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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION
Siman ס״ח · Les piyyoutim dans les berakhot du Chéma
דין שלא להפסיק בפיוטים בברכות קריאת שמע — il est des lieux qui disent des piyyoutim dans les berakhot du Chéma ; il convient de s en abstenir car c est un הפסק. Mais la glose du Rama : ויש אומרים דאין איסור (הר״י, הרשב״א, הטור) — telle est la coutume. Néanmoins, tant que le tsibbour les dit, on ne s occupe de rien, même de Torah
סימן ס״ח · סעיף אחד
דין שלא להפסיק בפיוטים בברכות קריאת שמע
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne s il faut interrompre les berakhot du Chéma par des piyyoutim : le Mehaber juge נכון למנוע — il convient de s en abstenir car c est un הפסק ; mais le Rama tranche ויש אומרים דאין איסור (הר״י, הרשב״א, הטור), et telle est la coutume. Néanmoins, tant que le tsibbour les dit, on ne s occupe de rien, pas même de Torah ; et הרהור לאו כדיבור — étudier par la pensée est permis. Texte hébreu, traduction française et explication du seif, avec une section de cas pratiques.
Sujet : Ne pas interrompre par des piyyoutim dans les berakhot du Chéma — הפסק, la glose du Rama, et הרהור לאו כדיבור
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ס״ח · סעיף אחד
Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com
Nos Sages ont enseigné (ברכות י״א.) : מקום שאמרו לקצר אינו רשאי להאריך, מקום שאמרו להאריך אינו רשאי לקצר — là où ils ont dit d abréger on ne peut allonger, et là où ils ont dit d allonger on ne peut abréger. De là naît la question du siman : ajouter des piyyoutim aux berakhot du Chéma est-il un הפסק (une coupure) qui altère le מטבע de la berakha ? Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A. Le seif — le Mehaber (נכון למנוע — הפסק), la glose du Rama (ויש אומרים דאין איסור), l interdit d interrompre, et הרהור לאו כדיבור
1. Cas pratique — une communauté qui dit les piyyoutim : faut-il s abstenir ?
2. Cas pratique — pendant les piyyoutim : peut-on étudier ou parler ?
3. Cas pratique — lire par la pensée (הרהור) et ne pas se séparer du tsibbour
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin
A. Les piyyoutim dans les berakhot du Chéma — le seif
פִּיּוּטִים בְּבִרְכוֹת קְרִיאַת שְׁמַע — les piyyoutim dans les berakhot du Chéma — les piyyoutim sont des poèmes liturgiques que certains introduisent au milieu des berakhot qui entourent le Chéma. La question est de savoir s ils constituent un הפסק — une interruption qui altère le מטבע (la forme fixée) de la berakha. Le Mehaber penche pour s en abstenir ; le Rama rapporte que יש אומרים דאין איסור et que telle est la coutume. Il reste un principe commun : tant que le tsibbour les dit, on ne s occupe d aucune autre chose.
1. Le Mehaber — נכון למנוע (c est un הפסק)
יש מקומות שמפסיקים בברכת קריאת שמע לומר פיוטים, ונכון למנוע מלאומרם משום דהוי הפסק.
Il est des lieux qui interrompent les berakhot du קריאת שמע pour dire des piyyoutim ; et il convient de s en abstenir (נכון למנוע), parce que cela constitue un הפסק (une interruption).
Le Mehaber constate un usage — des lieux disent des piyyoutim au sein des berakhot du Chéma — et il donne son avis : נכון למנוע, il est juste de s en abstenir, car ces ajouts sont un הפסק qui rompt l ordre et la forme fixée des berakhot.
2. La glose du Rama — ויש אומרים דאין איסור
הגה: ויש אומרים דאין איסור בדבר [הר״י בסוף פרק אין עומדין, והרשב״א, והטור], וכן נוהגין בכל המקומות לאומרם, והמקיל ואינו אומרם לא הפסיד.
Glose : et il y a ceux qui disent qu il n y a pas d interdit en la matière (le הר״י à la fin du chapitre אין עומדין, le הרשב״א et le הטור), et telle est la coutume de tous les lieux de les dire ; et celui qui est indulgent et ne les dit pas n a rien perdu.
Le Rama rapporte l avis inverse : selon le הר״י (fin du chapitre אין עומדין), le הרשב״א et le הטור, il n y a אין איסור — pas d interdit à les dire, et וכן נוהגין — telle est la coutume répandue. En pratique, on suit la coutume du lieu ; et המקיל ואינו אומרם לא הפסיד — celui qui préfère s en abstenir ne perd rien.
3. L interdit d interrompre pendant les piyyoutim
ומכל מקום לא יעסוק בשום דבר, אפילו בדברי תורה אסור להפסיק ולעסוק כל זמן שהצבור אומר פיוטים, כל שכן שאסור לדבר שום שיחה בטלה.
Néanmoins, on ne s occupera d aucune chose : même les paroles de Torah — il est interdit d interrompre et de s y adonner tout le temps que la communauté dit les piyyoutim ; à plus forte raison est-il interdit de tenir la moindre conversation futile.
Même là où l on dit les piyyoutim, il faut rester avec le tsibbour : tant qu il les dit, on ne s occupe de rien d autre. Même דברי תורה — l étude de la Torah — sont interdits comme interruption ; et כל שכן, à plus forte raison, une שיחה בטלה (parole futile) est prohibée.
4. הרהור לאו כדיבור — penser n est pas parler
ומכל מקום מי שלומד על ידי הרהור שרואה בספר ומהרהר לית ביה איסורא, דהרהור לאו כדיבור דמי... ועל כן אין לאדם לפרוש עצמו מהצבור במקום שנהגו לאמרם, ויאמר אותו עמהם.
Toutefois, celui qui étudie par la pensée (הרהור), en regardant un livre et en méditant, n a rien d interdit, car la pensée n est pas comme la parole (הרהור לאו כדיבור דמי)... C est pourquoi on ne doit pas se séparer de la communauté là où la coutume est de les dire, et on les dit avec elle.
Regarder un livre et méditer en silence n est pas un הפסק, car הרהור לאו כדיבור — la pensée n équivaut pas à la parole. Le Rama craint pourtant que cela n entraîne à parler et à couper vraiment ; c est pourquoi אין לאדם לפרוש עצמו מהצבור — on ne se met pas à l écart de la communauté là où l on dit les piyyoutim, mais on les dit avec elle.
Le siman en une phrase : introduire des piyyoutim dans les berakhot du Chéma est, pour le Mehaber, un הפסק dont נכון למנוע ; mais le Rama rapporte ויש אומרים דאין איסור (הר״י, הרשב״א, הטור) et que telle est la coutume, והמקיל לא הפסיד ; tant que le tsibbour les dit, on ne s occupe de rien, même pas de Torah ; et הרהור לאו כדיבור — étudier par la pensée est permis, mais sans se séparer de la communauté.
Cas pratiques
Cas 1 — Une communauté qui dit les piyyoutim
Situation : dans sa synagogue, on ajoute des piyyoutim au milieu des berakhot du Chéma. Faut-il s en abstenir ?
Conduite : le Mehaber juge נכון למנוע (c est un הפסק), mais le Rama tranche ויש אומרים דאין איסור (הר״י, הרשב״א, הטור) et וכן נוהגין — telle est la coutume répandue. On suit donc la coutume du lieu : là où l on dit les piyyoutim, on les dit avec la communauté ; המקיל ואינו אומרם לא הפסיד. Pour la mise en pratique, on suit son Rav.
Cas 2 — Étudier ou parler pendant les piyyoutim
Situation : pendant que le tsibbour dit les piyyoutim, peut-on réviser un limoud ou échanger un mot ?
Conduite : לא יעסוק בשום דבר — on ne s occupe de rien tant que le tsibbour les dit. Même דברי תורה (l étude de Torah) sont interdits comme interruption ; et כל שכן une שיחה בטלה (conversation futile). Pour les détails, on suit son Rav.
Cas 3 — Lire par la pensée (הרהור)
Situation : peut-on, en silence, regarder un livre et méditer pendant les piyyoutim ?
Conduite : oui, הרהור לאו כדיבור — la pensée n est pas la parole, לית ביה איסורא, il n y a pas d interdit à étudier ainsi en silence. Mais on veille à ne pas se séparer du tsibbour (אין לאדם לפרוש עצמו מהצבור) là où l on dit les piyyoutim : on les dit avec la communauté. Pour les cas limites, on suit son Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
- Pourquoi le Mehaber juge-t-il נכון למנוע les piyyoutim dans les berakhot du Chéma ?
- Que rapporte la glose du Rama, et au nom de quels Rishonim (יש אומרים דאין איסור) ?
- Pendant que le tsibbour dit les piyyoutim, pourquoi même l étude de la Torah est-elle interdite ?
- Qu est-ce que הרהור לאו כדיבור, et pourquoi permet-il d étudier par la pensée ?
- Pourquoi ne faut-il pas se séparer de la communauté (אין לאדם לפרוש עצמו מהצבור) là où l on dit les piyyoutim ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📖Rejoindre la khavroutha
- 📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — גדר ההפסק בברכות ק״ש, מחלוקת המחבר והרמ״א (הר״י, הרשב״א, הטור) ; מקום שאמרו לקצר אינו רשאי להאריך (ברכות י״א.) ופיוטים מעין הברכה ; הרהור לאו כדיבור והחשש שמא יבוא לדבר, ועיין סימן צ׳ סעיף י׳
- ✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
- 👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : la chitah du Choulhan Aroukh HaRav — ההפסק בברכות ק״ש, והחילוק עם התפילה שמותר להוסיף מעין כל ברכה