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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Choul'han Aroukh · Yoré Déa

Le דין נותן טעם לפגם — étude et pilpoul
סימן ק״ג
נבילה הראויה לגר, טעם וממשות, בת יומה, שמן ודבש, וחתיכה נעשית נבילה
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ Pour les lamdanim et les talmidé hakhamim ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougyot, sources, hakira du fondement, ma'hlokot des Richonim et des A'haronim,
nafka minot pratiques et examen des chitot

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״ג (7 seifim)
avec l'appareil : ש״ך (Chakh) · ט״ז (Taz) · פרי מגדים (Peri Megadim) · פתחי תשובה (Pit'hei Techouva)

Fondement de la sougya dans le Chas :
עבודה זרה ס״ז: — ס״ח. (נותן טעם לפגם, נבילה הראויה לגר) · עבודה זרה ל״ח: — ל״ט. (שמן ודבש של נכרי) · חולין צ״ז: — צ״ח. (טעם כעיקר, ביטול בששים) · ירושלמי תרומות פ״י ה״ו (לא לשבח ולא לפגם)

Rédaction et étude :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. Ouverture de la sougya — נותן טעם לפגם מותר, et son apprentissage à partir du גר (seif 1)
  2. La racine de la hakira — pourquoi un goût gâté n'est pas un « goût », et טעם כעיקר דאורייתא (Chakh ס״ק ג)
  3. La mesure du gâté — gâter un peu, goût contre ממשות, interdit majoritaire, et le ציר comme le corps (seif 2, Taz ס״ק ג)
  4. Le חוכך, השביח ולבסוף פוגם, et la marmite — le profit du surcroît, et נ״ט בר נ״ט דהיתרא (seif 2, Taz ס״ק ד–ו)
  5. L'interdit qui ne gâte qu'avec un auxiliaire — sel et épices, et לא לשבח ולא לפגם qui est interdit (seif 3, Chakh ס״ק ב et י״ב)
  6. Huile et miel d'un non-juif — l'huile נטל״ש et le miel נטל״פ, et la viande dans le vin (seif 4, Chakh ס״ק י״ג–י״ד)
  7. בת יומה et מעת לעת — marmite rincée, graisse en surface, et חורפא משוי לשבח (seifim 5 et 6)
  8. Marmite de viande et lait, puis de l'eau — חתיכה נעשית נבילה et la nuit qui passe (seif 7, Taz ס״ק י–י״א)
  9. Hakira et nafka mina pratique
  10. Tableaux de synthèse

📜 Le texte du Choul'han Aroukh — seif 1

↩ Explication détaillée (niveau 1)

« כל דבר שטעמו פגום אינו אוסר תערובתו ואפילו אין טעמו פגום מחמת עצמו שבפני עצמו הוא מוטעם ומשובח אלא שפוגם תערובתו מותר » (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:א)

« מיהו דברים החשובים כבריה או כיוצא בה אם אינן פגומים בעצמן אע״פ שפוגמין התבשיל אינן בטלים אפילו באלף » (רמ״א יו״ד ק״ג:א)

1. Ouverture de la sougya — נותן טעם לפגם מותר

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — le נטל״פ appris du גר

Le fondement du siman est le principe נותן טעם לפגם מותר : un interdit qui ne communique au mélange qu'un goût gâté ne le rend pas interdit. Le Taz en donne la source dès son premier ס״ק, dans le verset qui énonce la nevéla : une nevéla encore propre à être donnée au guer (le résident) porte le nom de nevéla et est interdite ; celle qui ne lui est plus propre, déjà impropre à la consommation d'un homme, n'entre pas dans la définition. De là : le goût qui gâte le mélange a le statut de la nevéla devenue impropre, et il n'interdit pas. Et il n'est pas requis que le mélange devienne réellement impropre à la consommation : il suffit que le goût y soit gâté.
« לא תאכלו כל נבלה לגר אשר בשעריך תתננה » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק א)
« נבילה הראויה לגר קרויה נבילה ושאינה ראויה לגר לא » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק א)
Les deux figures du gâté : deux tableaux dans la langue du Mehaber — (a) une chose dont le goût est gâté par elle-même, qui n'est pas mangeable même seule ; (b) une chose qui, prise seule, est מוטעם ומשובח — savoureuse et améliorée — mais qui, tombée dans ce mélange-ci, en gâte le goût. Dans les deux cas c'est permis, car on ne suit que l'effet réellement produit dans le mélange : dès lors que le résultat est un goût gâté, il n'y a pas là de « goût » qui interdise.
« ואפילו אין טעמו פגום מחמת עצמו שבפני עצמו הוא מוטעם ומשובח אלא שפוגם תערובתו מותר » (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:א)
La glose du Rama — בריה et דבר חשוב : l'heter du נטל״פ ne vaut que pour une chose qui n'a pas de חשיבות propre. Mais une בריה — et tout ce qui ne s'annule pas, aux simanim ק׳ et ק״א — si elle n'est pas gâtée en elle-même, ne s'annule pas du tout, même dans mille, alors même qu'elle gâte le plat : c'est sa חשיבות qui empêche l'annulation.
« מיהו דברים החשובים כבריה או כיוצא בה אם אינן פגומים בעצמן אע״פ שפוגמין התבשיל אינן בטלים אפילו באלף » (רמ״א יו״ד ק״ג:א)
Le Rama renvoie lui-même, entre parenthèses, au איסור והיתר הארוך כלל ל״ב. Le Chakh nomme les cas visés, et le Taz dit pourquoi la חשיבות pèse ici plus lourd que le gâté.
« כגון חה״ל ודבר שבמנין וכה״ג דגופו לא בטיל באלף אפי׳ אינו נ״ט » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק א)
« אבל אם הם בעצמם מושבחים אע״פ שנ״ט לפגם במאכל זה גופו לא בטיל אפילו באלף כיון שהוא בריה » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ב)

2. La racine de la hakira — pourquoi un goût gâté n'est pas un « goût »

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C'est la hakira fondamentale de tout le siman, et toutes ses ramifications en dépendent.

La hakira — טעם כעיקר דאורייתא, et le goût gâté ? Nous tenons que טעם כעיקר דאורייתא : le goût de l'interdit absorbé dans le permis interdit comme si l'interdit lui-même était là en substance. Pourquoi, alors, un goût gâté n'interdit-il pas ? C'est pourtant un goût. Il y a lieu de chercher : le נטל״פ est-il la révélation qu'il n'y a plus là de nom d'interdit du tout — la chose étant sortie du statut d'aliment — ou bien un heter extérieur, qui permet un goût bel et bien présent ? La question reste ouverte ; ce qui suit montre de quel côté penche le Chakh.
La décision du Chakh (ס״ק ג) : le Chakh écrit, au nom du תורת חטאת, qu'il n'y a pas lieu de distinguer entre un interdit נמחה — dissous — et un interdit qui ne l'est pas, puisque טעם כעיקר דאורייתא ; mais qu'un goût gâté n'est pas compté comme un goût.
« דאין לחלק בין נמחה ללא נמחה דהא טעם כעיקר דאורייתא אלא דטעם פגום לא חשיב טעם ובטל » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק ג)
Et il en tire aussitôt la conséquence : si le goût ne compte pas, le corps même de l'interdit s'annule dans la majorité.
« אם כן ה״ה גוף האיסור נמי בטל ברוב » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק ג)
Le נטל״פ n'est donc pas un heter posé sur un goût qui existerait : c'est que la Tora n'a interdit que le goût qui améliore ou qui reste consommable, et que le goût qui abîme est sorti du régime de la « communication de goût ».
Le bord de la hakira — « ni pour améliorer ni pour gâter » :
Le casLe dinSource
Il gâte (un peu ou beaucoup) Permis — il n'interdit pas son mélange Mehaber seifim 1 et 2
Il améliore Il interdit — il faut soixante טעם כעיקר
Ni pour améliorer ni pour gâter (sans aucun goût) Interdit — et il faut soixante Chakh ס״ק ב (ירושלמי תרומות פ״י ה״ו)
La preuve du Chakh (ס״ק ב) : le Chakh établit d'abord la règle, puis la prouve par le nerf — le גיד — dont on tient qu'il ne communique aucun goût, et qui exige pourtant soixante pour être annulé lorsqu'il se dissout.
« אבל דבר שאינו נ״ט לא לשבח ולא לפגם אסור » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק ב)
« דאין בגידין בנ״ט » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק ב)
Nous l'apprenons donc : l'heter du נטל״פ n'est pas l'absence de goût, mais bien le goût qui gâte en acte ; et la racine en est dans le Yérouchalmi, que le Chakh cite en propres termes.
« הדא אמרת לא לשבח ולא לפגם אסור » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק ב)
La chita du Rachba (Chakh ס״ק ה) : lorsque l'interdit ne laisse qu'un אלא טעמו בלבד — son goût seul, sans substance — même tombé dans une quantité moindre de permis, on jette le corps de l'interdit et le bouillon qui reste est permis, car le goût gâté qui s'y trouve n'interdit pas.
« ונראה שאפי׳ נפל לתוך היתר מועט והכירו זורקו והרוטב מותר לפי שאין כאן אלא טעמו ולא ממשו » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק ה)
« והלכך כשהאיסור פגום אין משערין בכולו אלא בטעמו וטעמו כמי שאינו שהרי פגום הוא » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק ה)
C'est le fondement de la fin du seif 2 chez le Mehaber, qu'on lira à la section suivante.

3. La mesure du gâté — goût contre ממשות, et le ציר comme le corps

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif 2)

« פגם זה אין צריך שיפגום לגמרי עד שיהא קץ לאכלו אלא אפילו פוגם קצת אינו אוסר תערובתו ויש מי שאומר דהיינו דוקא כשנתערב איסור מועט עם היתר מרובה אבל איסור מרובה לתוך היתר מועט ואפילו מחצה על מחצה אין אומרים נותן טעם לפגם מותר עד שיפגום לגמרי שאינו ראוי למאכל אדם ואם אין שם ממשו של איסור אלא טעמו בלבד אפילו איסור מרובה והיתר מועט מותר אם פוגם קצת » (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:ב)

Le yessod — goût contre substance :
Une distinction de fond, portant sur la mesure de gâtement exigée :

• Lorsque l'interdit a une ממשו של איסור — une substance — et qu'il est majoritaire (ou même moitié contre moitié), un gâtement léger ne suffit pas : il faut qu'il gâte entièrement, jusqu'à n'être plus propre à la consommation d'un homme.
• Lorsqu'il n'y a de l'interdit que אלא טעמו בלבד, sans substance, un gâtement léger suffit, même si l'interdit est majoritaire et le permis minoritaire.

La racine de la distinction : la substance de l'interdit se joint à l'interdire, sans dépendre entièrement de la qualité du goût ; mais un goût sans corps tient tout entier à l'effet du goût, et le moindre gâtement le défait.
Le ציר vaut le corps — le dikdouk du Taz (ס״ק ג) : le Taz relève que le ציר — le liquide qui sort de l'interdit — compte comme le corps de l'interdit, et non comme un « goût seul ». Le Chakh le rapporte de même, au nom du Tour au nom du Rachba.
« ומבואר בטור דציר של איסור חשוב כגופו » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ג)
« וכן צירו של איסור טור בשם הרשב״א » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק ד)
Et la nafka mina est dite par le Taz lui-même : un ציר d'interdit mêlé au permis demande ou bien un gâtement entier, ou bien une majorité de permis.
« אם נתערב ציר בעין של איסור להיתר צריך שיהא פוגם לגמרי או שיהא רוב היתר » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ג)
La « substance » n'est donc pas seulement un morceau : c'est aussi le liquide qui en sort.

4. Le חוכך, השביח ולבסוף פוגם, et la marmite

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Trois dikdoukim aigus se ramifient de la suite du seif 2 et de la glose du Rama.

Le texte du Mehaber et du Rama (suite du seif 2)

« ויש מי שחוכך … לומר שאם הגדיל האיסור מדתו של היתר עד שהוא משביח יותר כשאוכלו בגודל מדתו ממה שהוא פוגם בהפסד טעמו אסור עד שיפסל מלאכול אדם במה דברים אמורים שפוגם מתחילתו ועד סופו אבל אם השביח ולבסוף פוגם או פוגם ולבסוף השביח אסור » (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:ב)

« י״א אף על גב דהאיסור … לפגם והמאכל מותר מ״מ הקדירה אסורה ואם בשלו בה אח״כ תוך מעת לעת תבשיל שהאיסור הראשון נותן בו טעם לשבח נאסר התבשיל השני אם לא היה בו ס׳ נגד האיסור הראשון אבל אם נערו התבשיל הראשון בכף ותחבו אח״כ הכף לתבשיל שני שהוא ג״כ פוגם לא נאסרה הקדרה וכן בדבר שאין לו טעם כלל כגון היורה שמתיכין בו הדבש אע״פ שיש שם רגלי הדבורים לא נאסרה היורה וכל כיוצא בזה » (רמ״א יו״ד ק״ג:ב)

La coupure marquée par « … » porte, dans la source, la glose [נ״ט] au premier endroit, et la mention (שם בארוך) à la fin — le איסור והיתר הארוך, d'où le Rama tire cette glose.

Le חוכך — le profit du surcroît (Taz ס״ק ד) : « יש מי שחוכך » désigne celui qui hésite vers la rigueur : même si l'interdit gâte le goût, s'il a augmenté la quantité du permis au point que celui qui mange en tire du surcroît plus d'agrément qu'il n'en perd par le goût, il se trouve qu'au total il améliore — et c'est interdit. La hakira est là : le « gâté » se mesure-t-il au goût seul, ou aussi à l'agrément de la quantité ? Pour le חוכך, l'agrément du surcroît entre en compte et défait le nom de « celui qui gâte ».
« דהא נהנה מגוף האיסור במה שיש לו טפי לאכילה ויהיה נהנה טפי מרבוי אכילה שמחמת האיסור יותר מן הקלקול שמקלקל לו קצת בטעם אסור » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ד)
Du début jusqu'à la fin — le dikdouk du Taz (ס״ק ה) : במה דברים אמורים שפוגם מתחילתו ועד סופו (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:ב) — tout cela ne vaut que s'il gâte de bout en bout. Mais s'il a d'abord amélioré et n'a gâté qu'à la fin, ou l'inverse, c'est interdit. Le Taz rapporte l'exemple du Tour : du vinaigre de יין נסך tombé dans des gruaux froids, qu'il améliore d'abord, puis qu'il échauffe et gâte.
« דהשביח ולבסוף פוגם כגון חומץ יין נסך שנפל לתוך גריסין צונן והשביחן והרתיחן ופוגמן » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ה)
Et le cas inverse — qui gâte d'abord et améliore à la fin — est celui du vinaigre tombé dans des gruaux bouillants, qu'il refroidit ; celui-là est interdit à plus forte raison.
« ממילא פירושא דפוגם ולבסוף השביח הוא איפכא דנפל לתוך רותחין וציננן וזה אסור בכל שכן מהשביח ולבסוף פוגם » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ה)
Le sens du din est qu'à l'instant où l'interdit a amélioré, le plat s'est trouvé pris, et le gâtement survenu ensuite ne le ramène pas à sa permission : le נטל״פ demande un gâtement continu depuis le commencement.
La marmite et la cuiller — נ״ט בר נ״ט דהיתרא (Taz ס״ק ו) :
Le casLe dinLa raison
L'interdit a gâté le plat directement Le plat est permis, mais הקדירה אסורה La marmite a absorbé l'interdit lui-même
Il a remué avec une cuiller, puis plongé la cuiller dans un second plat (qu'elle gâte aussi) La marmite n'est pas interdite נ״ט בר נ״ט דהיתרא
Le chaudron où l'on fait fondre le miel, avec les pattes des abeilles Il n'est pas interdit Il n'y a là aucun goût du tout
Explication — נ״ט בר נ״ט (Taz ס״ק ו) : quand l'interdit a gâté directement le premier plat, la marmite en a absorbé et devient interdite. Mais quand c'est la cuiller qui a absorbé le goût gâté et l'a ensuite donné à un second plat, qu'elle gâte lui aussi, on a un second goût de gâté — le plus ténu du ténu — et la marmite n'en est pas prise.
« דהואיל והתבשיל שרי הקדרה נמי שרי דה״ל נ״ט בר נ״ט דהיתרא » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ו)
« הוה ליה נותן טעם בר נותן טעם דהיתירא כיון שמתחלה בא הטעם של האיסור על ידי פגם » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ו)
Le Taz s'étonne d'ailleurs de la langue du Rama, qui a exigé deux gâtements là où un seul suffirait : même si la cuiller avait été prise d'un interdit entier, dès lors qu'il gâte le plat où on la plonge, on a un נ״ט בר נ״ט.
« ותמהני דלמה נקיט רמ״א כאן שהכף נאסר תחלה מאיסור פגום » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ו)
« ולענין דינא להלכה ודאי שרי אפילו בחד נ״ט לפגם » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ו)
Quant au chaudron de miel — où il n'y a aucun goût, les pattes des abeilles n'en donnant pas — il va de soi qu'il n'est pas pris.

5. L'interdit qui ne gâte qu'avec un auxiliaire — sel et épices

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif 3)

« אפילו אין כח באיסור לבדו לפגום אלא על ידי דבר אחר שמסייעו כגון שנפל איסור לקדרה שיש בה מלח או תבלין מדוכין … ואלמלא המלח והתבלין שבה לא היה כח באיסור לפגום אפילו הכי מותר » (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:ג)

La coupure porte, dans la source, la variante (בטור מרובין) : le Tour lit מרובין — « en quantité » — là où le Choul'han Aroukh lit מדוכין, « pilées ».

Le yessod — on suit le résultat :
Le hidouch du seif : on ne regarde pas la force de l'interdit prise en elle-même, mais le résultat effectif dans cette marmite-ci. Puisque, joint au sel et aux épices pilées en quantité, l'interdit se trouve gâter en acte — c'est permis, quand bien même, sans cet auxiliaire, il aurait amélioré. Le « נותן טעם לפגם » se mesure donc à l'ensemble qui est devant nous, et non à la force abstraite de l'interdit.
Et de même en sens inverse — le Chakh (ס״ק י״ב) : le Chakh ajoute le cas symétrique — celui où l'interdit ne gâte que parce qu'il n'y a là ni sel ni épices, et qu'il n'aurait pas gâté si l'assaisonnement avait été fait comme il faut. C'est permis également, puisque, en l'état, il gâte.
« וה״ה איפכא כשהוא פוגם מפני שאין שם מלח או תבלין ואלו היה שם מלח או תבלין כראוי לא היה פוגם מותר כיון דהשתא מיהא פוגם » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק י״ב)
C'est une seule et même racine que le din du seif 1 : toute la question du נטל״פ se mesure au résultat réel dans le mélange, et non à la force de l'interdit prise à part.
Rattachement à la hakira du « ni pour améliorer ni pour gâter » : et il faut y regarder de près — tout cela ne vaut que si la conclusion est un gâtement. Mais si l'auxiliaire aboutit à « ni pour améliorer ni pour gâter », le din du ס״ק ב revient (section 2 ci-dessus) : c'est interdit jusqu'à soixante, faute d'un gâtement qui permette.

6. Huile et miel d'un non-juif — l'huile נטל״ש, le miel נטל״פ

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Un seif bref, auquel tient une ma'hloket longue et profonde dans le Chakh.

Le texte du Mehaber et du Rama (seif 4)

« שמן ודבש של עובד כוכבים אע״פ שהם מבושלים מותרים מפני שהבשר פוגם את השמן ומסריחו וכן לדבש » (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:ד)

« ויש אומרים דבשר אינו פוגם דבש עצמו רק משקה הנעשה מדבש … ובמקום שאין הפסד גדול יש להחמיר. בשר או חלב ביין הוי לפגם ומותר » (רמ״א יו״ד ק״ג:ד)

La coupure porte la source du « יש אומרים » — (מהרי״ל בהגהת ש״ד סימן כ״ב ועוד הרבה פוסקים עיין ס״ק י״ג) ; et la fin du seif renvoie aux (הגהות אשיר״י פ״ב דעבודת כוכבים).

La racine du long Chakh (ס״ק י״ג–י״ד) — l'huile נטל״ש, le miel נטל״פ :
La choseL'effet de la viandeLe din
Huile Elle donne un goût לשבח — qui améliore Sa permission tient à une autre raison
Miel Elle donne un goût לפגם — elle le rend fétide Permis au titre du נטל״פ
Huile bouillie Elle y donne aussi un goût qui améliore Elle n'en devient pas interdite
Le dikdouk du Chakh (ס״ק י״ג–י״ד) : le Chakh s'étend — d'après les Tossafot, le Roch, le Mordekhi et le איסור והיתר — pour distinguer l'huile du miel. Dans l'huile, tous accordent que la viande y donne un goût qui améliore, et il n'est donc pas possible de la permettre au titre du gâté : sa permission tient à une autre raison, car les ustensiles d'un non-juif ne sont pas présumés בני יומן.
« וצ״ל דלא הביא כאן דברי הרמב״ם אלא ללמוד דבשר פוגם שמן ודבש » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק י״ג)
« ובתשובת ר״י במרדכי שם מוכח להדיא דבשמן מודה דמשביח » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק י״ד)
Dans le miel, au contraire, la viande le rend fétide et le gâte : sa permission est donc littéralement celle du נותן טעם לפגם. Et il en va ainsi jusque pour l'huile bouillie.
« אבל בדבש הוי נטל״פ לגמרי » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק י״ד)
« דכ״ש בשמן הוי לשבח אפילו כשנתבשל » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק י״ד)
Ainsi s'explique la langue du Mehaber, qui a lié les deux ensemble bien que leurs raisons soient distinctes.
La glose du Rama — le miel lui-même, ou la boisson faite de miel (מהרי״ל) :
« ויש אומרים דבשר אינו פוגם דבש עצמו רק משקה הנעשה מדבש » (רמ״א יו״ד ק״ג:ד)
C'est-à-dire : on discute de savoir si la viande rend fétide le miel brut, ou seulement la boisson qu'on en fait ; et c'est pourquoi, là où il n'y a pas de grosse perte, il y a lieu d'être rigoureux.
« ובמקום שאין הפסד גדול יש להחמיר » (רמ״א יו״ד ק״ג:ד)
Le Taz (ס״ק ז) rapporte sur ce point la question du Beit Yossef — on cuit couramment du miel avec de la viande et le résultat est excellent — et sa réponse, que l'amélioration vient des épices et des oignons ; puis il tient pour l'essentiel la distinction du מהרי״ל.
« תמה ב״י שהרי העולם מבשלין דבש עם בשר והוא משובח מאד ותירץ דע״י התבלין והבצלים הוא משביח » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ז)
« דיש חילוק בין דבש עצמו דמיירי בי׳ המרדכי למשקה העשוי בדבש וכן עיקר » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ז)
Viande ou lait dans le vin (Rama ; Pit'hei Techouva ס״ק ו) :
« בשר או חלב ביין הוי לפגם ומותר » (רמ״א יו״ד ק״ג:ד)
car le vin les gâte. Le Pit'hei Techouva rapporte la discussion sur le mot חלב — faut-il le lire avec un tséré, et ce serait la graisse, ou avec un kamats, et ce serait le lait ? — et il apporte le בית יהודה, pour qui les deux lectures donnent un goût qui gâte.
« והיותר נ״ל דשניהם הן חלב בקמץ והן חלב בציר״ה נותנים טעם לפגם » (פת״ש יו״ד ק״ג ס״ק ו)

7. בת יומה et מעת לעת — marmite rincée, graisse en surface, et חורפא

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (seifim 5 et 6)

« כל קדירה שאינה בת יומה חשיבה טעמה לפגם ואינה אוסרת ונקראת בת יומה כל זמן שלא שהתה מעת לעת אחר שנתבשל בה האיסור וכיון שעבר עליה מעת לעת אחר שנתבשל בה האיסור אינה נקראת בת יומה ואם בישל בה כשאינה בת יומה התבשיל מותר דהוי נותן טעם לפגם והוא שתהיה מודחת שלא יהיה שומן על פניה שאם לא הדיחה אוסר והרי היא כחתיכת איסור שלא נפגמה ויש מתירין אפילו בישל בה קודם שהדיחה » (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:ה)

« ואם יש ס׳ נגד מה שדבוק עליו לכולי עלמא שרי מאחר דהקדירה אינה בת יומא והכי נהוג » (רמ״א יו״ד ק״ג:ה)

Le Rama indique sa source entre parenthèses : (או״ה).

« יש מי שאומר שאם שמו פלפלין בקדרה של איסור שאינה בת יומא הכל אסור דחורפיה משויא ליה לשבח » (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:ו)

Le yessod — בת יומה et מעת לעת :
Le goût absorbé dans un ustensile s'altère en y séjournant ; d'où :

• dans les מעת לעת — les vingt-quatre heures — qui suivent la cuisson, l'ustensile est בת יומה, son goût est encore bon et il interdit ;
• passé ce délai, il n'est plus בת יומה, son goût est gâté et il n'interdit pas.

Et il y faut une condition : que la marmite soit rincée, sans graisse demeurée en surface.
La graisse en surface ne se gâte pas — le dikdouk du Taz (ס״ק ח) : ce qui est en surface ne se gâte pas, même après plusieurs jours ; seul le goût absorbé dans l'épaisseur de l'ustensile s'altère. C'est la chita du Rachba, et c'est pourquoi le rinçage est exigé : ce qui est en surface vaut un morceau d'interdit entier, qui n'est pas gâté.
« דמה שהוא בעין אינו נפגם אפילו נשתהה כמה ימים וזהו דעת רשב״א בטור סימן קכ״ב » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ח)
Le « יש מתירין » du Mehaber est le Ran, pour qui même ce qui est en surface se gâte ; et nous tenons comme la première opinion.
« והיש מתירין הוא הר״ן ס״ל דאפילו מה שבעין על הכלי נפגם ואנן קי״ל כסברא ראשונה » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ח)
Le Chakh (ס״ק ט״ו) dit le même partage, et précise que l'exigence du rinçage ne vise que le cas où l'on sait avec certitude que la marmite n'était pas propre.
« וקמ״ל דהשומן הדבוק אינו נטל״פ אחר מעל״ע » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק ט״ו)
Cuire avant d'avoir rincé · soixante contre ce qui est collé :
La chitaLe dinSource
Le Mehaber (sans nom) S'il n'a pas rincé et a cuit — c'est interdit (la graisse en surface) Mehaber seif 5
יש מתירין Permis même s'il a cuit avant d'avoir rincé Mehaber seif 5
Le Rama (או״ה) — il y a soixante contre ce qui est collé לכולי עלמא שרי — tous permettent, la marmite n'étant pas בת יומה, « וכן נוהגין » Rama seif 5 ; Chakh ס״ק ט״ז
Le Chakh note que le מהרש״ל conteste ce dernier point, et il écarte sa raison.
« ואין דבריו נראין » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק ט״ז)
חורפא משוי לשבח (seif 6 ; Taz ס״ק ט) : « יש מי שאומר » — si l'on a mis du שאם שמו פלפלין, du poivre, dans une marmite d'interdit qui n'est pas בת יומה, tout est interdit, car son piquant rend au goût gâté la qualité d'un goût qui améliore.
« דחורפיה משויא ליה לשבח » (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:ו)
La chose demande examen : le piquant ne fait pas qu'assaisonner, il retourne le gâté en amélioration. Et le Taz précise qu'il y faut une majorité de matière piquante pour opérer ce retournement, renvoyant au siman צ״ה et au siman צ״ו.
« ומבואר בסימן צ״ה ס״ב דדוקא רובו דבר חריף בעינן » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק ט)
Le Mehaber ajoute, entre parenthèses, que c'est la décision que le Beit Yossef a prise de lui-même dans son בית יוסף.

8. Marmite de viande et lait, puis de l'eau — חתיכה נעשית נבילה

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (seif 7)

« קדרה שהיא בלועה מבשר וחלב שנתבשל בה ביחד או בזה אחר זה וקודם שעבר לילה אח׳ הוחמו בה מים חשיבה בת יומא עד שתשהה מעת לעת משעה שהוחמו בה המים » (שולחן ערוך יורה דעה ק״ג:ז)

« אבל אם עברה לילה מותר וכן אם עברה לילה בין בישול בשר לחלב אע״ג דאח״כ הוחמו המים מיד נמי דינא הכי וה״ה בכל האיסורים לפי מאי דקיימא לן בכל האיסורים חתיכה נעשית נבילה … וע״ל סימן צ״ב ובמקום הפסד יש להתיר בכה״ג בשאר איסורים בכל ענין רק שיהא מעת לעת מזמן בישול האיסור » (רמ״א יו״ד ק״ג:ז)

Le yessod — חתיכה נעשית נבילה et l'eau :
Dans une marmite qui a absorbé de la בשר וחלב, l'absorption elle-même est devenue un interdit entier — une « nevéla ». Aussi, quand on y a chauffé de l'eau à l'intérieur des vingt-quatre heures, l'eau elle-même est devenue comme une nevéla, et l'on compte un nouveau מעת לעת depuis l'heure où l'eau a été chauffée — c'est elle, désormais, l'interdit récent. Tel est le hidouch du seif : l'eau ne fait pas qu'absorber, elle devient nevéla.
« כיון שכבר נאסרה הקדירה מבליעת בשר בחלב נחשבים המים שבישל תוך מעל״ע כנבילה » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק י)
La nuit qui passe dissipe — ר״ת (Taz ס״ק י ; Chakh ס״ק י״ט) : אבל אם עברה לילה מותר — mais si une nuit a passé, c'est permis. Le Taz explique que l'on s'appuie ici sur les décisionnaires qui tiennent comme רבנו תם, pour qui le séjour d'une nuit gâte le goût : si donc l'ustensile a passé une nuit avant qu'on y chauffe l'eau, ou si une nuit a passé entre la cuisson de la viande et celle du lait, il n'y a plus là de בת יומה.
« דיש פוסקים כר״ת דלינה אח׳ פוגמת » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק י)
Et le Chakh précise le point : c'est la nuit qui dissipe le goût, et non le seul écoulement du temps.
« דוקא לילה לפי שהלילה גורם להפיג הטעם כדאיתא בפוסקים » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק י״ט)
Le חנ״נ de la viande et du lait — est-il propre à eux ? (Chakh ס״ק י״ח) :
La chitaL'eau devient-elle nevéla ?Source
Le Taz (ס״ק י–י״א) Dans la viande et le lait, בכל האיסורים חתיכה נעשית נבילה (רמ״א יו״ד ק״ג:ז) — et l'eau est comme une nevéla ; pour les autres interdits, c'est une ma'hloket au siman צ״ב Taz ס״ק י–י״א
Le Chakh (ס״ק י״ח) Il n'accorde pas un חנ״נ propre à la viande et au lait, et exige le מעת לעת depuis le chauffage de l'eau pour tous les interdits Chakh ס״ק י״ח
« ומ״מ בעיקר הדין שס״ל להמחבר והרב דקדרה שבלוע מבשר בחלב דאמרינן חנ״נ איני מודה להם » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק י״ח)
« ונלע״ד דאין לחלק בזה בין בשר בחלב לשאר איסורים » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק י״ח)
« דהיא גופיה דהמים יהיו נחשבים כנבילה בשאר איסורים הוא פלוגתא בסי׳ צ״ב ובכהאי גוונא סמכינן אמקילין » (ט״ז יו״ד ק״ג ס״ק י״א)
Nafka mina — les autres interdits, et le cas de la perte : le Rama tranche, à la fin du seif 7, que le même din vaut pour tous les interdits, en vertu de la règle « חתיכה נעשית נבילה » (siman צ״ב) ; et là où il y a perte, il y a lieu de permettre en pareil cas pour les autres interdits, pourvu qu'un מעת לעת se soit écoulé depuis la cuisson de l'interdit.
« ובמקום הפסד יש להתיר בכה״ג בשאר איסורים בכל ענין רק שיהא מעת לעת מזמן בישול האיסור » (רמ״א יו״ד ק״ג:ז)
La parenthèse coupée du texte source y donne la provenance de la glose — ב״י וסברת הרב. Le Chakh (ס״ק כ) précise de quelle perte il s'agit — une perte légère —, car en cas de grosse perte c'est permis de toute façon, au titre de ceux qui ne disent pas חנ״נ dans un liquide absorbé dans un liquide (siman צ״ב seif 4 dans la glose).
« פי׳ במקום הפסד קצת דאילו במקום הפסד גדול בלאו הכי מותר » (ש״ך יו״ד ק״ג ס״ק כ)
Et en pratique — demande à ton Rav.
Le Pit'hei Techouva (ס״ק ב–ג) — le second plat : on discute du second plat cuit dans la marmite devenue interdite : le כנסת יחזקאל l'interdit, au titre du חתיכה נעשית נבילה, tandis que le גבעת שאול le permet — ce qui est rendu interdit n'étant pas plus grave que ce qui l'a interdit ; et le Pit'hei Techouva conclut lui-même pour la permission.
« ועיין בתשובת ש״ב גבעת שאול סי׳ י״ח שהשיג עליו והעלה דתבשיל שני שרי דאין הנאסר חמור מהאוסר » (פת״ש יו״ד ק״ג ס״ק ב)
« והעליתי ג״כ להתיר » (פת״ש יו״ד ק״ג ס״ק ב)
Et au ס״ק ג il apporte le נודע ביהודה (חלק יורה דעה סימן ל״א), sur du vin cuit dans un ustensile de viande בן יומו puis remué avec une cuiller lactée בת יומה.
« ביין שבשלו בכלי בשר ב״י והגיסו בכף חולבת ב״י וכתב דהיין יש להתיר » (פת״ש יו״ד ק״ג ס״ק ג)

9. Hakira et nafka mina pratique

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La hakira d'ensemble du siman : qu'est-ce qu'un « נותן טעם לפגם », et quand le goût gâté n'interdit-il pas ?
Nafka mina pratique (selon la ligne suivie par les A'haronim rapportés ici) :
  1. נותן טעם לפגם — permis, et même s'il ne gâte qu'un peu ; mais une בריה ou une chose importante qui n'est pas gâtée en elle-même ne s'annule pas (Rama seif 1).
  2. Un interdit majoritaire ayant une substance — et de même le ציר — demande un gâtement entier ; pour un goût seul, un gâtement léger suffit (Mehaber seif 2 ; Taz ס״ק ג).
  3. Améliorer puis gâter, ou gâter puis améliorer — interdit ; et de même, pour le חוכך, lorsqu'on tire agrément du surcroît de quantité.
  4. Une marmite qui n'est pas בת יומה — passé le מעת לעת — n'interdit pas, pourvu qu'elle soit rincée et sans graisse en surface (Taz ס״ק ח).
  5. Le piquant, en majorité, retourne le gâté en amélioration et interdit ; et pour la marmite de viande et lait où l'on a chauffé de l'eau, on compte le מעת לעת depuis le chauffage de l'eau, la nuit passée dissipant le goût.
Et en pratique — demande à ton Rav.

10. Tableaux de synthèse

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tableau — les figures du gâté et leur din

Le cas Le résultat Source
Goût gâté (même s'il ne gâte qu'un peu) Permis — il n'interdit pas son mélange Mehaber seifim 1–2 ; Taz ס״ק א
בריה / chose importante non gâtée en elle-même Ne s'annule pas, même dans mille Rama seif 1 ; פת״ש ס״ק א
Interdit majoritaire ayant une substance (et le ציר) Il faut un gâtement entier, jusqu'à n'être plus propre à la consommation Mehaber seif 2 ; Taz ס״ק ג
Goût seul (sans substance) Un gâtement léger suffit, même si l'interdit est majoritaire Mehaber seif 2 ; Chakh ס״ק ה
Il a amélioré puis gâté, ou l'inverse Interdit — il faut un gâtement continu Mehaber seif 2 ; Taz ס״ק ה
Il a remué avec une cuiller et l'a plongée dans un second plat נ״ט בר נ״ט דהיתרא — la marmite n'est pas interdite Rama seif 2 ; Taz ס״ק ו
Huile / miel d'un non-juif L'huile נטל״ש, le miel נטל״פ — tous deux permis Mehaber seif 4 ; Chakh ס״ק י״ג–י״ד
Marmite qui n'est pas בת יומה (et rincée) Son goût est gâté — elle n'interdit pas Mehaber seif 5 ; Taz ס״ק ח
Poivre (majorité de piquant) dans une marmite qui n'est pas בת יומה חורפא משוי לשבח — interdit Mehaber seif 6 ; Taz ס״ק ט
Marmite de viande et lait, puis de l'eau, dans les vingt-quatre heures חנ״נ — on compte le מעת לעת depuis le chauffage de l'eau ; la nuit passée dissipe Mehaber seif 7 ; Taz ס״ק י–י״א

Tableau — les ma'hlokot centrales du siman

Sujet Première chita Seconde chita
Une בריה gâtée s'annule-t-elle ? Le Rama — si elle n'est pas gâtée en elle-même, elle ne s'annule pas פנים מאירות et חות יאיר (פת״ש ס״ק א) — même gâtée, elle ne s'annule pas
Huile et miel — à quel titre sont-ils permis L'huile reçoit un goût qui améliore (permission d'un autre ordre) Le miel reçoit un goût qui gâte — il en devient fétide (Chakh ס״ק י״ג–י״ד)
Le miel — lui-même, ou sa boisson La viande gâte le miel lui-même מהרי״ל — seulement la boisson faite de miel ; et là où il n'y a pas de grosse perte, être rigoureux
Marmite de viande et lait + eau — l'eau devient-elle nevéla ? Le Taz — חנ״נ, et l'on compte depuis le chauffage de l'eau Le Chakh ס״ק י״ח — il n'accorde pas un חנ״נ propre à la viande et au lait
Le second plat cuit dans la marmite interdite כנסת יחזקאל — interdit (חנ״נ) גבעת שאול — permis ; le Pit'hei Techouva permet

Tableau — les sources de la sougya

Guemara : עבודה זרה ס״ז: — ס״ח. (נותן טעם לפגם מותר, נבילה הראויה לגר) · עבודה זרה ל״ח: — ל״ט. (שמן ודבש של נכרי) · חולין צ״ז: — צ״ח. (טעם כעיקר, ביטול בששים) · ירושלמי תרומות פ״י ה״ו (לא לשבח ולא לפגם)
Richonim : רש״י · תוספות · רמב״ם · רשב״א · ר״ן · רא״ש · מרדכי · ר״ת · מהרי״ל · טור · איסור והיתר הארוך (כלל ל״ב)
A'haronim : בית יוסף · רמ״א · ש״ך · ט״ז · פרי מגדים · פתחי תשובה · נודע ביהודה · כנסת יחזקאל · גבעת שאול · פנים מאירות · חות יאיר · תפארת למשה · לבושי שרד · בית יהודה · מהרש״ל

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
Pilpoul et étude sur le דין נותן טעם לפגם · Siman ק״ג · ⚡ Niveau 2 — Lamdan
⚠️ Ce contenu est écrit pour l'étude et l'examen seulement. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה) — demande à ton Rav.

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