Un homme vient dire à son prochain : ton vin a été rendu yayin nessekh. Sa parole coûte un tonneau à quelqu'un d'autre. Quand suffit-elle ? Le vin resté entre ses mains, la parole dite dès la première rencontre, le silence qui vaut aveu, la parade “ je ne te crois pas ”, l'ouvrier qui perd son salaire — et la règle générale du témoin unique, qui déborde le vin et fonde tout le Yoreh De'ah
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide
« האומר לחבירו נתנסך יינך אם הוא בידו נאמן » (שו״ע יו״ד קכ״ז:א).
La braïta d'où tout part ne parlait pas de vin mais de pureté : « היה עושה עמו בטהרות ואמר לו טהרות שעשיתי עמך נטמאו » (גיטין נ״ד ע״ב).
| La source | Ce qu'elle établit | Conséquence dans le siman |
|---|---|---|
| La braïta de l'ouvrier et des טהרות (גיטין נ״ד ע״ב) | Celui qui travaille avec toi est cru quand il annonce le dommage — mais pas quand il le date | Le partage même du seif 1 |
| Abbayé : « אמר אביי כל שבידו נאמן » (גיטין נ״ד ע״ב) | Ce qui est resté entre ses mains, il est cru pour le dire interdit | La première branche du seif 1 |
| Rava : « רבא אמר כגון דאשכחיה ולא אמר ליה ולא מידי ולבתר הכי אשכחיה ואמר ליה » (גיטין נ״ד ע״ב) | Le silence lors de la première rencontre ruine la parole tenue plus tard | La deuxième et la troisième branche du seif 1 |
| Abbayé sur le silence de l'accusé : « אמר לו עד אחד אכלת חלב והלה שותק נאמן » (קידושין ס״ה ע״ב) | Se taire face à une accusation vaut aveu | La conclusion שתיקה כהודאה דמיא |
| Le sofer et le sefer Torah (גיטין נ״ד ע״ב) | Celui qui perd son salaire en parlant est cru par ce seul fait | Le renversement du seif 2 |
La guemara y tranche par la formule que le seif 2 déploiera : « מתוך שאתה נאמן להפסיד שכרך אתה נאמן להפסיד ספר תורה » (גיטין נ״ד ע״ב).
Sur la troisième question, le Mehaber pose la condition en toutes lettres : « והוא שיאמר לו נתנסך יינך בפניך או שאמר ליה ידעת דרגלים לדבר » (שו״ע יו״ד קכ״ז:א).
Et le ש״ך avertit que ce silence n'est pas un aveu au sens propre : « לאו כהודאה ממש … אלא כיון ששותק נראה שיודע רגלים לדבר וסומך על העד » (ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק י).
Base : le seif 1 du Mehaber, avec le ש״ך. On classe selon le rapport du déclarant au vin, et non selon sa piété ni sa vraisemblance.
| Sa position | La langue du Mehaber | Verdict | Source |
|---|---|---|---|
| Le vin est בידו — il en est le gardien et l'a encore | « האומר לחבירו נתנסך יינך אם הוא בידו נאמן » | Cru, sans condition supplémentaire | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Il l'a rendu, mais a parlé à la première rencontre | « ואפילו אם אינו עתה בידו שכבר הוחזר לבעלים אם בפעם ראשון שמצאו אמר לו נתנסך יינך נאמן » | Cru — אפי׳ אם הבעל מכחישו | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Il l'a rendu et n'a parlé qu'ensuite | « אבל אם אינו בידו ולא אמר כן לבעל בפעם ראשון שראהו וא״ל אחר כך אינו נאמן » | Pas cru, dès que le propriétaire réagit | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Même cas, mais le propriétaire ne réagit pas | « אבל אם שתק שתיקה כהודאה דמיא » | Le vin est interdit | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Il n'a jamais eu le vin en main | résumé : même à la première rencontre il n'est cru que si le propriétaire se tait | Pas cru contre un démenti | ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק ה |
| Il a tardé, mais donne une raison de son retard | « ואם לא הגיד לו בפעם ראשון שמצאו ואומר לו אח״כ ואמר אמתלא למה לא אמר לו בראשונה יש לחוש לדבריו » | Il y a lieu de tenir compte de sa parole | רמ״א יו״ד קכ״ז:א |
Une fois la parole prononcée, tout se joue en face. Le siman connaît trois réponses, et une quatrième qui est une réponse différée.
| Ce que répond le propriétaire | Effet | Verdict | Source |
|---|---|---|---|
| Il dément — מכחישו | Le maître est cru sur son bien contre un seul | Permis — et, dit le ש״ך, permis à tout le monde | שו״ע יו״ד קכ״ז:א ; ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק ו |
| Il dit “ je ne sais pas ” | Ce n'est pas un aveu, donc rien ne s'ajoute à la parole du déclarant | Permis | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Il dit seulement שמא לא דקדקת | résumé : cela compte comme un démenti | Permis | ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק ז |
| Il se tait, et le déclarant lui avait dit בפניך ou ידעת דרגלים לדבר | Le silence est reçu comme une reconnaissance | Interdit | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Il s'est tu, puis dément en expliquant son silence | « מה ששתקתי תחילה לא בשביל שהודיתי אלא להתיישב ולחשוב בלבי לזכור אם הוא אמת » | Le propriétaire est cru | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Il s'est tu, puis dit seulement “ je ne sais pas ” | résumé : alors le témoin est cru de l'avis de tous | Interdit | ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק י״ז |
Le Rama ajoute au seif 1 une pratique qui a fait fortune, et une limite qu'on oublie régulièrement.
« ומלמדי׳ אותו לכתחלה שיאמר איני מאמינך ואז לכ״ע שרי דבעלים נאמנים על שלהם » (רמ״א יו״ד קכ״ז:א).
Et il précise que le for intérieur ne défait pas cette parole : « ואם הבעלים אומרים איני מאמינך אע״ג דבלבו מאמין לו כבי תרי אין להחמיר » (רמ״א יו״ד קכ״ז:א).
La parade n'est pas un mensonge, et le ש״ך y insiste : résumé : on l'instruit à l'avance, pour qu'il réponde תוך כדי דיבור quand le témoin viendra — et l'on ne lui apprend pas à démentir, « דהיאך ילמדוהו לשקר » (ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק י״א).
La différence est entière : “ je ne te crois pas ” est un refus de recevoir la parole d'un seul, ce que la loi autorise ; “ ce n'est pas vrai ” serait une affirmation sur les faits, qu'on n'enseigne à personne.
Puis vient la frontière, la phrase la plus exportée du siman et la plus mal exportée : « ודוקא ביין נסך שאין לדקדק בו כל כך אבל בשאר איסורים לא מהני אם אמר איני מאמינך אם מאמין בלבו » (רמ״א יו״ד קכ״ז:א).
Le ט״ז donne la raison de cette restriction : « כי יש חולקין וס״ל דכל שהוא מאמין בלבו שאומר אמת אין מועיל מה שמכחישו ועל זה נאמר ויראת מאלהיך » (ט״ז יו״ד קכ״ז ס״ק א).
Le Rama poursuit avec trois situations voisines, qu'il ne faut pas fondre en une.
| Situation | Verdict | Raison | Source |
|---|---|---|---|
| Un tiers dément le déclarant, mais les propriétaires sont là et se taisent | Le démenti du tiers ne sert à rien | Le silence des maîtres pèse plus que la parole d'un tiers | רמ״א יו״ד קכ״ז:א |
| Un tiers dément, et les propriétaires ne sont pas là | Le démenti opère | Il n'y a plus de silence à interpréter | רמ״א יו״ד קכ״ז:א |
| Avis rapporté au nom du הרשב״א : « ויש מי שכתב דעד אחד בהכחשה לאו כלום הוא » | Le démenti d'un seul est nul en soi | Le premier témoin, reçu, vaut comme deux | רמ״א יו״ד קכ״ז:א |
| Le ש״ך sur cet avis | Il le juge très difficile | résumé : il ne voit pas pourquoi un démenti serait nul même en l'absence des maîtres | ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק י״ד |
| Deux associés : « אחד שאומר לשני שותפים נתנסך יינכם ואחד שותק והשני מכחישו » | Interdit à celui qui s'est tu, permis à l'autre et à tous | Chacun répond de sa propre bouche | רמ״א יו״ד קכ״ז:א |
| Il est cru par מיגו, mais des témoins le démentent | Il ne l'interdit à personne, sauf à lui-même | « מ״מ לדידיה אסור משום דשוייה אנפשיה חתיכה דאיסורא » | רמ״א יו״ד קכ״ז:א |
La guemara avait posé la question en trois mots, et c'est d'elle que part toute la discussion : « עד אחד בהכחשה מי מהימן » (קידושין ס״ה ע״ב).
Le seif 2 revient sur tout le seif 1 par un במה דברים אמורים : les conditions de la première rencontre et du vin resté en main ne valent que dans un cas — celui où parler ne coûte rien à celui qui parle.
« במה דברים אמורים כשעושה עמו בחנם או אפי׳ בשכר והוא בענין שלא יפסיד שכירותו » (שו״ע יו״ד קכ״ז:ב).
« אבל אם שכרו הרבה והוא בענין שמפסיד כל שכרו כגון שאומר שנתנסך בפשיעתו נאמן אפילו אינו עתה בידו » (שו״ע יו״ד קכ״ז:ב).
Le principe vient du scribe qui déclare avoir mal écrit un sefer Torah : « מתוך שאתה נאמן להפסיד שכרך אתה נאמן להפסיד ספר תורה » (גיטין נ״ד ע״ב).
La guemara avait d'abord rapporté la position inverse, celle de רבי אמי : « נאמן אתה להפסיד שכרך ואי אתה נאמן להפסיד ספר תורה » (גיטין נ״ד ע״ב).
Aux seifim 3 et 4, le siman cesse d'être un siman sur le vin. Il énonce en six mots l'une des règles les plus utilisées de tout le Yoreh De'ah.
« עד אחד נאמן באיסורים להתיר אבל לא להחמיר » (שו״ע יו״ד קכ״ז:ג).
Le ש״ך explique pourquoi la seconde moitié n'est pas une sévérité mais un constat : « כלומר תמצא דעד א׳ נאמן באיסורים להתיר אפי׳ בלא שתיקת הבע״ד דתהוי כהודאה אבל להחמיר לא תמצא דהעד נאמן בלא שתיקת הבע״ד » (ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק כ״ג).
Autrement dit : là où rien n'est établi, l'objet est déjà douteux sans le témoin ; là où le permis est établi, le témoin seul ne le renverse pas. Le Rama ouvre alors quatre brèches dans cette règle, et ce sont elles qu'on retient.
| La brèche | Ce qu'elle permet | Verdict | Source |
|---|---|---|---|
| 1. דבר דאיכא לברורי — « בא ואראך עובד כוכבים מנסך יינך » | Une parole vérifiable oblige à vérifier | Il faut tenir compte de sa parole | רמ״א יו״ד קכ״ז:ג |
| Le ט״ז précise l'obligation | « פירוש שצריך לילך עמו אבל אם הלך עמו ולא מצאו אין כאן איסור כן נראה לי פשוט » | Vérification faite et négative : rien d'interdit | ט״ז יו״ד קכ״ז ס״ק ה |
| Le ש״ך conteste la formule du Rama | « לא ה״ל להרב לכתוב כן בלשון י״א דש״ס ערוך הוא » | Ce n'est pas un avis parmi d'autres | ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק כ״ד |
| 2. Rien n'est établi — ni permis ni interdit | « וכל דבר שלא אתחזק לא להיתר ולא לאיסור עד אחד נאמן עליו אפילו לאסרו » | Le témoin est cru même pour interdire | רמ״א יו״ד קכ״ז:ג |
| 3. L'interdit est établi — טבל, viande non nettoyée | « אין העד נאמן עליו להתירו אלא א״כ בידו לתקנו » | Pas cru pour permettre, sauf s'il peut le réparer | רמ״א יו״ד קכ״ז:ג |
| Deux morceaux, l'un interdit l'autre permis | « ואם היו בכאן ב׳ חתיכות אחת של איסור ואחת של היתר נאמן העד לומר זה היתר וזה איסור » | Cru pour les distinguer | רמ״א יו״ד קכ״ז:ג |
| 4. Sur son propre bien | « ואדם נאמן על שלו אפי׳ היכא דאתחזק איסורא » | Cru, même contre une חזקת איסור | רמ״א יו״ד קכ״ז:ג |
Le Rama termine son gloss par trois renvois qu'il ne faut pas laisser tomber : au Siman 119 pour celui qui est suspect sur la chose même, au Siman 185 pour celui qui invoque un sage qui le dément, et à Even HaEzer 152 pour le הפה שאסר הוא הפה שהתיר.
« וכל הפסולי עדות כשרים לענין איסורים אם לא שחשוד לאותם דברים » (רמ״א יו״ד קכ״ז:א).
Ceux que la loi écarte du tribunal restent recevables en matière d'interdits — sauf s'ils sont suspects sur la chose même. Le ש״ך signale toutefois que le הר״ן, cité comme source, écrit ailleurs le contraire, et propose de distinguer : pour permettre, un pessoul est certainement cru (ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק כ). Et deux témoins n'en font pas toujours deux : « ב׳ אחים אינם אלא כעד אחד לענין איסורים » (רמ״א יו״ד קכ״ז:א).
« ואשה נאמנת בדבר איסור לומר תקנתיו » (רמ״א יו״ד קכ״ז:ג).
Elle est crue là où l'interdit est certain et le travail défini — le נִיקּוּר de la viande. Elle ne l'est pas dans le doute, ni là où l'affaire admet des raisons d'indulgence : « אין אשה נאמנת דאשה דעתה קלה להקל » (רמ״א יו״ד קכ״ז:ג). Le ש״ך ajoute deux précisions décisives : résumé : elle est crue même sur un interdit de la Torah, mais seulement quand la réparation est en son pouvoir ou que la chose est à elle (ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק כ״ט) ; et il exclut ce qui demande une peine longue — « וכן דבר שיש בו טרחא אין הנשים נאמנות דנשים עצלניות הן » (ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק ל).
« קטן אין לו דין עד להיות נאמן באיסורין » (רמ״א יו״ד קכ״ז:ג).
Le Rama pose la règle, puis la nuance trois fois. D'abord pour interdire : « מ״מ בקטן חריף ובקי בדבר ואיכא רגלים לדבריו יש להחמיר אם מעיד על דבר איסור » (רמ״א יו״ד קכ״ז:ג). Ensuite pour permettre, mais seulement dans le rabbinique : « ואם מעיד על איסור דרבנן להקל ולא אתחזק איסורא … כגון בדיקת חמץ נאמן דהמנוהו רבנן בדרבנן » (רמ״א יו״ד קכ״ז:ג). Enfin la fermeture : « אבל אם אתחזק איסורא אינו נאמן כלל » (רמ״א יו״ד קכ״ז:ג).
« דברים שאין בהם חזקת איסו׳ אלא חששא שמא יחליפנו עובד כוכבים או יגע בו יש מי שאומר שסומכין על הקטן מכיון שבא לכלל דעת שמירה » (שו״ע יו״ד קכ״ז:ד).
Le déplacement est net, et c'est lui qui referme le siman sur son sujet initial. On ne demande pas au mineur de témoigner qu'il ne s'est rien passé : on lui demande d'avoir gardé. Là où il n'y a aucune חזקת איסור et seulement la crainte qu'un non-Juif ait substitué ou touché, un enfant parvenu à דעת שמירה suffit à écarter la crainte. Le Mehaber le donne comme יש מי שאומר : un avis rapporté, non une évidence.
| Seif | Sujet | L'essentiel |
|---|---|---|
| 1 | Qui est cru pour dire נתנסך יינך | Celui qui dit à son prochain que son vin a été rendu yayin nessekh est cru si le vin est entre ses mains ; et même s'il ne l'est plus, ayant été rendu aux propriétaires, il est cru s'il l'a dit dès la première rencontre — même si le maître le dément. Mais s'il ne l'a plus et n'a parlé qu'ensuite, il n'est pas cru lorsque le maître dément ou dit “ je ne sais pas ” ; si le maître se tait, le silence vaut aveu. Et cela seulement s'il lui a dit “ en ta présence ” ou “ tu sais qu'il y a de quoi le penser ” ; si le maître s'est tu puis explique son silence — je réfléchissais pour me souvenir —, il est cru. Rama : on enseigne d'avance au maître de répondre “ je ne te crois pas ”, et alors c'est permis de l'avis de tous, car les propriétaires sont crus sur leur bien ; le démenti d'un tiers ne sert à rien tant que les maîtres sont là et se taisent ; celui que des témoins démentent n'interdit rien à personne, mais le vin lui reste interdit à lui-même ; les pessoulei édout sont recevables en matière d'interdits, deux frères ne valent qu'un ; et de deux associés, celui qui s'est tu a son vin interdit, l'autre non. |
| 2 | L'ouvrier qui perd son salaire | Tout cela vaut quand il travaille gratuitement, ou même contre salaire lorsqu'il ne perd rien à parler — par exemple s'il dit que le vin s'est gâté par un אונס, ou s'il n'a été loué que pour peu. Mais s'il a été loué cher et qu'il perd tout son salaire — parce qu'il dit que le vin s'est gâté par sa propre négligence —, il est cru même si le vin n'est plus entre ses mains et même s'il n'a rien dit à la première rencontre. Rama : à condition que la perte du salaire soit évidente et connue de tous ; si l'on peut soutenir que l'ouvrier se trompe et croit ne rien perdre, il n'est pas cru — même s'il perd en droit. |
| 3 | La règle générale du témoin unique | Un seul témoin est cru en matière d'interdits pour permettre, mais non pour être strict. Rama : toutefois, dans une affaire vérifiable — “ viens, je te montrerai un non-Juif en train de rendre ton vin nessekh ” — il faut tenir compte de sa parole. Là où rien n'est établi, ni permis ni interdit, il est cru même pour interdire. Là où l'interdit est établi — טבל, viande non nettoyée —, il n'est pas cru pour permettre, sauf s'il a le pouvoir de réparer ; mais entre deux morceaux, l'un interdit l'autre permis, il est cru pour dire lequel est lequel. Chacun est cru sur son propre bien, même contre une חזקת איסור. Une femme est crue pour dire “ je l'ai réparé ” dans un interdit certain, non dans un doute ni là où il y a des raisons d'indulgence. Un mineur n'a pas statut de témoin ; mais s'il est vif, expert et que sa parole a un appui, il y a lieu d'être strict, et il est cru pour alléger dans un interdit rabbinique — comme la בדיקת חמץ — tant qu'aucun interdit n'est établi. |
| 4 | Le mineur comme gardien | Dans les affaires où il n'y a aucune חזקת איסור, mais seulement la crainte qu'un non-Juif ait substitué la chose ou l'ait touchée, il est un avis selon lequel on s'appuie sur le mineur, dès lors qu'il est parvenu à l'âge où l'on sait garder — דעת שמירה. |
| Question | Réponse-réflexe | Source |
|---|---|---|
| Le gardien a encore le vin et dit qu'il est interdit ? | Il est cru | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Il a rendu le vin, mais a parlé dès qu'il a revu le maître ? | Cru, même contre le démenti du maître | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Il a rendu le vin et n'a parlé que plus tard ? | Pas cru dès que le maître dément ou dit “ je ne sais pas ” | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Le maître se tait ? | Silence = aveu — mais seulement si on lui a dit בפניך ou ידעת דרגלים לדבר | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Le maître s'est tu, puis s'explique ? | Il est cru : il réfléchissait, il n'avouait pas | שו״ע יו״ד קכ״ז:א |
| Que lui conseille-t-on de répondre d'avance ? | “ Je ne te crois pas ” — jamais “ c'est faux ” | רמ״א יו״ד קכ״ז:א ; ש״ך יו״ד קכ״ז ס״ק י״א |
| Cette parade vaut-elle hors du yayin nessekh ? | Non : ailleurs, celui qui croit dans son cœur reste lié | רמ״א יו״ד קכ״ז:א ; ט״ז יו״ד קכ״ז ס״ק א |
| Des témoins le démentent — le vin est-il permis ? | Permis à tous, interdit à lui seul | רמ״א יו״ד קכ״ז:א |
| L'ouvrier perd tout son salaire en parlant ? | Cru, sans les conditions du seif 1 | שו״ע יו״ד קכ״ז:ב |
| Mais la perte n'est pas évidente pour tous ? | Pas cru, même s'il perd en droit | רמ״א יו״ד קכ״ז:ב |
| Un seul témoin, pour permettre ? | Cru — c'est la règle | שו״ע יו״ד קכ״ז:ג |
| Un seul témoin, pour interdire ? | Pas cru — sauf si rien n'était établi, ou s'il propose d'aller voir | שו״ע יו״ד קכ״ז:ג ; רמ״א יו״ד קכ״ז:ג |
| Une femme peut-elle dire “ je l'ai nettoyé ” ? | Oui dans un interdit certain, non dans un doute | רמ״א יו״ד קכ״ז:ג |
| Un enfant peut-il garder du vin contre un non-Juif ? | Un avis le permet, s'il est parvenu à דעת שמירה | שו״ע יו״ד קכ״ז:ד |
| Niveau | Contenu | Acquis |
|---|---|---|
| 🌱 Niveau 1 — Base | Texte des 4 seifim, traduction, explication pas à pas | Compréhension globale |
| ⚡ Niveau 2 — Lamdan | Le gueder de בידו — migo ou statut de gardien, la nature de שתיקה כהודאה, le מיגו במקום עדים et le שוייה אנפשיה, et la portée de עד אחד נאמן באיסורים | Étude approfondie |
| ✨ Niveau 3 — Synthèse | Deux tableaux-maîtres, les quatre brèches du seif 3, règles d'or, mnémonique, pièges, récap des seifim | Maîtrise pratique + révision |
| 📜 Niveau 4 — Halakha lema'asse | La psika pratique selon le ש״ך, le ט״ז, les פתחי תשובה et les poskim | Application contemporaine |
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