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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 111 — On attribue le doute (תולין / שאני אומר) et les mélanges qui se combinent (הכל נכנס בספק)

Attribuer l'interdit du côté de l'interdit, et combiner deux marmites pour atteindre les soixante — pour découvrir et comprendre
יורה דעה · סימן קי״א
דִּין תּוֹלִין לְהָקֵל וְהַכֹּל נִכְנָס בְּסָפֵק
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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La suite directe du Siman 110 : quand un morceau d'interdit et un morceau de permis tombent dans deux marmites (l'une permise, l'autre interdite), on attribue (תולין / שאני אומר) l'interdit du côté de l'interdit → permis — mais seulement pour un interdit דרבנן (ou un interdit דאורייתא annulé par la majorité), et tant que l'interdit n'est pas majoritaire ; et la règle du הכל נכנס בספק : deux marmites qui « entrent dans le doute » se combinent pour atteindre les soixante — même éloignées (l'une à la cave, l'autre au grenier), pourvu qu'elles appartiennent à une même personne.

Sujet : On attribue le doute (תולין / שאני אומר) et la combinaison de deux marmites (הכל נכנס בספק)
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן קי״א

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Mehaber : les 7 seifim, par groupes thématiques
2. Contexte : pourquoi ce siman prolonge directement le 110 (règles du doute)
3. Les concepts-clés : תולין, שאני אומר, ספק דרבנן לקולא, מין במינו, צירוף…
4. תולין / שאני אומר : le tableau des conditions (דרבנן, majorité, 60)
5. Le Shach et le Taz : qui ils sont, quelques entrées-clés
6. La glose du Rama (הגה)
7. הכל נכנס בספק : ce que la combinaison signifie vraiment
8. Cas pratiques modernes : ingrédient interdit dans l'une de deux casseroles, combiner deux plats
9. Synthèse et questions de compréhension

1. Le texte du Mehaber — les 7 seifim

Le Siman 111 prolonge directement le Siman 110 (les règles du doute : תולין, ספק ספיקא, le morceau « parti »). Le Mehaber (Rabbi Yossef Karo) traite ici d'une situation très précise : un morceau d'interdit et un morceau de permis tombent dans des marmites (l'une de permis, l'autre d'interdit), ou un morceau dans l'une de deux marmites — sans qu'on sache exactement où. Tout dépend de la nature de l'interdit (rabbinique דרבנן ou de la Torah דאורייתא), de la mesure (l'interdit est-il majoritaire ? y a-t-il une majorité de permis, ou soixante ?), et du fait que des marmites se combinent ou non. Découvrons les seifim par groupes.

Groupe A — On attribue avec indulgence : תולין et la condition de la non-majorité (seifim 1-2)

Seif 1 — תולין (on attribue) pour un interdit דרבנן : les trois scénarios

שְׁתֵּי קְדֵרוֹת, אַחַת שֶׁל הֶתֵּר וְאַחַת שֶׁל אִסּוּר, וּלְפָנָיו שְׁתֵּי חֲתִיכוֹת, אַחַת שֶׁל הֶתֵּר וְאַחַת שֶׁל אִסּוּר — אִם הַחֲתִיכָה הִיא מֵאִסּוּר דְּרַבָּנָן, כְּגוֹן שׁוּמָּנוֹ שֶׁל גִּיד, וְנָפְלוּ אֵלּוּ לְתוֹךְ אֵלּוּ — מֻתָּרִים, שֶׁאָנוּ תּוֹלִין לוֹמַר הָאִסּוּר נָפַל לְתוֹךְ הָאִסּוּר וְהַהֶתֵּר לְתוֹךְ שֶׁל הֶתֵּר, וַאֲפִלּוּ אֵין הַהֶתֵּר שֶׁבַּקְּדֵרָה רַבָּה עַל הַחֲתִיכָה. וְכֵן אִם לֹא הָיְתָה כָּאן אֶלָּא קְדֵרָה אַחַת שֶׁל שְׁחוּטָה, וְנָפְלָה לְתוֹכָהּ אַחַת מִשְּׁתֵּי חֲתִיכוֹת אֵלּוּ וְאֵין יָדוּעַ אֵיזוֹ מֵהֶן — תּוֹלִין לוֹמַר שֶׁל הֶתֵּר נָפַל, וַאֲפִלּוּ אֵין הַהֶתֵּר רַבָּה עַל הָאִסּוּר. אוֹ אִם לֹא הָיְתָה כָּאן אֶלָּא חֲתִיכָה אַחַת שֶׁל אִסּוּר דְּרַבָּנָן וּשְׁתֵּי קְדֵרוֹת, אַחַת שֶׁל הֶתֵּר וְאַחַת שֶׁל אִסּוּר, וְאֵין יָדוּעַ לְאֵיזוֹ מֵהֶן נָפְלָה — אַף בָּזוֹ תּוֹלִין לְהָקֵל.
Deux marmites, l'une de permis et l'une d'interdit, et devant lui deux morceaux, l'un de permis et l'un d'interdit : si le morceau est un interdit rabbinique (דרבנן) — par exemple la graisse du gid (שומנו של גיד) — et qu'ils sont tombés les uns dans les autres → ils sont permis, car nous attribuons (תולין) en disant : l'interdit est tombé dans l'interdit et le permis dans le permismême si le permis de la marmite n'est pas plus abondant que le morceau [tombé]. De même, s'il n'y avait ici qu'une seule marmite de viande abattue (שחוטה) et que l'un de ces deux morceaux y est tombé sans qu'on sache lequel → on attribue que c'est le permis qui est tombé, même si le permis n'est pas plus abondant que l'interdit. Ou s'il n'y avait qu'un seul morceau d'interdit דרבנן et deux marmites, l'une de permis l'une d'interdit, sans qu'on sache dans laquelle il est tombé → là aussi on attribue avec indulgence.
L'idée centrale : quand un doute « se range » entre interdit et permis, on attribue (תולין) du côté indulgent — on suppose que l'interdit est tombé là où il ne change rien (dans la marmite déjà interdite), et que c'est le permis qui est tombé dans la marmite de permis. Trois scénarios sont énumérés : (a) 2 marmites + 2 morceaux ; (b) 1 marmite de permis + 2 morceaux ; (c) 1 morceau + 2 marmites. Tous sont indulgents — à condition que l'interdit soit דרבנן, et même sans majorité de permis. Le fondement : ספק דרבנן לקולא (un doute rabbinique penche vers l'indulgence) joint au principe שאני אומר (« je dis »).

Seif 2 — Seulement si l'interdit n'est pas majoritaire

וְכָל זֶה, אַף עַל פִּי שֶׁאֵין הַהֶתֵּר רַבָּה עַל הָאִסּוּר, דַּוְקָא כְּשֶׁאֵין הָאִסּוּר רַבָּה עַל הַהֶתֵּר; אֲבָל אִם הָאִסּוּר רַבָּה עַל הַהֶתֵּר — אֵין תּוֹלִין לְהָקֵל.
Tout cela [attribuer avec indulgence], bien que le permis ne soit pas plus abondant que l'interdit, ne vaut que tant que l'interdit non plus n'est pas plus abondant que le permis ; mais si l'interdit est plus abondant que le permis, on n'attribue pas avec indulgence.
La condition de l'égalité : l'indulgence du תולין n'exige pas que le permis l'emporte — mais elle exige que l'interdit ne l'emporte pas non plus. Tant que les deux sont à peu près à égalité (ou que le permis est majoritaire), on attribue. Mais si la masse de l'interdit dépasse celle du permis, le doute penche « du mauvais côté » et l'on n'est plus indulgent — pour un interdit דרבנן.

Groupe B — Quand l'interdit est de la Torah : il faut une majorité de permis (seifim 3-4)

Seif 3 — Interdit דאורייתא : il faut une majorité de permis

הָיָה הָאִסּוּר שֶׁל תּוֹרָה — אֵין תּוֹלִין לְהָקֵל לוֹמַר שֶׁבַּשֶּׁל אִסּוּר נָפַל, עַד שֶׁיְּהֵא הַהֶתֵּר רַבָּה עַל הָאִסּוּר כְּדֵי לְבַטְּלוֹ מִן הַתּוֹרָה.
Si l'interdit était de la Torah (של תורה), on n'attribue pas avec indulgence pour dire qu'il est tombé dans l'interdit, jusqu'à ce que le permis soit plus abondant que l'interdit au point de l'annuler מן התורה [par la majorité].
La frontière דרבנן / דאורייתא : tout le seif 1 reposait sur l'indulgence d'un doute rabbinique. Pour un interdit de la Torah, on ne se contente plus du simple תולין : il faut une véritable majorité de permis (רוב), suffisante pour annuler l'interdit מן התורה. Le principe « שאני אומר — il n'est pas tombé ici » ne suffit pas à lui seul quand l'enjeu est un interdit toranique.

Seif 4 — Quand le permis est majoritaire : מין במינו (majorité) / אינו מינו (60)

וְאִם הָיָה הַהֶתֵּר רַבָּה עַל הָאִסּוּר כְּדֵי לְבַטְּלוֹ מִן הַתּוֹרָה — תּוֹלִין לְהָקֵל. כֵּיצַד? שְׁתֵּי קְדֵרוֹת, אַחַת שֶׁל שְׁחוּטָה וְאַחַת שֶׁל נְבֵילָה, וְנָפְלָה חֲתִיכַת נְבֵילָה לְאַחַת מֵהֶן וְאֵין יָדוּעַ לְאֵיזוֹ מֵהֶן: אִם יֵשׁ בְּשֶׁל הֶתֵּר כְּדֵי לְבַטֵּל חֲתִיכַת הַנְּבֵילָה — תּוֹלִין לְהָקֵל, שֶׁמִּן הַתּוֹרָה מִין בְּמִינוֹ בָּטֵל בְּרֹב, וַחֲכָמִים הֵם שֶׁהִצְרִיכוּ שִׁשִּׁים. וְאִם הָיוּ שְׁתֵּי הַקְּדֵרוֹת מִמִּין אֶחָד וְהָאִסּוּר מִמִּין אַחֵר — אֵין תּוֹלִין לְהָקֵל עַד שֶׁיְּהֵא בַּהֶתֵּר שִׁשִּׁים כְּנֶגֶד הָאִסּוּר.
Si le permis était plus abondant que l'interdit au point de l'annuler מן התורה, on attribue avec indulgence. Comment ? Deux marmites, l'une de viande abattue (שחוטה) et l'une de נבילה, et un morceau de נבילה est tombé dans l'une sans qu'on sache laquelle : si le permis de la marmite de permis suffit à annuler le morceau de נבילה → on attribue avec indulgence, car מן התורה, מין במינו (le semblable dans son semblable) s'annule dans la majorité (בטל ברוב) — seuls les Sages ont exigé soixante. Mais si les deux marmites étaient d'une même espèce et l'interdit d'une autre espèce (אינו מינו), on n'attribue pas avec indulgence tant que le permis n'est pas soixante fois plus que l'interdit.
מין במינו / אינו מינו« le semblable dans son semblable » / « ce qui n'est pas son semblable » : מן התורה, un interdit mêlé à du permis de même espèce (מין במינו) s'annule dans la simple majorité (רוב) ; pour une autre espèce (אינו מינו), où le goût se distingue, il faut soixante (les 60 sont une exigence des Sages, cf. Siman 98).

Groupe C — Deux marmites de permis et les chutes successives (seifim 5-6)

Seif 5 — Deux marmites de permis + deux morceaux : les deux interdites

הָיוּ כָּאן שְׁתֵּי קְדֵרוֹת שֶׁל הֶתֵּר, וּלְפָנֵיהֶן שְׁתֵּי חֲתִיכוֹת, אַחַת שֶׁל הֶתֵּר וְאַחַת שֶׁל אִסּוּר, וְנָפְלָה זוֹ לְתוֹךְ זוֹ וְזוֹ לְתוֹךְ זוֹ — שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת, אֲפִלּוּ בְּאִסּוּר דְּרַבָּנָן, אִם אֵין בְּאַחַת מֵהֶן כְּדֵי לְבַטֵּל הָאִסּוּר; אֲבָל אִם יֵשׁ בְּאַחַת מֵהֶן כְּדֵי לְבַטֵּל הָאִסּוּר — שְׁתֵּיהֶן מֻתָּרוֹת.
S'il y avait ici deux marmites de permis et devant elles deux morceaux, l'un de permis l'un d'interdit, et que l'un est tombé dans celle-ci et l'autre dans celle-làles deux sont interdites, même pour un interdit דרבנן, s'il n'y a dans aucune des deux de quoi annuler l'interdit. Mais s'il y a dans l'une d'elles de quoi annuler l'interditles deux sont permises.
Pourquoi ici les deux sont interdites ? Ici, les deux marmites sont de permis. Attribuer l'interdit à l'une reviendrait à permettre l'autre — mais pourquoi celle-ci plutôt que celle-là ? מאי חזית (« qu'as-tu vu » pour préférer l'une ?). Faute de raison de trancher, le doute s'applique aux deux : chacune est peut-être celle qui a reçu l'interdit. On ne peut donc être indulgent sur aucune — sauf si l'une d'elles a de quoi annuler l'interdit (60, ou la majorité selon le cas) : alors le problème disparaît et les deux sont permises.

Seif 6 — Chutes successives : le second là où le premier est tombé

הָיוּ שְׁתֵּי קְדֵרוֹת שֶׁל הֶתֵּר, וְנָפַל אִסּוּר לְאַחַת מֵהֶן וְיָדוּעַ לְאֵיזוֹ נָפַל, וְחָזַר וְנָפַל אִסּוּר לְאַחַת מֵהֶן וְאֵין יָדוּעַ לְאֵיזוֹ — אוֹמֵר אֲנִי: בָּאַחֲרוֹנָה נָפַל לְאוֹתָהּ שֶׁנָּפַל בָּהּ הָרִאשׁוֹן. אֲבָל אִם נָפַל אִסּוּר לְאַחַת מֵהֶן וְאֵין יָדוּעַ לְאֵיזוֹ, וְחָזַר וְנָפַל אִסּוּר לְאַחַת מֵהֶן וְיָדוּעַ לְאֵיזוֹ — שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת. (הגה: וְדַוְקָא שֶׁאֵין בָּהֶן שִׁשִּׁים לְבַטֵּל הָאִסּוּר שֶׁנָּפַל; אֲבָל אִם הָיָה בָּהֶן שִׁשִּׁים לְבַטְּלוֹ — הֲרֵי הוּא כְּאִלּוּ לֹא נָפַל בָּהֶן שׁוּם אִסּוּר (ב״י בְּשֵׁם הָרַשְׁבָּ״א).)
S'il y avait deux marmites de permis et qu'un interdit est tombé dans l'une en sachant laquelle, puis qu'un interdit est de nouveau tombé dans l'une sans savoir laquelleje dis : le second est tombé là où le premier est tombé [donc l'autre marmite reste permise]. Mais si un interdit est tombé dans l'une sans savoir laquelle, puis un interdit est tombé dans l'une en sachant laquelleles deux sont interdites. Glose du Rama : et seulement s'il n'y a pas soixante pour annuler l'interdit tombé ; mais s'il y avait soixante pour l'annuler, c'est comme s'il n'y était tombé aucun interdit (B"Y au nom du Rashba).
L'ordre des chutes change tout : si le premier interdit est tombé dans une marmite connue, et que le second est tombé dans une marmite inconnue, on dit : « le second est tombé là où le premier est déjà tombé » — la première marmite est de toute façon interdite, l'autre reste permise. Mais si l'ordre est inversé (d'abord inconnu, puis connu), on ne peut plus « rattacher » le doute, et les deux sont interdites. Et le Rama rappelle : tout cela quand aucune n'a soixante ; sinon, l'interdit est annulé et c'est comme s'il n'était jamais tombé.

Groupe D — הכל נכנס בספק : les marmites se combinent (seif 7)

Seif 7 — הכל נכנס בספק (la combinaison) : maison et grenier, une même personne

הָיוּ שְׁתֵּי קְדֵרוֹת שֶׁל הֶתֵּר, וְנָפַל אִסּוּר לְאַחַת מֵהֶן וְאֵין יָדוּעַ לְאֵיזוֹ, וְאֵין בְּאַחַת מֵהֶן כְּדֵי לְבַטֵּל הָאִסּוּר אֲבָל יֵשׁ בִּשְׁתֵּיהֶן יַחַד — מִצְטָרְפוֹת לְבַטְּלוֹ. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא אֲפִלּוּ אַחַת בַּבַּיִת וְאַחַת בַּעֲלִיָּה — מִצְטָרְפוֹת, וְכֵן עַד מֵאָה. וְהוּא שֶׁיִּהְיוּ שְׁתֵּיהֶן שֶׁל אָדָם אֶחָד, שֶׁכָּל מַה שֶּׁהוּא שֶׁל אָדָם אֶחָד עָתִיד לְהִתְעָרֵב; אֲבָל אִם הֵן שֶׁל שְׁנֵי בְּנֵי אָדָם — אֵין מִצְטָרְפוֹת. (הגה: וְיֵשׁ מַחְמִירִין דַּאֲפִלּוּ בְּשֶׁל אָדָם אֶחָד אֵין לְהָקֵל; וּבְמָקוֹם הֶפְסֵד מַתִּירִין בְּשֶׁל אָדָם אֶחָד, מִיהוּ לֹא יֹאכְלֵם אֶלָּא לְאַחַר שֶׁעֵרְבָן יַחַד, דְּאָז כְּבָר נִתְבַּטֵּל הָאִסּוּר.)
S'il y avait deux marmites de permis et qu'un interdit est tombé dans l'une sans savoir laquelle, et qu'il n'y a dans aucune de quoi annuler l'interdit mais que dans les deux ensemble il y en ales deux se combinent (מצטרפות) pour l'annuler. Et non seulement cela, mais même l'une à la maison et l'une au grenier (אחת בבית ואחת בעלייה) se combinent ; et il en va de même jusqu'à cent. Cela [vaut] quand les deux appartiennent à une seule personne, parce que tout ce qui est à une seule personne est destiné à être mélangé (עתיד להתערב) ; mais si elles sont à deux personnes, elles ne se combinent pas. Glose du Rama : certains sont stricts (יש מחמירין) — même pour une seule personne on ne se montre pas indulgent ; mais en cas de perte (הפסד) on permet pour une seule personne. Toutefois on ne les mangera qu'après les avoir mélangées ensemble, car alors l'interdit est déjà annulé.
הכל נכנס בספק« tout entre dans le doute » : puisqu'on ignore dans laquelle des deux marmites l'interdit est tombé, le doute « entre » dans les deux. Or, ce qui appartient à une même personne est « destiné à être mélangé » (עתיד להתערב) : la halakha les considère donc comme déjà combinées, et leurs volumes s'additionnent pour atteindre les soixante — même si elles sont physiquement éloignées (maison / grenier).
La logique du צירוף (combinaison) : normalement, pour annuler un interdit, il faut soixante dans le même récipient. Ici, exceptionnellement, deux marmites séparées s'additionnent — parce que le doute les enveloppe toutes deux et qu'elles sont destinées à se mélanger (une même personne). Limite : deux propriétaires différents → pas de combinaison. Et le Rama ajoute (selon l'usage strict) qu'on ne consomme qu'après les avoir effectivement mélangées, et seulement en cas de perte.

2. Contexte — où ce siman se place

Le Siman 110 a posé les grandes règles du doute en cacheroute : quand attribue-t-on (תולין), qu'est-ce qu'un ספק ספיקא, que se passe-t-il quand le morceau douteux a été « emporté » ? Le Siman 111 poursuit directement cette discussion sur un cas très concret : un interdit et un permis qui « se croisent » entre des marmites, sans qu'on sache exactement où l'interdit a atterri. La question n'est plus « combien de soixante ? » mais « de quel côté attribuer le doute ? », « à quelle condition (interdit דרבנן ou דאורייתא, majoritaire ou non) ? », et « deux marmites se combinent-elles pour annuler ? ».

Les grandes questions du siman

Question Où ? Réponse-type
On attribue (תולין) du côté de l'interdit Seif 1 Oui pour un interdit דרבנן (les 3 scénarios), même sans majorité
La condition de non-majorité de l'interdit Seif 2 On attribue tant que l'interdit n'est pas plus abondant
Interdit de la Torah Seifim 3-4 Il faut une majorité de permis ; מין במינו → רוב, אינו מינו → 60
Deux marmites de permis / chutes successives Seifim 5-6 2 marmites de permis → les deux interdites ; le 2ᵉ tombe où le 1ᵉʳ
La combinaison (הכל נכנס בספק) Seif 7 Deux marmites d'une même personne se combinent pour les 60
L'idée transversale : tout est affaire d'attribution et de combinaison. De quel côté peut-on « ranger » le doute (תולין) ? Cela dépend de la nature de l'interdit (דרבנן/דאורייתא) et de sa masse (majoritaire ou non). Et quand on ne peut pas attribuer, peut-on au moins additionner les volumes (צירוף) pour atteindre les soixante ?

3. Les concepts-clés de ce siman

Pour comprendre le Siman 111, il faut maîtriser un petit vocabulaire technique qui décrit comment on attribue un doute, et comment des mélanges se combinent.

תולין« on attribue / on suspend » : devant un doute, on « range » la réalité du côté indulgent — on suppose que l'interdit est tombé là où il ne fait pas de différence (dans l'interdit), et que le permis est tombé dans le permis (seif 1).
שאני אומר« je dis » : la formule du raisonnement — « je dis que c'est le permis qui est tombé ici, et l'interdit là-bas ». Source talmudique : Yevamot 82 (les deux paniers de חולין et de תרומה : « תרומה לתוך תרומה »). C'est un doute plus léger qu'un ספק ordinaire, car on a une raison de pencher vers l'indulgence.
ספק דרבנן לקולא« un doute rabbinique penche vers l'indulgence » : c'est le fondement du seif 1. On n'attribue avec indulgence que pour un interdit rabbinique (דרבנן), comme שומנו של גיד (la graisse du nerf sciatique). Pour un interdit de la Torah, il faut une vraie majorité (seif 3).
מין במינו« le semblable dans son semblable » : מן התורה, un interdit mêlé à du permis de même espèce s'annule dans la simple majorité (רוב) ; pour une autre espèce (אינו מינו), il faut soixante (les 60 sont une exigence des Sages — seif 4).
מאי חזית« qu'as-tu vu ? » : quand deux marmites sont de permis (seif 5), on ne peut attribuer l'interdit à l'une plutôt qu'à l'autre — il n'y a aucune raison de préférer l'une. Le doute s'applique donc aux deux, qui sont toutes deux interdites.
צירוף / הכל נכנס בספק« combinaison » / « tout entre dans le doute » : deux marmites séparées, dont une seule a (peut-être) reçu l'interdit, s'additionnent pour atteindre les soixante — pourvu qu'elles soient à une même personne, donc « destinées à se mélanger » (seif 7).
Le fil unificateur : tout repose sur la manière dont on traite l'incertitude. Soit on peut attribuer (תולין) le doute du côté indulgent — et cela dépend de la nature et de la masse de l'interdit ; soit on ne le peut pas (deux marmites de permis, מאי חזית), mais on peut alors parfois combiner (צירוף) les volumes pour annuler.

4. תולין / שאני אומר — le tableau des conditions

Les seifim 1 à 4 se résument en un tableau. On croise la nature de l'interdit avec la masse de permis, et l'on regarde si l'on attribue (תולין) avec indulgence.

Situation Condition Résultat
Interdit דרבנן (ex. שומנו של גיד), interdit non majoritaire Permis pas forcément majoritaire 🟢 On attribue (תולין) → permis (seif 1)
Interdit דרבנן, mais l'interdit est majoritaire L'interdit l'emporte 🔴 On n'attribue pas (seif 2)
Interdit דאורייתא, sans majorité de permis 🔴 On n'attribue pas (seif 3)
Interdit דאורייתא, מין במינו Permis = majorité (רוב) 🟢 On attribue (בטל ברוב מן התורה, seif 4)
Interdit דאורייתא, אינו מינו Permis = soixante 🟢 On attribue (seif 4)
La logique en une phrase : pour un interdit rabbinique, le simple תולין suffit (et même sans majorité), tant que l'interdit n'est pas le plus abondant ; pour un interdit de la Torah, il faut une véritable annulation — la majorité (רוב) si מין במינו, soixante si אינו מינו.
Le point fin (seif 4) : même pour un interdit דאורייתא, on est indulgent dès qu'il y a une majorité en מין במינו — car מן התורה, le semblable s'annule déjà dans le רוב. Les soixante ne sont qu'une exigence des Sages, qui ne joue donc pas pour bloquer ce תולין quand il s'agit du même genre.

5. Le Shach et le Taz — les grands commentateurs

En Yoreh De'ah, le Choul'han Aroukh ne se lit jamais seul. Deux grands commentaires l'accompagnent sur chaque page et structurent l'étude pratique : le Shach et le Taz. Ce sont les nossei kelim de référence en Yoreh De'ah (pas de Mishna Berurah ici, qui ne commente que l'Orach Chaim).

Le Shach (ש״ך) — abréviation de שפתי כהן, Siftei Kohen, de Rabbi Shabtai haCohen (Lituanie, XVIIᵉ siècle). C'est le commentaire de référence sur Yoreh De'ah, d'une grande profondeur analytique.
Le Taz (ט״ז) — abréviation de טורי זהב, Turei Zahav, de Rabbi David haLévi Segal (Pologne, XVIIᵉ siècle). Souvent en dialogue — et parfois en désaccord — avec le Shach.

Une entrée-clé du Taz

Taz s.k. 1 — שאני אומר : plus léger qu'un ספק דאורייתא ordinaire

שֶׁאָנוּ תּוֹלִין כו'. מִשּׁוּם דְּהָוֵי שָׁאנִי אוֹמֵר, כִּדְאִיתָא בִּיבָמוֹת דַּף פ״ב גַּבֵּי שְׁתֵּי קֻפּוֹת וְכו'; וַאֲפִלּוּ הוּא סְפֵק אִסּוּר דְּאוֹרָיְתָא בְּשִׁעוּר דְּרַבָּנָן — שָׁרֵי מִכֹּחַ שָׁאנִי אוֹמֵר, וְקִיל טְפֵי מִסְּפֵק דְּאוֹרָיְתָא דְּעָלְמָא.
Le Taz explique le ressort de l'indulgence : c'est le principe שאני אומר (« je dis »), tiré de Yevamot 82 (l'affaire des deux paniers de חולין et de תרומה). Et le Taz précise un point subtil : même un doute touchant un interdit de la Torah, mais dont la mesure n'est qu'un détail rabbinique (שיעור דרבנן), est permis par la force du שאני אומר — c'est un doute plus léger qu'un ספק דאורייתא ordinaire (comme celui du Siman 66), car on a une véritable raison de pencher du côté indulgent.

Une entrée-clé du Shach

Shach s.k. 1 — interdit דרבנן = ספק דרבנן לקולא

מֵאִסּוּר דְּרַבָּנָן כו'. דְּכֵיוָן דְּאִסּוּר דְּרַבָּנָן הוּא, סְפֵקוֹ לְהָקֵל, וְלָכֵן תּוֹלִין לוֹמַר הָאִסּוּר נָפַל לְתוֹךְ הָאִסּוּר; אֲבָל בְּאִסּוּר דְּאוֹרָיְתָא — אֵין תּוֹלִין, עַד שֶׁיְּהֵא הַהֶתֵּר רַבָּה עָלָיו.
Le Shach souligne le fondement du seif 1 : puisque l'interdit est rabbinique (דרבנן), son doute penche vers l'indulgence (ספקו להקל) — c'est pourquoi on attribue (תולין) que l'interdit est tombé dans l'interdit. Mais pour un interdit de la Torah, on n'attribue pas, tant que le permis ne l'emporte pas sur lui. Le Shach (s.k. 2) ajoute que même un interdit à racine דאורייתא mais traité comme דרבנן (ex. le fromage d'un non-Juif) suit cette indulgence, au nom du Rashba.
On voit la méthode : le Shach et le Taz ne répètent pas le Mehaber — ils nomment le mécanisme (שאני אומר, ספק דרבנן לקולא) et tranchent ses limites (jusqu'où l'indulgence s'étend, et où elle s'arrête : interdit majoritaire, דאורייתא). C'est exactement ce qu'on approfondit au niveau Lamdan, avec le קל וחומר des bavot et la grande מחלוקת Ramban / Rashba sur les deux personnes.

6. La glose du Rama (הגה)

Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute sur le texte du Mehaber des gloses qui reflètent l'usage achkénaze et précisent la pratique. Voici ses interventions les plus marquantes dans notre siman.

Sur le seif 6 — soixante annule, comme si rien n'était tombé

Glose du Rama : ודוקא שאין בהן ששים לבטל האיסור שנפל; אבל אם היה בהן ששים לבטלו — הרי הוא כאילו לא נפל בהן שום איסור« et seulement s'il n'y a pas soixante pour annuler l'interdit tombé ; mais s'il y avait soixante pour l'annuler, c'est comme s'il n'y était tombé aucun interdit » (B"Y au nom du Rashba). Le Rama rappelle ainsi qu'avant même de raisonner sur les chutes successives, il faut vérifier s'il y a déjà de quoi annuler : si oui, le problème est résolu d'avance.

Sur le seif 7 — יש מחמירין et le cas de la perte

Glose du Rama : ויש מחמירין דאפילו בשל אדם אחד אין להקל; ובמקום הפסד מתירין בשל אדם אחד, מיהו לא יאכלם אלא לאחר שערבן יחד« certains sont stricts : même pour une seule personne on ne se montre pas indulgent ; mais en cas de perte, on permet pour une seule personne — toutefois on ne les mangera qu'après les avoir mélangées ensemble ». Le Rama tempère donc le צירוף du Mehaber : selon l'usage strict, on n'y recourt qu'en cas de perte (הפסד), et seulement après avoir effectivement mélangé les deux marmites — car alors l'interdit est déjà annulé.
Le Rama distingue soigneusement la loi de base (le Mehaber, plus indulgent sur le צירוף) de la pratique achkénaze plus prudente (יש מחמירין : combinaison seulement en cas de perte, et après mélange effectif) — tout en confirmant le grand principe : soixante annule l'interdit comme s'il n'était jamais tombé (seif 6).

7. הכל נכנס בספק — ce que la combinaison signifie vraiment

Le seif 7 — le sommet conceptuel du siman — mérite un arrêt. Que signifie exactement « deux marmites se combinent » alors qu'une seule a (peut-être) reçu l'interdit ?

"וְלֹא עוֹד, אֶלָּא אֲפִלּוּ אַחַת בַּבַּיִת וְאַחַת בַּעֲלִיָּה — מִצְטָרְפוֹת, וְכֵן עַד מֵאָה. וְהוּא שֶׁיִּהְיוּ שְׁתֵּיהֶן שֶׁל אָדָם אֶחָד."
Tout repose sur l'idée que le doute « entre » dans les deux marmites. Puisqu'on ignore laquelle a reçu l'interdit, chacune est potentiellement concernée — et la halakha les traite comme un seul ensemble, dès lors qu'elles sont à une même personne. Deux conséquences :
Cas Combinaison ? Résultat
Une seule marmite a 60 contre l'interdit 🟢 Annulé d'avance (seif 6, Rama)
Deux marmites, une même personne, 60 dans les deux ensemble 🟢 Oui (עתיד להתערב) 🟢 Se combinent → annulé (seif 7)
Maison / grenier, une même personne 🟢 Oui (même éloignées) 🟢 Se combinent (jusqu'à cent)
Deux personnes différentes 🔴 Non 🔴 Ne se combinent pas
Une personne, usage strict (Rama) 🟡 Seulement en cas de perte 🟡 Après les avoir mélangées effectivement
Et le seif 7 ajoute la touche finale (Rama) : selon l'usage strict, on ne consomme qu'après avoir réellement mélangé les deux marmites, et seulement en cas de perte (הפסד) — car le mélange effectif réalise concrètement l'annulation que la halakha avait anticipée.

8. Cas pratiques modernes

Comment ces règles s'appliquent-elles dans nos cuisines aujourd'hui ? Voici trois situations courantes éclairées par notre siman.

Cas 1 — Un ingrédient interdit (דרבנן) tombé dans l'une de deux casseroles

Vous avez deux casseroles sur le feu, et un ingrédient relevant d'un interdit rabbinique (par exemple un produit dont l'interdit n'est que דרבנן) tombe dans l'une des deux sans qu'on sache laquelle (seif 1, scénario c). Si l'interdit est bien דרבנן et qu'il n'est pas majoritaire, on attribue (תולין) avec indulgence. Mais si les deux casseroles sont de permis et que deux morceaux (l'un interdit, l'un permis) sont tombés chacun dans l'une (seif 5), alors les deux sont interdites — sauf si l'une a de quoi annuler. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

Cas 2 — Combiner deux plats d'une même personne pour atteindre les 60

Un interdit est tombé dans l'une de vos deux marmites (vous ne savez pas laquelle), et aucune seule n'a soixante fois le volume de l'interdit — mais les deux ensemble, oui (seif 7). Comme les deux marmites sont à une même personne (vous), elles se combinent (צירוף) pour atteindre les soixante — même si l'une est à la cuisine et l'autre dans une autre pièce. Attention : si les deux marmites appartiennent à deux personnes différentes, elles ne se combinent pas ; et selon l'usage strict du Rama, on ne consomme qu'en cas de perte et après les avoir mélangées. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

Cas 3 — Deux chutes successives dans deux casseroles

Un interdit tombe d'abord dans une casserole identifiée, puis un second interdit tombe dans l'une des deux sans qu'on sache laquelle (seif 6). On dit alors : « le second est tombé là où le premier est déjà tombé » → la seconde casserole reste permise. Mais si l'ordre est inversé (d'abord inconnu, puis connu), les deux sont interdites. Et dans tous les cas, s'il y a soixante pour annuler l'interdit tombé, c'est comme s'il n'était jamais tombé (Rama). Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.
Le fil conducteur des trois cas : avant de conclure, pose-toi trois questions — l'interdit est-il דרבנן ou דאורייתא, et est-il majoritaire ? puis-je attribuer (תולין) le doute du côté indulgent ? sinon, puis-je combiner (צירוף) deux marmites d'une même personne pour atteindre les soixante ? Mais la décision concrète revient toujours au Rav, qui connaît les détails de fait.

9. Synthèse du Siman 111

L'essentiel du Siman 111 en quelques phrases :
  1. Quand un interdit et un permis « se croisent » entre marmites, on attribue (תולין) l'interdit du côté de l'interdit — pour un interdit דרבנן (les 3 scénarios), même sans majorité (seif 1).
  2. On n'attribue que tant que l'interdit n'est pas plus abondant que le permis (seif 2).
  3. Pour un interdit de la Torah, il faut une majorité de permis qui annule מן התורה (seif 3).
  4. Avec majorité : מין במינו → la majorité (רוב) suffit ; אינו מינו → il faut soixante (seif 4).
  5. Deux marmites de permis + 2 morceaux → les deux interdites (מאי חזית), sauf si l'une annule (seif 5).
  6. Chutes successives : le second tombe là où le premier (connu d'abord) ; inconnu-puis-connu → les deux interdites ; 60 → comme si rien (seif 6).
  7. הכל נכנס בספק : deux marmites d'une même personne se combinent pour les soixante, même éloignées (maison/grenier), jusqu'à cent ; deux personnes → non (seif 7).

Tableau-mémoire

Situation Règle
Interdit דרבנן, non majoritaire 🟢 On attribue (תולין) → permis
Interdit דרבנן, mais majoritaire 🔴 On n'attribue pas
Interdit דאורייתא, מין במינו, majorité 🟢 On attribue (בטל ברוב)
Interdit דאורייתא, אינו מינו 🟡 Il faut soixante
Deux marmites de permis + 2 morceaux 🔴 Les deux interdites (מאי חזית)
Chutes successives (connu puis inconnu) 🟢 Le second tombe où le premier
Deux marmites, une même personne, 60 ensemble 🟢 Se combinent (הכל נכנס בספק)

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Qu'est-ce que תולין ? Quels sont les trois scénarios du seif 1, et pourquoi exigent-ils un interdit דרבנן ?
  2. Quelle condition pose le seif 2 ? Peut-on attribuer si l'interdit est majoritaire ?
  3. Pour un interdit de la Torah, que faut-il (seif 3) ? Pourquoi le simple תולין ne suffit-il plus ?
  4. Distingue מין במינו et אינו מינו (seif 4). Quand suffit la majorité, quand faut-il soixante ?
  5. Pourquoi, avec deux marmites de permis (seif 5), les deux sont-elles interdites ? Qu'est-ce que מאי חזית ?
  6. Explique la règle des chutes successives (seif 6). Que change l'ordre (connu / inconnu) ? Et s'il y a soixante ?
  7. Qu'est-ce que הכל נכנס בספק (seif 7) ? Pourquoi deux marmites d'une même personne se combinent-elles, même éloignées ?
  8. Pourquoi deux personnes différentes ne combinent-elles pas leurs marmites ?
  9. Que dit le Taz (s.k. 1) sur le שאני אומר et le ספק דאורייתא de mesure rabbinique ? Et le Shach (s.k. 1) sur le ספק דרבנן לקולא ?
  10. Que tranche le Rama (seif 7) sur le צירוף en cas de perte, et sur le fait de mélanger d'abord ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
יורה דעה · סימן קי״א · Niveau 1 — Initiation
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