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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 140 — Un interdit qui ne s’annule pas, et les deux façons de cesser de savoir où il est — étude et pilpoul
סימן ק״מ
דִּין תִּקְרֹבֶת עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים שֶׁנִּתְעָרֵב
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ ללומדים ותלמידי חכמים ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougya, sources, ḥakira de fond, ma’hlokot des Richonim et des A’haronim,
nafka minot pour la halakha et analyse des chitot

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״מ (סעיף אחד)
עם נושאי כלים: ש״ך (שפתי כהן), ט״ז (טורי זהב), באר היטב, בית יוסף, טור

Fondement talmudique de la sougya :
עבודה זרה ע״ד ע״א (אלו אסורין ואוסרין בכל שהוא) · זבחים ע״ד ע״א (טבעת של עבודה זרה שנתערבה במאה טבעות — ספק ספיקא)

Rédaction et iyoun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. שורש הסימן — un interdit qui ne s’annule pas : annulation ou présomption ?
  2. רב ושמואל — le doute redoublé vaut-il pour l’idolâtrie ?
  3. תערובת שני או שלישי — le Mehaber contre le Tour, le Rambam et le Chakh
  4. אנא תרתי קאמינא — une bague tombée ou deux : le Tour et le Rambam
  5. שנים שנים — la règle des paires et son motif
  6. תנאי הבית יוסף — minorité, et premier mélange permis d’après la Torah
  7. יסוד הסימן — לא ביטול אלא תלייה

1. שורש הסימן — un interdit qui ne s’annule pas

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tout Yoreh De’ah enseigne comment un interdit s’annule. Ce siman commence par un interdit qui ne s’annule pas, et il faut d’abord comprendre de quelle nature est cette exception — car les deux voies de sortie du seif en dépendent entièrement.

La michna, et le mot qui commande La michna qui clôt Avoda Zara dresse la liste des choses qui ne s’annulent jamais, et l’idole y figure entre le vin de libation et les peaux au cœur arraché.
« אֵלּוּ אֲסוּרִין, וְאוֹסְרִין בְּכׇל שֶׁהוּ: יֵין נֶסֶךְ, וַעֲבוֹדָה זָרָה, וְעוֹרוֹת לְבוּבִין » (עבודה זרה ע״ד ע״א)
Retiens la forme : la michna ne dit pas que l’idole est plus grave — elle dit qu’elle אוסרת בכל שהוא, qu’elle interdit en quelque quantité. C’est une propriété de l’objet, non une mesure de sa gravité.
Le Rambam en fait un régime — et il l’étend aux accessoires et à toute offrande :
« עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּמְשַׁמְּשֶׁיהָ וְכָל הַתִּקְרֹבֶת שֶׁלָּהּ אוֹסְרִים בְּכָל שֶׁהֵן » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ט׳)
« עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים שֶׁנִּתְעָרְבָה בְּצוּרוֹת שֶׁל נוֹי אֲפִלּוּ אַחַת בְּכַמָּה אֲלָפִים יוֹלִיךְ הַכּל לְיָם הַמֶּלַח » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ט׳)
Le Beit Yossef explique l’extension aux accessoires par les cas de la guemara elle-même — la coupe et la bague, qui sont des accessoires et dont on dit qu’ils ne s’annulent pas :
« ומשמשיה נלמד מדין כוס וטבעת דבסמוך דהנך משמשין נינהו ואמרינן בהו דלא בטלי אפי׳ בכמה » (בית יוסף יו״ד ק״מ)
Et le Chakh ajoute un mot qui étend la liste d’un cran :
« ונויה » (ש״ך יו״ד ק״מ ס״ק א)
La ḥakira du siman : comment un interdit qui ne s’annule pas peut-il jamais être permis ? (א) Par une annulation différée — l’objet ne s’annule pas dans le premier mélange à cause de son importance, mais il finit par s’annuler quand la majorité devient écrasante ou le passage répété. (ב) Par une présomption (תלייה) — l’objet ne s’annule jamais ; simplement, à force de doutes, on a le droit de dire qu’il n’est plus là où l’on regarde. Toute la casuistique du seif — deuxième ou troisième mélange, paires, un seul homme, une bague ou deux — dépend de la branche retenue.
Nafka mina immédiate Sur (א), une fois l’annulation acquise, on profiterait des objets restants sans réserve. Sur (ב), la réserve demeure : chaque paire doit contenir un permis certain, et nul ne doit profiter de tous. Le seif retient les réserves — c’est donc (ב) qu’il suppose, et le Beit Yossef le dit en un mot : דתלינן להקל.

2. רב ושמואל — le doute redoublé vaut-il pour l’idolâtrie ?

↩ Explication détaillée (niveau 1)

La sougya n’est pas dans Avoda Zara mais dans Zeva’him, à propos des offrandes mêlées. Rav y enseigne la bague tombée à la mer ; Chmouel refuse.

Rav : la bague tombée à la mer, c’était l’interdite
« אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב: טַבַּעַת שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁנִּתְעָרְבָה בְּמֵאָה טַבָּעוֹת, וְנָפְלָה אַחַת מֵהֶם לַיָּם הַגָּדוֹל – הוּתְּרוּ כּוּלָּן; דְּאָמְרִינַן: הָךְ דִּנְפַל הַיְינוּ דְּאִיסּוּרָא » (זבחים ע״ד ע״א)
Chmouel : pas d’allègement en matière d’idolâtrie
« הַנַּח לַעֲבוֹדָה זָרָה – שֶׁסְּפֵיקָהּ וּסְפֵק סְפֵיקָהּ אֲסוּרָה עַד סוֹף הָעוֹלָם » (זבחים ע״ד ע״א)
La baraïta tranche pour Rav — et elle donne du même coup la seconde voie du seif, le passage d’un mélange à l’autre :
« סְפֵק עֲבוֹדָה זָרָה אֲסוּרָה, וּסְפֵק סְפֵיקָהּ מוּתֶּרֶת. כֵּיצַד? כּוֹס שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁנָּפַל לְאוֹצָר מָלֵא כּוֹסוֹת – כּוּלָּן אֲסוּרִין; פֵּירַשׁ אֶחָד מֵהֶן לְרִיבּוֹא, וּמֵרִיבּוֹא לְרִיבּוֹא – מוּתָּרִין » (זבחים ע״ד ע״א)
Kouchia Si Chmouel tient que le doute redoublé de l’idolâtrie est interdit jusqu’à la fin du monde, il a une raison : l’idole ne s’annule pas, donc aucun mélange ultérieur ne devrait la faire disparaître. Comment Rav répond-il à cette logique ?
Terouts — le Tour et le Beit Yossef Le Tour formule la réponse : le doute redoublé n’est pas un mécanisme d’annulation, c’est un mécanisme de doute, et il vaut pour l’idole comme pour tout interdit.
« האליל ומשמשיה ותקרובתה אסורין בכל שהוא כגון כוס או טבעת או צורה של אליל שנתערבו אפילו באלף כולן אסורות » (טור יו״ד ק״מ)
« אבל ספק ספיקא מותר כמו בשאר איסורין » (טור יו״ד ק״מ)
Le Beit Yossef enregistre la décision des poskim :
« פלוגתא דרב ושמואל ופסקו הפוסקים כרב דהלכתא כוותיה באיסורי » (בית יוסף יו״ד ק״מ)
Nafka mina Les mots du Tour — כמו בשאר איסורין — ne sont pas décoratifs : ils rattachent l’idole au droit commun des objets importants du siman 110. Toutes les conditions posées là-bas (minorité, premier mélange permis d’après la Torah, paires) s’appliquent donc ici, et le Taz le dit en une ligne : זה נתבאר סי׳ ק״י ס״ח.

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — le seif unique

↩ Explication détaillée (niveau 1)

דין תקרובת עבודת כוכבים שנתערב. ובו סעיף אחד:
אלילים ומשמשיה ותקרובתה אוסרים בכל שהוא שאם נתערב אחר מהם אפי׳ באלף כולן אסורו׳ ואם א׳ מהתערובו׳ הראשון נתערב בשנים אחרים ונפל מהג׳ אחד לב׳ אחרים הרי אלו האחרים מותרים וכן אם אחד מהתערובות הראשון נפל לים או נשרף בענין שנאבד מהעולם כל הנשארים מותרים ליהנות בהם שנים שנים ביחד אבל לא האחד לבדו ובלבד שלא יהנה אדם אחד מכולם ויש מי שאוסר אלא אם כן נפלו שתים לים הגדול או נשרפים (וע״ל סימן ק״י):

3. תערובת שני או שלישי — le Mehaber contre le Tour, le Rambam et le Chakh

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C’est la seule divergence frontale du siman, et elle est entièrement dans un chiffre : le Mehaber ne permet que le troisième mélange ; le Tour permet le deuxième.

Le Tour : le deuxième mélange suffit
« לפיכך אם אחד מתערובות הראשון נתערב בב׳ אחרים מותרין » (טור יו״ד ק״מ)
Le Rambam : de même — la coupe détachée du mélange et tombée dans deux autres est permise :
« סְפֵק עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים אָסוּר, סְפֵק סְפֵקָהּ מֻתָּר » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה י׳)
« פֵּרַשׁ כּוֹס אֶחָד מִן הַתַּעֲרֹבֶת וְנָפַל לְכוֹסוֹת שְׁנַיִם הֲרֵי אֵלּוּ מֻתָּרִין » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה י׳)

Le Mehaber : trois mélanges — et la raison, chez le Chakh

Le Chakh ne se contente pas de relever l’écart ; il en trouve la source dans le Kessef Michné, et il la conteste.

Le Chakh, premier temps : la source de la rigueur du Mehaber
« מותרים כ״כ הטור וכ״כ הרמב״ם פ״ז מהל׳ עבודת כוכבים והמחבר שלא התיר אלא התערובות הג׳ אזיל לטעמיה » (ש״ך יו״ד ק״מ ס״ק ב)
« שבכסף משנה שם האריך להקשות ממ״ש הרמב״ם פרק ט״ז מהל׳ מ״א גבי רמוני בדן ושאר דברים החשובים דלא שרו אלא התערובת ג׳ והבין שדבריו סותרין זא״ז » (ש״ך יו״ד ק״מ ס״ק ב)
« ולעיל סימן ק״י ס״ח בדברים החשובים פסק המחבר דלא שרי אלא התערובות הג׳ ולזה אסר גם כאן התערובות השני » (ש״ך יו״ד ק״מ ס״ק ב)
Second temps : le refus
« אבל כבר כתבתי לעיל סימן ק״י ס״ק נ״א דדברי הרמב״ם הם ברורים ואינם סותרים זה את זה כלל ובכאן שרי התערובות השני לכ״ע » (ש״ך יו״ד ק״מ ס״ק ב)
Kouchia Le Mehaber a bien un texte pour lui : au siman 110, pour un objet qui ne s’annule pas à cause de son importance, il exige le troisième mélange, et il le fait au nom du Rambam lui-même — לשון רמב״ם פרק ט״ז מהמ״א. Si l’idole ne s’annule pas non plus, pourquoi la traiter autrement que les grenades de Badan ?
« דבר שאינו בטל מחמת חשיבותו שנתערב באחרים ונפל מהתערובות הזאת אחד לשנים אחרים ונפל מן השלשה אחד לשנים אחרים הרי אלו האחרים מותרים שהרי האחד של תערובות הראשונה בטל ברוב » (שו״ע יו״ד ק״י:ח)
Terouts — le Chakh sépare deux « ne s’annule pas » Le Chakh écrit que les propos du Rambam sont clairs et ne se contredisent pas : le Rambam exige le troisième mélange pour les objets importants (Maakhalot Assourot 16) et permet le deuxième pour l’idole (Avoda Zara 7). Les deux textes ne portent donc pas sur le même cas, et c’est le Kessef Michné qui les a fondus. Le Chakh renvoie pour le détail à son commentaire du siman 110 ; nous ne le reproduisons pas ici, et nous en tenons à sa conclusion, qui est nette : ובכאן שרי התערובות השני לכ״ע. Le Baer Hetev reprend la conclusion sans réserve :
« כ׳ הש״ך דהמחבר לטעמיה אזיל דס״ל בסי׳ ק״י דלא שרי אלא תערובות הג׳ אבל כבר כתבתי שם דבכאן שרי התערובות השני לכ״ע » (באר היטב יו״ד ק״מ ס״ק א)
Nafka mina Un objet du premier lot passé dans un second lot de deux. Selon le Mehaber, ce second lot reste interdit tant qu’un de ses objets n’est pas passé dans un troisième ; selon le Tour, le Rambam, le Chakh et le Baer Hetev, il est déjà permis. C’est la différence entre suivre le Mehaber et suivre le Chakh sur ce siman, et le niveau 4 en tire la ligne.

4. אנא תרתי קאמינא — une bague tombée ou deux

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le seif se ferme sur un « il y a qui interdit ». Le Beit Yossef identifie l’avis, et il montre que toute la différence tient à la lecture de deux mots de Rav Na’hman.

La guemara : l’objection de Rabbi Elazar, et la réponse
« וְהָא אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לֹא הִתִּיר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא שְׁנַיִם שְׁנַיִם, אֲבָל אֶחָד אֶחָד – לָא! אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא תַּרְתֵּי קָאָמֵינָא » (זבחים ע״ד ע״א)

Deux lectures de תרתי

Le Tour lit « c’est de deux que je parle » comme portant sur la manière de profiter : deux par deux, jamais un seul. Le Rambam le lit comme portant sur le nombre d’objets disparus : deux bagues tombées, non une.

Le Tour
« מותרין ליהנות בהם שנים שנים ביחד אבל לא מאחד לבדו » (טור יו״ד ק״מ)
Le Rambam
« טַבַּעַת שֶׁל עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים שֶׁנִּתְעָרְבָה בְּכַמָּה טַבָּעוֹת וְנָפְלוּ שְׁתַּיִם מֵהֶן לַיָּם הַגָּדוֹל הֻתְּרוּ כֻּלָּן שֶׁאֲנִי אוֹמֵר אוֹתָהּ הַטַּבַּעַת הָיְתָה בִּכְלַל הַשְּׁתַּיִם » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה י׳)
Le Beit Yossef, sur le Rambam
« משמע שהוא סובר דע״כ לא שרי רב נחמן אלא בנפלו שתים וכדאיתא בגמרא דאמר ר״נ אנא תרתי קאמינא » (בית יוסף יו״ד ק״מ)
« ולפ״ז הא דקאמר ונפלה אחת מהן לאו דוקא אחת דהא לא שרי אלא בנפלו שתים א״נ מאי אחת זוג אחת » (בית יוסף יו״ד ק״מ)
Ḥakira : que garantit le « deux » ? (א) Il garantit un permis certain dans chaque acte — lecture du Tour : quand on profite de deux objets ensemble, l’un des deux est permis à coup sûr. (ב) Il garantit une présomption suffisante — lecture du Rambam : on ne peut dire « celle qui est tombée, c’était l’interdite » que si deux sont tombées, car alors la présomption porte sur une paire, non sur un objet isolé. Le Beit Yossef le formule lui-même : מאי אחת זוג אחת.
Nafka mina Un seul objet du lot a brûlé. Selon le Tour — et c’est ce que le Mehaber écrit en premier — le reste est permis deux par deux ; selon le Rambam, rien n’est permis tant qu’un second objet n’a pas disparu. Le Mehaber ne tranche pas : il écrit l’un et rapporte l’autre.

5. שנים שנים — la règle des paires et son motif

Le Taz
« זה נתבאר סי׳ ק״י ס״ח גם מה שכתוב כאן שאסור להנות לאחד מכולם נתבאר שם » (ט״ז יו״ד ק״מ ס״ק א)
Le siman 110, seif 7, et la glose du Rama
« ודוקא כשאוכל הנשארות שתים שתים ביחד דממה נפשך איכא חדא דהיתרא אבל לאוכלם אחת אחת אסור » (שו״ע יו״ד ק״י:ז)
« ואפילו לאכלם שתים שתים אסור לאדם אחד לאכול את כולם ואפי׳ ב׳ בני אדם אין לאכלם כולם בבת אחת » (שו״ע יו״ד ק״י:ז)
Kouchia Si l’on présume que l’objet tombé était l’interdit — הך דנפל היינו דאיסורא —, l’interdit n’est plus là. Pourquoi alors exiger des paires, et pourquoi interdire à un seul de profiter de tout ?
Terouts — la présomption n’est pas une certitude Le motif écrit au siman 110 le dit : דממה נפשך איכא חדא דהיתרא. On ne s’appuie pas sur la présomption seule ; on s’appuie sur elle et sur le fait que, dans chaque paire, l’un des deux est certainement permis. Et celui qui profiterait de tous aurait, si l’interdit est encore là, certainement profité de lui — la présomption ne couvre pas cela. C’est exactement la branche (ב) de la ḥakira du §1.

6. תנאי הבית יוסף — minorité, et premier mélange permis d’après la Torah

Le seif écrit les deux voies ; le Beit Yossef écrit leurs conditions, qu’il tient du siman 110 et de la guemara.

La guemara : quarante et soixante
« אָמַר רַב: טַבַּעַת שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁנִּתְעָרְבָה בְּמֵאָה טַבָּעוֹת, וּפֵרְשׁוּ אַרְבָּעִים לְמָקוֹם אֶחָד וְשִׁשִּׁים לְמָקוֹם אַחֵר; פֵּרְשָׁה אַחַת מֵאַרְבָּעִים – אֵינָהּ אוֹסֶרֶת, אַחַת מִשִּׁשִּׁים – אוֹסֶרֶת » (זבחים ע״ד ע״א)
Le Rambam en tire la règle
« נִתְעָרְבָה בְּמֵאָה וְנִתְחַלְּקוּ אַרְבָּעִים לְמָקוֹם אֶחָד וְשִׁשִּׁים לְמָקוֹם אַחֵר וְנָפְלוּ הָאַרְבָּעִים כֻּלָּן לְטַבָּעוֹת אֲחֵרוֹת כֻּלָּן מֻתָּרוֹת שֶׁאֲנִי אוֹמֵר אוֹתָהּ הַטַּבַּעַת הָאֲסוּרָה בָּרֹב הִיא. נָפְלוּ הַשִּׁשִּׁים לְטַבָּעוֹת אֲחֵרוֹת כֻּלָּן אֲסוּרוֹת » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה י׳)
Le Beit Yossef : minorité seulement, et la moitié compte comme minorité
« דהיינו דוקא כשמיעוט התערובות הראשון נתערב עם אחרים אבל אם רוב התערובות הראשון נתערב עם אחרים אין זה ספק ספיקא ולפיכך כולם אסורים » (בית יוסף יו״ד ק״מ)
« שאם מחצית התערובות הראשון נתערב עם אחרים דינו כאילו נתערב מיעוטו דהוי ספק ספיקא ושרי » (בית יוסף יו״ד ק״מ)
Et une seconde condition : le premier mélange doit être permis d’après la Torah
« דהא דתלינן להקל בספק ספיקא דוקא כשתערובות הראשון מותר מן התורה כגון שנתבטל ברוב » (בית יוסף יו״ד ק״מ)
« ומשמע דנתערבה במאה לאו דוקא אלא כל שנתערבה בענין שהוא בטל מדאורייתא דהיינו חד בתרי כשנפל אחד מהן לים או נאבד מן העולם הותרו כולם » (בית יוסף יו״ד ק״מ)
Le Rama au siman 110 ajoute une borne — l’interdit du premier mélange doit être un interdit certain :
« ודוקא שהאיסור שנתערב הוא ודאי איסור אבל ספק איסור שנתערב ונפל מאותה תערובות למקום אחר התערובות השנית שרי » (שו״ע יו״ד ק״י:ח)
Nafka mina Si c’est la majorité du premier lot qui est passée dans le second, il n’y a pas de doute redoublé — l’interdit a plus de chances d’être dans le second lot que de ne pas y être — et tout reste interdit. Et si l’objet mêlé n’était que peut-être idolâtre, le second mélange est permis d’emblée : le Rama le dit, et le siman 141 en donnera les cas.

7. יסוד הסימן — לא ביטול אלא תלייה

כלל הסימן :
עבודת כוכבים ומשמשיה ותקרובתה — ונויה — אוסרים בכל שהוא, ואינם בטלים לעולם. ומה שהתיר הסעיף אינו ביטול אלא תלייה : הך דנפל היינו דאיסורא, או ספק ספיקא במעבר מתערובת לתערובת. ולפי שאין כאן אלא תלייה, נשארו הסייגים במקומם — שנים שנים ביחד, ובלבד שלא יהנה אדם אחד מכולם, ודוקא במיעוט, ודוקא כשתערובת הראשונה מותרת מן התורה. והמחלוקת היחידה — תערובת שלישית (המחבר) או שנייה (טור, רמב״ם, ש״ך) — היא מחלוקת בשיעור הספק, לא ביסודו.
Trois lignes à emporter. (1) L’idole ne s’annule jamais ; ce que le seif permet, c’est de présumer que l’interdit n’est plus là. (2) C’est pourquoi toutes les réserves subsistent — paires, pas tout à un seul, minorité, premier mélange permis d’après la Torah. (3) La seule ma’hloket du siman est un chiffre : troisième mélange (Mehaber) ou deuxième (Tour, Rambam, Chakh, Baer Hetev).
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן ק״מ · Niveau 2 — Lamdan · דין תקרובת עבודת כוכבים שנתערב
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