✦ ❖ ✦
DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Siman 104 — Niveau Lamdan : une souris tombée dans une boisson, et ce qui n’a plus d’annulation

יורה דעה · סימן ק״ד
דין עכבר שנמצא ביין או בשכר
עכברא דדברא ועכברא דמתא · נ״ט לשבח ונ״ט לפגם · כבוש כמבושל · נחתך שאי אפשר לבררו · דברים המאוסים
📜 רמת הלמדן · Talmid Hakham
✦ ❖ ✦
Trois seifim, et la question qui les tient : quand la souris améliore, quand elle gâte, et quand il n’y a plus rien à annuler

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״ד · ג׳ סעיפים · avec ש״ך · ט״ז · פתחי תשובה

Fondement de la sougya dans le Chas :
עבודה זרה ס״ח ע״ב – ס״ט ע״א (la souris des champs et la souris de la ville, notein ta‘am lifgam et lishvah) · פסחים ע״ו ע״א et חולין צ״ז ע״ב (kavouch ke-mevouchal) · חולין ק׳ ע״א (la bria n’est pas annulée)

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. Introduction de la sougya — la souris des champs et celle de la ville, ta‘am lishvah contre safek (seif 1)
  2. Kavouch ke-mevouchal — mé‘et lé‘et — le froid qui séjourne vingt-quatre heures, et la souris retirée entière (seif 1)
  3. Coupée sans qu’on puisse la trier — ce qui se voit encore n’a pas d’annulation, et la ma’hloket du Taz contre le Rama (seif 1)
  4. La réponse du Chakh — le shérets d’une lentille tenu pour bria, et ce qui arrive s’il se disloque entièrement (seif 1)
  5. Vin et huile — gâtés à coup sûr — ils doivent être parfumés, et le cas des autres boissons (seif 2)
  6. La graisse — ma‘hloket, netilat makom et sfek sfeka — et un safek qui n’en est pas un (seif 2)
  7. הקריבהו נא לפחתך — la graisse devenue répugnante et l’interdiction de l’allumer (seif 2)
  8. Les choses répugnantes — annulées à la majorité même fondues, parce qu’elles se sont gâtées d’elles-mêmes (seif 3)
  9. Pit’hei Techouva — le shérets et les huit shératsim, et la bête vivante (Hatam Sofer contre Hikrei Lev)
  10. Hakira et nafka mina lema‘assé
  11. Tableaux de synthèse

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif 1

↩ Explication détaillée (niveau 1)

דין עכבר שנמצא ביין או בשכר. ובו ג׳ סעיפים: עכברא דדברא נותן טעם לשבח הוא שהרי עולה על שלחן מלכים אבל עכברא דמתא מספקא לן אם משביח בשכר וחומץ או אם הוא פוגם ולפיכך אם נפל לשכר או לחומץ בצונן והסירו שלם אם לא שהה בתוכו מעת לעת מותר אבל אם היה רותח או אפי׳ צונן ושהה בתוכו מעת לעת בין שהסירו שלם בין שנחתך לחתיכו׳ דקות ויכול לסננו במסננת בענין שלא ישאר ממנו בתוכו כלום בין שנימוח בתוכו לגמרי ונעשה כולו משקה ולא נשתייר ממנו שום ממשות ניתר על ידי שיהא ששים בהיתר כנגד העכבר ואם נחתך לחתיכות דקות והוא בענין שאינו יכול לסננו כגון שנתערב השכר או החומץ במאכל עב הכל אסור ואין שם ביטול דחיישינן שמא יפגע בממשו של איסור ולא ירגיש: הגה ודוקא בשרץ יש לחוש אם נשאר שם שלא יוכל להוציאו אבל בשאר איסורין אין לחוש (כך משמע בארוך כלל ל״ב):

résumé : la souris des champs améliore la boisson ; celle de la ville laisse la guemara dans le doute. De là trois états — froide, retirée entière, moins de vingt-quatre heures : permis ; bouillante, ou froide au-delà de vingt-quatre heures : il faut soixante ; coupée en morceaux qu’on ne peut plus trier : rien n’annule. Le Rama restreint ce dernier cas au shérets.

1. Introduction de la sougya — la souris des champs et celle de la ville

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — ta‘am lishvah face au safek

Le siman 104 n’ouvre pas un sujet neuf : il prolonge le siman 103, qui a posé que ce qui donne un goût en le gâtant est permis. Toute la question devient donc, pour une souris tombée dans une boisson : améliore-t-elle ou gâte-t-elle ?

La guemara y répond en deux temps. D’abord elle établit la règle et laisse aussitôt un doute sur son application : « הִלְכְתָא נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם מוּתָּר » (עבודה זרה ס״ח ע״ב) , mais Rava ajoute « לָא יָדַעְנָא מַאי טַעְמָא דְּרַב » (עבודה זרה ס״ח ע״ב) — il ne sait pas pourquoi Rav a interdit la bière, et l’une des deux raisons possibles est que « וְעַכְבְּרָא בְּשִׁיכְרָא אַשְׁבּוֹחֵי מַשְׁבַּח » (עבודה זרה ס״ח ע״ב) . Ensuite, sur l’objection de Rav Chimi — « וּמִי מְאִיס? וַהֲלֹא עוֹלֶה עַל שֻׁלְחָן שֶׁל מְלָכִים » (עבודה זרה ס״ח ע״ב) — elle distingue : « לָא קַשְׁיָא, הָא בִּדְדַבְרָא, הָא בִּדְמָתָא » (עבודה זרה ס״ח ע״ב) , ceci pour la souris des champs, cela pour la souris de la ville.

Le Choulhan Aroukh reprend la distinction et lui donne deux régimes séparés : certitude d’un côté, safek de l’autre.

« עכברא דדברא נותן טעם לשבח הוא שהרי עולה על שלחן מלכים » (שו״ע יו״ד ק״ד:א)
« אבל עכברא דמתא מספקא לן אם משביח בשכר וחומץ או אם הוא פוגם » (שו״ע יו״ד ק״ד:א)
La lecture du Chakh (ס״ק א) — « la table des rois » ne lève pas le doute. Le Chakh commence par constater ce que le Mehaber laisse entendre : « משמע מדברי המחבר דעכברא דדברא פשיטא לן דמשביח בשכר וחומץ כיון דעולה על שלחן מלכים » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק א) . Puis il oppose à cette lecture la guemara elle-même — « מוכח דאע״ג דעולה על שלחן מלכים מספקא לן אי נטל״פ בתערובות » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק א) —, c’est-à-dire que le fait de monter sur la table des rois n’a pas suffi à trancher. Et il en tire une preuve d’usage : les Richonim, dit-il, ont écrit « une souris » sans distinguer — « שלא הזכירו כלל הא דעכברא דדברא אלא כתבו בסתם עכבר ודוק » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק א) .
La racine de la sougya — ta‘am lishvah et ta‘am lifgam. Ce qui donne un goût en gâtant est permis (siman 103) ; ce qui donne un goût en améliorant interdit. Le siman entier tourne autour de cette alternative, et il la décline selon le liquide : la souris des champs améliore avec certitude ; celle de la ville laisse un safek dans la bière et le vinaigre (seif 1) ; dans le vin et l’huile elle gâte avec certitude (seif 2) ; et les bestioles répugnantes du seif 3 ne relèvent plus du goût du tout, mais du dégoût.

2. Kavouch ke-mevouchal — mé‘et lé‘et

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — le froid qui séjourne vingt-quatre heures

אם נפל לשכר או לחומץ בצונן והסירו שלם אם לא שהה בתוכו מעת לעת מותר אבל אם היה רותח או אפי׳ צונן ושהה בתוכו מעת לעת בין שהסירו שלם בין שנחתך לחתיכו׳ דקות ויכול לסננו במסננת בענין שלא ישאר ממנו בתוכו כלום בין שנימוח בתוכו לגמרי ונעשה כולו משקה ולא נשתייר ממנו שום ממשות ניתר על ידי שיהא ששים בהיתר כנגד העכבר

résumé : tombée dans du froid, retirée entière, et restée moins de vingt-quatre heures — permis. Bouillante, ou froide mais restée vingt-quatre heures — il faut soixante, qu’elle ait été retirée entière, qu’elle ait été coupée en morceaux qu’on peut filtrer, ou qu’elle se soit entièrement fondue.

Le fondement — kavouch ke-mevouchal. Une règle générale des mélanges : ce qui macère dans du froid vingt-quatre heures est tenu pour cuit, et donc rejette et absorbe le goût — כָּבוּשׁ הֲרֵי הוּא כִּמְבוּשָּׁל (פסחים ע״ו ע״א · חולין צ״ז ע״ב). Le Rama la nomme ici du même mot en expliquant la graisse du seif 2 : סגי ליה בנטילת מקום ולא מחזקינן איסור שמא היה השומן רך כשנפל שם דכבוש הוי כמבושל (רמ״א יו״ד ק״ד:ב). Trois états en découlent pour la souris de la ville :

• froide, moins de vingt-quatre heures, retirée entière → le goût n’a pas été rejeté → מותר ;
• bouillante, ou froide et vingt-quatre heures → le goût a été rejeté → il faut ששים contre la souris ;
• qu’elle ait été retirée entière, coupée en morceaux qu’on peut filtrer, ou fondue en entier → elle s’annule dans soixante.
Pourquoi le Mehaber exige, en deçà de vingt-quatre heures, qu’elle ait été retirée entière. Toute la permission sans soixante repose sur la rencontre de deux allègements : d’une part le safek de la souris de la ville, qui gâte peut-être ; d’autre part le fait qu’elle n’a pas macéré vingt-quatre heures, de sorte que même si elle améliorait, son goût n’a pas été rejeté. Le second allègement suppose qu’on puisse dire qu’il ne reste rien d’elle dans la boisson — ce que l’on ne peut dire que si on l’en a retirée entière. Coupée, deux craintes reviennent : qu’un fragment soit resté dans le liquide, et qu’on ne sache plus depuis combien de temps il y est. C’est par là que le seif passe à son innovation la plus lourde.

3. Coupée sans qu’on puisse la trier — ce qui se voit n’a pas d’annulation

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C’est l’innovation la plus dure du siman, et le Taz (ס״ק א) y met tout son poids, dans une opposition frontale au Rama.

La hakira — que veut dire « on ne peut pas le trier » ? Si la souris s’est coupée en fins morceaux qu’on ne peut plus filtrer — le Mehaber donne l’exemple de la bière ou du vinaigre mêlés à un aliment épais — tout est interdit, et il ajoute en toutes lettres qu’il n’y a pas là d’annulation. La raison qu’il donne n’est pas une raison de goût mais de rencontre : on craint qu’on tombe sur la substance même de l’interdit sans s’en apercevoir. Il n’y a donc ni annulation dans soixante — ce n’est pas du liquide dans du liquide — ni annulation à la majorité — ce n’est pas du sec dans du sec — puisque la substance subsiste, se voit, et ne se sépare pas.
« ואם נחתך לחתיכות דקות והוא בענין שאינו יכול לסננו כגון שנתערב השכר או החומץ במאכל עב הכל אסור ואין שם ביטול » (שו״ע יו״ד ק״ד:א)
« דחיישינן שמא יפגע בממשו של איסור ולא ירגיש » (שו״ע יו״ד ק״ד:א)
« נְפַל לְגוֹ חַלָּא, מַאי » (עבודה זרה ס״ט ע״א)
« הָהוּא אִימַּרְטוּטֵי אִימַּרְטַט » (עבודה זרה ס״ט ע״א)
La racine de la ma‘hloket — est-ce une règle de tous les interdits, ou une rigueur propre au shérets ?
PositionCe qui est coupé sans pouvoir être triéSource
Le Rama (et le Darkhei Moché) Il n’y a à craindre que pour un shérets — parce qu’une lentille de shérets, qui est la mesure de sa toum’a, en fait une בריה qui ne s’annule pas ; pour les autres interdits, il n’y a pas à craindre (או״ה כלל ל״ב) רמ״א יו״ד ק״ד ס״א
Le Taz (ס״ק א) — il conteste La règle de ce qui se voit et ne se trie pas vaut pour tous les interdits : ce n’est pas une rigueur du shérets, et ce qui se voit sans se trier ne s’annule ni dans soixante ni à la majorité ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק א
« ודוקא בשרץ יש לחוש אם נשאר שם שלא יוכל להוציאו אבל בשאר איסורין אין לחוש » (רמ״א יו״ד ק״ד:א)
« ושרץ שיעורו כעדשה כטומאתו וחיישינן דילמא בולע חתיכת שרץ בהדי חומץ » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ג)
« הואיל ותחילת ברייתו הוה כעדשה מקרי בריה ואינה בטלה » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק א)
Les arguments du Taz (ס״ק א). Il attaque en plusieurs directions. (a) La mesure d’une lentille ne peut pas être le critère, puisque de toute façon une demi-mesure est interdite par la Torah — la crainte vaudrait donc aussi en deçà d’une lentille ; le motif n’est donc pas la mesure, mais l’impossibilité de séparer. (b) Le cas parallèle est celui du beurre des non-Juifs (siman 115), dont le Beit Yossef écrit, au nom du Rambam, que l’interdit s’y voyait — c’est le petit-lait — mais qu’on ne pouvait pas l’en extraire, et que pour cette raison il ne s’annule pas. (c) D’où le principe : toute annulation ne tient que parce que l’interdit ne se voit plus ; ici il se voit, et seule la séparation est impossible. Le Taz conclut que la distinction du Rama n’a pas lieu d’être, et il le dit d’un mot très dur à l’adresse du Darkhei Moché.
« דהא עכ״פ חצי שיעור אסור מן התורה » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק א)
« לענין חמאה של עובד כוכבים » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק א)
« אבל החמאה היה האיסור ניכר דהיינו הקום אלא שא״א לבררו ולפיכך אינו בטל » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק א)
« דכל ביטול הוא מצד שאינו ניכר משא״כ כאן דניכר אלא דאי אפשר לבררו » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק א)
« ואין כאן חילוק בעולם בין שרץ לשאר איסורים ודין הנזכר כאן הוה בכל איסורים אם נתערב והוא ניכר ואי אפשר לבררו » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק א)
« נפלאתי מאד על פה קדוש יאמר כן » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק א)
La sevara du Rama — une lentille de shérets tenue pour bria. Le Rama s’appuie sur Rachi tel que le Chakh le rapporte : la mesure du shérets est celle d’une lentille, comme pour sa toum’a, et l’on craint qu’on avale un fragment de shérets avec le vinaigre. Le Darkhei Moché, que le Taz cite mot pour mot pour le combattre, en tire la qualification : puisque dès l’origine de sa formation il a la taille d’une lentille, il est appelé bria, et une bria ne s’annule pas (siman 101 ; et voir חולין ק׳ ע״א). Pour le Rama, c’est donc une rigueur déterminée, propre au shérets ; pour le Taz, une règle générale de tout ce qui se voit et ne se trie pas.

4. La réponse du Chakh — le shérets comme bria, et le cas où il se disloque

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le Chakh (ס״ק ג) vient défendre Rachi et le Rama contre les objections, mais il rapporte dans le même mouvement une limite qui restreint fortement la rigueur.

La réponse du Chakh (ס״ק ג). Il répond d’abord à l’objection du Ran contre Rachi, puis donne sa propre formule : le shérets, dès lors que sa mesure est d’une lentille, ne s’annule pas, parce qu’il est comme une bria. Les autres interdits, qui ne sont pas des briyot, s’annulent selon leur règle ordinaire ; la rigueur ne porte donc que sur le shérets. Et il maintient cette position pour lui-même — « ולפעד״נ כמ״ש » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ג) .
« שרץ כיון דשיעורו בכעדשה לא בטיל דהוי כמו בריה » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ג)
La limite que le Chakh rapporte — ce qui se disloque entièrement. Le Chakh poursuit en montrant que le Ran lui-même, dont il vient d’écarter l’objection, n’a écrit ce qu’il a écrit que dans le cas où l’on peut filtrer ; quant au din, dit-il, le Ran concède que lorsqu’on ne peut pas filtrer, c’est exactement du sec dans du sec, et l’on suit la majorité. Il en apporte la preuve par le Rachba : dans sa techouva (siman 101), à propos d’un moucheron tombé dans une marmite de bouillon, le Rachba écrit que s’il en a été coupé un membre, ou même s’il est entier mais broyé au point d’avoir perdu sa forme, c’est comme tout autre interdit et il est annulé. Le Chakh en conclut : dès lors que le filtrage est impossible, c’est annulé.

Il faut lire cette page comme elle est écrite, sans la refermer trop vite : le Chakh maintient pour lui-même la défense du Rama, et c’est au Ran et au Rachba qu’il attribue la concession. Reste donc ouverte la question de savoir jusqu’où le Chakh lui-même va avec eux — la formule décisive du Rachba étant la perte de la forme, non la dispersion prise à elle seule.
« אבל לענין דינא מודה דאם אינו יכול לסננו דהוי ממש כיבש ביבש דהא קי״ל בכל דוכתא דאזלינן בתר רובא » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ג)
« שאם נחתך ממנה אבר או אפי׳ שלמה ונתרסקה ואבד צורתה הוי כשאר איסור ובטלה » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ג)
« אלמא כל שאי אפשר לסננו בטל » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ג)
Nafka mina — trois degrés d’annulation.
  1. Coupée mais filtrable, ou fondue — liquide dans liquide → elle s’annule dans ששים.
  2. Broyée au point d’avoir perdu sa forme, et dispersée — sec dans sec → elle s’annule à la רובא, selon ce que le Chakh rapporte du Ran et du Rachba.
  3. Visible et impossible à trier (des morceaux dans un aliment épais) — le Mehaber écrit en toutes lettres qu’il n’y a pas là d’annulation. Et en pratique — demande à ton Rav.

5. Vin et huile — gâtés à coup sûr

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif 2)

אם נפל ליין ושמן או לשאר משקין פוגם בודאי ואין צריך ס׳ לבטל פליטתו: הגה ולפי זה אם נפל לשומן נמי דינא הכי ויש מחמירים בשומן ואפילו אם הוא קשה לפנינו אם שפכו מדי יום ויום שומן בקדירה ויש לספק שמא העכבר היה שם כשעירו עליו שומן רותח הכל אסור אפילו יש ס׳ בשומן נגד כל העכבר ואם לא עירו עליו או שעירו עליו וידוע שלא היה שם העכבר כשעירו עליו והשומן בא לפנינו כשהוא קשה (תשובת הרא״ש והגהת מיי׳ פט״ו והגהות מרדכי דחולין ובהגת ש״ד ובארוך) וכן נמצא העכבר עליו סגי ליה בנטילת מקום ולא מחזקינן איסור שמא היה השומן רך כשנפל שם דכבוש הוי כמבושל דמותר מכח ספק ספיקא ספק נפל שם כשהיה קשה ואם תמצא לומר כשהוא רך שמא נתקשה קודם שעור כבישה. ובמקום שהשומן מאוס לאכול אסור להדליקו ג״כ בבית הכנסת משום הקריבהו נא לפחתך (ר״ן בשם גאון ורשב״א פג״ה ור׳ ירוחם ואו״ה בשם מרדכי פג״ה והמחבר בא״ח סי׳ קכ״ד סי״ב) ובמקום הפסד גדול יש לסמוך אדברי המקילין:

résumé : tombée dans du vin, de l’huile ou les autres boissons, la souris gâte à coup sûr, et il n’est pas besoin de soixante contre ce qu’elle a rejeté. Glose du Rama : la graisse suit le même régime ; certains sont plus sévères pour elle, et si l’on y versait chaque jour de la graisse bouillante avec un doute sur la présence de la souris, tout est interdit même avec soixante. Si l’on n’y a rien versé, ou qu’on l’a versé en sachant la souris absente, et que la graisse nous arrive dure, il suffit d’en ôter l’emplacement : on n’établit pas un interdit en supposant qu’elle était molle au moment de la chute, car la macération vaut cuisson, et un sfek sfeka permet. Et en cas de grande perte, on peut s’appuyer sur ceux qui allègent.

Le fondement — pourquoi le vin et l’huile sont gâtés à coup sûr. Le Taz (ס״ק ב) et le Chakh (ס״ק ה) en donnent tous deux la même raison, au nom du Rambam : ces produits doivent être parfumés — הרמב״ם נתן טעם לזה שאלו דברים צריכים להיות מבושמים (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ב). Ce que la souris y laisse en abîme l’odeur et le goût. D’où :

• dans le vin et l’huile (et le miel) — gâté בודאי → point besoin de soixante ;
• dans la bière et le vinaigre (seif 1) — safek d’amélioration → annulation ou précaution ;
• pour les autres boissons, le Taz rapporte une divergence.
« אם נפל ליין ושמן או לשאר משקין פוגם בודאי ואין צריך ס׳ לבטל פליטתו » (שו״ע יו״ד ק״ד:ב)
« הרמב״ם נתן טעם לזה שאלו דברים צריכים להיות מבושמים » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ב)
« ואינו מתיר אלא ביין ושמן ודבש מטעם שכתב הרמב״ם שאלו צריכין להיות מבושמים » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ה)
Les autres boissons — ce que rapporte le Taz (ס״ק ב).
Le liquideLe dinSource
Vin, huile, miel Gâté à coup sûr — pas besoin de soixante ; pour le miel, le Taz écrit que tous s’accordent à dire qu’elle gâte ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ב (au nom du Rambam)
Les autres boissons Le Rachal déduit de la raison même du Rambam qu’elles sont interdites, et le Taz conclut qu’il faut être sévère pour toutes les boissons hormis le vin, l’huile et le miel ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ב ; ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ה
Bière et vinaigre Safek — le régime du seif 1 שו״ע יו״ד ק״ד ס״א ; ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ד
« ובדבש לכ״ע פוגם » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ב)
« ומסיק שם דיש להחמיר בכל המשקין חוץ מיין ושמן ודבש » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ב)

6. La graisse — ma‘hloket, netilat makom et sfek sfeka

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La graisse — le Rama et ceux qui sont plus sévères.
PositionUne souris tombée dans la graisseSource
Le Rama, sans nom d’auteur Comme le vin et l’huile — elle gâte, et il n’est pas besoin de soixante רמ״א יו״ד ק״ד ס״ב
Ceux qui sont plus sévères Si l’on versait chaque jour de la graisse bouillante et qu’il y a doute sur la présence de la souris — tout est interdit même avec soixante. Le Chakh (ס״ק ו) en donne la raison : tout ce qu’on verse et qui touche la souris devient interdit et se mêle au reste רמ״א יו״ד ק״ד ס״ב ; ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ו
Le Taz (ס״ק ג) Si l’on sait que la graisse était molle au départ et que le seul doute est qu’elle ait durci dans le délai de macération, on va vers la rigueur — contre le Issour ve-Hetter, qui suit l’état trouvé ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ג
« ויש מחמירים בשומן » (רמ״א יו״ד ק״ד:ב)
« הכל אסור אפילו יש ס׳ בשומן נגד כל העכבר » (רמ״א יו״ד ק״ד:ב)
« דכל מה שמערה ונוגע בעכבר נאסר ונתערב בשאר השומן ונאסר הכל » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ו)
« אבל אם ודאי ידוע לנו שהשומן היה תחלה רך רק שיש ספק שמא תוך שיעור כבישה נתקשה דהיינו תוך מעת לעת מן הנפילה בזה אזלינן לחומרא » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ג)
Netilat makom et sfek sfeka (Rama). Lorsque la graisse nous arrive dure, ou que la souris a été trouvée dessus, et qu’on n’y a pas versé de graisse bouillante, il suffit d’ôter l’emplacement de la souris et ses abords : on n’établit pas un interdit en supposant qu’elle était molle au moment de la chute, puisque la macération vaut cuisson. La permission tient à deux doutes superposés — peut-être est-elle tombée alors que la graisse était déjà dure, et à supposer qu’elle fût molle, peut-être a-t-elle durci avant le délai de macération.
« סגי ליה בנטילת מקום ולא מחזקינן איסור שמא היה השומן רך כשנפל שם דכבוש הוי כמבושל » (רמ״א יו״ד ק״ד:ב)
« דמותר מכח ספק ספיקא ספק נפל שם כשהיה קשה ואם תמצא לומר כשהוא רך שמא נתקשה קודם שעור כבישה » (רמ״א יו״ד ק״ד:ב)
« ובמקום הפסד גדול יש לסמוך אדברי המקילין » (רמ״א יו״ד ק״ד:ב)
La remarque du Chakh (ס״ק ד) — un safek qui n’en est pas un. Le Chakh se demande pourquoi le Rama a eu besoin de deux doutes : le doute de la macération ne suffisait-il pas, puisqu’il y a en outre le doute de savoir si la souris améliore ou gâte ? Il répond que ce dernier n’est pas un safek qu’on puisse compter, précisément parce que la guemara elle-même y est restée. Mais il n’en fait pas une position arrêtée : il propose aussitôt une autre voie — que ce soit un doute par défaut de connaissance, comme au siman 98 — et il laisse la chose en tsarikh iyoun. La question reste donc ouverte telle qu’il l’a laissée.
« ונ״ל דהאי ספק אי משביח או פוגם לא הוי ספק כיון דבש״ס גופיה מספקא להו » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ד)
« או אפשר דדמי לספק בחסרון ידיעה דלעיל סי׳ צ״ח ס״ק ט׳ וצ״ע » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ד)

7. הקריבהו נא לפחתך — la graisse répugnante et l’interdiction de l’allumer

↩ Explication détaillée (niveau 1)

ובמקום שהשומן מאוס לאכול אסור להדליקו ג״כ בבית הכנסת משום הקריבהו נא לפחתך

résumé : là où la graisse est devenue répugnante à manger, il est également interdit de l’allumer à la synagogue, au titre de « présente-la donc à ton gouverneur ».

Le fondement — « הקריבהו נא לפחתך ». Une graisse rendue impropre par la souris n’est plus mangeable ; le Rama, dans sa glose, interdit pourtant de s’en servir pour éclairer la synagogue, au nom du verset de Malachie (א׳:ח׳) : ce dont tu n’honorerais pas un gouverneur, ne l’offre pas au Ciel. Mais s’il y a soixante contre la souris, le Taz (ס״ק ד) déduit du Darkhei Moché que l’allumage est permis lui aussi, puisque la graisse n’est alors pas interdite.
« ובמקום שהשומן מאוס לאכול אסור להדליקו ג״כ בבית הכנסת משום הקריבהו נא לפחתך » (רמ״א יו״ד ק״ד:ב)
« משמע ביש שם ששים מותר בהדלקה ג״כ » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ד)
Le renvoi du Mehaber, et un écart qu’il faut dire. Le texte du seif 2 renvoie, parmi ses sources, à והמחבר בא״ח סי׳ קכ״ד סי״ב (שו״ע יו״ד ק״ד:ב). Or Orah Haïm 124:12 traite de celui qui répond amen et non de notre sujet ; c’est Orah Haïm 154:12 qui porte la halakha en cause — une souris trouvée dans l’huile de la synagogue, qu’il est interdit d’y allumer si elle est répugnante. Nous recopions le renvoi tel qu’il figure dans la source et signalons l’écart, sans le corriger dans le texte.
Le Taz (ס״ק ד–ה). Une graisse répugnante qui est interdite — c’est-à-dire lorsqu’il n’y a pas soixante — ne peut pas davantage être allumée ; là où il y a soixante, l’allumage est permis. Et en cas de grande perte (ס״ק ה), le Taz précise à quoi se rapporte l’allègement final du Rama : il y a lieu d’alléger pour toutes les boissons, hormis la bière et le vinaigre. Et en pratique — demande à ton Rav.
« ור״ל במקום הפסד גדול יש להקל בכל המשקים. חוץ משכר וחומץ » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ה)

8. Les choses répugnantes — annulées à la majorité

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif 3)

דברים המאוסים שנפשו של אדם קצה בהם כנמלים וזבובים ויתושים שכל אדם בודל מהם למיאוסן אפי׳ נתערבו בתבשיל ונמחה גופן לתוכו אם ההיתר רבה עליו מותרים ומכל מקום כל שאפשר לבדוק ולהעביר במסננת בודק ומסנן (מיהו בחלא ושכרא יש לחוש כמו בעכבר) (ב״י לדעת הרשב״א):

résumé : les choses répugnantes dont l’être humain se détourne — fourmis, mouches, moucherons — sont permises même mêlées à un plat et même fondues dedans, dès lors que le permis les dépasse en quantité ; et malgré cela, tout ce qui peut être examiné et passé au tamis doit l’être. Glose du Rama : dans le vinaigre et la bière, il y a lieu de craindre comme pour la souris.

Le fondement — se gâter de soi-même n’est pas donner un mauvais goût. Les choses répugnantes se sont gâtées d’elles-mêmes, et l’être humain s’en détourne ; elles s’annulent donc à la majorité même fondues. Le Chakh (ס״ק ט) sépare pour cela deux régimes : celui de ce qui donne un goût en gâtant (siman 103:2), où des avis divergent, et celui des choses gâtées par elles-mêmes, où il écrit que même les contradicteurs concèdent.
« דברים המאוסים שנפשו של אדם קצה בהם כנמלים וזבובים ויתושים שכל אדם בודל מהם למיאוסן » (שו״ע יו״ד ק״ד:ג)
« אפי׳ נתערבו בתבשיל ונמחה גופן לתוכו אם ההיתר רבה עליו מותרים » (שו״ע יו״ד ק״ד:ג)
« נראה דבדברים הפגומים מעצמם מודים » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ט)
L’innovation du Chakh (ס״ק ט) — même un kazayit dans un kedei akhilat pras. Le Chakh rapporte au nom du Rachba que les choses répugnantes sont permises même s’il s’en trouve un kazayit dans le temps de consommation d’un pras — une mesure qui, pour les autres interdits, ne s’annule pas. La raison est celle qui précède : ce qui s’est gâté de soi-même et dont l’être humain se détourne n’entre pas dans ce compte.
« אע״פ שיש בו כזית בכדי אכילת פרס מותר כן כתב הרשב״א » (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ט)
Examiner et tamiser · le vinaigre et la bière (Rama). Bien qu’elles soient annulées à la majorité, tout ce qui peut être examiné et passé au tamis doit l’être — on n’annule pas un interdit de propos délibéré. Le Rama ajoute que dans le vinaigre et la bière il y a lieu de craindre comme pour la souris (ב״י au nom du Rachba), puisque c’est là qu’il y a safek d’amélioration ; et voir le siman 107. Le Taz (ס״ק ו) rapporte que le Rachal et le Ba‘h sont sévères sur ce point, mais rappelle la position du Rama au siman 107:2.
« ומכל מקום כל שאפשר לבדוק ולהעביר במסננת בודק ומסנן » (שו״ע יו״ד ק״ד:ג)
« מיהו בחלא ושכרא יש לחוש כמו בעכבר » (רמ״א יו״ד ק״ד:ג)
« אבל כבר כ׳ רמ״א בסי׳ ק״ז ס״ב שאין לשנות המנהג שנוהגין להקל » (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ו)

9. Pit’hei Techouva — le shérets, la bête vivante, et d’où l’on compte les vingt-quatre heures

↩ Explication détaillée (niveau 1)
Pit’hei Techouva (ס״ק א) — qu’est-ce qu’un « shérets » ? Le shérets dont on a dit qu’il se mesure à une lentille (seif 1) est, selon le Tiferet le-Moché et la techouva du Havot Yaïr, celui des huit shératsim de la Torah, ceux qui rendent impur ; les autres shératsim, eux, se mesurent à un kazayit. La mesure d’une lentille ne vaut donc pas pour toute bestiole.
« דדוקא בשמונה שרצים המטמאים אבל שאר שרצים לא דהוי בכזית » (פתחי תשובה יו״ד ק״ד ס״ק א)
Pit’hei Techouva (ס״ק ג) — la bête vivante, et à partir de quand l’on compte.
PositionUne bête tombée vivanteSource
Hatam Sofer (siman 94) Qu’elle ait séjourné vivante ou morte, dès lors qu’elle y est restée le temps qu’il faut pour rejeter, le shérets interdit ; le Pit’hei Techouva en tire que le rejet vaut aussi pour le vivant פתחי תשובה יו״ד ק״ד ס״ק ג
Hikrei Lev (il conteste) On ne compte les vingt-quatre heures qu’à partir de la mort : tant qu’elle est vivante, même après plusieurs jours, elle n’interdit pas פתחי תשובה יו״ד ק״ד ס״ק ג, au nom des Ikrei Dinim
« אי שהה בתוכו זמן הראוי לפליטה בחיים או במותו לעולם השרץ אוסר » (פתחי תשובה יו״ד ק״ד ס״ק ג)
« מזה נלמד דגם בחי שייך פליטה » (פתחי תשובה יו״ד ק״ד ס״ק ג)
« לא מנינן מעל״ע רק משמת כי עודנו חי אפילו שהה כמה ימים אינו אוסר » (פתחי תשובה יו״ד ק״ד ס״ק ג)
La racine de la ma‘hloket — et ce que le Pit’hei Techouva en fait. Le désaccord porte sur ce qui déclenche la macération. Pour le Hatam Sofer, c’est le séjour dans le liquide pendant le temps du rejet, sans qu’il importe que la bête soit vivante ou morte. Pour le Hikrei Lev, tant qu’elle vit, son corps résiste et ne rejette pas ; on ne commence donc à compter qu’à sa mort. Le Pit’hei Techouva ne tranche pas : il écrit que le raisonnement penche ainsi, mais que la question et la preuve du Hatam Sofer demandent encore à être résolues. La nafka mina est la souris vivante qui séjourne de longs jours dans un liquide et finit par y mourir.
« וכן הדעת נוטה וצריך ישוב הקושיא והראיה הנ״ל » (פתחי תשובה יו״ד ק״ד ס״ק ג)

10. Hakira et nafka mina lema‘assé

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La hakira qui tient tout le siman : quand la souris améliore et interdit, quand elle gâte et laisse permis, et quand il ne reste plus rien à annuler ?
Nafka mina lema‘assé — telles que les sources les posent :
  1. Souris de la ville, dans du froid, moins de vingt-quatre heures, retirée entière → permis ; bouillante ou au-delà de vingt-quatre heures → soixante (שו״ע יו״ד ק״ד ס״א).
  2. Coupée sans pouvoir être triée, dans un aliment épais → le Mehaber écrit qu’il n’y a pas d’annulation ; broyée au point d’avoir perdu sa forme → le Chakh rapporte du Ran et du Rachba qu’elle s’annule à la majorité (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ג).
  3. Vin, huile, miel → gâté à coup sûr, pas besoin de soixante (שו״ע יו״ד ק״ד ס״ב ; ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ב) ; pour les autres boissons, le Taz conclut à la rigueur.
  4. Graisse → pour le Rama elle gâte ; arrivée dure devant nous — netilat makom par sfek sfeka ; et une graisse devenue répugnante ne peut pas être allumée.
  5. Choses répugnantes → annulées à la majorité même fondues, et l’on tamise ce qui peut l’être ; dans le vinaigre et la bière, on craint comme pour la souris.
Et en pratique — demande à ton Rav.

11. Tableaux de synthèse

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tableau — les cas de chute de la souris et leur din

Le casCe qui en résulteSource
La souris des champsTa‘am lishvah — elle interdit (elle monte sur la table des rois)שו״ע יו״ד ק״ד ס״א ; ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק א
Souris de la ville, froid, moins de vingt-quatre heures, retirée entièrePermis — safek, et pas de macérationשו״ע יו״ד ק״ד ס״א
Bouillant, ou froid avec vingt-quatre heuresIl faut soixante (kavouch ke-mevouchal)שו״ע יו״ד ק״ד ס״א
Coupée mais filtrable, ou fondueAnnulée dans soixante (liquide dans liquide)שו״ע יו״ד ק״ד ס״א
Coupée sans pouvoir être triée (aliment épais)Le Mehaber écrit qu’il n’y a pas d’annulation — ni dans soixante, ni à la majoritéשו״ע יו״ד ק״ד ס״א ; ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק א ; ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ג
Vin, huile, mielGâté à coup sûr — pas besoin de soixanteשו״ע יו״ד ק״ד ס״ב ; ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ב
Graisse arrivée dure devant nousNetilat makom, par sfek sfekaרמ״א יו״ד ק״ד ס״ב
Graisse devenue répugnanteInterdit de l’allumer — « הקריבהו נא לפחתך »שו״ע יו״ד ק״ד ס״ב ; ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ד
Choses répugnantes (fourmis, mouches, moucherons)Annulées à la majorité même fondues ; et l’on tamiseשו״ע יו״ד ק״ד ס״ג ; ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ט

Tableau — les ma‘hlokot centrales du siman

SujetPremière positionSeconde position
Coupée sans pouvoir être triéeRama et Chakh — une rigueur du shérets (une lentille tenue pour bria)Taz — dans tous les interdits (demi-mesure ; beurre des non-Juifs)
Le shérets qui a perdu sa formeVisible et impossible à trier — pas d’annulationBroyé et dispersé — annulé à la majorité, comme sec dans sec (ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ג, au nom du Ran et du Rachba)
Les autres boissons (hors vin, huile, miel)Elles gâtent — pas besoin de soixanteLe Rachal — peut-être améliorent-elles ; le Taz conclut à la rigueur (ט״ז יו״ד ק״ד ס״ק ב)
Une souris tombée dans la graisseLe Rama — elle gâte, pas besoin de soixanteCeux qui sont plus sévères — interdit même avec soixante (רמ״א יו״ד ק״ד ס״ב ; ש״ך יו״ד ק״ד ס״ק ו)
La bête vivante et le décompte des vingt-quatre heuresHatam Sofer — elle interdit vive ou morte, dès le temps du rejetHikrei Lev — on ne compte qu’à partir de la mort (פתחי תשובה יו״ד ק״ד ס״ק ג)

Tableau — les sources de la sougya

Guemara : עבודה זרה ס״ח ע״ב – ס״ט ע״א (la souris des champs et celle de la ville, ta‘am lishvah et lifgam) · פסחים ע״ו ע״א et חולין צ״ז ע״ב (kavouch ke-mevouchal) · חולין ק׳ ע״א (la bria n’est pas annulée)
Richonim : רש״י · רמב״ם · רשב״א (תורת הבית, et sa techouva סימן ק״א) · ר״ן · רא״ש · טור · בית יוסף · איסור והיתר הארוך (כלל ל״ב)
Aharonim : רמ״א · דרכי משה · ש״ך · ט״ז · ב״ח · מהרש״ל (ים של שלמה) · פתחי תשובה · תפארת למשה · חוות יאיר · חתם סופר · חקרי לב
Les sources de ce niveau sur Sefaria :

← Niveau 1 — Base Niveau 3 — Synthèse →
~ ~ ~ ~ ~
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן ק״ד · Niveau 2 — Lamdan · דין עכבר שנמצא ביין או בשכר
daattorah.com
⚠️ Ce contenu est écrit pour l’étude et l’approfondissement seulement. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה) — demande à ton Rav.

DAAT דעת — © 5786 / 2026 · Retour à l’accueil · סימן ק״ד · ♥ Soutenir

📖Rejoindre la khavroutha