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Accueil Yoreh De'ah · Le vin cachère versé dans un récipient non kachérisé Siman קל״ז Niveau 3 — Synthèse / Révision
✦ ❖ ✦ D A A T · N I V E A U 3 — S Y N T H È S E / R É V I S I O N ✦ ❖ ✦

Siman 137 — Le vin cachère versé dans un récipient non kachérisé

דין יין כשר שהושם לתוך כלי שלא נכשר

Six seifim, et une seule opération : mesurer. Combien le bois a-t-il retenu, combien faut-il en face, et à partir de quand cesse-t-il de rendre ? Une pelure de récipient, six volumes d’eau, soixante de vin, vingt-quatre heures, douze mois — et, au dernier seif, ce qui ne se mesure pas du tout : la parole d’un non-Juif
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide


Source : Shulchan Aroukh, Yoreh De'ah קל״ז — 6 seifim
Nossei kelim : ש״ך (19 ס״ק) · ט״ז (8 ס״ק) · באר היטב (10 ס״ק) · פתחי תשובה (3 ס״ק) · בית יוסף · טור
Compilation : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Pour les étudiants ayant maîtrisé les Niveaux 1 et 2
daattorah.com

📑 Plan de la synthèse

  1. L’axiome : le siman ne demande pas si, il demande combien
  2. Les 3 questions-réflexes
  3. Tableau-maître A — les 6 seifim, un par ligne
  4. Le statut : interdit à la boisson, permis au profit, et pourtant במשהו
  5. Combien le récipient a-t-il absorbé ? כדי קליפה ou tout le récipient
  6. Tableau-maître B — les trois seuils de temps
  7. Le récipient qu’on n’a pas rincé : Chakh contre Taz
  8. Le pressoir et le trou du robinet
  9. Le second vin : le Taz contre le Nekoudot haKessef
  10. Eau, bière et salage : la seule indulgence du siman
  11. Une seconde fois du vin, et la porte du הפסד
  12. Ce qui ne se mesure pas : la parole du non-Juif
  13. Les 6 règles d’or et la mnémonique « קליפה »
  14. Les 5 pièges classiques et récap final

1. L’axiome : le siman ne demande pas si, il demande combien

Le point de départ :

Le siman 136 apprenait à éviter qu’un récipient soit compromis. Le siman 137 suppose l’échec : le récipient l’est, et l’on y a versé du vin cachère. La question n’est donc plus « faut-il un sceau ? » mais « combien le bois a-t-il retenu, et qu’est-ce qui suffit à l’annuler ? ».

D’où l’axiome : tout, ici, est une quantité. Une pelure de récipient, six volumes d’eau, soixante volumes de vin, vingt-quatre heures, douze mois. Le seul seif qui ne mesure rien est le dernier — et c’est précisément celui qui dit d’où l’on ne peut pas tirer l’information nécessaire pour mesurer.

Le statut de base vient d’une michna, tranchée contre Rabbi Meïr : « נוֹדוֹת הַגּוֹיִם וְקַנְקַנֵּיהֶן, וְיַיִן שֶׁל יִשְׂרָאֵל כָּנוּס בָּהֶן — אֲסוּרִין, וְאִיסּוּרָן אִיסּוּר הֲנָאָה » (עבודה זרה כ״ט ע״ב)

Le Beit Yossef le dit sans détour : « בפרק אין מעמידין (עבודה זרה כט:) תנן נודות הנכרי וקנקניהם ויין של ישראל כנוס בהם אסורים ואיסורם איסור הנאה דר״מ וחכמים אומרים אין איסורם איסור הנאה וידוע דהלכה כחכמים » (בית יוסף יו״ד קל״ז)

La sourceCe qu’elle établitConséquence dans le siman
La michna d’Avoda Zara 29b, tranchée comme les SagesLe vin d’un Juif dans les jarres n’est pas interdit au profitאסור בשתייה ומותר בהנאה
Le Roch, par le Tour (טור יו״ד קל״ז)Froid dans froid : un jour pleinLe seuil des vingt-quatre heures
Rachi, par le TourLe récipient de conservation est atteint sans délaiLa glose du Rama au seif 1
Le Rachba, par le Beit YossefL’absorption vaut une pelure, non le récipientLe calcul des six volumes
La sougya de la bière (עבודה זרה ל״ג ע״ב)L’usage est occasionnel — אקראי בעלמאLe seif 4, et sa limite chez le Chakh
Le Rivach, par le Beit YossefLe premier vin n’interdit que dans soixanteLe seif 3
💡 Le repère : devant chaque clause, demande-toi deux choses et deux seulement — qu’est-ce qui est interdit (le récipient ? le vin ? la פליטה ?), et contre quoi mesure-t-on (la pelure ? le premier vin ? le récipient entier ?). Il n’y a pas d’autre variable dans tout le siman.

2. Les 3 questions-réflexes

1. Quel récipient ? מכניסו לקיום — atteint immédiatement (Rama). Sinon, et s’il est sec — vingt-quatre heures. Et au-delà de douze mois — rien.
2. Y a-t-il de quoi annuler ? Six volumes d’eau contre la pelure ; ou soixante de vin contre ce qui est interdit. Attention à ce que l’on met en face : la pelure, ou le premier vin.
3. Que veut-on faire du récipient ? Y remettre du vin — non, sans kachérisation (seif 5). Y mettre de l’eau, de la bière, du sel — oui, après rinçage (seif 4).

3. Tableau-maître A — les 6 seifim, un par ligne

SeifSujetCe qu’il tranche
1Le vin versé dans un récipient interditאסור בשתייה ומותר בהנאה
2Le pressoir non kachériséמותר … אבל אסור להוציא היין דרך נקב
3Le vin transvasé dans des jarres cachèresאם יש ביין השני ס׳ כיין הראשון הכל מותר
4Eau, bière, autres boissons, salageמותר ליתן לתוכם … ובלבד שידיח בתחלה
5Du vin une seconde foisלא נתיר … עד שיכשירנו
6La parole du non-Juif sur la kachérisationאין … מסיח לפי תומו נאמן

4. Le statut : interdit à la boisson, permis au profit — et pourtant במשהו

⚖ La phrase qui tient les deux bouts

« שאני הכא דקודם שנבלע בכלי היה אסור בהנאה נמצא כשמתערב ביין שבקנקנים איסור הנאה מתערב אלא שלפי שלא נתערב בעין רק מפליטת הכלי אינו אוסר רק בשתייה » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ג) — la gravité vient de l’origine (l’interdit était de profit, donc במשהו) ; le statut vient du mode du mélange (par la paroi, donc la boisson seulement).

Le Raa, lui, raisonne par symétrie et conclut à l’annulation dans soixante : « אכן מדברי הרא״ה בב״ה דף קכ״ו ע״ב משמע להדיא דיין שנבלע בכלים אינו אוסר רק בס׳ כיון שאינו אוסר רק בשתייה » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ג)

Comment le Chakh prouve que le Mehaber tient במשהו : par les seifim 2 et 3 eux-mêmes. Au seif 2 il interdit sans parler de soixante ; au seif 3 il exige soixante contre le premier vin et non contre les seules pelures. Le Baer Hetev le résume : « כ׳ בת״ה סי׳ ר״א דאין חילוק בין כלי עובד כוכבים ובין כלי ישראל שבלע יין נסך » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק א)

5. Combien le récipient a-t-il absorbé ?

AvisLa mesureSource
Rachba, Rivach, Beit Yossefכדי קליפהש״ך קל״ז ס״ק ט
Rabbenou Tam et le Roch, selon le Ba’hס׳ כנגד כולוש״ך קל״ז ס״ק ט
Le Chakh : quand on sait que le vin y est resté un jour pleinכבוש הרי הוא כמבושלש״ך קל״ז ס״ק ט
Hakham Tsvi, par le Pit’hei Techouvaאין אוסר יותר מכדי קליפהפתחי תשובה קל״ז ס״ק א

La mesure concrète de la « pelure » : « שאין היין נבלע אלא כדי קליפה שמקלפים העץ ברהיטני (כדלעיל סי׳ קל״ה סי״ג) רשב״א ומביאו ב״י וריב״ש סי׳ קל״ג » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ט)

La position du Ba’h : « מיהו כתב הב״ח דלר״ת והרא״ש בכלי שמכניסו לקיום בולע יותר מכדי קליפה וצריך ס׳ כנגד כולו ע״כ » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ט)

Et la résolution du Chakh, qui décide en pratique : « אבל בידוע שעמד בו מעל״ע הרי נעשה כבוש וכבר נתבאר בסימן ס״ט ס״ק ס׳ ובסימן צ״ח ס״ק י״ג דכבישה אוסר כל הכלי » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ט)

⚠ Le piège du calcul. Le même récipient donne deux résultats opposés selon ce que l’on sait de lui. Sans information : la pelure, et six volumes d’eau suffisent. Avec la certitude d’un séjour de vingt-quatre heures : le récipient entier, et le calcul devient irréalisable. La différence n’est pas halakhique, elle est documentaire — et c’est pourquoi le seif 6 compte autant.

6. Tableau-maître B — les trois seuils de temps

SituationSeuilMotifSource
Récipient de conservationמידדגזרו עליו אפילו לפי שעהרמ״א קל״ז:א · ט״ז ס״ק ב
Récipient ordinaire, secכ״ד שעותצונן בצונן פולט ובולע במעת לעתש״ך ס״ק ה · ט״ז ס״ק ג
Récipient encore humideמידטופח על מנת להטפיחש״ך ס״ק ד
Au-delà de douze moisי״ב חדשLe récipient ne rend plus rienשו״ע קל״ז:א
Récipient ancien, non “ de son jour ”Aucun allègementכל שמתיישנים נ״ט לשבחש״ך ס״ק י

Sur ce dernier point, le Chakh est catégorique : « דאפילו אינן ב״י אוסרים דלא שייך נטל״פ אלא בתבשיל אבל לא בכלי היין דאדרבה כל שמתיישנים נ״ט לשבח » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י)

7. Le récipient qu’on n’a pas rincé : Chakh contre Taz

Chakh — interdit à la boisson dès que le vin y est resté un jour plein : « משמע דה״ה כלים שאין מכניסין לקיום שנכשרים בהדחה כדלעיל סי׳ קל״ה אם לא הדיחן ונתן בהם יין אסור בשתייה כל ששהה בהן מעל״ע » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק א)
Rabbenou Yerou’ham, rapporté par le Chakh — si le récipient était sec, permis ; le rinçage n’est requis qu’a priori : « אבל רבינו ירוחם כ׳ דאם נתייבש ואח״כ נשתמש בו ישראל בלא הדחה מותר אלא שלכתחלה צריך הדחה » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק א)
Taz — les mots du Roch ne visaient que ce qui exige un עירוי de trois jours : « ע״כ נ״ל דאין דברי הרא״ש הללו אמורין אלא בצריך עירוי ג׳ ימים שכתב לעיל ריש סימן קל״ה באין מכניסו לקיום אבל במידי דא״צ רק הדחה אין שם איסור כלל אפילו נשתהה מעל״ע » (ט״ז יו״ד קל״ז ס״ק א)

⚖ Où le Baer Hetev laisse la question

« אבל הט״ז פסק דלדידן דס״ל דסתם יינם בטל בס׳ אין כאן איסור בדיעבד ואף על פי דמדברי רמ״א בסי׳ קל״ה סי״א משמע שאסור בדיעבד מ״מ הסומך על דברי המקילין במידי דרבנן לא הפסיד. עכ״ל » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק ב)

8. Le pressoir et le trou du robinet

Le Tour pose la règle : « ויראה לי שאפי׳ כן אסור להוציא היין דרך נקבי הברזא שהנקב אסור והיין יוצא משם צלול מבלי תערובת החרצנים » (טור יו״ד קל״ז)

PositionTirer le vin par le trouMotif
Beit YossefPossiblement interdit a prioriדהוי כמבטל לכתחלה
Ba’h, suivi par le Chakh (ס״ק ז)PermisL’intention est de soutirer, non d’annuler
Taz (ס״ק ד)Interdit tant qu’une autre voie existePercer un trou neuf, ou soutirer par le haut
Rama, fait accompliTout le vin reste permisסתם יינם בטל בס׳

Le Ba’h, dans les mots du Chakh : « והב״ח השיג עליו שאין זה מבטל איסור לכתחלה כיון שאין כוונתו אלא להוציא יין ולא כדי לבטל האיסור שבנקב » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ז)

Et le Taz : « ולי נראה דדברי ב״י נכונים דאע״ג דמצינו סברא זו דאין הכוונה לבטל האיסור בסי׳ פ״ד סעיף י״ג גבי נמלים שבדבש שמותר לסננו וכן בתולעים שבחטים ולא הוי מבטל לכתחלה שאני התם דא״א בענין אחר משא״כ כאן דאפשר לעשות נקב חדש או להוציא דרך פיו למעלה כל שמוציאו בדרך שיש בו חשש איסור מקרי לכתחלה ואסור לעשות כן » (ט״ז יו״ד קל״ז ס״ק ד)

Pour le fait accompli, le Chakh donne le motif de l’indulgence du Rama : « אלא הטעם הוא דהקליפה של הנקב בטל בס׳ דמה שיוצא דרך הנקב יש לעולם ס׳ נגד הקליפה דהא הרשב״א והטור גופיה לא אסרי אלא משום שהיין יוצא שם צלול ונאסר בכל שהוא אבל אם היה יוצא שם עם החרצנים וזגים היו מתירי׳ משום שיש ס׳ נגד קליפת הנקב וא״כ לדידן דקי״ל דסתם יינם בטל בס׳ אם כן בכל ענין שרי וזה ברור » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״א)

9. Le second vin : le Taz contre le Nekoudot haKessef

Le seif exige soixante dans le second vin contre le premier — et le Chakh en donne la raison : « דכיון שהיין הראשון לא נאסר אלא בשתייה אינו אוסר בכל שהוא ריב״ש שם » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ב)

Le Taz propose un calcul plus simple, tiré de notre psak au siman 134 : « אבל לפי מה דקי״ל שם דבטל בס׳ אין אנו צריכין להוראה זאת אלא אם יש בין הכל דהיינו יין הראשון והשני ששים נגד קליפת הכלי האסור מותר הכל » (ט״ז יו״ד קל״ז ס״ק ו)

⚠ L’objection du Nekoudot haKessef, rapportée par le Baer Hetev : « ובנה״כ השיג עליו וכי דודאי צריך ביין הא׳ לחודיה ס׳ דאל״כ היין הא׳ נ״נ וצריך אחר כך ביין הב׳ ס׳ נגד כל היין הא׳ דע״כ לא ס״ל גבי יין ביין דלא נ״נ אלא מטעם דכיון דנאסר במשהו משא״כ היכא דנאסר מחמת שלא היה בו ס׳ והכי קי״ל לעיל סימן צ״ב ס״ד דאף לח בלח נ״נ אם לא במקום הפסד גדול עכ״ל » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק ו)

Le Chakh, de son côté, écarte expressément le חתיכה נעשית נבילה ici : « ולא אמרינן חתיכה נעשית נבילה כדלעיל סי׳ קל״ד ס״ק ט״ז » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ג) — et ajoute la conséquence qu’on oublie : « ואם אין לבטל גם הכלים אסורים כאילו נתן יין של איסור בכלים כשרים » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ד)

10. Eau, bière et salage : la seule indulgence du siman

La sougya : « אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ לִיתֵּן לְתוֹכוֹ שֵׁכָר? רַב נַחְמָן וְרַב יְהוּדָה אָסְרִי, וְרָבָא שָׁרֵי. רָבִינָא שְׁרָא לֵיהּ לְרַב חִיָּיא בְּרֵיהּ דְּרַב יִצְחָק לְמִירְמָא בֵּיהּ שִׁכְרָא, אֲזַל רְמָא בֵּיהּ חַמְרָא, וַאֲפִילּוּ הָכִי לָא חַשׁ לַהּ לְמִילְּתָא, אֲמַר: אַקְרַאי בְּעָלְמָא הוּא » (עבודה זרה ל״ג ע״ב)

Le motif, chez le Tour : « אף ע״פ שאסור ליתן בהם יין בכלי שנשתמש בהן הנכרי ביין מותר ליתן בהם מים ושכר ושאר כל מיני משקין לפי שהיין פוגם אותם » (טור יו״ד קל״ז)

QuestionChakhTaz
Usage occasionnelPermisPermis
Usage régulierInterdit (ס״ק ט״ז)Non traité
Boisson laissée un jour pleinNon traitéPermis (ס״ק ז)
Saler dans le récipientPermis, a fortiori (ס״ק י״ז)Permis même a priori (ס״ק ח)

La limite du Chakh : « ולא גזרי׳ משקין אטו יין משום דאקראי בעלמא הוא ש״ס ולפ״ז אסור ליתן בהם משקין דרך קבע » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ט״ז)

Et le Baer Hetev résume le débat sur le salage : « והב״ח חולק על זה ופסק דלכתחלה אסור למלוח כדלעיל סימן ק״ה סי״ב וגם בדיעבד אסור אם נכבש בתוכו יום שלם אבל הש״ך השיג עליו דמסתמא יש ס׳ נגד פליטת הכלי שלא בלע רק כ״ק ויין נקלש טעמו בשאר משקין וכ״ש במליח וכן פסק הט״ז דהעיקר כדעת המחבר דמותר אפילו לכתחלה למלוח בהן » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק ח)

11. Une seconde fois du vin, et la porte du הפסד

Le Mehaber est net : sans kachérisation, non. Le Chakh explique pourquoi le raisonnement du Roch ne suffit pas ici : « וכב״י ואע״פ שהרא״ש בתשו׳ התיר לפי שמתחלה נפלט בליעת הקנקן ביין ונתבטל היינו לדברי המתירין סתם יינם בס׳ וכבר כתבתי בסימן קל״ד דלא קי״ל אלא כדברי האומרים דאוסר במשהו ע״כ » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ח)

⚖ La seule ouverture, et elle est étroite

« ואפשר דמיירי בשעת הדחק והפסד שצריך לכלים ואם לא יתן לכלים אלו יהא לו הפסד בדבר » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ח) — reprise telle quelle par le Baer Hetev : « כתב הש״ך מיהו בשעת הדחק והפסד שצריך לכלים ואם לא יתן לכלים אלו יהא לו הפסד בדבר שרי » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק ט)

12. Ce qui ne se mesure pas : la parole du non-Juif

Le Chakh, au nom du Rivach : « י״ל דהתם מיירי בדבר דלא אתחזק איסורא משא״כ הכא דודאי נשתמש בכלים אלו יין של איסור » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ט)

Et le Beit Yossef, qui avait refusé d’alléger : « ולענין הלכה אע״פ שנראין דברי הר״ן מי יקל ראשו כנגד הנך רבוותא דאוסרים וכ״ש במקום שהר״ן לא רצה לסמוך על עצמו לעשות מעשה » (בית יוסף יו״ד קל״ז)

Ce seif est la condition de tous les autres. Les mesures du siman supposent qu’on sache ce qui s’est passé dans le récipient — et le siman se termine en disant que cette connaissance ne peut pas venir de là.

13. Les 6 règles d’or et la mnémonique « קליפה »

  1. Le siman mesure, il ne qualifie pas. Chaque clause est un seuil.
  2. La quantité vient de l’origine, le statut du mode du mélange (ש״ך ס״ק ג).
  3. Trois seuils de temps : immédiatement, vingt-quatre heures, douze mois — trois situations physiques, non trois avis.
  4. On mesure contre une pelure, sauf quand on sait que le vin y a séjourné un jour plein (ש״ך ס״ק ט).
  5. Le vin gâte ce qui n’est pas du vin : de là toute l’indulgence du seif 4, et sa limite — l’occasionnel, non le régulier.
  6. Aucune mesure ne dispense de la kachérisation pour un second usage vinaire (seif 5).
ק קְלִיפָּה — contre quoi mesure-t-on ? Une pelure, non le récipient.
ל לְפִי שָׁעָה — quel récipient ? De conservation : atteint sans délai.
י יָבֵשׁ — sec ou humide ? L’humidité résiduelle supprime tout seuil.
פ פְּלִיטָה — ce qui s’est mêlé n’est pas du vin : d’où « boisson non, profit oui ».
ה הֶכְשֵׁר — pour remettre du vin, il n’y a pas d’autre voie.

14. Les 5 pièges classiques et récap final

  1. Confondre « permis au profit » avec « permis ». Le vin ne se boit pas ; il se vend.
  2. Mesurer les six volumes contre le récipient entier. C’est contre la pelure (ש״ך ס״ק ט) — sauf si l’on sait que le vin y est resté un jour plein.
  3. Ajouter de l’eau pour annuler. Permis d’avance, interdit après coup (ש״ך ס״ק ו).
  4. Étendre la permission du seif 4 à un usage permanent. Le Chakh (ס״ק ט״ז) l’interdit : la sougya parle d’un usage אקראי.
  5. Se fier à une attestation non juive. Le seif 6 la refuse expressément.
SeifEn une ligne
1Le vin cachère versé dans un récipient interdit non kachérisé est interdit à la boisson et permis au profit, même si le récipient est sec, tant que douze mois n’ont pas passé ; dans un récipient de conservation il est atteint immédiatement (Rama), dans les autres après vingt-quatre heures s’ils étaient secs ; et six volumes d’eau contre la pelure du récipient permettent même à la boisson.
2Fouler dans un pressoir non kachérisé est permis, car les rafles et les pépins font soixante contre la pelure du pressoir ; mais on ne tire pas le vin par le trou, d’où il sort limpide — et si on l’a fait, tout le vin reste permis selon le Rama.
3Le vin sorti de jarres non kachérisées et mêlé à un vin plus abondant est permis même à la boisson s’il y a soixante dans le second contre le premier ; ou si le second contient six parts d’eau contre les pelures interdites, même en l’absence d’eau dans le premier.
4Dans ces récipients on peut mettre eau, bière et autres boissons, après avoir rincé la surface ; et l’on peut y saler.
5Y remettre du vin une seconde fois n’est pas permis avant kachérisation.
6La parole d’un non-Juif, même incidente, n’établit pas la kachérisation d’un récipient interdit.
Carte-éclair. Quel récipient ? → מכניסו לקיום : immédiat ; sinon et sec : כ״ד שעות ; au-delà de י״ב חדש : rien. Combien en face ? → ששה d’eau contre la קליפה, ou ס׳ de vin contre l’interdit. Que peut-on encore y mettre ? → eau, bière, sel, après rinçage — mais pas du vin, עד שיכשירנו.
🎓 Récapitulatif du parcours d’étude
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
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