4) ?
  5. Qu'est-ce que סמיכת גאולה לתפלה et que dit le Mehaber sur le אמן après « גאל ישראל » (séif 7-8) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Continuer vers le siman suivantSiman 67 →
~ ~ ~ ~ ~
DAAT · רב יוסף חיים סממה

סימן ס״ו · י׳ סעיפים · Niveau 1 — Initiation
♥ Soutenir DAAT
📖Rejoindre la khavroutha