Siman 120 — Tevilat kelim : pourquoi immerger un ustensile neuf, lequel, et à quel moment l'obligation naît — étude et pilpoul
סימן ק״כ
דִּינֵי טְבִילַת הַכֵּלִים
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ ללומדים ותלמידי חכמים ⚡
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Pilpoul et étude approfondie
Sougyot, sources, ḥakira de fond, ma'hlokot des Richonim et des A'haronim,
nafka minot pour la halakha et analyse des chitot
Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ (ט״ז סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (שפתי כהן), ט״ז (טורי זהב), באר הגולה, ביאור הגר״א, פתחי תשובה
Fondement talmudique de la sougya :
עבודה זרה ע״ה ע״ב–ע״ו ע״א (הלוקח כלי תשמיש מן הגוים) ·
שבת ט״ו ע״ב (הכל הולך אחר המעמיד) ·
חולין י״ב ע״ב (כוונת קטן)
רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז · תוספות, רא״ש, טור ובית יוסף על סוף מסכת עבודה זרה
Rédaction et iyoun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT
📑 Table des matières
Le fondement de la sougya — la source du din à la fin d'Avoda Zara, et trois motifs concurrents de la tevila
דאורייתא או מדברי סופרים — les deux lectures du Rambam, le Ran contre le Rachba (ḥakira centrale)
מ׳ סאה במעיין — “ḥidouch” ou branche de la tevila d'impureté (Tossefot, Séfer haMitsvot, Tour, B"Y, Taz ס״ק ב)
גדר החפצא — métal, verre et kounya, et les ustensiles étamés (seif 1)
רפוי בידו — ḥatsitsa, et la ma'hloket Rama / Taz sur l'eau qui mouille la main (seif 2)
נוסח הברכה — כלי ou כלי מתכות (Rachbam, Ba"'h, Chakh ס״ק ח, Taz ס״ק ה)
גדר כלי סעודה — trépieds et grils, couteau de che'hita, fers à matsot (seifim 4–5)
המעמיד ועיקר התשמיש — R. Meïr contre Tossefot, et la coupe d'argent sertie de bois (seifim 6–7)
שֵׁם העובד כוכבים עליו — emprunt, gage, artisan, société et vol (seifim 8–11)
ידות, חלודה, כוונה וקטן — et le cadeau au non-Juif la veille de Chabbat (seifim 12–16)
Ḥakira et nafka minot pratiques
Tableaux de synthèse — les ustensiles, les ma'hlokot et les sources
Le yessod — une tevila qui ne purifie rien :
Des ustensiles de repas en métal achetés à un non-Juif sont interdits à l'usage tant qu'on ne les a pas immergés — et cela vaut même s'ils sortent de l'atelier et n'ont jamais touché d'interdit. Ce n'est donc ni une cachérisation de goûts absorbés (elle, c'est le siman 121), ni une purification d'impureté rituelle : c'est un גזירת הכתוב qui tient debout tout seul. Deux preuves internes le montrent. D'abord, on immerge jusqu'aux ידות, les manches (seif 12), et le Mordekhaï en donne le motif : « דמה לי ידיו מה לי בית תשמישו הא לאו בפליטת איסור תליא מילתא דהא אפי׳ חדשים צריכין טבילה » (בית יוסף יו״ד ק״כ). Ensuite, les Richonim ont écarté l'ordre “d'abord hag'ala, ensuite tevila” : il n'y a pas ici de « כטובל ושרץ בידו » (תוספות עבודה זרה ע״ה ע״ב ד״ה מגעילן ומטבילן), puisqu'un ustensile neuf y est astreint tout autant.
מקור הדין — סוף מסכת עבודה זרה :
« וכולן צריכין טבילה בארבעים סאה » (עבודה זרה ע״ה ע״ב)
« כל דבר אשר יבא באש תעבירו באש וטהר הוסיף לך הכתוב טהרה אחרת » (עבודה זרה ע״ה ע״ב)
« מים שנדה טובלת בהן הוי אומר ארבעים סאה » (עבודה זרה ע״ה ע״ב)
La carte du siman — trois questions et rien d'autre :
Quelle est la nature de cette tevila — purification, sortie de propriété, ou permission d'usage ? Et donc : de la Torah ou des Sages ? (§§ 1–3)
Qu'est-ce qui définit l'objet — le métal, le lieu de l'usage, ou la pièce qui fait tenir l'ustensile ? (§§ 4, 7–8)
Qu'est-ce qui déclenche l'obligation — l'acquisition par le Juif, ou le nom du non-Juif attaché à l'objet ? (§ 9)
Trois motifs à la tevila — et trois conséquences :
Chita
Le motif, mot pour mot
Source
Le Yerouchalmi (cité par le Beit Yossef)
« דטבילה הוא כדי שיצאו מרשותו של נכרי לרשותו של ישראל »
בית יוסף יו״ד ק״כ
Le Taz
« וטעם הטבילה כדי שיצאו מטומאתו של עובד כוכבים לקדושתו של ישראל »
ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק א
Le Rambam
« ומפי השמועה למדו שאינו מדבר אלא בטהרתן מידי געולי עכו״ם לא מידי טמאה »
רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ה
Nafka mina entre les motifs :
Pour le motif de la sortie de propriété : tant que l'ustensile appartient encore en partie au non-Juif — une société, par exemple — la tevila ne peut rien opérer. C'est exactement ce qu'écrit le Chakh : « דהא בודאי אינו יוצא מידי שם טומאה בטבילה זו דהרי עדיין שם שותפות העובד כוכבים עליו » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ד).
Pour le motif de la sainteté d'Israël (Taz) : la tevila est un acte d'entrée dans la sainteté — d'où la question d'une intention (kavana) et d'une berakha, traitées au § 10.
Pour le motif des gi'oulé akoum (Rambam) : une objection saute aux yeux — un ustensile neuf n'a rien absorbé ! Aussi le Rambam a-t-il dû préciser lui-même que le verset n'est qu'un appui, et non une loi de goûts absorbés.
La ḥakira : la tevilat kelim est-elle une obligation de la Torah — un décret scripturaire tiré de la section des ustensiles de Midian, dont וטהר serait la source pleine et entière ; ou bien des Sages, le verset ne servant que de remez, d'appui ? Tout le siman en dépend : la berakha, la crédibilité d'un mineur, la manière de trancher les doutes, et jusqu'au sort de l'ustensile mis en gage.
La formule du Rambam — et les deux lectures qu'elle autorise :
« טבילה זו שמטבילין כלי הסעדה הנלקחים מן העכו״ם ואחר כך יתרו לאכילה ושתיה אינן לענין טמאה וטהרה אלא מדברי סופרים » (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ה)
La phrase se laisse lire de deux façons. (א)La tevila elle-même n'est que d'institution rabbinique. (ב) La tevila n'est pas une affaire d'impureté et de pureté — et c'est ce volet-là, celui de l'impureté, qui n'est que rabbinique ; l'obligation, elle, reste de la Torah.
La difficulté — deux Richonim lisent le Rambam à l'inverse, et dans le même Beit Yossef :
Le Ran y lit une position indulgente, et en tire le psak indulgent du Rambam sur le gage : « וכתב הר״ן דלטעמיה אזיל שסובר דטבילת כלים אינה אלא מדברי סופרים » (בית יוסף יו״ד ק״כ).
Le Rachba, dans une techouva, écrit exactement l'inverse : « מה שכתבת שהטבלת כלים מדרבנן לא כולם מודים בו ומדברי הרמב״ם יראה שהוא סבור שהוא מדאורייתא » (בית יוסף יו״ד ק״כ בשם תשובות הרשב״א חלק ג׳ סימן רנ״ה).
Résolution — deux questions distinctes qui s'étaient mêlées : il n'y a pas de contradiction dans la lecture du Rambam, mais deux questions superposées. (א) L'ustensile devient-il impur puis pur ? Là, le Rambam concède qu'il n'y a aucune impureté en jeu, d'où « אינן לענין טמאה וטהרה » (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ה). (ב) L'obligation elle-même est-elle de la Torah ? Là, le Rambam a écrit de sa propre plume « ורמז לה » (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ה), et le mot remez indique bien que le verset n'est pas une deracha entière. Le Ran a répondu à la seconde question et en a tiré une indulgence ; le Rachba a jugé sur le sens simple de la sougya — « ופשטא דשמעתא דשילהי ע״ז הכי משמע טפי » (בית יוסף יו״ד ק״כ) — et en a tiré une rigueur. En pratique, la plupart des A'haronim ont suivi la rigueur.
Trois nafka minot énoncées telles quelles par les poskim :
La crédibilité d'un mineur (seif 14) — « שאין לשלוח קטן להטביל כלים דכיון דטבילת כלים דאורייתא לא מהימנינן לקטנים עלייהו » (בית יוסף יו״ד ק״כ בשם תרומת הדשן סימן רנ״ז), et le Taz le redit d'un mot : « לפי שטבילת כלים דאורייתא » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ט״ז).
La résolution des doutes (seif 10) — « ואע״ג דלענין הלכה מסיק מהרש״ל שם דא״צ טבילה מכל מקום ודאי יש להחמיר באיסור דאורייתא » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״א).
Le gage (seif 9) — le Rambam tranche dans l'indulgence, et le Beit Yossef s'aligne sur le Raavad dans la rigueur : « אבל הרשב״א כתב בשם הראב״ד דמשכנתא צריכה טבילה ונ״ל שהוא העיקר » (בית יוסף יו״ד ק״כ).
דיני טבילת הכלים. ובו ט״ז סעיפים: הקונה מהעובד כוכבים כלי סעודה של מתכו׳ או של זכוכית או כלים המצופים באבר מבפנים אף על פי שהם חדשים צריך להטבילם במקוה או מעיין של ארבעים סאה (טור בשם סה״מ ועב״י): הגה י״א דכלים המצופים באבר אפילו בפנים יטבול בלא ברכה (ב״י בשם סמ״ק וארוך) וכן נוהגין:
3. מ׳ סאה במעיין — un “ḥidouch” ou une branche de la tevila d'impureté
Toute la ma'hloket des Richonim sur la quantité d'eau tient à une seule question : cette tevila se déduit-elle de la tevila d'impureté — et alors son régime est le même — ou est-elle une créature à part, et alors on lui applique la rigueur de la nidda ?
Le yessod — חידוש הוא :
Dans la tevila d'impureté, une source vive purifie en quelque quantité que ce soit, et de petits ustensiles y montent même en moins de quarante séa. Les Tossefot écrivent pourtant :
« אע״ג דרביעית סגי להטביל מחטין וצינוריות מדאורייתא היינו טבילת טומאה אבל טבילת כלי מדין חידוש הוא ובעי מ׳ סאה » (תוספות עבודה זרה ע״ה ע״ב ד״ה מים שהנדה טובלת)
C'est de là que l'auteur du Séfer haMitsvot (Sma"k) a tiré sa distinction entre les deux tevilot, comme le développe longuement le Beit Yossef.
La ma'hloket — faut-il quarante séa même dans une source vive ?
Chita
Position
Source
Séfer haMitsvot (Sma"k)
Même dans une source vive il faut quarante séa : « בכלים הלקוחים מן הנכרים צריך מ׳ סאה »
טור יו״ד ק״כ בשם ספר המצות
Le Tour
Objecte : « ולא נהירא שאין להחמיר בטבילה זו טפי מבטבילת טמאה דלא ידעינן להך אלא ממנה »
טור יו״ד ק״כ
Le Me'haber
Tranche comme le Séfer haMitsvot, et le dit expressément : « במקוה או מעיין של ארבעים סאה »
שו״ע יו״ד ק״כ:א
La question du Beit Yossef sur le Tour : le Tour a bâti son objection sur l'idée qu'une nidda elle-même est valablement immergée dans une source de moins de quarante séa — or ce n'est pas l'avis de R"I ni du Roch, et le Tour l'écrit lui-même dans les lois de nidda. Voici le Beit Yossef :
« ויש לתמוה עליו שנראה שהוא תופס בפשיטו׳ דנדה אינה צריכה מ׳ סאה במעיין והרי ר״י אינו סובר כן » (בית יוסף יו״ד ק״כ)
La réponse du Taz — une lecture neuve du Tour : le Taz écarte à la fois la solution du Darkhei Moché et le sens obvie du Beit Yossef, et annonce : « ונ״ל פירוש דברי הטור בדרך זה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ב) — le Tour ne parlerait pas de la nidda du tout, mais des ustensiles impurs. Car rien dans le mot וטהר n'impose l'eau ; c'est seulement de ce qui est dit des ustensiles impurs — במים יובא וטהר — que nous apprenons, par un raisonnement de ma matsinou, qu'il s'agit ici aussi d'eau. Et puisque toute notre connaissance vient de là, on ne peut être plus rigoureux qu'eux :
« כיון שאין אנו יודעים שטהרה במים בכלי עובד כוכבים אלא מטבילת כלים טמאים לא נחמיר יותר מהם לענין מעיין » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ב)
On n'a donc durci que là où la Torah l'a dit expressément — במי נדה, c'est-à-dire la mesure de quarante séa dans un mikvé.
Nafka mina pratique : celui qui immerge ses ustensiles dans la mer ou dans une source courante où quarante séa ne sont jamais rassemblés en un même point : pour le Tour la tevila est valable, pour le Séfer haMitsvot et le Me'haber elle ne l'est pas. En pratique on suit le Me'haber, qui exige quarante séa en toute hypothèse — et c'est ainsi que sont bâtis tous les mikvaot à ustensiles. Et pour la pratique — demandez à votre Rav.
שלושת המקורות בסוגיא :
« כלי מתכות אמורין בפרשה » (עבודה זרה ע״ה ע״ב)
« הני כלי זכוכית הואיל וכי נשתברו יש להן תקנה ככלי מתכות דמו » (עבודה זרה ע״ה ע״ב)
« קוניא פליגי בה רב אחא ורבינא חד אמר כתחלתו וחד אמר כסופו והלכתא כסופו » (עבודה זרה ע״ה ע״ב)
Deux critères entièrement différents : le זכוכית n'est pas un métal, et pourtant son régime est celui du métal — non à cause de sa matière mais à cause d'une propriété : « הואיל וכי נשתברו יש להן תקנה ». Le critère est donc “refondable”, non “métallique”. Pour la קוניא — une poterie revêtue d'étain — la question est inverse : le corps est en terre et le revêtement en métal, et l'on demande si l'on suit son commencement (terre) ou sa fin (métal) ; la halakha suit la fin. Les Sages disposent donc de deux mesures distinctes : la propriété de la matière, et l'état de l'ustensile au moment où l'on s'en sert.
L'ustensile étamé — avec ou sans berakha :
Chita
Position
Source
Le Me'haber
Étamés à l'intérieur — à immerger comme tout ustensile de métal
שו״ע יו״ד ק״כ:א
Le Rama
« י״א דכלים המצופים באבר אפילו בפנים יטבול בלא ברכה » — « וכן נוהגין »
רמ״א יו״ד ק״כ:א
Le Taz
Le motif du Rama : « דהציפוי בפנים אינו אלא לנוי »
ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ג
Les précisions du Chakh : le Chakh précise que “les ustensiles étamés” ne désignent que la poterie — « כצ״ל והיינו כלי חרס ודומה להן המצופים באבר » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק א) — et ajoute au nom de l'Issour veHeter haAroukh : « דהמצופים בזכוכית דינם כמצופים באבר » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ב). Il rapporte enfin l'étonnement du Ba"'h devant l'usage courant : « ויש לתמוה על מנהג העולם שמשתמשים בקדרות המחופים באבר מבפנים בלא טבילה כלל » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ד).
Nafka mina — la solution “tevila sans berakha” : partout où le din est douteux, on ne renonce pas à la tevila mais à la berakha. Et le Chakh indique la manière pratique d'échapper même à cela : « ונראה דיש להטבילן עם איזה כלי אחר בברכה כדלקמן סעיף ט׳ » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ה) — et sa source est dans les Tossefot : « ואם יש לו כלי שקנה מן העובד כוכבים המחויב טבילה יטביל זה עמו ויברך על שניהם » (תוספות עבודה זרה ע״ה ע״ב ד״ה אי משום דקסבר משכנתא כזביני). Et pour la pratique — demandez à votre Rav.
צריך שיהא הכלי רפוי בידו בשעת טבילה שאם מהדקו בידו הוי חציצה ואם לחלח ידו במים תחילה אין לחוש. (ודוקא שלחלח ידיו במי מקוה אבל לא במים תלושים) (משמע ממרדכי פרק השוכר):
5. רפוי בידו — la ḥatsitsa et l'eau qui mouille la main
La ḥakira — que fait exactement l'eau posée sur la main ? Quand on tient un ustensile pour l'immerger, il reste entre la main et l'ustensile un endroit que l'eau du mikvé n'atteint pas. Le fait de s'être mouillé la main y remédie — mais comment ? Deux voies : (א) l'eau de la main se joint à celle du mikvé par השקה, et dès lors elle est de l'eau de mikvé — auquel cas peu importe d'où elle vient ; (ב) seule une eau valide par elle-même peut ôter le statut de ḥatsitsa — auquel cas il faut de l'eau du mikvé.
Le Rama et le Taz :
Chita
Avec quoi mouiller la main
Source
Le Rama
« ודוקא שלחלח ידיו במי מקוה אבל לא במים תלושים »
רמ״א יו״ד ק״כ:ב
Le Taz
« ודלא כרמ״א שפי׳ דברי הטור דוקא במי מקוה אלא אף תלושין מועילים מטעם השקה »
ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ד
Le Chakh (défendant le Rama)
« דהכא אי לאו המים הוי חציצה והלכך המים באו לאפוקי מתורת חציצה ולכך בעינן שיהו מי מקוה ודוק »
ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ז
La racine de leur désaccord — d'où chacun tire sa preuve : le Taz s'appuie sur une michna explicite qu'il cite lui-même — « האוחז ידו באדם ובכלים ומטבילן טמאים ואם הדיח את ידיו במים טהורים » (משנה מקואות פרק ח׳, הובאה בט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ד) — où le mot “rincer” employé sans précision suggère même une eau détachée ; et sur la règle générale selon laquelle משקה טופח établit une jonction par hachaka. Le Rama, lui, suit la formulation du Mordekhaï à la fin d'Avoda Zara, qui se montre rigoureux pour un ustensile posé dans un seau d'eau détachée. Le Taz répond que le Mordekhaï traite d'un tout autre sujet — le poids de l'ustensile qui fait écran — et non de la main qui tient : « ע״כ מי שרוצה להטביל כלי ילחלח ידיו אפי׳ במים תלושין ויאחז הכלי דיבוק בינוני ויטבילו » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ד).
Le “tsarikh iyoun” du Chakh — pourquoi ne décrète-t-on rien ? le Chakh s'étonne que ni le Beit Yossef ni les A'haronim n'aient mentionné l'avis divergent du Rambam, qui écrit dans les lois des mikvaot : « האוחז באדם וכלים ומטבילן הרי הן בטומאתן ואע״פ שרפה ידיו גזירה שמא לא ירפה » (הובא בש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ו) — c'est-à-dire que même une prise lâche ne suffirait pas, de peur qu'on ne serre. Il conclut : « צ״ע שהב״י והאחרונים לא הביאו שום מחלוקת בזה » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ו).
Nafka minot pratiques :
Une prise ferme fait ḥatsitsa de l'avis de tous ; une prise moyenne est valable, et pour le Taz même de prime abord.
S'être mouillé la main à l'eau du robinet puis avoir immergé : pour le Taz la tevila est valable, pour le Rama il faut recommencer.
Pour un ustensile lourd posé dans un panier ou un seau, le Taz lui-même est rigoureux — le poids annule la jonction : il faudra immerger d'abord le panier, ou incliner l'ustensile sur le côté.
Trois chitot dans le Mordekhaï, rapportées par le Beit Yossef :
« כתב רשב״ם דאין לברך עליהם על הטבילה ויש מברכים על טבילת כלים ויש מברכין על טבילת כלי מתכות » (בית יוסף יו״ד ק״כ בשם המרדכי בסוף עבודה זרה)
Trois degrés, donc : aucune berakha du tout · une berakha générale · une berakha détaillée.
La ḥakira — jusqu'où la berakha doit-elle définir la mitsva ? Si le texte de la berakha doit inclure les limites de la mitsva pour qu'on ne se méprenne pas, il faut dire כלי מתכות, faute de quoi l'auditeur croira que tous les ustensiles sont astreints. Mais si la berakha n'est qu'une désignation de l'acte accompli, כלי tout court suffit, et l'on ne récite pas dans une berakha le détail du din.
Le Chakh et le Taz :
Chita
Le texte
Source
Le Me'haber et le Rama
« יברך על טבילת כלי » — et au pluriel « על טבילת כלים »
שו״ע יו״ד ק״כ:ג
Le Ba"'h et le Chakh
« ויש פוסקים לברך על טבילת כלי מתכות וכ״כ הב״ח שכן עיקר ושכן ראה נוהג ע״פ זקנים »
ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ח
Le Taz
Rejette : « נראה לע״ד שאין לשנות מהמנהג בזה כלל »
ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ה
La preuve du Taz — l'argument se retourne : si l'on ajoute “métal” pour éviter la méprise, alors “métal” ne suffit pas non plus, puisque les ustensiles de métal qui ne servent pas au repas sont eux aussi exempts : il faudrait dire “ustensiles de métal pour le repas”.
« ותמהתי דא״כ יברך ג״כ על כלי מתכות של סעודה דלא לשתמע אף שאינם של סעודה אלא ע״כ שא״צ להזכיר בברכה כל פרטי פירושי המצות » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ה)
Il écarte ensuite le rapprochement avec la berakha de la lampe de Hanoukka et celle du recouvrement du sang avec de la terre, où un motif propre justifie la précision. Et il termine en rapportant un avis plus radical encore, trouvé dans l'Issour veHeter : « אך מהר״ז רונקי״ל השיב שאין להזכיר כלי רק להטביל סתם » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ה).
Le yessod — “tevila sans berakha” comme instrument de décision :
L'expression יטבול בלא ברכה revient tout au long du siman : pour l'ustensile étamé (seif 1), pour le couteau de che'hita (seif 5), pour le gage (seif 9), pour l'artisan (seif 10). Ce n'est pas une décision sur le fond, mais un fractionnement du doute : la tevila, qui ne coûte rien, on la fait ; la berakha, dont le doute s'incline vers l'abstention, on s'en dispense. Le Beit Yossef l'écrit noir sur blanc à propos de la ma'hloket sur le ma'amid : « ולפיכך מחמירין להטבילו בלא ברכה מספק והכי נקיטינן » (בית יוסף יו״ד ק״כ).
סעיף ד׳ : טריפיד״ש ששופתים עליהם קדירות אינם טעונות טבילה אבל פדיליא״ש טעונות טבילה מפני שנותנים עליהם המאכל עצמו:
סעיף ה׳ : סכין של שחיטה (או סכין שמפשיטין בו) (ארוך) יש מי שאומר שאינו צריך טבילה: הגה ויש חולקין (תשב״ץ) וטוב לטובלו בלא ברכה הברזלים שמתקנים בהם המצות אינם צריכים טבילה (ארוך) וכן כיסוי שכופין על הפת לאפותו אבל כיסוי קדירה צריך טבילה (הגהות אשיר״י):
La source de la restriction dans la Guemara : Rav Chéchet objecte que si même les ustensiles neufs sont astreints, alors des objets étrangers au repas devraient l'être aussi — « אפילו זוזא דסרבלא נמי » ; et Rav Na'hman lui répond :
« כלי סעודה אמורין בפרשה » (עבודה זרה ע״ה ע״ב)
Et son motif, comme l'explique le Beit Yossef : le verset dit “tout objet qui passe au feu”, et l'usage du feu ne concerne que les ustensiles du repas.
La ḥakira — “ustensile de repas” ou “ustensile d'okhel néfech” ? Le critère est-il la place de l'ustensile dans la chaîne de préparation — seul compterait celui qui touche l'aliment lorsqu'il est déjà propre à être mangé — ou bien tout ustensile qui sert à préparer de la nourriture ? C'est exactement la ma'hloket de la Prisha et du Ba"'h, et elle a de nombreuses nafka minot.
La Prisha et le Ba"'h — les ciseaux à légumes :
Chita
Position
Source
Le Ba"'h
Astreints — car en matière de saisie pour dette ils comptent comme « כלי שעושין בו אוכל נפש »
הובא בש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״א ובט״ז ס״ק ז, בשם הב״ח מחושן משפט סימן צ״ז
La Prisha
Exempts — “okhel néfech” n'a rien à voir avec כלי סעודה
הובא בט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ז
Décision du Taz
« ואני אומר דיפה כ׳ בפרישה »
ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ז
Décision du Chakh
« אלא נראה כמ״ש בפרישה דמספרים של ירק א״צ טבילה »
ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״א
La preuve du Taz — le couteau du boucher : le Taz montre que le rapprochement avec la saisie pour dette se réfute de lui-même : le couteau du boucher figure parmi les outils qu'on ne saisit pas, et pourtant on a tranché ici que le couteau d'écorchage est exempt de tevila — « אלא דע״כ אין ענין כלי שעושין בו אוכל נפש לענין כלי סעודה כלל » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ז). Et il conclut par une règle générale : « ובכולן הטעם דכל שצריך לדבר המשתמש לבישול א״צ טבילה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ז).
La distinction du Chakh — pourquoi le couteau de che'hita est mieux loti que les fers à matsot : une difficulté se pose sur le Rama : s'il écrit du couteau de che'hita « וטוב לטובלו בלא ברכה », pourquoi exempte-t-il purement et simplement les fers à matsot ? Le Chakh répond :
« ונראה דס״ל להרב דהברזלים גרעי טפי שא״א לשמשן למאכל אחר משא״כ סכין של שחיטה שאפשר לשמשו למאכל אחר » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״א)
Et pour le motif de fond de l'exemption, le Chakh cite le Mordekhaï : « דלאו כלי סעודה הן דהא דהבהמה חזיא לאכילה משום הכי לא חשיב כלי סעודה דעדיין צריכה בישול או צלייה » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י׳).
Nafka mina — la carte des ustensiles :
טריפיד״ש (le trépied sur lequel on pose la marmite) — exempt, l'aliment ne le touche pas ; פדיליא״ש (le gril) — astreint, « מפני שנותנים עליהם המאכל עצמו » (שו״ע יו״ד ק״כ:ד).
Le couteau de che'hita — « יש מי שאומר שאינו צריך טבילה », et pour le Rama « וטוב לטובלו בלא ברכה » (שו״ע ורמ״א יו״ד ק״כ:ה).
Le couvercle qu'on rabat sur le pain — exempt ; le couvercle de marmite — astreint, il fait partie de l'ustensile de cuisson (רמ״א יו״ד ק״כ:ה).
Le foret qui perce les robinets de tonneaux — exempt selon le Chakh, « ודלא כמהרי״ל בסוף הלכות טבילה שכתב שצריכין טבילה וכן נוהגים » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״א).
סעיף ו׳ : כלי עץ שיש לו חשוקים של ברזל מבחוץ שמעמידים אותו אינו טעון טבילה:
סעיף ז׳ : כוס של כסף מחובר בכלי עץ צריך טבילה: הגה וכן רחיים של פלפלין שבתוך העץ יש ברזל קבוע שטוחנין בו צריך טבילה (מרדכי) וכן המשפכות של ברזל או הברזות של ברזל ושאר מתכות כולן צריכים טבילה (ארוך) ודוקא שעיקר הכלי הוא של מתכות אבל אם עיקר הכלי הוא של עץ רק שמעט ברזל קבוע בו הואיל ואפשר להשתמש בו בלא הברזל אין צריך טבילה אבל כלי המתוקן ביתדות של ברזל ובלא היתדות לא היה אפשר להשתמש בו והם מבפנים צריך טבילה (כך משמע מב״י בשם הגהות מיימוני פי״ז):
8. המעמיד ועיקר התשמיש — ce qui fait tenir, ce qui sert
La ḥakira — qu'est-ce qui fixe l'identité d'un ustensile ? Un ustensile est fait de deux matières, bois et métal. De quoi dépend son statut : du מעמיד, la pièce sans laquelle il ne tiendrait pas ; ou du מקום התשמיש, l'endroit que touchent l'aliment et la boisson ? La ma'hloket est ancienne : sa racine est au premier chapitre de Chabbat, à propos d'ustensiles de verre percés qu'on rebouche avec du plomb. Le Taz la rappelle : « פירוש דהיינו ר״מ בפרק קמא דשבת כלי זכוכית שניקבו והטיף לתוכו אבר רבי מאיר מטמא שהולך אחר המעמיד » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ח).
La ma'hloket chez les Richonim :
Chita
La règle
Source
Tossefot et le Roch
« אפילו למ״ד הכל הולך אחר המעמיד אין צריכין טבילה כיון דאין משתמשין בהן דרך המתכת »
« דבין מצופה מבפנים בין מחופה מבחוץ ולא מבפנים טעון טבילה דלא חילקו חכמים בין מבפנים למבחוץ »
בית יוסף יו״ד ק״כ
Décision du Beit Yossef
« ולפיכך מחמירין להטבילו בלא ברכה מספק והכי נקיטינן »
בית יוסף יו״ד ק״כ
Le yessod — “tout suit l'endroit que touche le liquide” :
Le Beit Yossef a formulé la règle d'un trait net : « דהכל הולך אחר המקום שמשתמש בו המשקה שאם המקום ההוא מתכת אע״פ שמעמידו עץ טעון טבילה » (בית יוסף יו״ד ק״כ). Et c'est exactement ce que le Rama pose dans sa glose : « ודוקא שעיקר הכלי הוא של מתכות אבל אם עיקר הכלי הוא של עץ רק שמעט ברזל קבוע בו הואיל ואפשר להשתמש בו בלא הברזל אין צריך טבילה » (רמ״א יו״ד ק״כ:ז).
La question du Taz sur le Beit Yossef — une contradiction en une phrase : si l'on suit la lecture du Beit Yossef dans le Tour, selon laquelle la coupe d'argent et l'ustensile de bois cerclé de fer relèvent d'un seul et même din, une difficulté surgit : le Tour lui-même vient de trancher, une ligne plus haut, qu'un ustensile de bois cerclé de fer n'est pas astreint « אפי׳ למי שהולך אחר המעמיד » (טור יו״ד ק״כ) — comment se contredirait-il aussitôt ? Voici le Taz : « ולע״ד תמוה אם פי׳ בטור דברי הסמ״ק כן דא״כ היה לו לפסוק גם בחשוקים של ברזל דלעיל מיניה כן דהא לב״י חד דינא אית להו והוא סותר דברי עצמו תוך כדי דיבור » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ט).
La réponse du Taz — un ustensile dans un ustensile, et un Me'haber qui se ravise : pour le Taz, le Sma"k parle d'une coupe d'argent posée dans un ustensile de bois dont l'extérieur se laisse encore apercevoir du dedans ; là seulement le mot “ma'amid” s'applique. Et il tranche qu'on ne suit pas le ma'amid mais le lieu principal de l'usage. De là il conclut que le Me'haber, dans le Choulhan Aroukh, s'est écarté de ce qu'il avait écrit dans le Beit Yossef : « וכן נראה מדברי הש״ע כאן שתחילה כתב בחשוקין של ברזל שא״צ טבילה ואח״כ כתב בכלי של כסף כאן דצריך טבילה דמשמע כדינו אפי׳ בברכה משמע דהדר ביה ממה שכתב בב״י » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ט) — et donc « ולא כמ״ש בלבוש דבהאי טבילה שזכר הש״ע בסעיף ז׳ שהיא בלא ברכה אלא צריכה טבילה בברכה וזהו ברור » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ט).
Le Chakh — même conclusion, autre chemin : le Chakh aussi tient que la tevila du seif 7 se fait avec berakha, mais sans devoir dire que le Me'haber s'est ravisé : il distingue simplement les deux cas —
« י״ל דהתם אי לאו העץ לא היה הכוס מתוקן כלל והעץ הוא מעמידו אבל הכא מיירי שהכוס הוא כהלכתו רק שהוא מחובר בכלי עץ » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״ג)
En revanche, sur le seif 6 (les cercles de fer) il note : « צ״ע דבב״י פסק הלכתא דיש לטובלו בלא ברכה דמספקא לן אי אזלינן בתר המעמיד או לא » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״ב).
Nafka mina — tableau de décision :
Ustensile de bois cerclé de fer à l'extérieur — exempt selon la lettre du din (Me'haber) ; et pour le Beit Yossef comme pour le Chakh, il convient de l'immerger sans berakha.
Coupe d'argent jointe à un ustensile de bois — astreint, et pour le Taz comme pour le Chakh avec berakha.
Moulin à poivre — la partie en fer qui broie est astreinte ; et le Chakh rapporte : « דהתחתון המקבל התבלין אין צריך טבילה » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״ד).
Entonnoir de bois à tuyau de fer — exempt : « דמאחר שאינו מעמיד בטלה אצל המשפך » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ט״ו).
סעיף ח׳ : השואל או שוכר כלי מהעובד כוכבים אינו טעון טבילה אבל אם ישראל קנאו מהעובד כוכבים והשאילו לחבירו טעון טבילה שכבר נתחייב ביד הראשון ויש מי שאומר שאם לא לקחו הראשון לצורך סעודה אלא לחתוך קלפים וכיוצא בו אין צריך להטבילו: הגה אבל הראשון אסור להשתמש בו לצרכי סעודה אפילו דרך עראי בלא טבילה אף על פי שלקחו לצורך קלפים (ד״ע ואו״ה) וכן אם קנאו ישראל השני מן הראשון לצורך סעודה צריך טבילה גבי השני (בית יוסף):
סעיף ט׳ : משכן עובד כוכבים כלי לישראל אם נראה בדעת העובד כוכבים שרוצה לשקעו בידו טעון טבילה ואם לאו יטבילנו בלא ברכה או יקנה כלי אחר ויטבילנו עמו: (ואם לבסוף נשתקע בידו יחזור ויטבילנו בלא ברכה) (בית יוסף בשם תשובה אשכנזית ואגור והוא בתשובת מהרי״ל סימן ס׳):
סעיף י׳ : ישראל שנתן כסף לאומן עובד כוכבים לעשות לו ממנו כלי אינו צריך טבילה (כן משמע ממרדכי): הגה ויש חולקין (טור בשם ריצב״א) ויש לטובלו בלא ברכה ואם מקצת הכסף שנעשה ממנו הכלי של עובד כוכבים צריך טבילה (משמע ממרדכי) וכן אומן ישראל שעשה כלי לעובד כוכבים וקנאו ממנו יטבילנו גם כן בלא ברכה אם העובד כוכבים נתן כל המתכות (ארוך) אבל אם עשאו לעצמו רק שקנה המתכות מן העובד כוכבים או שנתן מקצת מתכות משלו אין צריך טבילה (ב״י בשם הגהות אשיר״י):
סעיף י״א : ישראל שמכר כלי לעובד כוכבים וחזר ולקחו ממנו צריך טבילה אבל אם משכנו בידו וחזר ופדאו ממנו אינו צריך טבילה: הגה ישראל ועובד כוכבים שקנאו כלי בשותפות אין צריך טבילה ישראל שגנבו או גזלו ממנו כליו והוחזרו לו אין צריך טבילה אבל שר או מושל שאנסו ישראל ולקחו כליו והוחזרו לו צריכין טבילה דכבר נשתקעו ביד העובד כוכבים (ארוך):
9. שֵׁם העובד כוכבים עליו — ce qui déclenche l'obligation
La restriction posée par la Guemara :
« לא שנו אלא בלקוחין וכמעשה שהיה אבל שאולין לא » (עבודה זרה ע״ה ע״ב)
L'obligation ne se mesure donc pas à l'usage mais à l'acquisition — “comme dans l'événement rapporté”, c'est-à-dire comme les ustensiles de Midian devenus butin d'Israël.
La grande ḥakira du siman : qu'est-ce qui fait naître l'obligation de tevila ?
Première branche — l'acquisition par le Juif : l'ustensile sort du domaine du non-Juif pour entrer dans celui du Juif, selon la formule du Yerouchalmi rapportée par le Beit Yossef. L'obligation dépendrait alors de l'acheteur.
Seconde branche — le nom du non-Juif attaché à l'objet : comme l'écrivent les Tossefot à propos de l'artisan — « כיון דאין שמו עליו דלא הוי כמעשה שהיה שהיו הכלים של מדין » (תוספות עבודה זרה ע״ה ע״ב ד״ה אי משום דקסבר משכנתא כזביני). L'obligation dépendrait alors du vendeur.
Cinq nafka minot expressément posées aux seifim 8–11 :
Emprunté et loué — exempts, faute de tout acquisition. Mais un Juif qui a acheté puis prêté à son compagnon : le second est astreint, comme l'écrit le Rachbam dans les Tossefot — « ישראל ששאל כלי מישראל חבירו שקנה מעובד כוכבים צריך טבילה כיון שבא לידי חיוב טבילה ביד ישראל ראשון » (תוספות עבודה זרה ע״ה ע״ב ד״ה אבל שאולין לא). L'obligation colle donc à l'objet et ne s'éteint plus.
L'artisan — pour les Tossefot, le nom du non-Juif n'est pas sur l'objet ; pour le Ritsva, « דקיי״ל הכל הולך אחר המעמיד » (טור יו״ד ק״כ), et puisque c'est le non-Juif qui l'a rendu utilisable, l'objet est comme sien.
Société — exempte ; et le Chakh en donne le motif : « דהא בודאי אינו יוצא מידי שם טומאה בטבילה זו דהרי עדיין שם שותפות העובד כוכבים עליו » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ד), et il ajoute : « אבל אם חזר וקנה חלק העובד כוכבים צריך טבילה » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ו).
Vol et rapine — exempts, même si les propriétaires ont désespéré de les revoir : « דבגנב וגזלן אע״פ שנתייאשו לגמרי מאחר שאינן רשאין להחזיק בו בפרסום לא נקרא שם העובד כוכבים עליו וא״צ טבילה » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ז) ; et de même dans le Taz : « כיון שאינו רשאי להחזיקו בפרסום לא נקרא שם העובד כוכבים עליו ואע״פ שזה נתייאש ממנו » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ט״ו). Mais un seigneur ou un gouverneur qui s'en empare au grand jour — astreint.
Vendu puis racheté — astreint, car le nom du non-Juif a été porté sur lui ; mais gagé puis racheté — exempt, car le gage n'est pas une acquisition.
Et pour la pratique — demandez à votre Rav.
Le yessod — le voleur est la preuve :
Le cas du voleur est la démonstration décisive que le critère n'est pas une simple “sortie du domaine d'Israël”. Car l'ustensile s'est trouvé effectivement entre les mains du voleur non-Juif, et les propriétaires en avaient désespéré — et malgré cela il est exempt. Pourquoi ? Parce que לא נקרא שם העובד כוכבים עליו : le voleur n'a pas le droit de l'exhiber. Le critère n'est donc pas la détention matérielle mais une propriété reconnue et publique — “comme dans l'événement rapporté” des ustensiles de Midian, qui appartenaient à Midian au vu de tous.
Le gage — un doute jamais résolu :
Chita
Position
Source
La Guemara
« ולא ידענא אי משום דקסבר משכנתא כזביני דמיא אי משום דחזי לגוי דדעתיה לשקועיה »
עבודה זרה ע״ה ע״ב
Le Rambam
Indulgent : « או שמשכן העכו״ם אצלו כלי מתכות … ואינו צריך להטביל »
רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ו
Le Raavad (chez le Rachba)
Rigoureux, et le Beit Yossef s'y range : « ונ״ל שהוא העיקר »
בית יוסף יו״ד ק״כ
Tossefot et le Me'haber
« וכיון דלא איפשיטא מטבילין למשכנתא בלא ברכה »
תוספות עבודה זרה ע״ה ע״ב ד״ה אי משום דקסבר משכנתא כזביני · שו״ע יו״ד ק״כ:ט
Le Chakh
« אבל אם יודע בבירור שאין דעת העובד כוכבים לשקעו פשיטא דא״צ טבילה »
ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״ט
Une asymétrie — le gage d'un Juif chez un non-Juif : au seif 11 il est tranché qu'un Juif qui a gagé son ustensile chez un non-Juif puis l'a racheté n'a pas besoin de tevila — alors même qu'au seif 9 le gage du non-Juif chez le Juif nous laissait dans le doute. Les Tossefot et le Roch avaient déjà relevé la distinction. Le Taz y ajoute une preuve tirée de Pessa'him : « ואע״ג דלעיל יש ספק בישראל שיש לו משכון מעובד כוכבים הכא שאני וראייה מפ׳ כל שעה (פסחים דף ל״א) דאמרינן דיש פלוגתא אי קני ישראל משכון מעובד כוכבים אבל עובדי כוכבים מישראל דברי הכל לא קנה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י״ד). Et il rapporte encore au nom du Maharchal : « ואפילו אם נתייאש מלפדות אבל אם מתחילה השכין אדעתא שלא לפדות צריך טבילה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י״ד).
La sougya de l'artisan — trois lectures du Tour : le Tour rapporte d'abord un avis qui exempte — « שלא נקרא שם הנכרי עליו » (טור יו״ד ק״כ) — puis le Ritsva qui astreint. Où gît exactement leur désaccord ?
Le Beit Yossef — “tout suit le ma'amid” voudrait dire que le non-Juif a rendu l'ustensile utilisable ; et il concède lui-même la difficulté de sa lecture : « אלא שהלשון דחוק לפרש דקיי״ל הכל הולך אחר המעמיד כענין שפירשתי » (בית יוסף יו״ד ק״כ).
Le Ba"'h — il s'agirait du cas où le non-Juif a fourni lui-même le métal de la réparation, et le Ritsva ne contesterait pas le fond du din.
Le Taz — « והנלע״ד פי׳ ברור בזה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י״ב) : la ma'hloket porte sur la question de savoir si l'exemption tient à la dénomination ou à la propriété de l'artisan sur la plus-value.
Le mahalakh du Taz — deux mesures distinctes : le premier avis fait dépendre l'exemption de la dénomination : puisque le nom du non-Juif n'est pas sur l'ustensile, peu importe l'ampleur de la plus-value qu'il a acquise. Le Ritsva la fait dépendre du principe “l'artisan acquiert la plus-value” : dès lors qu'il a acquis cette plus-value, et que ce peu est justement ce qui fait tenir l'ustensile, l'essentiel de l'objet est à lui. Sa conclusion : « ויפה פסק רמ״א שיש לטבול בלא ברכה כלי שנתן ישראל הכסף » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י״ב). Et le Chakh tranche de même contre le Ba"'h : « דהעיקר כמ״ש הב״י והרב דדעת הטור בשם ריצב״א דאפי׳ בכסף של ישראל כיון שהעובד כוכבים עושה עיקר הכלי צריך טבילה » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״א).
סעיף י״ג : צריך להעביר החלודה קודם טבילה ואם לא העביר אם מקפיד עליו חוצץ ואם שפשף ונתן בגחלים ונשאר עדיין מעט של חלודה שלא יכול לעבור על ידי כך הוי מיעוטו שאינו מקפיד עליו ואינו חוצץ (וע״ל סימן ר״ב מדין חציצה):
סעיף י״ד : אין מאמינים קטן על טבילת כלים. (אבל אם טבלו לפני גדול הוי טבילה) (ת״ה סימן רנ״ז):
סעיף ט״ו : אם הטביל כלים על ידי עובד כוכבים עלתה להם טבילה. (אבל אינו נאמן על הטבילה) (ד״ע):
סעיף ט״ז : אם שכח ולא הטביל כלי מערב שבת או מערב יום טוב יתננו לעובד כוכבים במתנה ואחר כך ישאלנו ממנו ומותר להשתמש בו: הגה וכן יעשה אפילו בחול במקום שאין לו מקוה (ב״י) ואם עבר והשתמש בכלי בלא טבילה לא נאסר מה שנשתמש בו ויטבלנו עוד: (טור והפוסקים):
10. ידות, חלודה, כוונה וקטן — et le cadeau au non-Juif
Manches et rouille — deux régimes de ḥatsitsa : l'obligation d'immerger les manches (seif 12) n'est pas une règle de ḥatsitsa mais une règle sur le corps même de l'ustensile, selon le raisonnement du Mordekhaï cité plus haut. La rouille (seif 13), en revanche, est une ḥatsitsa pleine et entière, soumise au régime ordinaire : tout dépend de ce qui מקפיד. Et le Beit Yossef écrit au nom de R. Chimchon : « אותם כלי מתכות שהעלו חלודה ואין יכולין להעביר חלודה ע״י שפשוף וע״י גחלים שלא ישאר מעט הו״ל מיעוטו שאינו מקפיד ואינו חוצץ בטבילה » (בית יוסף יו״ד ק״כ) — d'où une règle très concrète : ce qui ne peut être ôté par un effort ordinaire cesse d'être un objet de scrupule.
La ḥakira — cette tevila requiert-elle une intention ? Pour la tevila d'une nidda, Rav et R. Yo'hanan divergent sur la nécessité d'une kavana, et l'on a tranché dans la rigueur. Ici : le Me'haber écrit qu'une immersion faite par un non-Juif est valable (seif 15), et qu'un mineur n'est pas cru (seif 14) — sans exiger pour autant qu'on enseigne au mineur à avoir l'intention voulue. Serait-ce qu'il n'y a ici aucune exigence de kavana ?
Le Ba"'h et le Chakh :
Chita
Position
Source
Le Ba"'h
Le Rachba n'a été indulgent que par cohérence avec son avis sur la nidda ; pour nous, qui sommes rigoureux dans la nidda, il faut l'être aussi ici
הובא בש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ח ובט״ז ס״ק י״ז
Le Chakh
Réfute : le Rachba lui-même a tranché comme R. Yo'hanan pour la nidda ; le motif véritable est que cette tevila est d'un autre ordre, comme l'écrit le Teroumat haDéchen : « דאינה מטומאה לטהרה ואינה אוסרת מה שבא לתוכה קודם הטבילה ואינה אלא גזירת הכתוב מנ״ל דבעי כוונה »
ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ח
Le Taz
Déduit du silence du Rama, qui n'a pas exigé qu'on instruise le mineur : « משמע שתופס כתירוץ האחרון דכאן לא בעינן כוונה כלל »
ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ט״ז
Une nafka mina tranchante — des ustensiles tombés à l'eau : si cette tevila ne requiert pas de kavana, alors des ustensiles tombés d'eux-mêmes dans un mikvé sont immergés valablement. C'est ce que le Chakh tranche expressément :
« ולפ״ז אם נפלו כלים למים קודם טבילה א״צ טבילה כמ״ש בתשובת מהר״מ » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ח) Et pour la pratique — demandez à votre Rav.
Le lekhat'hila et le bediavad d'une tevila faite par un non-Juif : la formule du Me'haber, « עלתה להם טבילה » (שו״ע יו״ד ק״כ:ט״ו), suggère un bediavad. Le Taz relève que dans la source du din — une techouva du Rachba — on permettait même de prime abord ; seulement, un autre obstacle demeure : la berakha.
« אבל תמיה לי היאך יברך על מה שיטביל העובד כוכבים והישראל אינו עושה כלום ע״כ אין ראוי לעשות כן לכתחלה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י״ז). Sa solution : que le Juif immerge lui-même un ustensile au même moment et récite la berakha dessus, le non-Juif l'assistant pour le reste.
Le cadeau au non-Juif — expédient ou solution durable (seif 16) : la source de l'expédient est dans le Mordekhaï, comme le rapporte le Beit Yossef : « מי ששכח ולא הטביל כלי מע״ש או מעי״ט יתן הכלי לנכרי במתנה ויחזור וישאלנו ממנו והו״ל כשואלו מן הנכרי דא״צ טבילה » (בית יוסף יו״ד ק״כ). Le Taz en a pourtant fortement restreint la portée :
« נ״ל דהאי תיקונא אינו אלא לפי שעה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י״ח)
Car en fin de compte l'ustensile finit par se fixer entre les mains du Juif, et ce n'est pas mieux qu'un gage dont on sait le non-Juif décidé à l'abandonner. Sa conclusion : « ה״נ נראה דצריך טבילה אחר שאפשר לו לטבול אפי׳ בברכה » ; et par crainte d'une berakha douteuse il ajoute : « אבל כיון שאין זה מפורש בפוסקים יש ליזהר שיטביל כלי אחר עמו משום חשש ספק ברכה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י״ח). Le Chakh, lui, renvoie à un autre expédient donné par le Rama : « עיין בא״ח סי׳ שכ״ג ס״ז כתב הרב תקנה אחרת » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ט).
Le yessod final — celui qui a transgressé et s'en est servi :
Le seif 16 tranche que אם עבר והשתמש בכלי בלא טבילה לא נאסר מה שנשתמש בו, et sa source est dans le Yerouchalmi, comme l'écrit le Roch ; ainsi a tranché également le Rambam. C'est la dernière et la plus forte des preuves du fil conducteur de tout le siman : si la tevila relevait de l'absorption ou de l'impureté, l'aliment serait devenu interdit. Puisqu'il ne l'est pas, l'obligation n'est qu'un interdit pesant sur la personne d'utiliser cet ustensile tant qu'elle ne l'a pas immergé — et non un défaut dans l'objet-aliment.
La ḥakira d'ensemble : qu'est-ce que la tevilat kelim — une purification, une acquisition, ou une permission d'usage ?
Sa source et son rang — de la Torah (Rachba, Teroumat haDéchen, Taz ס״ק ט״ז) ou des Sages (le Ran dans l'intention du Rambam).
La mesure d'eau — un “ḥidouch” exigeant quarante séa (Tossefot, Séfer haMitsvot, Me'haber), ou une branche de la tevila d'impureté (Tour).
Le gader de l'objet — métal et verre ; ustensile de repas et non ustensile d'okhel néfech (Prisha, Chakh ס״ק י״א, Taz ס״ק ז).
L'ustensile composite — on suit le ma'amid (R. Meïr) ou le lieu de l'usage (Tossefot, Roch, Rama ס״ז).
Ce qui déclenche l'obligation — l'acquisition par le Juif, ou le nom du non-Juif porté sur l'objet (Tossefot ; Chakh ס״ק כ״ז).
La kavana — elle n'est pas requise (Teroumat haDéchen, Chakh ס״ק כ״ח, Taz ס״ק ט״ז).
Nafka minot pratiques (selon la décision de la plupart des A'haronim) :
Les ustensiles de repas en métal ou en verre achetés à un non-Juif : tevila avec berakha, dans un mikvé ou une source de quarante séa (שו״ע יו״ד ק״כ:א).
La poterie revêtue d'étain : tevila sans berakha, et tel est l'usage (רמ״א יו״ד ק״כ:א) ; l'usage étant de l'immerger avec un autre ustensile sur lequel on récite la berakha (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ה).
Tenir l'ustensile d'une prise moyenne et non serrée ; et pour l'eau qui mouille la main — de l'eau du mikvé selon le Rama, même détachée selon le Taz (שו״ע ורמ״א יו״ד ק״כ:ב · ט״ז ס״ק ד).
Texte de la berakha : על טבילת כלי / כלים, comme le Me'haber et le Taz, et non comme le Ba"'h (שו״ע יו״ד ק״כ:ג · ט״ז ס״ק ה).
Le couteau de che'hita et les fers à matsot : exempts selon la lettre du din, et il est bon d'immerger le couteau sans berakha (שו״ע ורמ״א יו״ד ק״כ:ה).
Emprunté et loué : exempts ; et ce qu'un Juif a acheté puis prêté — l'emprunteur est astreint (שו״ע יו״ד ק״כ:ח).
Société avec un non-Juif et ustensiles volés puis restitués : exempts ; ce qu'un seigneur ou un gouverneur a extorqué : astreint (רמ״א יו״ד ק״כ:י״א).
Un mineur n'est pas cru sur la tevila ; et s'il a immergé devant un adulte, la tevila vaut (שו״ע ורמ״א יו״ד ק״כ:י״ד).
Oubli la veille de Chabbat : le donner en cadeau au non-Juif et le lui emprunter ; et pour le Taz ce n'est qu'une mesure de circonstance — il faudra réimmerger dès que possible (שו״ע יו״ד ק״כ:ט״ז · ט״ז ס״ק י״ח).
S'en être servi sans tevila : l'aliment n'est pas interdit, et l'on immergera ensuite (רמ״א יו״ד ק״כ:ט״ז).
Astreinte pour le Me'haber ; sans berakha pour le Rama
שו״ע ורמ״א יו״ד ק״כ:א · ט״ז ס״ק ג
טריפיד״ש / פדיליא״ש
Le trépied est exempt ; le gril est astreint
שו״ע יו״ד ק״כ:ד · ש״ך ס״ק ט
Couteau de che'hita et d'écorchage
Exempt ; et pour le Rama il est bon de l'immerger sans berakha
שו״ע ורמ״א יו״ד ק״כ:ה · ש״ך ס״ק י׳–י״א
Ustensile de bois cerclé de fer
Exempt ; et pour le B"Y et le Chakh, sans berakha
שו״ע יו״ד ק״כ:ו · ש״ך ס״ק י״ב
Coupe d'argent dans un ustensile de bois
Astreinte, et pour le Taz et le Chakh avec berakha
שו״ע יו״ד ק״כ:ז · ט״ז ס״ק ט · ש״ך ס״ק י״ג
Emprunté et loué au non-Juif
Exempt — « אבל שאולין לא »
עבודה זרה ע״ה ע״ב · שו״ע יו״ד ק״כ:ח
Gage d'un non-Juif chez un Juif
S'il compte l'abandonner — astreint ; en cas de doute — sans berakha
שו״ע יו״ד ק״כ:ט · ש״ך ס״ק י״ט
Artisan non-Juif, argent du Juif
Exempt pour le Me'haber ; sans berakha pour le Rama
שו״ע ורמ״א יו״ד ק״כ:י · ט״ז ס״ק י״ב
Société entre Juif et non-Juif
Exempte, le nom de la société pèse encore sur l'objet
רמ״א יו״ד ק״כ:י״א · ש״ך ס״ק כ״ד
Vol et rapine restitués
Exempts ; seigneur ou gouverneur — astreint
רמ״א יו״ד ק״כ:י״א · ט״ז ס״ק ט״ו
Tableau — les ma'hlokot centrales du siman
Sujet
Chita א׳
Chita ב׳
Le rang de la tevila
De la Torah — Rachba, Teroumat haDéchen, Taz
Des Sages — le Ran dans l'intention du Rambam
Quarante séa dans une source
Séfer haMitsvot et le Me'haber — quarante séa requises
Le Tour — comme la tevila d'impureté
L'eau qui mouille la main
Le Rama — de l'eau de mikvé exclusivement
Le Taz — même détachée, par hachaka
Le texte de la berakha
Le Me'haber et le Taz — על טבילת כלי
Le Ba"'h et le Chakh — כלי מתכות
Les ciseaux à légumes
La Prisha, le Chakh et le Taz — exempts
Le Ba"'h — astreints comme okhel néfech
L'ustensile composite
R. Meïr — tout suit le ma'amid
Tossefot et le Roch — on suit le lieu de l'usage
La sougya de l'artisan
Le B"Y et le Chakh — le Ritsva vaut même avec l'argent du Juif
Le Ba"'h — uniquement avec l'argent du non-Juif
La kavana dans la tevila
Le Chakh et le Taz — aucune kavana requise
Le Ba"'h — comme la nidda, kavana requise
Tableau — les sources de la sougya
גמרא : עבודה זרה ע״ה ע״ב (הלוקח כלי תשמיש מן הגוים · ארבעים סאה · כלי סעודה וכלי מתכות · זכוכית וקוניא · לקוחין ושאולין · משכנתא) · עבודה זרה ע״ו ע״א (הגעלה וליבון) · שבת ט״ו ע״ב (הכל הולך אחר המעמיד) · חולין י״ב ע״ב (כוונת קטן)
ראשונים : רש״י · תוספות (סוף עבודה זרה) · רשב״ם · רבנו שמשון · ריצב״א · רמב״ם (הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז · הלכות מקוואות) · ראב״ד · רשב״א (תורת הבית ותשובות) · ר״ן · רא״ש · מרדכי · אבי העזרי · ספר מצות קטן (סמ״ק) · הגהות אשירי · הגהות מיימוניות · תשב״ץ · כל בו · טור
אחרונים : בית יוסף · דרכי משה · רמ״א · איסור והיתר הארוך · מהרי״ל · מהרש״ל · ב״ח · פרישה · לבוש · ש״ך · ט״ז · באר הגולה · באר היטב · ביאור הגר״א · פתחי תשובה
~ ~ ~ ~ ~ DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות Pilpoul et iyoun sur les lois de la tevilat kelim · Siman 120 · ⚡ Niveau 2 — Lamdan
⚠️ Ce contenu est destiné à l'étude et à l'iyoun. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה), consultez un Rav qualifié.